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L'Avènement du Grand Monarque

L'Avènement du Grand Monarque

Révéler la Mission divine et royale de la France à travers les textes anciens.

Publié le par Rhonan de Bar
Publié dans : #MAISONS NOBLES DE LORRAINE

545px-Blason Armand Gaston Maximilien de Rohan-Soubise (167

 

QUATRIEME EXTRAIT

 

LE CARDINAL DE ROHAN

DANS LA

MAGNIFICENCE DU CHATEAU DE SAVERNE

 

 

Pendant son séjour en Alsace, le marquis de Valfons visita l'évêque au château de Saverne. C'était en 1741. Il nous racontera lui-même, dans ses Souvenirs, ce qu'il vit chez le prélat.

« Je soupai chez M. le cardinal de Rohan qui avoit un état de souverain et où toute la province se rassembloit; j'allai plusieurs fois à Saverne; le château, le parc, tout y est grand; M. le cardinal l'ornoit de sa présence. La beauté de son visage toujours souriant inspiroit de la confiance; il avoit la vraye physionomie de l'homme destiné à représenter; l'ensemble de ses traits lui donnoit toujours cet air qui fait adorer; un regard qui ne lui coùtoit rien étoit une politesse. On jllgera de l'immensité du château et de la quantité de gens qui l'habitoient.: l'abbé de Ravennes, qui étoit à la tête de tout et dont l'amitié et les soins avoient payé les dettes et arrangé les affaires très-délabrées du cardinal, me disoit que depuis le garçon de cuisine jusqu'au maître de la maison, tout compris, on comptait 700 lits.

« Il y avoit toujours 20 à 30 femmes des plus aimables de la province. Très-souvent ce nombre étoit augmenté par celles de la Cour et de Paris. La plus grande liberté y régnoit; un maître d'hôtel parcouroit le matin les appartements, prenant note de ceux qui vouloient être servis chez eux, soit seuls, soit ensemble. On avoit le plus excellent dîner à l'heure demandée; ceux qui descendoient dans la salle à manger en trouvoient un non moins bon. Des chevaux, il y en avoit 180, et des calèches à volonté. Le soir, il falloit être à 9 heures à l'appartement, et tout le monde soupoit ensemble, ce qui avoit toujours l'air d'une fète ....

« Avec un pareil maître de maison, tout est bonheur; aussi le temple ne désemplissoit pas, et il n'étoit femme ou fille de bonne maison qui ne rèvât Saverne. Je remarquai que tout y étoit de bon conseil, jusqu'au dessus des portes, où il yavoit pour légende un mot latin, suadere) qui veut dire persuader. Chacun y travailloit, et souvent le succès suivoit le désir. J'y ai vu les plus belles chasses: 600 paysans rangés avec des gardes de distance en distance formoient une chaîne d'une lieue, parcourant un terrain très immense devant eux, en poussant des cris, battant les bois et les buissons avec des gaules.

« On étoit à les attendre au bas des coteaux où ils conduisoient toute sorte de gibier; on n'avoit qu'à choisir pour tirer. On faisoit trois battues comme cela jusqu'à l’heure après midi, où la compagnie, femmes et hommes, se rassembloient sous une belle tente au bord d'un ruisseau, dans quelque endroit délicieùx; on y servoit un dîner exquis, assaisonné de beaucoup de gaîté; et comme il falloit que tout le monde fùt heureux, il y avoit des ronds et des tables creusés dans le gazon pour tous les paysans. On dis les tribuoit par tête une livre de viande, deux livres de pain et une demi-bouteille de vin. La halte finie, le chaud un peu passé, chacun alloit reprendre de nouveaux postes, et la battue recommençoit. ~On choisissoit son terrain pour se mettre à l'affût, et de crainte que les femmes n'eussent peur étant seules, on leur laissoit toujours l'homme qu'elles haïssoient le moins pour les rassurer. Il était extrêmement recommandé de ne quitter son poste qu'à un certain signal, afin d'éviter les accidents de coups de fusil; tout étoit prévu, car, avec cet ordre, il devenoit impossible d'être surpris. Il m'a paru que les femmes, à qui j'avois entendu le plus fronder le goùt de la chasse) aimoient beaucoup celle-là. La journée finie, on payoit bien chaque paysan, qui ne demandoit qu'à recommencer, ainsi que les dames.

« Tout respiroit la liberté comme la magnificence: un jour maigre, le cardinal me demanda si j'étois descendu aux cuisines; c'étoit une chose curieuse. Il m'y mena un quart d'heure avant qu'on ne servît: quel fut mon étonnement de voir un étalage de la batterie la plus nombreuse tout en argent!

« L'abbé de Ravennes, vieux conseiller d'État, avait toujours de l'humeur, surtout le matin; en parcourant les corridors et les appartements, il trouvoit le tout plein de poudre, crioit pour les meubles et se plaignoit à M. le cardinal de l'indiscrétion publique.

« - Qui le sait mieux que moi, Monsieur l'abbé? Je ne suis occupé le soir qu'à regagner criailleries du matin m'ont brouillé.

« - Mais les meubles?

« -Eh bien, on les frottera, on les remplacera; liberté et facilité, Monsieur l'abbé; sans quoi nous ferions de ceci un désert.

« J'étois assez souvent à table près de lui; sa causticité me plaisoit, et puis il avoit des anecdotes curieuses, dont je tirois parti.

« Un soir que le hasard avoit mis il sa gauche une très jolie femme, un jeune homme placé près d'elle, de l'autre côté, allongeant le pied sous la table, jouissoit de tout son bonheur en sentant un pied répondre au sien avec vivacité; mais quel fut son étonnement d'entendre l'abbé de Ravennes lui dire tout haut et impatienté:

« - Vous voyez bien, Monsieur, que je ne suis pas femme à ça.

« C'étoit sur le pied de l'abbé que ce monsieur témoignoit ses désirs, je n'ai jamais vu de meilleure scène.

« L'électeur de Cologne, grand par sa naissance comme par son état et ses revenus, ne pouvoit revenir de l'étonnement que lui causoit la magnificence du cardinal. Il est vrai qu'il vivoit en souverain. Manuzie (?), une autre de ses habitations, n'est point aussi grandiose; c'est un genre plus sauvage, moins embelli, mais très-agréable, surtout par ses belles chasses. Il fallut quitter ces résidences enchantées pour retourner à Strasbourg. »

Armand-Gaston de Rohan appela il Saverne Robert le Lorrain, le célèbre artiste, pour lui confier la décoration du nouveau palais. (1)

Saint-Simon trace ainsi le portrait de ce cardinal de Rohan: « Il était d'un accès charmant, obligeant, d'une politesse générale et parfaite, mais avec mesure et distinction; d'une conversation aisée, douce, agréable. Il était assez grand, un peu trop gros, le visage d 11 fils de l'amour, et, outre la beauté singulière, son visage avait toutes les grâces possibles. »

Mais pour un prélat, il aimait passionnément le plaisir.

« Il est galant, écrit le marquis d'Argenson dans ses Mémoires; mais il trouve assez d'occasions de satisfaire son goût pour le plaisir avec les grandes princesses, les belles dames et les chanoinesses à grandes preuves, pour ne pas encallailler sa galanterie et n'être pas du moins accusé de crapule. »

 

(l) D. FISCHER. Notice historique sur le Château de Saverne. 1867. In-8° Colmar.

 

Dans la querelle des jésuites et des jansénistes, les plus grands prélats s'étaient passionnés pour l'un et pour l'autre parti. Une assemblée de ceux qui acceptaient la constitution, tenue au mois de Mars 1717, nomma huit commissaires chargés d'éclairer le régent sur les affaires de la bulle; ce furent les cardinaux de Rohan et de Bissy; les archevêques de Bordeaux, de Bourges ct d'Aix; les évêques de Bezons, d'Uzès et de Viviers.

Une chanson de l'époque intitulée La Trêve des Partis les traite ainsi:

 

Bourges, Rohan, Bissy, Bordeaux,

Vos projets peu louables

Sont arrêtés; et vos travaux

Ont paru détestables;

Rome avait pour vous des attraits,

Plus puissants que la France;

Et comme vous, le vieux d'Uzès

Est réduit au silence.

 

Une chanson de 172 1, intitulée Dubois cardinal contient ces vers à l'adresse du cardinal de Rohan, qui, se trouvant à Rome pour le Conclave, partageait avec l'abbé de Tencin le soin des intérêts de Dubois

 

Or, écoutez la nouvelle

Qui vient d'arriver ici:

Rohan, ce commis fidèle,

A Rome a bien réussi:

Mandé par Dubois, son maître,

Pour acheter un chapeau,

Nous allons le voir paroître

Et couvrir son grand cerveau. (1)

 

Le cardinal Armand-Gaston-Maximilien de Rohan (1674-1749), l'un des principaux chefs du parti Moliniste, devint, grâce à Dubois, qu'il avait sacré archevêque de Cambrai, chef du Conseil de conscience et membre du Conseil de régence. (2)

 

1 Chansonnier historique du XVIIIe Siècle. Édition QUANTIN. Première partie. T. IV, p. 48.

2 Chansonnier historique du XVIIIe Siècle. Édition QUANTIN. Première partie. T. I, p. 118.

 

Lors de l'établissement de la Compagnie d'Occident, en 17 l 7, pour la colonisation de la Louisiane, on fit une chanson sur ce sujet, l'on fait jouer un rôle à chacun des personnages alors le plus en vue. On n'a garde d'oublier le cardinal de Rohan, auquel est consacré ce couplet:

 

Le beau cardinal de Rohan,

Chargé de soins plus importants,

Peuplera le Mississipi.

 

…A suivre

 

Le Roy de Sainte Croix (Les Quatre Rohan).

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Publié le par Rhonan de Bar
Publié dans : #EN FAVEUR DE LA MONARCHIE

 

 

220px-Montlosier

 

SEPTIEME EXTRAIT

SECTION PREMIERE.

 

La Gaule antique eut aussi ses clientèles. On en peut compter trois espèces. Ici, l’homme faible remettait sa terre à l’homme puissant, sous la condition réciproque et recevoir de lui la protection et appui, et de lui payer des redevances particulières, appelées tributs. D’un côté, mes grands seigneurs avaient l’habitude de marcher avec un cortège d’hommes armées, qui ne les abandonnaient ni pendant la paix ni pendant la guerre. On voit, en troisième lieu, des confédérations particulières, qui étaient de véritables dévouemens. La condition des dévoués était de partager en tout le sort de l’ami qu’il s’était fait. Ils jouissaient avec lui de tous les avantages de la vie quand il était heureux ; souffraient avec lui dans l’infortune toutes les privations et toutes les peines ; enfin, après avoir vécu ensemble, leur condition était de mourir ensemble.

César nous assure qu’il était sans exemple qu’un ami ainsi voué eût survécu à son ami.

Il n’est fait mention que d’une seule espèce de clientèle chez les Germains. Elle a un caractère remarquable. « Parmi les grands, dit Tacite, c’est à qui aura un plus grand nombre de compagnons. C’est une décoration pendant la paix, un appui à la guerre. Défendre son prince, le préserver, lui attribuer ses hauts faits, c’est le devoir de tout compagnon. Le prince combat pour la victoire, le compagnon pour le prince. Ce cheval belliqueux, ou ces armes sanglantes et victorieuses, voilà les récompenses ; d’abondans et de grossiers festins forment la solde. La guerre et le pillage pourvoient à la munificence. »

Il n’est pas difficile d’apercevoir dans ces usages leurs caractères divers. A Rome, la clientèle était toute civile ; elle ne changeait pas toujours la qualité du citoyen. Parmi les différentes clientèles des Gaules, celle qui s’était particulièrement conservée, je veux parler de la remise des terres, était tout à fait servile ; elle livrait, en quelque sorte,  le faible à la merci de l’homme puissant. Chez les Germains, au contraire, dont les mœurs vigoureuses étaient demeurées intactes, les clientèles de l’usage habituel avaient un caractère noble et militaire.

Le caractère de ces trois clientèles une fois connu, il est à remarquer que, comme les Francs, en s’établissant, n’abolirent ni ce qui avait pu s’introduire de la clientèle civile des Romains, ni ce qui avait pu se conserver de la clientèle servile des gaules ; la clientèle militaire qu’ils tenaient de leurs ancêtres, et dont ils introduisirent l’usage, dut changer en beaucoup de point l’ordre social. On peut suivre les traces et les progrès de ce changement.

Chez les Germains on ne pouvait donner ses terres comme chez les Gaulois, les terres ne formaient point de propriétés. Dans les Gaules, où les terres se trouvèrent pour les Francs des propriétés, les terres suivirent les conditions de leurs maîtres. Les hommes recherchaient la protection des hommes, les domaines rechèchèrent la protection des domaines. Les hommes étaient enrégimentés et armés, les domaines s’armèrent et s’enrégimentèrent. Les hommes et les domaines se virent ainsi associés aux mêmes devoirs et aux mêmes services. L’ancienne clientèle gauloise, où on donnait servilement sa terre, s’anoblit en s’unissant à la clientèle germaine, où on donnait son courage. La clientèle civile des Romains reçut, à son tour, un lustre qu’elle n’avait pas.

Cependant les nouveaux actes qui semblaient se rapporter, en quelque sorte, aux actes anciens, pouvaient occasionner ainsi des méprises. On déclara solennellement que les actes de se genre ne portaient aucun préjudice de l’ingénuité. Il fut stipulé qu’un homme libre pouvait désormais prendre un patron sans s’avilir, remettre ses biens sans s’asservir. Ces dispositions sont consignées dans les formules de Marculfe et dans les Capitulaires.

Un changement dans les dénominations s’ajouta à ces précautions. Le mot modeste senior, dont nous avons fait depuis seigneur, fut substitué à celui de patron. Le mot noble vassus ; dont nous avons fait depuis vassal, fut substitué au mot abaissé de client. On adopta dans le même sens miles, dont nous avons fait depuis chevalier, et qui ne signifia, pendant long-temps, qu’un militaire. Les nouveaux actes eux-mêmes, qui auparavant s’étaient rendus généralement par le mot tradere, commencèrent à s’exprimer par le mot adouci de commendare.

