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L'Avènement du Grand Monarque

L'Avènement du Grand Monarque

Révéler la Mission divine et royale de la France à travers les textes anciens.

Publié le par Rhonan de Bar

DATES ET EVENEMENTS Liés à la MONARCHIE FRANCAISE

ET A SES PAIRS.

 Le 16ième siècle.

RHONAN DE BAR

ANNÉE 1521.

15 Avril : Condamnation des thèses luthériennes par la faculté de théologie de Paris.

28 Avril : François 1er, suite au décès de Suzanne de Bourbon[1], réclame les duchés d’Auvergne et de Montpensier.

8 Mai : Signature secrète du Traité entre Léon X et Charles Quint.

19 Mai : Début de la guerre entre l’Empire et la France.

13 Août : Prise de Mouzon (Champagne) par les troupes de l’Empire commandées par le comte de Nassau.

31 Août : Début du siège de Mézières (aujourd’hui Charleville-Mézières) par le comte de Nassau.

22 Octobre : Sursaut d’orgueil des troupes françaises à hauteur de Valenciennes.

23 Novembre : M. Lautrec s’enfuit par la porte de Côme. Milan tombe aux mains des troupes de l’Empire.

1er Décembre : Décès du Pape Léon X.

ANNÉE 1522.

9 Janvier : Élection d’Adrien VI à la tête de l’Église de Rome. 

22 Janvier : Naissance à Saint-Germain en Laye de Charles[2]

27 Avril : Défaite des troupes françaises lors de la Bataille dite « de la Bicoque ». Malgré l’indiscipline des Suisses, M. Lautrec a fait preuve de grandeur.

28 Avril : Mort à Châtellerault de la duchesse Suzanne de Bourbon. S’ouvre alors un conflit entre Madame de Savoie –la Reine mère- et le Connétable de Bourbon au sujet de l’héritage. 

3 Mai : Les troupes françaises perdent Crémone et Gênes.

29 Mai : Clarence, Roi d’armes d’Henry VIII, rejoint François 1er à Lyon. Déclaration de guerre.

14 Novembre : Mort d’Anne de France, dite Anne de Beaujeu au château de Chantelle.

17 Novembre : Perte de Milan par l’armée française.

ANNÉE 1523.

15 Avril : Martin Bucer [3] arrive à Strasbourg. Il y met la Réforme en place.

5 juin : Naissance à Saint-Germain-en-Laye de Marguerite -7ième enfant du couple royal-.

Juillet : L’Angleterre et le Saint-Empire décident d’envahir la France.

12 Août : Les livres de Luther sont brûlés sur le parvis de Notre-Dame à Paris.

11 Septembre : François 1er décide de l’arrestation du Connétable de Bourbon pour trahison.

14 Septembre : L’armée française marche sur Milan. Mort du Pape Adrien VI.

22 Septembre : Naissance de Charles 1er de Bourbon[4].

19 Novembre : Élection au Pontificat de Jules de Médicis. Il prend le nom de Clément VII.

ANNÉE 1524.

30 Avril : Le Chevalier Bayard [5]perd la vie à la Bataille de Sesia.

7 Juillet : Le Connétable passe le Var et envahit la Provence.

7-10 Juillet : Plusieurs villes de Provence, ralliées au Royaume sous Louis XI ouvrent leurs portes aux troupes de l’Empire.

20 Juillet : Mort à Blois de Claude de Bretagne.

24 Septembre : Le Connétable ordonne l’assaut de la ville de Marseille.

8 Septembre : Mort à Blois de Charlotte, deuxième fille de François 1er et Claude de Bretagne.

28-29 Septembre : Repli du Connétable de Bourbon au-delà des Alpes après sa défaite devant Marseille.

28 Octobre : Siège de Pavie par les troupes françaises.

ANNÉE 1525.

24 Février : François 1er ; alors prisonnier de Charles Quint est embarqué pour l’Espagne. Mort de M. de La Palice[6].

30 Août : Négociation du Traité de Moore entre Louis de Savoie (Régente) avec Henri VIII. Alliance définitive entre les deux pays.

28 Septembre : Charles Quint, craignant plus pour la rançon que pour la vie même de son captif, se rend au chevet de François 1er.

ANNÉE 1526

14 Janvier : François 1er, par le Traité de Madrid, renonce à ses droits sur Naples et Milan.

21 Février : François 1er quitte Madrid et se rapproche de la frontière.

18 Mars : Echange de François 1er contre deux de ses fils.

22 Mai : Signature par François 1er à Cognac d’un traité d’alliance dit « Ligue de Cognac » entre La France, le Pape Clément VII, les Vénitiens et Sforza.

24 Juillet : Le château de Milan tombe aux mains des Impériaux.

ANNÉE 1527.

10 Janvier : Anne de Montmorency[7] épouse Madeleine de Savoie à Saint-Germain-Laye.

30 Janvier : Le Connétable se joint à Plaisance à l’armée de Frundsberg[8].

17 Mars : Mort de ce dernier. Bourbon prend seul le commandement des armées.

30 Avril : Signature de trois traités entre François 1er et Henri VIII.

5-6 Mai : Siège de Rome par le Connétable. Mort de ce dernier le 6 lors de l’assaut.

24 Juillet : François premier siège au parlement de Paris.

9 Août : Poncher, trésorier général et Semblançay, surintendant des finances, sont pendus au gibet de Montfaucon.

18 Août : Confirmation par une rencontre à Abbeville entre François 1er et le Cardinal Wolsey (émissaire d’Henri VIII) qui entérine les Traités du 30 avril.

1er Octobre : M. Lautrec et ses troupes pillent Pavie.

21 Octobre : Naissance de Louis de Lorraine[9].

9 Décembre : Le pape réussit à s’échapper du Château Saint-Ange

10 Décembre : Annulation par le Parlement de Paris de la clause du Traité de Madrid.

16 Décembre : Approbation de la politique de François 1er par divers Grands du Royaume.

30 Décembre : Entérination définitive de l’approbation du 16 dudit mois par les Grands du Royaume.

ANNÉE 1528.

9 Janvier : Départ de Bologne de M. Lautrec et de ses troupes.

22 Janvier : Déclaration de guerre commune (France-Angleterre) à Charles Quint.

3 Février : Ouverture du Concile de Sens qui, le 09 Octobre condamnera les idées luthériennes.

10 Février : M. Lautrec passe le Tronto et entre dans les Abruzzes.

15 Mars : Lettres Patentes : Le pouvoir royal se déplace du Val de Loire à Paris.

1er Mai : M. Lautrec et ses troupes mettent le siège devant Milan.

31 Mai : Profanation d’une statue de la Vierge à Paris. François 1er en prend ombrage. Il refuse de couvrir le parti réformateur.

11 Juin : Procession. François 1er ayant fait réaliser une statue en argent, celle-ci vient remplacer celle renversée. Plusieurs Grands du Royaume sont présents. 

12 Août : Le Comté de Guise est élevé au rang de Duché-pairie. Claude de Lorraine [10]devient Duc de Guise.

15 Août : Mort de M.Lautrec victime, comme ses troupes, d’une épidémie lors du siège de Naples. Marquis de Saluces prend le commandement.

12 Septembre : Les Français sont chassés de Gênes par la flotte impériale commandée par Doria.

16 Novembre : Naissance à Saint-Germain-en-Laye de Jeanne d’Albret[11], nièce de François 1er.

ANNÉE 1529.

16 Avril : Louis Berquin[12], adepte de la Réforme, est exécuté pour hérésie.

7 Avril : Arrivée de Louise de Savoie et Marguerite d’Autriche à Cambrai. Entretiens à huis-clôt.

25 Avril : Emeute de la « Grande Rebeyne » à Lyon.

28 Juin : A Paris, Hercule II épouse Renée, seconde fille de Louis XII et soeur de Claude, 1ère épouse de François 1er.

5 Août : Signature du Traité dit « paix des dames » conclu entre Louise de Savoie et Marguerite d’Autriche.

29 Novembre : François 1er dénonce certaines des closes du Traité de Cambrai ou paix des dames.

ANNÉE 1530.

24 Mars : Fondation par François 1er du Collège des Lecteurs Royaux.

7 Mai : Naissance à Vendôme de Louis 1er de Bourbon[13].

2 Juillet : François intervient dans l’affaire du divorce entre Henri VIII et Catherine d’Aragon. Il contraint l’Université de Paris à entériner le divorce.

7 Août : A Le Frêche, François 1er épouse Eléonore de Habsbourg[14], sœur de Charles Quint.

 

COPYRIGHT RHONAN DE BAR.

[1] Née en 1491. Fille de Pierre II, sire de Beaujeu, Duc de Bourbon et d’Auvergne et d’Anne de France. [2] Sixième enfant de François 1er   et de Claude de France. Charles porte les titres de Duc d’Orléans, de Bourbon, d’Angoulême et de Châtellerault. Comte de Clermont et de la Marche. [3] Né à Selestat le 11 novembre 1491. Réformateur et théologien. [4] Fils de Charles IV, Duc de Vendôme et de Françoise d’Alençon. Archevêque de Rouen, Il sera, en parallèle d’Henri IV, sacré Roi de France par les Ligueurs sous le nom de Charles X.[5] De son vrai Pierre Terrail le Vieux, Bayard est né en 1476 à Pontcharra (Isère). Fils d’Aymon (Amon le Vieux) et d’Hélène Alleman-Laval.[6] De son vrai nom Jacques II de Chabannes. La Palice est né en 1470. Fils de Geoffroy de Chabannes et de Charlotte de Prie.[7] Né le 15 mars 1493 à Chantilly. Mort en 1567 à Paris. A la fois, duc, pair de France, Maréchal. Emule du Chevalier Bayard.[8] Soldat et capitaine des Lansquenets des Habsbourg.[9] Né à Joinville. Fils de Claude de Lorraine, Duc de Guise et d’Antoinette de Bourbon-Vendôme. Il deviendra Evêque de Metz. Il sacrera Henri III à Reims.[10] Né le 20 octobre 1496 à Condé. Fils puiné de René II et de Philippe de Gueldre.[11] De son union avec Antoine de Bourbon naîtra en 1553 Henri III, qui sera en premier lieu Roi de Navarre puis, en 1589 deviendra Roi de France et prendra nom Henri IV.[12] Né vers 1490 à Vieux-Berquin. A la fois avocat, fonctionnaire, linguiste et réformateur.[13] Fils de Charles IV de Bourbon et de Françoise d’Alençon. Oncle du futur Roi Henri IV. Principal chef Protestant.[14] Née à Louvain le 15 novembre 1498. Fille de Philippe 1er le Beau –Archiduc d’Autriche, Duc de Bourgogne et de Jeanne 1er la Folle, Reine de Castille.

Photos source net.
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DATES ET EVENEMENTS Liés à la MONARCHIE FRANCAISE

ET A SES PAIRS.

  Le 16ième siècle.

RHONAN DE BAR

RDB

ANNÉE 1515[1]

An I du règne de François 1er[2].

(1194-1515 à 1547)

1 Janvier : Mort de Louis XII au palais des Tournelles.  Avènement du règne de François Ier. Il n’a pas vingt ans.

7 Janvier : François 1er par lettres patentes, donne à Gouffier de Boisy[3], déjà Gouverneur, la charge de Grand Maître de France et de duc de Roannois.

25 janvier : Sacre de François Ier[4] à Reims.

15 Février : Entrée de François 1er à Paris.

24 Mars : Alliance entre Charles-Quint (qui a des vues sur le Royaume d’Espagne) et François 1er.

27 Juin : François 1er renouvelle son alliance avec Venise. Il promet la restitution de la ville de Vérone alors tenue par les Impériaux.

29 Juin : François 1er se met en marche pour rejoindre son armée à Grenoble. La France entre en guerre contre Charles Quint. Accord du 24 Mars de la même année rompu.

15 Juillet : Madame de Savoie, mère de François 1er, devient régente du Royaume en son absence.

19 Août : Naissance de Madame Louise de France[5].

14 Septembre : Victoire de François 1er à la Bataille de Marignan. 16000 morts. Bayard consacre la Roi Chevalier sur le lieu même du combat.

16 Septembre : Milan est prise par les Français.

4 Octobre : Sforza[6] concède le Milanais à François 1er.

11 Octobre : Le Roi entre en triomphe dans la ville de Milan.

7 Novembre : Signature du traité de Paix entre François 1er et la Lombardie.

22 Novembre : Naissance à Bar-le-Duc de Marie de Guise[7].

11 Décembre : Entrevue entre le Pape Léon X et François 1er à Bologne. L’affluence est telle que le Roi mets près d’une-heure à franchir la salle où l’attend le souverain pontife.

ANNÉE 1516.

17 Mars : Mort de Julien de Médicis, époux de Philiberte de Savoie, sœur cadette de Mme de Savoie, mère de François 1er.

24 Mai : La ville de Brescia ouvre ses portes aux Vénitiens aidés en cela de M. de Lautrec, a qui le Roi a confié le commandement de l’armée française.

13 Août : Signature du Traité de Noyon entre Charles Quint et François 1er.

18 Août : Signature du « Concordat » entre François 1er et la Cour de Rome. Ce traité est entériné le 19 décembre de la même année.

20 Août : L’armée française tente le siège de Vérone. L’approche de Rockandolf –de vrai nom George de Lichtenstein- la fait fuir.

23 Octobre : Naissance à Amboise de Madame Charlotte[8].

29 Novembre : Signature du Traité dit « de Paix Perpétuelle » entre la France et les cantons suisses. Cet accord, signé à Fribourg dura aussi longtemps que la Monarchie en France.

ANNÉE 1517

23 Janvier : Vérone, par l’entremise de l’Evêque de Trente, ouvre ses portes à M. de Lautrec.

11 Mars : Triple entente entre Maximilien, Charles Quint (de Habsbourg) et François 1er.

8 Mai : Claude de France est couronnée Reine à Paris.

8 Octobre : François 1er décide de la fondation de la ville du Havre.

31 Décembre : Guillaume Bouffier, frère du Grand Maître Bouffier de Boisy, est élevé, par lettres patentes, à la dignité d’Amiral de France.

ANNÉE 1518.

28 Février : Naissance de François (premier enfant mal) dit le « Viennois » et duc de Bretagne.

 22 Mars : Le Parlement de Paris se voit contraint d’entériner le Concordat de Bologne (1516).

25 Avril : Baptême de François, Dauphin et duc de Bretagne.

2 Mai : François 1er, de part l’union à Amboise de Laurent II de Médicis[9] à Madeleine de la Tour d’Auvergne[10], devient l’allié du pape Léon X.

13 Août : Le Roi et la reine partent pour la Bretagne. Fin du voyage en 1519.

4 Octobre : Henri VIII, contre otages[11] de haut rang, rend Tournay, Mortagne et Saint-Amand.

? Décembre : Traité de Londres entre l’Angleterre et la France.

ANNÉE 1519.

23 Avril : Léonard de Vinci convoque M. de Boreau, notaire royal à Amboise, pour rédiger son testament.

2 Mai : Mort de Léonard de Vinci qui résidait en France depuis le début de l’année 1516.

28 Juin : Au grand dam de François 1er, Charles Quint est élu empereur du Saint Empire Germanique. Il prend nom Charles V.

ANNÉE 1520.

17 Février : Naissance à Bar-le-Duc de François 1er de Lorraine. [12]

31 Mars : Naissance à Saint-Germain en Laye d’Henri de Valois[13].  

2 Juin : Pose de la première pierre de l’Hôtel-Dieu de Paris. Le sort des malades, des infirmes est pris en compte par le Roi François 1er.

7 Juin : Début des entrevues proche Calais entre François 1er et Charles VIII. Cette période est plus connue dans l’Histoire sous le nom « du camp du drap d’or ». François 1er échoue dans les négociations.

10 Août : Naissance à Saint-Germain en Laye de Madeleine[14]..

 

[1] Outre la campagne d’Italie, les travaux de  l’aile Renaissance du château de Blois commencent. [2] François 1er dit le Père ou le Restaurateur des Lettres est fils de Charles, comte d’Angoulême et de Louise de Savoie. Né à Cognac le 12 septembre 1494. Roi le 1er Janvier 1515. Sacré à Reims le 25 du même mois de la même année.  Mort à Rambouillet le 31 mars 1547.[3] Artus est né le 6 septembre 1474 à Boisy. Fils de Guillaume Gouffier et de Philippe de Montmorency. [4] A l’instar de Louis XII, François 1er prend le titre de duc de Milan. Ceci présageant des futurs conflits.[5] Née à Amboise. Fille de François 1er et de Claude de France. [6] Né à Milan le 25 janvier 1493. Fils de Ludovic Sforza et de Béatrice d’Este.[7] Fille de Claude de Lorraine et d’Antoinette de Bourbon. Duchesse de Longueville.[8] Seconde fille de François 1er et de Claude de Bretagne[9] Né en 1492. Fils de Pierre II de Médicis et d’Alfonsina Orsini.[10] Née en 1498. Fille de Jean IV de la Tour d’Auvergne et de Jeanne de Bourbon-Vendôme.[11] Citons entre autres : Les Seigneurs de Morette, de Mouy, de la Meilleraye…ect. Les coffres du Royaume étant vides, leur captivité dura. [12] Fils de Claude de Lorraine et de Renée de France. [13] Second fils de François 1er. Il lui succédera sous le nom d’Henri II.[14] Cinquième enfant de François 1er  et de Claude de Bretagne. Elle épousera Jacques V, Roi d’Ecosse

Francois 1er. Salamandre. Source net.
Francois 1er. Salamandre. Source net.

Francois 1er. Salamandre. Source net.

