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L'Avènement du Grand Monarque

L'Avènement du Grand Monarque

Révéler la Mission divine et royale de la France à travers les textes anciens.

Articles avec #france secrete-hermetique catégorie

Publié le par Rhonan de Bar
Publié dans : #FRANCE SECRETE-HERMETIQUE

LE GRAND MONARQUE ET LE SOUVERAIN PONTIFE

CHRONIQUES DE LA "FIN DES TEMPS."

PAR RHONAN DE BAR.

Enfin parue la nouvelle version revue, corrigée et augmentée. Vous pouvez passer commande auprès de l'auteur via rhonandebar@yahoo.fr au prix de 20 euros (frais de port inclus) avec possibilité de dédicace personnalisée ou sur : http://www.editions-lacour.com/le.grand.monarque.et.le.souverain.pontife-14-8940.php

Résumé 4ième de couverture :

Dans cet ouvrage, l'auteur expose ses réflexions sur un sujet d'importance et bien souvent dénigré : la "Fin des Temps". Il convie le lecteur à ne pas la confondre avec la notion désuète de "Fin du Monde" dont les millénaristes, ignorant certains éléments de la Tradition, ont fait leur thème de prédilection. Pour ce faire, l'auteur est allé puiser dans les diverses Prophéties, des messages qui, loin d'être effrayants, se révèlent une source d'espoir pour les temps à venir. De l'Age d'Or à l'Age de Fer, une formidable épopée à travers l'Histoire qui démontre que le bi-millénaire chrétien marque, en réalité, le centre d'un Cycle bien plus conséquent et propre à l'Humanité toute entière : le Kalpa.
Cette mutation, dont il ne faut pas craindre les conséquences, passe par la fin de l'Eglise de Rome telle qu'on la connaît en l'état, ainsi que par le retour à la Monarchie, gouvernement le plus censé qui soit, afin de s'étendre à l'ensemble des "Nations". L'un et l'autre mis en avant par deux visages forts de la Tradition chrétienne : le Grand Monarque et le Souverain Pontife dont le retour n'est envisageable qu'avec la naissance d'un archétype fondamental : l'Homme
Royal !   

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Publié le par Rhonan de Bar
Publié dans : #FRANCE SECRETE-HERMETIQUE

Finalisation de la refonte de notre ouvrage paru en 2011.

 

 

 

LE GRAND MONARQUE

ET

LE SOUVERAIN PONTIFE.    

 

 

LE VERSEAU

A la Lumière des Textes Anciens, Récents

Et de La Prophétie de Saint Malachie.

 

Chroniques de la « Fin des Temps. »

 

 

 

RHONAN DE BAR.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Publié le par Rhonan de Bar
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À Saint Jean...L'Évangéliste.

Aux Johannites.

Photo cathédrale Sainte Étienne de Bourges. St Jean tenant le Graal dans lequel repose un livre ouvert (Connaissance révélée) duquel sort un dragon.

SAINT JEAN L’ÉVANGÉLISTE : Fils de Zébédée et Marie Salomé. Il fut le disciple du Baptiste avant de devenir celui du Kryst. Célébré le 27 décembre. Il est l’archétype humain, l’homme dont l’essence est divine ! celui par lequel la réintégration est possible. Il est la sagesse dormante, la parole perdue, l’état adamique en gestation. Il personnifie le passage, le pont entre l’homme matériel et le PRINCIPE. Sur le plan de la Cosmogonie, St Jean détient les clefs de la Porte des Dieux.

 

Photo Rhonan de Bar ©

Photo Rhonan de Bar ©

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Publié le par Rhonan de Bar
Publié dans : #FRANCE SECRETE-HERMETIQUE

LE BAPTÊME DE CLOVIS ET DE LA VOCATION DE LA FRANCE

Par F. LUNET, Chanoine.

D’APRÈS LE 12ième CHAPITRE DE L’APOCALYPSE.