Des signes précis furent crées pour consacrer et distinguer ces divers engagemens. Un homme veaint, soit d’une escorte guerrière, si ce n’est un grand de l’Etat, soit avec les premiers de sa nation, si c’était un prince, mettre solennellement sa main dans la main de l’homme puissant auquel il se vouait. C’était, dans ce cas, sa foi et son courage qu’il lui remettait. Tassilon, duc de Bavière, vint ainsi, avec les principaux personnages de son pays, mettre sa main dans la main du roi Pépin. C’est ainsi, sous la première race, que les grands officiers de l’Etat venaient mettre la main dans la main du roi, en lui prêtant serment pour leur office. Cette espèce de recommandation ; la plus illustre de toutes, est rappelée constamment dans les chartres, comme l’origine franque, more francorum, more francico.

Dans d’autres circonstances, on voyait un homme se présenter avec un morceau de gazon, une fleur, ou une branche d’arbre. C’était, dans ce cas, ses affaires, son alleu, tous ses biens, qu’on mettait sous la protection de l’homme auquel on se recommandait. Cette seconde espèce de recommandation était noble, car elle avait communément pour condition le vasselage, ou le service militaire.

Enfin il y avait une troisième espèce de recommandés ; c’étaient ceux qui, après s’être coupé les cheveux les cheveux du devant de la tête, se présentaient dans la cour d’un homme puissant, pour les lui offrir. Ce signe, qui exprimait la remise entière de la personne, entraînait ce qu’on appelait alors bondage, c'est-à-dire, la perte de l’ingénuité : cette espèce de recommandation était vile.

Tel est l’ordre nouveau de mouvemens qui, se produisant de trois espèces de clientèles romaines, germaines et gauloises, se modifia de ses trois sources diverses ; prit, en se modifiant, une forme régulière ; gagna bientôt, en s’ordonnant et en se régularisant, toutes les conditions, toutes les situations, tous les actes. Cet ordre nouveau de mouvemens, déjà d’une pratique habituelle sous les rois Mérovingien, ainsi qu’on le voit dans les Formules de Marculfe,  devient un usage sous les premiers rois de la seconde race, ainsi qu’on le voit dans les Capitulaires. Il s’agrandit ensuite progressivement, et manifeste ainsi agrandi, ce qu’on a connu depuis sous le nom de gouvernement féodal. Ce gouvernement, qui finit par montrer au monde une apparence du peuple nouveau, ainsi que de coutumes et d’institutions nouvelles, s’est produit, comme on voit, tout simplement d’un rapprochement de deux peuples, dont l’un ayant des terres, l’autres des armes, l’un les mœurs sévères des Germains, l’autre les mœurs affaiblies de Rome, l’un accoutumé à une vie errante et à former des liens plus militaires que civils, l’autre accoutumé à une vie sédentaire, se sont mêlés peu-à-peu, et ont pris réciproquement quelque chose de l’autre.

C’est ainsi qu’a été amené le troisième âge que j’ai annoncé. Toutes les variétés de notre système domestique, civil et politique, se déroulent de cette variété d’âges. Je vais les récapituler.

Au premier âge, on compte pour hommes libres, d’un côté, des Francs ; d’un autre côté, des hommes ingénus, Gaulois, Bourguignons ou Goths. Au second âge ; on ne compte plus pour hommes libres que des Francs. Au troisième âge, tous les alleux deviennent fiefs, tous les hommes francs vassaux.

Au premier âge, le service intérieur des maisons se fait, dans une partie de la nation par des esclaves domestiques, c’est-à-dire, par tout ce que la population a de plus vil. Au troisième âge, le service intérieur de la maison se fait par tout ce que la population a de plus noble.

Au premier âge, les hommes francs ont, dans l’ordre judiciaire relativement aux autres hommes ingénus, différens privilèges ou distinctions. Au second âge, ces distinctions disparaissent. Au troisième, les pairs de fiefs succèdent naturellement aux anciens jurés. On a le jugement des pairs.

Au premier âge, on a dans l’ordre politique pour représentation nationale, des grands et quelques leudes. Au second âge, on a une réunion générale de tous les hommes ingénus. Au troisième âge, les grands, sous le nom de barons, ont encore une sorte de première impulsion dans les grandes délibérations d’état : au fond, la partie principale de la puissance législative et politique est morcelée dans chaque domaine.

Enfin au premier âge, on a une multitude de nations diverses avec des lois, des mœurs et des usages divers. Au second âge, la diversité des nations commence à s’effacer. Au troisième âge, on n’a plus qu’une seule nation française, et un seul gouvernement qui est le gouvernement féodal.

Ces nuances, qui embrassent toutes les parties de notre régime domestique, civil et politique, vont se retrouver dans celui qui concerne la royauté….


  Fin de la section première. 


Comte de Montlosier (De la Monarchie Tome 1).

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Publié le par Rhonan de Bar
Publié dans : #MAISONS NOBLES DE LORRAINE

 

545px-Blason Armand Gaston Maximilien de Rohan-Soubise (167

 

TROISIEME EXTRAIT

 

LE CARDINAL DE ROHAN

AU MARIAGE DE LOUIS XV

 

....En 1725, le 15 du mois d'Août, se ht dans la cathédrale, le mariage de Louis XV, roi de France (représenté par Louis, duc d'Orléans, premier prince du sang), avec la princesse Marie, fille de Stanislas Leczinski, roi de Pologne, et de Catherine Opalinska, son épouse. Un ban de mariage avait été publié le 22 Juillet précédent tant en la paroisse de Versailles qu'en celle de Saint-Jean de Wissembourg. MM. les cardinaux de Noailles, archevêque de Paris, et de Schoenborn, évêque de Spire, avaient dispensé des deux autres publications. Les fiançailles furent célébrées le 14 Août dans l'hôtel du gouvernement par M. le cardinal de Rohan. Le lendemain, la cérémonie fut annoncée par tous les canons des remparts.

La nef et le choeur de la cathédrale furent ornées des tapisseries de la couronne. Lé clergé séculier et régulier s'y rendit sur les 10 heures du matin et se rangea en haie dans les deux côtés de la nef. Vers les II heures, le cardinal de Rohan reçut la princesse à la porte de l'église cathédrale et lui présenta de l'eau bénite; puis, précédé de son clergé, il s'avança vers le grand autel. La princesse venait après lui entre son père et sa mère, le roi et la reine de Pologne, et était suivie de M. le duc d'Orléans, représentant le roi de France, de M. le duc d'Antin, et de M. le comte de Beauvau, tous deux ambassadeurs extraordinaires du roi. Etant arrivés dans le choeur, la princesse, le roi ct la reine se mirent sur un grand prie-dieu, couvert d'un tapis de velours cramoisi, sous un dais suspendu au milieu du sanctuaire. Il y avait trois fauteuils sur ce prie-dieu. Celui du milieu était pour la princesse et les deux autres pour le roi ct la reine. M. le duc d'Orléans se plaça sur une estrade à deux degrés couverte d'un tapis. Elle était contre le pilier le plus proche du prie-dieu du côté de l'épître, vis-à-vis le trône de M. le cardinal qui était sous un dais du côté de l'Evangile sur une estrade aussi à deux marches. Il y avait sur celle de M. le duc d'Orléans un tabouret et un carreau pour lui et une petite banquette pour les deux ambassadeurs.

Dès que Leurs Majestés et la princesse curent fait leur prière sous le dais, M. le cardinal se tourna vers le prie-dieu pour commencer la cérémonie. La princesse, à qui le roi son père donnait la main, et M. le duc d'Orléans, y vinrent aussitôt. M. le duc se mit à la droite de la princesse et le roi à sa gauche. M. le cardinal commença par un discours également solide et éloquent qui dura près de six minutes. En voici le texte

« Madame,

«  Quand je vous vois dans cc saint temple et que vous approchez de nos autels pour y contracter l'auguste alliance qui va vous unir au plus grand des rois et au plus aimable des princes, j'adore les desseins de Dieu sur vous, et j'admire avec transport par quelle route la Providence vous conduit au trône sur lequel vous allez monter.

Vous êtes, Madame, d'une maison illustre par son ancienneté par ses alliances et par les emplois éclatants que les grands hommes qu'elle a donnés à la Pologne ont successivement remplis avec tant de gloire. Vous êtes fille d'un père qui, dans les différens événemens d'une vie agitée par la bonne et par la mauvaise fortune, a toujours réuni en lui l'honnête homme, le héros et le chrétien. Vous avez pour mère et pour ayeule des princesses qui, semblables à Judith et à cette femme forte dont l'Ecriture fait le portrait, se sont attiré la vénération et le respect de tout le monde par la fidélité avec laquelle elles ont toujours marché dans la crainte du Seigneur. On voit en votre personne, Madame, tout ce qu'une naissance heureuse et une éducation admirable soutenue par des exemples également forts et touchans ont pu fournir de plus accompli; en vous règnent cette bonté, cette douceur et ces grâces, qui font aimer ce que l'on est obligé de respecter; cette droiture de coeur à laquelle rien ne résiste; cette supériorité d'esprit et de connaissance qui se fait sentir malgré vous, pour ainsi dire, et malgré la modestie et la noble simplicité qui vous sont naturelles; enfin, et c'est ce qui met le comble à tant de mérites, ce goust pour la piété et cet attachement aux vrais principes de religion qui animent vos actions et qui font la règle de votre conduite. Ornée de toutes ces vertus, à qu'elle couronne n'auriez-vous pas eu le droit d'aspirer, sans l'usage qui assujettit en quelque sorte les roys à ne prendre qu'autour du trône les princesses qu'ils veulent faire régner avec eux. Celuy qui donne les empires, met le sceptre de Pologne entre les mains du prince de qui vous tene2 la vie, et par là, en décorant le père, il conduit insensiblement la fille aux hautes destinées qu'il luy prépare; mais, ô mon Dieu! que vos desseins sont impénétrables! et que les voies dont vous vous servez pour faire réussir les conseils de votre sagesse, sont au-dessus de la prudence humaine! A peine ce prince est-il sur le trône, où le choix des grands et l'amour du peuple l'avaient placé, qu'il se voit forcé de le quitter, il est abandonné, trahi, persécuté; un coup fatal luy enlève un héros, son ami et le principal fondement de ses espérances; il cède aux circonstances sans que son courage en soit ébranlé; il cherche un asyle dans la patrie commune des roys infortunés; il vient en France; vous l'y suivez, Madame. Tout ce qui vous y voit, sensible à vos malheurs, admire votre vertu; l'odeur s'en répand jusqu'au trône d'un jeune monarque qui, par l'éclat de sa couronne, par l'étendue de sa puissance et plus encore par les charmes de sa personne, pouvoit choisir entre toutes les princesses du monde; guidé par de sages conseils, il fixe son choix sur vous, et c'est ici que le doigt de Dieu se manifeste; il se sert du malheur même qui sépare le roy, votre père, de ses sujets et qui vous enlève à la Pologne pour nous donner en vous une reine qui sera la gloire d'un père et d'une mère, dont elle fait la consolation et les délices; une reine qui rendra heureuse la nation la plus digne de l'être, au moins par son respect et par sa fidélité pour ses souverains; une reine

qui, inviolablement attachée à ses devoirs, pleine de tendresse et de respect pour son époux ct pour son roy, ct sagement occupée de ce qui peut lui procurer le solide bonheur, rappellera les tems de l'impératrice Flaccile, dont l'histoire nous apprend que n'ayant jamais perdu de vue les préceptes de la loy divine, elle en entretenoit assiduement le grand Théodose, et que ses paroles, comme une pluie féconde, arrosoyent avec succès les semences de vertu que Dieu avait mises dans le coeur de son époux.

Venez donc, Madame, venez à l'autel; que les engagemens que vous allez prendre, saints par eux-mêmes (puisque, selon l'apôtre, ils sont le symbole de l'union de Jésus-Christ avec son Eglise), soient encore sanctifiés par vos dispositions; pénétrée de ce que vous devez à Dieu, faites lui hommage de ce que vous êtes et de ce que vous allez être; reconnoissez qu'en couronnant vos mérites, il couronne ses dons. Et vous) chrétiens qui m'écoutez, en voyant les récompenses qui sont données, dès ce monde, à la vraie vertu, apprenez à la respecter et à l'aimer! »

Après ce discours, le duc d'Orléans ct la princesse se donnèrent la main, et le cardinal les maria suivant les formes prescrites par le rituel de Strasbourg. Le cardinal célébra ensuite pontificalement la grand'messe, qui était celle de la fête de l'Assomption de la sainte Vierge. Elle fut chantée en musique et on y dit des collectes particulières pour demander la bénédiction de Dieu sur ce nouveau mariage. Le cardinal, en allant de l'autel à son trône, salua d'abord l'autel, puis la nouvelle reine, le roi et la reine de Pologne, qui rendirent le salut. A la préface, le diacre les encensa tous trois. Après le Pater, la reine de France et M. le duc d'Orléans s'avancèrent vers l'autel, et s'étant mis à genoux sur les marches, on étendit sur leurs têtes un poële d'étoffe d'argent qui était tenu par le comte Pierre d'Antin, évêque-duc de Langres, ct par le comte Charles-Ernest-Joseph de Truchsess, tous deux chanoines capitulaires. Le cardinal ayant dit sur eux les oraisons portées par le rituel, la reine et le duc retournèrent à leurs places. A la communion, le diacre porta la patène à baiser à la reine de France, au roi et à la reine de Pologne.

Après la messe, le cardinal entonna le Te Deum à la fin duquel il dit la collecte en actions de grâces. Il porta ensuite le corporal à baiser à la reine, et lui présenta l'acte de célébration de mariage à signer sur deux registres, l'un de la paroisse de Saint-Laurent à la cathédrale, et l'autre de celle de Saint-Louis. Il fut ensuite signé par le roi et la reine de Pologne, par M. le duc d'Orléans, par MM. Le duc d'Antin ct le comte de Beauvau, comme témoins de la part du roi de France, par MM. le prince de Pons et le comte du Bourg, comme témoins de la part de la reine.

