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L'Avènement du Grand Monarque

L'Avènement du Grand Monarque

Révéler la Mission divine et royale de la France à travers les textes anciens.

Publié le par Rhonan de Bar
Publié dans : #AU FIL DU TEMPS

I

Manière de construire un cadran solaire, formulée au

12ième siècle dans un manuscrit de la Bibliothèque de

Reims[1].

« Scias quantum sol debet ascendere in ipsa die qua volueris horas probare, et ipsam ascensionem vet altitudinem solis, a primo gradu ortus solis usque ad ultimum, partire per VI partes, ipsasque signa, et dum sol pervenerit ad ipsa signa in halhidada, scies sic horas certas usque ad VI tam ; et post VI tam, returna descendendo usque ad occassum ; sed tu, lector, si diligenter animadvertere queris, tu ipse per predictam vaztolcoram, id est speram plenam, diversa poteris fabricare horologia. » (Une main du 12ième siècle donne ces indications sur le manuscrit 134 de la Bibliothèque de Reims, manuscrit provenant de l'abbaye de Saint-Thierry, f° 135 v, voir le Catalogue, t. I, p. 128.)

TRADUCTION

Sache de combien le soleil doit monter dans le jour dont tu voudras marquer les heures, et cette ascension ou hauteur du soleil, tu la diviseras en six parties depuis le premier degré de son lever jusqu'au dernier, mettant un signe sur chacune d'elles, et quand le soleil arrivera sur ces signes tracés par l'alidade, tu sauras ainsi les heures certaines jusqu'à la sixième ; et, après la sixième, retourne en descendant jusqu'au coucher du soleil ; alors toi, lecteur, si tu cherches à te rendre compte avec soin, toi-même par le calcul ci-dessus, c'est-à-dire par la sphère entière, tu parviendras à fabriquer diverses horloges.

II

Devises pour les cadrans

(Extrait d'un manuscrit de la Bibliothèque de Reims),

Duplicat umbras, ayant égard au soleil qui fait croître les ombres à proportion qu'il s'éloigne de nous et aux ombres de la mort qui avancent au prix que les heures sont marquées par celles de l'aiguille.

Et spe et metu, parce que, selon les heures bonnes ou mauvaises qui doivent arriver, on espère ou on craint.

Passibus oequis, ce mot de Virgile répond à l'égalité du mouvement de l'ombre et de la clarté du soleil. Omnibus idem, parce que le soleil produit un même effet en toutes les heures corne Dieu tout bon et tout puissant est le même à toutes ses créatures.

Stylo cuncta premit, parce qu'en effet l'aiguille porte son ombre à toutes les parties du cadran et qu'il n'y a rien au monde que le temps, figuré par le soleil, ne perce de ses traits.

Num ullima ? quis scit ? Celle-ci est morale et chrétienne tout ensemble, ayant égard à cette parole de l'Evangile : nescilis diem neque horam[2].

Quoe sit quis scit, parce qu'en effet tous les hommes ignorent quelle sera l'heure en laquelle ils mourront.

Ultimse memor, c'est-à-dire qu'il faut toujours penser à la mort.

Giro brevi, regarde la brièveté de la vie qui s'échappe, comme le soleil, par une course qui s'échappe promptement.

Sic ad metam currimus omnes, voulant dire que nous courons tous vers le bout de la course, comme l'ombre du cadran qui parvient h la dernière heure du jour en peu de temps.

Trita via sed non peracta, car la route du soleil, où il passe si souvent, n'est pas encore achevée.

Sol solus solo salo, celle cy est un jeu de parole pour dire que le soleil est une illustre figure, est le seul qui exerce son empire absolu sur la terre et sur la mer.

Ex illis una, parce que de toutes les heures du jour, il y en aura une seule qui sera proprement la nôtre, et pour dire aussi que l'aiguille n'en marque qu'une seule à la fois.

E fulgore cadit, car l'ombre se forme par le corps interposé à la lumière, et cela regarde aussi l'éclat de la, fortune de quelqu'un qui les expose au danger de sa chute.

Obscurata signal, voulant dire que l'heure ne se marquant que par l'obscurité, nous donne avertissement de la mort.

Aspicit et despicit, parce que corne le soleil regarde l'aiguille et abaisse son image sur la table du cadran, aussi le vrai soleil, de justice, qui nous regarde, nous abaisse vers la terre pour nous humilier quand nous concevons des pensées d'orgueil.

Deicit aliquando, parce que le soleil n'éclaire pas toujours.

Momentaneo cursu sed perenni, parce que le cours du soleil, roy des jours et des heures, s'achève en peu de temps et ne finit jamais.

Nec sine luce viget, car le cadran ne marquerait pas les ombres si le soleil n'éclairait jamais, corne nous serions bientôt anéantis si nous n'étions soutenus par la vraie lumière qui nous prête la vie. Absente périt, revient presqu'au même sens.

Utrumque monet, c'est-à-dire la fin du jour et la fin de la vie.

Omnibus non semper, parce qu'il y a des intervalles que le soleil ne communique pas sa lumière, comme il y a des temps que Dieu retire ses grâces des pêcheurs.

Ignota certa tamen, faisant allusion à ce que l'heure de la mort est inconnue, bien qu'elle soit certaine.

Non uni tantum, parce que le soleil n'éclaire moins pour les uns que pour les autres, et qu'il se communique à toutes les heures successivement.

Non aufert sed differt, faisant allusion à l'aiguille du cadran qui n'empêche pas tout à fait la clarté du soleil, mais qui en diffère pour un moment la vive splendeur, ayant aussi égard aux rayons du vray soleil de justice qui ne se communiquent pas toujours également.

Aspice et aspiciar, corne si le cadran disait au soleil : si vous ne me regardez pas on n'aura pas de soucy de me regarder, ce qui s'applique aussi aisément à plusieurs qui ne seraient pas considérables sans la faveur du roy ou plutôt à ceux qui élèvent leurs pensées jusqu'à Dieu.

Splendori obstet sic phoebo fratri, voulant dire que l'ombre de l'aiguille fait obstacle à la lumière du soleil corne la lune quand elle éclipse sa clarté, ce qui ne dure que bien peu de temps, sans que l'un porte plus de préjudice à la terre que l'autre aux lignes qui sont marquées sur le cadran.

E defectu quadrat, parce que le petit éclipse du soleil qui tombe sur la ligne du cadran qui marque l'heure à son juste rapport au grand astre qui éclaire le monde et qui nous fait connaître en quelque façon les moments de notre vie.

In conspectu sua, car l'heure ne peut subsister que par les regards du soleil, non plus que la vie sans les regards de la miséricorde infinie.

Nescitis diem ne que horam (Bibliothèque de Reims, Cabinet des Manuscrits, Extrait du Recueil manuscrit et inédit de P. N. PINUHART, chanoine régulier, au tome 14, n° 1152, pages .155 et 156).

[1] A signaler encore dans notre dépôt rémois la Gnomonique ou science des horloges solaires, mise en pratique par M. DEMICHEL, anno 1607, manuscrit n°984 de la Bibliothèque de Reims, petit in-folio, reliure du temps, de 350 pages, avec nombreuses ligures géométriques et calculs, table des matières à la lin, sans légendes horaires.

[2] A rapprocher de la sentence d'un cadran de 1690 à Thônes (Savoie) :

Tu vois l'heure ; Tu ne scais l'heure.

et de celle d'un cadran d'une renne aux environs de Paris : Il est plus tard que lu ne crois. — (.Bulletin du diocèse de Reims, 5 novembre 1910, p. 553).

 

Les Cadrans solaires ici représentés ne sont pas en lien avec l'extrait de cet article.
Les Cadrans solaires ici représentés ne sont pas en lien avec l'extrait de cet article.
Les Cadrans solaires ici représentés ne sont pas en lien avec l'extrait de cet article.
Les Cadrans solaires ici représentés ne sont pas en lien avec l'extrait de cet article.
Les Cadrans solaires ici représentés ne sont pas en lien avec l'extrait de cet article.

Les Cadrans solaires ici représentés ne sont pas en lien avec l'extrait de cet article.

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Publié le par Rhonan de Bar
DAGOBERT II. 1143ième Anniversaire.

IN MEMORIAM. DAGOBERT II. Eglise de MOUZAY.

Photo (Rhonan de Bar).

Dagobert II, à qui les historiens semblent enfin décidés à reconnaître une existence réelle, fût asssassiné dans l'énigmatique forêt de Woëvre.

Après une chasse aux cerfs éffrénée, le Roi, épuisé, s'octroie une sieste bien méritée. Il s'endort au pied d'un arbre, proche d'une fontaine au nom si enchanteur, comme tout droit sorti d'une légende : Arphays.

Le coup fatal lui est porté et entraîne sa mort.

Aujourd'hui, nous célébrons le 1143ième anniversaire, non pas de sa mort -puisque, selon certains chroniqueurs, celle-ci serait intervenue peu avant la Noël 679- mais bien de la translation de sa dépouille qui, à l'origine, reposait à la chapelle Saint-Rémi à Stenay.

C'est le 10 septembre 872 que Charles le Chauve, sûrement inspiré, fait transposer son corps dans une autre église de Stenay. Celle que l'on connait aujourd'hui sous le nom de Basilique Saint-Dagobert...

Rhonan de Bar. 10 septembre 2015.

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Publié le par Rhonan de Bar

PRINCESSE DE CARIGNAN.

MORTE LE 3 SEPTEMBRE 1792.

S’il est des personnages marquants parmi les sombres instants de la Terreur, Madame de Carignan, plus connue sous le nom de Princesse de Lamballe, en fait incontestablement partie.

Cette femme, dont le destin tragique est malheureusement trop peu connu fut, contrairement aux infirmations  erronées répandues par les propagandistes athées, l’une des amies les plus fidèles qu’ait compté la Famille Royale. Cette amitié, qui ne connut jamais de faille, bien sûr eut un prix : le martyre et, serions-nous tentés de dire : le martyr.

Car, si nous analysons les faits, c’est bien de cela dont il s’agit. Nous sommes le 2 septembre. La situation est précaire chez les révolutionnaires, la France est, dit-on, en danger !!! Il faut calmer les esprits ! Marat et Danton autorisent le peuple à se faire juge. Folie !

Le 3 septembre, après son amie de toujours, Pauline de Touzel, Madame de Lamballe est extraite de sa cellule.

En fin de matinée, elle entre, aussi grande que l’on puisse l’être dans une telle condition ; dans la salle d’interrogatoire.

La foule présente, avide de sang, vociférante, attendant le prochain coup de pique ou de gourdin à porter, voit Marie-Louise de Savoie, Princesse de Carignan faisant face au tribunal qui, en fait, n’en a que le mon. Les minutes sont comptées, les questions sont concises, aussi tranchantes que le fil du rasoir. Hébert, l’acharné lance la première interrogation :

H : Qui êtes-vous ?

M de L : Marie-Louise, princesse de Savoie.

H : Votre qualité ?

M de L : Surintendante de la Maison de la Reine….

H : Que savez-vous des complots de la Cour ?

M de L : Je n’ai connu aucun complot.

Hébert finit par demander à Madame de Lamballe, dans un premier temps, de jurer fidélité à la Liberté et à l’Egalité puis, dans un deuxième temps, de haïr le Roi, la Reine. La Princesse répond :

 « je jurerai facilement les deux premiers, je ne puis jurer le dernier, il n’est pas dans mon cœur. »

La Princesse de Carignan dès l’instant, comme le veut la procédure, est élargie.

Voici pour le terme juridique. Quant au triste sort de la Princesse, les avis divergent sans forcément se contredire ; Au sortir du tribunal, la Princesse aurait dit-on chutée. Voyant ceci et croyant qu’un premier coup lui avait été porté, la foule se précipita pour s’adonner à la triste besogne. Et, lorsque ce n’est pas la tête qui dirige les instincts de l’homme, le pire est envisageable. Et le moindre du pire ici, sans être morbide, c’est la mort !

Voilà la version qu’il ne convient pas de retenir tant elle s’éloigne de la réalité.

La République se donne ici bonne conscience ! Mais avec ce que nous rapportons ci-après, nous constatons que la mort, dans sa finalité fut, pour la Princesse,  libératrice.

Voici les faits. Après élargissement, deux hommes se saisissent de Marie-Louise de Savoie, la supportant puisqu’affaiblit, au sortir du tribunal, ils lui font contempler le tas de cadavres jonchant le sol devant lequel elle s’exclame :

_ Fi ! l’horreur.

Les hommes alors la dévêtent, une fois nue, ils la contraignent, en la tenant fortement, à marcher sur les cadavres assassinés la veille ! Madame de Lamballe, nue comme au premier jour, s’efforce de ne pas tenter les esprits pervers qui, selon une autre version, n’auraient pas hésité à la violenter, tant vivante que morte ! Après ce sinistre jeu, un dénommé Charlat lui porte un coup violent. La Princesse s’écroule. Grison, garçon boucher, purement et simplement lui tranche la tête.

Et si nous croyons avoir atteint le stade de l’horreur, nous nous trompons. La dépouille est présentée à la foule effrénée, qui, non satisfaite du sort de Marie-Louise Savoie, poursuit ses opprobres. On insulte le cadavre, on crache dessus, on danse, mais plus encore : on mutile !!! Madame de Lamballe, dont il valait mieux qu’elle soit morte en cet instant, a la poitrine tranchée, est éviscérée, a le cœur arraché ! 

Finalement Madame, votre tête fut ensuite plantée au bout d’une pique puis, dans une procession macabre, fut transportée devant les fenêtres du Temple d’où, après un cri d’horreur, Marie-Antoinette perdit connaissance tant le spectacle était lugubre. Et l’on dit que les Rois n’ont pas d’amis !

Nous ne pouvons ici, Madame de Lamballe, par cette modeste réédition, que vous rendre l’hommage que vous méritez tant. Un hommage à votre mémoire au moins égal, si ce n’est supérieur par le respect, à celui de votre martyr.

Rhonan de Bar.

Directeur à titre honorifique.

Collection « Montjoie Saint-Denis.».

Editions  Lacour (Nîmes).

 

Madame de Lamballe. Princesse de Carignan-Savoie.

Madame de Lamballe. Princesse de Carignan-Savoie.

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Publié le par Rhonan de Bar

"CEUX QUI VEULENT GOUVERNER

AIMENT LA RÉPUBLIQUE ;

CEUX QUI VEULENT ÊTRE BIEN GOUVERNÉS

N'AIMENT QUE LA MONARCHIE."

JOUBERT.

Tricentenaire de la mort de Louis XIV.

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Publié le par Rhonan de Bar
Publié dans : #PROPHETIES PAR A. PELADAN

DERNIER MOT DES PROPHÉTIES

ou

L'AVENIR PROCHAIN DÉVOILÉ

par plusieurs centaines de textes authentiques, dont beaucoup sont peu

connus ou inédits et de date récente

notamment les prédictions de l'extatique de Fontet,

de celle de Blain, etc., etc.,

PAR ADRIEN PELADAN

chevalier de Saint-Sylvestre,

IV.

LE PONTIFE-SAINT.

Avec le Grand-Monarque, devant apparaître providentiellement, voici le Pontife-Saint, qui sera également suscité pour accomplir avec lui tant de prodiges.

L'abbé Werdin, d'Otrante, XIIIe siècle :

« Lorsque sur la chaire de Pierre brillera une étoile éclatante, élue, contre l'attente des hommes, au sein d'une grande lutte électorale, étoile dont la splendeur illuminera l'Eglise universelle, le tombeau qui renfermera mon corps sera ouvert. Ce bon Pasteur, gardé par les anges, réparera bien des choses par son zèle et sa sollicitude. Par son zèle et sa sollicitude, des autels seront construits et les églises détruites seront relevées.»

Elisabeth Canari Mora :

« Je donnerai à mon Église, fut-il dit à la pieuse femme, un pasteur saint et rempli de mon

esprit, qui réformera mon troupeau par son grand zèle. »

Le Père Botin :

« Il conduira les peuples dans l'équité et les rois dans la justice, et sera honoré des princes et des peuples. »

Jean de Vatiguerro :

« Il reformera l'univers, principalement par la puissance de ses exemples et là vénération profonde qu'il saura inspirer. Il ramènera les ecclésiastiques à la manière de vivre des temps apostoliques, et il se montrera sans crainte comme sans condescendance envers les puissances temporelles. Il ramènera les schismatiques au giron de l’Église et convertira presque tous les infidèles, et surtout un grand nombre de Juifs. ».

Anna-Maria Taïgi :

« Il sera élu d'une manière extraordinaire. Son nom retentira sur les lèvres des enfants même, et sera connu dans tous les coins du monde. Il sera populaire et aimé des pauvres, mais en même temps sévère dans la justice.