CHAPITRE II : SOMMAIRE

Le baptême de Clovis rappelle celui du Sauveur. – 1° Les sept empires sataniques. – 2° Satan entraine dans l'hérésie arienne te tiers des évoques. –3° La pompe et les miracles qui l'environnent prouvent que l'on sacre le fondateur d'une illustre monarchie. 4° Satan vent le séduire et en faire le chef du septième empire qu'il va établir pour combattre l'Eglise. –5° Saint Michel protège le néophyte, repousse le tentateur, le chasse du ciel et le précipite sur fa terre. Saint Jean l'appelle le dragon, l'ancien serpent, le diable, Satan, le séducteur et l'accusateur. 6° Depuis la prédication de l'Evangile, sa puissance n'a cessé de diminuer elle est bien affaiblie au commencement du VIIème siècle, les idoles disparaissent, la foi s'étend dans les Gaules, il y a une vraie floraison de saints dans l'Occident, la grâce triomphe, les fidèles ont vaincu par te sang de l'Agneau. –7°Le pouvoir spirituel domine de jour en jour les institutions et les lois civiles se christianisent.–8° Michel invite les habitants des cieux à célébrer la victoire du Christ, et avertit la terre de la colère du dragon.

3. Et un autre prodige fut vu dans le ciel. Un grand dragon roux, ayant sept têtes et dix cornes, et sur ses sept têtes, sept diadèmes.

4. Or sa queue entraînait la troisième partie des étoiles, et elle les jeta sur la terre et le dragon s'arrêta devant la femme qui allait enfanter, afin de décorer son fils aussitôt qu'elle serait délivrée.

I. Et un autre prodige fut vu dans le ciel. –Saint Jean a déjà vu un premier prodige, la femme revêtue du soleil il en voit un second, un dragon aux sept têtes. Au verset 9, il dit que ce dragon représente Satan : et ce grand dragon, l'ancien serpent, qui s'appelle le diable et Satan. L'emblème sous lequel on le montre indique ce qu'il est, ce qu'il veut faire, et ce qu'on lui permettra de faire. Le dragon est un lézard gigantesque qui a des ailes, des dents et des griffes puissantes. C'est un animal indomptable et cruel dont l'aspect seul glace d'effroi. Il symbolise très bien la rage et la haine du démon contre l'Eglise. Sa couleur rousse rappelle la jalousie, les ruses, les fourberies et la soif du sang qui dévore le monstre infernal. Malheur au présomptueux qui affronterait, sans le secours d'en haut, cette bête terrible malheur à l'imprudent qui se laisserait fasciner par la vivacité de son regard, et qui ne la fuirait pas de toutes ses forces !

Le dragon a des ailes, mais il vit dans les souterrains. C'est un animal terrestre, la vive image de l'ange déchu, qui cherche à entraîner l'homme dans sa chute et sa dégradation, à lui donner les sentiments, les instincts, les habitudes de la bête, à le faire vivre de la vie des bêtes.

La bête ignore l'existence de son créateur, ne lui rend aucun culte, ne le prie pas. Elle assouvit ses besoins, dévore sa proie, et dort tranquille.

Tel est l'idéal que poursuit le vieux serpent dans l'émancipation de l'homme. Il hait donc d'une manière implacable l'Eglise qui veut sanctifier l'homme, en faire un véritable Christ, le rendre parfait comme son Père céleste. II la persécute par les tyrans, la corrompt par les vices, la trouble et la divise par les schismes et la dévaste par les hérésies. Et voilà qu'il se dresse, avec sept têtes, devant la femme revêtue du soleil, prêt à dévorer l'enfant mâle qu'elle va baptiser. Avant de chercher la signification des sept têtes du dragon, nous énoncerons la conclusion qui découle des textes commentés dans cet article c'est qu'ils s'appliquent parfaitement à Clovis et à son époque, nouvelle preuve qu'il est l'enfant mâle. Afin d'abréger, plaçons-nous immédiatement dans cette hypothèse, et, peu à peu, elle paraîtra une réalité.

_ Et un autre prodige fut vu dans le ciel : un grand dragon roux, ayant sept têtes et dix cornes, et sur ses sept têtes, sept diadèmes.

