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L'Avènement du Grand Monarque

L'Avènement du Grand Monarque

Révéler la Mission divine et royale de la France à travers les textes anciens.

Publié le par Rhonan de Bar
Publié dans : #EN FAVEUR DE LA MONARCHIE

LA PRISE DE LA BASTILLE.

14 JUILLET 1789.

En mémoire du Marquis de Launay et de ses hommes.

La belle histoire républicaine concernant la prise de la Bastille, celle contée aux petits citoyens qu'il convient de dogmatiser, est en fait un tissu de mensonges. La Bastille n'a JAMAIS été prise par la populace (1) parisienne enragée, elle s'est rendue. En effet, suite à quelques salves d'avertissements tirées sur la foule pour la maintenir à distance -celles-ci ayant malheureusement causées des victimes-, le gouverneur Launay -ayant en tête les paroles sans cesse répétées du Roi : "le sang des français ne doit pas couler.",  et par conséquent conscient du carnage qui se profile à l'horizon, s'évertue par la diplomatie, à éviter le bain de sang. Contre le bon traitement de ses hommes et le sien, il accepte donc d'ouvrir les portes, soit la reddition. Les assiégeants pénètrent alors dans la place forte (2), massacrent une bonne partie des gardes pour enfin décapiter le Gouverneur et, comme en prémices à ce qui allait se produire dans les actes ultérieurs, sa tête est plantée sur une pique...et les chiens enragés la promènent dans les rues de la capitale. On considère dès lors que la France est embrasée et acquise aux forces obscures qui la mènera à l'infamie de 1793...en fait, il n'en n'est rien, la France est encore et toujours royale...

(1) À ne pas confondre avec le peuple qui possède en lui quelque chose d'infiniment plus respectable. Cette populace parisienne était en fait à la solde des "Desmoulins" et autres, qui avaient déjà en tête les abominations qu'ils commettront plus tard.

(2) La Bastille était considérée comme le symbole de l'absolutisme. Mais si le pouvoir absolu du Roi avait été si probant, la Bastille n'aurait-elle pas du contenir plus d'une dizaine de prisonniers?

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Publié le par Rhonan de Bar
Publié dans : #ARMORIAL DE LORRAINE

PREFACE

Après dix années consacrées à la collection générale des ouvrages héraldiques il m'a été impossible de découvrir un exemplaire du Recueil des armes de la Noblesse de Lorraine par Callot, que je ne connaissais que par les notices qui donnent M. M. Bernd et Brunet. J'ai recherché sans relâche tout dans l'Allemagne qu'à l'étranger les traces de cet ouvrage, mais toujours en vain.

D'après Brunet le titre de cette œuvre, tirée probablement à un petit nombre d'exemplaires est : Recueil des armes et blasons de la noblesse de l'ancienne chevalerie de Lorraine et autres bonnes maisons étrangères et alliées, recherchées par noble Jean Callot, héraut d'armes des duchez de Lorraine et Barrois, et par luy-même dédié & Monsieur du Chastellet, maréchal de Lorraine. — Sans lieu ni date, pet. in 4. et Brunet ajoute la notice suivante: « Recueil de 206 blasons gravés dans des cartouches de modèle uniforme; au bas de l'écu on lit, en lettres italiques gravées sur la planche, le nom du personnage avec la description du blason. Chaque blason occupe le recto d'un feuillet dont le verso est blanc. Telle est la description de ce livre fort rare que donne M. de Meaume, pages 97 et 98 de ses Recherches sur Jacques Callot (le célèbre artiste) d'après l'exemplaire porté sous le N°. 2043 du catalogue de M.Noël, de Nancy. Dans cet exemplaire le titre ci-dessus est manuscrit ainsi que la dédicace à Messieurs de l'ancienne chevalerie de Lorraine, qui l'accompagne; il paraît que ces deux pièces n'existent pas imprimées. On ne sait pas bien positivement si le Jean Callot, qui a signé cette dédicace était le père de Jacques Callot, ou son frère ou son neveu. » —

Par conséquent Brunet lui-même n'a pas vu cet ouvrage.

Enfin cette année il est arrivé en mes mains un ancien manuscrit de la Bibliotheca Uffenbachia de Francfort s M., intitulé: « Noblesse de Lorraine - Haute, par noble homme Jean Callot, Roy d'armes du Duc Charles II du nom. » Il renferme les dessins de 157 écussons de la noblesse de Lorraine, et a servi sans doute de base à l'ouvrage de Callot cité par Brunet, ou en est une copie, quoique le nombre des armes n'est pas pareil.

Pour faire connaître cette trouvaille aux amis de l'héraldique et des sciences historiques j'ai entreprit la publication de ce rare manuscrit dans la forme suivante. Sur treize planches se trouvent les écussons de l'Ancienne Chevalerie Lorraine et le texte ci-joint en donne l'exacte description, ainsi que celle des cimiers, partout ils sont connus, et enfin quelques notices historiques et généalogiques.

Nous souhaitons que les nobles familles encore existantes de ce vieux Duché Germanique, et il en existe encore bon nombre, accueilleront cet ouvrage avec

faveur, car nous avons eu pour but de conserver intact les écussons de leurs aïeux, et cela dans un temps où les intérêts matériels et le penchant à détruire tout souvenir des temps passés menace de ruiner la durée et l'intelligence de cette antique science héraldique, ce respectable produit du Moyen-âge!

 

LEIPSIC, ce 20. Novembre 1862.

Alfred Grenser.

 

ARMORIAL DE LORRAINE.

RECUEIL DES ARMES

DE L'ANCIENNE CHEVALERIE DE LORRAINE

PUBLIÉ D'APRÈS UN MANUSCRIT

DU NOBLE JEAN CALLOT,

HÉRAUT D'ARMES DU

DUC CHARLES II.

PAR ALFRED GRENSER.

 

L'ANCIENNE CHEVALERIE

DE

LORRAINE.

Explication des Planches et notices héraldiques et historiques[1].

 

Aarowey. — Or, à la bande de gueules accompagnée de dix billettes de même.

Cimier : un vol adossé au blason de l'écu.

Abencourt[2]. — Or à deux tours d'azur au canton gironné d'argent et de gueules de huit pièces. Cimier : une tête de cygne d'argent becqué de gueules.

Aigremont. — Gueules au lion d'argent couronné d'or, armé et lampassé d'azur.

Allamont. — Gueules au croissant montant d'argent, au chef d'or chargé d'un lambel d'azur de trois pièces. Heaume couronné d'or. Cimier : deux têtes de chiens de gueules, accolées d'or.

Alliance[3]. — Argent à l'écusson de gueules. Cimier : un écusson de gueules au milieu d'un vol adossé d'argent.

Anglure[4]. — Or semé de sonnettes d'argent soutenues de croissants (alias chevrons) de gueules ; écartelé de Chastillon: de gueules, à trois pals de vair, au chef d'or.

Aspremont[5]. — De gueules à la croix plaine d'argent (alias d'or). Cimier: un aigle naissant d'argent langue de gueules.

Aspremon. — Sable au chef d'argent chargé de trois merlettes de gueules.

Augeuiller. — Azur à la bande d'or chargée de trois coquilles de gueules, accompagnées de huit billettes d'argent, 4 en chef, et 4 en pointe.

Autel. — Gueules à la croix plaine d'or accompagnée de seize billettes de même. Cimier: un bus au blason de l'écu couvert d'un chapeau de cardinal.

Autremont. — Sinople à la croix échiquetée d'or et de gueules de trois traits.

Ayne. — Écartelé de gueules et d'or.

Ayne. — Azur à la bande d'or de trois pièces. Cimier : un bus au blason de l'écu.

Badricourt.[6] — Or au lion de sable. Cimier : un lion naissant de sable.

Baissey. — Azur à trois quintefeuilles pensées (alias roses) d'or. Cimier : une tête de buffle de sable couronnée d'or, la narine bouclée d'un annelet d'or.

Ballemont. — Burellé d'argent et de gueules de dix pièces. Cimier : un vol adossé au blason de l'écu.

Barbay. — Gueules à trois jumelles d'argent à la bordure de même.

Baresey. — Gueules au lion d'argent accompagnées de trois roses de même à la bordure de l'écu d'or.

Barisy. — Gueules au chef d'argent chargé de deux têtes de mores de sable bandées d'argent.

Bassompierre.[7] — Argent au chevron de gueules de trois pièces. Cimier: un écusson au blason de l'écu au milieu d'un vol de sable.

Baxemont. — Azur au clef d'argent (en pal ou en bande).

Bayer de Boppart.[8] —: Argent au lion de sable écartelé de gueules à un bras d'argent en barre revêtu d'azur élevant une bague d'or. Cimier : un lion naissant de sable au milieu d'un vol d'argent.

Bayon.[9] — Argent à la bande de gueules chargée de trois aiglons d'or. Cimier: un aiglon d'or.

Beaufremont[10]. — Vairé d'or et de gueules.

Beauvau[11]. — Argent à quatre lions (alias lionceaux) de gueules, armés, lampassés (et souvent couronnés) d'or, qui est de Beauvau, écartelé de Craon: Losange (d'or et d'azur?). Cimier : une tête de sanglier dentée et allumée d'argent.

Belmont. — Or à deux faces d'azur. Cimier : un vol adossé au blason de l'écu.

Bemont. — Gueules à la croix plaine d'argent cantonnées de quatre billettes de même.

Beoncourt[12]. — Argent à la face d'azur. Cimier: un bus de more tortillé d'argent, au blason de l'écu.

Bildstein. — Or à une épée de sable en barre, à la bande de gueules chargée de trois aiglons d'or brochant sur le tout; écartelé d'or à trois faces de gueules.

Billy[13]. — Gueules à trois billettes d'argent, 2 et 1.

Blainville.[14] — Azur à la croix plaine d'argent cantonnée de vingt croisettes recroisettées aux pieds fichées d'or.

Bourlemont. — Burelé d'argent et de gueules de dix pièces.

Bourmont.[15] — Or à la tête de lion couronnée d'azur.

Bousey. — Or au lion de sable. Cimier : un lion naissant de sable au milieu d'un vol d'argent.

Boussegnecourt. — Sable à la bande d'argent. Cimier : un bus de More tortillé d'argent, habillé de sable, au milieu d'un vol adossé au blason de l'écu.

Bouttelier. — Écartelé d'or et de gueules. Cimier: une demi fille chevelée d'or, levant la main dextre.

Bouxières. — Losange d'argent et de sable.

Breton. — Gueules à la croix plaine d'or, accompagnée de quatre écussons d'argent.

Bretton. — Or à trois pals de sable, au chef de gueules.

Briey.[16] — Or au pal de sable de trois pièces. Cimier : un vol.au blason de l'écu.

Briey. — Echiqueté d'or et de sable. Cimier : une tête d'aigle au blason de l'écu.

Bulgneville.[17] — Or à trois pals de gueules, au bâton péri d'azur brochant sur le tout.

Busancey. — Burelé d'or et de gueules de huit pièces. Cimier : deux trompes adossées au blason de l'écu.

Buxey. — Burelé d'or et d'azur de dix pièces, au canton d'argent chargé d'une clef de gueules en pal.

Camasier. — Azur au chevron d'or accompagné de trois roses d'argent.

Chahanay. — Argent à deux lions de sable posés l'un sur l'autre. Cimier : un cygne essoré d'argent, becqué de gueules.

Chamblay. — Sable à la croix d'argent cantonnée de quatre fleurs de lys d'or.

Chanesey. — Azur au chef, d'argent chargé d'un demi-lion naissant (de gueules?).

Chastel. — Argent à la face vivrée de gueules.

Chaufon. — Face d'or et de sable de six pièces. Cimier : un vol adossé au blason de l'écu.

Cheleys. — Gironné d'argent et de gueules de douze pièces à l'écusson d'argent brochant sur le tout.

Choiseul.[18] — Azur à la croix plaine d'or cantonnée de vingt billettes de même.

Cimier : trois épis de blé d'or.

Clermont.[19] — Gueules à la clef d'argent en pal.

Clermont. — Gueules au chef d'argent. Cimier : une tête de cerf d'or.

Commercy.[20]— Azur semé de croisettes recroisettées aux pieds fichées d'argent.

Conflans.[21] — Azur semé de billettes d'or, au lion d'or et au bâton de gueules brochant sur le tout.

Custines.[22] — Azur au chevron d'or, au chef de même.

Deche. — Gueules à deux fasces d'argent, la première chargée de trois boules de sable.

Des Buchets. — Azur à treize billettes d'or 5, 4, 3, 1. Cimier : une tête d'aigle d'argent, ailé d'azur billeté d'or.

Desche. — Burelé de dix pièces d'hermine et de gueules. Cimier : deux cornes au blason de l'ecu.

Deulange. — Or à la fasce vivrée de gueules accompagnée en chef d'un lambel d'azur.

DeuIIy. — Burelé d'or et de sable de dix pièces. Cimier : deux trompes au blason de l'ecu.

Dinteuille. — Sable à deux léopards lionnés d'or posés l'un sur l'autre. Cimier : une tête de sanglier avec le col de sable, denté et allumé d'argent.

Domballe.[23] — Sable à deux truites adossées d'argent, accompagnées de quatre croisettes, recroisettées d'or au pied fiché. Cimier : deux truites d'argent, les queues en haut.

Dongey. — Gueules au pal de vair de trois pièces au chef d'argent, chargées au milieu d'une merlette de sable.

Donleuière. — Or à la bande de gueules chargée d'une étoile d'or en chef.

Dung. — Gueules au pal de vair de trois pièces. Cimier : une tête de lion d'or.

Espinal. Azur, semé de fleurs de lys d'or sans nombre à la croix de gueules.

Essey.[24] — Gironné d'argent et de gueules de dix pièces à l'écusson d'argent brochant sur le tout.

Failly.[25] — Argent à l'arbre de gueules de trois feuilles, accompagné de deux merlettes de sable affrontées.

Fay.[26]— Gueules à trois pals de vair au chef de gueules.