Il est celui qui sera appelé la prédiction des peuples, le chéri de Die. Il fera la réforme de l’État et des moeurs des peuples. Il réformera l’Église et le clergé séculier et régulier, les rappelant à l'observance exacte. Il aura des lumières extraordinaires de Dieu et sera armé d'une foi vive et d'un zèle ardent. Il aura à souffrir, car il devra lutter contre des oppositions qu'il trouvera partout, dès le commencement, de sorte qu'il se trouvera isolé ; mais le bras tout-puissant de Dieu sera avec lui et le fera triompher.

« Le Seigneur lui donnera tant de force qu'il s'imposera même aux souverains. Malheur à ceux qui s'obstineront et formeront opposition à ses ordres : la main de Dieu sera sur eux dès ce monde même pendant son règne; beaucoup de mauvais chrétiens se convertiront, et des églises schismatiques rentreront dans le centre de l'unité catholique. Le Turc lui-même viendra à lui et lui rendra hommage, ainsi que les peuples éloignés. Il aura une vie longue et suffisante pour régler tout à la gloire de Dieu. Mais puisqu'il ne pourra pas tout faire lui-même, le bras puissant de Dieu remuera le monde. Enfin, après avoir fait triompher l’Église sur la terre et reçu la palmé du triomphe, il sera, plein de mérite, appelé par le Seigneur à une couronne d'une gloire immortelle en paradis ; il sera pleuré par tous les peuples ; son nom sera immortel et son souvenir gravé dans le coeur des générations futures. » Cette prophétie a été recueillie par le vénérable prêtre romain, Vincent Pallotti, et communiquée par lui, en 1847, au R. P. Fulgence de Carmagnola, provincial des capucins, à Turin.

Saint Malachie :

« Ignis ardens, feu ardent, semble désigner le Pontife-Saint dans cette prophétie.

Une ancienne religieuse (1816) :

« Elle refleurira cette religion sainte ; mais ce ne sera ni le Pape ni le Roi actuellement régnants qui la feront refleurir, mais un roi selon mon coeur. Il fera de grandes choses avec un Pape que je donnerai à mon Église dans ma miséricorde. Ce n'est qu'à eux qu'il sera donné de rétablir les affaires de l’Église. Le nouveau Pape sera un grand personnage et d'une grande sainteté. Par ses exemples, par ses soins et de concert avec le Grand-Monarque qui sera selon mon coeur, ils feront de grandes choses pour la religion, et plusieurs nations entreront dans le sein de l’Église. »

Prophétie de Prémol :

« Et je vis un homme, d'une figure resplendissante comme la face des anges, monter sur les ruines de Sion (Rome). Une lumière céleste descendit d’en haut sur sa tête, comme autrefois les langues de feu sur la tête des Apôtres. Et les enfants de Sion se prosternèrent à ses pieds, et il les bénit. Et il appela les Samaritains et les Gentils, et ils se convertirent tous à sa voix. »

Mirabilis liber, chapitre XXV :

Cet angélique Pasteur ne s'immiscera eu rien dans les affaires du siècle, mais la houlette à la main, il visitera les régions et les terres. C'est pourquoi, par les soins et la sollicitude dudit Pasteur, et sous le gouvernement d'un monarque temporel, il s'établira entre les Églises grecque et latine une union perpétuelle. Elles ne formeront qu'un centre unique à perpétuité.

Jean de Rochetaillée :

« Un ange, vicaire du Christ, sera transmis du ciel à la terre, parti du coeur même du Christ; il fera toutes ses volontés et ramènera les ecclésiastiques au mode de vivre de Notre Seigneur et de ses apôtres. Il condamnera et extirpera tous les vices, semant dans le monde toutes les vertus ; il convertira les Juifs et les Mahométans. Avant il opérera la soustraction de tous les rebelles à la loi de Dieu. L'univers entier sera pacifié. »

Amadée, évêque de Lausanne :

« Le Pasteur que Dieu aime et choisit entrera, au temps donné, dans le temple ; Rome sera renouvelée en ces jours et présidera au monde entier. Ce Pasteur sera assimilé au roi David, parce que, comme ce dernier avait réformé l'ancienne Jérusalem, celui-là réformera la Jérusalem nouvelle, c'est-à-dire Rome et l’Église. Et il sera le véritable Fils de l’Église, et le Pasteur accepté de tous, de Dieu et des hommes ; le Seigneur lui donnera la grâce et la prudence, et il délivrera ses lèvres et sa langue... Il joindra l'Eglise Occidentale avec l'Orientale dans une Union perpétuelle ; il créera dix cardinaux dans les pays orientaux et établira en Occident deux grands patriarcats. Parmi ceux qui l'assisteront, il y aura sept prélats très-dignes, semblables aux sept anges qui se tiennent devant Dieu. Il enverra des légats apostoliques dans l'univers, afin qu'ils prennent soin des brebis de Dieu; la paix universelle et la réformation reparaîtront.»

Prophéties du pape Benoît XII, XIVe siècle :

« Je me suis réjoui dans ces paroles où il m'a été dit : A cause de la longue tribulation des vrais chrétiens et l'effusion du sang innocent, la prospérité renaîtra au sein du peuple désolé. Un Pasteur choisi montera sur le trône de Pierre et il sera gardé par les anges. Il accomplira de grandes choses par l'inspiration divine. Plein de douceur et d'une vertu sans tache, il sera le pacificateur universel. Il rétablira les affaires de l’Église dont il recouvrera le domaine temporel. Prodige de mansuétude, aidé par ses envoyés, il rétablira l'unité religieuse. Soutenu par la constance divine, il opposera la force d'En-haut à toute puissance ennemie. Il réformera le siècle, et le trône de France sera rendu au souverain légitime. Une seule foi sera en vigueur. Les calamités passeront, et les hommes du Seigneur seront vénérés sous le Pasteur angélique. Il n'y aura plus de divisions dans la grande famille chrétienne, et l'admiration pour la sainteté du pontife sera universelle. Il humiliera l'orgueil des dissidents, et les prélats qui relèveront de son autorité dans le monde entier auront le coeur et les yeux tournés vers la ville éternelle. Ce pape auguste opérera toutes sortes de réformes, et soumettra à l’Église les nations les plus éloignées. Uni avec le Monarque Fort, toutes les résistances contre la vérité seront brisées, et une félicité incomparable règnera parmi les hommes. O Pasteur des pasteurs, tu élèveras à la face des nations deux couronnes, une d'or dans la main gauche, l'autre d'argent dans la droite, marques des promesses divines, comme le signe qui surmontait la baguette de Joseph et que Jacob salua avant de mourir. Le Christ, que représentent ces couronnes, est seul le souverain bien, et le vrai médecin qui répandra le baume sauveur sur nos blessures. Une seule foi sera donc en vigueur au milieu des chrétiens, et un Pasteur unique étendra son autorité sur l'Orient et sur l'Occident. Ta puissance s'étendra au-delà des océans, ô homme de bénédiction ! et ce n'est qu'après trois fois trois temps que tu rendras ton âme à Dieu ».

Le texte latin de cette vaticination nous a été communiqué par un érudit de la Savoie ; elle est extraite d'un très-vieux manuscrit des archives de Sallanches.

Marie Lataste, dans une double allégorie, représente à son tour le Grand Pape et le Grand Roi, l'un et l'autre s'avançant comme des envoyés divins, et pénétrés de la tâche qui leur incombe. Ils sont humbles selon la foi chrétienne, mais animés du courage des messagers providentiels, et ils accomplissent leur mission en prophètes, en héros. Ils sont précédés par les anges, et ils s'en montrent les émules.

B. Joachim. :

« Un pasteur glorieux, s'assiéra sur le trône pontifical sous la sauvegarde des anges. Pur et plein d'aménité, il conciliera toutes choses, rachètera par ses vertus aimables l'état de l'Eglise, les pouvoirs temporels dispersés».

Religieuses de Belley :

« Un saint lève les mains au ciel ; il apaise la colère divine. Il monte sur le trône de saint-Pierre ».

Prophétie du XVIe siècle. :

« Bienheureux l'esprit que la grâce des cieux pour iceux jours a voulu réserver, quand le Grand Pasteur tout à un ralliera pasteur et bestail. Lors seront les coeurs nettement esclairez d'une saincte ardeur, vérité dévolant... Et en ce temps qu'on verra tous les estats estre à gré, et justice à son degré. » (Lyon, Arnoullet, 1572).»

Merlin :

« L'Apostolle (le Pontife Saint) et la gent de Gaule feront tresbucher les desloyaux, qui trembleront de peur; et ceux qui devers l'Apostolle se tiendront, en trembleront de joye, qui les surmontera ; parce qu'il verra avaller ses ennemis. Dont perdra le lion ses ongles » (in-4° gothique, 1498).

Mirabilis liber XXXV :

« Un certain personnage sera consacré Pape, et en peu de temps il réformera l'Eglise...L'Eglise reprendra tout son éclat. »

A.-M. Taïgi :

« Une grande lumière, jaillissant de saint Pierre et de saint Paul descendus des cieux, ira se reposer sur le cardinal futur pape. »

Prophétie de Plaisance :

« Un homme juste et équitable, sorti de la Galatie ; sera Pape ; dans tout le monde renaîtra la concorde et la foi ».

Saint-Ange , martyr :

Un roi s'élèvera finalement de l'antique race des rois de France, d'une insigne piété envers Dieu ; il sera honoré par les princes chrétiens et dévoués à la foi orthodoxe ; il sera aimé d'eux, et sa puissance s'étendra au loin sur la terre et sur la mer. Alors, l’Église, comme retirée d'une certaine destruction, ce roi s'unira au Pontife romain et le soutiendra; l'erreur sera détruite parmi les chrétiens ; l’Église sera rendue à l'état que les bons ont chois pour elle. Il enverra une armée, à laquelle s'uniront spontanément de nombreux guerriers, s'élançant au combat pour la gloire de mon nom (c'est Jésus-Christ qui parle) ; et l'amour de la croix qui les transportera leur obtiendra des trophées dont l'éclat s'élèvera jusqu'au ciel. Le Monarque, équipant bientôt une flotte, passera les mers, rendra à l’Église les contrées qu'elle avait perdues. Il délivrera Jérusalem » (Vie de S. Ange, par Enoch, écrite en 1127).

Prophétie des Catacombes :

« Le Grand Pontife sera ramené par le Grand Monarque. Toutes les vertus refleuriront dans l’Église de Dieu, surtout dans le sacerdoce. Puis la secte de Mahomet sera détruite ».

Guillaume Postel :

« Par eux (le Pape et le Monarque) aura lieu « le rétablissement de toutes choses : le Pape sera en même temps roi, pontife et juge, tandis qu'il n'y aura sur la terre qu'un même culte ». Postel a vu venir un siècle d'or, la monarchie universelle sous un roi français.

 

 

PROPHETIES PAR ADRIEN PELADAN.

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Publié le par Rhonan de Bar
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DERNIER MOT DES PROPHÉTIES

ou

L'AVENIR PROCHAIN DÉVOILÉ

 

par plusieurs centaines de textes authentiques, dont beaucoup sont peu

connus ou inédits et de date récente

notamment les prédictions de l'extatique de Fontet,

de celle de Blain, etc., etc.,

 

PAR ADRIEN PELADAN

chevalier de Saint-Sylvestre,

III

LE GRAND MONARQUE.

Deux majestueuses figures apparaissent à l'horizon lumineux d'un avenir prochain ; c'est le Pontife Saint et le Grand Monarque ; le Pape qui ceindra si magnifiquement la tiare, et le roi qui fera splendidement refleurir les lys. Nous les avons, ailleurs, signalés dans la strophe suivante :

Il est écrit que deux grands hommes.

L'auguste bandeau sur le front,

Dans la nuit des temps où nous sommes.

En Occident apparaîtront:

L'un, d'une sainteté sublime,

Doit, dans la nouvelle Solyme,

Glorifier la vérité ;

Par son audace et sa prudence,

L'autre, sur le trône de France,

Etonnera l'humanité.

Voici une suite de prédictions sur le Grand Monarque, Prophéties de Prémol, écrite dans ce monastère avant 1789 :

« Et je vis venir de l'Orient un jeune homme remarquable, monté sur un lion. Et il tenait une épée flamboyante à la main. Et le coq chantait devant lui. Et le Lion mit le pied sur la tête du Dragon. Et sur son passage tous les peuples s'inclinaient , car l'Esprit de Dieu était en lui. Et il vint sur les ruines de Sion, et il mit sa main dans la main du pontife, et ils appelèrent tous les peuples qui accoururent. Et ils leur dirent : Vous ne serez heureux et forts qu'unis dans le même amour ! Et une voix sortit du ciel, au milieu des éclairs et du tonnerre, disant : Voici ceux que j'ai choisis pour mettre la paix contre l'archange et le dragon, et qui doivent renouveler la face de la terre ! ils sont mon verbe et mon bras ! et c'est mon Esprit qui les guide ».

Glose :

L'Archange, c'est la monarchie ; le dragon, c'est la révolution ; Sion , c'est Rome ; le jeune homme monté sur un lion, c'est le Grand Monarque ; le coq symbolise la faction orléaniste à la fois renversée et convertie.

Le P. Ricci :

« C'est alors que viendra le Duc Fort, sorti d'une des nobles races qui, pendant tant de siècles , demeura constamment fidèle à l'ancienne religion de ses pères, et dont la Maison a été très-affligée par la nécessité à une dure servitude. Les mains de ce Duc seront admirablement fortifiées, et son bras vengera la religion, la patrie et les lois. Dès ce moment on fera cause commune contre ce Monarque fort et contre les rois et les princes qui seront unis à lui. On emploiera tout l'argent et tous les moyens possibles pour lui faire la guerre ; mais il vaincra ses ennemis en pleine campagne, et les écrasera tant en Orient qu'en Occident».

Le prodige aérien de Vienne (Isère), observé le 3 mai 1848, est un de ces phénomènes prophétiques, comme il s'en rencontre dans l'histoire; exemples: les signes observés avant et lors du siège de Jérusalem, par Titus ; le Labarum apparu à Constantin ; la croix de Migné (1826); plusieurs batailles vues dans les airs, depuis 1870, en Pologne, etc. Le nuage symbolique a montré les diverses phases historiques, depuis 1848 jusqu'à la venue du Grand Monarque dont il est dit :

« Sur le nuage blanc et sur la bande supérieure de l'écharpe, se voyait un personnage richement vêtu, coiffé d'un chapeau de général et monté sur un cheval blanc orné d'une couverture brodée à franges d'or. Ce personnage est resté longtemps presque immobile à cette place. .. En même temps, un troisième lion blanc se forma sur le nuage blanc... On vit une grande dame sortir de la ville apparente ou château blanc. Elle était vêtue d'un manteau blanc, qui ne saurait être comparé qu'au manteau de la statue de Notre-Dame de Fourvière. Elle tenait en sa main une autre couronne qui paraissait sortir d'une ouverture faite sur le devant du manteau. Cette dame est venue déposer cette couronne sur la tête du lion blanc. Cette couronne était ronde, grande, blanche, et composée de fleurs dont il n'a pas été possible de reconnaître la nature... Aussitôt que le lion blanc a été couronné, le cavalier, jusque-là immobile, est venu sur le lion, après avoir quitté son cheval, qui a disparu dans les nuages... Au-dessus de cette tête, sur l'azur du ciel, se lisaient ces trois lettres grosses et violettes, dont la première était plus grosse que les deux autres : AVE».

La dame, dont il est ici question, est la Sainte Vierge, dont la protection a obtenu miséricorde au royaume de saint Louis, représenté par le Lion blanc. Elle couronne la France qui, par le culte qu'elle a rendu à la Mère de Dieu, a mérité sa protection toute-puissante. C'est la France qui, dans le mot mystérieux Ave, salue le souverain aimé du ciel, envoyé pour la délivrance du pays. Saint Augustin.— Les oracles sibyllins ont entrevu le prince immense promis à nos temps. Sans remonter si haut, nous reproduisons le fragment ci-après, attribué à Saint Augustin, et qui se trouve vers le milieu du traité de ce Père :

De Antichristo :

Nous savons, dit l'aigle d'Hippone, qu'après l'empire des Grecs, de même qu'après celui des Perses, qui fleurirent chacun dans leur temps avec une grande splendeur et une très-grande puissance, l'empire romain commença enfin à s'élever à son tour, devint le plus puissant de tous ceux qui l'avaient précédé, et tint sous sa domination tous les royaumes de la terre, de sorte que toutes les nations furent soumises aux Romains et leur payèrent tribut. C'est pourquoi l'apôtre Paul dit que l'Antechrist ne viendra point dans le monde avant que l'apostasie ne soit arrivée auparavant, c'est-à-dire que tous les royaumes qui étaient assujettis d'abord à l'empire romain en aient secoué le joug.— Or, ce temps n'est pas encore arrivé (nous en sommes de quatorze siècles et demi plus près que S. Augustin) ; car, quoique nous voyons l'empire romain en très-grande partie déjà détruit, cependant tant que dureront les rois de France, qui doivent posséder cet empire, la suprématie du nom romain ne périra pas tout entière, parce qu'elle se maintiendra dans ses rois. Quelques uns de nos docteurs disent même qu'un roi des Francs possédera l'empire romain tout entier, lequel roi viendra aux derniers temps...»