_L'Apocalypse[1] explique l'énigme des sept têtes couronnées du dragon Les sept têtes sont les sept montagnes ce sont aussi sept rois. Les empires ressemblent assez aux montagnes.

Comme elles, ils attirent les regards de loin leur orgueil s'élève jusqu'au ciel ils écrasent la terre du poids de leur puissance ils paraissent indestructibles, éternels. Mais ces colosses ont des pieds d'argile, un choc imprévu les brise ils s'affaissent et disparaissent comme une montagne qui s'effondre dans l'abime. Daniel[2] nous fait assister à leur formation : Voici que les quatre vents du ciel combattaient sur grande mer. Et quatre grandes bêtes, différentes entr’elles montaient de la mer… ces quatre grandes bêtes sont quatre royaumes qui s'élèveront de la ferre.

Les vents qui soulèvent ici les flots de la mer vers quatre directions différentes, et les amoncèlent comme des montagnes, figurent très bien les esprits qui poussent les multitudes vers un même but, leur inspirent le même désir, leur donnent le même esprit, la même tendance, les rangent sous le même étendard, et, en unissant leurs volontés, les rendent capables des plus grands efforts.

Les sept empires représentés par les sept têtes du dragon, lui sont intimement unis, font partie de son corps, vivent de la même vie, et lui obéissent, comme les membres obéissent à la tête. Ils ne font avec lui qu'une seule bête, tant ils sont dociles à ses inspirations ils n'agissent que pour lui, et lui donnent leur puissance; mais, à son tour, il leur donne la sienne : Et dedit illi draco virtutem suam et potestatem magnam[3].

Satan est le véritable chef de ces empires, princeps hujus mundi[4] ; plus que  cela, il est leur Dieu : Deus hujus soeculi[5]. C'est lui qui est leur véritable fondateur, car il a excité l'ambition des conquérants, et irrité leurs convoitises il a été leur conseiller, leur guide et leur soutien.

Aussi affirme-t il à Notre-Seigneur que ces royaumes lui appartiennent, et qu'il peut les donner à quiconque l'adore Il lui montra tous les royaumes du monde et leur gloire, et lui dit : Je vous donnerai toutes ces choses, si, vous prosternant, vous m'adorez[6]. Il les a établis pour accroître sa domination sur l'homme déchu, satisfaire son orgueil, propager le culte idolâtrique, et surtout pour faire la guerre au peuple de Dieu, le chasser de la Terre Promise et empêcher le Christ de régner à Jérusalem[7]. Mais,  les passions détruisant ce que les passions ont élevé, le mensonge et l'erreur, l'injustice et la violence, l'ambition et l'orgueil ne pouvant rien fonder de durable, il a fallu les multiplier. Lorsque saint Jean écrivait, cinq de ces empires avaient déjà disparu le royaume d'Egypte, d'Assyrie, de Babylone, des Perses et des Grecs le sixième, l'empire romain, subsistait encore, et le septième, l'empire mahométan, ne devait commencer que cinq siècles plus tard Cinq sont tombés, un existe, et l’autre n’est pas encore venu[8].

Tous ces empires ont été sataniques ; ils ont eu la haine de Dieu et des hommes. Ils ont dominé le peuple juif, l'ont rendu tributaire et l'ont amené en captivité. L'empire romain, après avoir ruiné le temple et la ville de Jérusalem, et vendu comme esclaves tous les Israélites, tourna sa fureur contre les chrétiens, et, pendant trois cents ans, inonda la terre de leur sang. Mais le plus terrible de tous, celui qui fera le plus de mal à l'Eglise, c'est l'empire mahométan, sous le dernier de ses empereurs, l'Antéchrist. Ce monarque sera comme une incarnation de Satan, la tête la plus puissante et la plus cruelle de la bête. Il dominera la terre entière, et dix rois lui seront soumis ce sont les dix cornes de la septième tête[9].