Fenestranges.[27] — Azur à la fasce d'argent. Cimier : une tête de chien (lévrier) d'argent, au collet d'azur bordé d'or.

Ficquelmont. [28] — Or à trois pals aux pieds fichés de gueules, accompagnés en chef d'un loup passant de sable.

Fleuille[29]. — De vair. Cimier : un demi dragon d'or.

Floreville.[30]— Fascé d'argent et d'azur, à l'ombre d'un lion brochant sur le tout, à la bordure engrêlée de gueules.

Fontaines. — Bandé d'or et d'azur de six pièces au chef d'azur chargé de trois balles d'or.

Forcelles. — Sable à neuf trèfles d'argent, 3, 3, 3.

Forcey. — Azur à trois figures senblables à 3 rocs d'échiquier d'or, au chef d'argent au lion naissant de gueules.

Fresnel. — Azur à trois bandes d'argent au chef d'azur chargé d'un demi-lion d'or.

Gallian. — Azur à une demi-croix d'argent, au chef d'or au coq au naturel.

Gerbevillers.[31]— Gueules à deux saumons adossés d'argent cantonnés de quatre croisettes

recroisettées aux pieds fichés d'or.

Gerbevillers. — Sable au chef d'argent chargé de trois pals de sinople.

Going.— Azur à la croix plaine d'argent, cantonnée de quatre fleurs de lys d'or.

Gournay.[32].— Gueules à trois tours d'argent posées en bande.

Grancy. — Argent au chef de gueules.

Greincourt. — Argent à ceux lions de gueules, l'un sur l'autre. Cimier : un château d'argent.

Guermange. — Gueules à une figure d'or, semblable aux cornes de bélier.

Guernicy. — Azur a l'écusson d'argent.

Haranges. — Or au lion d'azur couronné d'or. Cimier : un lion assis au blason de l'écu.

Haraucourt.[33] — Or à la croix de gueules au premier canton d'argent chargé d'un lion de sable. Cimier : un cygne tenant au bec une bague d'or.

Haussonville.[34] — Or à la croix de gueules frettée d'argent.

Hautoy.[35]  — Argent au lion de gueules. Cimier : un demi-lion de gueules.

Herbeuiller.[36] — Azur à la croix d'argent cantonnée de seize fleurs de lys d'or.

Housse. — Argent au chef échiqueté de trois traits d'argent et d'azur. Cimier : deux massues d'or mises en sautoir.

Jaulny.[37] — Argent à trois chevrons de gueules à la bordure engrêlée d'or.

Igny. — Burelé d'argent et de gueules de dix pièces. Cimier : deux cornes adossées au blason de l'écu.

La Court.[38] — Gueules à l'aigle d'argent à la bande d'or chargée de trois tours de sable brochant sur le tout.

La Marche. — Azur à la croix plaine d'argent, cantonnée de quatre rocs de même.

La Motte. — Or à trois têtes de lions de gueules couronnées d'argent.

Landre.[39] — Argent au pal de gueules de trois pièces. Cimier : un vol adossé d'argent entre un chapeau de cardinal.

La Tour Landry. — Or à la fasce bretessée de gueules au côté du chef.

La Tour de Vouare. — Gueules à quatre lions d'or posés l'un sur l'autre, deux à dextre et deux à sénestre.

Launay. — Azur à la bande d'argent accompagnée de onze billettes de même, six en chef et cinq en pointe. Cimier : un vol adossé au blason de l'écu.

La Vaux. — Sable à trois tours d'argent, 2 et 1.

Cimier: une tour d'argent.

Lencourt. — Azur à la croix engrêlée d'argent. Cimier : une tête de Licorne d'or.

Lenoncourt.[40] — Argent à la croix engrêlée de gueules. Cimier : une tête de chièvre d'argent.

Les Vieux. — Or à trois pals de gueules.

Letricourt. — Argent à la fasce de sable accompagnée en chef d'un lion de gueules.

Lieuron.[41] — Fascé d'argent et de gueules de six pièces au franc-canton d'argent, chargé d'un roc de gueules. Cimier : une tête de licorne d'argent.

Ligneville.[42] — Losange d'or et de sable. Cimier : une tête de boeuf de sable, accolé d'or.

Ligny. [43] — Azur au chevron d'or.

Liocourt. — Azur au lion léopardé passant d'or.

Lisceras. — Parti: au 1 d'azur à trois coquilles d'argent en pal ; au 2 burelé d'or et de sable.

Longueville. - Azur à un aiglon d'argent mis en fasce.

Louppy.[44] — Gueules à cinq annelets d'argent en sautoir.

Lucy. — Argent à. trois lions de sable. Cimier : un lion naissant au milieu d'un vol d'argent.

Ludres.[45] — Bandé d'or et d'azur de six pièces à la bordure engrêlée de gueules.

Luneville. — Or à la bande de gueules chargée de trois croissans d'argent.

Macheville. — Argent au pal engrêlé de gueules.

Malberg.[46]— Argent à l'écusson de gueules, qui est de Malberg; écartelé de gueules à la croix ancrée d'argent,

Mancey. — Or à la croix engrêlée de gueules.

Mandres. — Or à la bande d'azur accompagnée de sept billettes de même, trois en chef et quatre en pointe.

Manonville. — Or à la croix de sable frettée d'argent.

Marcossey.[47] — Azur au lévrier courant d'argent accolé de gueules.

Marley. — Gueules au lion d'argent. Heaume couronné d'or. — Cimier : un demi-lion d'argent.

Masuroy. — Gueules à un écusson d'argent.

Maulgiron. — Gironné d'argent et de sable de six pièces.

Meny la Tour. — Hermines à trois chevrons de gueules.

Mercy.[48]— Or à la croix d'azur. Cimier : un goulet jetant des herbages au milieu de deux têtes de paon à naturel.

Mitry.[49]— Argent à trois boules de gueules. Cimier : un bus de more habillé de gueules, tortillé d'argent.

Moitrey. — Gueules à la bande d'argent chargée, de trois merlettes d'azur.

Montclef. — Argent à la clef de gueules (en bande où en pal).

Montson. — Argent à la croix d'azur semée de croisettes recroisettées d'or aux pieds fichés.

More. — Gueules à trois roses d'argent.

Netancourt.[50] — Gueules au chevron d'or. Cimier : une tête de braque d'argent.

Neufchasteau,[51] — Or à la bande de gueules chargée de trois châteaux d'argent.

Neufchastel. — Argent à la fasce de sable. Cimier : un bus de More au blason de l'écu.

Noirfontaine. — Gueules à trois étriers d'or.

Nurry. — Azur au chef d'argent au lion naissant de gueules.

Parroye.[52] — Gueules à trois lions d'or à la bordure engrêlée d'azur.

Pierrefort. — Or au lion naissant de gueules.

Porcelet. — Or au porcelet de sable. Cimier : une tête de sanglier avec le col de sable, au milieu d'un vol d'or.

Pouilly. — Argent au lion d'azur. Cimier : un pélican.

Pulligny. — Azur au lion couronné d'or.

Baucourt.[53] — Argent au lion de gueules couronné d'or. Cimier : un lion naissant de même.

Bauille. — Gueules à trois chevrons d'argent. Cimier : une tête, de paon à naturel.

Rosières.[54] — Losange d'or et d'azur.

Ruppe. — Argent à trois écussons de gueules.

Saint-Empure. — Parti d'or et d'azur à la bande d'hermine brochant sur le tout.

Saint-Loup. — Or à trois bandes de gueules.

Cimier: deux cornes adossées au blason de l'écu.

Sorbey. — Argent au croissant montant de gueules, accompagné en chef d'une étoile de sable.

Tournoy. — Azur à la croix plaine d'argent, cantonnée de vingt fleurs de lys d'or.

Valhey.[55] — Une bande engrêlée accompagnée de douze billettes, six en chef et six en pointe.

Vaudoncourt.[56] — Azur à la bande d'or, accompagnée de sept billettes de même.

Ville. — Or à croix plaine de gueules.

Viniers.[57] — Fascé d'or et d'azur de six pièces. Cimier : deux trompes au blason de l'écu.

Wisse. — Argent à trois têtes de mores de sable, tortillées d'argent. Cimier : une tête de more tortillée d'argent.

 

[1] On appelle au propre Ancienne Chevalerie la Noblesse dont les aïeux ont été en Terre-Sainte, avec Godefroy de Bouillon, du temps des Croisades. Presque toutes ces familles lorraines portent le nom du lieu de leur origine, ou domaine qui sont indiqués sur les anciennes cartes de la Lorraine, comme: Generalis Lotharingiae Ducatus tabula par Nicol. Visscher. Amst. Bat. — Mappa geographica Ducatus Lotharingiae et Bar design, per Tob. Conr. Lotter, Geogr. Aug. Vind. etc.

[2]  Ou Abancourt. Charles Xaver Joseph d'A., dernier ministre de la guerre sous Louis XVI. (1792) tomba victime de la révolution; Charles Frerot d'A., général français, fameux par ses excellentes cartes, mort en 1801 à Munich.

[3] La terre d'Amance est située dans le dép. de la Saône, district de Vesoul.

[4] 4) Anglure, dans le dép. de la Marne, arrond. Epernay, était une des plus anciennes baronnies de Champagne. — L'illustre maison de Chastillon, qui s'est éteinte de nos jours, tirait son nom de la ville et comté de Châtillon-sur-Marne, situés près de Dormans. Son histoire généalogique a été publiée par André Duchesne, 1 vol.. in fol. Paris 1621.

[5] 5) Ou Apremont; maison de comte très-ancienne; la terre de ce nom est située près de Metz. Quelques auteurs font dériver l'origine de la maison d'Attestinis (d'Esté) à Rome. Le comté d'Aspremont est dit avoir été reçu été reçu de Sigefroid par Charles Martel vers 680; en foi de quoi la famille, qui existe encore en Belgique et en Autriche, apparaît depuis 1100. Reconnu fief immédiat de l'Empire par la bulle de Charles-Quint, 1354; la haute souveraineté et droit d'investiture furent cédés au roi de France par le traité de Munster en 1645. — La famille porte alias de gueules à la croix d'or.

[6] Alias Baudricourt, de la terre de ce nom.

[7] Le nom primitif de cette famille était Betzstein; François de Betzstein, né en 1579 au château d'Haruel en Lorraine, adopta le premier le nom français de Bassompierre. Il était favori de Henri IV, puis de Louis XIII, fut maréchal de France en 1622, ambassadeur en Espagne et en Suisse, en 1625 en Angleterre,

commanda plus tard en Languedoc contre les Hugenots, fut mis à la Bastille par son ennemi le cardinal de Richelieu (1631—1043) et mort en 1616. — Le cousin du précédent, François Annas de B., né en 1612, l'accompagna dans ses campagnes, se rendit après l'emprisonnement du maréchal français en Lorraine, assista à la bataille de Nördlingen sous le commandement du général Gallas, et prit part en 1635, à la campagne de Lorraine contre les Français, quitta en 1636 le service de Lorraine, fut fait prisonnier à Breisach par le duc Bernard de Saxe-Weimar, et ne fut rendu à la liberté qu'en 1640. Il commanda ensuite l'armée impériale en Bohême et en Silésie et fut tué en duel en 1646. — Seigneur et marquis de Removille; marquis de Bassompierre au bailliage de Saint-Michel; créé marquis de Saint-Menge, sous le nom de Baudricourt, le 8. nov. 1719. — Je trouve également comme cimier un cygne et comme supports deux cygnes.

[8]  Ancienne famille rhénane, éteinte en 1598, qui posséda le château de Boppart détruit en 1249. Dietrich était évêque de Worms en 1349. Le dernier de sa famille était le baron George Bayer de Boppart, conseil et général en chef du duc de Lorraine, qui mourut près de Bude en 1598, âgé de 33 ans. Les armes primitives, d'argent au lion de sable, qui se trouve aussi couronné, furent déjà portées en sceaux en 1318, 1333, 1361. — Le bras en 2 et 3 se trouve de même cuirassé; ces armes sont celles de la famille de Lossenich, qui furent jointes aux siennes par Conrad B. de B., mort le 6. Oct. 1121, comme armes de sa mère. Les Bayer de Boppart possédaient au Rhin et en Lorraine Latour, Loonay, Lossenich, Sternberg, Traintou, etc.

[9] 9) La terre de Bayon, dont cette famille porte le nom, est située sur la Moselle, dép. de la Meurthe, arrond. de Luneville. — Les figures des armes sont trois aiglons, c'est-à-dire petits aigles sans bec ni griffes. Le dessinateur en a fait des aigles.

[10]  Alias Baffromont ou Beffroimont; dit de Ruppes; sieur de Charny; sieur de Soy et de Trichastel. Ils font dériver leurs noms du château de Baufremont près de Neufchateau en Lorraine et possédaient des terres, principalement près de Châlons et en Bourgogne. Chevaliers croisés: Hugues et Liebaut en 1190. — Créations: prince du Saint-Empire, le 8 juin 1757; à la charge de relever le nom et les armes de Gorrevod, due et pair de France le 31 août 1817; illustrations: cinq chevaliers du Saint-Esprit et quatre de la Toison d'or.

[11] Originaire de la province d'Anjou, venu en Lorraine avec les princes de la maison d'Anjou, pendant qu'ils possédaient cet état par le mariage de René d'Anjou, Roi de Naples et de Sicile, avec Isabelle, Duchesse de Lorraine; fait, en 1420. — Foulques de Beauvau, chevalier croisé en 1190; René de B., connétable de Charles d'Anjou, roi de Naples; Jean de B., chambellan de Louis XI; Charles-Just de B., maréchal de France, de 1783 —1793. — Créations: marquis de Beauvau, le 4 juillet 1664; marquis de Craon, le 21 août 1712; prince du Saint-Empire le 13 nov. 1722; Grand d'Espagne, le 8 mai 1727; pair de France.

[12] Alias Bioncourt.

[13] Les armes sont parlantes: Billy — billettes.