Dans cette puissance, il faut surtout considérer sans doute la mission providentielle de la France pour le protectorat du Saint-Siège, et l'ascendant moral que rendra le grand monarque à notre pays, en abaissant partout l'impiété et lu révolution conjurées contre l’Église et sa tille aînée. Quant à l'apostasie dont parle l'apôtre, elle s'est effectuée en Asie, en Afrique, en Amérique, dans la majeure partie de l'Europe : la France l'Italie et l'Espagne, longtemps préservées, sont persécutées à présent par le despotisme de la libre pensée ou aux prises avec cette fille de l'enfer.

David Paréus :

Ce savant Silésien, dont les oeuvres ont été publiées à Heidelberg, en 1647, rapporte la prophétie suivante, reproduite en 1665par le chanoine Comiers, dans son Traité des Comètes.

« Il surgira un roi de la nation très-illustre des lys ; il aura le front long, les sourcils élevés, les yeux longs et le nez aquilin. Celui-ci rassemblera une grande armée et détruira tous les tyrans de son royaume ; il frappera de mort tous ses ennemis, quoiqu'ils prennent la fuite sur les monts et se retirent dans les cavernes pour se cacher de sa face. Car comme l'époux est uni à l'épouse, ainsi la justice lui sera associée. Il poursuivra la guerre avec ses ennemis jusqu'à sa quarantième année, en subjuguant les Insulaires, les Espagnols et les Italiens1.

Il détruira et brûlera Rome et Florence, et l'on pourra semer le sel sur leur emplacement. Il fera mourir les membres du clergé qui auront envahi le siège de Pierre, et la même année il obtiendra une double couronne. Enfin, en passant la mer avec sa grande armée, il entrera en Grèce et sera roi des Grecs. Il subjuguera les Turcs et les Barbares en faisant cet édit : Quiconque n'adorera pas le Crucifix, qu'il meure de mort. Nul ne pourra lui résister, parce que le saint bras du Seigneur sera toujours avec lui, et il possédera l'empire de la terre. Ces choses étant faites, il sera nommé le Repos des saints chrétiens».

Prophétie de B. Holzhauser :

Ce pieux auteur, qui écrivait au milieu du XVIIesiècle, a laissé le meilleur commentaire sur l'Apocalyse. Prophète lui-même, voici en quels termes il parle de royal restaurateur : « Dieu enverra un Grand Monarque, appelé tantôt Auxilium Dei, secours de Dieu, tantôt Lilifer, porte-lys, tantôt Monarque Fort, etc. De concert avec une puissance du Nord, il exterminera la race des impies. Il rétablira l'ordre et rendra à chacun son bien. Dieu, dans ce même temps, suscitera un Pontife saint qui, soutenu par le Grand Monarque, fera briller plus que jamais la gloire de l'Eglise catholique par tout l'Univers. On croira la race du grand-duc éteinte : point du tout. Un duc (dux, chef) paraîtra contre toute attente, lorsque les amis de l'Eglise et des souverains seront dans la consternation et tellement persécutés qu'ils seront contraints de prendre les armes, auxquelles Dieu donnera le plus merveilleux et le plus brillant succès. Ce monarque puissant, qui viendra comme envoyé de Dieu, détruira les républiques de fond en comble ; il soumettra tout à son pouvoir, et emploiera son zèle en faveur de la vraie Eglise du Christ. Toutes les hérésies seront reléguées en enfer. L'empire des Turcs sera brisé, et ce monarque régnera en Orient et en Occident . »

La prophétie d'Olivarius, remarquée par François de Metz, en 1792, parmi les manuscrits apportés des couvents de Paris à la Commune, et reproduite dans les Mémoires de Joséphine, raconte les faits généraux du premier empire, ceux de 1848 et la suite, et s'exprime ainsi sur le Grand Monarque : « Il portera lion et coq sur son armure (force et vigilance)....Ainsi seront pourchassés (les communeux) du palais des rois par l'homme valeureux ; et par après les immenses Gaules déclarées par toutes les nations grande et mère nation. Et lui, sauvant les anciens restes échappés du vieux sang de la Cap, règle les destinées du monde, se fait conseil souverain de toute nation et de tout peuple ; pose base de fruit sans fin, et meurt ».

Le Solitaire d'Orval :

« Dieu aime la paix ; venez, jeune2 prince, quittez l'isle de la captivité. Oyez, joignez le lion à la Fleur Blanche, venez. Ce qui est prévu, Dieu le veut. Le vieux sang des siècles terminera encore de longues divisions ; lors un seul Pasteur sera vu dans la Celte-Gaule. L'homme puissant par Dieu s'asseyera bien, moult sages règlements appelleront la paix. Dieu sera cru guerroyer avec lui, tant prudent et sage sera le Rejeton de la Cap. Grâces au Père de la miséricorde, la sainte Sion rechante dans ses temples un seul Dieu grand ».

Le bienheureux Amadée, évêque de Lausanne, XIIe siècle :

« Avec le Grand Pasteur surgira le Grand Roi, qui obtiendra le royaume de la cité nouvelle ; et bientôt après il appesantira sa main sur les infidèles, en Afrique, et ensuite en Europe. Il fera fleurir la foi, et il sera aimé de tous parce que ses actes exciteront l'admiration. Alors la volonté de Dieu sera parfaitement accomplie. Il faudra que la concorde et une union parfaite soient complètement établies, avant qu'il n'y ait qu'un seul troupeau ».

Le B. Théolophre :

D'après le Livre merveilleux, où se trouve cette page du B. Théolophre, voici le discours que le Pontife saint doit prononcer au sacre du Grand Monarque :

« Reçois, Fils bien-aimé, la couronne d'épines, laquelle tu demandes instamment et très-humblement pour l'amour que tu portes à Celui qui a été suspendu en la croix et nous a rachetés

de son propre sang. Reçois aussi en ta main droite l'enseigne de sa très-sainte croix, par lequel signe tu seras vainqueur, parce que le Dieu des armées a dit : Je t'ai reçu aujourd'hui, et t'ai oint de mon huile sainte, mon serviteur, pour être le conducteur de mon peuple et comme mon signal.

Tu vaincras, non par la multitude de tes gens de guerre, ni par ta propre force, mais par la vertu de mon Esprit qui t'assistera. Réjouis-toi donc, et sois constant et ferme en tes résolutions. Et n'aie point peur, attendu que je serai toujours avec toi. Au reste, je te prendrai par ma droite, afin d'assujétir les nations devant toi, et je mettrai en fuite les rois, et j'ouvrirai devant toi les portes, et elles ne se fermeront plus.

Je marcherai devant toi et humilierai les superbes de la terre. Je romprai les portes d'airain et je briserai les gonds de fer. De plus, je te donnerai des trésors qui sont cachés et je te révèlerai les arcanes ou mystères des grands secrets. Et tout lieu sur lequel tu marcheras sera à toi. Hé ! qui est-ce qui pourra résister, puisque c'est le Dieu des armées, le Seigneur qui a dit ces choses ?»

Jean de Vatiguerro, XIIIe siècle :

« Ce pape (le Pontife Saint) aura avec lui un empereur, homme très-vertueux, qui sera des restes du sang très-saint des rois de France. Ce prince lui sera en aide et lui obéira en tout pour réformer l'univers, et sous ce pape et cet empereur, l'univers, sera réformé, parce que la colère de Dieu s'apaisera. Ainsi il n'y aura plus qu'une loi, une foi, un baptême, une manière de vivre. Tous les hommes auront les mêmes sentiments et s'aimeront les uns les autres, et la paix durera pendant de longues années ».

La Salette :

Une partie du secret de Mélanie et de Maximin a trait au sujet qui nous occupe. En voici les termes, d'après un homme de bien qui a reçu sur ce point d'intimes confidences: « Les deux tiers de la France perdront la foi ; l'autre tiers la conservera, mais mollement. La religion revivra cependant. Il paraîtra un Grand Monarque qui rétablira la foi et restaurera la Société. L'Eglise sera florissante».

Le Pape Benoit XII :

« Uni (le Pontife saint) avec le Monarque fort, toute les résistances contre la vérité seront brisées, et une félicité incomparable régnera parmi les hommes ».

Ancienne religieuse :

« J'ai encore des vues de miséricorde sur la France ; je lui donnerai un Roi selon mon coeur et ma volonté. Il aura en partage la douceur, la sagesse et là sévérité. Je lui rendrai tout facile, et tous se rendront à ses volontés. Il fera tout rentrer dans le devoir et dans l'ordre ».

L'abbé Souffrant :

«Il aura une grande puissance et fera des choses si extraordinaires et si miraculeuses que les plus incrédules seront forcés d'y reconnaître le doigt de Dieu. Le Seigneur se servira de lui pour exterminer toutes les sectes impies, hérétiques, et les superstitions des Gentils, et pour établir, de concert avec le Pontife saint, la religion catholique dans tout l'univers».

Saint François-de-Paul, XVe siècle :

«Le Dieu tout puissant exaltera un homme très-pauvre, mais noble, du sang de l'empereur Constantin, fils de sainte Hélène, et de la race de Pépin, qui descendait de Constantin. Celui-là aura sur la poitrine le signe de la croix. Par la vertu du Très-Haut, il détruira les hérétiques et les infidèles ; il aura une grande armée, et les anges combattront avec eux et ils tueront tous les rebelles au Très-Haut».

Saint-Ange, XIIIe siècle :

« Lorsque mon peuple se repentira (c'est Jésus-Christ qui parle), qu'il comprendra mes voies et qu'il acceptera et conservera la justice, alors enfin viendra l'homme qui le délivrera, qui apportera la paix parmi les peuples, et qui sera la consolation des justes. Car il s'élèvera enfin un Roi du peuple et de la race antique des Francs:

il excellera dans le service de Dieu. Il sera reçu des rois chrétiens qui professeront la vraie foi ; il sera aimé d'eux et sa puissance croîtra par terre et par mer. Il viendra en aide aux affaires de l'Eglise presque détruites. Après que les chrétiens seront privés de toute terreur et que l'Eglise aura été amenée à l'état désiré par les fidèles, ce roi, uni au Souverain-Pontife, enverra des armées suivies par un grand nombre de volontaires, et la multitude de ceux qui tomberont pour mon nom, dans le combat, recevra, par l'efficacité de la croix, la récompense, et montera glorieusement au ciel». Un homme juste et fort s'élève des eaux mortes et salées (l'Angleterre) comme un lion fort, comme un serpent prudent, et simple comme une colombe. Il recevra à la fin, pour la protéger, une colombe noircie par les impies ( l'Eglise, en ce moment si attaquée). Il régnera beaucoup d'années et remettra les lois en honneur, renouvellera la ville (Rome) ainsi que le monde, et il ne nuira pas au peu de rois qui régneront à cette époque». (Bibliothèque des Franciscains de Hinsbergen).

Maître Antonin :

«Alors naîtra, au milieu des lys, le plus beau des princes, dont le nom sera grand parmi les rois, tant à cause de ses grâces corporelles que de la perfection de son esprit. L'univers entier lui, obéira, de l'Occident au Levant et du Nord au Midi. De toutes parts il terrassera et foulera aux pieds ses ennemis; ses années s'écouleront dans le bonheur. Ce monarque surgira de l'illustre lys ; il aura le front haut, les sourcils arqués, de grands yeux, le nez aquilin. Il rassemblera une grande armée et détruira tous les despotes (les radicaux sans doute) de son royaume, les frappant à mort ; ils fuiront à travers les monts pour éviter sa face. Il fera aux faux chrétiens la guerre la plus constante et dominera tour à tour les Anglais, les Espagnols, les Lombards, les Italiens. Les rois chrétiens lui feront leur soumission. La même année il gagnera une double couronne ; puis, traversant la mer à la tête d'une grande armée, il entrera en Grèce et sera nommé roi des Grecs. Il subjuguera les Turcs et les barbares ; nul ne pourra lui résister, parce qu'il aura toujours auprès de lui le bras du Seigneur qui lui donnera l'empire de l'univers entier. Cela fait, il sera appelé la paix des chrétiens.

Marie Lataste :

« Un jour, j'entendis une voix qui me disait : Regarde ! regarde ! Je ne voulais point regarder, de crainte d'être trompée. Cependant, entendant de nouveau cette voix, je me recommandai à Dieu, je levai les yeux et j'aperçus devant moi un personnage singulier. Il me paraissait d'un tempérament robuste et d'un caractère capable de résister à tout. Il portait une robe qui descendait jusqu'aux genoux, ses bras et ses pieds étaient nus. Je ne saurais dire de quelle

matière était cette robe. Elle n'était ni en or, ni en argent, ni en fer, mais forte comme le fer, l'argent et l'or. Le diadème qu'il portait sur le front était de la même matière que sa robe. La chair de ses membres n'était pas comme celle du reste des hommes ; elle paraissait être d'une dureté extrême. Il se plaça dans le sanctuaire, en face du tabernacle ; il se tint sur ses deux pieds et resta inébranlable. Je vis une multitude de personnes, vêtues de blanc, se ranger autour de lui, et il prononça un discours ou sermon qui était conforme aux enseignements de l'Eglise : je ne me rappelle point les paroles qu'il prononça, mais il exhorta, à peu près comme l'apôtre, à vivre selon l'esprit et non selon la chair. Parmi les vices que nous devons fuir, il fit mention de celui que l'apôtre défend de nommer. Il termina en engageant à éviter le mal et à pratiquer le bien. Après qu'il eut parlé, un homme tout noir (le radicalisme) se dirigea vers lui ; mais il lui donna sur la tête un coup si-vigoureux, que l'homme noir tomba mort à ses pieds. Aussitôt survint une multitude innombrable de corbeaux (des anarchistes) qui enlevèrent le cadavre hors de l'Eglise. Ils retournèrent bientôt près de celui qui se tenait toujours dans le sanctuaire.

Mais celui-ci se défendait sans se mouvoir ; il en saisit un avec ses mains, le coupa par le milieu du corps et le jeta loin de lui; tous les autres s'enfuirent immédiatement. Quelques instants après, j'aperçus un nombre considérable d'autres oiseaux (d'autres ennemis) voler autour de lui et l'importuner extrêmement. On lui apporta un filet avec lequel il les prit presque tous. Il jeta ce filet dans l'air avec une force extraordinaire, et les oiseaux qu'il n'avait pas pris s'enfuirent. Une voix se fit entendre dans le ciel, qui disait : Celui-là est vraiment un homme fort, il a vaincu ses ennemis. »

Ce passage est la figure des dernières guerres du Grand Monarque et des victoires qu'il doit remporter. La même voyante décrit, sous l'allégorie suivante (Let. LXI), le renversement de la révolution par le même Envoyé : « Alors on vit sur le pont un homme, monté sur un éléphant, s'avancer hardiment, tenant une épée à double tranchant. Il paraissait extrêmement vigoureux ; il était revêtu d'une robe qui n'était point en étoffe, mais elle paraissait très-dure, ainsi que le diadème que cet homme portait sur la tête. Il traversa la foule et s'avança jusque auprès de la bête, tenant d'une main son épée et de l'autre une croix. Te voilà, monstre infernal, dit-il, voyons qui des deux sera le plus fort! Regarde cette croix ? Oseras-tu t'élever contre elle ? Toute ta puissance sera réduite à néant ». Aussitôt il s'élance sur la bête, il lui enfonce dans la gueule son épée, dont la pointe ressortit sur le dos. La bête se retira dans le marais dont elle était sortie. Cet homme reçut toutes sortes de félicitations de la multitude , qui éclatait en transports de joie ».

Une ancienne religieuse :

«Je lui donnerai toute puissance sur la terre et il marchera à ma droite jusqu'à ce que je réduise ses ennemis à le servir. Et le sceptre lui sera donné pour défendre l'autel et le trône ; et ses ennemis trembleront au jour de sa force. Il sera le roi fort et marchera avec le Pape saint ».

Rosa Colomba :

«Grande révolution éclatera en Europe. La paix ne reparaîtra que lorsqu'on verra les lys, descendant de saint Louis, sur le trône de France. Ce qui arrivera ».

Religieuse de Belley :

« Il (le Grand Monarque) paraît au milieu de la confusion, de l'orage ».

Pirus :

« Jamais il ne s'est vu un monarque si puissant et si heureux ; il sera seul seigneur et empereur du monde, aimé et redouté de tous ».

« La République sera proclamée, mais elle durera peu ; ensuite nous serons gouvernés par un prince d'une grande sagesse et d'une grande piété, qui vivra très-vieux et fera le bonheur de la France. Il viendra au moment où on s'y attendra le moins ».