Le curé de la cathédrale, où s'était fait le mariage, ct celui de Saint-Louis, en la paroisse duquel demeurait la reine, signèrent ensuite, ct après eux le cardinal de Rohan. De là, S. E. reprit la chape et la mître, et, précédé de tout le clergé, il retourna à la grande porte de l'église, où il fit un second discours, dont la teneur suit:

« Madame,

« Permettez-moi, à la fin de l'auguste cérémonie qui comble nos espérances ct nos voeux, de demander à Votre Majesté sa protection royale pour l'église de Strasbourg.

Cette église n'a point oublié et n'oubliera jamais les bienfaits signalés qu'elle a reçus de nos premiers roys; mais que ne doit-elle pas à notre dernier monarque? Livrée par le malheur des tems aux fureurs du schisme et de l'hérésie, elle auroit peut-être péri comme bien d'autres, si ce grand prince, en rentrant dans les droits de ses ancêtres, n'avoit pris sa défense et ne l'avoit soutenue de tout son pouvoir. Elle luy doit l'avantage de se voir rétablie dans la possession de ce saint temple dont elle avoit été bannie.

Tout nous rappelle icy sa pieuse et royale magnificence : les temples ornés, les pasteurs libéralement entretenus, les missions fondées, les nouveaux convertis protégés et secourus, sont autant de monumens du zèle et de la piété d'un roy dont la mémoire ne finira jamais. Il n'a pas eu la consolation d'achever l'ouvrage qu'il avait entrepris, c'est-à-dire la réunion de toutes les brebis de cet illustre troupeau dans un même bercail: elle étoit réservée au digne héritier de son zèle et de sa couronne; ce sera vous, Madame, qui représenterez à votre auguste époux ce qu'exigent de luy le souvenir de son bisayeul, sa propre gloire et nos besoins qui sont ceux de la religion; Vous ne demanderez point que l'on ait recours à ces voyes qui aigrissent sans persuader, elles ne seroient point du goust de Votre Majesté, et à Dieu ne plaise que nous voulussions les luy suggérer; ils sont vos sujets, Madame, ces enfans qui nous méconnoissent: et l'église de Strasbourg, pleine de confiance dans la miséricorde de Dieu, se regarde toujours comme leur mère. Nous vous conjurons donc, par les entrailles de Jésus-Christ, d'employer, pour procurer leur réunion, tout cc qu'une charité active mais compatissante pourra vous inspirer. Dieu bénira les soins de Votre Majesté et nos désirs, et il se servira des exemples de votre piété et de votre foy, pour confondre enfin l'erreur ct pour faire triompher la vérité.

« Régnez longtems sur nous, Madamc, pour le bonheur du roy et pour la félicité de ce grand royaume; que Dieu exauce les prières que l'Église vient de luy offrir pour Votre Majesté, et daignez nous mettre au rang de vos sujets les plus zélés et les plus fidèles. »... A suivre.

 

Le Roy de Sainte Croix. (Les Quatre Rohan).

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Publié le par Rhonan de Bar
Publié dans : #MAISONS NOBLES DE LORRAINE

CARDINAUX-ÉVÊQUES DE STRASBOURG

 

545px-Blason Armand Gaston Maximilien de Rohan-Soubise (167

LE ROI DE POLOGNE STANISLAS LECZINSKI

ET SA FILLE MARIE

CHEZ LE CARDINAL DE ROHAN

 

C'est au couvent de Groefenthal, près de Sarrebruck, que le roi de Pologne détrôné fit la connaissance du cardinal de Rohan. Un nouveau malheur frappait le pauvre monarque: son protecteur, Charles XII, venait de mourir, et la réduction considérable que cet événement faisait subir à ses revenus, jointe au maintien du séquestre de ses biens patrimoniaux, allait lui imposer de grandes privations, quand le cardinal de Rohan lui fit obtenir une pension du gouvernement français. Cette libéralité décida le prince découronné à se fixer en France. Il choisit le château de Wissembourg que la famille de Weber mit à sa disposition.

Des relations intimes s'établirent donc entre Stanislas Leczinski et le cardinal-évèque de Strasbourg et le roi polonais allait souvent au château épiscopal de Saverne.

 

 Mlle DE CLERMONT EN ALSACE

CHEZ LE CARDINAL DE ROHAN

 

Il existe un «Journal historique du voyage de S. A. S. Mlle de Clermont (princesse du sang) depuis Paris jusqu'à Strasbourg) du mariage du roi) et du voyage de la reine depuis Strasbourg jusqu' a Fontainebleau) par le chevalier Daudet, de Nismes, ingénieur-géographe de Leurs Majestés. 1725.

A la date du 11 Août I725, on y lit ce qui suit :

« S. A. S. arriva enfin à Saverne sur les 8 heures, où elle fut saluée, en entrant dans la ville, par toute l'artillerie du château et par la mousqueterie de la bourgeoisie qui en bordoit les rues. « S. E. M. le cardinal de Rohan reçut la princesse dans son palais, au bas du vestibule, accompagné de M. le duc d'Olonne, de M. du Harlay, intendant d'Alsace, de M. le comte de la Feuillade, et de grand nombre d'autres seigneurs, tant François qu'Allemands. Dans le temps que S. A. S. recevoit les compliments de S. E., la princesse de Montauban, Mesdames de Tallard, de Montbazon et de Prie, vinrent témoigner leur joie à la princesse sur son heureuse arrivée et la conduisirent dans son appartement, où elle passa quelque temps à en admirer la beauté et à s'entretenir avec S. E. et les dames que nous venons de citer. M. le duc d'Antin arriva peu de temps après, de Strasbourg, qui vint saluer la princesse.

«Le souper fut servi a 9 heures, avec toute la magnificence possible, dans la grande salle du château qui a 30 pas communs de long sur 22 de large, où règne tout autour, en forme de corniche, une balustrade ou galerie, où purent se mettre plus de 1 200 personnes pour voir souper la princesse ; cette salle, de même que l'appartement destiné pour la reine, est un des plus beaux, des plus riches et des plus magnifiques de l'Europe. Les seigneurs et dames qui eurent l'honneur de souper avec la princesse furent S. E. M. le cardinal, M. le duc d'Antin, M. le duc d'Olonne, M. du Harlay, intendant d'Alsace, Mme la princesse de Montauban, les duchesses d'Epernon, de Tallard et de Montbazon', Mmes de Nesle " de Prie de Ribérac et Mlle de Villeneuve.

« A côté de la salle, où soupoit la princesse, on servoit aussi une autre table, où étoient grand nombre de seigneurs tant François qu'Allemands. Après le souper, on passa quelque temps au jeu jusqu'au coucher de la princesse.

« Un détachement du régiment de Tournoisis gardoit l'intérieur du palais, et la bourgeoisie faisoit garde toute la nuit auprès des équipages.

« Du 12 Aoust 1725. Séjour a Saverne. - Pendant le lever de la princesse, qui fut a II heures, plusieurs dames et seigneurs de la cour se rendirent au Palais pour la saluer. Le roi Stanislas, qui étoit arrivé de Strasbourg incognito, sur les 10 heures, ayant témoigné a Mme la marquise de Prie, dame du palais de la reine, l'empressement qu'il avoit de voir S. A. S., cette dame en avertit la princesse, qui reçut S. M. à la porte de sa chambre. On ne peut exprimer ici la joie qu'ils ressentirent de cette première entrevue, et les tendres compliments qu'ils se firent mutuellement: leur conversation dura un quart d'heure, après laquelle S. M. se retira pour laisser habiller S. A. S., qui conduisit S. M. jusqu'au bout de son appartement. Peu de temps après, S. E. M. le cardinal de Rohan et M. le duc de Noailles, qui étoit arrivé de Strasbourg, vinrent saluer S. A. S. Après le lever de la princesse, on avertit S. A. S. que le régiment des Carabiniers et celui des Houssarts étaient dans le jardin du palais, prêts à passer en revue devant S. M. et S. A. S. Le roi vint au-devant de la princesse, et ils furent se placer sur les balcons de l'appartement de la reine, accompagnés de S. E., de M. le duc de Noailles et de tous les autres seigneurs et dames de la cour. Le régiment des Carabiniers étoit rangé en bataille devant le même appartement: ils défilèrent quatre à quatre, et saluèrent en passant S. M. et S. A. S. On fit ensuite avancer le régiment des Houssarts, ayant à sa tête M. de Bérischy, qui en est colonel, qui s'étant mis un moment en bataille, le sabre à la main, avec timbales et trompettes, ils défilèrent quatre à quatre, et saluèrent en passant le roi et S. A. S., qui trouvèrent ces troupes fort belles et en très-bon état.

Cette revue fit plaisir à la princesse, de même que la vue du jardin qu'elle découvroit par là dans toute son étendue et dont le canal, qui a près d'une demi-lieue de longueur, en fait un des plus beaux ornements.

 « La revue étant faite, S. A. S. admira pendant quelque temps la beauté et la magnificence de l'appartement de la reine, et entendit ensuite la messe dans la chapelle du palais, après laquelle le roi et S. A. S. se mirent à table.

Les seigneurs et dames qui eurent l'honneur de manger à leur table, furent S. E. le cardinal de Rohan, M. le duc de Noailles, M. l'Intendant, MM. les comtes de Lautrec, de la Feuillade et de Bérischy, la princesse de Montauban, les duchesses de Tallard et de Montbazon, Mmes de Nesle, de Rupermonde, de Ribérac, de Bergeret et Mlle de Villeneuve.

« A côté de la table du roi et de S. A. S. l'on en servoit une autre, où étoient M. le duc d'Olonne, Mme la duchesse d'Epernon, Mme de Prie, et plusieurs autres seigneurs tant François qu'Allemands; et dans une antichambre à côté l'on servit aussi la table des principaux officiers du roi et de S. A. R.

«Peu de temps après le dîner, S. M. prit congé de S. A. R. et partit pour Strasbourg, escortée par un détachement de trente maîtres de Carabiniers. M. le duc de Noailles et M. l'Intendant partirent aussi pour Strasbourg.

« Sur les 4 heures, Mme la maréchale de Boufflers arriva de Sarrebourg, avec les équipages du roi, accompagnée des duchesses de Boufflers, de Béthune et de Mme d'Egmont. M. le cardinal s'étant aperçu de l'arrivée de Mme la maréchale, vint la recevoir dans son vestibule et la conduisit dans son appartement. Les dames étant arrivées, furent saluer la princesse, et l'on joua alors jusqu'à, l'heure de la promenade.

« A 6 heures, S. E. vint inviter S. A. S. à la promenade avec les dames de la cour; l'on fit tout le tour du canal, qu'on trouva très-beau, de même que tout le jardin.

« L'on conduisit la princesse au bois de la Mousson, où est la Faisanderie, et l'on donna à la princesse le divertissement de la chasse au cerf et au lièvre, dont elle fut très-contente; au retour de la promenade on joua jusqu'au souper, et pendant le souper arriva M. le marquis de Nangis, dont la présence fit plaisir à S. E. et à toute la compagnie; le souper fut servi à 9 heures.

« Deux autres tables furent aussi servies en même temps pour tous les autres seigneurs françois et allemands et pour les principaux officiers de S. A. S. Après le souper, on joua jusqu'au coucher de la princesse. Le détachement du régiment de Tournoisis fit garde toute la nuit dans le palais et la bourgeoisie auprès des équipages, comme

ci-devant.

« Du 13 Aoust I725. Second séjour à Saverne. – La princesse se leva à 7 heures et partit à 8 heures pour aller à Strasbourg incognito, dans les carrosses de S. E.

· . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

«La table de la princesse à Saverne fut servie comme à l'ordinaire; S. E. M. le cardinal et Mme la maréchale de Boufflers en firent les honneurs.

· . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

« S. A. S. arriva à Strasbourg sur les 5 heures et demie dans les carrosses de S. E., conduite par le sieur Duval, son écuyer. Et après son arrivée vint une troupe de danseurs et de danseuses allemands avec leurs hautbois et violons, qui, après avoir présenté à S. A. S. différents gâteaux faits à la mode du pays, dont elle goûta, de même que toute sa cour, la divertirent ensuite par leurs différentes danses qu'ils répétèrent plusieurs fois dans la grande salle du palais. Quelques seigneurs ou particuliers, voulant profiter de cette fête, dansèrent aussi les mêmes danses, en présence de S. A. S., qui fit récompenser largement les danseurs allemands. L'on s'occupa ensuite du jeu jusqu'au souper, où S. A. S. n'assista pas. Mme la maréchale de Boufflers fit les honneurs de la table. S. E. fut servie en particulier avec M. le comte de Lautrec, Mesdames de Béthune et de Rupermonde. La table des autres seigneurs et des officiers de S. A. S. fut servie de même que les autres jours.

« Du 14 Aoust 1825. Départ de Saverne. - S. A. S., après son lever qui fut à II heures, entendit la messe dans la chapelle du château, après laquelle on servit le dîner.

A 1 heure, S. A. S. partit pour Strasbourg et fut saluée, en sortant, par toute l'artillerie du palais. A la sortie du jardin, qu'elle traversa, une brigade de la maréchaussée d'Alsace, destinée pour la garde de sa personne, l'escorta jusqu'à Strasbourg.

« Du 17 Aoust 1725. Départ de Strasbourg.

« ……. Le roi Stanislas, M. le duc d'Orléans, le duc d'Antin et M. de Beauvau, partirent avant la reine (de Wiltzheim, à 4 lieues de Strasbourg, lieu indiqué pour la dînée) pour la recevoir à Saverne. Elle partit sur les 4 heures de Wiltzheim et arriva à 7 heures à Saverne, ville non fortifiée, sur la Soor, rivière, diocèse de Strasbourg, et éloignée de cette ville de 7 lieues, et fit son entrée par les allées du jardin du palais, qui étoient bordées par un détachement de 150 hommes du régiment de Pons et autant de celui de Batan-Suisse. Le prince de Pons salua la reine avec l'esponton, et S. M. fut reçue à la porte du palais par M. le duc d'Orléans, M. le cardinal de Rohan, le prince et la princesse de Montauban, la duchesse de Montbazon, le duc d'Olonne, le Grand-Prieur, le marquis de Beauvau, MM. du Harlay, intendant d'Alsace, et de Creil, intendant des Trois-Evêchés.

« M. le cardinal de Rohan et M. de Dreux présentèrent à S. M. les officiers de la ville, avec les clefs des portes dans un bassin d'argent. S. M. les ayant reçues dans ses mains, les remit en même temps au duc de Noailles, qui les rendit à ces mêmes officiers.