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DATES ET EVENEMENTS Liés à la MONARCHIE FRANCAISE

ET A SES PAIRS.

Le 16ième siècle.

RHONAN DE BAR

RHONAN DE BAR

ANNÉE 1506

9 Février : Le tribunal de Toulouse prononce la condamnation de Pierre de Rohan-Gié à l’interdiction d’exercer toute fonction et à la suppression de ses biens.

6 Avril : François II (comte de Dunois) épouse Françoise d’Alençon (fille de René d’Alençon, comte de Perches et de Marguerite Lorraine-Vaudémont) à Blois.

14 Mai : Convocation des états généraux  à Tours par le roi. Ce dernier, revenu sur le Traité de Blois, impose la reconnaissance des fiançailles de Claude de France avec François d’Angoulême. Il est proclamé « Père du Peuple ».

15 Juin : Révolte des génois contre les troupes françaises.

21 Juillet : Louis XII fait prêter serment aux capitaines des places de Milan et Gênes ainsi qu’aux commandants de compagnie de servir loyalement sa fille Claude, sil devait mourir sans descendance mâle.

12 Novembre : Les Génois révoltés envoient deux ambassadeurs auprès de Louis XII.

ANNÉE 1507

29 Janvier : Départ de Blois de Louis XII.

20 Février : Arrivée du Roi à Bourges. Il fait halte à Montrichard du 30 janvier au 3 février. Cette lenteur s’expliquerait par la présence de la reine !

12 Mars : Nouvelle révolte des Génois.

15 Avril : Louis XII arrive à Asti après avoir passé la samedi de Pâque (11 avril) à Suze. D’Asti, le roi tente un arrangement à l’amiable avec les Génois.

12 Mai : Ordonnance de Louis XII qui contraint « les capitaines et châtelains des places fortes ou châteaux de l’état de Gênes » a prêter serment. 

22 Mai : A Plessis-lès-Tours, confirmation par « Parole » du mariage du fils de Louis XII avec Madame Claude.

21 Juin : Louis XII et Ferdinand II d’Aragon se rencontrent à Savonne.

17 Juillet : Louis XII fait une entrée jugée pompeuse à Lyon.

16 Décembre : Le Roi ayant des vues sur Venise réunit à Rouen les « vingt-quatre de la ville » pour obtenir des navires de guerre.

ANNÉE 1508

3 Août : François 1er quitte sa mère (Mme Louise de Savoie) pour devenir Homme de cour. Elle en est très affectée.

28 septembre : Le Roi fait son entrée pour la deuxième [1]fois en la ville de Rouen.

3 Octobre : Anne de Bretagne [2]accompagnée de nombreuses Dames de la Cour fait à son tour son entrée dans Rouen. Le Roi et la Reine quitte Rouen le 29 octobre.

10 Novembre : Entrée du couple royal dans Paris.

ANNÉE 1510

1 Févier : François 1er fait son entrée à la Rochelle.

25 Mai : Mort du Cardinal d’Amboise[3], Archevêque de Rouen.

14 Septembre : Convocation à Tours par Louis XII de l’assemblée des évêques français.

25 Octobre : Naissance de Renée de France [4].

ANNÉE 1511

24 Juillet : La santé du Fils de Louis XII inquiète. Une forte fièvre persiste depuis février de ladite année.

ANNÉE 1512

7 septembre : François 1er, alors Lieutenant général du Roi Louis XII, passe à Amboise avant d’aller combattre les Espagnols en Guienne.

11 Avril : Le Comte de Foix, ayant remplacé au commandement le Duc de Longueville, meurt à la Bataille de Ravenne. Le Roi en est très affecté.

ANNÉE 1513

21 Février : Mort du Pape Jules II.

11 Mars : Election de Jean de Médicis au Siège de Rome. Il prend nom Léon X.

6 Juin : Défaite de la Bataille de Novare. L’armée française se replie sur son territoire.

10 Juin : Naissance de Louis III de Bourbon-Vendôme[5], Duc de Montpensier.

30 Juin : Henri VIII débarque à Calais et se joint à l’armée de l’Empereur Maximilien 1er.

16 juillet : François 1er part de Paris pour aller combattre les Anglais en Picardie.

16 Août : Bataille désastreuse de Guinegatte dite « Journée des Eperons. » L’armée française est écrasée. Bayard et Jacques d’Amboise sont faits prisonniers.

ANNÉE 1514

09 Janvier : Anne de Bretagne –veuve de Charles VIII-  s’éteint à Blois. 

11 janvier: Louis XII quitte Cognac pour Angoulême. Son fils l’accompagne.

18 Mai : François 1er, tout juste 18 ans, épouse Claude de France (de 11 ans sa cadette) au château de Saint-Germain-en-Laye. Il étonne par sa stature.

14 Septembre : Signature du Traité de paix entre la France et l’Angleterre.

9 Octobre : Pour entériner ce traité, Louis XII, en troisièmes noces, épouse Marie d’Angleterre [6]à Abbeville.

29 Novembre : Le fils du Roi, rétabli, peut concourir à un tournoi. Il est blessé.

 

[1] La première remonte au 6 mars 1491. Il n’était encore que Duc d’Orléans. Durant son deuxième séjour, le Roi est accompagné entre autres du duc d’Angoulême, du duc de Bourbon, du duc d’Alençon, du duc de Vendôme, du duc de Nemours.[2] Née à Nantes le 25 janvier 1477. Fille de François II de Bretagne et de Marguerite de Foix.[3] George d’Amboise est né en 1460 au château de Chaumont-sur-Loire. Fils de Pierre d’Amboise et d’Anne de Bueil.[4] Née à Blois. Fille de Louis XII et d’Anne de Bretagne.[5] Fils de Louis de Bourbon –Prince de la Roche-sur-Yon - et de Louise de Bourbon –Duchesse de Montpensier.[6] Née le 18 mars 1496. Fille d’Henri VII Tudor et d’Elisabeth d’York.

 

DATES ET EVENEMENTS LIES A LA MONARCHIE FRANCAISE ET A SES PAIRS
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ET À SES PAIRS.

Le 16ième siècle.

RHONAN DE BAR.

RHONAN DE BAR

 

 

 

         Un soleil se lève, un autre se couche. Un siècle meurt pour qu’un autre naisse. Telle est, inexorablement, immuablement la loi perpétuelle qui gouverne l’univers depuis le commencement. Autant de cycles passés, autant de repères pour l’Homme. Encore faut-il qu’il se donne la peine, ou la bienséance même de regarder par-dessus son épaule, ce qui devient ostensiblement rarissime, mémoire défaillante oblige. Mais,  s’il le fait, s’il ose contempler les riches heures du passé, il  découvre alors autant d’événements, autant d’actes qui ont fait les dates de l’Histoire de son pays, et de l’Histoire même du  monde en général.

          Chacun bien sûr, à sa manière, peut et, serions nous tentés de dire,  doit  contribuer à la sauvegarde de cette mémoire collective car, faut-il le préciser, l’Histoire n’appartient à personne en particulier, mais bien à tous en général. Ainsi que ce soit sous forme écrite ou bien, comme jadis était le cas, sous forme orale, à la veillée du feu, lors de conversations animées, il est toujours bon pour l’Homme de se souvenir.

          Mais ce qui importe surtout, c’est de considérer l’Histoire dans son ensemble, sa totalité. En effet, si l’on veut traiter l’affaire objectivement, la chronique ne doit pas ou, ne pas être uniquement observée d’un point de vue politique, mais également, voire essentiellement, par la prise en compte des éléments constituant la globalité d’un pays. S’insère donc logiquement, dans cette démarche, à la fois les arts, les sciences, les religions, les mœurs…

          Outre ces précisions sur la manière de considérer l’Histoire dans sa généralité, sur ce regard du passé dont nous parlions plus avant, il y a la façon même de le faire. Qu’en est-il par là ?    

          A ce stade, il est fondamental de ne pas porter jugement. Pourquoi ? Parce que nous commettrions là une erreur des plus conséquentes, celle de vouloir réécrire ce qui ne peut l’être. Nous ne pouvons, nous ne devons en aucun cas voir, comprendre les faits antérieurs avec les yeux, le raisonnement du présent. Et c’est justement ce qu’écrivait Fustel de Coulanges : « Transporter dans les siècles reculés les idées du siècle où l’on vit, c’est, des sources de l’erreur, celle qui est la plus féconde. »

          Selon Camille Jullian, il faut raisonner Gaulois lorsqu’on est avec les Gaulois, Franc lorsqu’on étudie les Francs. Et c’est la juste compréhension d’une époque, d’une période définie de l’Histoire qui saurait évidemment nous épargner de considérer comme barbare ce qui ne l’était pas à l’instant T, puisqu’inscrit dans les mœurs, voire dans certaines lois de nos ancêtres.

      Nos Actions présentes paraitront sûrement bien étranges et peut-être suspectes à ceux qui, dans les siècles à venir, prendront la peine d étudier nos comportements. Ainsi, dans les événements, les dates qui vont se succéder  aux fils de cet ouvrage sous le regard du lecteur ; ce dernier prendra-t-il assez de recul. Un recul nécessaire afin de  ne pas se laisser submerger par une émotion qui pourrait venir fausser le véritable sens qu’il doit donner à la valeur des faits passés.

           Le 16ième siècle, outre l’intense conflit entre le Royaume de France et l’Italie, verra notre pays marqué par des guerres intestines, des affrontements entre Catholiques et Protestants. Et, pour le bien de celui-ci, la régence de Catherine de Médicis…la conversion  d’un Roi d’une religion à l’autre…

ANNÉE 1501

Règne de Louis XII[1] 1462-1498-1515.

 Guerres d’Italie.

22 janvier : Le Chevalier de Saint Amour, Chambellan du Duc de Bretagne, capitaine de Nantes, ancien Chambellan de Louis d’Orléans établit son testament.

 25 Juin : Siège puis conquête de Naples par les troupes  françaises.

26 septembre : Expulsion des Juifs de Provence (refus de conversion au christianisme) par Louis XII.

12 Octobre : Louis XII apporte son soutien aux Vaudois [2]provençaux.

ANNÉE 1502[3]

16 Avril : Moyennant une subvention annuelle de 40000 écus pendant trois ans, Louis XII s’engage, par un traité signé à Blois avec Sodérini et Albizzi, à défendre la ville de Florence. 

23 Juin : Au conseil de Gênes, lecture de la lettre traduite de Louis XII qui annonce sa venue. Satisfaction du « primus missus » Lucas Spinola.

19 Juillet : Le Roi quitte Ast pour se rendre à Milan.

24 juillet : Le Roi ordonne l’envoi d’un fort contingent à Florence commandé par L. de la Trémoille.[4]

19 Août : Louis XII se rend à la messe à Notre Dame d’Imperte (hors de Pavie) rempli son rôle de Roi thaumaturge. Plus de 200 personnes se pressent pour cet événement.

29 Août : Louis XII, en la chapelle Saint Jean Baptiste de l’église Saint Laurent, se fait présenter par les chanoines un « riche vaisseau smaragdin » qui « est le précieux plat où Jésus-Christ mangea avec ses apôtres ».

7 Septembre : D’Asti, Louis XII proclame son protectorat sur le Marquis de Mantoue.

13 Septembre : Départ de la ville d’Ast pour retrouver la Reine qui se trouve à Grenoble.

23 Septembre : Louis XII ordonne à la ville de Bologne de se soumettre à César Borgia.

Octobre : Le Roi séjourne durant tout le mois à Lyon. Du 3 au 13 il s’adonne aux plaisirs de la chasse. Il reçoit la visite de Pierre de Bourbon [5]et d’Anne de France[6].

26-27 décembre : Départ de Louis XII de Loches pour Blois. Le château est convenablement aménagé pour le recevoir. Il y demeure avec la Reine et leur fille Claude[7] jusque fin février de l’année suivante.

ANNÉE 1503

14 Janvier : Philippe, Archiduc d’Autriche, au nom de l’amitié qui le lie au Roi de France, demande son aide à Louis XII pour retourner en son pays.

24 Janvier : Alphonse de Saint Séverin, alors à la solde du capitaine Gonzalès, se rend avec 50 de ses hommes au duc de Nemours.

? de Février : Mois célèbre pour son combat dit « des onze ». Le jour est inconnu mais situé après le duel de Sotomayor (1er février). Ce combat met en scène 11 français[8] et autant d’espagnol.

22 Mars : Arrivée à Lyon de Philippe, Archiduc d’Autriche pour y rencontrer Louis XII. Ce dernier se fait attendre. Fêtes et mystères sont organisés pour occuper l’attente.

29 Mars : Louis XII et la Reine arrivent à Lyon.

28 Avril : Les français perdent la ville de Naples. Mort de Louis d’Armagnac[9], duc de Nemours à la Bataille de Cérignole.

3 Juillet : Décès de Pierre d’Aubusson[10], grand Maître de Rhodes. Les Hospitaliers de Saint Jean élisent le Frère Mery d’Amboise.

10 Juillet : Mort de Nicole Gilles (ancien notaire et secrétaire sous Charles VIII). Il est enterré à la Chapelle Saint-Louis (Eglise Saint Paul) pour laquelle il avait donné de ses deniers.

 16 juillet : Louis XII lance une souscription pour pallier les dépenses de guerre. Le Roi récolte une somme d’environ 80000 livres.

8 Août : Louis XII invite par écrit les Florentins à lui apporter leur aide.

18 Août : Décès du Pape Alexandre VI. Une rumeur infondée le donne mort par empoisonnement.

10 Septembre : Siège de Salces (Pyrénées-Orientales) par les troupes françaises.

10 Octobre : Mort à Moulins de Pierre de II de Bourbon, gendre de Louis XI et Conseiller de Louis XII.

1 Novembre : Élection du Pape Jules II. Le Roi de France est satisfait de ce choix.

15 Décembre : Naissance de Nostradamus[11], alias Michel de Notredame.

ANNÉE 1504

1er Janvier : les troupes Françaises, après des mois de rudes combats sont défaites et chassées du royaume de Naples.

Fin Février : Le Roi, dont la santé inquiète beaucoup et transporté par eau de Roanne à Blois.

25 Mars : 3000 espagnols, commandé par Barthelémy d’Alvyane mettent le siège devant Vezone tenue par les troupes françaises.

9 Mai : René de Cossé (issu de la haute noblesse et favori de la Reine, il est l’ennemi de Rohan-Gié) est promu bailli de Caux.

23 Juin : Paul de Benserade (Chambellan de Louis XII) est promu grand maître de l’artillerie.

7 Juillet : François de Longueville[12] est nommé Grand Chambellan.

15 Août : Mort de Charlotte d’Armagnac [13]épouse de Charles de Rohan-Gié[14].  

22 Septembre : Traité de Blois entre Louis XII et Maximilien 1er d’Autriche. Possession du Milanais par la France reconnue. Mariage entre Claude de France et Charles de Habsbourg.

21 Novembre : Jeanne de France entre dans l’Ordre de l’Annonciade qu’elle avait fondée en 1502.

4 Décembre : Pierre de Rohan-Gié est incarcéré à la prison de Dreux dans l’attente de son procès. 

ANNÉE 1505

25 Janvier : Du Prat, conseiller et maître au grand conseil depuis le 13 octobre 1503 prête serment. Le Roi est à Paris.

4 Février : Jeanne de France [15](1ère épouse de Louis XII), devenue duchesse du Berry s’éteint à Bourges.

11 Mars : Louise de Savoie [16](mère de François 1er) arrive à Blois.

? Avril : La maladie de Louis XII inquiète fortement son entourage.

10 ou 31 Mai : Testament de Louis XII dans lequel il est précisé que Claude de France [17]épousera François d’Angoulême[18].

21 Juin : Première comparution du Maréchal Gié auprès du tribunal de Toulouse (la dernière aura lieu le 19 juillet).

16 Août : Le Roi est de retour à Blois après cinq jours passé à Amboise.

30 Septembre : Serment à Blois de Bérault Stuart d’Aubigny[19] (en présence du cardinal d’Amboise) de servir et protéger Claude de France si Louis XII décède.

12 Novembre : Lettre de Louis XII (suivie d’une autre le 11 décembre) qui reproche au tribunal de Toulouse sa lenteur dans le procès contre le Maréchal de Rohan-Gié.

16 au 22 Décembre : Reprise des travaux du tribunal dont la conclusion confirme le crime de Lèse-Majesté de Pierre de Rohan-Gié.