La petite Marie des Terreaux. :

C'était une simple fille du peuple qui eut, sous la Restauration, des songes prophétiques. Son souvenir est encore vivant à Lyon. Elle a confirmé la tradition qu'une formidable bataille sera livrée dans la plaine de Cinq-Fonds, entre Lyon et Vienne. Là, le Grand-Monarque doit déployer son génie. Il arrive un moment où ses troupes semblent plier. Il élève alors les mains aux ciel, et réclame un secours direct du Seigneur. Soudain, Jésus-Christ, arme d'une faulx tranchante, fond sur les rangs pressés de la révolution, et les abat comme le moissonneur qui couche sur les sillons les épis mûris par l'été.

Saint Thomas d'Aquin. :

« Cet homme doit venger véritablement le royaume des chrétiens; l'arracher au joug d'Ismaél, le conquérir sur les Sarrazins »

Prophéties des saints Pères :

« Les Turcs mêmes s'y attendent, qu'un roi de France lèvera main forte contre eux, et leur fera lâcher prise de tout ce qu'ils avaient conquis sur les terres des chrétiens et en Orient et en Occident. Ce roi réunira l'empire divisé en l'Orient et en Occident, et sera seul empereur du monde, aimé et redouté de tous les hommes».

Le Curé d'Ars :

« Après la destruction de Paris, doit paraître le Monarque qui rétablira toutes choses».

Desseins prophétiques du Mont-Saint-Michel :

« Le Grand Monarque, dit l'explication, après avoir détruit la démagogie et les factions, intermédiaires ou démagogie déguisée, relèvera les monarchies détruites ou avilies, et exercera sur le monde l'ascendant de Charlemagne au IXe siècle ».

Manuscrit prophétique inédit :

« Le lion couronné, dit l'interprétation, figure le Grand Monarque, l'envoyé providentiel qui relèvera de ses ruines le royaume de Saint-Louis, et le couvrira d'un éclat immense ».

L'abbé Petiot :

« Après une sanglante bataille, quand les triomphateurs croiront recueillir le fruit de la lutte, un homme nouveau s'élèvera pour rendre la paix à la société ébranlée.»

Le B. Joachim :

« Dans une figure prophétique, le Grand Monarque est enveloppé, des pieds à la tète, des replis d'un long serpent, le python révolutionnaire. La tète seule et une épaule sont libres, et pourtant Dieu soutient son Élu, qui se dégage des enroulements du reptile, pour ceindre le diadème, tenir la main de justice et vaincre les factions et les tyrannies. ».

De S..., prélat romain :

Ce personnage, parlant de la Vie d'Anna-Maria Taïgi, par le P. C., a dit de cette œuvre écrite sur des documents exacts : « Elle est très-bien faite ; j'ai beaucoup entendu parler de cette sainte femme, à Rome, où alors on travaillait au procès de sa béatification ; eh bien ! tout ce que vous voyez se passer a été annoncé par elle. Elle a prédit la proclamation du dogme de l'Immaculée Conception, le Concile du Vatican, et dans ce Concile la question de l'infaillibilité du Pape ; les vives oppositions qu'y feraient certains évêques, et la décision du Concile ; qu'aussitôt après la proclamation de ce dogme, la France déclarerait la guerre à la Prusse, guerre désastreuse et qui, plus tard deviendrait générale ; la fin de Napoléon III ; une République en France, mais qui durerait peu ; qu'un moment viendrait où les partis, ne pouvant s'entendre sur le choix d'un gouvernement, finiraient par se décider à remettre la question à la décision du Souverain-Pontife ; que celui-ci enverrait un légat en France pour lui rendre compte de l'état des choses ; qu'ensuite le Pape donnerait à la France un monarque chrétien, et qu'à partir du moment où il monterait sur le trône, ce pays entrerait dans une ère de prospérité civile et religieuse ».

L'Apocalypse (Commentaire d'Holzhauzer) :

« Celui que saint Jean vit sur la nuée est le Grand monarque. Il est dit qu'il est assis sur une nuée blanche, parce que son règne, désigné par le mot assis, sera un règne stable et saint, appuyé sur la protection de Dieu tout-puissant. Il est appelé semblable au fils de l'homme, à cause de ses grandes vertus, par lesquelles il imitera le Sauveur Jésus-Christ ; car il sera humble, doux, aimant la vérité et la justice, puissant par ses armes, prudent, sage, zélé pour la gloire de Dieu. Il est représenté ayant sur la tête une couronne d'or, c'est-à-dire qu'il sera un grand monarque, riche et puissant, et le dominateur des dominateurs ; il vaincra les rois des nations. Et ayant dans sa main une faulx tranchante. Cette faulx, que le Grand Monarque tiendra en main, c'est sa grande et forte armée, avec laquelle il traversera les nations, les républiques et les places fortes. Il est dit que cette faulx est tranchante, parce qu'il ne livrera aucun combat sans qu'il en résulte la victoire pour ses armées, et un grand carnage pour ses ennemis. Il est dit qu'il tient sa faulx dans la main, parce que son armée n'entreprendra rien sans ses avis, et c'est lui-même qui la dirigera par ses conseils, et elle lui obéira à la perfection, et lui sera attachée, et l'aimera de telle sorte qu'il la maniera comme un bâton, et opérera par elle des choses admirables (Int. XIV,14)»

Dans la Bible, les prophètes Daniel, Isaïe, Jérémie, Ezéchiel, Osée,Joël, Amos, Abdias, Nahum, Michée, Habacuc, Sophonie, Aggée, Zacharie, Malachie, ont annoncé le Grand Monarque. Le IVe livre d'Esdras, chapitre XIII, en contient une peinture pleine de majesté. Hommes qui n'avez pas sacrifié à l'idolâtrie générale de nos jours, contemplez cette figure qui est saluée dans tous les temps, et se manifeste dans toutes les traditions ; l'Inde, l'Asie entière, les livres byzantins, l'Occident, tout le connaît. Les livres saints en ont dessiné les traits. Ce concert des siècles proclame le Monarque promis à notre âge : le Secours de Dieu, le Victorieux, le Lys, le Juste, le Régénérateur, le Prince de la paix. Il est, disent encore ces voix, le Roi de la maison de David, le Juge équitable, le Bras de Dieu, le Premier d'entre les potentats, le Désiré des nations, le Lion de Juda. Et encore : il est le Bien-aimé, le Héros choisi, le Pasteur, le Père des habitants de Jérusalem et de la maison de Juda. Il est l'Orient, Celui qui dissipe les ténèbres. Seul Souverain et seul Seigneur, il est la postérité des patriarches, et c'est à lui qu'est promise la possession des saintes montagnes. Il se nomme encore Zorobabel ou Eloigné de la confusion. Il s'appelle enfin la Parole de Dieu, le Fort qui est assis sur le coursier blanc et sur le vêtement duquel est écrit : mystère. Consolateur des justes, Envoyé providentiel, Lys qui doit fleurir dans le royaume de la Vierge, Soleil de justice, Nuée qui porte la miséricorde et le courroux divin, qu'il vienne, qu'il paraisse, réparant les ruines, réchauffant les courages abattus, répandant les lumières célestes, foudroyant les sacrilèges et les criminels, et que la France, et par elle le monde, renaissent, après tant de deuil et de tempêtes, à la félicité et au repos !

1 Quels sont ces insulaires? Nous ne le recherchons pas, crainte de nous méprendre. 2 Le Grand Monarque est signalé tantôt avec l'épithète de jeune, tantôt avec le caractère de la maturité: il ne faut voir ici que la manière dont les Voyants ont aperçu ce personnage dans telle ou telle époque de son âge.

CHRIST EN GLOIRE. ADRIEN PELADAN.CHRIST EN GLOIRE. ADRIEN PELADAN.

CHRIST EN GLOIRE. ADRIEN PELADAN.

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Publié le par Rhonan de Bar

DERNIER MOT DES PROPHÉTIES

ou

L'AVENIR PROCHAIN DÉVOILÉ

 

par plusieurs centaines de textes authentiques, dont beaucoup sont peu

connus ou inédits et de date récente

notamment les prédictions de l'extatique de Fontet,

de celle de Blain, etc., etc.,

 

PAR ADRIEN PELADAN

chevalier de Saint-Sylvestre,

 

 

II.

LE SURNATUREL AU XIX ième SIECLE.

 

Les vérités surnaturelles sont celles qui nous sont connues par la foi. Le surnaturel est donc la lumière de la révélation.

 

Un miracle est une opération surnaturelle, dérogeant aux lois du monde physique. Le secours de la grâce, pour accomplir de bonnes oeuvres, est dit surnaturel, parce qu'il vient de Dieu.

 

Le surnaturel n'existe ni par l'homme, ni selon l'homme. Le don de prophétie est essentiellement surnaturel. Le surnaturel, ou manifestation céleste par une créature, exista de tous les temps ; mais il est des moments dans l'histoire, où le Seigneur prodigue, en quelque sorte, ces communications augustes, parce que les générations ont été ou sont plus oublieuses des préceptes divins, et que la justice incréée est prête à punir les prévarications et les crimes des peuples.

 

Notre siècle, en proie à toutes les maladies doctrinales, gagné par le délire des passions honteuses, courbé sous d'innombrables dégradations de Bas-Empire, a dû provoquer la sollicitude de la miséricorde infinie. C'est pour cela que les faits surnaturels ont été si multipliés, et que leur ensemble forme ces imposantes manifestations de la grâce, propres à arracher nos temps a leur turpitude, à les prémunir contre les expiations appelées par une dégradation profonde, une hypocrisie savante, des sacrilèges ; l'immolation du droit ; des avidités qui font pâlir celles des âges païens, et cette licence qui éclate au loin et revêt audacieusement la livrée de l'athéisme, ou bien de l'abrutissement.

 

Il y a 42 ans, mourait à Rome, comme nous l'avons dit, A.-M. Taïgi, femme qui a joui d'un privilège unique dans l'hagiologie , celui de voir dans une sorte de soleil mystérieux, placé à quelques pieds d'elle, non-seulement ce qui se passait d'un bout du monde a l'autre, combats, navigations, complots, intrigue des cours, mouvements révolutionnaires, actions dignes d'éloges, mais encore l'état des âmes d'outretombe, dans la triple division de nos fins dernières, le ciel, le purgatoire, le noir abîme. Anna-Maria Taïgi a prophétisé sur les divers papes ses contemporains ; elle a particulièrement caractérisé à l'avance le long règne de Pie IX, et marqué en traits éclatants les évènements soit terribles, soit heureux vers lesquels nous nous acheminons.

 

Le laboureur Martin, à force d'instances de l'archange Raphaël, alla, en 1817, dire à Louis XVIII de ne pas se faire sacrer, parce que Dieu le frapperait de mort, s'il enfreignait la défense. Il avertit aussi le roi que la profanation du dimanche, le manque de respect des choses saintes, la tolérance et l'admission des révolutionnaires dans les affaires de l’État enflammaient le courroux divin, et que la France serait accablée de maux, si ces désordres continuaient. 1830 a été un de ces châtiments prédits, et nous savons quelles ont été les suites désastreuses de ce régime maudit. Martin nous rappelle ce maréchal de Salon, qui alla représenter de semblables choses à Louis XIV, poussé qu'il était aussi par une apparition d'en haut.

 

La croix miraculeuse de Migné, sur la fin de la Restauration, météore céleste, qui a des similaires dans l'histoire ecclésiastique, fut aussi un avertissement surnaturel, et des pénitences nécessaires pour apaiser le Seigneur, et des catastrophes qui nous menaçaient.

 

Louis-Philippe touchait presque à la chute honteuse qui lui était réservée, lorsque la Sainte Vierge apparut aux bergers de la Salette. On n'a pas oublié combien de doutes ont prétendu obscurcir cet évènement miraculeux ; combien d'efforts ont eu lieu pour accréditer la croyance que l'apparition était une supercherie. Cependant la prophétie de la Salette nous prévenait des rigueurs qui nous ont frappés dans le manque des récoltes, la mortalité des enfants, les révolutions successives qui ont éclaté. Dans la question des récoltes se trouvait implicitement la perte de la vigne, ruine d'opulentes provinces , la malédiction sur la sériciculture, la sécheresse, la paralysie des affaires. Là était prédit Sedan, puis la Commune.

 

A la Salette, ce n'est plus un ange venant parler à la terre coupable, mais la mère de Dieu elle-même, qui pleure sur notre pauvre état social, et qui déclare ne pouvoir plus retenir le bras de son Fils. Il y a, dans cette sollicitude de la Reine des Cieux pour la France, une poésie si majestueuse et si douce qu'elle égale les plus touchantes interventions du Ciel ici-bas, dans les récits de nos livres sacrés. Un siècle moins alourdi par l'indifférence que le nôtre, se fût converti à cet appel, et il eût trouvé à la fois des apôtres pour répandre le prodige, et des chantres pour le glorifier.

 

La Salette précède Lourdes, et la roche de Massabielle, dans les apparitions dont elle a été le siège, complète le mystère commencé sur la montagne dauphinoise. Ici la miséricorde grandit, et la suavité de ce mot : Je suis l'Immaculée Conception, porte à l'humanité une espérance nouvelle, gage du relèvement de la France et du salut de l'Eglise. Lourdes a reçu son historien, elle attend encore son poète.

 

Cependant, une basilique monumentale s'élève près de la grotte et de la source miraculeuses, et des confins de la France et du monde, les foules y accourent rendre leurs hommages à la Très-Sainte Vierge, et demander des grâces, des guérisons impossibles à la science, et qui, par leur nature divine, réduisent au silence les vaillants de l'impiété. Ces faits surnaturels ne sont pas isolés, mais pour ainsi dire de tous les jours.

 

Le nom de Pontmain se présente ici à toutes les mémoires : c'est en ce lieu que Marie se manifeste encore à des enfants, en un moment où le pays est envahi par l'étranger, où les armes sont tombées des mains de notre jeunesse, où nos troupes sont désorganisées ou captives, où la terreur, fille de la lâcheté des bons et du jacobinisme de 1830et de 1852, incendiait Paris et assassinait les Otages. Marie recommande la prière à Pontmain, et promet le retour de la paix.

 

La prière, c'est toujours et partout la recommandation de la Reine des Anges : la prière n'est-elle pas l'adoration, la réparation, la messagère qui monte au Seigneur pour en obtenir le pardon de l'humanité pécheresse, et redescendre, les mains pleines d'indulgences et de dons consolateurs. Ces instances de Marie sont les mêmes dans les manifestations solennelles comme dans les communications moins éclatantes.

 

Faut-il mentionner ici la voyante d'Oria, près Naples, qui, entre tant de particularités surnaturelles réunies en elle, est communiée fréquemment par la main des anges ? Faut-il nommer Louise Lateau, de Bois-d'Haine, qui, depuis des années, ne reçoit d'autre substance que le pain eucharistique, et qui, dans son extase hebdomadaire du vendredi, souffre les douleurs de la passion ? Faut-il rappeler Fontet, où, dans la personne de Berguille, continuent des manifestations que l'autorité ecclésiastique trouve bon de cacher au public ; où des contradicteurs voudraient voir une action du démon pour opposer une rivalité à Lourdes, mais où, en attendant la décision de l'Eglise, nul ne peut nier le surnaturel ? Faut-il parler de Nenbois, où l'autorité s'est, dit-on, déclarée contre le surnaturel divin, tandis que Berguille continue de suivre, chaque vendredi, dans son extase, la voie douloureuse, et prononce des paroles où la théologie ne semble pas avoir trouvé de rectification a faire. Rien du moins n'a été publié. Faut-il nous transporter à Blain, non loin de Nantes, où la voyante Marie-Julie, que Mgr Fournier, évêque défunt de Nantes, appelait une sainte, et y voir de plus grands prodiges qu'à Bois-d'Haine ?

 

Nous donnons plus loin une série inédite de prédictions de Marie-Julie ; ces documents sont du plus haut intérêt. Il y a un simple prêtre de village, le curé d'Ars, dont l'existence a présenté, en quelque sorte, une succession ininterrompue de faits surnaturels. Nous retrouvons dans l'abbé Vianney, en réservant la différence des cas, les merveilles de la vie d'Anna-Maria Taïgi. Ce ministre du Seigneur, dont la simplicité était extrême, a justement mérité de son vivant le titre de saint et de prophète. Les foules accouraient à son église comme autrefois les Israélites de bonne volonté auprès de Jean-Baptiste. Il fut le consolateur des âmes, et son tombeau a gardé une vertu miraculeuse. Les actes réunis pour servir à la béatification de l'abbé Vianney sont remplis de prodiges célestes.

 

Le monde n'a qu'une bien faible idée du commerce que certains serviteurs de Dieu entretiennent avec les anges, et des merveilles qui s'accomplissent sous le regard du Sejgneur, par l'efficacité de sa toute-puissance, dans les maisons de prière et souvent en des asiles dépourvus des biens de la terre, mais riches en pureté et en amour des choses saintes.