« Pendant cette réception, tous les canons de la ville ou du palais firent plusieurs décharges. S. E. conduisit la reine dans son appartement, où S. M. trouva le roi Stanislas, le maréchal du Bourg et le duc d'Antin. S. M. y passa le temps à la conversation et, à ses exercices de piété jusqu'à son souper, qui fut servi à 8 heures et demie à son petit couvert. S. E. y fit la fonction de grand-aumônier,

et Mme de Mailly servit la reine à table. Le roi Stanislas ne soupa point. ..... La table de S. A. S. Mlle de Clermont fut servie avec autant de profusion que de magnificence, aux dépens de S. E. Les dames du palais et M. le duc de Noailles eurent l'honneur de souper avec S. A. S.

Outre le repas de S. A. S., S. E. donna encore un grand souper à M. le duc d'Orléans dans son petit château, où assistèrent tous les seigneurs et quelques dames de la cour; ce souper peut s'appeler, sans exagération, un festin royal par son abondance, sa bonté et sa magnificence. M. le duc d'Orléans parut en être très-content et loua beaucoup le zèle, la générosité et la bonne grâce, avec lesquels S. E.

faisait les honneurs de sa maison. Il y eut des illuminations dans toutes les rues de Saverne, et des feux de joie qui durèrent toute la nuit. Le détachement du régiment de Pons fit garde aux environs du palais et la bourgeoisie auprès des équipages.

« Du 18 Aoust 1725. - Départ de Saverne. - Le roi Stanislas, après son lever, alla rendre visite à la reine, sa fille; personne, ce jour-là, n'entra au lever de S. M. que les personnes qu'elle fit appeler. MM. le maréchal du Bourg, le duc d'Antin, le marquis de Beauvau et le marquis de Nangis se trouvèrent à la toilette de Mlle de Clermont. Le roi Stanislas l'honora aussi de sa présence pendant quelque temps, après quoi le roi retourna chez la reine avec M. le duc d'Orléans, où ils restèrent jusqu'à ce que la reine voulût entendre la messe dans la chapelle du palais, après laquelle S. M. dîna avec le roi son père. Mme la marquise de Nesle, avec son air gracieux et son agréable conversation, fut présente à ce repas et fit tout ce qu'elle put pour détourner les larmes et les soupirs de S. M. qui ne pouvoit jeter les yeux sur le roi son père, qu'elle ne renouvelât les douleurs de la séparation. L'auteur ne put être longtems témoin de la tristesse de la reine et fut voir ce qui se pas soit dans le reste du palais. Il trouva dans le grand salon S. A. S. Mlle de Clermont qui dînait avec les dames du palais, aussi magnifiquement servie que le jour précédent; il monta ensuite dans le petit château, où il fut témoin du second festin que S. E. donnoit à M. le duc d'Orléans et à tous les seigneurs de la cour ...... S. A. S. M. le duc d'Orléans et S. E. M. le cardinal ayant appris par un faux bruit que S. M. se préparoit à partir, quittèrent promptement leur festin, et étant desccndus dans le grand salon, trouvèrent encore S. A. S. Mlle de Clermont qui étoit au fruit. M. le duc d'Orléans et S. E., charmés de cette agréable rencontre, se dédommagèrent de la peine qu'ils avoient eue de quitter leur table et firent collation, en passant, à la table de la princesse, qui en marqua sa joie. Après le dîner de la reine, le roi Stanislas, après un moment de conversation avec la reine, sa fille, parut sur la fin du repas de S. A. R. Mlle de Clermont qui, apercevant S. M., se leva de table. Le roi Stanislas l'embrassa, de même que toutes les dames du palais, et partit ensuite, feignant d'aller à Sarrebourg.

« Mgr. le duc d'Orléans le suivit, de même que M. le duc d'Antin et plusieurs autres seigneurs, et la reine partit enfin de Saverne pour aller coucher à Sarrebourg. Le prince de Pons salua la reine ft son départ, à la tête de son détachement; les Carabiniers qui étoient dans la place du palais, précédèrent la marche et la bourgeoisie se trouva ce jour-là sous les armes dans les rues. Toute l'artillerie fit feu a la sortie de la ville, ct la maréchaussée d'Alsace qui étoit en dehors, précéda les Carabiniers. Sur la hauteur de la montagne de Saverne, l'on trouva le roi Stanislas à cheval, accompagné de Mgr. le duc d'Orléans, de M. de Clermont et des deux intendants d'Alsace et de Metz; les marquis de Nangis, de Dreux, et le comte de Tesse, étant descendus de carrosse, prirent congé du roi, et la reine apercevant le roi, son père, lui tendit plusieurs fois la main à la portière de son carrosse, où il se tint pendant quelque temps. »

 

Le Roy de Sainte Croix (Les Quatre Rohan).

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PREMIER EXTRAIT

1

ARMAND-GASTON

DE

ROHAN-SOUBISE

1704-1749

 

 

NOMINATION D'UN COADJUTEUR

 

A STRASBOURG

 

L’âge et les infirmités du cardinal Guillaume Egon de Fürstemberg le retenaient depuis quelque temps à Paris, éloigné de son église : il voulut travailler à se procurer un coadjuteur capable de soutenir la splendeur de son siège, par sa naissance comme par ses vertus et ses talents. Il jeta les yeux sur Armand-Gaston-Maximilien, prince de Rohan-Soubise, chanoine capitulaire de la Cathédrale de Strasbourg.

Comme le jeune prince-chanoine n'avait encore que 26 ans, le pape Clément XI lui accorda, en 1700, un bref d'éligibilité.

Le 21 Février 1701 fut désigné pour le jour de l'élection.

Après la messe du Saint-Esprit, les chanoines se réunirent à 8 heures dans la salle des archives de l'Evêché, et le prince de Rohan fut élu. Il fut aussitôt conduit au choeur, où il fut proclamé; on chanta le Te Deum) au son des cloches et au bruit du canon (1).

Cette élection fut agréée par le Roi et confirmée au mois d'Avril par le Pape. Le nouvel élu fut sacré à Paris, le 26 Juin 1701, dans l'église de Saint-Germain-des-Prés, sous le titre d'évêque de Tibériade ou Césarée en Palestine, par le cardinal de Fürstcmberg.

 

(1) Grandidier. Essais sur la Cathédrale de Strasbourg, p. 165.

 

L'ÉVÊQUE PRINCE DE ROHAN

 

A STRASBOURG ET A PARIS

 

Le cardinal de Fürstemberg étant mort en 1704, le nouvel évêque de Strasbourg, Armand-Gaston de Rohan, fit sa première entrée dans sa ville cathédrale le 5 Juin 1705.

Le 22 Novembre suivant, il sacra dans son église cathédrale, François Blouet de Camilly, vicaire-général et official de Strasbourg, que le Roi avait nommé à l'évêché de Toul. Ce sacre se fit avec beaucoup de solennité. Six abbés en habits pontificaux et en mître, le clergé séculier et régulier de la ville sacerdotalement habillés, assistèrent à cette cérémonie, ainsi que l'état-major et les corps du magistrat et de la noblesse. (1)

Le samedi 31 Août 1715, sur les II heures du soir, à Paris, le curé, le cardinal de Rohan et les ecclésiastiques du château vinrent dire les prières des agonisants. Cet appareil rappela le roi mourant à lui-même; il répondit d'une voix forte aux prières, et reconnaissant encore le cardinal de Rohan, il lui dit: «Ce sont les dernières grâces de l'Eglise» !

Il répéta plusieurs fois: cc Mon Dieu, venez à mon aide, cc hâtez-vous de me secourir » ! et tomba dans une agonie qui se termina par sa mort, le dimanche l or Septembre, à 8 heures un quart du matin.

« Le gouvernement des affaires ecclésiastiques était destiné au cardinal de Noailles. Ce triomphe de Mardochée éloignait les cardinaux de Rohan et de Bissy. Peut-être n'auraient-ils pas fait beaucoup de résistance. Rohan aurait préféré la vie voluptueuse d'un grand seigneur au commerce dégoûtant que la Commission le forçait d'avoir avec un tas de pédants, qui, sans cela, n'étaient pas faits pour passer au-delà de ses antichambres. (2) 

 

1 Grandidier. Essais sur la Cathédrale de Strasbourg. p. 166.

2 Mémoires secrets des règnes de Louis XIV et de Louis XV, T. l,

p. I6I.

 

Dans une de ses lettres, datée de Paris le 26 Janvier 1719, la caustique Madame, duchesse d'Orléans, écrit à propos du cardinal: « ..... Je sais qui on a voulu dire, en vous parlant d'une princesse, que le prince de Birkenfeld devait épouser.

C'est la nièce du cardinal de Rohan, Mlle de Melun. Je ne le lui conseillerais pas; il aurait le cardinal tout autant pour beau-frère que pour oncle. La desserte d'un prêtre, c'est bien vilain! De plus, leur titre de prince est une pure chimère. Ils sont de bonne maison, mais nullement princes ni princesses .....) Quel coup de pied!

En 1721, lorsque le cardinal de Rohan vint à Strasbourg, la ville lui fit présent de 1000 ducats.

Le cardinal de Rohan, premier du nom, était admirateur de toutes les belles choses. Il acheta, moyennant 36,000 livres, la célèbre bibliothèque de de Thou, possédée alors par le président Ménars. Cette belle bibliothèque fut dispersée lors de la faillite du prince de Guéménée.

Un souvenir bibliographique se rattache encore à la mémoire du cardinal de Rohan. Ce fut lui, qui, en 1725, lors d'une visite à l'abbaye princière de Remiremont, comme délégué apostolique, ordonna l'établissement d'une bibliothèque dans l'illustre chapitre. Ce fut le noyau de la future bibliothèque municipale de Remiremont.

 

Nous arrivons à la fameuse Bulle Unigenitus.

 

Le cardinal de Rohan, quoi qu'en dise cette méchante duchesse d'Orléans, était un prélat d'une naissance illustre, formé par les grâces pour l'esprit et la figure, magnifique dans sa dépense, avec des moeurs voluptueuses et galantes, dont une représentation de grand seigneur couvrait le scandale. Cet éminent prélat se reposait de la doctrine sur des savants dont il était le bienfaiteur, et des fonctions épiscopales sur un domestique mîtré. Ces premiers princes de l'Eglise ne regardaient pas autrement les évêques in partibus, quoique souvent très -estimables, qui leur étaient attachés.

Le cardinal de Rohan, comblé de biens et d'honneurs, paraissait n'avoir rien à prétendre, lorsque la mort du cardinal de Janson fit vaquer la place de grand-aumônier.

Tellier (le père) profita de la conjoncture pour engager le cardinal. Il alla le trouver, et lui proposa brusquement d'entrer dans la ligue (contre le Jansénisme) et la Grande Aumônerie pour prix de l'engagement. Le caractère du cardinal l'éloignait des intrigues qui pouvaient troubler ses plaisirs. D'ailleurs, il était attaché d'inclination, de respect et de reconnaissance au cardinal de Noailles, qui l'avait élevé comme son fils, le chérissait, et qui, ne pouvant en faire un saint, le laissait un homme aimable dans la société, et un prélat tranquille dans l'église.

Rohan fut effrayé de la proposition, mais sa douceur naturelle l'empêcha de répondre avec la hauteur qui lui convenait, ou avec l'indignation que méritait l'insolent jésuite. Il chercha des excuses dans la reconnaissance qu'il devait au cardinal de Noailles, et que la princesse sa mère lui avait recommandée en mourant. Tellier traita ces sentiments d'enfances. Le cardinal, pressé de plus en plus, offrit la neutralité; le jésuite la rejeta, déclarant qu'il fallait opter, prendre parti pour ou contre la Société. Le cardinal demanda du temps pour y réfléchir. « Je vous donne trois jours, « reprit Tellier en le quittant, pour y penser; mais pensez « aussi que la Grande-Aumônerie ne peut pas être long « temps vacante. »

Le cardinal, interdit de l'audace du jésuite, en alla rendre compte au maréchal de Tallart, dont le fils avait épousé la nièce du cardinal. Le maréchal, qui prétendait se servir de Rohan pour entrer au Conseil, ne vit dans l'impudence du jésuite que la preuve d'un énorme crédit, et dit au cardinal qu'il devait être flatté du poids qu'on donnait à son nom; qu'il laisserait à des prélats subalternes les disputes et les platitudes scholastiques; qu'il ne serait qu'un grand seigneur de représentation; qu'il devait à son honneur et par conséquent à sa conscience, de ne pas laisser échapper la place de Grand-Aumônier; que, s'il cédait à de vains scrupules, il se verrait éclipser par Bissi, fait pour le suivre partout. Le maréchal, qui ne croyait pas aux consciences de cour, ni à la reconnaissance, traita de fausse délicatesse celle dont le cardinal se piquait dans une occasion unique. Ille séduisit par des louanges, l'effraya de la puissance des jésuites, ct le livra enfin au père Tellier.

Cc fut ainsi que le cardinal de Rohan devint malgré lui le chef d'une cabale. Une compassion assez voisine du mépris le sauva de la haine publique. Il ne prêta guère que son nom, son palais et sa table aux prélats du parti, ct sa voix au père Tellier dont il recevait bénignement les ordres ct l'avouait quelquefois avec humilité. (1)

 

1 Mémoires secrets sur les règnes de Louis XIV et de Louis XV. T. I, p. 130 ct suiv.

 

 

Cependant le roi, voulant recevoir une bulle que son confesseur lui faisait croire qu'il avait demandée, ordonna une assemblée des évêques qui se trouvaient à Paris. Il y en avait quarante-huit, non compris le cardinal de Noailles, ct ils s'assemblèrent pendant quatre mois, sans pouvoir parvenir à l'unanimité des sentiments. Enfin quarante, à la tête desquels était Rohan, et derrière eux Tellier, acceptèrent la bulle, et huit unis à Noailles, demandèrent des explications.