 

[1] Louis XII dit le Père du Peuple est né à Blois 27 juin 1462. Fils de Charles d’Orléeans (dit le poète) et de Marie de Clèves. Il devient Roi le 7 avril. Sacré à Reims le 27 mai 1498.[2] Les Vaudois tirent leur nom de Pierre Valdo ou Valdès (marchand lyonnais) né vers 1170. Leurs idéaux : la pauvreté ; le prêche. [3] Outre les événements liés à la politique extérieure, la France subit une épidémie de peste qui touche notamment le Bourbonnais, le Berry, le Saintonge, le Poitou, la Touraine, l’Anjou et le « pays de France », notamment Paris et Orléans.[4] Louis II de la Trémoille (ou Trémouille) est né en septembre (20 ou 29) 1429 à Bommiers. Homme d’Etat, chef de guerre, il  sert successivement Charles VIII, Louis XII et François 1er. Fils de Louis 1er de la Trémoille et de Marguerite d’Amboise. [5] Pierre de II de Bourbon est né le 1 décembre 1438. Troisième fils de Charles 1er, duc de Bourbon et d’Agnès de Bourgogne. Il épouse en 1473 ou 1474 Anne de France à Montrichard. [6] Née à Genappe (Belgique) en avril 1461 ou 1463. Fille de Louis XI et de Charlotte de Savoie. [7] Née le 13 Octobre 1499 à Romorantin. Fille de Louis XII et d’Anne de Bretagne. [8] François d’Urfé ; Pierre de Bayart ; Pierre de Poquières ; Hector de la Rivière ; Pierre Guiffray ; Noël de Fahys ; Louis de Saint Bonnet ; René de la Chesnaye ; Clermont ;  Mondragon ; Bouvon. Les chroniques ne révèlent pas les noms côté espagnol. [9] Né en 1472, Comte de Pardiac puis Duc de Nemours et Comte de Guise. Fils de Jacques d’Armagnac et de Louise d’Anjou.[10] Né en 1423 au château de Monteil. 40ième Grand Maître de l’Ordre de Rhodes. Cinquième fils de Rainaud, Seigneur de Monteil. [11] Né à Saint Rémy de Provence. Fils de Jaume de Nostredame et de Reynière de Saint-Rémi. De confession juive, il se convertit au christianisme avant de devenir conseiller royal. [12] Né en 1478. Petit fils du Comte de Dunois (compagnon d’armes de Jeanne d’Arc). [13] Comtesse de Guise. Elle est fille de Jacques d’Armagnac et de Louise d’Anjou.[14] Né vers 1478, Charles est le fils de Pierre de Rohan et de Françoise de Penhoët.[15] Jeanne de France (dite Sainte Jeanne) est née à Nogent-le-Roi le 23 avril 1464. Fille de Louis XI et de Charlotte de Savoie. [16] Louise de Savoie est née à Pont-d’Ain le 11 septembre 1476. Fille de Philippe (dit sans terre) de Savoie et de Marguerite de Bourbon.[17] Née à Romorantin le 13 octobre 1499. Fille de Louis XII et d’Anne de Bretagne.[18] Futur François 1er. Né à Cognac le 12 septembre 1494. Fils de Charles d’Orléans, Duc d’Angoulême et de Louise de Savoie.[19] Né vers 1452. Fils de John Stuart et de Béatrix d’Apchier. Capitaine des Gardes du corps du Roi.

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DATES ET EVENEMENTS LIES A LA MONARCHIE FRANCAISE ET A SES PAIRS.
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Finalisation de la refonte de notre ouvrage paru en 2011.

 

 

 

LE GRAND MONARQUE

ET

LE SOUVERAIN PONTIFE.    

 

 

LE VERSEAU

A la Lumière des Textes Anciens, Récents

Et de La Prophétie de Saint Malachie.

 

Chroniques de la « Fin des Temps. »

 

 

 

RHONAN DE BAR.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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NOTRE-DAME DE ROMAY

ET LES SOUVENIRS QUI S'Y RATTACHENT

PAR

L'ABBÈ BARN

CHANOINE HONORAIRE D’AUTUN ET DE ROUEN

CURÉ-ARCHIPRÊTRE DE LA BASILIQUE

DU SACRE-COEUR DE PARAY- LE- MONIAL

NOTRE-DAME DE ROMAY

CHAPITRE IV

I

FONDATIONS A LA CHAPELLE DE ROMAY

Doux monuments restent debout, nous l'avons vu, pour attester la liante antiquité du culte en l'honneur de la Sainte Vierge à Romay : la chapelle, dont, la construction la plus ancienne rappelle le XIe ou le XIIe siècle et la Madone actuelle que les iconographes les plus compétents nous autorisent à dater du XIIIe.

A côté de ces témoins lapidaires, il en est d'autres, non moins affirmatifs du grand renom qui s'attache à ce lieu de prédilection. Ce sont quelques documents relatifs à des fondations de messes, soustraits par hasard aux injures du temps et à la fureur des révolutions. La paroisse de Para y se signale pendant une période d'environ six siècles, par la multiplicité de ses fondations religieuses de toutes sortes, depuis les premières fondations du Mépart de Notre-Dame, jusqu'à la suppression du culte catholique, en 1792 comme le prouvent une foule d'actes notariés[1]. On rencontre très fréquemment, dans les testaments des fondations de messes à l'église paroissiale de Notre-Dame et de son annexe Saint-Nicolas, à la chapelle de l'hôpital, à l'église des Bénédictins et aux antres chapelles ; fondations de messes et de prières pour les Trépassés; fondations de processions dans la ville avec stations aux chapelles des Communautés religieuses; fondations enfin en faveur des Confréries du Saint-Sacrement, du Rosaire, de Sainte-Anne et de Saint-Eloi.

La plus remarquable est celle des Confrères du Saint-Sacrement, faite le 4 avril 1664, en l'église Saint-Nicolas, pour la procession du jeudi absolu[2] moyennant une rente annuelle et perpétuelle de six livres tournois à la charge des choses suivantes : savoir « que, les sieurs curé, prêtres et sociétaires seront tenus de faire une procession autour de la  ville, revêtus de chappes, un cierge allumé en main ; et en cet ordre, suivis des confrères du Saint-Sacrement, faire station en toutes les églises de la ville, desquelles sera exposé le Saint-Sacrement et pendant la procession, les sieurs curé et sociétaires chanteront à haute voix le psaume Miserere mei, Deas, secundum magnam misericordiam tuam et le reste avec tel verset et répons qu'ils adviseront bon estre; et en chacune des stations, une antienne en l'honneur du Saint Sacrement de l'autel, la procession « commençant à sept heures du soir immédiatement ; « le tout pour obtenir, par les confrères et autres assistants à la procession, miséricorde de leurs péchés « par le mérite de la Passion de notre Sauveur[3]. » Suivent les signatures de dix-neuf officiers et confrères du Saint-Sacrement et six signatures de prêtres sociétaires. Pour ce qui regarde Romay, l'histoire et la tradition sont muettes sur l'exercice du culte dans la chapelle jusqu'aux deux tiers du XVIe siècle. Mais alors, un document, tombé entre les mains de M. Cucherat au moment où il allait être détruit, nous révèle l'existence de fondations de messes à Romay aussi bien qu'à Paray.

« J'ai sous les yeux, dit M. Cucherat  un parchemin du 1l novembre 1575, qui fonde des messes à la chapelle de Romay. » — Il donne ensuite, dans le style et l'orthographe du temps, la partie importante de cet acte authentique, dont voici les passages les plus intéressants pour l'histoire du sanctuaire de Romay :

« Par devant Sébastien Chassepot de Paray, notaire royal et présents les témoins souscrits, maître Jehan Quarré, prêtre, curé de l'église parochiale  de Notre-Dame de Paray — (viennent les noms de six prêtres « du Mépart)... tant en leur nom que pour et au nom des autres vénérables absents pour lesquels ils se font fort et promettent de les faire consentir, d'une part,  et  honorable femme. Mathie Mangonneaud, veuve de Jean Bouillet du Faubourg, d'autre part, sans contrainte, font entre eux les fondations, dotations,  promesses, obligations et autres choses cy-après écrites, savoir est que les vénérables et leurs successeurs en ladite église, pour toujours, et généralement promettent à Mathie Mangonneaud, présente, stipulante, et acceptante, pour elle et les siens de dire et célébrer chacun pour et à l'intention de ladite Mathie et de son dit feu mari pour le remède et salut de leurs âmes et de leurs parents et amis vivants et trépassés chaque samedi de chaque semaine, depuis le premier samedi du mois de mars, jusqu'au samedi  prochain après la Notre-Dame de septembre, en la chapelle de Romay, une grand'messe de Notre-Dame, où seront tenus d'assister cinq prêtres associés, celui qui dira la messe et quatre pour répondre à ladite messe..... Notez qu'elle transporte et revêt aux vénérables prêtres et qu'elle leur a livré la somme de six vingt, quatre livres, seize sols huit deniers, que les vénérables placeront en rentes à gens solvables, afin de servir au divin service pour payer chaque fois à celui qui dira la grand-messe à Romay, deux sols tournois et pour chaque chantre douze  deniers et rien quand les vénérables manqueront de dire et faire le divin service, lesquelles distributions seront alors données aux pauvres. » Une telle fondation, unique dans son genre, donne la plus haute idée de la piété envers Notre-Dame de Romay de la part, de la digne fondatrice et des prêtres qui l'acceptent, lorsqu'on sait que la chapelle est à deux kilomètres de Paray et que l'abord en était alors assez difficile. Il est à présumer que ces samedis-là, les paroissiens de Paray et autres lieux environnants remplissaient la chapelle ; car il devait certainement entrer dans les intentions de la fondatrice de développer de plus en plus, à Paray et dans la contrée, la dévotion à la bonne Dame de Romay, comme le prouve le choix du jour et celui du lieu.

Voici que nous trouvons dans un acte public une autre fondation non moins intéressant»; et non moins ancienne. Vers 1584, la fête de sainte Anne, mère de la Sainte Vierge, qui jusqu'alors, n'était célébrée que dans les églises particulières, fut étendue à l'Église universelle. Les habitants de la ville d'Apt, où repose le corps de sainte Anne, établirent une confrérie en son honneur dès le milieu du XVIe siècle ; et.pendant les guerres de religion, ils durent à la protection de sainte Anne d'échapper à deux reprises aux pillages et aux dévastations des huguenots et particulièrement à la fureur du terrible baron des Adrets. Ce serait vers cette époque, ou peu de temps après, que fut établie, dans l'église Saint-Nicolas, la Confrérie de Sainte-Anne, pour-la paroisse de. Paray, d'après le témoignage de M. Barriquand, ancien curé de Saint-Vincent-les-Bragny, près Paray. Cet ecclésiastique a eu entre les mains, pendant plusieurs années, le registre de cette Confrérie, dont nous avons parlé. Il le tenait de M. Farges, ancien curé de Paray. à titre d'héritier de sa bibliothèque[4]. Il le prêta à M. Cacherat, avec recommandation de le remettre aux archives de la paroisse, après l'avoir consulté. A la mort de M. Cucherat, on ne l'a pas retrouvé, malgré toutes les réclamations et recherches que nous avons faites dans sa bibliothèque.

Dès l'origine, cette Confrérie organisée en corporation et formée des menuisiers, des tisserands et des canabassiers[5] bien qu'elle soit fondée à l'église paroissiale, témoigne de sa prédilection pour la chapelle de Romay et elle se continue jusqu'à la Révolution. Un conflit s'éleva, sous l'administration de M. Jean-EIéonor Bouillet, entre les prêtres sociétaires et les confrères de Sainte-Anne. C'est à celle circonstance que nous devons la révélation de la fondation qui nous occupe. Les prêtres de Saint-Nicolas se plaignaient que les charges des fondations de la Confrérie étaient très peu récompensées. Ces confrères répondaient que, de temps immémorial, les prédécesseurs des réclamants avaient accepté ces charges par plusieurs contrats en leur possession, sans-compter ceux qui s'étaient perdus par le temps et le changement des officiers de la Confrérie. L'affaire était pendante en l'officialité d'Autun depuis quelque temps; Elle donna raison aux curé et sociétaires. Pour éviter les frais d'un procès long et coûteux, les confrères consentent à augmenter la rente annuelle et « obligent, (c'est-à-dire engagent) hypothécairement, à cet effet, tous les biens présens et advenirs de ladite Confrérie, moyennant quoi, les sieurs curé et sociétaires seront tenus à l'aire dire, et célébrer les services, messes et autres oeuvres pieuses cy-après exprimés pour le salut des âmes des confrères île Sainte-Anne.  Diront les vigiles des morts et les vêpres ci complies, tout consécutif et à haute voix, en la chapelle de Notre-Dame de Romet, la veille du jour de sainte Anne, et après ils diront le Libera me. Le lendemain, jour de la fête de sainte Anne, ils psalmodieront les Matines et chanteront le Te Deum et Laudes et, à haute voix, une grand'messe des défunts à diacre et sous-diacre, en l'église Saint-Nicolas, et la prose propre, ensuite de quoi, ils psalmodieront Prime, Tierce, Sexte et None ; le même jour de sainte Anne feront la procession de l'église de Saint-Nicolas à la chapelle de Romet, où étant arrivés, ils y célébreront une grand'messe du jour à diacre et sous-diacre, revêtus de tuniques de damas de couleur verte, appartenant à ladite Confrérie, avec une chasuble de la même couleur. Le même jour de la fête diront les vêpres et complies à haute voix et un Libera me pour les défunts à la fois, (tous) aussi dans ladite chapelle de Romet, et le lendemain de la fête, ils diront en l'église paroissiale de Notre-Dame (du cimetière) un nocturne des Morts et Laudes, avec une grand'messe de Requiem, etc., « etc. »

L'acte du 14 septembre porte la signature de M. Bouillet, curé, et de onze prêtres sociétaires, d'une part, et de quatorze confrères de Sainte-Anne, d'autre part. Les uns et les autres signent, tant en leur nom qu'au nom des absents.

Par cette fondation, on peut juger de l'antiquité de la Confrérie et de sa dévotion à Notre-Dame de Romay, puisqu'il est dit que les fondations sont établies de temps immémorial.

Ces fondations n'étaient pas les seules et les messes particulières devaient être nombreuses. Ce qui expliquerait, peut-être, la création de l'ermitage de, Romay, avec autorisation épiscopale, à la demande des autorités administratives. Le service établi à la chapelle de Romay fut confié, non pas à un prêtre de Paray, mais à un religieux. D'abord tout alla bien. Ensuite survint l'ère des difficultés. L'ermite habitait un petit logement contigu à la chapelle. Mlle Etienne Belriant, veuve de M. Pierre Quarré, revendiqua devant la justice la jouissance de, l'habitation et du jardin au Frère Fournier, canne de la ville et du couvent de Chalon-sur-Saône, successeur de défunt. P. Penin, religieux bénédictin. Dans une déclaration sous seing privé du 12 février 1668, l'ermite reconnaît que la résidence, qu'il fait dans la maison, joignant ensemble un jardin, lui a été accordée, par M. Pierre Quarré, parent du précédent, prêtre sociétaire au Mépart de Paray, pourquoi et moyennant quoi, il s'engage à dire par année quatorze messes à voix basse pro defunctis pour les membres de la famille[6].

L'ermite n'avait pas cette fondation à sa charge, on le devine bien. Avec un service régulier comme celui-ci, la population catholique devait se porter à Romay avec d'autant plus d'empressement que les calvinistes s'acharnaient à combattre le culte de la Sainte Vierge par leurs critiques et leurs moqueries stupides.

Une pièce, découverte aux archives de Saône-et-Loire, par M. P. Muguet, curé-archiprêtre de Sully, nous permet de suivre jusqu'en 1791 la dernière trace des fondations de messes à Romay. Voici ce que nous écrit M. le chanoine Muguet, le. 4 novembre 1896 : « En mai 1791, une certaine tolérance, de courte durée, fut laissée aux prêtres insermentés. Dans les paroisses ayant, plusieurs églises ou chapelles, une chapelle leur fut désignée pour célébrer la messe, administrer les sacrements à leurs adhérents et faire les fonctions de Vrai pasteur. Seulement cette église ou chapelle, devait porter une inscription indiquant sa destination particulière. A Paray, la chapelle, laissée au culte catholique romain fut celle des Ursulines (présentement la chapelle des religieuses du Saint-Sacrement. Voici l’inscription placée sur le frontispice : Eglise pour les catholiques, apostoliques, romains. »

On appelait : non conformistes, les vrais catholiques.

Dans les communes n'ayant qu'une église, la liberté fut donnée aux non conformistes de célébrer la messe en celle église, mais seulement une messe basse, non sonnée et à l'heure consentie par le curé intrus. Les chapelles de Romay et de Saint-Roch furent fermées et l’église de Saint-Nicolas devint l'église de M. Verneau et de ses adeptes. Or, l'abbé Delucenay. vicaire de Paray, après avoir refusé de prêter le serment sacrilège, demanda l'ouverture de la chapelle de Romay, ainsi que de la chapelle de Saint-Roch, pour y célébrer des messes fondées, lie digne prêtres d'une famille très honorable et très chrétienne de Paray, voulait remplir jusqu'au bout les charges de messes qui lui incombaient.

Voici la pièce qui fait connaître la demande de M. Delucenay :

District de Charolles, du 2 août 1791, séance du matin.

« Vu le mémoire présenté en premier lieu au Directoire du département de Saône-et-Loire de la part du sieur Jacques Lucenay[7], ci-devant vicaire à Paray, et ensuite renvoyé au Directoire de ce district par celui dudit département, d'après l'arrêté de celui-ci en date du 28 juillet dernier, ledit mémoire aux fins de faire, ordonner l'ouverture de la chapelle de Romay et de, celle de Saint-Roch, si toutefois elles sont considérées comme oratoires nationaux, ainsi que l'ouverture des portes de l'église principale et paroissiale de Paray dont on lui refuse, l'entrée. Les administrateurs composant le Directoire du district de Charolles, le procureur syndic, ouï, arrêtent que ledit mémoire sera communiqué tant à MM. les officiers municipaux de Paray qu'à M. Verneau, curé dudit lieu, à l'effet, de fournir leurs observations et réponses sur icelui pour icelles être rapportées au Directoire et être donné tel avis qu'il appartiendra sur la pétition du sieur Jacques Lucenav. »

Quel fut le sort de celle démarche? Les archives de la municipalité n'en font point mention. C'était, alors le règne, de l'arbitraire. Il est probable qu'elle n’eut pas de suite. Bientôt, toutes les fondations quotidiennes, hebdomadaires, annuelles et perpétuelles disparurent pour toujours.

Dieu, qui récompense la plus petite de nos bonnes actions, aura tenu compte aux pieux fondateurs de leurs intentions en leur appliquant à eux et à leur famille, les mérites des sacrifices accomplis par toutes, leurs œuvres religieuses.