 

Nous donnerons plus loin une autre énumération de faits surnaturels, ayant reçu une moindre publicité peut-être que ceux qui précèdent, mais présentant toutefois les mêmes caractères. Ils forment un faisceau de preuves imposantes de l'intervention divine dans les évènements humains, et démontrent que l'abandon de la foi est la cause directe des calamités de nos temps, et que la corruption sociale appelle sur nous de nouveaux et grands malheurs. Dans chacun de ces faits, la prophétie, que nous pourrions nommer l'aile droite du surnaturel, a toujours ou presque toujours une part. Il en est où elle domine essentiellement.

 

Si donc le surnaturel resplendit à chaque pas dans l'histoire contemporaine, et si la prophétie y occupe une si large place, les prédictions sur les temps présents seront-elles traitées de chimère ? Pour n'aborder ici, du reste, qu'un chapitre de ces vaticinations, que l'on nom explique ce souffle qui, des sibylles à nos jours, excède les grands serviteurs de Dieu et les âmes contemplatives; que nous sachions comment, à travers les âges, cette haleine révélatrice nous présente, pour notre époque profondément troublée, ce Réparateur couronné qui renversera les factions, relèvera les Lys, écartera les parasites et les faméliques, fera surgir une pléiade de talents et de héros, prêts à redoter la France de ses splendeurs éclipsées. Nul souverain [dans l'histoire n'aura uni tant de vertu à tant de valeur, tant de sagesse à tant d'activité ; tant de lumière à tant d'héroïsme, tant de sublimité en un mot en toutes choses. Commençons le Dernier mot des prophéties par cette immense figure, prédite aussi bien dans les temps actuels que dans les temps anciens.

ADRIEN PELADAN.

ADRIEN PELADAN.

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DERNIER MOT DES PROPHÉTIES

ou

L'AVENIR PROCHAIN DÉVOILÉ

 

par plusieurs centaines de textes authentiques, dont beaucoup sont peu

connus ou inédits et de date récente

notamment les prédictions de l'extatique de Fontet,

de celle de Blain, etc., etc.,

 

PAR ADRIEN PELADAN

chevalier de Saint-Sylvestre,

I.

JUSTIFICATION DES PROPHÉTIES.

Tout chrétien confesse les prophéties canoniques, c'est-à-dire celles de l'Ancien et du Nouveau Testament. Mais il est encore des prophéties privées dignes de créances pourvu qu'elles se trouvent dans certaines conditions ne blessant point les lois de l'Eglise, et permettant de les soumettre aux règles sur la matière et à l'examen d'une saine critique.

Les prophéties modernes sont un puissant moyen, aujourd'hui, de remettre en honneur le surnaturel, cette clef divine de l'enseignement catholique, rejetée en quelque sorte par notre siècle, et sans le respect de laquelle nous ne saurions maîtriser les courants dévastateurs qui nous poussent, et combler les abîmes béants devant nous.

Saint Paul recommande aux chrétiens de ne point mépriser les prophéties, et par ce mot l'Apôtre indique les prophéties privées. Le don de prophétie fut commun dans la primitive Eglise, et les vies des Saints nous montrent en mille endroits que beaucoup de ces serviteurs de Dieu ont été inspirés par le Saint-Esprit. La chaîne d'or des miracles, qui resplendit dans la durée dix-neuf fois séculaire du catholicisme, peut-elle se séparer de cette autre traînée lumineuse, allant de la terre au ciel, et qui se nomme les prédictions, dont Dieu favorise quelques âmes privilégiées? Des auteurs pieux, comme aussi des écrivains profanes, ont affirmé qu'il n'y a jamais eu dans le monde de grand événement qui n'ait été prédit de quelque manière. Nous ne citerons sur cent autres que les témoignages suivants : « Dieu suscite d'âge en âge des hommes pleins de son Esprit et de ses lumières, devant qui il soulève le voile de l'avenir, et qu'il charge d'aller dire à leurs frères ce qu'ils ont vu et entendu ». (Frayssinous.)

« Chaque fois, dit sainte Hildegarde, que Dieu se propose de châtier le genre humain pour ses prévarications, il le fait prédire par des hommes ou le manifeste par les créatures, afin qu'ils n'aient point sujet de se plaindre de leurs maux » (Ep. XLIX). Les théologiens sont unanimes sur ce point.

Les homme-; instruits, qui repoussent systématiquement les prophéties privées, nous produisent l'effet de les redouter, parce que ces avertissements d'en-haut déconcertent leurs plans souvent égoïstes. Proposez leur une démonstration par les faits, par la science, par les affirmations de l'histoire, ils reculent.

Nous n'avons pas à nous occuper du scepticisme invétéré, non plus que de l'ignorance qui ne veut pas être éclairée. Certains délicats se réfugient, pour atteindre les prophéties, dans le surnaturel diabolique, essayant d'atteindre les véritables manifestations divines au moyeu d'apparitions, de vaticinations apocryphes; comme si les singeries du démon, sous ce rapport, ne sont pas la confirmation de; prédictions venues du Seigneur.

Ces prédictions se reconnaissent toujours à un critérium théologiquement déterminé.

L'étude ou tout au moins la connaissance des prophéties est utile, car les événements étant connus à l'avance, chacun peut s'y préparer, et rien ne nous parait plus propre à contenir le coupable dans ses excès, et à le solliciter à revenir au bien.

N'est-ce point dans ce but que l'Esprit-Saint a dicté l'Apocalypse, où sont marqués les événements, les époques les plus mémorables du monde et les grandes phases de la vie de l'Eglise, depuis l'Ascension jusqu'au jugement dernier, et aux joies inaltérables des élus dans la Jérusalem céleste . La philosophie de l'histoire, action de la Providence sur les sociétés humaines, est confirmée par les prophéties. Il est inutile de faire observer que les prophéties modernes, comme celles de la Bible, sont fréquemment conditionnelles, la réalisation de leurs menaces dépendant, comme à Ninive, du repentir ou de l'impénitence des peuples dévoyés. La prière, la pénitence de certaines âmes privilégiées peuvent retarder l'explosion des fléaux, même les conjurer. Cela se voit clairement dans la vie de la vénérable Anna-Maria Taïgi, dont les invocations et les souffrances ont sauvé à diverses reprises, dans la première moitié de notre siècle, la ville de Rome de rudes châtiments.

Le jour même où cette servante de Dieu mourut, en 1837, le choléra éclata dans la ville éternelle et y commença des ravages prolongés.

Quelques inexactitudes dans le contexte des prophéties privées deviennent, pour ceux qui les combattent, un motif de les repousser. La sagesse suprême permet précisément ces imperfections, pour que les révélations privées ne puissent pas être mises sur le même pied que les prophéties canoniques, où il ne se trouve pas un iota à retrancher ou à ajouter. On se rabat aussi sur certaines particularités dont l'explication claire ne saurait être saisie. Mais les chapitres prophétiques de la Bible, avant Jésus-Christ, présentaient aussi des nébulosités dissipées, plus tard, par les événements. Ajoutons que les interprètes tatonnèrent alors plus d'une fois 'dans les éclaircissements qu'ils présentaient.

« Par rapport aux intérêts matériels eux-mêmes, les prophéties privées ont leur utilité. Si, en 1830, 1848, 1870, politiques, propriétaires, financiers, hommes d'industrie et de commerce, avaient connu et cru certaines de ces prophéties, il leur eût été possible d'éviter dans leur fortune particulière des désastres de plus d'une sorte. (Chabauty, Concordance des prophéties modernes),»

Les prophéties sur les temps actuels se rattachent aux faits généraux suivants :

1° Un roi de France, dont la piété égalera la valeur et le génie, sera donné d'en haut. Il couvrira notre pays d'une gloire immense et clora l'ère des révolutions.

2° Un pape, rempli de l'esprit de Dieu, sera étroitement uni au grand Monarque; ils renouvelleront de concert la face de la terre.

3° Paris, centre des abominations révolutionnaires, est menacé de destruction, s'il persiste a demeurer Babylone. D'autres villes subiront le même sort.

4° Les hérésies et les schismes prendront fin ; les nations hérétiques ou schismatiques reviendront à l'unité.

5° Les dynasties persécutrices de l'Eglise seront réprouvées ou se convertiront.

6° Les peuples subiront des expiations selon la mesure de leurs crimes.

7° Le souverain providentiel promis à la France sera le chef de la croisade qui mettra fin à l'islamisme.

8° La nationalité polonaise sera reconstituée.

9° La France relevée exercera une influence universelle.

10° L'Eglise rebrillera d'une splendeur incomparable ; il n'y aura qu'un troupeau et qu'un pasteur.

11° La révolution, les sociétés occultes, les factions seront écrasées par le Grand-Monarque et extirpées du sol européen.

12° Les bons seront providentiellement protégés dans la grande crise qui nous talonne ; les pervers seront foudroyés.

13° Toutes les injustices seront réparées par le Grand Monarque.

14° L'action divine sera visible dans la consommation des évènements qui se préparent.

15° L'Europe sera ébranlée ; elle sera le théâtre d'effrayantes batailles : l'Allemagne perdra sa puissance et subira un prodigieux abaissement. Rome passera par de terribles épreuves, mais recouvrera sa majesté et son indépendance par l'épée du Grand Monarque. La continuation du concile général du Vatican inaugurera et confirmera la paix universelle.

N'en déplaise aux esprits rebelles, les prophéties prudemment interrogées jettent seules quelques clartés sur l'avenir. Hors de leur domaine lumineux, tout demeure incertitude, confusion, épouvante. Les prophètes nous initient à la politique divine, à l'intervention de la Providence, qui constitue la triple action de la sagesse , de la bonté, de la justice de Dieu sur l'existence des nations.

 

ADRIEN PÉLADAN.

ADRIEN PÉLADAN.

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ARMURES ET ARMES OFFENSIVES

ET DÉFENSIVES DES

CHEVALIERS.

 

L'armure ne s'entendait que de ce qui servait à la défense du Chevalier ; elle était composée d'un casque ou heaume, d'un gorgerin ou haussecol, de la cuirasse, des gantelets, des tasettes, de la cotte-de-maille, des brassarts, des cuissarts, des grèves ou jambières, des genouillères, du bouclier, et detoutes pièces qui servaient à garantir les Chevaliers des attaques de leurs assaillans.

L'armure de tête d'un Ecuyer était un bonnet ou chapeau de fer, moins fort que le casque ou heaume du Chevalier, et qui ne pouvait être margé ou timbré d'un cimier, de lambrequins et autres ornemens extérieurs réservés aux Chevaliers seuls.

Dans la suite, les Français quittèrent l'armure et combattirent à découvert ; Louis XIV, cependant, obligea les officiers généraux et les officiers de cavalerie à reprendre la cuirasse et à porter une calotte de fer dans le chapeau, pour parer les coups de tranchant.

ARMET. C'était un chapeau de fer que les Chevaliers faisaient porter avec eux dans les batailles, et qu'ils se mettaient sur la tête lorsque, s'étant retiré de la mêlée pour se reposer et prendre haleine, ils quittaient leur heaume.

Dreux de Mello, dans l'escarmouche de Nantes, n'ayant que cette armure, fut attaqué par le seigneur de Préaux, vassal du roi d'Angleterre, qui, d'un coup de sabre, lui abattit son chapeau de fer et le blessa au front.

Froissart parle souvent de ces chapeaux de fer : c'était un casque léger, sans visière et sans gorgerin, comme ce qu'on a depuis appelé bacinet. Ces casques étaient dans ce temps l'armure de la cavalerie légère et des piétons.

ARRÊT DE LANCE, espèce de plastron rond dont se servaient les Chevaliers, pour maintenir leur lance ferme, dans les combats, joutes et tournois.

BAUDRIER, balteus, ceinture militaire (cingulum militare), à laquelle était attachée l'épée du Chevalier ; on portait parfois le baudrier en écharpe, surtout en temps de guerre.

En ceignant pour la première fois le Chevalier du baudrier, celui qui faisait la cérémonie, prononçait ces paroles : "Quando tu quidem, in re militari versatus es, hunc tibi baltheum dono." On était si bien persuadé que, par ce don du baudrier on recevait véritablement l'honneur de la chevalerie, qu'on se contentait de dire, en parlant d'un Chevalier nouvellement reçu, « on lui a ceint l'épée. »

Tous les officiers de guerre pouvaient porter la ceinture dorée; mais les Chevaliers avaient seuls le droit de ceindre le baudrier, qui était garni de grosses boules d'or et richement orné, pour les distinguer des autres nobles et des gens de guerre qui n'étaient pas chevaliers.

Grégoire de Tours dit, en parlant du comte Mâcon, Chevalier, qu'il portait un grand baudrier d'or, orné de pierres précieuses, où était attachée une très belle épée à poignée d'or et de pierreries : Baltheum magnum ex auro, lapidibusque pretiosis ornatum, gladiumque mirabile, cujus capulum ex gemmis hispanicis, auroque dispositum erat.

Les Français avaient pris cet usage des Romains, qui en portaient de semblables, suivant l'expression de Virgile :

.Humero cùm apparuit alto :

Baltheus et notis fulserunt cingula bellis.

 

Le baudrier devint, ainsi que l'épée, pour les rois et les princes, la marque caractéristique du pouvoir et du commandement. Le patrice Mumol, dit Grégoire de Tours, livre 7, chap. 38, voulant faire proclamer Roi Gondebaud, ôta son riche baudrier et en ceignit son nouveau maître ; mais, lorsque celui-ci fut sur le point d'être livré entre les mains des généraux de Gontran, il lui redemanda son baudrier, en lui faisant entendre par là que cet ornement ne convenait plus à sa fortune présente.

Dans l'assemblée, digne de l'horreur de tous les siècles, tenue à Compiègne, le Ier octobre 833, où

Louis-le-Débonnaire fut déposé, on le dépouilla de son épée et de son baudrier, comme étant les insignes du souverain commandement, et ils ne lui furent restitués que l'année d'ensuite, le 1er mars 834, lorsque ce prince reprit sa couronne et son empire.

BOUCLIER OU ÉCU, buccularium, buccula, clypeus, scutum. Le bouclier est la plus ancienne des armes défensives dont les guerriers se servaient pour se couvrir le corps contre les coups et les traits des ennemis. Il y avait, parmi les anciens, plusieurs sortes de boucliers ou d'écus, qui différaient entre eux, soit par les noms, la forme et la matière.

Boucliers des Grecs. Ils en avaient de cinq sortes : le premier et le plus ancien, qu'ils nommaient aspis, était un grand bouclier de figure ronde, et qui couvrait presque tout le corps ; il était fait tantôt d'osiers entrelacés, tantôt de cuivre, tantôt de bois léger, et le plus souvent de cuir ou de peau renforcée par quelques plaques de métal. Homère, qui décrit la plupart des boucliers de ses héros, dit que celui d'Ajax était de sept cuirs ou de sept plis de cuir couverts d'une lame de cuivre ; et que celui d'Achille était de dix cuirs ou plis, armés de deux plaques de cuivre, de deux d'étain et d'une d'or. C'était celui qui était en usage dans les temps qu'on nomme héroïques.

Le guerron ou guerra, était de la figure d'un carré-long, ou rhomboïde; et, selon Strabon, les Perses s'en servirent les premiers.

Le thureos était aussi un carré-long, courbé en dedans comme une faîtière, et ainsi nommé parce que, lorsqu'il était étendu, sa figure ressemblait à une porte, appelée en grec "thura".

Le laisèion était un écu fort léger, de la même figure que le thureos ; il était fait de peaux de bêtes avec le poil.

Le pelte ou pelta, était aussi un bouclier léger qui, selon Xénophon, ressemblait à une feuille de lierre.

Isidore de Séville dit pourtant qu'il approchait de la figure d'un croissant, et qu'il fut d'abord en usage parmi les Amazones, ce que Virgile confirme par ce vers : Ducit Amazonidum lunatis ogmina peltis.

Mais Suidas prétend, au contraire, que ce bouclier était carré. Les Grecs tenaient des Egyptiens l'usage des boucliers ; ils les firent d'abord d'une grandeur étonnante, c'est-à-dire, de toute la hauteur d'un homme ; et au temps de la guerre de Troie, ils ne les portaient point encore au bras : ils étaient attachés au cou par une courroie, et pendaient sur la poitrine ; lorsqu'il s'agissait de se battre, on les tournait sur l'épaule gauche et on les soutenait avec le bras ; pour marcher, on les rejetait derrière le dos, et alors ils battaient sur les talons. Les Cariens, peuple très-belliqueux, changèrent cet usage si peu naturel et si désavantageux : ils enseignèrent aux Grecs à porter le bouclier passé dans le bras par le moyen de courroies faites en formes d'anses.

C'était l'usage chez les Grecs de suspendre dans les temples les armes et principalement les boucliers des ennemis qu'ils avaient vaincus, tant pour laisser un souvenir de leurs victoires, que pour rendre grâces aux dieux, qui les leur avaient fait remporter. Ces boucliers, ainsi consacrés aux dieux, s'appelaient boucliers votifs, clypei votivi. Cette coutume de suspendre des boucliers dans les temples passa, comme la plupart des autres, de Grèce en Italie.