En 1718, le 7 Juin, M. le cardinal de Rohan publia son mandement pour l'acceptation de la bulle Unigenitus) dont il adressa 11n exemplaire aux différents corps ecclésiastiques de son diocèse ct notamment à celui du grand choeur, dont la plupart des membres étaient nés dans des diocèses de France. Le grand-choeur s'assembla le 25 Septembre suivant. Il reçut le mandement avec respect et le fit déposer dans ses archives. Le prince-évêque renouvela à ce corps, à cette occasion, les sentiments d'estime, de considération et d'amitié, dont il avait toujours honoré ses membres. « Quoique je n'aie jamais douté, dit-il dans sa lettre, de la sincérité de votre attachement pour moi, et que vous m'en ayez donné des preuves distinguées dans tous les temps, ces dernières marques de votre zèle ont beaucoup augmenté l'idée que j'en avais. Vous ne pouviez rien faire, qui me touchât plus sensiblement et qui excitât davantage ma reconnaissance. Ces témoignages de votre amour pour la religion, de votre soumission et de votre respect pour l'Eglise méritent une distinction que vous avez déjà dans mon coeur. » (1)... A suivre

 

1 Archives du Grand-Choeur de la Cathédrale de Strasbourg.

 

Le Roy de Sainte Croix (Les Quatre Rohan).

 

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Publié le par Rhonan de Bar
Publié dans : #MAISONS NOBLES DE LORRAINE

 

Je présente ici l'histoire des quatre cardinaux-evêques de Strasbourg donnée par Le Roy de Sainte Croix (1881). Les Rohan tiennent une place prépondérante dans les faits qui lient l'Histoire officielle à l'Histoire secrète, à l'Histoire mystique de la France. Je la donne ici par extraits car, bien évidement, elle est conséquente. Elle apparaîtra donc, comme pour les autres articles, au fil du temps. Bonne lecture et surtout bonne découverte.

 

 

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Bibliothèque des Evêques. Palais des Rohan-Soubise à Strasbourg.

Photo Rhonan de Bar.

 

 

LES QUATRE ROHAN


CARDINAUX-ÉVÊQUES

 

DE STRASBOURG

 

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Armand-Gaston de Rohan--Soubise, 1704-1749

 

 

François-Armand-Auguste de Rohan-Soubise-Ventadour, 1749-1756

 

 

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  Louis-Constantin de Rohan-Guéménée-Montbazon, 1756- l 779

 

Louis-René-Edouard de Rohan-Guéménée, 1779-1803

 

 

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Publié le par Rhonan de Bar
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SIXIEME EXTRAIT

SECTION PREMIERE.

 

Je passe au troisième âge.

On vient de voir comment sur tous les points de l’ordre domestique, civil et politique, les moeurs diverses ont commencé à se mêler. Je n’ai encore rendu compte que d’une manière incomplète, des circonstances qui ont déterminé cet amalgame. Il me reste à exposer, comme la première et la principale de toutes, une cause également remarquable par son antiquité, par les élémens dont elle s’est composée, et par les résultats qu’elle a laissés ; cause qui, embrassant à la fois toutes les nations diverses dont la Gaule était composée, a consommé entr’elles une union que leur rapprochement habituel avait déjà ébauchée. Je vais montre comment, traversant successivement les deux premiers âges, son organisation sévère, vigoureuse, uniforme, a fini par s’établir, et a fixé enfin la nation française. C’est ce qui caractérise mon troisième âge.

Quand on annonce une discussion sur le gouvernement féodal, on s’attend en général à voir figurer en première ligne, soit les bénéfices et l’hérédité qui a fini par s’attacher à ces sortes de concessions, soit les duchés et comtés, et l’hérédité qui a fini de même par être leur partage. Il est juste sans doute de tenir compte, ne fût-ce que comme accessoires, de ces deux circonstances ; je dois déclarer toutefois qu’elles sont loin d’avoir déterminé le gouvernement féodal.

Certes, si les bénéfices devaient être regardés comme l’origine principale de la féodalité, ce ne serait ni en France, ni à l’époque de l’établissement des Francs, qu’il conviendrait de placer cette origine : ce serait à Rome même. On trouve assez en effet, dans l’histoire romaine, de ces sortes de concessions, qu’on y appelle aussi bénéfices. C’étaient des terres des vaincus, qu’on partageait, des marais, des forêts, des terres incultes qu’on distribuait. On établissait ainsi quelque fois des corps d’armées sur certaines frontières, avec la double commission de labourer et de combattre, de moissonner les champs et de surveiller l’ennemi. Si ces concessions d’un usage fréquent à Rome, et qu’on trouve particulièrement énoncés dans la Notice de l’Empire sous le nom de bénéfices, héritages militaires (proedia militaria), n’ont rien produit alors qui ait ressemblé à la féodalité, cela nous montre suffisamment que le régime célèbre, auquel nous avons donné ce nom, appartient à d’autres circonstances et à d’autres principes.

J’en dirai autant des grands offices, tel que duché et les comtés.

Il y eut des ducs et des comtes sous les empereurs romains et sous les Mérovingiens : il n’y eut pas pour cela de féodalité.

Pour ce qui est de l’usage, soit des serfs domestiques, soit des serfs de la glèbe, qu’on a coutume d’y rattacher, il a fallu un grand aveuglement ou une grande ignorance, pour voir dans cet usage commun à tous les peuples, et aussi ancien que le monde, quelques rapports avec notre féodalité moderne. Je sais qu’il est convenu de regarder cette question comme d’une obscurité impénétrable. Cela ne m’empêche point d’affirmer qu’on peut la réduire à des points clairs et précis. Revenons aux mœurs des trois grandes nations dont la France s’est composée.

On a entendu parler souvent de la célèbre institution des patronages et des clientèles. Il faut se garder de croire que cette institution ait appartenu exclusivement à Rome et à l’Italie. C’était, chez toutes les nations Occidentales, un usage immémorial, que les classes inférieures se missent sous la protection des hautes classes, qui acquéraient sur elles un véritable empire. Pour ne parler que des trois grandes nations qui nous occupent, je remarquerai que les clientèles avaient, selon les diverses mœurs de ces peuples, des caractères divers.

A Rome, non seulement les particuliers et les familles, mais les corps des arts et métiers, les colonies, les villes alliées, les nations vaincues, des provinces entières de l’Italie et hors de l’Italie, se choisissaient dans le sénat des partons et des appuis. La Sicile, par exemple, s’était mise sous la protection de Marcellus, Les Lacédémoniens avaient choisi la famille Claudienne ; les Bononiens celle d’Antoine. Le devoir de patron était d’aider le plébéien de ses lumières, de le diriger dans ses affaires, de lui prêter son appui contre les vexations, et de prendre sa défense dans les tribunaux. Le client, à son tour, devait assister son patron dans toutes ses entreprises, lui donner son suffrage pour les magistratures ; l’aider au besoin d’argent pour doter ses filles, payer les impositions publique et sa rançon lorsqu’il était prisonnier… A suivre

 

Comte de Montlosier (De la Monarchie Tome 1).

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Publié le par Rhonan de Bar
Publié dans : #MAISONS NOBLES DE LORRAINE

AVANT-PROPOS.

 

Les généalogies des Maisons nobles et illustres consacrent non seulement des souvenirs, des traditions, des titres de familles, mais doivent être encore considérées comme de véritables archives historiques, où se retrouvent avec détails, nombre de trait qui ont place dans les annales d’un pays.

 

Par ces diverses considérations la Maison DE LANDRIAN établie en Lorraine, a droit à une distinction particulière : sortie des très-illustres Marquis, Comtes De Landriani[1], Chevaliers Bannerèts aux croisades, elle s'attacha à la fortune de nos ducs, dont l'un sur le champ de bataille de Marignan, avait remarqué Jehan-Francisque, le premier qui vint se fixer dans leurs États.

 

La plus rare modestie était égale au courage, aux vertus militaires, civiques et privées de cette race hardie des compagnons d'Anloine-le-Bon, de François I, et des vaillants capitaines de Charles-Quint. Plus jaloux qu'ils étaient d'accomplir leur devoir, ne le regardant que chose toute naturelle en soi, qu'avides de prompte renommée, ils se contentèrent d'avoir toujours agi avec franchise, servi avec loyauté, montrant partout un patriotisme vrai ; certains que la haute approbation morale de leurs contemporains ne leur ferait jamais défaut, et viendrait fortifier le témoignage de leur propre conscience.

 

Tantôt à la cour de Lorraine, ou siégeant au Conseil d'Etat, on voit les membres de la Maison de Landrian, suivre ses instincts militaires, en se groupant de préférence dans la fameuse forteresse de La Mothe, sur les confins de la Champagne, et boulevard du pays. Là, on les voit, s'allier aux familles les plus considérées, et toutes se retrouvent aux jours de dangers, pour en partager les périls, tenter de sauver et la fortune du prince et celle des sujets.

 

Ainsi Nicolas de Landrian, Lieutenant au Gouvernement de La Mothe, fut-il honoré d'avoir défendu à ses frais, le poste qui lui avait été confié, contre les armées de Louis XIV. Il succomba après trois sièges, non sans gloire grande, en sauvant, comme le plus cher trésor, "le drapeau de la ville détruite ; relique nationale, restée à Outremécourt, entre les mains de ses descendants, jusqu'aux orages de la fin du XVIIIe siècle ; jusque là, chaque année, ce drapeau avait été porté processionnellement aux solennités.

 

Ces sentiments d'honneur et de dévouement à la Patrie étaient communs aux vieux Lorrains, entre eux il y avait cette solidarité qui a pour bases principales : la foi, le courage, l'honnêteté publique, la vertu enfin. Si Nicolas de Landrian, s'unit de préférence dans la famille Tranchot, c'est qu'un d'eux, s'était aussi montré sur les remparts de La Mothe, bombardé, et que depuis il avait levé à ses dépens et mené au combat, une compagnie d'infanterie, et équipé sur pied de guerre son frère. A côté d'eux nous apparaît, comme allié, la figure vénérable de Jean Héraudel, qui avait eu trois fils tués au service de Son Altesse le Duc de Lorraine, heureux, disait-il, d'en avoir encore trois autres sous les armes.

 

Ces traditions d'attachement au sol natal ne devaient pas se perdre : Claude De Billard, mère de Nicolas III et &Evrard de Landrian, vendra les biens qu'elle possédait en France, afin d'élever sa famille dans le pays Lorrain, non ailleurs, quoiqu'il fut dévasté, et en proie aux plus effroyables calamités. De nos jours, un grand homme, un héroïque soldat, un sublime citoyen, le général Drouot, a honoré de ses regrets la mémoire du chevalier de Landrian, « Nestor des armées Françaises. »

 

Ce précis généalogique qui résume avec clarté ce qui intéresse la filiation de la Maison de Landrian, doit aussi attirer l'attention des amis des souvenirs pieux du pays. Rien n'a été avancé que d'après les documents les plus authentiques, car par une bien rare occurrence, tous les titres, depuis l'établissement de la maison de Landrian en Lorraine jusqu'à présent, existent dans leur intégrité.

 

Mars 1865. J. CAYON

 

 

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DE LA MAISON DE LANDRIAN

EN LORRAINE.

 

ANCIENNE CHEVALERIE.

 
 

PORTE: D'or, au château de sinople, maçonné de sable, flanqué de deux tours de même, crénelées, et en chef, une aigle éployée de sable, becquée, armée et diadêmée de gueules, tenant ses serres sur l’une et l'autre tour ; CIMIER : une aigle de l’écu ; SUPPORTS : deux aigles éployées de même ; TIMBRE : une couronne de comte.

 

Ie DEGRÉ. JEAN-FRANCISQUE DE LANDRIAN.

 

En 1516, Antoine-le-Bon, duc de Lorraine, allié de François I, roi de France, ramena à sa suite, dans ses États, après la bataille de Marignan, plusieurs jeunes gentilshommes d'Italie, et qu'il attacha d'abord à sa personne, en qualité de pages. C'étaient les comtes De Tornielli, De Chalani, De Ferrari, et JOHANNE  FRANCESCO DE LANDRIAN[2], dont le nom se francisa, et qui fut la tige de la branche établie en Lorraine, sortie de l'illustre maison De Landriani-Landriano, dans le Milanais.

 

Cette origine se trouve d'abord rapportée dans un diplôme de Charles III, Duc de Lorraine et de Bar, de l'an 1558, indiqué comme se trouvant dans les litres de cette maison (voir aux Preuves). Elle est encore confirmée par sentence du Bailliage de Bassigny, en 1605, devant lequel ce titre fut invoqué, reproduit, et qui existe encore.

 

JEAN-FRANCISQUE DE LANDRIAIN, 1er du nom en Lorraine, était, vers 1520, nommé capitaine de lansquenets, en garnison dans l'importante forteresse de La Mothe, rasée par les Français, en 1645, et dont le drapeau, vestige de la nationalité lorraine, fut, par une glorieuse coïncidence, tenu haut et ferme, jusqu'à la fin, par un de ses arrière-descendants[3]: JEAN-FRANCISQUE jouissait particulièrement de la faveur du prince, qui l'étendit à son fils également, comme il se voit par les Lettres-Patentes mentionnées plus haut, et obtenues pour ce dernier. Jean Francisque I épousa Jeanne-Françoise, fille unique du seigneur d'Urville, qui lui apporta en dot, et par succession, des biens situés à Urville et à Saint-Ouen, village tout proche de celui-ci[4]. On n'a pas ce contrat de mariage, mais il est rappelé dans celui de son fils.

 

On voit aussi que JEAN-FRANCISQUE s'intitulait écuyer, equus, c'est-à-dire chevalier dans la primitive acception de ce mot en latin. Qualité fort considérable en Lorraine, où sous le titre d'Ancienne Chevalerie, la haute noblesse formait un corps national et politique. Les comtes De Tornielli, De Chalani de Ferrari, en faisaient partie, et JEAN FRANCISQUE n’était pas de moindre origine assurément, comme il est prouvé.

 

En avril 1547, on citait parmi les chefs des troupes italiennes à l'armée de Charles-Quint, contre les Protestants d'Allemagne, Oclavio Farnèse, duc de Parme, Philippe de Lannoy, prince de Sulmone, etc., et Francisque, comte de Landriano. Ce dernier, d'après les traditions de famille, et si on en juge par un arbre généalogique authentique, produit en 1736 (Voir aux preuves), était très-probablement frère de Jean Francisque III, qui vint en Lorraine, et ici premier de ce nom.