[14] Les marquis de Blainville tiraient leur nom du château de B. sur l'eau, dép. de la Meurthe. arrond. Luneville. — Le dessinateur y a fait des croisettes simples ; il faut qu'elles soient aux pieds fichées.

[15] Le fief de famille, la ville de Bourmont, est située dans le dép. de la Marne, arrond. de Chaumont.

[16] Une des deux familles de Briey tirait probablement son nom de la ville et du château de Briey, dép. de la Moselle, entre Verdun et Thionville.

[17] La terre de ce nom est située dans le dép. des Vosges, arrond. de Neufchâteau.

[18] Cette famille célèbre est originaire de Bassigny et de la comté de Langres. Plusieurs branches sont établies en Lorraine. — Premier auteur: Reinier de Choiseul 1000. — Titres: Sieur de Clefmont; sieur de Traves; — comte de Chevigny près Sémur en Auxois; .— Seigneur de Stainville, de Meuze et de Chevigny; puis Marquis de Meuse; marquis de Stainville, le 27 avril 1722; baron de Demanges-aux-Eaux, le 8. févr. 1724; — sieur de Sorcy, de Lanques, de Beaupré; comte du Plessis-Praslin, vicomte d'Ostel et d'Oigny, baron de Champagnay, Carconte, Chiny, Soissons, etc. — Duc de Choiseul, en 1758, pair, en 1759, Duc de Praslin, en 1762. — Illustrations: quatre maréchaux de France: Charles de Choiseul-Praslin, 1619—1626; César de Choiseul-Duc de Plessis-Praslin, 1670—1675; Claude de Choiseul-Francières, 1693—1711; Jacques Philippe de Choiseul Stainville, 1783 —1789; plus de trente lieutenants généraux ou maréchaux de camp; des ministres; des ambassadeurs sous Louis XV. et sous Louis XVI. — Branches: I. Des Comtes de Choiseul-Gouffier, fixée en Russie; II. Des comtes de Choiseul d'Aillecourt, existants en France; III. Des Ducs de Choiseul-Praslin. Les armes se trouvent aussi d'azur à la croix d'or cantonnée de dix-huit billettes de même, cinq (2, 1, 2) à chaque canton du chef, quatre (2, 2) à ceux de la pointe.

[19] Les ducs de Clermont-Tonnerre, qui portent le nom de la baronnie libre et souveraine de Clermont en Dauphiné, ont pour armes: de gueules, à deux clefs d'argent passées en sautoir. D'après ces armes, il semble que notre famille lorraine touche celui-là.

[20]  La terre et seigneurie de Commercy est située dans le dép. de la Meuse.

[21]  La terre de Conflans est située dans le dép. de la Moselle, arrond. de Briey. La copie des armes a été omise sur la planche, parce que la figure, que donne le manuscrit de Callot, ne correspond pas avec la description. L'image ne contient que le bâton brochant sur l'écu.

[22] Custine, Çondé sur Moselle, dép. de la Meurthe, arrond. Nancy posséda le titre de marquisat et de l'ancienne famille, était le maréchal Adam Philippe comte de Custine, qui prit en 1792 Mayence et Francfort s. M. et qui fut guillotiné le 29. août 1793. Son fils Renaud Philippe de Custine mourut de même sur l'échafaud à Paris en 1794. Adolphe Marquis de C, fils du dernier, est célèbre comme écrivain touriste, principalement par son ouvrage: la Russie en 1839. Paris 1843. 4 vols. Il mourut en son château près de Pau, en. 1757.— Il y avait encore en Lorraine une autre famille de ce nom, originaire du pays de Liège, sieur de Villy, de Coms, d'Afflances. Elle porte blason d'argent à la bande coticée de sable; écartelé de même semé de fleurs de lys d'argent.

[23]  Alias Dombasle de la terre du même nom. Joseph Alex. Math, de D., le fondateur des instituts agricoles en France, né à Nancy en 1777, mort 1843.

[24]  La terre d'Essey dans le dép. de la Meurthe, arrond. de Toul.

[25]  Dans le Barrois non mouvent, sous la châtellenie de Stenay. L'arbre se présente comme un rameau; d'autres de ce nom portent un chou simple, d'autres trois maillets

[26]  Portent le nom du bourg de Fay Billot, dép. de la Marne, arrond. de Langres.

[27]  Fenestranges sur Sarre, dép. de la Meurthe, arrond. Sarrebourg.

[28]  Famille ancienne de Lorraine. Il y en avait deux branches : Ficquelmont de Malatour (Mars la Tour), qui habita Malatour, entre Metz et Verdun, et Fiequelmont de Lorroye, près Einville. Dans la seconde moitié du 18e siècle, la maison se rendit en Autriche Joseph, Comte de F., né en 1755 à St. Avold prit service dans l'armée autrichienne en 1777, et commandait un bataillon de grenadiers au commencement de la campagne d'Italie et se battit vaillamment près de Vérone le 3. Mars 1789. Blessé mortellement dans la bataille de Magnano le 5. avril 1799, il mourut de ses blessures le 17. avril 1799 à Vérone. — Charles Louis Comte de F., né le 23. mars 1777, chevalier de la Toison d'or, chambelan, Feldzeugmeister, général de cavalerie, ministre d'Etat, fameux également comme militaire et homme d'Etat, mort le 6. avril 1857 ; avec lui est éteinte la ligne masculine. Sa fille unique, Elisabeth Alexandra, née le 10. nov. 1725, est mariée avec Edmond Prince de Clary et Aldringen.

[29]  Alias de Fléville; la terre de F., en Lorraine, donna le nom à cette famille. Les couleurs des armes me sont inconnues.

[30] Alias de Florainville ; originaire du pays de Luxembourg. La dernière de cette ancienne maison était l'Abesse de Sainte-Marie de Metz, abbaye séculière de Chanoinesses. La terre de Florainville est échue en partie à la maison de Beauvau-Fléville, et en partie à celle de Choiseul-Meuse. — Selon d'Hozier, les armes sont d'argent à trois bandes d'azur à un lion de sable brochant sur le tout, à la bordure engreslée de gueules.

[31]  Une de deux familles de Gerbevillers porte les noms de la ville et du château de G., dép. de la Meurthe, arrond. de Luneville.

[32] Famille très ancienne de Lorraine, originaire de France; il y en avait trois branches: la première établie à Metz, et les branches d'Estreval et de Friaville établies en Lorraine

[33] C'était une des maisons les plus anciennes de Lorraine. Il y en avait plusieurs branches qui sont éteintes: Haraucourt-Chambley est échue à la maison de Livron; une autre branche est échue à la maison de Bassompierre. Il y en avait en Bourgogne une branche d'Haraucourt, mais pauvre et presque inconnue. Le dernier Marquis d'Haraucourt, fils du Maréchal de Lorraine et petit-fils du Gouverneur de Nancy, possédait en Lorraine le marquisat de Ficquelmont, la terre de Dalem, Caignies et autres lieux. — Les armes se trouvent aussi d'or à la croix écartelée de gueules et d'argent, au canton dextre d'argent à un lion de sable. — Selon d'Hozier: d'or à une croix de gueules cantonnée d'un lion de sable.

[34]  Alias Clairon d'Haussonville, une des familles les plus anciennes de Lorraine et de Champagne. Joachim de Clairon était marié avec Françoise de Pragonçal. Sa filiation est: Antoine, ép. N. de Damas; Claude, ép. Gabrielle de Dauerhoux; Antoine, ép. Agnès de Ragecours. Jean Ignace qui portait le titre de comte d'Haussonville, ép. Marie-Louise du Hautoy. Le dernier avait deux fils : Charles I et Jean Albert. Tous les deux se rendirent pour un héritage en Silésie; Charles I y restait et devint la souche des comtes d'Haussonville, qui existent encore en Silésie. Cette branche reçut du roi de Prusse la confirmation de son titre de comte en 1789. — Jean Albert, frère cadet de Charles I., retourna en France, où ses descendants vivent encore. — L'ancienne maison de Saffre, originaire de Bourgogne, à laquelle échut la baronnie d'Haussonville, en Lorraine, adopta de même le nom de Haussonville et nous trouvons que les comtes Clairon d'Haussonville, en Silésie, portent les armes de la famille de Saffre-Haussonville : de gueules à  la croix pattée et, alaisée d'argent, accompagnée de quatre petites croix pattées de même. Selon nous, ces armes n'appartiennent pas à cette branche allemande.

[35] du Hautoy — originaire de Luxembourg. — Le lion se trouve aussi lampassé et couronné d'or, la queue fourchue.

[36]  Alias Herbevilliers. La terre d'H., dont cette famille porte le nom, est située entre Lunéville et Blamont.

[37]  La terre de Jaulny en Barrois.

[38] Didier de La Cour, né en 1550 à Monzeville, bénédictin, réforma comme Abbé de St.-Vanne à Verdun son monastère, exemple que suivirent bientôt sous l'injonction du pape Clément VIII beaucoup d'autres cloîtres, de sorte que La Cour fonda la congrégation de St.-Maur. Il mourut en 1623.

[39]  Alias Lendres, sous la Châtellenie de Briey, Sieur de Tichemont.

[40]  Une des familles les plus illustres de l'ancienne chevalerie de Lorraine. Son nom primitif était de Nancy. Sieur de Gondrecourt et de Serre — marquis de Blainville et de Serre; — sieur de Pierrefort; — comte de Vignory et sieur de Colombey; — marquis de Lenoncourt, baron de Neuveron. — A cette maison appartenaient les deux Cardinaux Robert et Philippe de Lenoncourt, oncle et neveu, le premier, Evêque de Metz, le second, Archevêque de Rheims; un Marquis de L. fut tué au siège de Thionville en 1643.

[41] Alias Livron, originaire du Dauphiné, a possédé les plus grandes charges de l'Etat et les terres les plus considérables en Lorraine. Sieur de Bourbonne, de Ville et de Haraucourt. — Une autre branche, sieur de Leaumont.

[42] Alias Ligniville, une des familles les plus anciennes de Lorraine, dont il y avait plusieurs branches. La terre de Ligneville avait passé depuis longtemps par les femmes à d'autres maisons. Sieur de Tumejus et de Vannes; — baron de Villars, — sieur de Tantonville, — comte d'Autricourt, seigneur d'Autreville en 1670,— marquis de Houecourt, en 1720. — Les comtes de Ligneville, qui commandaient les troupes du duc de Lorraine, en Flandre, quand les Espagnols les firent arrêter en 1654, étaient de cette maison.

[43]  La comté de Ligny en Barrois,' dép. de la Meuse, arrond. de Bar-le-Duc.

[44]  Louppy-le-château en Barrois.

[45] Alias de Ludre originaire du comté de Bourgogne, et qui prétend même descendre des anciens comtes de Bourgogne, est une des familles les plus distinguées de Lorraine. Elle possédait les terres de Ludre et de Richardmesnil. La seigneurie de Richardmesnil a été érigée en marquisat avec celle de Bayon, le 7 oct. 1720.

[46]  La terre et le château de Malberg sont situés près de Trèves.

[47] Marcoussey, Marcoussy, Marcossey, maison éteinte originaire de Savoye, échue à la maison d'Haraucourt en Lorraine et en partie à la maison d'Huxelles Cussigny et Viange en Bourgogne. Ils étaient Sieurs de Dompmartin, Comtes de Marcossey, sieurs de Going, Essay et Passavant.

[48] La terre de Mercy et les autres biens de cette famille ancienne étaient situés auprès de Longwy. François de Mercy, né vers 1600 à Longwy en Lorraine, prit service en Bavière, et devint bientôt général. Il est mort en 1646 dans la bataille de Nördlingen. Son petit-fils, Florimund Claudius de Mercy, né en 1666, en Lorraine, entra dans l'armée autrichienne, fut nommé, en 1709 maréchal de camp, en 1719 commandant en chef de la Sicile, comte de Mercy le 19 mars 171.9, général en chef en 1734, et périt à l'attaque de Croisetta dans la même année. Il avait adopté Antoine, comte d'Argenteau, un de ses parents, qui prit le nom de Mercy et mourut en 1767 gouverneur impérial à Esseg. De lui descend M. d'Argenteau, comte de Mercy, mort en 1794, embassadeur imp. à Londres.

[49] Mitry du Mittry, originaire de Metz, une des familles les plus anciennes de Lorraine. Sieur de Fauconcourt et de Bouzillon. — Je trouve les figures des armes désignées par trois tourteaux.

[50] Alias Nettancourt, illustre maison de Champagne; la terre de Nettancourt, dont elle porte le nom, est le dernier village de Champagne du côté du Barrois. Il y avait plusieurs branches de cette maison dans la Lorraine et dans le Barrois: Sieur de Vaubecourt et de Chastillon; sieur de Vaubecourt et de Passavant, comte de Vaubecourt, Nettancourt-Passavant, etc.

[51] De cette famille était probablement le comte François de' Neufchâteau, né en 1752 à Listol de Grand en Lorraine, en 1797 ministre de l'intérieur, puis sénateur à Dijon et en 1806 à Bruxelles, mort en 1728. Il est connu comme écrivain moraliste, en autres il a écrit sur l'agriculture, la jurisprudence et l'histoire.

[52] Porté le nom de la terre de Parroye en Lorraine, qui appartint plus tard à la famille de Fiquelmont.

[53] La terre de Raucourt, dép. des Ardennes, arrond. de Sedan est peut-être le bien de famille

[54] La ville de Rosières, dep. de la Meurthe, arrond. de Nancy, donna le nom à la famille.

[55] Alias Valhaye, d'après la terre de ce nom en Lorraine.

[56] De cette famille lorraine était Guillaume de Vaudoncourt, né en 1772 à Vienne, qui prit service en France en 1791, obtint en 1801 le commandement de l'artillerie de la républ. ital., devint général en 1809, où il commandait d'abord en Tyrol, plus tard gouverneur de Raab. En 1812 fait prisonnier à Wilna; il retourna en 1814 en France, devint inspecteur de la garde nationale à Metz pendant les 100 jours, mais après la seconde restauration il se rendit à Munnich. En 1821 il alla en Piémont, devint général en chef de l'armée insurgée italienne, mais bientôt il fut obligé de fuir en Espagne, plus tard en-Angleterre. Il ne reçut la permission de rentrer en France qu'en 1825.