Chez les Grecs, on ne pouvait perdre ni abandonner son bouclier sans être entaché d'infamie ; c'était même, à Lacédémone, un crime qu'on punissait de mort.

Boucliers ou écus des Romains. C'étaient l'ancile, le scutum, le clypeus et le pelta ou cetra. L'ancile (ancilia) était un petit bouclier rond, ou plutôt ovale, que les anciens Romain croyaient descendu du ciel, et de la conservation duquel ils faisaient dépendre la sûreté de leur ville.

Numa Pompilius pour dompter l'humeur féroce de ce peuple guerrier, mais grossier, et par conséquent susceptible de superstition , fit croire, au rapport de Plutarque, que, dans une furieuse peste, qui ravagea presque toute l'Italie, et Rome en particulier, un bouclier de cuivre lui était tombé du ciel entre les mains et qu'en même temps une voix s'écria que Home serait la maîtresse du monde tant qu'elle conserverait ce bouclier, qui, par-là, devint le palladium et la sauve-garde de Rome. Pour conserver ce bouclier sacré, Numa, par le conseil de la nymphe Egérie et des muses, dont il feignait d'apprendre tous les mystères de sa religion, en fit faire onze autres tous semblables, afin que si quelqu'un voulait entreprendre de l'enlever, comme Ulysse enleva le palladium de Troie, il ne pût distinguer l'ancile véritable. La peste cessa, et Numa, qui ne put lui-même reconnaître le véritable bouclier parmi les autres, institua douze prêtres pour la garde des douze anciles, qu'ils devaient porter tous les ans, au mois de mars, en grande cérémonie autour de Rome. Tullus Hostilius augmenta ensuite leur nombre jusqu'à vingt-quatre. Il y a diverses opinions parmi les anciens et les modernes sur l'origine du mot ancile et sur la forme de ce bouclier; mais la plus vraisemblable et la plus accréditée est celle de Varron, qui dit que ces boucliers étaient appelés ancilia, ob ancisu, parce qu'ils étaient coupés ou arrondis des deux côtés, de même que les boucliers des Thraces, qu'on nommait peltoe. Quoi qu'il en soit, on voit au revers d'une médaille de l'Empereur Antonin-le-Pieux les figures de deux anciles qui sont de forme ovale. Le scutum était le bouclier le plus en usage chez les Romains ; il y en avait de deux sortes, savoir : le scutum ovatum, qui était ovale, et le scutum imbricatum, qui était un carré-long, courbé en dedans en forme de faîtière ou de tuile creuse, comme le thureos des Grecs. L'un et l'autre couvraient presque entièrement le corps, ayant environ quatre pieds et demi de hauteur et deux pieds et demi de largeur. Ce bouclier était ordinairement fait de petites planches de bois léger, assemblées par de petites lames de fer, et couvertes de cuir ou de peaux de divers animaux ; et pour le mieux conserver , il était bordé en dedans et en dehors d'une autre lame de fer.

Le clypeus, grand bouclier rond semblable à l'aspis des Grecs, fut en usage quelque temps parmi les Romains: voilà pourquoi la plupart de leurs écrivains le confondent avec le scutum.

Pline le jeune remarque qu'on dédiait autrefois à Rome aux particuliers illustres et aux empereurs des boucliers d'or, d'argent ou de cuivre, sur lesquels on gravait l'image ou les belles actions de ceux à qui ils étaient consacrés, et que l'on appendait, à leur honneur, dans un temple ou dans une chapelle, à peu près comme on fit chez nous des étendards et des drapeaux qu'on enlevait aux ennemis. Appius Claudras introduisit cette coutume chez les Romains l'an 259 de la fondation de Rome ; et l'on voit, par le Cantique des cantiques, qu'elle était aussi établie parmi les Hébreux d'où elle passa chez les Grecs, ainsi qu'on l'a dit plus haut.

Le parma était de figure ronde, d'environ trois pieds de diamètre. Il y en avait encore un plus petit nommé parmula : l'un et l'autre étaient de bois léger couvert de cuir.

Le cetra ou pelta était un «petit écu dont se servaient les Maures et les Espagnols, qui ressemblait au pelta des Thraces et des Grecs, et qui était couvert de la peau d'un onceau ou d'un buffle.

Au milieu de la plupart des boucliers, il y avait, en dehors, une bosse ou une élévation ronde armée d'une pointe de fer, qui servait à écarter et à rabattre les coups et les traits des ennemis, et même à pousser ceux-ci dans la mêlée. Les Grecs nommaient cette bosse omphalos, et les Latins umbo. Ce dernier mot est souvent pris pour tout le bouclier.

Ecus ou boucliers chez les Gaulois, les Francs, les Allemands et autres nations modernes. Selon César et Tacite, les boucliers des anciens Germains et Allemands étaient faits d'écorce d'arbre et de branches d'osier entrelacées, ou de bois léger et couvert de cuir de taureau ou même de peaux d'autres animaux. Quelques peuples d'Italie, au témoignage de Diodore de Sicile, empruntèrent cette sorte d'écus des Gaulois ; et les Carthaginois, comme Suidas le rapporte, se servaient de boucliers faits de courroies de cuir appliquées les unes sur les autres.

Les boucliers chez les différentes nations avaient divers noms, selon leurs différentes formes. Les Gaulois et les Germains, à l'instar des anciens peuples, regardaient comme infâmes ceux qui avaient perdu leur bouclier, et leur interdisaient les sacrifices, et les assemblées publiques; plusieurs, qui avaient eu ce malheur, échappèrent à cette ignominie en se donnant la mort.

Le pavois, qui était le plus grand écu des anciens Gaulois, avait cinq pieds de haut, et ressemblait au scutum imbricatum des Romains ; c'était un carré-long, courbé en faîtière, qui couvrait tout le corps. Les Gaulois, les Francs, les Goths et les Espagnols élisaient et proclamaient leurs rois et leurs princes en les élevant sur le pavois; ils les proclamaient ainsi à la vue de toute l'armée, en faisant trois fois le tour du camp. Pharamond fut proclamé roi des Francs de cette manière, en 419, par la colonie de cette nation qui avait passé le Rhin sous sa conduite. Les Espagnols appelaient cette cérémonie levantar por rey.

On prétend que le mot pavois vient du vieux gaulois pave, qui, selon Borel, signifiait couverture; et c'est peut-être pour cette raison, qu'en terme de de marine, on nomme pavois, paviers ou pavesade une grande bande de toile ou de drap qu'on étend le long du plat bort d'un vaisseau de guerre, quand on se prépare au combat, pour cacher aux ennemis ce qui se fait sur le pont.

La targe était aussi un grand bouclier qui couvrait tout le corps, et dont on se servait aux assauts ; il était de différentes formes : parmi les Africains et les Espagnols, c'était un carré-long comme le pavois ; et chez les Gaulois et les Bretons, ce bouclier était presque ovale, et échancré au côté droit, pour appuyer la lance dans l'échancrure.

La rondache ou la rondelle était une espèce de bouclier rond, à peu près comme le parma des Romains. La rondache était fort en usage chez les Espagnols, même en temps de paix : et ils s'en servent encore aujourd'hui quand ils courent de nuit.

L’écu des Français était un petit bouclier léger que la gendarmerie, qui combattait avec la lance, portait au bras gauche. Il y en avait aussi de grands qui couvraient non-seulement l'homme tout entier, mais encore ceux qui étaient derrière, les arbalétriers et archers ; ces écus étaient forts pesans et fort massifs, et avaient une pointe en bas pour les ficher en terre. Comme cette arme défensive était embarrassante, surtout à cheval, le Chevalier ne la portait pas, il la faisait porter par son écuyer, qui s'appelait scutifer et armiger.

Les Chevaliers ont aussi porté un écu couvert de lames d'écailles, d'ivoire ou d'or ; ils le suspendaient à leur cou par une courroie, et quand leur lance était rompue, ils l'attachaient à leur bras gauche. Diodore de Sicile dit, en parlant des Gaulois, que chacun ornait son écu à sa fantaisie; et selon Tacite, les Allemands ne les distinguaient que par les couleurs. Il y en avait qui mettaient diverses inscriptions sur leurs boucliers ; tantôt c'était le nom de leur chef, tantôt les hauts faits de leurs ancêtres, quelquefois les leurs ; et ceux qui ne s'étaient pas encore signalés ne portaient aucune marque sur leurs boucliers, qui restaient blancs et pour ainsi dire comme une table d'attente.

Dans les croisades, les gentilshommes français qui marchaient sous la bannière de leurs suzerains adoptèrent les couleurs de ces bannières et les firent peindre sur leurs écus, avec certaines distinctions qui ont donné origine aux partitions ou meubles qui ont depuis été introduits dans le blason, tels que les chefs, les filets, les champagnes, les flanchis, les chappés, les chaussés, les bordures et les francs-quartiers. Ces familles les ont conservé dans leurs armes, pour consacrer le souvenir de leurs voyages de la Terre-Sainte, et y ajoutèrent des devises, des chiffres, des emblêmes, et par suite, y firent peindre leurs armes régulières ; et si le suzerain avait, ou sur sa bannière ou sur son écu, la figure de quelque animal, soit oiseau, quadrupède ou poisson, chacun des vassaux faisait peindre sur son bouclier une partie ou membre de cette figure, tels que la tête, les pattes, les cornes ou la moitié du corps, ce qui a produit dans le blason les positions d'issant, naissant,passant, rampant, coupé, etc., etc.

Le bouclier est le symbole de la protection que les Princes doivent à leurs sujets ; et, depuis le règne de Constantin, sur la plupart des médailles impériales postérieures aux Antonins, on le représente orné de diverses figures et du monogramme de J.-C. Les princes le tenaient toujours de la main gauche. On le voit sur quelques sceaux de la seconde race ; il est ordinairement sur ceux des empereurs d'Allemagne depuis Conrad Ier jusqu'à Othon Ier, et sur ceux des seigneurs des grands fiefs de France.

Je traiterai de l'écu et de l'écusson des armoiries au chapitre spécial du blason, il n'est ici question de l'écu que comme arme défensive....

DE LA CHEVALERIE.DE LA CHEVALERIE.
DE LA CHEVALERIE.DE LA CHEVALERIE.

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Publié le par Rhonan de Bar
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Avertissement : Que le lecteur ne voit pas de fautes là où il s'agit de vieux français.

DE LA CHEVALERIE SOCIALE.

Les grands vassaux de la couronne, ayant rendu héréditaires, dans leurs familles, les grands fiefs qu'ils n'avaient tenus auparavant qu'à titre de bénéfice militaire et de gouvernement, furent imités dans cette usurpation, vers le milieu du dixième siècle, par une infinité de Seigneurs et de châtelains particuliers, qui firent fortifier leurs châteaux, établir des tourelles et creuser des fossés, pour résister aux attaques de l'autorité, qui pouvait revendiquer ses droits. Ils formèrent, en outre, des alliances entre eux, afin de lui opposer une masse plus forte, et se consolidèrent ainsi dans leur nouvelle position. Mais comme de l'usurpation à la tyrannie il n'y a qu'un pas, ces nouveaux Seigneurs, ainsi fortifiés, se crurent en état d'exiger des impôts et des taxes de tous ceux qui traversaient leur territoire ou qui naissaient leurs vassaux. De là les courses qu'ils faisaient à main armée sur les grandes routes, pour ruiner et maltraiter les voyageurs; de là les vexations de tous genres qu'ils exerçaient sur tous les habitans de leur contrée.

Le remède à tant de maux et à tant de désastres se rencontra précisément dans la classe élevée, où ils avaient pris leur source, et d'autres gentilhommes, prenant en pitié les misères et les larmes du peuple, se liguèrent de leur côté, pour s'opposer par la voie des armes, aux excès de cette foule de tyrans, qui avaient usurpé tous les droits du pouvoir souverain pour augmenter leurs richesses.

Cette association honorable et tout-à-fait philanthropique est l'origine de cette Chevalerie sociale, dont les membres, en se touchant réciproquement dans la main[1], et en invoquant Dieu et Saint-Georges, se vouèrent à la défense des faibles, des opprimés, des pauvres, de la veuve et de l'orphelin, en les plaçant sous la protection de leur épée. Simples dans leurs habits, austères dans leurs mœurs, humbles après la victoire, fermes et stoïques dans l'infortune, ils se créèrent en peu de temps une immense renommée. La reconnaissance populaire, dans sa joie naïve et crédule, se nourrit des merveilleux récits de leurs faits d'armes ; elle exalta et unit, dans sa prière, ses généreux libérateurs avec les puissances du ciel. Il est si naturel au malheur de diviniser ceux qui le consolent !

Dans ces vieux temps, comme la force était un droit, il fallait bien que le courage fût une vertu. Ces hommes à qui l'on donna, dans la suite, le nom de chevaliers, le portèrent au plus haut degré. La lâcheté fut punie parmi eux comme un forfait impardonnable, et c'en est un en effet que de refuser un appui à l'opprimé ; ils eurent le mensonge en horreur ; ils flétrirent le manque de foi et la perfidie, et les législateurs les plus célèbres de l'antiquité n'ont rien de comparable à leurs statuts.

Cette ligue de guerriers se maintint pendant plus d'un siècle dans toute sa simplicité primitive, parce que les circonstances au milieu desquelles elle était née ne changèrent que lentement ; mais, lorsqu'un grand mouvement politique et religieux annonça les révolutions qui allaient s'opérer dans l'esprit humain, la Chevalerie prit une forme légale et un rang parmi les institutions. Les croisades et l'émancipation des communes qui marquèrent l'apogée du Gouvernement féodal, sont les deux évènemens qui ont le plus contribué à le détruire.

La Chevalerie en tira aussi son plus grand éclat ; elle se fortifia des moeurs publiques et des idées de la nation sur le courage et l'honneur. Elle devint une loi de l’État quand elle eut débordé les autres institutions ; et elle devint une loi, parce qu'il y avait en elle toutes les conditions de convenance et de nécessité qui donnent aux institutions un caractère légal. Nous ne connaissons rien dans les souvenirs de la France de plus essentiellement français.

La Chevalerie a laissé après elle des traces profondes de son existence. Elle ne pouvait vivre que dans l'état social où elle était née. La confusion des pouvoirs, l'absence de la justice, presque toujours remplacée par une sordide fiscalité, l'inflexibilité des coutumes féodales légitimèrent son apparition. C'est sous ce rapport qu'elle a eu une importance qui ne méritait pas la dédaigneuse ingratitude de notre âge. Ses fastes seront long-temps l'objet d'une poétique admiration. On y retrouve tout ce que la valeur a de plus héroïque, la vertu de plus pur, la fidélité de plus admirable, le dévouement de plus désintéressé.

Cependant, comme tout ce qui porte l'empreinte de la volonté des hommes, la Chevalerie eut ses âges de vertu, de splendeur, et de décadence. Pauvre, énergique,

et redoutable aux oppresseurs dans la première période, qui fut son temps fabuleux, on la vit s'asseoir bientôt sur les marches du trône, et planer sur les créneaux des tours féodales. Elle fut la tutrice des peuples et la conseillère des Rois. Les nations étonnées reconnurent en elle le lien social, et le pouvoir lui-même. Elle créa, dans cette seconde période, la politesse et la douceur des manières; et triompha de la résistance d'un siècle rude et sauvage, où la noblesse se vantait de son ignorance; mais dans la troisième, malgré qu'elle se soit grossie de tous les désordres du temps, on voit pourtant sortir de son sein les Bavard et les Crillon, et une infinité de héros qui firent l'honneur de la France.

Nos rois avaient senti les premiers tout le parti qu'ils pouvaient tirer d'une association armée, qui tenait le milieu entre la couronne et les puissans vassaux qui en usurpaient toutes les prérogatives. Dès lors, ils firent des Chevaliers et les lièrent à eux par toutes les formes usitées pour l'investiture féodale ; mais le caractère particulier de ces temps reculés, c'était l'orgueil des privilèges, et la couronne ne pouvait en créer aucun sans que la noblesse ne s'arrogeât la même faculté.

Les possesseurs des grands fiefs s'empressèrent d'imiter les rois : non-seulement ils s'attribuèrent le droit de faire des Chevaliers, mais ce titre, cher à la reconnaissance de la nation, devint pour eux une prérogative héréditaire. Cet envahissement ne s'arrêta pas là : les seigneurs imitèrent leurs souverains, et la Chevalerie, perdant son ancienne unité, ne fut plus qu'une distinction honorable dont les principes eurent longtemps encore une heureuse influence sur le sort des peuples.