Depuis le-Concordat, de nouvelles fondations, autorisées et protégées par l'Etat ont été faites par les familles, animées d'un profond sentiment de loi à l'efficacité du saint sacrifice de la messe. On se demande avec inquiétude, en ce moment, si un nouvel orage ne les détruira pas un jour ou l'autre. Quoi qu'il arrive, nous avons la certitude que la Providence saura y pourvoir.

 

[1] Autrefois, un notaire était spécialement chargé des actes ecclésiastiques. Il se nommait notaire royal et apostolique. [2] Le Jeudi-Saint se nommait alors jeudi absolu jeudi blanc ou encore le grand jeudi.[3] Nous découvrons là les premières processions aux flambeaux, que les pèlerins du Sacré-Cœur pratiquent fréquemment à Paray, à notre époque.[4] M. Farges l'avait découvert dans une maison de Paray. La mère de famille qui le possédait, voyant que M. le Curé attachait du prix à ce manuscrit illisible pour elle, le lui donna de grand cœur ; mais, comme cette femme n'était pas riche, M. Farges lui fit accepter cinq francs. En quittant Paray, il ne s'en dessaisit point, et l'emporta à Saint-Laurent-en-Brionnais, son nouveau poste.[5] Ganabassior, marchand de chanvre, ou de toile de chanvre; vieux mot encore usité à Lyon (Larousse illustré).[6] Notice historique et généalogique sur la famille Quarré, de Bourgogne, pages 131 et 132. — Lyon, imprimerie X. Jevain, 1893. — Cet ouvrage, très bien documenté, nous fut donné par l'auteur II. Quarré de Verneuil, grâce à la bienveillante entremise de Mlle Hedwige Quarré de Verneuil.[7] (1) La haine pour la particule était telle que le demandeur qui se nommait Delucenay, tout d'un mot, est désigné sous le nom Lucenay, par altération de son vrai nom Delucenay, sans séparation de la particule.


II

DOCUMENTS RELATIFS A ROMAY

En dehors des fondations de messes respectées par le temps, les documents intéressant l'histoire de Romay et de son sanctuaire sont assez rares. Toutefois nous pouvons en grouper quelques-uns sous le titre ci-dessus.

Romay, village situé sur les confins dos communes de Paray et de Volesvres, dépendait jadis de la seigneurie de Paray laquelle appartenait à l'abbaye de Cluny ainsi que l'attestent les archives de plusieurs familles de ce pays. Les actes antérieurs au cadastre parcellaire du commencement du siècle dernier portent que la chapelle de Romay est située sur la commune, de Volesvres. Depuis ce temps-là le registre cadastral délimite les doux territoires par le chemin tendant de Bord, hameau de Volesvres, au moulin de Romay, sur la Bourbince. La chapelle et les deux domaines, échus en héritage à Mlle de Carmoy, épouse de M. le marquis de Marguerie, font seuls partie de Paray-le-Monial. Tout le groupe de maisons de gauche est de Volesvres. Au Moyen âge, le système féodal reconnaissait à une terre deux propriétaires, l'un possédant le domaine éminent, nul en pratique, et l'autre ayant le domaine utile. On sait aussi qu'il y avait alors des domaines, des bois, etc., relevant des seigneuries, sans appartenir aux seigneurs.

Ceci établi, étudions ces témoins du passé. Le premier document relatif à la seigneurie de Paray remonte à 1197. C'est un règlement fait par l'abbé de Cluny. Il contient les émoluments et les charges de la prévôté de Paray. Romay avait sa prévôté à part comme on peut en juger par ces lignes extraites de la Généalogie de la famille Quarté, page 134 : le 6 janvier 1625, le R. P. Dom d'Arbonze, abbé de Cluny, s'appuie sur le terrier de la Prévôté de Romey, page 6 pour déclarer que la maison joignant la chapelle de Romay appartient à Denis Quarré, comme bâtie par ses auteurs. Dès, lors cessèrent les réclamations des habitants de Paray. La chapelle seule restait leur propriété.

Comment cette chapelle, construite en la terre seigneuriale de l'abbaye de Cluny, passa-t.-elle dans la suite aux habitants? Etait-ce par une vente en règle, ou par une donation absolue ou conditionnelle ? Question embarrassante pour l'historien. Le fait existe réellement, comme le prouvent plusieurs procès entre, les habitants de Paray et la famille Quarré, mais rien de, plus. Toutefois, nous constatons que les prêtres du Mépart apparaissent en pleine jouissance du sanctuaire, qu'ils y célèbrent la messe, qu'ils y reçoivent des abjurations de calvinistes et qu'ils bénissent la cloche, etc., de 1575 à 1600.

L'acte de cession de la chapelle par les Bénédictins à la ville de Paray est introuvable. Pour faire un peu de lumière sur ce point obscur, force nous est de procéder d'abord par raisonnement et ensuite par analogie. Au lecteur le soin d'accepter ou de rejeter une opinion toute personnelle.

A un moment donné, les carrières de Romay, qui avaient fourni de la pierre pour les grandes constructions des moines et pour les habitations groupées autour du monastère, s'épuisèrent entièrement et lurent à peu près abandonnées. Les moines architectes, constructeurs, sculpteurs et le reste, devinrent alors de vrais ermites et s'enfermèrent entièrement dans la solitude, du cloître pour se livrer à la prière et au travail intellectuel.

L'oratoire de Romay perdait, donc pour les Bénédictins de Paray sa raison d'être. On ne pouvait songer cependant à le détruire. De là vint tout naturellement l'idée d'en faire don aux habitants, comme dans la suite, on donna la chapelle, de. Saint-Roch à l'administration de la ville. Les habitants, en acceptant cette donation, durent prendre certains engagements pour l'entretien de la chapelle et la continuation du service religieux. Il est à présumer qu'ils se réservèrent certains droits sur les fondations et les revenus. La preuve se trouve dans la déclaration de M. Bouillet, curé de Paray. Il découvrit, en prenant possession de la chapelle, que le revenu en était considérable, mais qu'il n'en jouissait pas parce qu'il était absorbé par les familiers du sieur Buez, abbé de Cluny.

Lorsque le service de la chapelle passe aux ermites successifs, c'est à la demande des habitants administrant la ville de Paray et avec l'autorisation de Mgr l'Evêque d'Autun.

Après quelques années, des démêlés sérieux éclatent entre les propriétaires voisins de la chapelle et l'ermite. Il est manifeste qu'on cherche, à l'éloigner. Faut-il voir dans le conflit l'influence des Mépartistes ? Peut-être cette ingérence étrangère finit-elle par porter ombrage au Mépart. Une scène peu édifiante de pugilat entre l'ermite et un prêtre du Mépart le ferait supposer. Le fait nous est révélé par un procès-verbal de visite épiscopale où l'Evêque d'Autun s'informe si le prêtre agresseur s'est fait relever de l'excommunication encourue en frappant l'ermite de Romay. Au contraire, les administrateurs, appréciant les services de l'ermite, adressent, vers 1668 à l’autorité diocésaine, une requête tout en faveur du pauvre ermite battu. On peut lire, aux Archives de Macon, cette requête des échevins et de quelques bourgeois de Paray à Mgr l'Evêque d'Autun, à l'effet d'obtenir que le R. P. Isaac de saint Jean-Baptiste, prêtre religieux, profès de l'Ordre des Carmes de Chalon-sur-Saône, desservant la chapelle de Romay et y résidant, avec la permission de Mgr l'Evêque d'Autan, soit maintenu dans cette fonction.

Notre opinion sur la cession de la chapelle aux habitants de Paray par les Bénédictins s'appuie encore d'un autre exemple qu'il nous a été donne de découvrir récemment.

Un prieur claustral de Paray, Dom Vivien, mû de pitié par la fréquence des maladies contagieuses qui désolaient la ville et les environs de Paray, fit construire une chapelle aux lieu et place de la Croix-de-Boulery. Il mourut sans qu'elle fût livrée au culte. Elle échut à Monseigneur le prince de Conty, abbé, chef et supérieur général de l'abbaye et de tout l'Ordre de Cluny.

Les syndic et échevins de Paray, connaissant la dévotion des habitants à Messieurs saint Sébastien et saint Roch, depuis plusieurs années, adressèrent, en 1660, une requête à dom Rousset, prieur de Paray, en vue d'obtenir la chapelle qui était échue, aux Bénédictins de Paray par suite de la remise faite par le prince de Conty. Claude Rousset, prieur, y consentit, à condition que les syndic et échevins feraient une fondation en l'honneur de saint Sébastien et de saint Roch, ce que ceux-ci acceptèrent et exécutèrent. La fondation consistait à célébrer une messe à liante voix, avec diacre et sous-diacre le jour de la fête de saint Sébastien, 22 janvier, et le jour de la fête de saint Roch, 16 août.

Les administrateurs proposèrent la fondation aux prêtres sociétaires. Ils tombèrent d'accord sur la rente à fournir chaque-année aux sieurs curé et sociétaires, à la charge, par ces derniers, de faire une procession autour de la ville et de là à la chapelle, par le chemin le plus commode, et de célébrer la messe dans les conditions arrêtées. Et lorsque la rivière sera débordée et que les chemins seront impraticables, le service religieux se fera à l'autel de saint. Sébastien, en l'église Saint-Nicolas.

Du fait de la donation de celle chapelle aux habitants de Paray, dans la personne du syndic et des échevins, pour y fonder à perpétuité et y maintenir à jamais le service religieux, nous concluons par analogie, jusqu'à preuve du contraire, que l'oratoire du Val d'Or fut transmis par les Bénédictins, de, cette façon, aux administrateurs de la ville de, Paray, afin de pourvoir au culte, de concert avec Mgr l'Evêque d'Autun, mais sous bénéfice de certaines réserves sur les renies et fondations de cette chapelle.

Deux grandes causes vinrent entamer successivement, les revenus du prieuré de Paray. Premièrement, les dépenses incalculables de l'agrandissement de l'église au XIVe siècle ; deuxièmement, le pillage de l'église et du monastère par les huguenots au XVIe siècle.

Dès lors, les Bénédictins cédèrent à des propriétaires voisins une partie de leurs immeubles pour faire face aux dépenses, La terre de Romay apparaît séparée de la seigneurie de Cluny au commencement du XVIe siècle. Elle est constituée en fief noble. Les acquéreurs prennent d'abord le titre de sieurs de Romay et dans la suite, celui de seigneurs de Romay, sans réclamation des abbés de Cluny, seigneurs de Paray.

Pierre Quarré, sieur de Romay, troisième du nom, cinquième fils de Pierre Quarré de Château-Regnault et de Jeanne de Thésut, est qualifié de bourgeois de Paray dans les titres de 1470. Il acheta le fief noble de Romay près Paray, de Roubert de Villaines[1], ainsi qu'il appert du bail passé le 12 février 1525, par Jehan et Pierre Quarré, ses fils, à Guillaume Ravoulet, par acte reçu par Barthélémy Jacquand, prêtre, notaire public de la ville de Paray. Pierre Quarré fait successivement des acquêts à Romay, tels que la moitié d'une grange et d'une pièce de terre, sise au finage de Romay. Ses fils, Jehan et Pierre Quarré frères, passent bail à Antoine Pommier et Jeannette sa femme, de leurs grangeries de Romey et Mareschal [2], se réservant les tours, murs et aisances joignant à icelles qui fut du meix de Romey, provenant de Roubert de Villaines, Claudine Quarré, dame de Romey, épouse de François Bouillet de l'Heurtière ou Loretière, hameau de Saint-Vincent-lès-Bragny. Dans le partage de ses biens, ses enfants relâchèrent le domaine de Romey, la vigne et les dépendances, à Claudine Quarré, leur mère, pour ses biens propres, droits et avantages patrimoniaux, par acte du 16 octobre 1646 devant Chanfray, notaire à Paray. Dans ces documents, tirés de la Notice historique et généalogique de la famille Quarré, il n'est plus question des Bénédictins.

Pour ne laisser perdre aucune tradition du culte de Marie à Paray et à Romay, nous reproduisons l'extrait suivant d'une délibération administrative « 1641-1642, délivrance faite par les échevins des réparations du pont de Bord sur la Bourbince et de la construction de celui qu'il est besoin de faire sur les fossés qui sont proches de l'arbre de la Vierge, sur la levée de Romay ». Que faut-il entendre par ces mots? Cet arbre avait, donc une certaine importance pour être mentionné dans une pièce administrative très authentique. La tradition orale dont nous recueillons les derniers échos va nous l'apprendre. Légende ou histoire, elle mérite de fixer l'attention. On désignait anciennement sous le nom de levée de Romay, le monticule parlant de l'étang du Prince[3] et se poursuivant jusqu'à Survaux. Le chemin, transformé en une route de Charolles[4], était bordé par de larges fossés et deux lignes d'arbres. L'un d’eux laissait voir, dans l'épaisseur de son écorce la forma très exacte d'une statuette dans une niche. Le phénomène était si frappant aux veux de tous, qu'on voyait les moins croyants se déranger pour le constater et en exprimer leur étonnement.

Dans tous les alentours, il n'était question que de l'arbre de la Vierge. En allant à Romay, les habitants de Paray faisaient station au pied de l'arbre. Les mères et les enfants s'agenouillaient au pied de la statuette pour y prier. On rapporte que la forme, de la niche et de la statuette n'était pas encore entièrement déprimée, lorsque l'arbre vint à périr de vétusté. Si, en 1641-1642, l'arbre s'appelait déjà l'arbre de la Vierge, on est en droit de conclure que le fait remonte plus haut. C'était l'époque où disparut la vieille statue de pierre de la chapelle de Romay enfouie en terre, pour la soustraire à l'impiété. Or, la Vierge formée dans cet arbre était assurément, un attrait qui dut entretenir la pieuse promenade, du dimanche et des fêtes à la chapelle de Romay[5].

Voilà comment, grâce au récit des vieillards, l'arbre de la Vierge, cité plus haut, a cessé d'être une énigme pour nous.

 

[1] Villaines, hameau de Volesvres.[2] Maréchal, hameau de Saint-Vincent, est un ancien fief de la baronnie de Digoine. Cette terre appartient à la famille Beluze-Magnin, ayant un pied-à-terre à Paray.[3] La maison de Mme Crastes est bâtie sur l'emplacement de cet étang. [4] Cette route, rectifiée depuis, n'est plus qu'un simple chemin dit de Survaux.[5] Depuis la réouverture de la chapelle en 1811, tes habitants de Paray. en se rendant à la chapelle, faisaient encore une station à l'arbre de la Vierge, rapporte la tradition.


NOTRE-DAME DE ROMAY
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ET LES SOUVENIRS QUI S'Y RATTACHENT

PAR L'ABBÉ BARN

CHANOINE HONORAIRE D’AUTUN ET DE ROUEN

CURÉ-ARCHIPRÊTRE DE LA BASILIQUE

DU SACRE-COEUR DE PARAY- LE- MONIAL

NOTRE-DAME DE ROMAY

CHAPITRE III

LES STATUES DE LA SAINTE VIERGE A PARAY

Paroisse de Paray. Paroisse de Marie.

Le culte de Marie, en grand honneur chez nos ancêtres, les chrétiens des premiers temps, a laissé parmi nous des traces profondes. C'est à chaque pas qu'on les retrouve en fouillant le passé de la paroisse de Paray. Nous avons déjà nommé la rue Notre-Dame-du-Cimetière. — Voici au centre de la cité la rue Dame-Dieu, c'est-à-dire Notre-Dame, Mère de Dieu[1], aboutissant au célèbre monastère de la Visitation.

Mais il ne reste pas seulement des noms, des souvenirs et, des églises. Il y a encore d'autres monuments de pierre que celui de la Madone de Romay. Ces statues ont leur histoire. En décrire les plus remarquables s'impose à un historien, désireux de faire la pleine lumière sur la loi du vieux Paray.

I

La première de ces vieilles Madones de Paray à signaler se rattache à l'histoire de Romay. C'est la représentation de la Vierge-Mère. Elle n'a pas assurément la valeur artistique et mystique de la vraie Madone; mais la considérer comme sa soeur n'a rien d'invraisemblable. Cette statue, en pierre de Romay, ayant la grandeur de la première, fut tirée de l'oubli, il y a plus d'un siècle, dans des circonstances singulières. Un charpentier, nommé Joly, travaillait avec plusieurs autres ouvriers au village de Romay, près du moulin. Après le repas du milieu du jour, ils se reposaient sur le bord de la Bourbince. Tout à coup. Joly aperçut à travers l'onde tranquille une masse informe ayant l'apparence d'un corps humain, et aussitôt il appelle sur cet objet l'attention de, ses compagnons de travail. « Je veux savoir ce qu'il en est », dit-il, et il se précipite dans l'eau, peu profonde à cet endroit. Son pied heurte une pierre taillée. Il la soulève et s'écrie : « C'est une Sainte Vierge, je l'emporterai à ma femme, ce soir. Ah ! quelle va être contente ! » De fait, Jeanne-Marie Colin, femme Joly, était une fort bonne chrétienne. Elle fut très enchantée de cette découverte et donna, avec le plus grand bonheur, asile dans sa maison à la statue. Comme la Madone de Romay était habillée en tout temps, elle façonna avec goût des vêtements à sa bonne Vierge. Le socle de la statue se trouvant rongé, par un long séjour dans l'eau, sans doute, Joly en prépara un en bois dans lequel il l'incrusta solidement pour permettre au bloc de garder la position verticale.

Avant de poursuivre ce récit, exprimons notre opinion sur cette statue.