[57] Peut-être de Vivière, dont la baronie de ce nom était située en Barrois ? Leipsic, imprimerie de J. B. Hirschfeld.

ARMORIAL DE LORRAINE. ALFRED GRENSER

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NICOLAS

(1470-1473).

Le jeune fils de Jean II vivait à Paris. Bien qu'on lui eût donné le nom du patron de la Lorraine, il était encore moins Lorrain d'esprit et de cœur que son père et son grand-père. On eut grand'peine à le décider à venir à Nancy prendre possession de son duché.

Il refusa de poursuivre en Catalogue l'entreprise de son père. Il n'était pas d'humeur conquérante. Il laissa aussi aux seigneurs lorrains le soin de conduire la guerre contre Thiébault de Neufchâtel qui, à la suite de son échec d'Épinal, ravageait le pays.

Les seigneurs adoptèrent pour chef le comte de Salins et commencèrent le siège de Châtel. Mais découragés par la durée de la résistance, ils firent un accommodement, sans avoir pris les ordres du duc Nicolas et même sans mettre son nom au traité. Plus tard, le jeune duc s'en étant plaint avec amertume devant la noblesse, Simonin des Armoises lui répondit avec la rude indépendance féodale: « Nous avons toujours combattu loyalement et franchement et baillé gaiement notre vie et courage pour messieurs nos ducs, mais sçavaient iceux chevaucher des premiers à l'ost. »

Nicolas cédant enfin aux instances, aux reproches et aux durs propos des Lorrains, se mit en route et le 7 août 1470 se présenta à la porte Notre-Dame pour faire son entrée solennelle. Noblesse, clergé, bourgeois et peuple allèrent au-devant de ce prince si longtemps réfractaire. La foule cria Noël ! L'entrée eut lieu suivant l'antique usage.

Nicolas s'étant arrêté, à cheval, à la tête de son cortège, le bailli s'avança et dit : « Monseigneur, très redouté et souverain seigneur, vous plaît-il faire le serment et devoir que vos prédécesseurs ont accoutume de prêter et faire, de toute ancienneté, à leur nouvelle réception et à leur première entrée en cette ville de Nancy? » Le duc répondit: « Volontiers, ami. » Le bailli dit ensuite: « Mon dit redouté souverain seigneur, vous jurez et promettez donc loyalement et en parole de prince, que vous garderez, maintiendrez et entretiendrez les trois États de ce duché, c'est assavoir les nobles, gens d'église, bourgeois et peuple en leurs anciennes franchises, liberté et usages qu'ils ont eus de vos dits prédécesseurs, et de ce baillerez vos lettres-patentes, ainsi que iceux vos prédécesseurs ont fait lors ?» Le duc répondit : « Oui, vraiment. » Et il fut alors conduit à la collégiale de Saint-Georges et, ayant racheté son cheval qui appartenait de droit aux chanoines, fut introduit dans le palais ducal.

Les Lorrains ne tinrent pas rigueur à Nicolas. De son côté, le jeune prince ravi du bon accueil de ses sujets, organisa de belles fêtes, de somptueux banquets, des réunions, des joutes et des tournois. Il fit mieux : il alla les voir chez eux et visita successivement les principales villes : Rosières, Lunéville, Saint-Dié, Raon, Bruyères, Remiremont, Arches, Épinal, Dompaire, Charmes, Châtenois, Neufchâteau, Gondreville.

Mais quelques semaines après, atteint sans doute de nostalgie, il retournait à Paris, annonçant qu'il allait préparer une expédition en Catalogne. Louis XI ne prenait point ses plans au sérieux.

Il lui promit tout ce qu'il voulut. Il s'amusa même à parler de nouveau du projet de mariage avec sa fille Anne de France, mais sans en fixer l'époque.

Nicolas se voyant joué se plaignit très haut. Charles le Téméraire qui avait l'oreille aux aguets profita de son irritation et lui fit offrir la main de sa fille, Marie de Bourgogne, s'il voulait rompre son alliance avec le roi. Le Duc accepta l'ouverture avec empressement, retourna à Nancy et communiqua la proposition à son conseil qui le pressa d'accepter.

Nicolas se rendit alors auprès du duc de Bourgogne, et le 25 mai 1472, rompant définitivement avec Louis XI, il souscrivit les termes d'une alliance offensive et défensive. Le 13 juin suivant, il échangeait avec Marie de Bourgogne une promesse de mariage. L'alliance fut effective, car la même année le duc de Lorraine accompagnait Charles dans cette sanglante irruption en Picardie qui fut signalée par les incidents dramatiques de Nesle, de Beauvais et de Rouen.

Rentré en Lorraine, il fit mine de reprendre ses projets d'expédition en Catalogne et demanda une aide aux États. Lorsqu'il eut l'argent, il n'en parla plus, mais se donna tout entier à une autre entreprise.

Comme son grand-père René Ier, il sentait combien il serait utile à la Lorraine de s'annexer la puissante et riche ville de Metz. Il n'avait pas de motifs sérieux pour lui faire la guerre. Il se borna à se plaindre de propos satiriques et injurieux tenus sur son compte par les bourgeois. Puis il s'avança avec une grosse armée. Un capitaine d'aventure faillit surprendre la cité au moyen d'un stratagème. Les vaillants Messins repoussèrent l'attaque. Nicolas recula mais pour aller rassembler de nouvelles forces. Vers le milieu de juin 1473, il avait réuni plus de vingt mille hommes et se disposait à se remettre en campagne lorsqu'il fut pris d'un malaise qui s'aggrava rapidement et l'emporta en quelques jours. Il n'avait que 25 ans. On crut généralement qu'il avait été enherbé, c'est-à-dire empoisonné avec des plantes vénéneuses. Qui avait commis le crime ? Bien des gens dirent tout haut, mais sans preuve, que Louis XI avait voulu punir la défection du Duc et son alliance avec le Téméraire.

MAISON DE LORRAINE. LES ORIGINES : NICOLAS

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JEAN II dit JEAN DE CALABRE.

(1453-1470)

Jean administrait les deux duchés au nom de son père depuis huit ans. Il fit son entrée solennelle (à Nancy, comme duc de Lorraine, le 22 mai 1453. Il n'avait pas encore tout à fait trente ans.

C'est quelques jours après, dans cette même année 1453 (29 mai), que s'écroula avec un immense retentissement, sous les coups de Mahomet II, l'empire d'Orient. Cette date ferme pour l'Europe la période historique dite du moyen âge. Un des derniers et l'un des plus brillants représentants de cet âge de transition fut le duc Jean II.

Il était un admirable chevalier, de haute stature, d'une physionomie sympathique, un caractère hardi, franc et loyal. Il résumait en lui les traits de plusieurs races, car par sa mère Isabelle il était Lorraine, et par son père il était France, Anjou, Provence et Italie. C'était avant tout un aventureux, un vrai héros de chanson de geste, trop à l'étroit entre les Vosges et la Meuse et s'échappant sans cesse de ses États pour courir des chimères.

Dès 1455, appelé en Italie par le duc de Milan et la république de Toscane, il faisait une expédition contre Alphonse d'Aragon, rejetait ce prince sur Naples et sauvait la liberté de la péninsule. Les Florentins émerveillés de cette triomphante campagne lui firent don de 70,000 florins d'or.

Il avait emmené avec lui au-delà des Alpes deux cents gentilshommes lorrains. Ils revinrent ensemble célébrer leurs faits d'armes dans des fêtes prolongées.

Il aimait Nancy et prit soin de l'agrandir. C'est lui qui fit bâtir la porte Notre-Dame, aujourd'hui de la Graffe (1463).

Mais, en 1459, il est déjà reparti pour l'Italie. Les circonstances sont favorables. Le roi Alphonse est mort ne laissant d'autre héritier que son bâtard Ferdinand. Les populations accueillent avec enthousiasme le fils de René qui est toujours pour eux Jean de Calabre. Les soldats inscrivent sur leurs bannières les mots de l'évangile : Fuit homo missus a Deo, cui nomen Johannes. Il s'avance entouré des plus braves gentilshommes de Lorraine, d'Anjou et de Provence.

D'éclatants succès fortifient ses espérances. Ferdinand, battu plusieurs fois, va succomber. Mais l'Aragonais a gagné à sa cause le pape Pie II qui redoute les Français et qui appelle contre Jean le fameux Georges Castriota ou Scanderbeg. Le héros lorrain épuisé par ses victoires mêmes, ne recevant pas de renfort, il est obligé de suspendre la lutte et revient dans son duché en 1461.

La même année, au 15 août, il assistait au sacre du nouveau roi, Louis XI son cousin. Il l'accompagna à Paris, l'entretint de ses nouveaux projets sur

Naples et lui demanda des secours. Louis XI, on le sait, n'avait pas l'esprit chimérique. Il se contenta de répondre: « J'aviserai ». Les États de Lorraine furent plus facilement entraînés. Ils votèrent une aide de 100000 livres. Jean ayant emprunté d'autres sommes et pris en passant en Provence l'avis de son père qui, malgré l'âge venant, n'était guère plus sage,

il reparut de nouveau en Italie (1462). Cette tentative ne fut pas plus heureuse que les précédentes, mais ne dissipa point son rêve qui devait rester, pendant plus de cent ans, comme une obsession magique, dans l'héritage de la maison d'Anjou.

Les chroniqueurs racontent ici une anecdote dont on voudrait bien ne pas douter parce qu'elle concorde avec le tempérament audacieux et romanesque de Jean de Calabre. Il aurait formé le dessein d'aller lui-même, sous un déguisement, enlever son rival Ferdinand au milieu de sa cour. Quinze gentilshommes travestis, en moines partent avec lui de la Provence, arrivent à Naples, sont reçus avec honneur et dévotion au palais. Ferdinand est déjà entouré et va être pris, lorsqu'on reconnaît le duc de Lorraine.

Les quinze moines s'échappent, prennent le large et, comme ils avaient de bons chevaux, sont bientôt hors d'atteinte. On ajoute que Louis XI avait secrètement averti Ferdinand.

Avant de reprendre ses tentatives sur Naples, Jean II s'occupa des affaires de France. Il prit part à la Ligue du bien public et, malgré une lettre pressante de son père, resté fidèle à Louis XI, il se joignit au comte de Charolais. L'historien Commines vante sa petite troupe composée surtout de soldats italiens « exercités en fait de guerre » et le duc lui-même « grand chief de guerre comme nul aultre ». Après la bataille de Montlhéry et le siège de Paris il figura dans cette convention, de Saint-Maur où « le roi fut mis au pillage » (1465). Comme chacun « emportait sa pièce », il obtint du roi sa renonciation à la suzeraineté sur les villes ou bourgs de Neufchâteau, Châtenois, Frouard, Montfort et Passavant. Louis XI lui donna en outre le gouvernement de la châtellenie de Vaucouleurs avec une pension de 24000 livres; lui promit 200000 écus d'or, 500 lances et 8000 archers pour l'aider à conquérir Naples et enfin, pour le combler, engagea la main de sa fille au marquis de Pont, fils du duc. La princesse avait deux ans et devint plus tard Anne de Beaujeu.

Louis XI paraissait se désintéresser tout à fait de la Lorraine. Il se désista de tous ses droits sur la ville d'Épinal qui vingt ans auparavant s'était donnée à la France pour échapper à l'évêque de Metz, et désigna comme souverain, Thiébault de Neufchâtel, maréchal de Bourgogne et déjà propriétaire de plusieurs domaines en Lorraine. Les habitants refusèrent ce nouveau maître, alléguant que Charles VII avait juré « qu'ils ne seraient jamais mis hors de sa sainte couronne». Thiébault de Neufchâtel vint les assiéger; ils résistèrent vaillamment; et le roi enfin touché de leurs instances, sans vouloir les reprendre, les laissa libres de se choisir un seigneur à leur convenance. Ils choisirent le duc de Lorraine (juillet 1466).

Jean II termina sa courte carrière dans une dernière chevauchée. Les Catalans s'étaient révoltés contre le roi d'Aragon, don Juan II. Ils s'offrirent au roi René qui s'estimant trop vieux pour se remettre en campagne, proposa son fils à sa place. L'échange accepté, Jean franchit les Pyrénées vers la fin de l'année 1468. Plus heureux qu'en Italie, il obtint des succès qu'il sut maintenir, devint maître de toute la Catalogne, et il se disposait à envahir l'Aragon lorsqu'il fut brusquement arrêté par une maladie mystérieuse, qui fit croire au poison, et enlevé à l'âge de 46 ans (13 décembre 1470).

 

MAISON DE LORRAINE. LES ORIGINES : JEAN II

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LA MAISON D'ANJOU. LA FRANCE EN LORRAINE

(Ernest Mourin 1895)

René Ier et ses deux fils, Jean de Calabre et Nicolas, sont des princes français. —Lutte contre la Bourgogne: bataille de Bulgnéville.—Guerres d'Italie et d’Aragon.

La maison d'Anjou interrompt la filiation directe de la descendance de Gérard d'Alsace. Les trois ducs qu'elle fournit, René, Jean et Nicolas, furent beaucoup aimés en Lorraine pour leurs brillantes et sympathiques qualités, mais ils ne s'incorporèrent pas à la nationalité. Ils eurent presque toujours les yeux au dehors, en France, en Anjou, en Provence, en Italie et agirent sur les bords de la Moselle et de la Meuse, un peu comme des étrangers de passage.

RENÉ Ier

(1431-1453).