 

FRANCISQUE I eut de son mariage, Jean Francisque II, qui suit ; on ignore la date de sa mort, ainsi que celle de sa femme, mais il est certain qu'il fut inhumé dans l'église d'Urville, village sous les murs de La Mothe, jadis.

 

II DEGRÉ. JEAN-FRANCISQUE II DE LANDRIAN.

 

Noble homme Jean Francisque De Landrian d'Urville, écuyer, demeurant à La Mothe, fils de noble homme, feu Jean Francisque De Landrian, et de damoiselle Jeanne Françoise, épousa par contrat du 16 février 1563[5], passé au château et maison forte de Lignéville , honnête femme Marguerite Gérard[6], veuve de Jean De Feuret, en son vivant Archer des Gardes de Mgr le Duc, demeurant à La Mothe, et succéda à son père, dans ses charges militaires.

On l'enterra dans l'église d'Urville, probablement aussi avec sa femme.

 

L'époque de leur décès n'est pas rappelée dans aucun acte.   Ils laissèrent de leur union : I ° René De Landrian, qui suit ; 2° Jean Francisque III De Landrian d'Urville. Ce dernier est mentionné dans le contrat de mariage de Charles De Landrian, le 11 mai 1610, comme son oncle, curateur et adjoint de sa tutelle.

 

IIIe  DEGRÉ. RENÉ DE LANDRIAN.

 

II était intitulé : Archer des Gardes de S. A. et Capitaine de toutes les milices du comté de Beaufremont. Ses nom, ascendance, et qualités sont prouvés par deux sentences rendues au Bailliage de Bassigny, les 21 et 26 janvier 1605, au profit de damoiselle Françoise Thouvenel, sa veuve, qu'il avait épousé en secondes noces, par contrat du 15 novembre 1587. Le nom de sa première femme ne nous est pas connu.

 

Du premier lit vint une fille : Amorable Sabine De Landrian ; de l'autre union : 1° Charles De Landrian, qui suit ; 2° Renée De Landrian, mariée à Christophe Daudenet, avocat à Langres ; 3° Joseph De Landrian, chanoine de La Mothe, mort à Bourmont, le 7 février 1658, âgé de 69 ans, suivant son épitaphe conservée depuis à Outremécourt[7]. Françoise Thouvenel mourut le 1 juillet 1651, comme le témoigne un compte rendu au Parlement, par son fils.

 

IVe DEGRÉ. CHARLES DE LANDRIAN.

 

Lors des affaires de la Lorraine, les archives de La Mothe ayant été brûlées, ainsi que la ville, pendant le dernier et fatal siège qu'elle eut à soutenir en 1645, il n'est pas étonnant que les familles de ce lieu, et en particulier la maison de Landrian, ayent perdu quantité de documents qui les concernaient. Il se trouve néanmoins que CHARLES DE LANDRIAN, écuyer, fils de feu René dû Landrian, et de damoiselle Françoise Thouvenel, était conseiller d'Etat, sous le duc Henri II, par brevet du 21 avril 1622. Par contrat du 11 mai 1610, il épousa Damoiselle Begnigne Plumerel, fille de noble Jean Plumerel, et de damoiselle Jacobi de Vidranges, maison d'ancienne chevalerie.

 

CHARLES DE LANDRIAN qui, demeurait à La Mothe, fut assassiné avec son domestique, au bas de la côte de Alain-aux-Boeufs, dans la nuit du 26 août 1635. Il existe encore sur le bord de la route, une chapelle et une croix commémoratives de ce funeste accident. Son corps fut transporté et inhumé dans l'abbaye ducale, puis royale de Clairlieu, près Nancy, où se voyait son épitaphe[8] surmontée de ses armes (voir aux Preuves), au quatrième pilier, en entrant à main droite.

 

De son mariage naquirent : 1° Nicolas de Landrian, qui suit ; 2° Henry de Landrian, dont la date de sa mort est ignorée, mais il est rappelé dans une obligation au profit de son frère, le 30 septembre 1634 ; 3° Marguerite, morte le 24 février 1676, abbesse du monastère de Sainte-Claire, à Neufchâteau, et inhumée au Chapitre, suivant attestation en 1710.

 

Ve DEGRÉ. NICOLAS DE LANDRIAN.

 

Nicolas de Landrian, écuyer, épousa par contrat du 8 novembre 1637, damoiselle Philiberte Tranchot[9].

MAISON DE LANDRIAN.

 

Il fut Lieutenant au Gouvernement de la forteresse de La Mothe, qu'il défendit pendant ses trois sièges, et à ses frais « par des exploits dignes de sa fidélité, » lisait-on sur son tombeau (voir aux Preuves). Après la destruction de cette ville, malgré la capitulation jurée, il se relira à Guedreville, village très-près d'Outremécourt, et dont il était seigneur. Il y mourut le 30 septembre 1667, et fut enterré dans l'église près du sanctuaire. Lors de la première Révolution, les habitants du lieu rapportèrent pieusement son épitaphe armoriée aux membres de sa Maison à Outremécourt. Sa femme était morte le 12 mai 1657. De ce mariage sont issus: 1°Anne Michelle De Landrian, mariée à Henry François de Roncourt, écuyer, seigneur d'Àingeville et Betoncourt-sur-Amance ; elle mourut le 20 novembre 1688, ne laissant que des filles.

 

2° Gabrielle, née à La Mothe, en février 1642, mariée par contrat, le 30 avril 1669, à Claude de Mauljean, écuyer, capitaine Prévôt-Gruyer et Receveur d'Àpremont[10].

3° Joseph de Landrian, né le 15 mars 1644 ; 4° Charles Henry, né le 30 mars 1645 ; 5° Nicolas de Landrian, né à Guedreville, en 1647, Prêtre, fut nommé chanoine à La Mothe, par Lettres-patentes du duc Charles IV, le 15 mars 1667, en considération des services de son père. Son canonicat ayant été transféré à Bourmont, il se retira à Outremécourt, où conjointement avec sa famille, il construisit une église avec les démolitions de l'ancienne collégiale de La Mothe, entr'autres le portail et les pierres tombales qui servirent de pavé comme auparavant. Nicolas fut le premier curé d'Outremécourt, et on l'inhuma dans l'édifice qu'il avait créé. Sa mort arriva le 14 septembre 1730; sa mémoire se' recommande aux amis des souvenirs du pays. 6° Jean-Raptiste, qui suit, né le 13 octobre 1652.

 

NICOLAS DE LANDRIAN leur père, s'était remarié avec Damoiselle Marie Choël[11], veuve de feu Dominique Briard, avocat au Bailliage de Bassigny, par contrat du 13 mai 1658, et de laquelle il n'eut pas d'enfants. Par transaction entre les chapelains de Saint-Nicolas, de Neufchâteau, et Nicolas De Landrian, curé d'Outremécourt, par acte du 10 avril 1691, ceux-ci furent obligés de mettre au-dessus de la chapelle du Saint-Nom-de-Jésus, et de la Vierge, une inscription commémorative[12], aux armes de NICOLAS DE LANDRIAN son, père, et de ladite Choël.

 

 

VIe DEGRÉ. JEAN-BAPTISTE DE LANDRIAN.

 

Il épousa par contrat du 25 novembre 1674, Damoiselle Claude de Billard[13] , fille de Charles de Billard, seigneur de La Chapelle, demeurant à Bourbonne, et de Damoiselle Claude De Voizangrin, veuve en premières noces de Pierre Binette, écuyer, archer des Gardes du corps de Sa Majesté.

 

De ce mariage vinrent : 1° Claudette De Landrian, mariée à Charles-François Du Moulin, écuyer, seigneur d'Afleville et d'Aingeville; elle mourut à IVeufchâteau, en septembre 1758, sans postérité; 2° Nicolas De Landrian, écuyer, né le 30 octobre 1677, conseiller au Bailliage de Bassigny, prit l'habit de Dominicain en 1705; 3° Henry, mort en bas âge; 4° Marie De Landrian, mariée à Jean-Paul de Greiche, chevalier du Saint-Empire, seigneur d'Hagneville, Bisfontaine, Montcheu-la-Petite, par contrat du 21 février 1702[14]; 5° Evrard De Landrian, qui suit, né le 17 septembre 1684.

JEAN-BAPTISTE DE LANDRIAN mourut à Outremécourt, le 20 juillet 1684; Claude de Billard, au même lieu, le 5 novembre 1729.

 

VIIe DEGRE. ERRARD DE LANDRIAN.

 

On le voit qualifié écuyer, conseiller au Bailliage de Bassigny, quand il obtint avec Nicolas De Landrian, son frère, des Lettres-patentes de Léopold Ier, Duc de Lorraine et de Bar, le 13 juillet 1703, portant reconnaissance de Gentillesse de leur race, avec leur extraction de la maison de

Landviani, et la conformité des armes. ERRARD DE LANDRIAN épousa, par contrat du 10 février 1708, Damoiselle Anne De l'Isle l, fille de Charles-Alexis De l'Isle, écuyer, et Dame Anne Dubois.

 

De leur union vinrent : 1° Anne De Landrian, née à Bourmont, en septembre 1708, morte jeune, en la même ville; 2° Antoine-François, qui suit; 3° Marie-Anne De Landrian, née le 26 août 1710, épousa Jean-Baptiste De l'Isle, chevalier, seigneur de Brainville, Hacourt et la Maison-Forte, capitaine pour le service de Sa Majesté Impériale, par contrat du 6 novembre 1731. Elle mourut le 31 décembre 1747, laissant un fils, Errard, et cinq filles; 4° Marguerite De Landrian, née à Bourmont, le 29 février 1712, morte à Gondrecourt, le 11 juin 1725, fut inhumée chez les Religieuses delà Congrégation; 5° Jean-Raptiste, né le 6 avril 1713, mort le 28 juillet 1735; 6° Henry, né le 2 mai 1714, mort le 10 mars 1736; 7° Nicolas, né le 19 août 1716, mort le 28 suivant; 8° Charlotte, née à Bourmont le 10 mars 1717, morte le 15 août 1721 ; 9° Barbe, née le 28 décembre 1718, morte à Bourmont, le 28 août 1719 ; 10° Charles De Landrian, né le 6 août 1722, mort enfant à Perey.

Messire ERRARD DE LANDRIAN mourut le 10 février 1748, âgé de 63 ans, et fut inhumé le lendemain, dans la chapelle de sa famille, église paroissiale de Bourmont. On le qualifiait : chevalier, seigneur d'Alarmont, Aingeville. Sa femme était décédée en 175...

 

VIIIe DEGRE. ANTOINE-FRANÇOIS DE LANDRIAN.

 

Messire Antoine-François De Landrian, chevalier, seigneur d'Alarmont, succéda à son père dans sa charge de Lieutenant général du Bailliage de Bassigny et Subdélégué de l'Intendant, épousa Damoiselle Elisabeth-Catherine De Sarrazin'[15], fille de messire Antoine-Théodose De Sarrazin, chevalier, seigneur de Germainvilliers et d'Osieres, et de Barbe Colin d'Aingeville, à Graffigny, par contrat du 11 décembre 1735; petite-fille de Jean-Baptiste De Sarrazin, seigneur de Germainvilliers, Lieutenant au gouvernement de La Mothe, puis gouverneur à la mort du comte de Choiseul, seigneur d'Ische.

 

ANTOINE-FRANÇOIS LANDRIAM mourut à Bourmont, le 22 mars 1748, et sa femme, le 31 mars 1783; tous deux furent déposés dans la chapelle de Saint-Nicolas, de l'église paroissiale de Bourmont.

 

Ils eurent pour enfants : 1°Anne-Barbe de Landrian, née le 14 avril l737, religieuse professe au monastère de la Congrégation, à Neufchâteau, en 1756, morte le 24 août 1773, inhumée dans la chapelle de sa famille ; 2° Elisabeth-Nicolle, née le 17 avril 1738, morte le 21 id. ; 3° Antoine-François-Charles-Théodose, né le 8 mars 1739, mort le 2 mars 1740; 4° Etienne Errard, qui suit, né le 29 janvier 1740; 5° Jean-Baptiste De Landrian, né à Bourmont, le 2 mars 1741, major au régiment de Bretagne-Infanterie, ancien Lieutenant colonel, chevalier de l'Ordre royal et militaire de Saint-Louis, colonel de la Garde nationale de Nancy, mort dans cette

ville, le 16 octobre 1835, dans sa 95° année, en laissant une mémoire respectée.

 

Ce « vénérable Nestor des armées françaises avait inspiré autant de respect que d'attachement, » à l'illustre général Drouot, dont nous citons les propres expressions (Voir aux Preuves), et tous deux, en 1830, avaient beaucoup contribué à maintenir l'ordre violemment troublé un instant. M. De Landrian comptait alors 90 années, et le général Drouot était accablé d'infirmités. Jean-Baptiste De Landrian avait épousé Damoiselle Thérèse-Emerite Du Val, par contrat du 9 janvier 1788.

 

6° Marie-Josèphe, née le 29 mai 1742, morte le 22 janvier 1743; 7° Marie-Anne, née le 29 juillet 1743, morte le 5 mai 1780; 8° Marie-Magdelaine, née le 17 janvier 1745, morte le 7 janvier 1751 ; 9° Elisabeth-Thérèse De Landrian, née à Bourmont, le 2 mars 1747, mariée à Jean-Charles-Ferdinand, Baron De Fisson, chevalier, Seigneur Du Montet, par contrat du 29 août 1768[16].

 

IXe DEGRÉ. ETIENNE ERRARD DE LANDRIAN.

 

Chevalier, Seigneur d'Outremécourt et du fief d'Alarmont, Lieutenant colonel du régiment Dauphin-Infanterie, en 1787 ; chevalier de Saint-Louis, comptait sept campagnes en Hanovre et deux en Corse, et avait d'abord été admis parmi les Cadets-Gentilshommes de Stanislas, Roi de Pologne, Duc de Lorraine et de Bar.