Elle a dû remplacer la Madone des moines, enfouie en terre à l'époque, de l'invasion des Calvinistes, appelés les Huguenots, par mépris, dans plusieurs régions. Elle est demeurée dans la chapelle après la découverte providentielle de l'ancienne et y resta vraisemblablement jusqu'à la Révolution. Les nouveaux iconoclastes de 1793 n'en firent aucun cas. Ils se contentèrent d'emmener la plus vénérée à Paray, tandis qu'un voisin quelconque de la chapelle, pour la soustraire à la profanation, la cachait dans la rivière.

Jeanne-Marie Joly avait la plus grande vénération pour sa Sainte Vierge et elle s'efforçait de la communiquer à ses voisines[2].

La femme Joly perdit successivement son mari et sa tille unique, Jeanne Joly, épouse de Jean Larue. La fille de ce dernier se maria à Digoin et elle emmena sa grand'mère avec elle et la soigna très bien jusqu'à sa mort, lin quittant Paray pour habiter Digoin, Jeanne-Marie emportait avec elle son trésor, c'est-à-dire sa vénérée statue. Placée sur une commode, la Vierge, apparaissait vêtue d'une robe blanche et d'un voile de tulle blanc, garni d'une, riche dentelle. Les petites filles du quartier de la Grève de la Loire, se faisaient une joie enfantine d'offrir les plus belles fleurs à la Sainte Vierge de la tante Joly, et venaient souvent, sur le soir s'agenouiller auprès de la Sainte Vierge, pour réciter une prière. A la mort de cette pieuse chrétienne, arrivée le 13 mars 1853, à l'âge de 83 ans, la statue resta quelque temps à sa place. Un jour elle, tomba à terre et se brisa. Les fragments épars prirent le chemin du grenier et y demeurèrent plusieurs années sans honneur et sans prière[3]. Une soeur de Jean Larue. Mlle Louise Larue, après avoir séjourné longtemps à Paris, revint en Charolais et fut reçue chez sa nièce, à Digoin. Cette personne, ne voyant plus la Vierge, de famille, s'enquit de ce qu'elle était devenue. On lui apprit l'accident. Aussitôt elle s'empressa de la remettre en bon état et de la placer dans, sa chambre. Mlle Larue est revenue à Paray pour y finir ses jours. Elle, a rapporté sa chère statue avec elle et met tout son bonheur à redire à qui veut l'entendre, l'histoire intéressante de la Madone. Nous lui avons demandé de nous permettre de la faire photographier sur place. Elle a bien voulu autoriser la reproduction. Cette Vierge-Mère porte le diadème à pointes. L'Enfant-Jésus est sur le bras droit et la Vierge tient, de la main gauche, l'extrémité du pied droit. Le pied gauche est pendant et l'attitude est celle d'un enfant effrayé, qui se cramponne au vêtement maternel. Le galbe de ce groupe manque absolument de grâce. Cela tient à ce que les pieds sont perdus dans le piédestal rapporté et aussi à l'inhabileté de l'ouvrier. On nous fait espérer qu'un jour elle reprendra son rang au sanctuaire de Romay. Nous lui donnerions, volontiers, telle qu'elle est, une place d'honneur dans la chapelle.

II

STATUE DE LA FAMILLE DAMAS-DIGOINE

Le pieux usage de revêtir d'un insigne religieux les façades de maisons, les frontons des portes d'entrée, les angles de rues ainsi que les places publiques a été établi à Paray par les Bénédictins [4]. On s’est servi de sept bornes, transformées en croix dans la suite, pour marquer les limites d'affranchissement de la ville de Paray.

Il y avait autrefois une grande croix à l'extrémité du pont du moulin des Moines, du côté de l'Hôtel de la Poste. Les anciens actes citent plusieurs autres croix ; la croix de Notre-Dame, près le cimetière, la croix placée sur le chemin de la Villeneuve, la croix de Bouléry et la croix de pierre qui donna son nom au quartier situé en dehors des fossés[5].

Souvent l'insigne religieux est une statue de la Sainte Vierge. Le protestantisme, dans son horreur pour les images, non seulement n'a pas découragé les catholiques, mais il a provoqué ces démonstrations chrétiennes. Lorsque l'habitation d'un catholique, était juxtaposée à celle d'un calviniste, il n'était pas rare de voir le catholique arborer un signe, chrétien quelconque[6]. Le monument le plus caractéristique on ce sens est la Vierge que l'on voit à l'angle de la maison des Damas-Digoine, donnant sur la rue Billet[7] et sur la rue Brice-Baudron maison veuve Muet-Morin. La Madone s encadre dans une niche gothique à pinacle. L’écusson est effacé ; mais il n'y a pas de doute sur son origine, puisqu'on retrouve les armes des Damas sur la plaque de la cheminée de la cuisine. Cet élégant monument rappelle le style de la chapelle sépulcrale de la famille de Damas, transformée en chapelle de la Sainte Vierge. La construction de l'une et de l'autre est du XVe siècle. La Vierge de Mme Muet est de cette époque. Le dessin, la coiffure, la couronne et surtout la nudité de l'Enfant-Jésus n'appartiennent pas au Moyen Age. Ce sont des caractéristiques qui marquent la fin du XVe et le commencement du XVIe siècle.

Dès le XIIe siècle, affirme M. Georges Roliault de Fleury, la Vierge, comme à Bernet, est souvent représentée avec une pomme en main. Nouvelle Eve, elle l'offre à Jésus, en souvenir du Paradis terrestre, rappelé dans le mystère de la Rédemption.

Au moment de la Révolution française, la maison de Damas-Digoine était occupée par M. Naulin, père, de M. Naulin, chanoine honoraire d'Autun, ancien curé-provicaire et archiprêtre de Saint-Pierre de Mâcon, de vénérée mémoire. Pour éviter que la statue, ne fût profanée à la place qu’elle occupait, M. Naulin la fît descendre dans son magasin. Un jour, un habitant de Saint-Yan se présente pour faire un achat. Il aperçoit la Madone et entrant en fureur à la vue de celle Sainte Vierge, il tire de sa poche son couteau et en donne un coup si violent sur la figure qu'il enlève une partie du nez de la statue. On voit encore la marque du coup de couteau.

En s'en retournant chez lui, il rencontra un chien qui le mordit au nez et le blessa gravement là où il avait frappé lui-même la Vierge. Le récit ajoute qu'il mourut peu de jours après des suites de cette morsure, en punition de cet acte d'impiété envers la Vierge Marie [8].

La Vierge a repris sa place et quelques coups de pinceau dissimulent un peu le coup reçu au nez. L'écusson se voit encore, mais on a fait disparaître les armes qu'il portait. Ce petit monument que Mme veuve Muet-Morin, propriétaire, garde religieusement, a le don d'attirer l'attention des pèlerins. Quelquefois ils s'agenouillent, sans respect humain, à ses pieds pour lui adresser une prière, comme cela se pratique encore à Rome, et dans les pays foncièrement catholiques. Chaque fois qu'une procession passe dans cette rue, on entoure la niche de guirlandes et on dépose des fleurs aux pieds de la Vierge. Ces actes publies de dévotion envers la Sainte Vierge sont bien acceptés et, édifient notre population si dévote à Marie dans sa très grande majorité.

Dans la famille Sauteret et Gourgaud, habitant rue du Perrier, on conserve religieusement une vieille, statue de la Sainte Vierge, en faïence de Nevers. Elle, vient de l'église Saint-Nicolas. Les amateurs l'apprécient et estiment qu'elle remonte à deux siècles. La famille ne manque pas non plus de l'exposer à une, fenêtre de la maison, chaque fois qu'à l'occasion d'une grande solennité ou d'une procession extraordinaire, la ville se met en fête en décorant les maisons.

Notre antique basilique n'a pas conservé la Vierge de l'église bénédictine. La statue qui se voit dans la niche centrale du beau retable de pierre est en plâtre durci. Elle manque de caractère religieux. Cependant, les plis des vêtements sont très soignés. Ce qui la distingue de toutes les autres statues de la ville de Paray, c'est une représentation de notre mère Eve, apparaissant au bas du vêtement de Marie et mordant sur la pomme pour rappeler le péché originel. Près du vieux Saint-Nicolas, un bel édifice du style de la Renaissance, la maison Jayet, qui sert de mairie, attire l'attention des visiteurs. Autrefois, parmi les riches sculptures, on voyait une statue de la Sainte Vierge entre deux anges, que le marteau révolutionnaire a fait disparaître. Il y a là une preuve de plus à ajouter à celles que M. Georges Bonnet a apportées dans un des chapitres de sa brochure publiée en 1893, sous ce titre : « Notes pour servir à l'Histoire du Charolais », pour démontrer que la maison Jayet n'est pas l'oeuvre d'un protestant. Dans l'intérieur de la ville, çà et là  plusieurs maisons particulières sont encore ornées d'une statuette de la Mère du Ciel[9]. En un temps où l'impiété porte le front si haut, il serait à désirer que celle pratique devînt, plus générale dans la cité de Marie et du Sacré-Coeur. Quelle édification ce serait pour les pèlerins de l'avenir, de rencontrer ici une statue de Marie, là, une statue du Sacré-Coeur, au coin des rues et, aux façades des maisons de nos fervents catholiques de toutes les classes, depuis la modeste habitation de l'ouvrier, resté chrétien, jusqu'à ces belles habitations modernes que l'on voit sortir de terre, comme par enchantement depuis que d'immenses foules de pèlerins accourent ici.

On ne craint pas, à Paray, d'emprunter à la religion des noms et des emblèmes sacrés, comme enseignes de négoce. Pourquoi ne nous distinguerions-nous pas des adeptes des sociétés secrètes, par des statues de pierre, de bois ou de marbre, en l'honneur de Notre-Seigneur, ou bien de sa Sainte Mère ? Arrière donc le respect humain !

 

[1] Les laïcisateurs de la Révolution, acharnés à effacer tous les souvenirs de notre sainte religion, lui donnèrent le nom de rue des Droits-de-l'homme. Le peuple de Paray ne prit pas au sérieux ce changement de nom. Il continua et continue à dire la rue Dame-Dieu. On a pensé que ce nom avait été donné à cette rue en souvenir de la Madone de Romay, cachée chez Catherine Roulier, qui habitait cette rue. Nous croyons que ce nom est plus ancien. [2] Elle habitait la maison basse, située à l'extrémité de la rue de la Visitation et faisant partie de la maison de M. Villedey de Croze. [3] Nous tenons ces détails de deux personnes de Paray, dont les souvenirs d'enfance ont gardé, dans un âge avancé, toute leur fraîcheur, Mme veuve Du Vernay, d'une part, et Mme veuve Bonnevay, décédée depuis quelques années. [4] La maison de M. Léon Lempereur, sur la place Guignault, ancienne maison des moines de Paray, présente plusieurs inscriptions de sentences de l'Évangile. [5] La croix de pierre fut ainsi appelée parce qu'elle remplaça une croix de bois très ancienne. Au moment du changement du nom des rues, pendant la Révolution, ce quartier s'appela le Faubourg du Sommeil. [6] En voici un exemple récent. L'an dernier, en démolissant la maison Douhéret, voisine de l'ancienne maison des protestants Gravier, on découvrit des pierres portant une inscription que nous avons lue facilement. Sur le sommet d'un fronton de porte d'entrée est gravé le monogramme du Christ, surmonté de la croix. Au-dessous, on lit ces mots : In te, Domine, speravi, non confundar in oeternum, 1666 : et un peu plus bas : A. Poncet. C. Hérisson. Ces noms appartenaient à deux familles catholiques de Paray. [7] Ce nom rappelle le souvenir du docteur Billet, qui soigna la bienheureuse Marguerite-Marie dans sa dernière maladie.[8] Plusieurs personnes dignes de foi relatent le fait. Nous nommerons Mlle Henriette Fauconnet, qui le tient de Mme Thomas, nièce de M. Naulin, propriétaire de la statue, et Mme veuve Muet-Morin, propriétaire actuelle de la maison ayant appartenu à la famille de Damas-Digoine.[9] Rue du Perrier, maison Fauconnet, dans une niche ouverte sur la façade, on voit une statue en bois de saint Nicolas, patron de l'église paroissiale.


 

NOTRE-DAME DE ROMAY.
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CHAPITRE II

LA CHAPELLE ET LA MADONE DE ROMAY

Il est ordonné aux Frères qui travaillent en dehors de monastère d'accomplir « l'OEuvre de Dieu. » Règle de saint Benoît (Chapitre L).

Cette petite chapelle, prémices du monastère, aura l'immortelle durée d'un monument d'airain [1].

I

LA CHAPELLE

Avant de porter à travers le monde catholique le beau nom de Cité du Sacré-Coeur, Paray fut depuis son origine chrétienne la Cité de Marie. Celle-ci a préparé celle-là. La première église, dont la chapelle actuelle du cimetière formait l'abside et le choeur, fut placée sous le vocable de la Sainte -Vierge, sous le titre de Notre-Dame, et dans la suite Notre-Dame-lez-Paray. La petite ruelle partant du vieux Saint-

Nicolas pour aboutir au cimetière porte encore le nom de rue Notre-Dame. Celle première paroisse a pré-existé au monastère du Val d'Or (973). La date de la fondation de cette première église est entièrement ignorée des historiens, mais plusieurs noms, portés par les lieux avoisinant l'église, tels que Saint-Léger, ancienne paroisse, la fontaine de Saint-Martin, rappelleraient les siècles où ces deux saints jouissaient d'une grande popularité, et le nom des Grénetières, dans un pays de broussailles qu'était cette contrée à l'arrivée des moines, indiquerait que Notre-Dame, comme paroisse, remonte bien au-delà du Xe siècle.

Le second sanctuaire en l'honneur de la Sainte Vierge est celui de, Romay. Il est assis au fond du Val d'Or, sur le territoire de Paray, à deux kilomètres de la ville. Aux alentours de la chapelle, derrière le petit village de Romay, on aperçoit un monticule présentant des plis de terrains très accentués. C'est là qu'une tradition constante et très bien motivée place les carrières qui ont fourni la pierre et la chaux pour-ies constructions du monastère, de l'église de Paray et de la plupart des anciennes constructions de la ville. M. Canat de Chizy[2] cite, charte 2, le Cartulaire de Paray, où il est dit qu'aux premiers coups de pioche, Dieu, pour montrer qu'il approuvait les projets[3], permit qu'on rencontrât un dépôt considérable de pierre et de chaux, inconnu aux habitants de la contrée, lequel profita largement à l'avancement des bâtisses.

Avec M. Cucherat, nous regardons colle découverte de pierre et do chaux comme légendaire. Il n'y a pas de pierre ni de chaux sur le territoire de Paray, niais simplement du sable. Sur le monticule de Romay, on découvrit de la pierre calcaire, mêlée de silex, propre à faire de la chaux. La Bourbince fournissait abondamment le sable. Ces matériaux sur place permirent de hâter les constructions. C'est ainsi qu'il faut entendre ce dépôt considérable de pierre et de chaux et ne pas croire à l'existence de constructions d'une antiquité purement imaginaire dont on n'a jamais découvert la moindre trace nulle part.

Les habitants de Paray se transmettent de génération en génération la vieille légende des deux boeufs conduisant, sans guide, par l'ancien chemin dit les rues de Romay, toute la pierre employée à la construction de la grande église des Moines, légende en opposition formelle avec l'affirmation de M. Canat de Chizy, que les carrières de Romay ont été abandonnées de bonne heure, parce qu'elles ne fournissaient qu'un calcaire mêlé de silex. En réalité, notre monument bénédictin tout entier, dans sa partie la plus ancienne qui date de la fin du Xe siècle, et dans sa grande restauration que l'auteur de l'Introduction au Cartulaire du prieuré de Paray, M. Ulysse Chevalier, fait remonter à 1447-51[4], est entièrement bâti avec la pierre de Romay. Au contraire, le monastère qui démeure encore debout, commencé vers 1700 et terminé vers 1740, est bâti en pierre de Saint-Vincent-lès-Bragny.

L'ouverture des carrières de Romay par les Bénédictins de l'Ordre de Cluny, pour la construction d'une église et d'un monastère, entraînait nécessairement l'érection d'un oratoire non loin des chantiers d'exploitation de la pierre mureuse et de la pierre de taille par des ouvriers du pays, sous la direction des religieux. L'oratoire est prescrit par le chapitre L de la règle de saint Benoît et il est ordonné qu'il sera construit à une certaine distance du chantier de travail, pour que le bruit ne trouble pas le recueillement des Frères dans l'accomplissement de l'Œuvre de Dieu, c'est-à-dire la récitation du saint office.

Telles sont l'origine et la raison d'être de la chapelle de Romay. L'oratoire primitif s'élevait tout proche d'une fontaine que la tradition a, de tout temps, considérée comme miraculeuse.

La façade d'entrée regarde le couchant. Autrefois, elle était de style roman pur et percée d'une porte, abritée par un avant-toit sous lequel on voyait une statue de sainte Agathe, en pierre grossièrement taillée[5]. Une rosace ou oeil-de-boeuf s'ouvre au-dessus. Enfin elle se terminait par un pignon coupé à son sommet pour recevoir un gracieux campanile, supportant une cloche dont nous ferons plus loin l'historique.

On pénètre dans la chapelle par un perron de trois marches. Du seuil de ce petit édifice, la vue d'ensemble plairait assez à l'oeil, n'était le faux jour que donne la grande fenêtre ogivale du fond, disproportionnée à l'exiguïté du sanctuaire.