Mais, outre la défense du faible et de l'opprimé, les Chevaliers prenaient encore celle de l'honneur des femmes : « Le désir naturel de plaire au sexe, dit le célèbre Montesquieu, produit la galanterie qui n'est point l'amour, mais le délicat, le léger, le perpétuel mensonge de l'amour. » Cet esprit de galanterie dut prendre des forces dans le temps de nos combats judiciaires. La loi des Lombards ordonne aux juges de ces combats de faire ôter aux champions les herbes enchantées qu'ils pouvaient avoir. Cette opinion des enchantemens était alors fort enracinée, et dut tourner la tête à bien des gens. De là, le système merveilleux de la Chevalerie; tous les romans se remplirent de magiciens, d’enchantemens, de héros enchantés; on faisait courir le monde à ces hommes extraordinaires pour défendre la vertu et la beauté opprimée; car ils n'avaient en effet rien de plus glorieux à faire. De là naquit la galanterie dont la lecture des romans avait rempli toutes les têtes; et cet esprit se perpétua encore par l'usage des tournois.

Les dames étaient assujetties à avoir les mœurs pures et honnêtes, et à s'observer scrupuleusement dans toutes les démarches de leur vie, si elles prétendaient à l'honneur d'être défendues par un Chevalier, lorsque leur réputation était attaquée ; c'était, dit Sainte-Palaye, un nouveau service que la Chevalerie rendait à la société.

Brantôme s'en explique ainsi : « Si une honnête dame veut se maintenir en sa fermeté et constance, il faut que son serviteur n'épargne nullement sa vie pour la maintenir et défendre, si elle court de moindre fortune au monde, soit ou de sa vie, ou de son honneur, ou de quelque méchante parole, ainsi que j'en ai vu en notre cour plusieurs qui ont fait taire les médisans tout court, quand ils sont venus à détracter leurs maîtresses et dames, auxquelles, par devoir de Chevalerie, et par ses lois, nous sommes tenus de servir de champions à leurs afflictions. »

Une demoiselle, dont Gérard de Nevers entreprit la défense, ayant vu l'empressement avec lequel il s'y porta, prit son gant senestre, le lui donna, en lui disant : «Sire, mon corps, ma vie, mes terres, mon honneur, je les mets en la garde de Dieu et de vous, auquel je prie Dieu qu'il doint à vous telle grace octroyer, que au-dessus en puissiez venir, et nous ôter au danger où nous sommes. »

Il n'y a point d'honneur que ces preux Chevaliers ne rendissent aux dames et demoiselles qui avaient bonne renommée. S'il s'en trouvait parmi elles dont la conduite fût équivoque, ces bons Chevaliers, sans égard à leur naissance, aux richesses, au rang des pères ou des époux, ne craignaient point de venir à elles, et de placer celles qui avaient une bonne réputation devant celles qui n'en jouissaient pas. Par cette distinction, les unes étaient honorées autant qu'elles devaient l'être et les autres humiliées comme elles le méritaient.

En temps de paix, les Chevaliers donnaient aux dames des fêtes, des joutes, des tournois, et ils leur présentaient les champions qu'ils avaient vaincus et renversés, ainsi que les chevaux dont ils avaient fait vider les garçons ; et, lorsque les Chevaliers, dans le combat, avaient leurs vêtemens déchirés, de telle manière qu'on ne pouvait plus les reconnaître à leurs blasons, les dames spectatrices, pour les distinguer dans la mêlée, leur envoyaient des bannières ou timbres pour leurs heaumes, des écus chargés de parures, et leurs propres mantelets fourrés.

Un baiser respectueux était parfois le prix d'un tournois celui de l'Isle, en 1433, fut remporté par M. le Prince de Charolais. Les officiers d'armes lui amenèrent deux demoiselles, qui étaient les princesses de Bourbon et d'Estampes, qu'il embrassa.

Dans cette Chevalerie, tout Chevalier avait droit de créer d'autres Chevaliers, mais on choisissait toujours celui qui était le plus ancien et le plus illustre pour recevoir les autres.

Cette Chevalerie avait ses lois, ses statuts, ses usages; je vais en rapporter quelques fragmens.

Dès qu'un jeune gentilhomme avait atteint l'âge de sept ans, on le retirait des mains des femmes pour le confier aux hommes. Une éducation mâle et robuste le préparait de bonne heure aux travaux de la guerre, dont la profession était la même que celle de la Chevalerie.

Au défaut des secours paternels, une infinité de cours de princes et de châteaux offraient des écoles toujours ouvertes, où la jeune noblesse recevait les premières leçons du métier qu'elle devait embrasser, et où la générosité des seigneurs fournissaient abondamment à tous ses besoins. Cette ressource était la seule dans ces siècles malheureux, où la puissance et la libéralité des Souverains, également restreintes, n'avaient point encore ouvert une route plus noble et plus utile pour quiconque voulait se dévouer à la défense et à la gloire de leur État et de leur couronne. S'attacher à quelque illustre Chevalier n'avait rien, dans ce temps-là, qui pût avilir, ni dégrader ; car chaque grand Seigneur avait une maison composée des mêmes officiers que celle du Roi, et une cour qui parfois ne cédait en rien à celle du monarque. D'autres Seigneurs subalternes, par une espèce de contagion trop ordinaire dans tous les siècles, en cherchant de plus en plus à se rapprocher de ceux-ci, s'efforçaient également d'élever l'état de leurs maisons, et d'y recevoir des jeunes gens à qui ils donnaient des titres de Pages et de Valets.

Les fonctions de ces pages étaient les services ordinaires des domestiques auprès de la personne de leur maître et de leur maîtresse; ils les accompagnaient à la chasse, dans leurs voyages, dans leurs visites ou promenades, faisaient leurs messages, et même les servaient à table, et leur versaient à boire.

Cette coutume subsistait encore du temps de Montaigne; il en fait l'éloge en ces termes : « C'est un bel « usage de notre nation, qu'aux bonnes maisons, nos enfans soient reçeus pour y être nourris et élevés pages comme en une eschole de noblesse, et est discourtoisie, dit-on, et injure d'en refuser un gentilhomme.»

Le jeune Bayard, ayant été place par ses parens dans la maison de l'évêque de Grenoble, son oncle, accompagna celui-ci à la cour de Savoie, où le prélat fut invité à la table du Duc. « Durant le dîner, dit l'historien de Bayard, estoit son nepveu le bon Chevalier (Bayard), qui le servoit de boire très-bien en ordre, et très-mignonnement se contenoit. »

Les premières leçons que les jeunes gentilshommes recevaient ordinairement, dans les châteaux des Seigneurs qui se chargeaient de leur éducation, étaient basées sur l'amour de Dieu et des Dames, c'est-à-dire, sur la religion, la politesse, et la courtoisie. Les préceptes de religion laissaient au fond de leur coeur une sorte de vénération pour les choses saintes, qui tôt ou tard y reprenait le dessus. Les préceptes de politesse et de courtoisie répandaient dans le commerce des Dames ces considérations et ces égards respectueux, qui, n'ayant jamais été effacés de l'esprit des Français, ont toujours fait un des caractères distinctifs de notre nation. Les instructions que ces jeunes gens recevaient, par rapport à la décence, aux moeurs, à la vertu, étaient continuellement soutenues par les exemples des Dames et des Chevaliers qu'ils servaient. Ils en tiraient des modèles pour les grâces extérieures, si nécessaires dans le commerce du monde, et dont le monde seul peut donner des leçons. Les soins généreux des Seigneurs, pour élever cette multitude de jeunes gens nés dans l'indigence, tournaient à l'avantage des premiers, parce qu'ils employaient utilement la jeune noblesse au service de leur personne, et qu'en outre leurs propres enfans y trouvaient des émules pour les exciter à l'amour de leurs devoirs, et des maîtres pour leur rendre l'éducation qu'ils avaient reçue. Les liaisons qu'une longue et ancienne habitude de vivre ensemble ne pouvait manquer de former entre les uns et les autres, étant resserrées par le double noeud du bienfait et de la reconnaissance, devenaient indissolubles. Les enfans étaient toujours dans la disposition d'ajouter de nouveaux bienfaits à ceux de leur père; et les autres, toujours prêts à les reconnaître par des services plus importans, secondaient dans toutes ses entreprises leur bienfaiteur, ou celui qui le représentait; et, se sacrifiant pour lui dans tout le cours de leur vie, ils croyaient ne pouvoir jamais s'acquitter. Mais ce qui était le plus important d'apprendre au jeune élève, et ce qu'en effet on lui apprenait le mieux, c'était à respecter le caractère auguste de la Chevalerie; à révérer dans les Chevaliers les vertus qui les avaient élevés à ce rang. Par-là, le service qu'il leur rendait était encore ennobli à ses yeux : les servir était servir tout le corps de la Chevalerie.

Les cours des Seigneurs étaient encore des écoles pour les jeunes demoiselles; elles y étaient instruites de bonne heure des devoirs les plus essentiels qu'elles auraient à remplir. On y cultivait, on y perfectionnait ces grâces naïves et ces sentimens tendres pour lesquels la nature semble les avoir formées. Elles prévenaient de civilité les Chevaliers qui arrivaient dans les châteaux. Suivant nos romanciers, elles les désarmaient au retour des tournois et des expéditions de guerre, leur donnaient de nouveaux habits, et les servaient à table. Les exemples en sont trop souvent et trop uniformément répétés, pour nous permettre de révoquer en doute la réalité de cet usage : nous n'y voyons rien d'ailleurs qui ne soit conforme à l'esprit et aux sentimens alors presque universellement répandus parmi les Dames ; et l'on ne peut y méconnaître le caractère d'utilité qui fut en tout le sceau de notre Chevalerie. Ces demoiselles, destinées à avoir pour maris ces mêmes Chevaliers qui abordaient dans ces maisons où elles étaient élevées, ne pouvaient manquer de se les attacher par les prévenances, les soins et les services qu'elles leur prodiguaient. Quelle union ne devaient point former des alliances établies sur de pareils fondemens ! Les jeunes personnes apprenaient à rendre un jour à leur mari tous les services qu'un guerrier distingué par sa valeur peut attendre d'une femme tendre et généreuse; et leur préparaient la plus sensible récompense et le plus doux délassement de leurs travaux. L'affection leur inspirait le désir d'être les premières à laver la poussière et le sang dont ils étaient couverts, pour une gloire qui leur appartenait à elles-mêmes. J'en crois donc volontiers nos romanciers, lorsqu'ils disent que les demoiselles et les dames savaient donner, même aux blessés, les secours ordinaires, habituels et assidus que le malheur peut attendre d'un sexe sensible et compatissant.

Quant aux jeunes gens, les jeux mêmes qui faisaient partie de leurs amusemens, contribuaient encore à leur instruction. Le goût naturel à leur âge d'imiter tout ce qu'ils voyaient faire aux personnes d'un âge plus avancé, les portait à lancer comme eux la pierre ou le dard; à défendre un passage que d'autres essayaient de forcer; et, faisant de leurs chaperons des casques ou des bassinets, ils se disputaient la prise de quelque place; ils prenaient un avant-goût des différentes espèces de tournois, et commençaient à se former aux nobles exercices des écuyers et des Chevaliers. Enfin, l'émulation, si nécessaire dans tous les âges et dans tous les états, s'accroissait de jour en jour, soit par l'ambition de passer au service de quelque autre Seigneur d'une plus éminente dignité, ou d'une plus grande réputation; soit par le désir de s'élever au grade d'écuyer dans la maison de la Dame ou du Seigneur qu'ils servaient; car c'était souvent le dernier pas qui conduisait à la Chevalerie.

Mais avant que de passer de l'état de page à celui d'écuyer, la religion avait introduit une espèce de cérémonie, dont le but était d'apprendre aux jeunes gens l'usage qu'ils devaient faire de l'épée, qui, pour la première fois, leur était remise entre les mains. Le jeune gentilhomme, nouvellement sorti hors de page, était présenté à l'autel par son père et sa mère, qui, chacun un cierge à la main, allaient à l'offrande. Le prêtre célébrant prenait de dessus l'autel une épée et une ceinture, sur laquelle il faisait plusieurs bénédictions, et l'attachait au côté du jeune gentilhomme, qui alors commençait à la porter.

Les écuyers se divisaient en plusieurs classes différentes, suivant les emplois auxquels ils étaient appliqués; savoir, l'écuyer du corps, c'est-à-dire, de la personne, soit de la dame, soit du Seigneur (le premier de ces services était un degré pour parvenir au second); l'écuyer de la chambre, ou le chambellan; l'écuyer d'écurie, d'échansonnerie, l'écuyer de panneterie, etc. Le plus honorable de tous ces emplois était celui d'écuyer du corps, par cette raison appelé aussi écuyer d'honneur. Dans ce nouvel état d'écuyer, où l'on parvenait d'ordinaire à l'âge de quatorze ans, les jeunes élèves, approchant de plus près la personne de leurs Seigneurs et de leurs dames, admis avec plus de confiance et de familiarité dans leurs entretiens et dans leurs assemblées, pouvaient encore mieux profiter des modèles sur lesquels ils devaient se former; ils apportaient plus d'application à les étudier, à cultiver l'affection de leurs maîtres, à chercher les moyens de plaire aux nobles étrangers, et autres personnes dont était composée la cour qu'ils servaient; à faire, aux Chevaliers et écuyers de tous les pays qui la venaient visiter, ce qu'on appelait proprement les honneurs.

Lorsque le Seigneur montait à cheval, les écuyers s'empressaient à l'aider, en lui tenant l'étrier ; d'autres portaient les différentes pièces de son armure, ses brassards, ses gantelets, son heaume, et son écu. A l'égard de la cuirasse, nommée aussi haubergeon ou plastron, le chevalier devait la quitter encore moins que les soldats grecs ou romains ne quittaient leurs boucliers. D'autres portaient son pennon, sa lance, et son épée; mais, lorsqu'il était seulement en route, il ne montait qu'un cheval d'une allure aisée et commode, roussin, courtaut, cheval ambiant ou d'amble, coursier, palefroi, haquenée; car les jumens étaient une monture dérogeante, affectée aux roturiers et aux Chevaliers dégradés; et, peut-être, par un usage prudent, on les avait réservées pour la culture des terres, et pour multiplier leur espèce.

Lorsqu'une fois les Chevaliers étaient montés sur leurs grands chevaux, et qu'ils en venaient aux mains, chaque écuyer, rangé derrière son maître, à qui il avait remis l'épée, demeurait spectateur du combat. Mais dans le choc terrible des deux haies de Chevaliers qui fondaient les uns sur les autres, les lances baissées, les uns blessés ou renversés se relevaient, saisissaient leurs épées, leurs haches, leurs masses, ou ce qu'on appelait leurs plommées ou plombées, pour se défendre et se venger; et les autres cherchaient à profiter de leur avantage sur des ennemis abattus. Chaque écuyer était attentif à tous les mouvemens de son maître, pour lui donner, en cas d'accident, de nouvelles armes; parer les coups qu'on lui portait; le relever et lui donner un cheval frais, tandis que l'écuyer de celui qui avait le dessus secondait son maître par tous les moyens que lui suggéraient son adresse, sa valeur et son zèle; et se tenant toujours dans les bornes étroites de la défensive, l'aidait à profiter de ses avantages, et à remporter une victoire complète. C'était aussi aux écuyers que les Chevaliers confiaient, dans la chaleur du combat, les prisonniers qu'ils faisaient.

Ce spectacle était une leçon vivante d'adresse et de courage, qui, montrant sans cesse au jeune guerrier de nouveaux moyens de se défendre, et de se rendre supérieur à son ennemi, lui donnait lieu en même temps d'éprouver sa propre valeur, et de connaître s'il était capable de soutenir tant de travaux et tant de périls. On jugera par le récit de l'historien du maréchal de Boucicaut, des exercices par lesquels les jeunes gentilshommes préparaient leurs corps au métier de la guerre : « Dans sa jeunesse, dit-il, il s'essayoit à saillir sur un coursier, tout armé; puis autrefois couroit et alloit longuement à pied pour s'accoutumer à avoir longue haleine, et souffrir longuement travail; autrefois férissoit d'une coignée ou d'un mail, grande pièce et grandement. Pour bien se conduir au harnois, et endurcir ses bras et ses mains à longuement férir, et pour qu'il s'accoutumast à légèrement lever ses bras, il faisoit le soubresaut armé de toutes pièces, fors le bacinet, et en dansant se faisoit armé d'une cotte d'acier; sailloit, sans mettre le pied à l'estrier, sur un coursier, armé de toutes pièces. A un grand homme monté sur«un grand cheval, sailloit derrière à chevauchon sur ses épaules, en prenant ledit homme par la manche à une main, sans autre avantage... en mettant une main sur l'arçon de la selle d'un grand coursier, et l'autre emprès les oreilles, le prenoit par les creins en pleine terre, et sailloit par entre ses bras de l'autre part du coursier... Si deux parois de piastre fussent à une brasse l'une près de l'autre, qui fussent de la hauteur d'une tour, à force de bras et de jambes, sans autre aide, montoit tout au plus haut sans cheoir au monter ne au devaloir. Item ; il montoit au revers d'une grande échelle dressée contre un mur, tout au plus haut sans toucher des pieds, mais seulement sautant des deux mains ensemble d'échelon en échelon, armé d'une cotte d'acier, et ôté la cotte, à une main sans plus, montoit plusieurs échelons... Quant il estoit au logis, s'essayoit avec les autres écuyers à jeter la lance ou autres essais de guerre; celà ne cessoit.»