Saint Jean voit et décrit ici cette septième tête, cinq siècles avant qu'elle surgisse, et il va en parler plus longuement dans les chapitres suivants, car il veut prémunir l'Eglise contre ses séductions. Qu'elle ne se scandalise donc point de l'étendue de sa puissance. Dieu tirera le bien du mal il s'en servira pour châtier les hommes coupables, maintenir son peuple dans le devoir, exercer sa patience, et l'empêcher de s'amollir au milieu des biens terrestres. C'est pour montrer que tout est soumis à sa providence, et que m l'homme ni l'enfer ne peuvent rien sans sa permission, qu'il a fait prédire, si longtemps à l'avance par ses prophètes, la succession des empires, leur caractère et leur durée.

Ils ne feront que ce qu'il leur a permis de faire, et leur orgueil ne dépassera pas les bornes qu'il leur a tracées. Au commencement du chapitre suivant, nous reparlerons des sept empires du dragon.

II. Or sa queue entrainait la troisième partie des étoiles, et elle, les jeta sur la terre.

Les étoiles désignent ici tous ceux qui brillent dans l'Eglise par leur science et leur autorité, ceux qui dirigent et instruisent les fidèles, les docteurs et les évêques.

Saint Jean lui-même donne cette interprétation au premier chapitre de l'Apocalypse. Les sept étoiles que tu as vues dans ma main, sont les sept anges, les sept évêques des sept églises[10].

Saint Paul[11] avertissait les fidèles de se revêtir de l'armure de Dieu, afin de pouvoir tenir contre les embûches du diable que ceux qui sont au premier rang se souviennent de cet avertissement, car ils seront les premiers attaqués. Le vieux serpent les enlacera dans les plis tortueux de ses sophismes, les séduira par ses flatteries et par l'appât des honneurs, des richesses et des plaisirs. Il les arrachera aux pures lumières de l'Evangile, et les précipitera dans les fausses lueurs de la raison et dans les ténèbres de l'erreur ils pataugeront dans le sensualisme, ils s'enfonceront dans la boue des passions.

Qu'ils sachent que le dragon aux sept têtes peut frapper à coups redoublés avec sa terrible queue, et abattre sur la terre le tiers des pasteurs et des églises, comme il l'a fait du temps d'Arius et de Luther, et comme il le renouvellera surtout du temps de l'Antéchrist[12] (1).

« Pro trahebat Groece est  συρει quod significant caudoe ictibus et voluminibus devolvere, indeque mittere in terram, ut casu elidantur et occidantur[13].

Il importe de remarquer que l'apôtre, dans la vision de Patmos, voit le grand dragon roux, non tel qu'il était au moment de la révélation, mais tel qu'il devait être dans la suite des âges.

A la fin du premier siècle, en effet, il n'avait pas encore fondé le septième empire, ni fait apostasier le tiers des pasteurs et des fidèles. Rome, alors, était maîtresse du monde entier ses empereurs étaient possédés de la haine des chrétiens. Satan pouvait bien croire que leur puissance triompherait de cette race détestée, et que bientôt il prévaudrait contre l'Eglise; il ne songe donc pas à susciter un nouveau royaume.

III. A la fin du cinquième siècle, les choses ont bien changé de face. L'empire romain s'est effondré dans la corruption et sous les coups des barbares, et l'Eglise est debout, pleine de jeunesse et de vigueur. Elle progresse de jour en jour elle civilise et sanctifie les hordes qui devaient la détruire. Elle est même en train de fonder une monarchie qui la protège contre tous ses ennemis, de sacrer un nouveau David qui la délivre des Philistins, de trouver une nouvelle tribu de Juda qui marche en tête des peuples chrétiens. Mille indices manifestent l'esprit qui l'anime. Les préoccupations du Pape et des évêques, l'émotion des églises des Gaules, les prières publiques qu'on adresse de tous côtés au ciel pour la conversion des Francs, leur victoire étonnante de Tolbiac, les miracles qui se multiplient autour d'eux, l'éclat des fêtes de Reims, le nombreux clergé qui y assiste, la pompe des cérémonies, les chants sacrés, la joie et l'espérance qui débordent de tous les coeurs, montrent clairement qu'il ne s'agit pas seulement de la régénération de quelques guerriers, mais qu'on baptise le peuple tant désiré, qu'on sacre le roi choisi d'en haut pour protéger les fidèles. On peut dire de Clovis ce que le Sauveur disait de lui-même : il y a ici plus que Salomon[14].