La chapelle fut vendue à la Révolution. L'acte de vente porte cette délimitation : « Le bâtiment a quarante-deux pieds de long sur vingt-cinq de large. Il est limité au matin par le verger de la citoyenne veuve Julien, née Guinet [6], au midi par les bâtiments du domaine du sieur Carmoy, au levant par le petit bâtiment, adossé au mur de la chapelle, mitoyen avec elle ; au soir par la fontaine de Romay, le chemin de la grande route du Canal entre deux ».

En inspectant le pourtour de ce petit monument, on observe du premier coup d'oeil qu'il n'a pas été bâti d'un seul jet et qu'il a subi plusieurs modifications. La baie démesurée du fond de l'abside, dont nous parlons ci-dessus, a été percée après coup, sans doute pour donner du jour. Elle est gothique, à double meneau, au lieu d'être romane comme le reste[7]. On retrouve, adossés au mur méridional, des contreforts énormément massifs. Ils rappellent bien ceux de l'église de Grandvaux. élevée par les moines de Paray au XIIe siècle. Une fenêtre murée près du contrefort de droite donne une idée du caractère de l'édifice avant tous les remaniements dont il porte les traces. Un arc de cercle repose sur les pieds droits ; cette fenêtre parait très ancienne. Il est fort regrettable que l'architecte. M. Lavenant, de Paris, dans la restauration qu'il a exécutée aux frais de Mlle de Semnaize, ne se soit pas inspiré de l'idéal du premier constructeur, au lieu de ce mélange si peu harmonieux de roman et de gothique, blâmé par le public connaisseur.

L'intérieur est moins disparate que l'extérieur. De gracieuses peintures modernes ornent les murs. Le regard cherche d'abord la Madone. Elle apparaît à l'arrière du maître-autel en beau marbre blanc, toujours cachée sous une robe et un manteau plus ou moins riches, selon le rite des fêtes de la Sainte Vierge. C'est là cette Vierge vénérée dont nous allons faire l'histoire.

A droite, près de la balustrade en fer forgé, on remarque une petite chapelle en l'honneur de sainte Anne, érigée par les confrères de Sainte-Anne en 1735, date qui se lit encore à gauche : « Tronc de Romay, 1735. » L'autel est aussi en marbre blanc. Un tableau représentant sainte Anne, donnant à la Sainte Vierge une leçon de lecture, est dû au pinceau de M. Malard, peintre de Paray[8], lequel serait aussi l'auteur du saint Jean-Baptiste de la chapelle des fonts baptismaux de la basilique de Paray. L'ancien maître-autel était en bois et le tableau donné en ex-voto par les Dames de Paray[9]  fut placé derrière l'autel, en face de la grande baie ogivale, pour atténuer le faux jour qu'elle répand sur la Madone et sur l'autel. Tous les ex-voto qui tapissaient les murs de la chapelle avant la Révolution de 93 ont disparu. Depuis sa réouverture, les personnes pieuses en ont offert un grand nombre ; mais ces objets ne se signalent en général ni par Part, ni par le bon goût.

A partir des pèlerinages au Sacré-Coeur, la chapelle de Romay reste quelque peu dans l'oubli. C'est à peine si les pèlerins du Sacré-Coeur soupçonnent l'antiquité et la renommée de ce modeste sanctuaire. On pourrait croire que la Sainte Vierge tient à s'effacer pour ne rien enlever aux grands triomphes du Sacré-Coeur. Au reste, Romay était peu abordable.

Le chemin nommé les rues de Romay, mal entretenu, ne présentait pas une promenade agréable aux étrangers. Depuis bien longtemps, la population réclamait un chemin plus commode et plus agréable. Après bien des négociations, en 1883, sous l'administration de M. Berger, maire de Paray, M. de Marguerie, propriétaire des domaines de Romay, consentit à un traité sur les bases suivantes : la ville céda une partie de l'ancien chemin allant de Paray à Romay, sur la rive droite de la Bourbince, et le propriétaire fit abandon du terrain nécessaire pour ouvrir une avenue en face de la chapelle et donna en surplus une indemnité, de 1,500 francs, qui fut employée à couvrir une partie de la dépense du chemin. Il fut stipulé dans l'acte que la propriété de la fontaine n'est pas comprise dans l'échange ci-dessus. Celle transaction donna pleine et entière satisfaction au peuple de Paray. Et depuis, le mouvement vers Romay va toujours grandissant les dimanches et les fêtes de la Sainte Vierge.

Quelle promenade gracieuse ! quelle douce vallée ! quelle souriante nature offre le Val d'Or, sillonné de trois voies ferrées ! Bien pieux aussi est l'antique sanctuaire ! On prie avec confiance la Madone des anciens âges, et on revient de cet humble pèlerinage l'âme tout embaumée d'un parfum de joie qui n'est pas de cette terre.

A partir de ce moment, le sanctuaire de Romay fut appelé à recevoir la visite d'un plus grand nombre de pèlerins du Sacré-Coeur. Dès lors, on comprit bien que des réparations s'imposaient. Extérieurement, la façade, restaurée en 1844, se dégradait. M. Alexandre de Verneuil la fit réparer à ses frais. L'intérieur laissait fort à désirer comme ordre et propreté. Un appel à la générosité de la paroisse en faveur du sanctuaire est bien accueilli dans la population ; les souscriptions arrivent et on commence des travaux de peinture qui donnent comme une vie nouvelle à tout l'ensemble de la chapelle.

Nous lisons dans le Pèlerin de Paray, à la date du 15 octobre 1885 :

« La chapelle de Romay, si célèbre et tant vénérée dans la région, vient d'être décorée de peintures, grâce au zèle de M. le Curé de Paray et à la munificence publique. L'ornementation sobre de détails, mais de bon goût, est due au pinceau de M. Ferdinand Dessalles, de Marcigny. Nous sommes heureux de lui exprimer nos remerciements. Plus que jamais, les pèlerins du Sacré-Coeur aimeront à faire la pieuse excursion de Romay. M. le Curé eut l'idée de célébrer cet embellissement du sanctuaire par une fête solennelle. Il obtint de S. G.Mgr Boyer, évêque de Clermont, enfant de Paray, un diadème et une robe qui arrivèrent la veille de l'Assomption. Mgr Perraud, évêque d'Autun, accorda un couronnement épiscopal à la Vierge, sans pouvoir se procurer la satisfaction de présider la cérémonie. La fête en fut fixée au 6 octobre 1885, et elle a été très solennelle. Mgr Dubuis, évêque de Galveston, présidait, entouré de M. le Curé de Charlieu, de plusieurs archiprêtres du Charolais et de tous les ecclésiastiques du voisinage de Paray. Le pèlerinage de la paroisse de Lourdes, venu pour honorer le Sacré-Coeur, fut très touché à la vue des honneurs qu'on rendait à la Sainte Vierge à Paray-le-Monial. Dans l'après-midi, une belle procession s'organisa au sortir de la basilique, pour se diriger vers Romay. A mesure qu'arrivent les files pressées des fidèles, elles se massent devant la façade de la chapelle et tout alentour, pour entendre le discours de M. l'abbé Gillot, chapelain-missionnaire de la basilique du Sacré-Coeur. L'orateur considère la fête de ce jour comme la fête de la sainte espérance : « Nous trouvons tous à Romay, premièrement une Mère qui nous aime, deuxièmement une Mère qui nous bénit. Il énumère ensuite les dons de Notre-Dame de Romay à ceux qui viennent l'nvoquer ici pour obtenir la grâce du baptême à nombre d'cnfants mort-nés, la guérison des malades, la cessation des fléaux et calamités publiques et la conversion des pécheurs au lit de mort ». Le Pèlerin de Paray, en terminant la relation de cette touchante fête, s'écrie : « Honneur aux paroissiens de Paray, qui savent si bien témoigner leur amour et leur reconnaissance à Marie ! Merci au généreux prélat, illustre enfant de Paray, qui a noblement enrichi notre bonne Dame par l'offrande d'un diadème et d'un manteau et dont l'absence a été bien regrettée ! Merci enfin au zélé pasteur qui a eu l'heureuse inspiration de celle fête ! »

Ajoutons que la population parodienne donna, par sa présence et par la décoration des rues, des maisons et des places publiques, le plus grand lustre à cette solennité. C'était comme le prélude de toutes les belles fêtes qui attestent de la façon la plus expressive la touchante dévotion de Paray envers Notre-Dame de Romay.

Aussi bien, tout le monde s'accorde à reconnaître que la chapelle est trop petite pour recevoir les foules qui s'y rendent en pèlerinage au temps où de tous les points de la France et de l'étranger les pèlerins du Sacré-Coeur affluent à Paray-le-Monial. Un des charmes du pèlerinage est, depuis quelques années, une procession à la chapelle de Notre-Dame, avec accompagnement de prières et de chants en l'honneur de Marie. Lorsque 150 pèlerins ont pénétré dans la chapelle, elle est archicomble. Le reste est condamné à rester dehors pendant la prédication et le salut du Saint-Sacrement.

Plusieurs difficultés semblent s'opposer en ce moment à l'exécution d'un agrandissement. Patience! Notre-Dame à son heure. Ce n'est pas en vain qu'elle attire à son sanctuaire mieux connu les pèlerins du Coeur de son bien-aimé Fils. Le jour viendra où la vive reconnaissance de la France lèvera tous les obstacles et du fond du Val d'Or émergera non plus une simple chapelle, mais une église surmontée, d'un superbe campanile, garni de cloches, saluant chaque pèlerinage en l'honneur de Notre-Dame de Romay.

II

LA MADONE DE ROMAY

Avant d'entrer en matière sur l'âge de notre statue ou icône sacrée, nous déclarons que nous n’ eussions pas donné autant d'importance à cette question, si, près de nous, n'avait pas surgi tout à coup une opinion d'une exagération inouïe sur son antiquité.

Pour la contredire, nous nous appuyons sur des autorités d'une valeur incontestable. Elles viennent corroborer une ancienne opinion, simplement énoncée dans notre brochure de 1897, et nous permettent de la produire au grandjour dans cette histoire du sanctuaire vénéré ; car nous savons combien en notre temps tout le monde s'intéresse aux questions d'âge des monuments, des figures et des représentations divines et humaines. Avant tout, donnons une description technique cl esthétique de la statue, dénommée par la foi populaire : Notre-Dame de Romay.

C'est un groupe en pierre extraite dos carrières du lieu même. Sa hauteur est de 70 centimètres, et son poids d'environ 50 kilos. La Vierge est debout et porte l'Enfant Jésus sur le bras droit, tandis que, de la main gauche, elle tient délicatement les pieds du divin Enfant. Celui-ci, en vêtement court et simple, tient entre les mains une pomme, fruit du Paradis terrestre. Le front de la Madone est orné d'un diadème, émoussé par l'âge, et dont il ne reste plus que le bandeau, rehaussé d'une imitation de pierreries. La Vierge est vêtue de la robe ou tunique et du manteau royal dont la bordure, très régulièrement sculptée, a un caractère roman, au dire des savants iconographes qui font pleine autorité pour nous. Dans notre notice de 1897, nous nous rangions pour l'âge de la Madone à l'opinion de M. Cucherat, optant pour le XIIe siècle [10], sans la discuter autrement.

M. Rohault de Fleury, actuellement secrétaire du Voeu national de Montmartre, visitait Para y le 27 septembre 1876. M. Cucherat le conduisit à Romay. Il examina avec soin le groupe dévêtu et l'attribua au XIIe siècle, en ajoutant qu'il considérait cette icône comme l'une des Madones les plus curieuses de cette époque reculée. Plus tard, pour appuyer l'opinion émise dans notre premier travail, l’idée nous vint de lui écrire, en lui envoyant une photographie de la Madone charolaise. Notre lettre tomba entre les mains de M. Georges Rohault de Fleury, son frère, continuateur des travaux de son père sur l'iconographie mariale. A la date du 8 juillet 1896, il nous écrivait : « Je dois dire que je n'ai pas de réponse bien explicite à vous faire sur la question d'âge de ce monument que vous désirez connaître ». Cela se comprend. Il n'avait alors qu'un simple croquis au crayon, tracé bien à la hâte par son frère dans sa visite à Romay.

Il ajoute : « Nous l'avons daté du XIIe siècle dans notre recueil; mais je dois dire aussi que c'est un maximum chronologique — à s'en rapporter à la rudesse du dessin, à son exécution sommaire, aux défauts de proportions, on se croirait d'abord devant une oeuvre romane, mais un examen attentif fait baisser l'estimation. Il faut se persuader d'abord que les Madones figurées debout sont très rares au XIe et XIIe siècle. Ce n'est qu'au XIIIe siècle je ne parle pas dans tout cela des byzantines que les artistes ont eu l'idée de la figurer debout. Il me semble que les caractéristiques, que le costume et l'ornementation peuvent nous offrir concordent avec une date entre le XIIe et le XIIIe siècle. »

En 1897, parut une notice ayant pour titre : « Le Triomphe de Notre-Dame de Romay. » Il y est dit que les rapports les mieux étudiés de la Société Archéologique d'Arles et du Musée Egyptien ont reconnu dans l'icône de Romay une oeuvre de facture très originale, portant des caractères qui tiennent à la fois de l'Occident et de l'Orient et dont la date doit être placée entre le n' et le ive siècle.

Il est assez dans nos habitudes de nous incliner devant l'autorité des savants. Je suppose que cette opinion parvienne à entrer dans le domaine de la vérité, nous serions enchanté, tout le premier, de posséder une des plus anciennes Madones de la chrétienté. La question méritait donc une étude très approfondie. Nous l'avons abordée, sans parti pris et sans nous départir du respect que nous professons pour les partisans de l'antiquité si merveilleuse de notre groupe de Romay. A cet effet, nous nous adressâmes pour la seconde fois à l'éminent iconographe qui, à la suite de son père, s'est fait une spécialité des icônes de la Sainte Vierge, M. Georges Rohault de Fleury.

En même temps, il recevait de notre part la photographie du groupe, prise par M. Tillon. photographe de Clermont, un estampage de l'inscription gravée sur le socle, relevée avec le plus grand soin par le statuaire Boutte et enfin la notice : « Le Triomphe de Notre-Dame de Romay. » Voici sa réponse : « On ne peut vous dire autre chose que ce que j'ai eu l'honneur de vous exposer. Cette statue constitue incontestablement pour moi une oeuvre du XIIe au XIIIe siècle. C'est déjà une noblesse bien ancienne et les documents sur lesquels on voudrait se baser me paraissent infiniment peu fondés. J'ai vu une quantité de Madones grecques, marquées du sigle Mu et theta qui ne convient pas ici[11]. » M. Rohault de Fleury, aussi savant que modeste, envoya nos pièces à Mgr Xavier de Montaut qui lui répondit de se reporter à ce qu'il avait écrit dans un article publié en 1895 par la Revue de l'Art, chrétien, sous ce titre : « La Vierge de Paray ». Il y est dit : « Réfutons d'abord les théories émises. Nous ne connaissons les Vierges du IIIe siècle que par les catacombes romaines. Or il n'y a pas à faire le moindre rapprochement entre elles et la Vierge de Paray. Comparez la statuette avec les Madones antiques du IXe et du XIIe siècle, la dissemblance vous sautera aux yeux; bien plus, je ne vois ni chandelier (flambeau), ni lettres grecques, pas plus qu'un style gréco-byzantin, et je ne parviens pas à saisir l'idée symbolique sous aucune forme, et encore moins à y voir l'application de certains passages de l'Evangéliste (saint Jean), appropriés à la réfutation d'hérétiques qui ne sont pas ici en cause[12]. La vérité simple, la voici : Cette Vierge est complètement française. Elle ne remonte pas au-delà du commencement du XVIe siècle. Elle peut être contemporaine du règne de Louis XII (1498-1515). La broderie du manteau n'a pas une saveur antique. L'Enfant Jésus est assis sur le bras droit. A une époque antérieure, on l'eût placé sur le bras gauche, car la droite eut été occupée par une fleur de lis. Sur le socle saillissent deux lettres parfaitement latines que M. Pallusta lit : A et B, initiales du sculpteur sans aucun doute. Je ne suis pas sur ce point d'accord avec mon docte ami. A mon avis, ce sont plutôt celles du donateur. La figure séparative nous l'apprend, c'était un prieur qui a apposé comme signe de sa dignité le bourdon (bâton de pèlerin) à double pomme. M. Pallusta, dont les décisions font autorité, estime la statue d'un quinzième siècle avancé. Nous sommes donc bien près de nous entendre, une quinzaine d'années de plus et l'accord est parfait. J'espère que je ne serai pas contredit. » M. Robault de Fleury réplique à cela : « Mgr Barbier est plus formel que moi et fait descendre la Madone au règne de Louis XII. Je ne puis la croire d'une époque si tardive, parce que les Madones du XIVe et du XVe siècle offrent généralement un mouvement de touche que je ne trouve pas ici. Il me semble qu'elle a des caractères suffisants pour être attribuée au XIIIe siècle. »

Avant de fixer définitivement notre jugement, nous avons fait appel en dernier lieu aux connaissances archéologiques de M. Lefebvre-Pontalis, bibliothécaire du Comité des travaux historiques et scientifiques, membre correspondant de la Société Eduenne et auteur d'une étude historique et archéologique d'une grande valeur sur l'église de Paray. M. Morin-Lauvernier, photographe à Paray, a été chargé par nous de prendre la photographie de la Madone. Une reproduction très fidèle lui a été adressée en même temps que notre plaquette « Notre-Dame de Romay », avec prière de nous donner son avis sur l'âge approximatif de cette Vierge. Nous reproduisons en entier la lettre qu'il a bien voulu nous écrire :

« Je ne connaissais pas la statue de Romay, mais grâce à la reproduction photographique, je n'hésite pas à l'attribuer au XIIIe siècle. Les Vierges de l'époque romane sont toujours représentées assises, avec l'Enfant Jésus sur leurs genoux, comme la Vierge en bois, conservée à Saint-Denis, qui provient de Saint-Martin-des-Champs. Cette façon de figurer la Vierge persiste encore pendant le XIIIe siècle, comme le prouve une remarquable statue de bois conservée à Taverny (Seine-et-Oise). Mais, à cette époque, on vit apparaître le type de la Vierge debout, tenant l'Enfant Jésus dans ses bras, comme au portail de droite dans la façade de la cathédrale d'Amiens. Ce qui distingue les Vierges de cette époque, c'est qu'elles n'ont pas le déhanchement gracieux des Vierges du XIVe siècle. Elles conservent encore la pose raide et hiératique des Vierges romanes. Si la statue de Romay était du XIIe siècle, ses vêtements seraient plissés au petit fer et gaufrés comme ceux des statues du portail royal de Chartres. Il me semble impossible, au point de vue iconographique, d'attribuer la Vierge à une époque antérieure au XIIIe siècle. J'ajouterai qu'elle est plus remarquable par son ancienneté que par sa valeur artistique. C'est l'oeuvre d'un ouvrier du pays qui n'avait pas travaillé sous la direction d'un maître éminent, mais la naïveté de l'expression des deux figures ne manque pas de charme ».