L'âge de vingt-un ans était celui auquel les jeunes gens, après tant d'épreuves, pouvaient enfin être admis à la Chevalerie; mais cette règle ne fut pas toujours constamment observée. La naissance donnait à nos Princes du sang, et à tous les Souverains, des privilèges qui marquaient leur supériorité.

Les fils des rois de France reçurent, dans la suite, dès leur berceau, l'épée, qui était la marque distinctive de la chevalerie.

D'autres aspirans à la Chevalerie l'obtinrent aussi parfois, avant l'âge prescrit, lorsqu'ils avaient fait quelque action d'éclat susceptible de leur mériter cette noble récompense.

Des jeûnes austères, des nuits passées en prières avec un prêtre et des parrains, dans des églises ou des chapelles (ce qu'on appelait la veille des armes), les sacremens de la pénitence et de l'eucharistie reçus avec dévotion; des bains qui figuraient la pureté nécessaire dans l'état de la Chevalerie ; des habits blancs pris à l'imitation des néophytes, comme le symbole de cette même pureté; un aveu sincère de toutes les fautes de sa vie; une attention sérieuse à des sermons où l'on expliquait les principaux articles de la foi et de la morale chrétienne, étaient les préliminaires de la cérémonie par laquelle le novice allait être ceint de l'épée de Chevalier.

Après avoir rempli tous ces devoirs, il entrait dans une église, et s'avançait vers l'autel avec cette épée en écharpe au col ; il la présentait au prêtre célébrant, qui la bénissait. Le prêtre la remettait ensuite au col du novice : celui-ci, dans un habillement très simple, allait ensuite, les mains jointes, se mettre à genoux aux pieds de celui qui devait l'armer. Cette scène auguste se passait aussi dans la salle ou dans la cour d'un palais ou d'un château, et même en pleine campagne. Le Seigneur à qui le novice présentait l'épée lui demandait à quel dessein il désirait entrer dans l'ordre, et si ses voeux ne tendaient qu'au maintien et à l'honneur de la Chevalerie. Le novice faisait les réponses convenables; et le Seigneur, après avoir reçu son serment, consentait à lui accorder sa demande. Aussitôt le novice était revêtu par un ou par plusieurs Chevaliers, quelquefois par des dames ou des demoiselles, de toutes les marques extérieures de la Chevalerie. On lui donnait successivement les éperons, en commençant par la gauche, le haubert ou la cotte de maille, la cuirasse, les brassards et les gantelets; puis on lui ceignait l'épée. Quand il avait été ainsi adoubé (c'est le terme dont on se sert pour marquer qu'il était reçu), il restait à genoux avec la contenance la plus modeste. Alors le Seigneur qui devait lui conférer l'ordre se levait de son siège du de son trône, et lui donnait l'accolade ou l'accolée, en prononçant ces paroles : « Au nom de Dieu, de saint Michel et de saint Georges, je te fais Chevalier ; » auxquelles on ajoutait quelquefois ces mots : « Soyez preux, hardi et loyal, » il le baisait ensuite sur la joue gauche (osculum pacis), et lui donnait la paumée, ainsi qu'il a déjà été dit.

La cérémonie de réception était des plus brillantes, et occasionnait des fêtes magnifiques, des festins somptueux, où l'on distribuait aux Chevaliers des robes, et des manteaux de riches étoffes, des fourrures précieuses, des armes, des chevaux, des présens de toute espèce : l'or et l'argent s'y répandaient avec profusion.

Le nouveau Chevalier, à cette réception, faisait serment de servir la religion et de la défendre jusqu'à la mort; de servir le Roi et de défendre le pays au péril de sa vie; de soutenir les droits des plus faibles, des opprimés et ceux de la veuve et de l'orphelin ; de soutenir l'honneur des dames et de combattre pour elles; d'aimer et honorer les autres Chevaliers, et de garder la foi à ses compagnons ; de ne prendre jamais gages ou pensions de Princes étrangers; de maintenir une discipline exacte et sévère à la guerre, et de mener une vie privée exempte de tout reproche ; de ne jamais manquer à sa parole, etc.

Si le Chevalier violait ses sermens, on le dégradait de la manière la plus rigoureuse et la plus humiliante ; parfois même il était condamné à mort, lorsque la justice du Prince intervenait dans le procès, et que la trahison concernait l'intérêt de l’État.

Palliot dit que, pour la cérémonie de la dégradation : « on assembloit vingt ou trente anciens Chevaliers sans reproche, devant lesquels le Gentilhomme ou Chevalier traistre estoit accusé de trahison et foy mentie par un Roy ou Héraut d'armes qui déclaroit le fait tout au long, et nommoit ses tesmoins, les tenants et aboutissants. L'accusé estoit par lesdits Chevaliers ou anciens nobles, condamné à la mort, et qu'auparavant icelle il seroit dégradé de l'honneur de Chevalerie, et ses armes renverseez et briseez. Pour l'exécution de ce iugement estoient dressez deux théâtres ou eschaffaux, sur l'un desquels estoient assis les nobles et Chevaliers iuges, assistez des Rovs, Hérauts et poursuivants d'armes avec leurs cottes d'armes et esinaux ; sur l'autre estoit le Chevalier accusé, armé de toutes pièces, et son écu blasonné et peint de ses armes, planté sur un pal devant luy, renversé et la pointe en haut : d'un costé et d'autre à l'entour du Chevalier estoient assis douze prestres revestus de leurs surplis, et le Chevalier es toit tourné du costé de ses iuges. En cet estat lesdits prestres commençoient les Vigiles des morts, depuis Dilexi iusques à Miserere, et les chantaient à haute voix après que les Hérauts avaient publié la sentence des iuges. A la fin de chacun pseaume, les prestres faisaient une pause, durant laquelle les officiers d'armes dépoüilloient le condamné de quelque pièce de ses armes, commençans par le heaume, continuans iusques à ce qu'ils eussent parachevé de le désarmer pièce à pièce, et à mesure qu'ils en ostoient quelqu'une, les Hérauts crioient à haute voix : Cecy est le bascinet du traistre Chevalier! » et faisoient et disoient tout de mesme du collier ou chaisne d'or, de la cotte d'armes, des gantelets, du baudrier, de la ceinture, de l'espée, des esperons, bref de toutes les pièces de son harnois, et finalement de l'escu de ses armes, qu'ils brisoient en trois pièces avec un marteau. Après le dernier pseaume, les prestres se levoient et chantaient sur la teste du pauvre Chevalier le cent neufviesme pseaume de David : Deus laudem meam ne tacueris, auquel sont contenues les imprécations et malédictions fulmineez contre le traistre et détestable IUDAS et ses semblables. Et comme anciennement ceux qui devoient estre reçeus Chevaliers, devoient le soir auparavant entrer dans un bain, et estre lavez pour estre plus nets, passer la nuict entière en prières dans l'église, et se préparer l'ame et le corps à recevoir l'honneur de la Chevalerie, ainsi le pseaume des malédictions estant parachevé, un Poursuivant d'armes tenoit un bassin doré plein d'eau chaude, et le Roy ou Héraut d'armes demandoit par trois fois le nom du Chevalier dépouillé, que le Poursuivant nommoit par nom, surnom et seigneurie ; auquel le Roy ou Héraut d'armes demandoit qu'il se trompoit, et que celuy qu'il venoit de nommer estoit un traistre, desloyal et foy-mentie ; et pour monstrer au peuple qu'il disoit la vérité, il demandoit tout haut l'opinion des iuges; le plus ancien desquels respondoit à haute voix, que par sentence des Chevaliers présents, il estoit ordonné que ce desloyal, que le Poursuivant venoit de nommer, estoit indigne du tiltre de noble, et de Chevalier, et pour ses forfaits dégradé de noblesse, et condamné à mort. Ce qu'ayant prononcé, le Roy d'armes renversoit sur la teste du condamné ce bassin plein d'eau chaude, aprez quoy les Chevaliers iuges descendoient de l'eschaffaut, et se revestoient de robes et chapperons de deuil, et s'en alloient à l'église. Le dégradé estoit aussi descendu de son eschaffaut, non par le degré, mais par une corde qui estoit attachée sous ses aisselles, et puis on le mettoit sur une civière, et on le couvroit d'un drap mortuaire, et estoit ainsi porté à l'église, les prestres chantant dessus luy les Vigiles et les Orémus pour les trépassez : ce que estant parachevé, le dégradé estoit livré au iuge royal, et à l'exécuteur de la haute justice, qui l'exécutoit à mort suivant ce qui a voit esté ordonné; que si le Roy luy donnoit grace de la vie, on le bannissoit à perpétuité ou pour un certain temps hors du royaume. Après cette exécution, les Roys d'armes déclaroient les enfans et descendans du dégradé ignobles et roturiers, indignes de porter les armes, et de se trouver et paroistre ès iouste, tournois, armeez, cours et assembleez du Roy, des Princes, Seigneurs et Gentilshommes, sur peine d'estre despoüillez nuds et estre battus de verges, comme vilains et infames qu'ils estoient. »

Le même Palliot dit encore :

« qu'au temps du roy François Ier les mesmes cérémonies furent pratiqueez contre le capitaine Franget, vieil gentilhomme, qui ayant esté estably gouverneur de Fontarabie par le mareschal de Chabannes, et honoré par le Roy de la charge de capitaine de cinquante hommes d'armes pour la garde de cette place importante, très-bien munie de gens et de vivres, et de toutes choses nécessaires à soubstenir un long siége, la rendit au connestable de Castille, sans avoir soubstenu aucun assaut, ny fait aucune résistance, par une lasche et honteuse capitulation ; de laquelle s'eslant voulu venir excuser à Lyon ou le Roy estoit, n'ayant pû iustifier son dire; au contraire, estant convaincu de trahison, il fut sur l'eschaffaud désarmé de toutes pièces, son escu portant ses armes, cassé, brisé en pièces par les Hérauts d'armes, baptisé du nom de traistre et de perfide , et ietté du haut de l'eschaffaud, la vie sauve à cause de sa vieillesse, mais dégradé de noblesse, déclaré roturier, luy et tous ses descendants taillables et incapables de porter les armes. »

Il y avait des délits qui n'entraînaient pas de peines capitales, et qui étaient punis moins sévèrement, ainsi qu'il sera expliqué dans ce chapitre.

Avant que les Chevaliers tenans et assaillans, convoqués pour les tournois, ou autres fêtes, pussent s'y rendre, ils portaient au cloître de la principale église, leurs armes ornées de leurs casques, bourlets, mantelets, lambrequins et cimiers, avec leurs noms et devises. Les juges du camp, les Rois d'armes, ou les Hérauts, conduisaient ensuite les dames dans ce cloître; et si une d'elles reconnaissait le nom, la devise ou les armes de quelque Chevalier qui se fût mal expliqué sur son compte, ou qui lui eût manqué de respect et de fidélité, les juges ou Hérauts d'armes renversaient son écu, et excluaient le Chevalier du nombre des combattans.

Lorsqu'un Chevalier se présentait pour combattre, sans avoir l'honneur d'être gentilhomme, ou avec des armes fabriquées ou usurpées, on le condamnait à faire le tour du camp, la tête découverte, le casque et l'écu renversés; quelquefois on suspendait son écu, son casque et ses armes renversées à un pilier, qu'on appela aussi pilori : ses armes y étaient exposées à la risée de tous les spectateurs, tandis que les autres combattans étaient couverts d'applaudissemens. Les Hérauts d'armes tranchaient quelque partie de l'écu, ou y ajoutaient quelque pièce infamante. On taillait ordinairement la pointe droite du chef de l'écu.

Lorsque quelque Chevalier était convaincu d'avoir tué un prisonnier de guerre, on raccourcissait et arrondissait son écu par le bas de la pointe.

Celui que l'on convainquait de mensonge et de flatterie voyait couvrir la pointe de son écu de gueules (rouge), et effacer les figures qui étaient peintes. Un Chevalier qui s'était exposé témérairement, et avait causé, par cette imprudence, quelque perte dans son parti, avait le bas de son écu marqué d'une pointe échancrée.

On peignait deux goussets de sable (noir) sur les flancs de l'écu d'un chevalier qui avait rendu un faux témoignage, ou commis un adultère.

On couvrait d'un gousset échancré et arrondi en dedans le flanc de l'écu de celui qui était convaincu de lâcheté.

Quand un Chevalier avait manqué à sa parole, on peignait une tablette ou quarrée de gueules (rouge), sur le coeur (milieu) de son écu.

L'écu de celui qui avait violé ou ravi une fille, était peint renversé sur un drapeau noir.

Dans d'autres circonstances, on retranchait quelques pièces des armes du coupable, ainsi que le fit pratiquer saint Louis, dans les armes de Jean d'Avesnes.

Les Chevaliers étaient toujours richement habillés, et leurs chevaux magnifiquement harnachés. Dans les tournois et autres fêtes publiques, l'or, travaillé en étoffe, enrichissait leurs robes, leurs manteaux, et toutes les parties de leurs vêtemens et de leurs équipages. Mais à la guerre, une lance forte et difficile à rompre; un haubert ou haubergeon, c’est-à-dire, une double cotte de mailles tissue de fer, à l'épreuve de l'épée, étaient les armes assignées aux Chevaliers exclusivement. La cotte d'armes, faite d'une simple étoffe armoriée, était l'insigne de leur prééminence.

DES VOEUX DE CHEVALERIE.

C'étaient des engagemens que prenaient les Chevaliers de former quelque entreprise d'honneur ou de témérité, soit pour l'attaque ou la défense d'une place de guerre; soit de se trouver en pleine campagne, en face de l'ennemi; soit encore de visiter les lieux saints; de faire quelque pèlerinage ; de déposer leurs armes ou celles des ennemis qu'ils avaient vaincus, dans le sanctuaire de quelque église; de planter les premiers leurs pennons ou bannières sur les murs ou sur la plus haute tour d'une place assiégée; de se jeter au milieu des ennemis, et de leur porter le premier coup, etc.

Bertrand Duguesclin, avant de partir pour soutenir un défi d'armes proposé par un Anglais, entendit la messe; et, lorsqu'on fut à l'offrande, il fit à Dieu celle de son corps et de ses armes, qu'il promit d'employer contre les Infidèles s'il sortait vainqueur de ce combat. Bientôt après il en eut encore un autre à soutenir contre un Anglais, qui, en jetant son gage de bataille, avait juré de ne point dormir au lit sans l'avoir accompli; et Bertrand, en relevant le gage, fit voeu de ne manger que trois soupes au vin, au nom de la Sainte- Trinité, jusqu'à ce qu'il eût combattu ce même Chevalier.

Duguesclin, étant devant la place de Moncontour, que Clisson assiégeait depuis longtemps sans pouvoir la forcer, jura de ne manger de viande, et de ne se déshabiller qu'il ne l'eût prise : « Jamais ne mangerai chair, « ne me dépouillerai ne de jour ne de nuict. »

Une autre fois il fit voeu de ne prendre aucune nourriture après le souper qu'il prenait, jusqu'à ce qu'il eût vu les Anglais pour les combattre. Son écuyer d'honneur, au siège de Bressuire, en Poitou, promit à Dieu de planter, dans la journée, sur la tour de cette ville, la bannière de son maître, qu'il portait en criant : Duguesclin , ou de mourir plutôt que d'y manquer.

On connaît plusieurs autres voeux faits par des Chevaliers assiégés, comme de manger tous les animaux qui se trouvaient dans la place; et, pour dernière ressource, de se manger eux-mêmes, par rage de faim, plutôt que de se rendre. On jurait, de la part des assiégeans, de tenir le siége toute sa vie, ou de mourir en bataille, si l'on venait la présenter, ou de donner tant d'assauts qu'on emporterait la place de vive force. «J'ai fait voeu à Dieu et à saint Yves, dit Duguesclin aux habitans de Tarascon, que par force d'assauts vous au roi. »

L'institution de la Chevalerie reposait donc sur des principes d'honneur, de bravoure, de gloire militaire, d'humanité, et de politesse, qui ne pouvaient tendre qu'à l'amélioration de l'ordre social, à une époque surtout ou nos moeurs et nos coutumes avaient encore quelque chose de barbare et de grossier. Et si l'imagination de nos romanciers a transformé ces anciens Preux en Chevaliers errans, courant des aventures, ou ridicules ou peu morales, il faut leur abandonner le fruit de leurs fictions, et ne conserver de cette institution que le souvenir des services signalés qu'elle a rendus à la France, et à l'Europe entière, et dans l'art militaire et dans l'ordre social, soit par la pratique de toutes les vertus civiles, soit par les actes de la bravoure la plus héroïque.

[1]Mémoires sur l'ancienne Chevalerie, par La Curne de Sainte-Palaye, édition de M. Ch. Nodier.

DE LA CHEVALERIE.DE LA CHEVALERIE.
DE LA CHEVALERIE.DE LA CHEVALERIE.

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