René Ier avait vingt-deux ans à la mort de son beau-père Charles II. Tout aussi brave et apte aux faits de guerre que les princes lorrains, il se distinguait d'eux par des traits empreints de la douceur angevine. Il avait en outre l'esprit très cultivé, aimait et pratiquait les lettres et les arts, savait peindre et enluminer et écrivait de petits poèmes qui valaient presque ceux de son cousin, Charles d'Orléans. Bien qu'ayant vécu à Nancy et à Bar depuis sa onzième année, il n'était pas devenu Lorrain, il était resté et resta toute sa vie Français et surtout Angevin. Il a laissé peu de souvenirs en Lorraine[1]. Il n'y montra d'ailleurs que la moitié de sa physionomie, celle de sa chevaleresque jeunesse. Ce n'est que plus tard, en Anjou, puis en Provence, que ses traits historiques se fixèrent et que par sa bonté souriante, sa bonhomie, la simplicité de ses mœurs, il acquit la popularité qu'il a conservée jusqu'à nos jours.

René, déjà duc de Bar depuis 1424, prit le titre de duc de Lorraine, mais il resta entendu pour tous et pour lui-même que la souveraineté ducale appartenait à sa femme, la duchesse Isabelle.

Les deux époux firent leur entrée solennelle à Nancy au milieu des acclamations populaires. La duchesse douairière et un grand nombre de seigneurs leur firent cortège et les accompagnèrent à la Collégiale Saint-Georges. Leurs droits n'étaient contestés par personne.

Ils n'oubliaient pas cependant qu'il y avait un prétendant et, pour se garder de ses entreprises, ils attachèrent solidement à leur fortune le corps tout puissant de la noblesse. Le 30 janvier 1431, ils remirent aux gentilshommes une « Déclaration » signée de leurs deux noms, mettant à néant les innovations de Charles II qui portaient atteinte à leurs privilèges et rétablissant la chevalerie dans tous ses droits traditionnels, notamment en ce qui concernait la juridiction des Assises. Ce fut un acte peut-être habile, mais qui faisait reculer de plus de cent ans le pouvoir central.

Le prétendant était ce même Antoine de Vaudémont, le neveu et plus proche héritier de Charles II qui avait déjà revendiqué ses droits du vivant de son oncle. Il protesta de nouveau contre la délibération de la noblesse qui s'était prononcée pour les principes de l'hérédité féminine et prit le titre de duc de Lorraine.

Au mois de mars, il se présenta à une porte de Nancy avec une forte escorte et requit l'entrée.

Repoussé par les habitants, il rentra dans Vaudémont pour y préparer la guerre. De son côté, René, en tant que duc de Bar, somma le prétendant de venir lui rendre l'hommage qu'il lui devait pour son comté, sous peine de commise, c'est-à-dire de confiscation pour cause de forfaiture.

Antoine ne répondit pas à l'invitation.

La lutte s'engagea. Le comte de Vaudémont ne pouvait évidemment rien avec ses seules forces. Il s'adressa à Philippe le Bon, duc de Bourgogne. Ce prince avait des griefs personnels contre la maison d'Anjou qu'il enveloppait dans ses haines contre la faction des Armagnacs. Il gardait un vif ressentiment à René qui avait battu ses troupes à Chappes et qui d'ailleurs était le frère de Marie d'Anjou, épouse du roi Charles VII. Il embrassa donc avec empressement la cause d'Antoine, autorisa un grand nombre de gentilshommes à suivre sa bannière et ordonna au maréchal de Toulongeon, le vaincu de Chappes, de réunit le plus de forces qu'il pourrait, de se joindre au prétendant et de s'avancer vers le Barrois.

De son côté, René avait fait appel à ses vassaux et à ses amis. Il reçut des contingents de tous les côtés. Il vit venir entre autres, l'évêque de Metz, le maire de Toul avec trente cavaliers, le comte de Salm, le comte de Blamont. Des princes de l'autre côté du Rhin, Louis de Bavière, Jacques de Bade, accoururent aussi. Le roi Charles VII, son beau-frère, lui envoya l'un de ses meilleurs capitaines, le brave Barbazan avec deux cents lances et une troupe d'archers. Robert de Baudricourt vint de Vaucouleurs avec 300 cavaliers. On ne sait pas exactement le chiffre total de l'armée lorraine, caries évaluations des chroniqueurs varient de 6000 à 38 000 hommes.

Ce qui est certain, c'est que René avait de beaucoup l'avantage du nombre. Mais les soldats de Vaudémont étaient de qualité supérieure, car on y voyait 1,400 archers picards renommés, un corps anglais et une forte artillerie.

Après avoir ravagé le Barrois, le prétendant et Toulongeon se dirigèrent sur la forteresse de Vaudémont que les Lorrains assiégeaient. Puis sur la nouvelle que ces derniers s'avançaient à leur rencontre, ils s'arrêtèrent près de Châtenois (1er juillet 1431).

Là ils tinrent conseil : le comte Antoine était d'avis de ne pas reculer et d'offrir le combat sans attendre.

Le maréchal de Bourgogne, plus froid et plus expérimenté, représenta qu'il serait imprudent de risquer la partie dans des conditions si inégales, que les troupes étaient fatiguées, que le plus sage était de se retirer en Bourgogne, de s'y refaire et d'y préparer une nouvelle campagne. Comme le débat se prolongeait, il y mit fin en se prévalant de son autorité de commandant en chef et ordonna de commencer la retraite dès le lendemain, à la pointe du jour.

Le mouvement commença à l'heure dite. L'armée bourguignonne marchait depuis plusieurs heures dans la direction de la frontière lorsque l'on signala l'approche des Lorrains qui la poursuivaient. Toulongeon s'arrêta et prit ses dispositions pour le combat qu'il ne pouvait plus éviter. On était près du village de Bulgnéville, dans le Bassigny, au sud de Châtenois.

Le maréchal rangea sa petite armée dans une vaste prairie, le front sur un petit cours d'eau, le dos à la forêt de Vaudémont. Il disposa sur les deux ailes ses archers picards et anglais en leur prescrivant de planter devant eux les pieux dont ils avaient coutume de se munir, de façon à se couvrir d'une sorte de palissade.

Les cavaliers furent placés au centre avec ordre de mettre pied à terre. L'artillerie fut masquée derrière des travaux de terre improvisés à la hâte. Enfin une enceinte générale fut formée avec les chariots qui portaient les bagages, Les masses lorraines arrivaient eu tumulte, confiantes dans la supériorité de leurs forces, René, en vrai paladin, envoya un héraut d'armes au comte Antoine pour le défier et lui offrir le combat. « J'accepte, dit le prétendant. Cependant sur la demande de Barbazan et de l'évêque de Metz, les deux sages de l'armée, on délibéra. René et ses jeunes amis voulaient charger sans délai. Barbazan et le prélat étaient d'avis qu'il fallait attendre que le manque de vivres forçât l'ennemi à sortir doses retranchements soit pour livrer combat, soit pour essayer de battre en retraite. Mais les jeunes gentilshommes ne voulurent rien entendre. Ils disaient en se moquant du petit nombre des Bourguignons : « Il n'y en a pas pour nos pages ! » Ils finirent par injurier Barbazan : «Quand on a peur des feuilles, ne failli aller au bois. »

Le vieux héros éclata d'indignation, regarda ces jeunes fous en face et leur dit « qu'ils ne mettraient point la tête de leurs chevaux où serait la queue du sien » !

L'armée alors s'avança, passa le petit ruisseau, sans que les ennemis fissent un mouvement. Ils n'étaient plus qu'à une portée d'arbalète, lorsqu'un incident troubla les âmes superstitieuses. Un cerf sortit tout à coup, effaré, de la forêt, s'arrêta incertain entre lés deux armées, puis se jeta sur les Lorrains, culbuta deux ou trois soldats et disparut. Ce fut pour les gens de René un alarmant pronostic et pour les Bourguignons une promesse de victoire.

Les Lorrains abordèrent l'ennemi avec une irrésistible impétuosité. Du premier choc, ils renversèrent les chariots, emportèrent une partie de l'enceinte.

Mais en ce moment, Toulongeon démasqua ses canons et une foudroyante décharge arrêta les assaillants. En même temps, les archers picards et anglais firent pleuvoir une grêle de traits sur l'infanterie lorraine qui, composée de levées faites dans les villages et n'ayant aucune habitude de la guerre, cessa d'avancer, puis recula en désordre. Les hommes d'armes enfermés dans de lourdes armures, sur des chevaux bardés de fer, évoluaient à grand'peine, s'embarrassaient dans les obstacles accumulés par l'ennemi. Le découragement les gagna. Quelques-uns même se hâtèrent de quitter le champ de bataille et entre autres Jean d'Haussonville et le damoiseau de Commercy qui avaient insisté avec tant de jactance pour en venir aux mains « dont vint d'étranges soupçons ».

Au milieu de la confusion croissante, René et Barbazan faisaient des efforts désespérés pour arrêter la panique et rallier leurs troupes. Tout à coup Toulongeon ordonna à ses hommes d'armes de remonter à cheval et de charger. La cohue lorraine fut écrasée et rejetée sur le ruisseau. Il y eut là un dernier effort.

Beaucoup de gentilshommes périrent, Barbazan tomba lui-même percé de coups[2] . René fut le dernier à combattre.

Comme le roi Jean à Poitiers, il luttait bravement dans un cercle de fer. Ses chevaliers fidèles tombaient un à un, d'autres étaient pris comme le vaillant évêque de Metz. Enfin presque seul, le sol jonché de cadavres autour de lui, trois fois blessé, son armure bossuée, couvert de sang et de poussière, méconnaissable, il rendit son épée à un écuyer. Le comte Antoine aussitôt averti accourut, et déjà il donnait des ordres pour faire conduire le prisonnier à Joinville, lorsque survint Toulongeon qui s'empara du prince et éloigna Vaudémont en le chargeant de poursuivre les deux corps de troupes qu'emmenaient d'Haussonville et le Damoiseau.

Le maréchal entendait garder pour lui ou plutôt pour le duc de Bourgogne, la meilleure part du butin.

Certes, il y avait droit, car c'était à ses habiles dispositions, au bon emploi qu'il avait su faire de l'arme moderne et des hommes à pied, et au ferme maintien de la discipline, que le succès imprévu de la journée était dû.

Ce désastre de Bulgnéville, qui coûta la vie à plus de 2 000 Lorrains, fut mis au rang de nos catastrophes de Crécy, de Poitiers et d'Azincourt, et justement attribué aussi à l'indiscipline, à la légèreté, à la présomption de la jeune noblesse (2 juillet 1431).

Les conséquences en furent cruelles pour René, mais moins fâcheuses pour son duché qu'on aurait pu le craindre. Antoine n'y gagna rien. Lorsqu'il revint de sa poursuite sans avoir pu atteindre le Damoiseau, il apprit que René avait été dirigé vers un château de Bourgogne et que Toulongeon était parti, ramenant ses troupes dans les terres, de Philippe le Bon.

À Nancy et à Bar on se remit vite de l'émotion.

La vaillante Isabelle de Lorraine qui, après tout, était la véritable souveraine, montra beaucoup de sang-froid et d'énergie. Elle convoqua son conseil, se présenta avec ses quatre petits enfants, exposa la situation et fit appel à la fidélité des soigneurs lorrains. La noblesse reconnaissante de la « Déclaration » protesta avec unanimité de son dévouement, et déploya une grande activité. L'armée fut promptement reformée et pour prouver au prétendant qu'il n'avait pas à compter sur le découragement de ses adversaires, elle envahit le comté de Vaudémont, assiégea la capitale Vézelise et le sixième jour, sous les yeux du comte Antoine, elle l'enleva d'assaut et la mit à sac. Le prétendant se tint pour averti, signa une trêve, eut une entrevue très courtoise avec la duchesse et se borna enfin à demander que le litige fût soumis à l'arbitrage des évêques et de trois gentilshommes, désignés d'un commun accord. Ces arbitres devaient en outre former une sorte de conseil de gouvernement.

Cependant le vaincu de Bulgnéville avait été conduit à Dijon et enformé dans une tour du palais ducal qu'on appela depuis « la tour de Bar », René

n'étant reconnu que comme duc de Bar. Il ne pouvait guère compter sur la magnanimité de ce Philippe le Bon qui avait vendu Jeanne d'Arc aux Anglais et restait uni à l'étranger pour faire la guerre au chef de sa race. Le prisonnier essayait de se consoler avec ses livres et ses pinceaux, mais ne laissait pas de songer que sa captivité pouvait être longue, comme en témoignait le duc d'Orléans retenu on Angleterre depuis Azincourt, c'est-à-dire depuis seize ans. Cependant en février 1432, la duchesse Isabelle obtint que l'impitoyable geôlier allât voir son captif. Il parait que Philippe, malgré son dur égoïsme, se laissa toucher par la nature si sympathique de René, il consentit à parler de sa liberté et lui permit même de rentrer dans ses États pour y recueillir une rançon, sans toutefois en fixer le chiffre. On lui accorda un délai d'un an qui fut ensuite prolongé jusqu'en 1435.

Mais il dut remettre ses deux fils aînés en otages, et trente gentilshommes, choisis parmi les plus grands seigneurs de Lorraine, engagèrent leur foi pour son retour au jour fixé[3].

Toute la Lorraine salua avec allégresse le retour de René. Antoine de Vaudémont l'accueillit lui-même « en grand amour ». Les deux adversaires, à ce qu'il semble, avaient la même facilité de caractère et la même légèreté. Ils imaginèrent, à la surprise de bien des gens, de se rendre ensemble à la cour de Philippe le Bon et le prièrent de juger leur querelle.

Le duc de Bourgogne promit d'étudier la question et de prononcer sa sentence le plus tôt possible. En attendant, il leur suggéra un arrangement de nature à faciliter la paix définitive. Il fut convenu que René donnerait la main de sa fille aînée Yolande à Ferri de Vaudémont, fils d'Antoine.

Puis les deux princes, toujours en parfait accord, rentrèrent en Lorraine et s'occupèrent de purger le pays des routiers qui l'infestaient depuis Bulgnéville.