En présence de telles autorités, nous optons, sans hésiter, pour la date du XIIIe siècle, et Son Eminence le cardinal Perraud, notre évêque, nous a autorisé à faire graver cette date sur un marbre placé dans la chapelle de la Madone. Pour ce qui nous concerne, nous pouvons affirmer que le diadème de la statue ne porte aucune trace d'une fleur de lis et qu'une des deux lettres, gravées sur le socle, a paru indéchiffrable  à M. Cacherat et au statuaire Boutte, reproduisant le groupe placé sous la grotte qui abrite la fontaine miraculeuse. Tout en laissant à chacun le droit de choisir telle ou telle opinion, nous conclurons par cette affirmation : Noire Madone de Romay est tout à la fois française, bénédictine et cluniste et c'est là la raison qui nous a guidé en ornant le diadème du couronnement des armes de l'abbaye de Cluny, dont Paray était une des quatre filles : De gueules aux deux clés traversées par une épée à poignée d'or et à lame d'argent. Ce n'est qu'après coup qu'un de nos amis [13] nous présenta le sceau du doyenné de Paray, reproduit sur cire, où figure en chef l'Agneau vainqueur au-dessus du blason de Cluny avec celle inscription: Sceau du doyenné de Paray, de l'Ordre de Cluny [14].

Une tradition constante autorise à regarder la statue actuelle comme étant bien celle qui fut enfouie en terre au milieu du XVIe siècle, pendant les guerres religieuses entre les huguenots et les catholiques de Paray...

À suivre...

 

[1] Poèmes du Charollais, p. 233. - Marie Suttin.[2] Origine du Prieuré de Notre-Dame de Paray, page 6.[3] Intercederetur Deo esse placitum. [4] C’est sous le prieur de Paray, Girard de Gypierre, du temps de Pierre le Vénérable (et non au XIIIe siècle, que fut agrandie l'église qui subsiste encore, pp. xv et xvi. — Voir Canal de Chizy, p. 12. — Lefèvre-Pontalis, pp. 8 et 11. [5] Témoignage de Mlle Marie Prost, sacristine de Romay, née en 1831. [6]  Guinet de Villorbenne.[7]  Dans une niche profonde et obscure du sanctuaire, servant de crédence, on distingue, à l'aide d'une lumière, un bas-relief, grossièrement sculpté. Il représente deux burettes posées sur un plateau sous lequel est figuré un flambeau cannelé et disposé en sautoir sous le plateau. Cette sculpture doit appartenir à l'abside primitive. [8] La toile de sainte Anne est, paraît-il, la reproduction d'un tableau d'un peintre italien.[9] Au bas du tableau, ou lit : Voué par les Dames de Paray à Notre-Dame de Bon-Secours pour le salut de la France, 1815. [10] Romay et Sancenay. 1861. [11] Ces lettres grecques sont les initiales de deux mots qui signifient Mère de Dieu.[12] Le savant archéologue tait allusion ici aux assertions de l'auteur du Triomphe de Notre-Dame de Romay. [13] M. G. Bonnet, de Paray, très documenté sur l'histoire de cette ville.[14]  (2) Sigillum decanatus parodiensis or Jinis cluniacensis.

 

NOTRE-DAME DE ROMAY
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Publié le par Rhonan de Bar
Publié dans : #ETUDES HISTORIQUES SUR LIEUX SAINTS

NOTRE-DAME DE ROMAY

ET LES SOUVENIRS QUI S'Y RATTACHENT

PAR

L'ABBÉ BARN

CHANOINE HONORAIRE D’AUTUN ET DE ROUEN

CURÉ-ARCHIPRÊTRE DE LA BASILIQUE

DU SACRE-COEUR DE PARAY- LE- MONIAL

NOTRE-DAME DE ROMAY

CHAPITRE I

PREMIÈRES ORIGINES

Le passé d'un pays éclaire son présent, son présent éclaire son passé : le présent et le passé peuvent aider à deviner l'avenir et le préparer.

Paray ! Romay ! Deux noms vraiment prédestinés dans la marche des siècles. Leur renommée est la plus glorieuse qu'on puisse rêver pour une cité aussi peu importante que la nôtre.

Paray, c'est le Sacré-Coeur !

Romay, c'est la Vierge Marie!

Ces deux grandes dévotions remplissent actuellement l'univers catholique. Paray est le berceau de la première — Romay est le foyer dix fois séculaire de la seconde. Pour ce double motif, on peut pronostiquer que l'avenir réservé à Paray préparé par le passé et le présent, sera des plus glorieux au point de vue catholique.

Que l'incrédulité moderne en prenne donc son parti. Quoi qu'elle, fasse, elle n'opposera jamais une digue assez formidable à ce flot toujours grandissant qui, chaque année, jette sur la paroisse hospitalière de Paray les populations chrétiennes de la France et du inonde entier.

Mais plus une contrée, est célèbre par les merveilleux événements qui s'y déroulèrent, plus le visiteur est avide de connaître les premières origines de son histoire.

Voilà pourquoi plusieurs historiens, en parlant de Paray et de Romay, ont voulu aborder la question de leurs origines et ont tenu à donner leur sentiment sur la signification de ces noms Paray et Romay.

Il est avéré que la science des étymologies a fait depuis quelque temps de sérieux progrès". Elle compte déjà des savants de première, valeur. Ils ont posé des principes, établi certaines règles d'interprétation assez sures. Cependant la vraie étymologie de beaucoup de noms propres leur échappe et reste encore à l'état de secret.

Cette science nous est peu connue et le lecteur trouvera peut-être qu'il y a témérité de notre part à nous engager sur un terrain aussi périlleux que celui-ci. Notre, excuse, la voici. Depuis que nous nous occupons d'études historiques sur notre. Paray religieux, cent fois on nous a posé celle question : Que pensez-vous des étymologies assignées aux noms de Paray et de Romay par quelques écrivains modernes ?

Sans prétendre entrer en lice avec les autres historiens de Paray, nous ferons connaître dans les deux paragraphes suivants le résultat de nos longues et consciencieuses recherches sur ce point, en laissant au lecteur le soin de former son opinion en connaissance de cause.

1

ÉTYMOLOGIE DU MOT DE PARAY

Ce mot est tout à la fois un nom de lieu, de famille et d’habitation[1]. La France compte plusieurs localités du nom de Paray. De ce nombre mentionnons seulement Paray-le-Moineau (Seine-et-Oise), arrondissement de Corbeil. Dans l'Allier, Paray-le-Frésil et Paray-sous-Briaille. En Saône-et-Loire, notre Paray-le-Monial.

La pluralité des localités du nom de Paray est déjà une raison suffisante pour se défier de toute étymologie, tirée du sol même de notre localité.

Nous avons demandé à M. l'abbé Clément, de Moulins[2] , archéologue de mérite, ce qu'il pensait de l'étymologie du nom de Paray, porté par deux communes du département de l'Allier.

Voici sa réponse :

« Ce nom vient-il du latin ou du cette? Je, le, crois « plutôt gallo-romain. Dans ce cas, j'adopterai comme « étymologie Paredum ; car on sait que la forme « latine du Moyen âge est Paredus. Dans les actes « anciens, les chartes, etc., Paray-le-Frésil est dit : « Paredus Frederici [3], XIIIe siècle, et Paray-sous-Briaille, Paredus tout simplement au XIIIe siècle, et enfin Paray au XIVe siècle. »

En Saône-et-Loire, Paredus se trouve dans un diplôme de Charles-le-Chauve, en 877, donnant à l'abbaye de Saint-Andoche la villa Paredus, située dans l'Autunois. Entre le Paredus Charolais et celui de l'Autunois y a-t-il quelque rapport? Nous l’ignorons ; mais il est certain que Paray vient de Paredum[4], passant par Pared, Pareid et Paroy en vieux style français.

Pour nous renseigner sur les Paray de Seine-et-Oise, nous avons eu recours à M. le Curé de Paray-Douaville. Il nous a informé que Paray-le-Moineau a pris, en 1845, le surnom de Paray-Douaville. Cette ville a son histoire dans le passé aussi bien que Paray-le-Monial. « Dès l'année 1179, dit M. le Curé, le pape Alexandre III ayant confirmé par une bulle, datée des Ides de, février (25 mars), la possession de l'église, de Claire-Fontaine, nous trouvons que l'église de Paray, Ecclesiam de Pireto, est tenue à un muid de vin envers l'abbaye ». Il est certain que Piretum est Paray. Puis, il ajoute : « Dans un ancien Pouillé, connu de l'évêché de Chartres et qui, selon Benjamin Guérard, lut rédigé vers le milieu du XIIIe siècle, on trouve des renseignements clairs et précis. Voici le passage qui a rapport à Paray : grand archidiaconé de Chartres, doyenné de Rochefort, Paray, Parcium, et en note, ces mots : seconde variante du nom de Paray. »

On le voit, il n'y a aucun rapport entre ces variantes Piretum[5]et Pareium de Seine-et-Oise, et Paredus et Paredum de l'Allier et de Saone-et-Loire. Notre conclusion tendrait à admettre que Paredus pourrait bien être le nom d'une propriété ou encore celui d'un propriétaire influent, dont ces deux contrées auraient emprunté le nom, comme cela se pratiquait couramment à l'époque gallo-romaine.

Les archéologues admettent que ces lettres ay viennent du latin us. Comme l'histoire de Paray n'est connue des historiens que depuis la fondation du monastère bénédictin, en 973, le nom de Paray n'est pas donné, tout d'abord au monastère fondé par le comte Lambert et saint Mayeul. Ils baptisent du nom de Vallée d'Or, Val d'Or, Orval, l'emplacement choisi par l'abbé de Cluny[6]. Survaux. super vallem, désignera le monticule qui domine le Val d'Or. Il est à croire qu'un premier monastère, construit peu de temps avant la mort de saint Mayeul, était situé entre Paray et Romay.

La charte de fondation dit que l'église fut bâtie sur le penchant de la colline, colliculum[7]. L'église, construite plus tard et consacrée en 1004, est en plaine et très près de la Bourbince. Il est encore dit, dans celle même charte, que les travaux commencèrent en 973 et qu'au bout de trois ans le monastère et l'église lurent achevés. On a lieu d'être surpris de la rapidité de construction d'un monastère, fondé pour vingt-cinq moines. Elle fut consacrée en grande pompe, cum magna gloria, sous le vocable du saint Sauveur, de la Vierge Marie et de saint Jean-Baptiste, en présence du fondateur et de sa famille, de trois évêques, d'une multitude, de clercs, moines et laïques.

Le comte Lambert dota princièrement le, monastère. Les seigneurs des environs l'imitèrent à l'envi. Le comte mourut loin des siens, le 22 février 988[8]. Il avait choisi l'église du monastère de Paray pour lieu de sa sépulture.

M. l'abbé, Ulysse Chevalier relate « que Hugues 1er fils du comte Lambert, fut sacré évêque d'Auxerre, le 5 mars 999. Peu de jours après (en mai), il unit le Cenobium, monastère de fondation encore récente, à l'abbaye de Cluny, qui avait alors à sa tête saint Odilon. Ce fut comme une nouvelle fondation ».

Nous pensons qu'à ce moment, les moines quittant le penchant de la colline, s'établirent définitivement dans le nouveau monastère, construit près de la Bourbince[9].

L'église conventuelle fut érigée en l'honneur du Seigneur Dieu, de la Bienheureuse Marie, de saint Gervais, et de saint Grat, évêque de Chalon, dont le corps avait été donné au monastère du Val d'Or par le fondateur, le comte Lambert. Il n'est plus question du saint Sauveur et de saint Jean-Baptiste, comme dans la consécration précédente. La date de cette dernière est du 9 décembre 1004.

Vers le milieu du XIe siècle, le monastère prend le nom de Paray et, peu après, celui de Val d'Or disparaît.

II

ÉTYMOLOGIE DU MOT ROMAY

Quelle que soit la véritable étymologie du nom de Romay, sa consonance exhale un parfum de Rome. Romay est un écho de la grande Rome. (M. l'abbé CUCHERAT).

Dans la plaquette Notre-Dame de Romay, publiée en 1897, nous disions : Il est difficile, pour ne pas dire impossible, d'assigner à ce nom de Romay une étymologie quelque peu acceptable. Cette persuasion ne nous a pas arrêté dans nos recherches pour pénétrer le secret de ce nom, comme nous l'avons fait pour le nom de Paray. Le fruit de notre travail depuis ce temps-là, le voici : M. l'abbé Cacherat pense que saint Mayeul, quatrième abbé de Cluny, aurait donné ce doux nom de Romay à l'emplacement des carrières découvertes pour les constructions du monastère dont il fut le fondateur spirituel. — Nous mettions en doute cette opinion sur l'origine de Romay, sous prétexte que le document sur lequel s'appuie l'auteur nous échappait. — Cependant le rapprochement suivant nous a frappé quelque peu. La fondation de notre monastère date, nous l'avons dit de 973, et c'est l'année précédente 972 que saint Mayeul, en revenant de Rome, fut arrêté par une bande de Sarrasins et retenu captif. En dépouillant notre Saint, ils lui laissèrent par mégarde le Petit Traité de l'Assomption de la Sainte Vierge, attribué à saint Jérôme. On était au 23 juillet. Le saint pria la Sainte Vierge d'obtenir de son divin Fils qu'il pût, avec ses compagnons de captivité, aller célébrer cette fête avec les chrétiens. Grâce à une rançon de mille livres pesant d'argent, fournie les Seigneurs et Frères de Cluny, Mayeul fut mis en liberté, avec tous ses compagnons de captivité. Il put célébrer la fête de l'Assomption parmi les chrétiens, ainsi qu'il l'avait demandé à Dieu[10] .

Cet événement fut-il pour quelque chose dans le choix du mystère de l'Assomption, vocable de l'église monacale et de l'oratoire, élevé non loin des carrières de Romay ? Rien ne l'indique dans les documents qui nous restent du monastère de Paray.

Romay vient du mot latin Romera[11]. Son orthographe a varié avec la suite des siècles. Il s'écrivit d'abord Romey, Romaye, quelquefois Romel ; on trouve aussi Romay en Val d'Or et présentement Romay. — Aucun pays ne s'appelle de ce nom, mais nous connaissons une famille du nom de Romay. — Aucun document, à notre connaissance, ne cite Romay avant le XIIIe siècle. Mgr Touchet, évêque d'Orléans, vint en pèlerinage à Paray en 1900, et prononça le panégyrique de la Bienheureuse Marguerite-Marie, le 17 octobre. Le lendemain, comme on parlait en sa présence de notre sanctuaire de Romay, le grand orateur fit soudain cette réflexion : Romay ! Ce mot signifie pèlerin, pèlerinage. J'ai lu il y a quelques jours seulement, que Jeanne d'Arc parlant pour Chinon, pour délivrer la ville d'Orléans, occupée par les Anglais, envoya son confesseur, sa mère et ses deux frères, afin d'implorer la protection de la Sainte Vierge pour la France, à Notre-Dame du Puy où, à l'occasion du Jubilé de 1429, l'Église Romaine avait ouvert le trésor des Indulgences en faveur des pèlerins du Puy.

C'est à partir de ce moment qu'on appela Elisabeth Romet la mère de Jeanne d'Arc. Monseigneur voulut faire le pèlerinage de Romay le surlendemain matin, à la suite des pèlerins de son diocèse, et en présence de la photographie de la Vierge de Romay, Sa Grandeur déclara qu'il n'était pas possible de la classer au-delà du XIIe siècle. Deux prêtres du diocèse d'Autun, nos amis[12] après avoir lu notre étude sur Notre-Dame de Romay, nous adressèrent leurs observations sur l'étymologie de Romay, en démontrant que Romay pourrait bien rappeler la Ville Eternelle, comme l'a écrit M. Cucherat.

Nous avons résumé les deux lettres de nos confrères dans la livraison du Pèlerin de Paray, le 1er février 1898, en ces termes : Les pèlerins qui vont à Rome sont appelés Romèens, en italien Romey. Dans la même langue, le mot Romeo signifie pèlerin et pas autre chose. Mais bientôt il s'est généralisé et on l'appliqua indistinctement à toute personne qui avait visité un des grands sanctuaires de la chrétienté. De la langue italienne, le mot est passé dans les langues espagnole et portugaise avec des modifications insignifiantes. En espagnol, le mot Romeria signifie pèlerinage de Rome. Romero, Romera se traduisent par pèlerin, pèlerine ; mais ce terme signifie pèlerin tout court ; rien d'étrange que l'italien ait pénétré jusqu'à nous, puisque la langue de Rome a toujours tracé partout.