Qu'il y a loin, en effet, de l'intronisation du roi d'Israël au sacre du roi des Francs ? Sur l'ordre de David, le Grand-Prêtre Sadoc et le prophète Nathan conduisent Salomon à la fontaine de Gihon, hors de Jérusalem, pour l'oindre de l'huile bénite. Le souverain pontife est revêtu de l'éphod orné de pierreries qui représentent le soleil, la lune et les douze signes du zodiaque, ou les douze Patriarches. Au baptistère de Sainte-Marie de Reims, c'est plus beau et plus solennel il y a plus que des symboles ; il y a la réalité. Ce ne sont pas les brillantes et les riches broderies des habits pontificaux de saint Remi qu'on admire, c'est la lumière du soleil de justice qui le revêt ce sont ses promesses qu'on entend. C'est l'influence de la lune mystique, Marie, et des douze constellations apostoliques, qui se font sentir de tous côtés, qui attendrissent les coeurs et les remplissent d'une sainte allégresse. Le sacre du roi d'Israël n'est qu'une ombre de celui du roi des Francs. Il faut aller sur les rives du Jourdain, où Jean baptise, pour y retrouver les merveilles de Reims. Le Christ a voulu que le baptême du fils aîné de son Eglise, du roi très chrétien qui devait porter son sceptre de fer, rappela aux générations futures la gloire du sien. Rapprochez l'histoire des origines de notre monarchie du récit évangélique et vous serez étonné de cette harmonie.

Nôtre-Seigneur était nazaréen jamais le fer n'avait touché ses cheveux. A l'âge de trente ans, il inaugure son règne en recevant le baptême de Jean[15]. Clovis, le chevelu, est aussi âgé de trente ans, lorsqu'il est baptisé et sacré par Remi. Le saint Précurseur est un simple lévite, fils d'une femme stérile il n'administre qu'un baptême de pénitence. Le saint archevêque de Reims est aussi fils d'une mère stérile, il a reçu la plénitude du sacerdoce, il baptise dans l'eau et dans l'esprit.

Lorsque le Sauveur sortit du Jourdain, l'esprit de Dieu descendit sur lui, en forme d'une colombe, les cieux s'ouvrirent et on entendit une voix du ciel disant Celui-ci est mon fils bien-aimé en qui j'ai mis toutes mes complaisances[16].

De même, au baptême de Clovis, une grande lumière remplit l'édifice sacré, on entend une voix qui dit : La paix soit avec vous, c'est moi, ne craignez point ; persévérez dans mon amour, et une colombe apporte du ciel le saint chrême pour les saintes onctions.

Enfin le prince de ce monde tente Notre-Seigneur d'ambition veut lui donner tous les royaumes de la terre. Quand l'esprit mauvais s'est retiré, les anges s'approchent pour servir le bon maître. Nous allons voir, un peu plus bas, ces mêmes anges repousser le tentateur qui veut offrir à Clovis l'empire du monde.

Qui ne serait frappé de ces analogies entre les deux baptêmes ? Si le Christ fait de si grandes choses en faveur du chef des Francs, n'est-ce pas pour en faire un grand protecteur de son Eglise ? Satan ne s'y trompe pas. Il est clair pour lui que ce Prince est l'enfant mâle que doit enfanter la femme revêtue du soleil, qu'il recevra le sceptre de fer pour régir toutes les nations et qu'il fondera une puissante monarchie qui marchera en tête de la chrétienté il doit donc empêcher la formation de l'empire franc.

La chose sera facile, car tous les rois de l'Occident marchent sous ses étendards, ils sont ariens ou idolâtres[17].