 

Par contrat du 21 février 1770, il épousa Damoiselle Catherine Raulin, fille de Nicolas-François Raulin, écuyer, Seigneur de Maixe et de Lebeuville[17], et de Jeanne-Catherine De Maillart ; ils eurent de leur mariage : 1° François Errard De Landrian, qui suit, né le 7 juillet 1771 ; 2° Antoine-Jean-Baptiste, né le 20 septembre 1773, mort le 17 février 1774; 3° Marie-Anne-Sophie, née à Bourmont', le 15 août 1775, épousa Claude-François-Xavier Baudel De Vaudrécourt, le 6 octobre 1794, à Outremécourt. Son mari mourut à Bourmont, le 12 mai 1829 [18]; 4° Antoine-François De-Landrian,né le 17 juillet 1777, mort le 27 novembre de la même année; 5° Anne-Charlotte, mariée à Gaspard De Renepont, fils de Honoré-François De Renepont, ancien capitaine d'infanterie, et de dame Marie-Anne-Lucie Leseure, demeurant à Àndelot, département de la Haute-Marne, par contrat du 10 janvier 1804 2; 6° Marie-Catherine De Landrian, née le 21 août 1782; 7° Marie-Madelaine-Henriette, née le 14 juillet 1784.

 

ETIENNE ERRARD DE LANDRIAN décéda à Outremécourt, le 21 novembre 1817, et sa femme le 27 janvier 1841. Ils furent ensevelis au lieu de la sépulture des ancêtres de la maison De Landrian, dans l'église du village susdit. Catherine-Sophie. Raulin avait perdu presque toute sa fortune par la Révolution, mais elle hérita de son frère, ancien seigneur de Maxéville, près Nancy. Cette position nouvelle lui permit de suivre les impulsions de son cœur généreux, soit en embellissant l'église d'Outremécourt, soit en étendant autour d'elle une main libérale en bonnes œuvres, aussi laissât-elle une pieuse mémoire ; on avait dit de son mari : TRANSIVIT BENEFACIENDO

 

 

Xe DEGRÉ. FRANÇOIS ERRARD DE LANDRIAN.

 

Chevalier, capitaine d'infanterie, chevalier de Saint-Louis, rentré en France au mois de septembre 1802, épousa, le 19 avril de l'année suivante, Demoiselle Marie- Françoise-Alexandrine De Tricornot[19], sa cousine issue de germain, fille aînée de Jean-Baptiste-René-Adrisn, Baron de Tricornot, chevalier de Saint-Louis, et ancien Lieutenant colonel de Dragons du régiment allemand de Schomberg, au service de France, et de Dame Marie-Thérèse Simonet, de Vougécourt, cousine-germaine du père de son mari.

A la Restauration, il comptait dix-huit années de service militaire effectif, dix campagnes et trois blessures. Sa femme mourut prématurément le 19 avril 1807, laissant de son mariage : 1° Marie-Thérèse De Landrian, née à Langres, le 30 janvier 1804, morte à Outremécourt, le 29 décembre 1829 ; 2° Jean-Baptiste-René, qui suit, né à Outremécourt, le 19 mai 1806.

 

XIe DEGRÉ .JEAN-BAPTISTE-RENE DE LANDRIAN.

 

Fut élevé chez son ayeul maternel, en Franche-Comté, et reçu avocat à la Cour royale de Nancy, le 27 août 1827.

Par contrat du 5 avril 1834, il épousa Marie-Blanche-Henriette-Radegonde-Julie-Edwige De Pavée De Ville- Vieille[20], fille de défunt Louis-François-Jean De Pavée, comte de Ville-Vieille, ancien capitaine de cavalerie, et de défunte Dame Henriette-Hélène-Aimée Prévost De Saint-Mars, comtesse De La Boutelière[21].

Il sortit de cette union: Marie-Claire-Alexandrine De Landrian, née le 12 août 1835, morte en bas âge ; 2° Marie-Camille-Amélie, née le 17 février 1837, mariée le 26 juin 1858, à M. Ernest, Baron de Seillière, décédée à Paris, le 3 juillet 1860[22]; 3° Marie-François-Edgard, né le 12 février 1859 ; 4° Marie-Françoise, née le 18 juin 1840 ; Marie-Francisque-Pierre, né le 20 septembre 1846 ; 6° Clothilde; 7° Louise.

Outre le titre de comte, héréditaire dans sa maison, M. JEAN-BAPTISTE-RENÉ DE LANDRIAN a reçu ceux de Baron du Saint-Empire Romain et de Baron d'Autriche, transmissibles à sa descendance, mâle et femelle, par adoption et volonté dernière de M. Marie-Antoine-François-Joseph, Baron Fisson Du Montet, chambellan de S. M. I. et R., ainsi conçues et écrites de sa propre main sur l'enveloppe du diplôme : « Copie authentique du diplôme de l'Empire et des Etats héréditaires d'Autriche, qui m'a été accordé par S. M. Ferdinand I, Empereur d'Autriche, par diplôme signé à Vienne en Autriche, le 22 mai 1837 ; S. M. l'Empereur a de plus, daigné, par rescript du 19 décembre 1837, déclaré qu'en considération de mes services, et dans le cas où je mourerais sans enfants, ce titre de Baron de l'empire d'Autriche sera transmissible à mon neveu René De Landrian, et à sa descendance mâle et femelle à perpétuité, lequel René De Landrian et ses enfants mon coeur a adoptés. »

« Cette grâce particulière et inusitée de S; M. I. et R. m'a été intimée par S. A. le Prince de Metternich, par lettre du 23 décembre 1857, en qualité de Grand-Chancelier de cour, et par décret de la Chancellerie aulique du 28 mai 1838. Je l'ai moi-même confirmé par mes testaments et codicile que je déclare irrévocables, et par lesquels, en ma qualité de propriétaire du titre et diplôme de Baron du Saint-Empire, en usage dans ma Famille depuis plusieurs générations, ainsi que du titre et diplôme de Baron de l'empire d'Autriche, à moi personnel, transmissible par décret impérial à mon neveu René de Landrian, j'use de mon droit de propriété en lui léguant pour son usage et celui de sa descendance directe, mâle et femelle, ces susdits diplômes et leurs armoiries, titres et devises, pour qu'il en dispose héréditairement, comme j'en ai disposé de mon vivant ; cette propriété cessant après moi d'être mienne et devenant la sienne, avec ses avantages et prérogatives héréditaires ; ce que j'ordonne et dispose pour après moi. »

 

Nancy, le 1eraoût 1839, Marie-Antoine-François-Joseph, Baron Fisson Du Montet.

 

Le décret impérial de transmission du titre de Baron de l'empire d'Autriche à JEAN-BAPTISTE-RENÉ DE LANDRIAN écartèle ses armes aux 1 et 4, de celles des Barons Du Montet : D'argent à-la~bande vivrée de gueules.

 

 

FIN

DE LA GENEALOGIE.

 




[1]La qualité de comte dans la  maison de Landrian, remonte à une grande antiquité ; on la retrouve encore en 1399, et continuée en branches directes jusqu’à nos jours. Le pape Pie V, de cette maison, déclare que l’empereur Maximilien, aïeul de Charles-Quint, et ce dernier monarque ont consacré ses armoiries par diplôme, antérieurs à 1556, ou se voit encore un autre titre également de Charles-Quint. Un de ses généraux, le comte Ambrosio, vivait en 1514, décoré des insignes nobiliaires de ses ancêtres. Landriano, ville située près de Milan, était un fief considérable.

[2] Voir aux preuves, les attestations produites devant le baillage de Bassigny.

[3] Voir aux preuves, l’inscription tumulaire de Landrian, qui raconte ces circonstances infiniment honorables.

[4] En 1783, ces biens échurent en partage à M. le Chevalier de Landrian, circonstance encore a relater puisqu’elle prouve, a l’appui de ce qui précède, et l’origine de la Maison de Landrian en Lorraine, et ses filiations successives.

[5] Cet acte prouve la filiation directe entre Jean Francisque Ier de Landrian, susnommé, et qui s’y trouve rappelé comme il suit : « le cas advenant que ledit Landrian décède le premier, et avant que ladite Marguerite, sa future femme, elle aura et emportera pour chacun an, la vie durante, pour son douaire, la somme de dix francs barrois ; en cas que demoiselle Jeanne Françoise, veuve de feu noble homme Jean Francisque de Landrian, survive ledit son fils, que…etc »

[6] Gérard, porte : d’azur, à la fasce d’argent, accompagnée en chef de trois colombes d’argent, mise en rang ; en pointe, d’un lion passant de même.

[7] C’est de lui qu’on tient l’habitation en ce lieu, et qu’il donna à Jean Baptiste de Landrian.

[8] On lisait sur ce marbre funéraire que Charles était issu des illustres Landriani d’Italie : Eques Landrianorum ab stirpe italis clara ; au bas se voyait l’écu des Plumerel : d’azur, aux chevrons d’or, accompagnés de trois colombes d’argent, 2 en chef, une en pointe.

[9] Tranchot porte : d’azur, à trois flèches d’argent mises de rang et de pal, liées de gueules, et surmontées en chef de trois étoiles d’or. Antoine Tranchot, gruyer et prévôt de Beaufremont, fut anobli par Charles IV, duc de Lorraine, le 5 juillet 1666. Les motifs sont des plus honorables. Il y est dit : « qu’il a servi en qualité d’enseigne lieutenant et même en tant que capitaine pendant le blocus de la Mothe, menée depuis une compagnie d’infanterie levée à ses frais et dépens au château de Vicheray, où ayant été fait prisonnier et mené à Nancy, il paya sa rançon de ses propres deniers, et ayant encore depuis monté et équipé son frère pour servir dans le régiment du prince de Vaudémont….etc.» On sait aussi que Nicolas de Landrian servit avec le même désintéressement.

[10] François de Mauljean fût un héroïque capitaine lorrain. En 1633, renfermé avec dix-sept soldats dans le château de Mandres aux Quatre-Tours, son héritage, il tint bon contre une armée évaluée à six mille hommes, et en sortit avec les honneurs de la guerre. Un tableau du temps, consacre ce fait d’armes, digne de celui de Mazagran. De ce mariage naquirent : 1° Nicolas de Mauljean, capitaine au service de l’Empereur, dans le régiment de Mercy, mort Major, sans enfant ; 2° Louise, femme de Charles de Moulin, seigneur de Courcelles ; 3° Marie-Gabrielle, qui épousa, en 1710, Jean-Louis de Klopstein, seigneur de Récourt, écuyer, père d’Antoine-François de Klopstein, écuyer, d’où par leur mère, sont sortis MM. Klopstein, d’aujourd’hui.

[11] Les Armes de Choël sont : bandé et contrebandé d’or et de sable.

[12] L’an 1687, dame Marie Choël, veuve du sieur Nicolas de Landrian, vivant escuyer, a fondé en cette chapelle par la donation de tous ses biens, la messe journalière et perpétuelle de 11 heures et autres services portées par la fondation registrée au conseil de cette ville, le 24 mai 1688…dont la messe du 30 septembre, jour du décès de son dit mari, et celle du 12 mai, jour du décès de sa première femme, se diront à leur intention particulière, en mémoire de quoi cette table d’autel a été faite aux frais de ladite fondatrice.

[13] Billard porte : d’azur, au chevron d’argent, accompagnés en chef de deux croissants montants d’argent, et en pointe d’une croix de lorraine.

[14] Ils eurent de leur union : 1° Thomas Melchior de Greiche, chevalier, seigneur d’Agneville, marié à damoiselle Catherine-Margueritte De Lavaux De Vrécourt, fille d’honoré seigneur, messire Joseph-Alexis de Lavaux, et dame Magdelaine-Françoise de Sarrazin de Germainvilliers, par contrat du 7 janvier 1751 ; 2° Charles-François de Greiche, reçu dans les compagnies des cadets gentilshommes de S.M le roi de Pologne, le 14 avril 1739 ; Marie de Greiche qui, par contrat du 1er juin 1734, épousa François de Roucy, chevalier, seigneur de Vintrange ; d’elle naquirent : 1° Elizabeth de Roucy, mariée en 1758, à Mathias-Félicien de Hurdt, dont Charles-Mathias-Félicien et Mathias-Henry ; 2° Jean-François, abbé de Roucy.

Greiche porte : d’azur à la fasce d’argent, accompagné en chef de deux croissants montant, surmontés chacun d’une étoile à six rayes de même, et en pointe d’une quinte feuille d’argent boutonnée et feuillée de gueules.

Les Maisons de Roucy et de Hurdt faisaient partie de l’Ancienne Chevalerie de Lorraine.

[15] Sarrazin porte : d’azur au chef d’argent, chargé d’un lion léopardé passant de gueules et cousu, en pointe, une étoile d’or.

[16] De leur union naquirent 1° Elisabeth-Catherine-Antoinette de Fisson Du Montet,  née à Nancy le 13 janvier 1771, morte le 20 mars1807; 2°Victoire-Elisabeth-Françoise, née le  9 novembre 1772, veuve de M. le Baron Von Boesner, chevalier de l’Ordre impérial de Sainte-Anne de Russie ; 3°Marie-Antoine-François-Josèphe, Baron De Fisson Du Montet, né à Nancy le 16février 1775, capitaine au régiment d’infanterie de S.A.I. l’Archiduc Charles, chevalier de l’Ordre militaire de Marie-Thérèse en 1800, et chambellan de S.M l’Empereur d’Autriche, par diplôme du 18 novembre 1802, épousa à Vienne, le 20 décembre 1810, Marie-Radegonde-Alexandrine Prévost de Saint-Mars de la Boutelière, dame de l’Ordre de la Croix étoilée de S.M l’impératrice d’Autriche ; 4° Marie-Anne-Mélanie de Fisson du Montet, née à Nancy, le 11 juin 1778, morte à Vienne le 22 mars 1803.

[17] Raulin porte : d’azur à la croix pattée d’argent, accompagnée et cantonnée de quatre besans d’or.

[18] Sont issus de cette union : Nicolas-Errard Baudel né à Bourmont, le 11 juillet 1795, sous-lieutenant au 4ième de ligne en avril 1813, mourut des suites d’une blessure, à Kirschen-Polanden, la 14 novembre de la même année ; 2° et 3°

[19] Tricornot porte : d'azur, à trois buchets d'or, 2-1.

[20] Ville-Vieille porte :  d'azur à, trois chevrons d’or.