Dans notre Brionnais, on retrouve encore des traces de ce mot Rome, appliqué aux pèlerins en général.

A environ 25 kilomètres de Romay, sur le territoire de la paroisse d'Oyé, canton de Semur-en-Brionnais, il existe un sanctuaire qui a nom Notre-Dame de Sancenay[13]. Comme Romay, Sancenay est un lieu de pèlerinage, fréquenté spécialement les jours de fête de la Sainte Vierge. La fêle de l'Assomption est le jour où le concours des pèlerins est le plus nom-breux. Nous avions appris de notre premier vicaire, M. l'abbé Girardon, natif de la paroisse d'Oyé, que dans le pays, de temps immémorial, on nomme romis et roumis les pèlerins qui viennent prier Notre-Dame de Sancenay. La chapelle, jadis seigneuriale, dépend maintenant de la paroisse d'Oyé. L'an dernier, nous avons visité en pèlerin Sancenay, et les habitants nous ont affirmé qu'ils avaient toujours appelé, ainsi que leurs ancêtres, les pèlerins de Sancenay les romis et roumis, sans s'expliquer pourquoi. De nos jours, où les pèlerinages à Rome ont repris, sous une autre forme, leur antique usage, on donne le nom de Romains aux ouvriers qui ont fait le pèlerinage, de Rome[14].

Il n'y a pas longtemps, nous eûmes l'occasion de consulter,— par l'intermédiaire de sa propre soeur, — sur l'étymologie de Romay, M. Paris, de l'Académie française, très lié avec M. d'Arbois de Jubainville, auteur d'un savant ouvrage sur les étymologies des noms propres et des noms de lieux. Voici sa réponse :

« M. le Curé de Paray a raison de croire que romi, romiage signifient pèlerin, pèlerinage [15]. On a dit d'abord Romacus, Romeaginus, du pèlerin qui allait à Rome, du pèlerinage dirigé vers Rome, puis de tout pèlerin et de fout pèlerinage. Le nom Romeo n'est, à l'origine, pas autre chose, car le mot existait en italien, en français et en provençal (Romien, Roumien); mais il me paraît très douteux que le nom de lieu Romay en vienne. Il faudrait Romiay et encore ce ne serait pas probable. Ces noms de lieux en ay, ainsi que ceux en y remontent à l’époque gallo-romaine ou mérovingienne. Ils se sont formés, comme l'a montré notre ami d'Arbois de Jubainville, de noms d'anciens propriétaires de domaines avec la terminaison actun, qui en Gaulois indique l'appartenance. Ainsi Avenay est l'ancien domaine d'un Avennus, etc. Il est bien probable que Romay, Paray, sont formés de même sur le nom d'un Romus, Parus. Pour en être très sûr, il faudrait connaître les anciennes formes de ces noms. »

Les formes du nom Romay nous sont connues. Romaye, Romey sont deux noms qui se rapprochent de Romiay. A notre sentiment, l'oratoire bénédictin tira de ce fait son nom de Romay. Aussi bien, penchant toujours pour la signification Romay, lieu de pèlerinage, nous n'insisterons pas davantage pour rallier le lecteur à cette opinion, qui nous semble assez probable après cette étude. Nous avons cherché à l'éclairer, en respectant sa liberté, suivant l'adage : Dans les choses douteuses, liberté. In dubiis libertas...

 

 

[1] Plusieurs châteaux en France se nomment Paray.[2] M. l'abbé Clément, aumônier de religieuses à Moulins, a lu au Congrès de Fribourg un rapport très remarquable sur les Vierges, du diocèse de Moulins. Son exposition de Vierges antiques lui a valu une médaille d'or. [3] M. Cucherat a traduit Paray-le-Frésil par Paray-les-Frères, en s'appuyant sur le livre 48, n° 51, des Annales Bénédictines de Mabillon où il dit qu'il y a un autre lieu du même nom que notre Paray-le-Monial, non loin de Bourbon-Lancy, dit Paray-les-Frères pour le distinguer de l'autre qui prend le surnom de Frères ou bien de Moines. [4] Les chartes et dictionnaires latins portent aussi Paroedum, Pariacum. — Dans le recueil de Pérard, on lit Pararium, Pareriacum. — En 1271, on lit : Paredus Monialis, Paray-le-Monial. [5] Piretum vient du mot grec, qui signifie feu. Etymologie inapplicable à notre Paray-le-Monial. [6] Saint Mayeul était originaire de Valensole, nom qui signifie Vallée du Soleil. — Serait-ce le souvenir de sa terre natale qui aurait valu à la vallée de la Bourbince, en latin Borbincia, le nom de Val d'Or, à raison de la richesse de ses prairies ? [7] Le lieu appelé autrefois Orval, au bas de Survaux et dénommé présentement La Vigne serait vraisemblablement ce Colliculum.[8] Introduction au Cartulaire de Paray, par Ulysse Chevalier, p. XII. [9] Ce monastère se trouvait au nord de l'église, dans le jardin de M. de Chiseuil. Vers 1700, on commença les constructions du monastère actuel et on employa pour la charpente et la boiserie les beaux chênes de la superbe futaie, plantée près du cimetière au lieu appelé encore La Forêt de Paray. Le roi Louis XIV autorisa l'exploitation de cette forêt à la condition que le cardinal Emmanuel-Théodose de Bouillon, doyen de Paray, donnerait 40 arbres de 1re classe pour la marine française.[10] Histoire de saint Mayol, abbé de Cluny par l'abbé L.-J. Ogerdias, chanoine honoraire, curé de Souvigny, p. 79 et suivantes. [11] Carte du duché de Bourgogne, 1763, par MM. Camus et Montigny.[12] M. Trichard, aumônier du Prieuré de Charolles, chanoine honoraire, et M. l'abbé Clément, professeur d'histoire au Petit Séminaire d'Autun, décède depuis.[13] M. Cucherat, dans son Romay et Sancenay ; - Mâcon, imprimerie Protat, 1861, — consacre plusieurs pages à ce sanctuaire.[14] Lettre de M. Léon Harmel à un industriel. — Val-des-Bois, le 8 août 1898.[15] Au moment où nous transcrivons la lettre de M. Gaston Paris, nous recevons la nouvelle de sa mort à Cannes, le 5 mars 1903.

 

http://lieuxsacres.canalblog.com/archives/2012/07/31/24811011.html 1ère et seconde photos. 3ième et 4ième © Rhonan de Bar.
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Sainte Geneviève

(422/23-512)

Le fils de Mérovée, Childéric, servait alors dans les armées romaines comme auxiliaire ; les Franks et lui étaient pour les Romains des alliés indispensables, mais terribles, dont le naissant empire et la jeune puissance allaient bientôt peser dans la balance du monde bien plus lourdement que la gloire passée et le nom antique des Césars. Il arrivait souvent que, pendant ses expéditions, Childéric s'arrêtait à Paris ; on lui parla de Geneviève, et quoique païen, le roi des Franks témoignait un grand respect pour les vertus de la sainte. Un jour même, au moment où il allait faire exécuter une sentence de mort contre plusieurs condamnés, Geneviève se présenta inopinément à ses yeux, se jeta à ses pieds et lui demanda la grâce des coupables. Childéric ne put la lui refuser, et Geneviève rentra dans Paris, menant à sa suite les captifs qu'elle venait de délivrer. On ajoute que les portes de la ville s'étaient ouvertes miraculeusement devant ses pas, au moment où elle se disposait à aller implorer la clémence du roi , au nom d'un Dieu qu'il ne connaissait pas , mais qu'il révérait en voyant les vertus de ses serviteurs.

Clovis succéda à Childéric, et fidèle aux desseins des chefs barbares, ses ancêtres, il voulut étendre ses possessions du côté de la Seine. Il s'empara de Soissons, et de là se porta vers Paris, qu'occupaient encore les troupes romaines. La ville était alors renfermée toute entière dans l'île de la Cité et défendue par des murailles et des tours. Clovis désespéra de la prendre d'assaut, mais il la bloqua étroitement, l'enveloppant comme dans un réseau d'ennemis. Bientôt les vivres devinrent rares, la famine se fit sentir : des femmes pâles et languissantes, des guerrier» fléchissant sous le poids des armes, des enfants expirant sur le sein tari de leurs mères remplissaient les rues et les places publiques de la ville. Geneviève, qui, durant les calamités, ne quittait presque pas le pied des autels, sentit à la vue des malheurs de ses concitoyens, s'animer ce pieu* courage, celle énergie patriotique et sainte dont le Ciel avait allumé la flamme sacrée en son âme. Une seule ressource restait à la ville assiégée: elle possédait quelques nefs qui, dirigées par des hommes intrépides, pouvaient rapporter des vivres aux habitants de Paris et les sauver ou de l'agonie de la faim, ou des fureurs du roi barbare. Mais qui osera entreprendre ce périlleux voyage? Geneviève se présente, et ses paroles portent l'espérance dans tous les cœurs. Elle s'embarque, menant avec elle quelques personnes dévouées, parmi lesquelles l'histoire cite un prêtre nommé Bessus ; onze barques suivent la sienne, et cette petite flottille remonte la Seine jusqu'à la ville d'Arcis. Là, on fit d'amples provisions. Voulant les augmenter encore, Geneviève alla jusqu'à Troyes, où elle reçut également d'abondants secours pour son peuple affligé. Mais la vierge, à son tour, répandit autour d'elle, en ce saint voyage, les grâces dont le Seigneur l'avait rendue dépositaire ; elle guérit les malades et les aveugles par la vertu de ses prières et du signe de la Croix ; ce fut comme un échange, où les peuples donnaient leurs biens aux amis, aux compatriotes souffrants de Geneviève, et où Geneviève répandait sur les peuples les dons surnaturels dont elle était enrichie. Pleine de joie, elle reprit sa route vers Paris; sur le point d'y rentrer, la tempête assaillit la petite flotte, et lui fit courir le plus grand danger. Les passagers se croyaient au moment de périr, quand Geneviève se mit en prières, forte de sa confiance et de sa foi.... Une heure après, les barques chargées de blé entraient dans Paris, pendant que les prêtres elle peuple chantaient le cantique de l'Exode : Le Seigneur est ma force et ma louange; il a été mon salut.

Geneviève s'occupa aussitôt à distribuer les vivres qu'elle avait apportés. Aux uns elle donnait du blé, aux plus pauvres et aux plus affamés du pain, et elle éprouvait une telle angoisse de cœur en entendant quelqu'un se plaindre de la faim, qu'elle allait chercher au four les pains que ses compagnes avaient fait cuire pour l'usage de leur maison. Les vierges s'inquiétaient alors, mais la joie et la confiance renaissaient en leur âme, quand elles entendaient les pauvres vanter la charité de Geneviève et montrer les pains frais qu'elle venait de leur donner. Lorsqu'elle distribuait ses dons, Geneviève semblait rayonnante de joie; ses yeux se remplissaient de douces larmes, et l'on voyait que cette âme céleste, après avoir renoncé à tout, goûtait encore une félicité secrète dans le bonheur des autres.

Le blocus de la ville durait depuis quatre ans, lorsque Clovis reçut la nouvelle d'une invasion, faite par les Tongriens ou Tongres, sur le territoire des Franks-Saliens. Ces Tongres, qui sont maintenant les habitants du pays de Liège, étaient chrétiens, et par conséquent amis dos habitants de Paris; ils mutaient, par leur brusque entreprise, faire diversion et forcer le roi des Franks à lever le siège. Clovis les attaqua avec sa vigueur ordinaire, les battit en plusieurs rencontres, s'empara de la ville de Tongres (an 191), joignit ce nouvel état à ses conquêtes, et revint vers Paris, qu'il continua à resserrer étroitement. Mais Paris, la ville des Denis et des Eleuthère, Paris, depuis si longtemps chrétienne, ne voulait pas reconnaître un maître païen, et en voyant les qualités de Clovis, ses vertus militaires, la générosité qui éclatait souvent en ses actions, toute l'Eglise des Gaules formait des vœux afin que le fier Sicambre courbât la tête sous le joug de Jésus-Christ. Geneviève priait avec ardeur, affligée par les maux de ses concitoyens, par ceux de la sainte Eglise, que désolait alors l'hérésie d'Arius, les irruptions des barbares, et les guerres sanglantes des peuples chrétiens.

Bientôt une circonstance favorable vint présenter aux Chrétiens quelques lueurs d'espoir. Le jeune roi frank n'était pas marié; on apprit tout-à-coup dans les villes et les bourgades, et dans le sein même de la ville assiégée, qu'il avait fait porter son anneau à la princesse Clotilde, fille de Çhilpéric roi de Bourgogne. Captive dans la maison de son oncle, de Gondebaud, le meurtrier de sa famille, Clotilde avait conservé, au milieu d'une cour tout arienne, les principes de la foi catholique, et, guidée par l'esprit de Dieu, elle avait donné au roi païen sa foi de fiancée, se souvenant que la femme fidèle sanctifie l'époux infidèle, et se sentant appelée sans doute à une haute et magnifique mission. Elle avait été reçue à Soissons avec une pompe, royale; Clovis l'avait épousée par le sol et le denier, lui assignant, en témoignage d'amour, un riche apanage. Dès ce moment, la jeune reine acquit un grand ascendant sur l'esprit de son époux; elle obtint môme la permission de faire baptiser ses premiers nés; néanmoins, pendant plusieurs années, son pouvoir n'alla pas plus loin. Clovis ne voulait pas abandonner le culte de ses ancêtres; mais la prière de deux saintes se liguait contre lui. Clotilde priait comme épouse et comme mère; Geneviève priait au nom de toute l'Eglise de Dieu, et leurs prières furent exaucées.

Les Allemands, de concert avec les Suèves, les Doyens et d'autres petits peuples, se jetèrent sur les états de Clovis, et commencèrent à les ravager. Clovis se joignit à Sigebert, son parent, chef ou roi des Franks Ripuaires, réunit quelques légions romaines et marcha contre les alliés Allemands, qui formaient une armée de plus de cent mille hommes. Il les rencontra à Tolbiac (an 496) aujourd'hui Tulpich, dans le duché de Juliers. Le combat s'engagea et se soutint avec force de part et d'autre. Cependant les troupes de Clovis plient; Gaulois, Romains, Franks eux-mêmes semblent reculer devant la farouche armée des Allemands... Un moment encore, et Clovis va perdre le fruit de tant de conquêtes... Un moment encore, et l'avenir si brillant, ouvert devant sa race, va se fermer pour jamais... Clovis hésite; mais Clotilde et Geneviève prient pour lui; il lève les mains au ciel :

«Dieu de Clotilde, s'écrie-t-il, donne-moi la victoire, et je me ferai chrétien ! »

Le Dieu de Clotilde l'a entendu; Clovis fut victorieux, et le royaume de France fut fondé.

Geneviève allait recueillir le fruit de ses travaux, car tous les historiens l'ont pensé: les larmes et les prières de la pieuse vierge n'avaient pas moins contribué à la conversion du roi que les exhortations de Clotilde. On apprit par toutes les Gaules que Clovis se faisait instruire des vérités du christianisme par l'évoque de Reims, saint Remy. Le moment du baptême arriva, et la nuit de Noël de l'an 496 vit cette auguste cérémonie. Remy tenait par la main, comme un fils bienaimé, le jeune roi barbare, nouvelle conquête du Christ; il le conduisit vers l'église dédiée à Saint-Martin , et qui, entre tous les sanctuaires de la ville de Reims, avait été choisie à cause de la dévotion des Gaules au saint évêque de Tours Cette église était ornée avec une étonnante splendeur; une profusion de lampes et de candélabres ressuscitaient la lumière du jour; des guirlandes couraient en festons sur les murs et formaient, sous les voûtes de pierre, des voûtes fleuries et embaumées; des miroirs d'argent éclataient au milieu des tentures de pourpre, et Clovis fut si frappé à la vue de ces magnificences, qu'il demanda au saint évêque: « Père, est-ce là le royaume du ciel que tu m'as promis?

« — Non, mon fils, répondit Remy ; c'est seulement le chemin qui y conduit. »

L'eau sainte coula sur le front du Sicambre, qui se releva chrétien et roi de France. Clotilde assistait à cette fête du ciel; elle vit son époux régénéré dans l'eau du salut, et avec lui, trois mille guerriers, l'élite des tribus franques ; elle vit, dans les jours qui succédèrent à ce beau jour, les nobles actions qu'inspirait à Clovis sa foi nouvelle: ses largesses aux pauvres, sa clémence envers les captifs, son dévouement à l'Eglise, et surtout son zèle pour la doctrine de Jésus-Christ. Elle l'entendit, au récit de la Passion du Sauveur, prononcer cette parole, où semblent se confondre l'ignorant barbare et l'ardent chrétien:

« Que n'étais-je là avec mes Franks ! »

Elle eut encore un autre sujet de joie: la ville de Paris, qui, soutenue par les exhortations de Geneviève, préférait s'ensevelir sous ses propres ruines que de se rendre à un prince païen, ouvrit ses portes à Clovis, et reconnut pour maître celui qui venait de confesser Jésus-Christ. Clovis et Clotilde entrèrent solennellement dans Paris et prirent possession de la ville où, durant quatorze siècles, leur postérité devait régner.

Photos Sainte Geneviève. Source Net.
Photos Sainte Geneviève. Source Net.
Photos Sainte Geneviève. Source Net.

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