D'ailleurs, si pendant les deux derniers siècles, il a pu dévaster le ciel de l'église, précipiter sur la terre ses étoiles les plus brillantes, entraîner dans les erreurs de Pélage, d'Arius, de Nestorius, d'Eutychès, etc…le tiers de ses docteurs et de ses évêques, ne pourra-t-il troubler la foi du néophyte royal et lui inspirer quelques sentiments d'ambition et de cupidité? son plan d'attaque est arrêté, le succès n'est pas douteux. Enorgueilli de ses anciens triomphes et de ses récentes victoires sur les chrétiens, il va se montrer dans tout l'éclat de sa puissance et de sa force, il étalera devant le jeune barbare les séductions et les pompes du monde, lui fera sentir l'enivrement des sens, et lui offrira le sceptre de la monarchie universelle qu'il va établir en son honneur, il aura de grands rois pour sujets ; il les verra se prosterner a ses pieds pour recevoir ses ordres, lui faire hommage de leur couronne et lui apporter les trésors de la terre. L'histoire des siècles passés n'a rien de comparable avec les splendeurs et la magnificence du futur royaume les six empires qui ont successivement régi les peuples, ne peuvent en donner une idée, malgré leur étendue, leurs richesses et leur gloire…

[1] XVII, 9. [2]  VII.2. [3]  XIII.2. [4] JEAN XVI, 11 [5] I.COR.IV, 4 [6] (4) MATH IV, 8 et 9. [7] Dieu dit à Abraham : « En toi seront bénies toutes les nations, et ta postérité possédera à jamais la terre de Chanaan. » (Genèse XIII, 7.) L'Homme-Dieu, qui doit écraser la tête du serpent, rétablira l'ordre ici-bas l'héritier universel, le Roi des rois, qui doit régir tous les peuples, dressera son trône dans la Terre Promise.Satan veut t'empêcher de régner il excite l'ambition des Pharaons et tes pousse à s'emparer de la Palestine, et à subjuguer toutes les nations. Pendant neuf ans, Sésostris parcourt en vainqueur l'Asie et l'Europe orientale, et remplit Thèbes, aux cent portes, des dépouilles des peuples vaincus. Les siècles s’accumulent, la puissance des rois du Midi faiblit le dragon cherche successivement à Ninive, à Babylone, à Persepolis, en Grèce, à Rome des ministres de sa haine. Les nouveaux dominateurs suivent docilement les inspirations sataniques, ils envahissent la Judée, voûtent conquérir la terre entière, et, déjà s'en disent les maîtres et tes dieux ils ne permettront pas que le fils de David relève le trône de son père, ni qu'il introduise un nouveau culte qui les priverait des honneurs divins qu'on leur rend e tout lieux.Telles sont les vues des rois païens des six premiers royaumes sataniques. Ceux du septième partagent leur haine contre le Christ, mais ils n'osent, en pleine lumière évangélique, s'attribuer la nature divine ni exiger qu'on leur dresse des autels.  [8] XVII ,10. [9] Saint Jean, XVII, 12, dit que tes dix cornes de la septième tète, font dix rois qui feront la guerre à t'Agneau. « Les dix cornes que tu as vues sont dix rois qui n'ont pas reçu leur royaume mais ils recevront la puissance comme mis pour une heure avec la bête. Ceux-ci ont un même dessein, et ils donneront leur force et leur puissance à la bête l’antéchrist. Ceux-ci combattront contre t'Agneau, mais l'Agneau les vaincra, parce qui) est Seigneur des seigneurs, et Roi des Rois et ceux qui sont avec lui sont appelés élus et fidèles. »Daniel, VII ,7. 19-25, voit aussi l’Antéchrist combattant avec les dix cornes contre les saints du Très-Haut. C'est la synagogue satanique qui vent détruire l'Eglise chrétienne. Ces dix cornes qui sortent de la tête du dragon, sont dix rois mahométans, qui veulent substituer, par les armes et la violence, l'Alcoran à l'Evangile. Nous parlerons un peu plus bas du plan diabolique. [10] I. 20. [11] Ephés. VI, 11 et suiv. [12] VIII, 7-12 IX 18.σσ [13] CORN.[14] MATTH. XII, 42. [15] Au commencement l'Esprit-Saint planait sur les eaux !a .terre sortit des flots et produisit des fleurs et des fruits. Nous devons tous renaitre de l'eau et de l’esprit avant de fructifier pour Je ciel. C'est une loi universelle. [16] MATTH. III, 16 et 17. [17] Théodoric, roi d'Italie, Gondebaud, roi des Burgondes. Alaric, qui possède les trois quarts des Gaules et de l'Espagne et Thrasomond, roi des Vandales en Afrique, sont ariens et la majeure partie des peuples allemands, qui n'ont pas encore passé le Rhin, sont idolâtres.