Le plus redoutable de tous, le damoiseau de Commercy; un vrai chef de bandits, acculé dans sa forteresse, allait succomber lorsque l'intervention officieuse du connétable Richemont le sauva.

Cependant Philippe le Bon ne se pressant pas de juger, on convint de porter la cause devant une juridiction plus haute. René et Antoine se rendirent au concile de Bâle et s'adressèrent à l'empereur Sigismond. Celui-ci, après d'interminables plaidoiries qu'il écouta avec patience, se déclara suffisamment éclairé et, par sentence solennelle prononcée devant

les pères assemblés, il adjugea le duché de Lorraine à Isabelle et conféra à René, pour et au nom de sa femme, l'investiture des fiefs relevant de l'empire.

Cette décision mécontenta naturellement Antoine, tandis que Philippe le Bon se montrait fort blessé que les deux plaideurs n'eussent pas attendu son jugement.

René paya cher son succès devant le concile. Dans les derniers jours d'avril 1435, il était à Nancy, se reposant de ses laborieuses campagnes contre les

routiers, lorsque tout à coup il entendit sonner de la trompe devant le palais ducal. C'était Toison d'Or, le héraut de Bourgogne, qui venait lui rappeler la convention et le sommer de rentrer immédiatement dans la tour de Dijon. Sans hésiter, en preux chevalier, il n'attendit pas un jour et dégagea sa parole en regagnant sa prison (1er mai 1435).

On a dit qu'il y montra une humeur indifférente à tout, sans aucun souci de ses intérêts et même de sa liberté. C'est invraisemblable. René n'avait encore que vingt-six ans; il était dans tout le feu de la jeunesse et le vaillant compagnon de la Pucelle, le héros de Chappes et de Bulgnéville n'avait pas encore assez vieilli d'aucune façon pour fermer son coeur à l'espérance et ses yeux aux perspectives que lui offrait l'avenir. Ce qu'il rapportait dans « la tour de Bar » c'étaient les nouveaux titres que la fortune, par une sorte d'ironie, accumulait sur sa tête. La mort de son frère aîné Louis III l'avait fait duc d'Anjou et comte de Provence (12 novembre 1434) et le testament de Jeanne de Sicile venait de lui transmettre les couronnes de Sicile, de Naples et de Jérusalem (2 février 1435).

La duchesse Isabelle qui avait l'ardeur et le génie entreprenant de sa race, n'hésita pas à devancer en Italie son mari prisonnier. Elle y disputa à la maison d'Aragon l'héritage de la reine Jeanne et endura sans défaillance, pendant plusieurs années, de dramatiques alternatives de succès et de revers.

Quant à René, ce ne fut qu'après de longs jours de désespérance qu'il réussit enfin à s'arracher des mains de son impitoyable ennemi. Philippe avait refusé de le comprendre dans le traité d'Arras. Puis il exigea, avec une énorme rançon, la cession du duché de Bar. René résista et protesta noblement qu'il préférait mourir en prison. Le duc de Bourgogne le fit alors transporter en Flandre pour l'avoir sous sa math et agir plus directement sur lui. Mais ce fut lui qui céda enfin et le traité de Lille (28 janvier 1437) rendit la liberté au vaincu de Bulgnéville, moyennant une rançon de 400000 écus d'or, somme énorme pour le temps, payable en plusieurs termes, le premier, 200000, devant être versé immédiatement.

Le dévouement de la noblesse qui offrit des dons considérables, les sacrifices des trois évêques, les aides que votèrent les États le mirent promptement à même de s'acquitter du premier terme.

Il retrouva à la porte de sa prison sa bonne humeur, son amour des plaisirs et des fêtes, son goût pour les tournois, les aventures, les fantaisies poétiques. Puis ayant désigné les évêques de Metz et de Toul et le sire du Châtelet pour administrer les deux duchés avec le 1concours d'un conseil de régence, il partit emmenant avec lui son futur gendre Ferri de Vaudémont et l'élite de la chevalerie lorraine, visita en passant, le roi Charles VII, son beau-frère, s'arrêta à Angers qu'il n'avait pas vu depuis son enfance, s'oublia quelque peu dans une longue route, dépensant gaiement son temps et son argent, prit possession de son comté de Provence et enfin, le 12 avril 1438, il mit à la voile pour aller conquérir son royaume de Naples. Il était désormais dans l'histoire « le bon roi René ».

Dès lors René n'appartient plus à la Lorraine.

Nous n'avons pas à le suivre dans ses brillantes campagnes en Italie où il déploya la plus rare valeur, mais où il rencontra, lui le loyal chevalier, un adversaire qui l'emporta par l'astuce et la trahison.

Il ne revint plus guère dans ses duchés de Bar et de Lorraine où le rappelaient cependant avec instance les régents aux prises avec le comte de Vaudémont et les routiers. En 1444, il était à Nancy et y faisait célébrer dans des fêtes magnifiques le mariage de sa fille Marguerite, «la grande Marguerite », la future héroïne de la guerre des Deux-Roses, avec le roi d'Angleterre Henri VI[4]. A la même époque, ne pouvant rembourser les Messins qui lui avaient prêté de fortes sommes d'argent, il leur fit la guerre de concert avec son beau-frère Charles VII qui avait dessein de s'emparer de Metz, Toul et Verdun pour « rétablir la France clam ses limites naturelles qui allaient jusqu'au fleuve du Rhin». Les deux rois assiégèrent

Metz pendant sept mois. Les bourgeois se défendirent admirablement, puis se résignèrent à payer le maintien de leurs libertés en versant 200000 écus d'or à Charles VII et en donnant décharge à René de 100000 florins de dette. En 1453, la duchesse Isabelle mourut à Angers.

René remit aussitôt le duché de Lorraine à son fils Jean de Calabre, mais il garda le duché de Bar qui lui appartenait en propre. Les deux duchés se trouvèrent de nouveau séparés, mais pour quelques années seulement.

 

[1] Ses œuvres complètes ont été publiées par Th de Quatrebarbes qui les a fait précéder d'une biographie. On a beaucoup écrit sur René Ier. Voir notamment Lecoy de la Marche, Le Roi René, et Célestin Port, Dictionnaire historique de Maine-et-Loire.

[2] Plus tard René fonda en mémoire de Barbazan une chapelle l'église de Vaucouleurs.

[3] Au nombre des trente figurent les quatre grands chevaux du Châtelet, Ligniville , Lenoncourt, Haraucourt, puis les Salm, les Haussonville, les Ludres, les Armoises, etc.

[4] Marguerite d’Anjou était née à Pont-à-Mousson le 23 mars 1429 et aurait dû être nommée Marguerite de Bar, sou père n'étant encore que duc de Bar. À la suite des tragiques péripéties de son histoire, elle se réfugia en Anjou et mourut tristement, pauvre et délaissée, au château de Dampierre près Saumur, le 20 août 1482. (Voir Louis Lallement et Dictionnaire historique de Maine-et-Loire, par Célesfin Fort.)

 

René 1er d'Anjou. Armoiries d'Anjou, de Bar et de Lorraine. René 1er d'Anjou. Armoiries d'Anjou, de Bar et de Lorraine.

René 1er d'Anjou. Armoiries d'Anjou, de Bar et de Lorraine.

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Publié le par Rhonan de Bar
Publié dans : #MAISON DE LORRAINE. LES ORIGINES.

CHARLES II

(1390-1431).

Nous conservons à ce duc le numéro d'ordre qu'il est d'usage de lui donner. Nous nous bornons à faire remarquer que pour retrouver Charles Ier, il faut remonter, contre toute raison, à Charles de Lorraine, frère du roi Lothaire et compétiteur de Hugues Capet, qui fut duc de la Basse-Lorraine et non de la Mosellane.

Le duc Charles avait vingt-cinq ans. Il apportait sur le trône ducal un juste renom de bravoure. A dix-sept ans, il avait combattu avec son père à Roosebeke, à côté du roi Charles VI et du connétable de Clisson.

Il avait été élevé à la cour de Philippe le Hardi, fils de Jean, qui s'était conduit héroïquement à la bataille de Poitiers et que son père, dans l'aveuglement de sa tendresse, avait investi du duché de Bourgogne, à l'extinction de la première maison de ce nom, en 1363. Il eut ainsi occasion de se lier dès l’enfance avec Jean sans Peur, né quelques années après lui. C'est là ce qui explique en partie la politique de son règne, presque toujours antifrançaise et contraire aux traditions de sa famille.

Charles II, peu après son avènement, donna à son frère Ferri un riche établissement. Il lui fit eu outre épouser Marguerite de Vaudémont, héritière du comté de ce nom. C'est de ce mariage que sortit la maison qui devait plus tard recueillir tout l'héritage des deux branches de Lorraine.

Il épousa lui-même Marguerite de Bavière, fille de Robert, électeur palatin, qui fut plus lard élu empereur.

Charles II était pas moins actif et remuant que les princes de sa race. Il vécut cependant en paix pondant quelques années. Il ne prit point part à la croisade française conduite en Hongrie contre les Turcs du sultan Bajazet. Ce fut le comte de Nevers (Jean sans Peur) qui fut le chef de cette expédition. Il était accompagné d'une brillante jeunesse et avait pour conseil quelques-uns des chevaliers les plus renommés de l'Europe, le sire Enguerrand de Coucy, beau-frère du duc Charles II, le maréchal de Boucicaut, le comte d'Eu, connétable de France, etc. Un grand nombre de seigneurs lorrains se joignirent aux croisés et entre autres doux fils du duc de Bar. La noblesse de France y porta son admirable vaillance et sa folle témérité, et se fit massacrer presque tout entière dans la mémorable journée de Nicopolis. Le sultan n'épargna que Jean de Nevers et vingt-quatre des plus hauts seigneurs. L'aîné des doux princes de Bar fut tué sur le champ de bataille et l'autre mourut sur la route en revenant vers la France (1396).

Charles II, s'il faut en croire les biographes, prit part à d'autres croisades moins retentissantes. Il aurait accompagné les Génois dans une entreprise contre Tunis et aurait fait une campagne en Prusse au profit des chevaliers teutoniques.

Il se mêla plus sérieusement et plus longuement aux troubles de l'empire qui suivirent la déposition de Wenceslas l'Ivrogne, et l'élection de Robert de Bavière Les pays lorrains se divisèrent. Le duc Charles naturellement soutint son beau-père, Metz et Toul embrassèrent le parti de l'empereur déchu. La guerre s'étendit bien au-delà de la frontière. Le duc d'Orléans, l’adversaire de Philippe de Bourgogne, lequel était l'ami de Charles II, ayant obtenu de Wenceslas la cession du Luxembourg forma contre le duc de Lorraine une ligue dans laquelle il entraîna le duc de Bar, l'évêque de Verdun, le comte de Salm, le damoiseau de Commercy. Le maréchal de Luxembourg commandant les forces alliées envahit le nord de la Lorraine, remonta la Moselle, passa devant Frouard et s'avança jusqu'à Nancy. Il envoya son héraut d'armes défier insolemment le Duc en l'invitant à préparer un repas dans son château pour les chefs confédérés; Charles demanda si le maréchal voulait lutter contre lui corps à corps ou s'il préférait une action générale. « Une bataille! Répondit le héraut. — En ce cas, je lui donne rendez-vous pour après-demain, outre Nancy et Champigneulles. »

A l'heure dite, les Lorrains poussant leur cri de guerre : Prény ! Prény ! abordèrent l'armée du duc d'Orléans et après une longue et sanglante lutte, la mirent en complète déroute. Le maréchal et ses amis restèrent prisonniers. Au château de Nancy, le dîner se trouva prêt, mais ce fut Charles II qui en fit les honneurs, en célébrant gaiement sa victoire. Le Duc avait fait de nombreux prisonniers et il en tira de grosses rançons. Le damoiseau de Commercy fut surtout traité avec rigueur et fut obligé de se reconnaître désormais vassal du duché de Lorraine.

Les seigneurs battus et châtiés essayèrent de prendre leur revanche l'année suivante. Mais ils furent de nouveau écrasés près de Pont-à-Mousson et la paix fut signée.

Mais qu'étaient ces obscures rencontres en Lorraine à côté des événements tragiques qui s'accomplissaient en France? Philippe le Hardi étant mort, avait été remplacé par son fils le comte de Nevers, Jean sans Peur (1404). La rivalité des deux maisons d'Orléans et de Bourgogne s'exaspéra. En 1407, le frère du roi fut assassiné, et Jean sans Peur confessa audacieusement qu'il avait commandé le meurtre ; il en fit même faire l'apologie par le moine Jean Petit.

Charles II n'avait point participé au crime, mais il ne le désapprouva point et resta étroitement uni à Jean sans Peur. Il paraît à cette époque animé d'une véritable haine contre la France, qu'il confond avec le parti des Armagnacs ou d'Orléans. En 1409 il rédigea son testament et y introduisit cette clause ; « Au cas où nous ne laisserions de notre mariage que des filles, nous voulons et ordonnons que nos exécuteurs testamentaires ne les puissent marier à homme qui soit sujet du roi de France. » Cette année-là même, par un curieux synchronisme, naissait au château d'Angers, René d'Anjou, un prince français qui devait être son gendre et son héritier.

Ce qui avait poussé Charles II à rompre l'union de sa famille avec les rois de France, ce n'étaient pas seulement ses étroites relations avec la maison de Bourgogne, c'étaient aussi des griefs personnels nés de sa querelle avec la commune de Neufchâteau.

Nous avons vit que son père Jean Ier lui avait légué un procès pendant devant le parlement de Paris. Dès la seconde année de son règne, en 1391, la Cour avait confirmé Contre lui l'arrêt donnant raison sur tous les points aux bourgeois. Elle envoya même un de ses membres pour faire exécuter l'arrêt et, devant lui, fut «bouchée, murée et estoupée la poterne qui issoit aux champs» en même temps qu'on détruisit les travaux exécutés du côté de la ville. Le Duc dissimula son ressentiment et fit même gracieuse mine aux habitants, si bien qu'en 1398, il déclarait encore, dans une séance du parlement, qu'il avait remis aux habitants « tout le mautalent et ire qu'il avait contre eux ». Mais en 1403, il alla les voir et les harangua comme avait fait son père. On transigea ; les bourgeois reconnurent que le Duc avait le droit d'établir en son château des poternes pour sortir et pour entrer, et, de son côté, le Duc leur fit remise de sept mille francs restant dus sur les dix mille promis à Jean Ier.