 

[21] Fille du comte De Saint-Mars De La Boutelière, et d’Adelaïde-Paule-Françoise, comtesse de La Fare, sœur du  Cardinal, Duc De La Fare, qui prononça un discours d’ouverture aux Etats-Généraux, en 1789, et mourut en1829, Aumônier de Madame la Dauphine.

[22] Un charme indicible des dons de la nature et des qualités de l'esprit respiraient sa personne pleine de distinction, aussi, de près ou de loin, sa perte fut-elle vivement sentie et ces regrets ne sont pas éteints. Madame la Baronne de Seillière laissa deux filles, en bas âge.

 

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CINQUIEME EXTRAIT

SECTION PREMIERE.

 

Je dois noter quelques changements que ce commencement d’amalgame occasionne.

Les Francs étant continuellement en présence des Gaulois, les deux peuples vivant familièrement ensemble, il est assez naturel de penser qu’à la longue ils prendront quelque chose l’un de l’autre. Mais s’il y eut quelques points où les habitudes françaises cédèrent, il y en eut d’autres où elles furent tout à fait inflexibles. Il faut compter en ce genre l’aversion des Francs pour l’usage des esclaves domestiques.

Telles étaient les mœurs des Germains, que le service personnel, avili chez les autres nations, était chez eux particulièrement noble : accepter un service personnel n’était point, comme chez les autres nations, consacrer l’avilissement et la servitude ; c’était accorder une distinction. L’effet de cette disposition fut de renvoyer peu à peu à la profession des métiers ou la culture des terres, ces misérables Gaulois faisaient servir, ainsi que les Romains, dans l’intérieur des maisons.

Il faut compter comme second point de résistance de la part des Francs, leur prédilection pour le séjour de la campagne. Tacite est le premier qui fasse mention de cet éloignement des Germains pour l’habitation des villes : ils ne souffraient, à ce qu’il rapporte, aucun assemblage des maisons, junctas sedes. Quand les Francs et les autres nations germaines arrivèrent dans les Gaules, ce goût de la campagne fut généralement remarqué. Cassiodore, l’homme le plus éclairé de ce temps, croyait que le mot barbare venait de barba et de rus, c'est-à-dire, de l’usage de la barbe et d’habiter la campagne. Ammien Marcelin nous parle de même du dégoût des barbares pour l’habitation des villes : « ils les regardèrent, dit-il, comme des buissons enveloppés de filets. »

Les mœurs franques étant demeurées inflexibles sur ces deux points, subjuguèrent à cet égard les anciennes mœurs gauloises. J’aurai soin de marquer dans le livre suivant les effets de cette grande innovation, qui, abolissant peu à peu la servitude personnelle, porta par degrés dans la classe des roturiers ou des tributaires, tous les esclaves domestiques.

Relativement au second point, c'est-à-dire, au séjour de la campagne, l’innovation qui s’établit n’eut pas de suites moins graves.

Tout Gaulois de quelque considération, qui avait figuré jusque là dans le sénat des villes, dans leur curie, dans leur milice, les abandonna. Les domaines gagnèrent l’importance que perdaient les villes. Les villes avaient formé des espèces de forteresses, castra, les domaines se dessinant en diminutif, devinrent de petits camps ou châteaux, castella. Les châteaux étaient déjà multiples en France au septième siècle. Dans la suite, leur nombre devint infini.

Cette circonstance, qui se rend remarquable par l’influence qu’elle eut sur l’état général de la France, le devint encore plus par le changement qu’elle manifesta dans les guerres particulières. C’était autrefois les cités qu’on avait vu principalement se déclarer la guerre. Quand tous les Francs ingénus furent devenus Francs, et que les mœurs franques se furent totalement propagées ; lorsque, par l’érection des châteaux, et l’usage des confédérations particulière dont je parlerai bientôt, les campagnes eurent acquis l’importance qu’avaient auparavant les villes, on peut comprendre comment la guerre, qui s’était déclarée de cité à cité, vint à se déclarer de domaine à domaine.

Je viens de parler de changemens que le second âge apporta dans notre ordre domestique. L’ordre civil, à son tour, fut atteint en deux points. Sous la première race, toutes les fois qu’il était question de grandes peines, les causes particulières de Francs étaient portées au tribunal même du roi, ainsi que nous le voyons dans le décret fameux de Childebert. Sous la seconde race, au contraire, lorsque toute la nation devenue franque, il n’y eut de déclinable dans ce cas, que la juridiction seule du vicaire et du centenier. Les grandes causes des hommes libres furent jugées en dernier ressort par les comtes et les envoyés du roi ; ainsi que nous le voyons dans les Capitulaires.

La forme des jugemens subit des variétés que je dois mentionner.

On peut spécifier avec précision la manière dont, selon les lois romaines, se faisaient l’instruction et le jugement. Les Francs ne purent se plier à de telles formes : ils laissèrent les hommes ingénus gaulois se gouverner, à cet égard, comme il leur convenait. Mais, chez eux, la parole d’un homme de condition généreuse était réputée si sacrée, qu’elle semblait ne pouvoir se fausser, même pour un grand intérêt.

Quand le serment se fut substitué à la simple affirmation, il est à remarquer que les principaux d’entre les Francs ne purent s’astreindre à prononcer par le serment ce qu’ils pouvaient affirmer également par la parole. Dans certains cas, tout ce qu’ils purent faire, fut de commettre des personnages d’un rang inférieur, pour jurer en leur nom et à leur place. On sait qu’aujourd’hui, dans un pays modelé en tout ce qu’il a de remarquable sur les anciennes mœurs de la France, les membres delà Chambre-Haute ne prononcent aucun jugement sur leur serment, mais seulement sur leur honneur.

A la fin il fut établi, dans l’usage commun, que l’accusé repousserait son accusation par serment. La pratique, à cet égard, dut varier. La simple dénégation assermentée d’un prêtre suffit long-temps pour l’absoudre : tant on respectait son caractère. Dans les conditions ordinaires, on ne se contenta pas ainsi d’une simple dénégation : tout accusé dut jurer et faire jurer avec lui un certain nombre d’homme de condition.

On voit par là comment, soit chez nous, soit chez un peuple voisin, l’instruction a fini par être spécialement confiée aux jurés. Il était assez naturel que de hommes qui allaient se trouver engagés devant Dieu par les liens terribles du serment, ne s’en rapportassent qu’à eux-mêmes de ce qui devait motiver leur décision.

Cette origine nous révèle une autre origine. Des jurés, épouvantés des engagemens qu’ils allaient contracter devant Dieu, déclinèrent tant qu’ils purent leurs redoutables fonctions : on les vit invoquer, au moindre prétexte, comme une décision du ciel même, le hasard des épreuves, ou celui des combats.

Le régime politique offre, dans ce second âge, plus de changmens encore que le régime civil. Sous la première race, on n’avait vu en scène, pour les délibérations d’Etat, que quelques grands et quelques leudes ; sous la seconde race, quand tous les hommes libres sont devenus Francs, ils sont tous appelés aux délibérations d’Etat ; ce sont les mœurs germaines qui donnent ici l’impulsion.

« Chez les Germains, di Tacite, les grands de l’Etat décident les affaires de peu d’importance ; les autres sont soumises à l’assemblée générale, de manière toutefois que les affaires mêmes qui doivent être décidées par le peuple, ont encore à subir l’examen des grands de l’Etat. » les mœurs germaines s’étant tout-à-fait établies, nos assemblées se composèrent sur le modèle des assemblée germaines. Hincmar, qui dans son livre de l’Ordre du palis, nous rend compte des détails de ces assemblées, paraît avoir copié tacite.

Nous eûmes ainsi, 1° sous le nom de Champ de Lai, des assemblées générales, où les grands de l’Etat firent le rapport des affaires, ordonnèrent des délibérations, et recueillirent les voix. Nous eûmes en second lieu, sous le nom d’Assemblée d’Automne, des assemblées particulières, où les grands eurent à décider sommairement les petites affaires, et à préparer celles qui, au mois suivant, devaient être soumises, comme plus importante, à l’assemblée générale du peuple… A suivre

 

 

Comte de Montlosier  (De la Monarchie Tome 1).

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QUATRIEME EXTRAIT

 

SECTION PREMIERE

 

Lorsque Clovis, après s’être défait de ses compagnons d’armes, qui avaient voulu être ses rivaux, eut soumis successivement  les Armoriques et les francs ripuaires, les Bourguignons et les Visigoths, comme les lois et les institutions de chacun de ces peuples leur furent religieusement conservées, les Gaules eurent beau se trouver réunies sous le même gouvernement, elles présentèrent moins une nation, qu’un agrégat de nations.

Cet état n’est susceptible d’aucun doute. Dans les anciennes chartres, les ordres sont adressés aux Francs, aux Bourguignons, aux Romains. On ajoutait : et à toutes les autres nations qui sont établies dans les Gaules. Je dois remarquer que ce langage s’est conservé dans les âges suivans. Jusque dans ces derniers temps, les rois dans leurs adresses, soit au parlement, soit aux autres grandes corporations, continuaient à employer l’expression nostras gentes ; nos gens.

On conçoit tout ce qu’a du produire de confusion le rapprochement habituel de plusieurs nations diverses, de mœurs diverses. Je citerai quelques exemples de cette confusion.

J’ai fait remarquer, comme existant de toute antiquité ; deux espèces de terres, l’une assujettie au tribut, et appelée tributaire, l’autre allodiale, et appelée alleu ; j’ai fait remarquer de même deux ordres de possesseurs correspondans, les uns ingénus, les autres aussi libres à plusieurs égards, mais assujettis cependant à des devoirs et à des tributs. Dès que les Francs sont arrivés, la première chose à observer, c’est que tout l’ordre social se compte à double : on a d’un côté le Gaulois libre, sous le nom d’ingénu ; d’un autre côté le vainqueur, sous le nom de Franc ou d’homme salique.

L’ordre des terres libres se compte de même à double, on a d’un côté l’alleu ou la terre libre, possédée par le Gaulois ingénu, d’un autre côté la terre originaire de la conquête, appelée la terre salique.

Les lois des deux peuples ne sont, par la même raison ; ni tout à fait communes, ni tout à fait égales. Le Franc vainqueur veut avoir dans les délits une composition double, de celle du Gaulois ingénu. D’un autre côté, comme selon l’antique loi des Germains, les femmes ne succèdent pas, et que, selon les lois gauloises, les femmes succèdent, il se trouve que tandis que les femmes sont admises à la succession des propriétés libres gauloises, appelées alleu, elles sont excluses de la succession des propriétés libres, appelées terres saliques.

Le régime judiciaire offre le même embarras. Ce n’est pas assez que le comte ait à appliquer des lois diverses à des individus de nations diverses ; il faut encore qu’il observe dans ses jugemens les formes et les pratiques de chaque nation. Le Franc et le Gaulois ingénu, ayant à cet égard des prétentions différentes, il se trouve que, dans les affaires capitales, les causes des Gaulois ingénu sont jugées souverainement par le comte assisté par ses Scabins et ses Rachimburges, et que les causes du Franc sont portées au tribunal du roi.

Le régime politique est dans la même situation. Toute la représentation est dans les grands renforcés de quelques Francs, sous le nom de fidèles ou leudes, attachés à la personne du monarque et à sa garde. Les hommes ingénus gaulois semblent n’y avoir aucune part. Ils continuent à habiter les villes, à en composer les sénats et les curies.

Cet état de séparation qui caractérise ce que j’ai annoncé, comme notre premier âge, ne se remarque pas seulement des Francs aux Gaulois : on l’observe chez les autres nations Germaines. Le Bourguignon qui, à d’autres égards, traite honorablement le peuple vaincu, jusqu’à l’appeler peuple ami, peuple hôte, et qu’il range dans ses lois sous la même ligne que lui, à parité de rang, consacre des distinctions. Les Francs s’étaient contentés d’exclure les femmes des terres échues lors de la conquête ; les Bourguignons voulurent que ces terres qu’ils s’étaient partagées au sort, et qu’ils appelaient sortes, fussent à jamais inaliénables ; elles sont substituées dans la loi de Gombette, à perpétuité.

Les Goths élevèrent beaucoup plus haut leurs prétentions : ils voulurent séparer le sang, comme les Bourguignons et les Francs avaient séparés les terres. Le mariage d’un Goth avec une femme gauloise, ou d’une femme Gothe avec un Gaulois, fut regardé comme un deshonneur pour la nation Gothe. Le mélange de deux peuples fut proscrit.

Ces distinctions propres au premier âge, durent ainsi quelque temps. A la fin elles s’effacent. Les Goths sont les premiers qu’ont voit révoquer les règlemens par lesquels ils ont voulu se séparer des Gaulois. On trouve dans la rédaction d’une de leur loi la permission au Goth d’épouser désormais une gauloise, et au Gaulois d’épouser une femme gothe.

La distinction établie par les Francs et les Bourguignons s’adoucit de même. Dès le temps de la loi salique il était difficile de reconnaître l’ancienne origine des terres. Cette loi stipule qu’au moindre doute la terre salique suivra le sort des autres alleux. D’un autre côté, comme il fut permis à tous les hommes ingénus, indistinctement d’adopter la loi salique, les distinctions d’origine finissent par s’effacer.

Ce résultat est inévitable. Comme les Gaulois étaient admis indifféremment avec les Francs à toutes les faveurs et à toutes les places, une parité aussi continue de conditions  ne pouvait manquer de faire fléchir ce qui restait de distinctions injurieuses. On adopta généralement dans les Gaules, non seulement les lois, mais les mœurs, les coutumes, même l’habillement des Francs. Nos premiers rois n’avaient auprès d’eux qu’une poignée de Francs sous le nom de leudes ; au commencent de la seconde race, toute la France en est couverte. Sous Charles le Chauve l’union est consommée. On désigne dans les actes publics, sous le nom de Francs, tous les hommes libres.

Tel est le second âge que j’ai annoncé. C’est celui où les terres de la conquête s'étant confondues dans l’ordre commun des alleux, tous les hommes ingénus s’étant confondus dans l’ordre des Francs, il y eut un commencement d ‘amalgame entre les diverses nations qui composaient la France.... A suivre

 

 


Comte de Montlosier ( De la Monarchie Tome1)

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