Mais la querelle un instant assoupie reprit bientôt avec une âpreté croissante. C'est qu'au fond il s'agissait d'autre chose que d'une poterne et de quelques taxes. Charles II reprochait, non sans raison, aux habitants de se considérer comme sujets du roi plus que comme sujets du Duc. A chaque instant, ils en référaient au suzerain. Ils comptaient sur les gens du roi pour les défendre contre leur souverain naturel.

Le Duc ne pouvant les détacher de la France, cherchait à secouer le joug de sa vassalité et prétendait que Neufchâteau relevait de l'empire et non du roi.

Irrité de l'attitude des bourgeois, il les maltraitait, les rançonnait, enlevait les plus riches, pillait leurs maisons, les enfermait dans son château ou les internait dans la Lorraine allemande. Il comptait, au milieu des troubles suscités par la démence de Charles VI, sur l'amitié du duc de Bourgogne. Il en vint à ne plus garder aucune mesure et exerça une oppression vraiment despotique sur cette malheureuse commune[1].

Le parlement de Paris s'honora par sa fermeté et ne craignit pas de frapper le duc de Lorraine, sachant bien qu'il frappait en même temps, le duc de Bourgogne.

Charles et ses officiers, complices de ses violences, furent assignés à trois reprises différentes. Ils ne daignèrent même pas répondre. Alors la Cour, jugeant par défaut, le 1er août 1412, condamna Charles II et ses officiers à remettre en liberté les bourgeois qui avaient été emprisonnés ou internés et à leur restituer tout ce qu'on leur avait enlevé. L'arrêt ajoutait, ce qui était plus grave, que tous les fiefs relevant de la couronne de Franco seraient confisqués, que les habitants de Neufchâteau cesseraient d'être Lorrains, que le duc et ses coaccusés, pour cause de félonie, seraient bannis de France. Le duc de Baretundes présidents du parlement étaient chargés de l'exécution de l'arrêt.

Charles ne s'émut pas de sa condamnation. Il vint à Paris pour braver ses juges. Il s'était entendu avec son ami Jean sans Peur qui devait le présenter au roi, en, son hôtel de Saint-Paul, à l'issue de la messe. Les gens du parlement en furent informés.

Ils se rendirent au palais. Au moment où la présentation avait lieu devant une nombreuse assemblée, ils entrèrent, à la grande surprise des ducs. Le chancelier leur demandant ce qu'ils venaient faire, l'avocat du roi, Juvénal des Ursins, s'agenouilla suivant l'usage devant le roi et exposa les faits reprochés au duc de Lorraine et requit justice. «Juvénal, dit le duc de Bourgogne embarrassé, ce n'est pas la manière de faire.»  Mais le magistrat sans se troubler répondit : «qu'il fallait faire ce que la Cour avait

ordonné, que ceux qui étaient bons et loyaux vinssent à eux, que ceux qui étaient contre eux se tirassent avec le duc de Lorraine.  Si imposante fut la courageuse attitude de Juvénal que Jean sans Peur qui « tenait le duc de Lorraine par la manche», le laissa aller et s'éloigna. Alors Charles II, abandonné de tous, «pria au Roy bien humblement qu'il lui voulus! pardonner et qu'il le serviroit loyaument». Le pauvre insensé lui pardonna tout et pardonna ses bannissements et confiscation et eut le duc rémission ».

Le duc n'en fut pas moins cruellement mortifié par cette scène. Il en garda un profond ressentiment au malheureux Charles VI et resserra ses liens avec la faction de Bourgogne.

Cependant il parut se désintéresser pendant quelque temps des affaires de Franco. Il se tournait plutôt du côté de l'Allemagne. Nous le trouvons en novembre 1414 au couronnement de Sigismond, roi des Romains. L'année suivante, il va se montrer au concile de Constance avec un brillant cortège.

Les sanglantes rivalités des Armagnacs et des Bourguignons continuent à désoler le royaume. Les Anglais en profitent et reprennent la guerre de Cent ans. Charles II ne se rend pas au camp français.

Mais la noblesse lorraine y va avec son dévouement ordinaire. Elle est présente à cette fatale bataille d'Azincourt où périrent plus de huit mille gentilshommes (25 octobre 1415). Parmi ceux qui succombèrent on trouva Edouard III, duc de Bar, et son frère le comte de Puisaye ; Ferri, comte de Vaudémont, frère de Charles II; le sire le Blâmont et une foule de chevaliers de haute lignée.

Charles reparut sur la scène avec son ami Jean sans Peur en 1417. Ils délivrèrent la reine Isabeau, enfermée à Tours par les Armagnacs, et essayèrent d'organiser avec elle un gouvernement. Le duc de Lorraine reçut même l'épée de connétable On ne voit pas qu'il en ait fait aucun usage et il ne la garda que quelques mois.

Le Duc revint en Lorraine avant la fin de 1418, à la suite du massacre des Armagnacs qui inonda Paris de sang. Nous ne savons pas ce qui s'était passé entre lui et Jean sans Peur. Il paraît certain qu'il ne le vit plus et qu'il devint plus sympathique à la cause française pour laquelle il avait jusque-là montré tant d'aversion. Le meurtre de Jean sans Peur sur le pont de Montereau (10 septembre 1419) acheva de rompre les liens qui l'attachaient aux Bourguignons. Il refusa d'adhérer au traité de Troyes, à la déchéance du dauphin et à la déclaration qui instituait Henri V d'Angleterre héritier du roi de France.

Sa grande affaire désormais, c'était d'assurer son héritage à sa fille Isabelle de Lorraine. A cette question se lia celle de la succession du duché de Bar. Ces deux questions ayant une importance extrême, il est nécessaire de s'y arrêter.

Robert, duc de Bar, avait épousé, en 1364, Marie de France, fille du roi Jean. De ce mariage naquirent Édouard III qui mourut à Azincourt, deux autres fils qui succombèrent dans la campagne de Nicopolis, un quatrième fils qui entra dans L’Église et devint le cardinal Louis, évêque de Châlons, plus tard de Toul, et enfin une fille, Yolande de Bar, qui épousa Pierre IV, roi d'Aragon, Après Azincourt, il ne resta d'autre héritier mâle que le cardinal Louis qui fut reconnu duc de Bar.

Mais Yolande, reine d'Aragon, réclama sa part de l'héritage. Cette princesse avait eu elle-même une fille, nommée aussi Yolande, qu'elle avait mariée au duc Louis d'Anjou. C'était une femme fort intelligente et avisée. Pour mettre fin au procès, elle proposa à son grand-oncle le cardinal d'adopter pour héritier son second fils, René d'Anjou, tout en conservant le duché sa vie durant. Le cardinal acquiesça à cet arrangement.

Yolande et lui étant d'accord, négocièrent le mariage de René avec Isabelle de Lorraine, fille et héritière de Charles II.

Le Duc étant longtemps resté l'ennemi de la France ou tout au moins des Armagnacs, il lui en coûtait peut-être encore de donner la main de sa fille à un prince français, contrairement à son testament de 1409. Mais son bon sens politique l'emporta sur ses répugnances. Il comprit qu'il y avait là une occasion unique de doubler l'importance de son patrimoine et de mettre fin à « cette éternelle bataille qui avait été la vie des pays lorrains (Michelet)».

Le 20 mars 1419, le cardinal et le Duc se rencontrèrent au château de Foug et signèrent les articles du traité de mariage. René n'avait encore que dix ans. Il fut convenu qu'en attendant sa majorité, il viendrait en Lorraine et serait remis à la garde et à la direction du duc Charles II.

Ce traité ne resta pas longtemps secret. Les Anglais en eurent vent et afin d'en empêcher l'exécution, ils demandèrent la main de la princesse Isabelle pour le duc de Bedford, frère du roi Henri V. Il y eut un projet de conférence dans les environs de Troyes, mais le Duc déclina l'invitation.

Le cardinal pressa la réalisation du mariage le plus possible. Sans attendre que le jeune prince fût arrivé, il réunit les États du Barrois à Saint-Mihiel et déclara solennellement faire cession à son héritier du duché de Bar, du marquisat de Pont-à-Mousson et de tous ses autres domaines (13 août 1419). L'année suivante, le mariage fut célébré à Nancy en grand appareil (14 octobre 1420).

Cependant René d'Anjou avait un compétiteur sérieux, c'était Antoine de Vaudémont, fils du comte Ferri mort à Azincourt, et par conséquent neveu de Charles II et son plus proche héritier mâle. Il n'osa point tout d'abord manifester ses prétentions ; il se contenta de faire savoir dans ses propos privés qu'il ne les abdiquait pas. Le Duc inquiet l'invita à s'expliquer et, sur ses réponses évasives, le somma impérieusement de lui envoyer des lettres de renonciation.

Puis il convoqua les États, et le 13 décembre 1425, la noblesse déclara que la Lorraine était un fief féminin et jura devant lui de reconnaître Isabelle pour dame et duchesse après la mort de son père et, à son défaut, sa soeur Catherine.

Charles ne s'en tint point là et, pour obliger Vaudémont à reconnaître le principe posé par la Chevalerie, fit envahir ses domaines par une petite armée qui s'empara de Vézelise, mais qui poursuivit vainement pendant trois ans le siège de l'inexpugnable forteresse de Vaudémont.

René d'Anjou était sorti de tutelle à Bar (en 1424) et était censé gouverner son duché, tout en laissant la haute main à son beau-père et obéissant aux directions de son grand-oncle. Il avait guerroyé pour son compte dans le comté de Vaudémont. Il suivit le Duc dans une guerre contre les Messins, allumée pour une cause futile[2], mais dans laquelle on croit voir, comme à Neufchâteau, le mauvais vouloir dont il était animé à l'égard des bourgeois. Metz était une véritable république municipale très fière de son indépendance conquise sur l'évêque et de ses richesses acquises par l'activité de son industrie et de son commerce. La lutte se prolongea pendant quatre ans avec un caractère d'animosité extraordinaire. Charles et René levèrent de véritables armées où l'on compta, dit-on, jusqu'à 10000 cavaliers et 20000 hommes d'infanterie. Les Messins de leur côté soldèrent de fortes bandes de mercenaires. Tout le pays autour de Metz et les campagnes au nord de la Lorraine furent plusieurs fois saccagées. De guerre lasse on fit la paix ; le vaincu fut en réalité le duc de Lorraine qui s'était flatté de s'emparer de la riche cité impériale.

René de Bar avait quitté son beau-père au mois de juillet 1429, attiré on France par le bruit que faisait la marche triomphale de Jeanne d'Arc. Il arriva à Reims quelques heures avant le sacre de son beau-frère le roi Charles VII. Il y assista et se joignit avec 3000 hommes, Lorrains ou Barrisiens, à l’armée française.

Quelques mois avant, le cardinal, troublé par le succès croissant des Anglais, lui avait persuadé des reconnaître Henri V et s'était rendu lui-même, pourvu de sa procuration, auprès du régent Bedford et lui avait fait hommage pour toutes les terres et seigneuries que le duc de Bar tenait de la couronne (10 mai 1429). René se dégagea de ces faiblesses de vieillard et, par une déclaration publique, datée du 3 août 1429, signifia au duc de Bedford qu'il rompait le pacte fait en son nom par son oncle et renonçait « à tous les hommaiges, foy, serments et promesses qu'il avait faicts ».

Dès lors René se conduisit en vrai prince de la fleur de lys. A la tête de ses 3 000 Lorrains, il appuya l'armée royale, et, d'accord avec le vaillant capitaine Barbazan, nommé gouverneur de la Champagne, fit une rude guerre aux Anglais, poussa des excursions en Picardie et dans l'île de France, rejoignit Jeanne d'Arc sous les murs de Paris, puis, au retour, remporta une brillante victoire à Chappes, en Champagne, sur la chevalerie bourguignonne que commandait le maréchal de Toulongeon.

Charles II ne s'engagea point de sa personne dans ces événements. Il vieillissait, la goutte l'empêchait île monter à cheval. Peut-être aussi ses souvenirs de jeunesse n'étaient-ils pas éteints: il avait été si longtemps Bourguignon de cœur avec Philippe le Hardi et surtout avec Jean sans Peur, en qui certes il ne pouvait pas deviner le grand-père de Charles le Téméraire!

Cependant il paraît certain qu'il avait changé de camp et, suivant quelques historiens, il était poussé vers la France par l'influence de la belle Alizon du May, une Française peut-être, qui «le gouvernait tout à sa volonté » (Michelet).

Dans un temps où la plupart des seigneurs, — et des plus grands, comme Philippe le Hardi, duc de Bourgogne, — ne savaient ni lire ni écrire, Charles II était un lettré et lisait les auteurs latins dans leur langue originale, notamment Tive-Live et César qu'il emportait dans ses voyages et dans ses expéditions.

[1] Charles II brava ouvertement et insulta son suzerain. « Il enjoignit d'arracher les pennonecaux et escussons aux armes du roy qu'on avai tattachez en aulcuns lieux en signe de sauve-garde, les fit lier à la queue de son cheval et les traîna dans la boue. Digot, t. II, p. 519.

[2] Pour une hottée de pommes que l'abbé do Saint-Martin, abbaye située sur terre ducale, avait fait porter à Metz sans acquitter le droit de sortie.

 

MAISON DE LORRAINE. LES ORIGINES : CHARLES II.

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RAOUL

(1328-1346).

Raoul n'ayant guère plus de neuf ans, sa mère, Isabelle d'Autriche, fut investie de la mainbournie et de la régence par les États qui lui  recommandèrent de suivre « les conseils et les bons avisements » de l'évêque de Toul, Thomas de Bourlémont. Mais Isabelle n'accepta pas ce surveillant. Elle lui fit même la guerre et lui enleva sa forteresse de Liverdun qui fut démolie. En 1334, la régente remit le pouvoir à son fils qui venait d'épouser Marie de Blois, nièce de Philippe de Valois et soeur de ce comte Charles de Blois, si célèbre depuis dans les guerres de la succession de Bretagne.

Raoul reprit la querelle de sa mère avec l'évêque de Toul. Ce prélat avait relevé le fort de Liverdun et y avait mis mie garnison barrisienne. Naturellement le comte de Bar, Henri IV, soutint l'évêque. L'intervention de Philippe VI mit fin aux hostilités. Le roi de France faisait sentir de plus en plus son action de suzerain. Il se rapprocha du Barrois en achetant par voie d'échange au sire de Joinville la ville de Vaucouleurs et y entretint une garnison que nous y retrouverons au temps de Jeanne d'Arc (1334).

Raoul était bien de sa race, guerroyeur et aventureux. Inoccupé chez lui, il répondit à l'appel du pape Jean XXII et alla faire une croisade contre les Maures en Espagne. II se couvrit de gloire à la terrible bataille de Tarifa où Alphonse de Castille sauva son royaume (1340).

En 1341, il passa en Bretagne pour défendre la querelle de son beau-frère Charles de Blois contre Jean de Montfort. Les chroniqueurs ont vanté ses prouesses. Il figura dans un combat de deux cents chevaliers français contre un nombre égal de chevaliers bretons du: parti ennemi. Nous ne rentrons en Lorraine, à la suite du duc Raoul, que pour assister à ces guerres perpétuellement renaissantes contre les évêques de Metz et les seigneurs leurs alliés. Nous ne nous attarderons point à des récits monotones où, malgré l'épisode romanesque de la châtelaine de Vandières, on ne trouve aucun intérêt.

Cependant la guerre de Cent ans à laquelle la France et l'Angleterre préludaient depuis plusieurs années, était entrée dans une phase décisive. Le roi Edouard III avait débarqué en Normandie, puis s'était dirigé vers les Flandres à la tête d'une armée dont la noblesse ne soupçonnait pas la force, ignorant ce que pouvaient l'infanterie des archers et les engins de l'artillerie. Raoul avec ses Lorrains, au nombre de plus de trois cents lances, rejoignit Philippe VI près d'Abbeville. Il fut à ses côtés dans cette bataille de Crécy, l'une des journées les plus désastreuses de notre histoire (26 août 1346). Au milieu de l'épouvantable désordre causé par l'indiscipline féodale, le duc de Lorraine et ses amis, Edouard II de Bar et les comtes de Vaudémont et de Salin refusant de fuir, formèrent un groupe serré et se lancèrent d'un élan désespéré au plus épais de la mêlée. Ils percèrent jusqu'auprès du roi anglais. Mais aucun d'eux n'en revint. Le voisin de Raoul, le vieux roi de Bohême Jean de Luxembourg, ne voulut pas non plus survivre à la défaite et s'étant fait conduire au milieu de la bataille, « il férit son dernier coup d'épée » et tomba. En moins de vingt ans, c'était le second duc de Lorraine mort pour la France.

C'est le duc Raoul qui fonda, vers 1339, à Nancy la collégiale de Saint-Georges où les ducs venaient prêter serment le jour de leur entrée solennelle et où plusieurs eurent leurs sépultures (1).

(1) La collégiale comptait vingt chanoines .Leur doyen avait le titre de prévôt et jouissait de nombreux privilèges. (V.Lionnois.)

MAISON DE LORRAINE. LES ORIGINES : RAOUL.

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FERRI IV

(1312-1328).

Le XIVième siècle est l'âge héroïque de la Lorraine et du Bar. Ces belles races féodales dont les chefs sont de vrais paladins s'éloignent peu à peu de l'Allemagne à laquelle ne les rattachent ni leurs affinités ni leurs intérêts, et se sentent de plus en plus attirées vers la nation la plus chevaleresque de l'Ouest, dont elles sont après tout une portion détachée. Durant cette période, les souverains de Bar comme ceux de Lorraine deviennent les soldats de la France, la suivent et se dévouent à sa fortune jusqu'à mourir pour elle. Leur histoire intérieure manque d'intérêt.

La Lorraine n'est plus en Lorraine, elle est tout entière soit à Paris, soit sur les champs de bataille français.

Dès les premiers jours, Ferri IV fit voir qu'il ne changerait rien à la politique de ses deux derniers prédécesseurs. Il châtia vigoureusement les seigneurs qui tentaient de renouer les ligues. Les deux les plus insoumis et les plus puissants, les comtes de Dagsbourg et de Réchicourt, furent mis en pleine déroute au combat de Lorquin et n'y revinrent plus.

D'autre part, il se réconcilia avec le comte de Bar qui était prisonnier depuis la bataille de Frouard, c'est-à-dire depuis six ans, et lui rendit la liberté moyennant une forte rançon. Le comte ne lui tint pas rancune et se lia avec lui par un traité d'alliance.

Ferri avait épousé dès 1304 Isabelle d'Autriche, fille d'Albert, roi des Romains, et petite-fille de Rodolphe de Habsbourg. Ce mariage l'entraîna dans les troubles qui suivirent la mort de l'empereur Henri VII de Luxembourg (1318). Il conduisit une armée lorraine en Allemagne pour soutenir la cause de son beau-frère Frédéric d'Autriche. La guerre qui dura plusieurs années se termina par la sanglante défaite de Muhldorff où Frédéric et Ferri IV furent faits prisonniers (1322). Le Duc recouvra sa liberté par la médiation du roi de France. De retour dans ses États, il les trouva en proie à une affreuse misère, conséquence ordinaire des guerres privées, accrue par une horrible famine qui dura quatre ans et fut telle qu'on vit des malheureux détacher des gibets les corps des suppliciés pour s'en nourrir. Le Duc fit tous ses efforts pour adoucir les souffrances publiques et mettre un terme au brigandage de la soldatesque féodale.

La carrière de Ferri IV se termina tragiquement mais glorieusement dans une bataille. Philippe VI de Valois inaugurait sa dynastie par une campagne contre les Flamands. Le duc de Lorraine et le comte de Bar furent appelés, en raison de leur vassalité, à fournir leurs contingents. Ils partirent tous les deux.

Une foule de seigneurs les accompagnèrent. Les bourgeois flamands s'étaient retranchés sur une hauteur à Cassel, près de Lille. Bravement, ils défiaient le roi de France et ses bannières [1]. Ils eurent le tort de descendre trop tôt, impatients de livrer la bataille.

On en tua 13000. Mais un grand nombre de chevaliers succombèrent et parmi les morts on retrouva le corps de Ferri IV. Ce fut le premier duc lorrain qui mourut pour la France (23 août 1328).

 

[1] On sait la bravade inscrite sur leur drapeau : « Quand ce coq-el chantera, le roi trouvé ci entrera. »

MAISON DE LORRAINE. LES ORIGINES : FERRI IV.

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THIÉBAULT II

(1303-1312).

Thiébault continua son père. Comme lui il s'attacha à affaiblir la chevalerie. Plus que lui, il se sentit entraîné dans la sphère de la France.

Avant son avènement, il avait déjà reçu en dot les villes de Lorraine qui relevaient de la Champagne, c'est-à-dire désormais de la France, Neufchâteau, Châtenois, Montfort, Frouard. Son père Ferri avait ainsi échappé à l'obligation de rendre personnellement l'hommage au roi Philippe. Thiébault remplit la formalité en 1300, il fournit son contingent à l'armée française et assista à cette funeste bataille de Courtrai où les vilains et manants écrasèrent dans un fossé la chevalerie française (1302). Fait prisonnier, il se racheta au prix d'une grosse rançon.

L'année suivante, il commençait son règne et peu après il se rendait encore à l'appel de Philippe IV qui montait vers la Flandre pour prendre sa revanche de Courtrai. Cette fois les bourgeois furent cruellement battus à Mons-en-Puelle et le duc de Lorraine fut remarqué pour sa bravoure (1304).

Thiébault II accompagna le roi triomphant à Paris, puis il l'amena en Lorraine et lui donna « maintes festoiries ». Le roi semblait l'avoir pris en grande amitié et prodiguait des conseils à sa jeunesse[1]. Le Duc adopta ses maximes administratives, et visa aussi au pouvoir absolu. Pour battre plus sûrement en brèche la Chevalerie, déjà affaiblie par son père, il osa interdire les guerres privées. L'ordonnance défendait «à tous chacuns nobles, ayant chastelet ou fief, d'armer ost et faire ordre de guerroyer, sous quelque prétexte que ce soit, sans que le duc l'ait permis », ce dont furent « les gentilshommes lorrains grandement esbahis et courroucés ». Pour faire respecter une telle innovation, il fallait pouvoir l'imposer par la force. Les seigneurs irrités se liguèrent et entrèrent en campagne.

Thiébault, à la tête de ses vassaux directs, auxquels il joignit des mercenaires, livra bataille aux mécontents près de Lunéville, les vainquit, les dispersa et poursuivant énergiquement sa victoire, bannit les plus dangereux et démantela leurs châteaux.

En 1305, nous le retrouvons près de Philippe le Bel, qu'il accompagne à Lyon pour assister au couronnement du pape Clément V. Il manqua de périr pendant la cérémonie, par suite de l'écroulement d'un mur qui écrasa plusieurs gentilshommes et lui cassa une jambe et un bras.

Cette catastrophe le retint assez longtemps éloigné de ses États. Lorsqu'il y rentra, il les trouva en proie à des ravages qu'y exerçait sans résistance le comte de Vaudémont, Henri III. Ayant rassemblé à la hâte quelques soldats, il essaya de se défendre, mais fut battu deux fois à Réméréville et à Pulligny et obligé, pour en finir, de donner la main de sa soeur au vainqueur.

Il sortit avec plus d'honneur d'une guerre avec Renaud de Bar, évêque de Metz, qui refusait d'admettre le droit conféré au Duc par le pape Clément V de lever des décimes sur les biens ecclésiastiques pour aider les chevaliers hospitaliers à conquérir sur les Turcs File de Rhodes. L'évêque entraîna dans son parti son frère Edouard Ier, comte de Bar, et le comte de Salin. Ses forces étant de beaucoup supérieures, le belliqueux prélat s'empara de Lunéville et alla assiéger Frouard. Le Duc sut par d'habiles manoeuvres compenser l'avantage du nombre.

Tandis que les alliés se formaient en bataille dans une plaine au confluent de la Moselle et de la Meurthe, Thiébault s'empara d'une colline et s'y retrancha. Les Messins impatients commencèrent à gravir la hauteur ! Alors les cavaliers lorrains mirent pied à terre et firent rouler des cailloux et des rochers sur les assaillants. Déconcertés par cette avalanche, l'évêque

et ses amis reculent en désordre. Les Lorrains les suivent, reprennent l'offensive et, étant remontés à cheval, les culbutent et achèvent la déroute. Les comtes de Bar et de Salm restent prisonniers. L'évêque, plus heureux, s'échappe (1308).

Au retour d'un voyage qu'il fit en Italie, Thiébault tomba malade et se crut empoisonné (1309), mais il continua à s'occuper de ses affaires. Il faillit se brouiller avec son grand ami Philippe le Bel pour une question de monnaie soulevée par la commune de Neufchâteau. On sait que le roi de France ne se faisait aucun scrupule de falsifier les monnaies pour se créer des ressources. Les Neufchâtelois à tort ou à raison — à tort, suivant toute probabilité, — accusèrent le duc d'imiter l'indélicatesse du roi. Thiébault irrité fit arrêter les bourgeois qui le calomniaient.

Une sédition éclata. Les habitants sollicitèrent l'intervention du suzerain. Philippe aussitôt fit occuper militairement la ville, mit en liberté les prisonniers et des troupes menacèrent la Lorraine. Le Duc, trop faible pour affronter une lutte ouverte, entama des négociations.

Une autre affaire lui causa de graves soucis et il n'en vit point la fin. Nous voulons parler du procès des Templiers. Ces religieux-soldats avaient de nombreuses commanderies en Lorraine. Ils furent poursuivis comme en France, évidemment à l'instigation de Philippe IV. On manque de détails précis sur ce qui fut fait. Il parait que les enquêtes ne révélèrent aucune charge sérieuse contre les chevaliers. Leur plus grand crime était leurs richesses. Ils furent enveloppés dans le désastre qui les atteignit en France.

Après la suppression de Tordre, les chevaliers furent bannis et leurs biens distribués aux Hospitaliers et à d'autres maisons religieuses. Il est probable qu'il resta une partie des dépouilles entre les mains des seigneurs et peut-être du prince. Il semble qu'il n'y eut de violences commises que dans une seule de ces maisons. Quelques chevaliers s'étaient retirés dans la commanderie de Brouvelieures, perdue au milieu des Vosges, espérant y rester cachés. Mais une nuit la population du voisinage, ameutée on ne sait par qui, assaillit cet asile massacra les chevaliers, pilla la maison et la rasa jusqu'au sol (1313).

Le duc Thiébault ne fut pour rien dans ces violences : il était mort le 12 mai 1312.

[1] Ce qui n'empêchait pas ce roi si paternel d'agréer et de goûter très fort un mémoire dans lequel était développé un plan de conquête de la Lorraine. On procéderait par le ravage et l’incendie des campagnes. «La vie des hommes serait épargnée.... On se contenterait de leur couper une main et un pied pour ne pas précipiter leurs âmes dans l'enfer. » Voir un curieux résumé dans Digot,T II, p. 186.

 

Blason Lorraine.

Blason Lorraine.

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LE RAYON SOUS LA CENDRE.

Le Roi n'est pas mort, puisque nous sommes, nous Monarchistes, vivants.

RHONAN DE BAR.

Lous XX. Procession du 17 mai 2014.

Lous XX. Procession du 17 mai 2014.

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