 

LE BAPTÊME DE CLOVIS ET LA VOCATION DE LA FRANCE. CHANOINE F.LUNET
LE BAPTÊME DE CLOVIS ET LA VOCATION DE LA FRANCE. CHANOINE F.LUNET

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LE BAPTÊME DE CLOVIS ET DE VOCATION DE LA FRANCE

Par F. LUNET, Chanoine.

D’APRÈS LE 12ième CHAPITRE DE L’APOCALYPSE.

ARTICLE TROISIÈME

CLOVIS REÇOIT LE SCEPTRE DE FER DU CHRIST

§ 1~. Pour protéger l'Eglise.

5. Elle enfanta un enfant mâle qui devait gouverner toutes les nations avec un sceptre de fer. Le saint archevêque de Reims baptise et sacre l'enfant mâle car il doit être un roi puissant il gouvernera tous les peuples avec un sceptre de fer.

L'inflexibilité du fer est l'image de la loi. La loi doit être juste elle doit protéger les bons et faire trembler les méchants. Elle ne doit jamais favoriser le mal ni laisser le crime impuni. Le pouvoir doit être fort et tenace comme le fer. Sa patience doit user toutes les résistances il doit triompher de tous les obstacles et repousser toutes les agressions injustes. Il faut qu'il inspire une crainte salutaire.

Un sceptre d'or n'exprimerait pas aussi bien que le sceptre de fer les qualités d'un pouvoir tutélaire. Lorsque le fer est aimanté, il se tourne vers le pole, et dirige le nautonnier à travers la vaste étendue des mers. Il attire les particules de même métal, leur communique son aimantation, et ne forme qu'un seul tout avec elles. Où trouver une plus belle image du bon roi, qui doit attirer tous ses sujets à lui, vivre de la même vie, veiller sur leurs intérêts, travaillera à leur bonheur et les diriger sans cesse vers leur fin suprême? Le sceptre de fer est donc le symbole du bon gouvernement.

Le Psalmiste nous apprend que Dieu le Père donna à son Fils, au jour de sa naissance, le sceptre de fer. Il fait ainsi parler le Christ : Pour moi, j'ai été établi roi par lui, sur sur Sion, sa montagne sainte, annoncant ses préceptes. Le Seigneur m'a dit Vous êtes mon fils, c'est moi qui aujourd'hui vous ai engendré. Demandez-moi et je vous donnerai les nations en héritage, et en possession les extrémités de la terre. Vous les gouvernerez avec une verge de fer [1].

Pendant sa vie mortelle, le Sauveur a porté cette verge avec fidélité il n'a pas cherché sa gloire, il a toujours lait la volonté de son Père. Il était plein de miséricorde et de bonté pour les petits et les humbles, mais il était sans pitié pour les hypocrites et les superbes. Quand il descendra du ciel pour relever le trône de David et régner à jamais sur la maison de Jacob, il tuera l'Antéchrist du souffle de sa bouche et exterminera tous les impies. En attendant son retour, il a confié à Pierre, et à ses successeurs, le glaive spirituel pour gouverner son Eglise, et saint Jean nous dit ici que l'enfant mâle doit recevoir le glaive matériel pour la protéger.

Elle enfanta un enfant mâle qui devait gouverner toutes les nations avec un sceptre de fer. Puisqu'il reçoit le sceptre pour conduire les peuples dans le chemin du salut, il connaîtra donc le Christ qui est l'unique voie qui mène au Père, et marchera à sa suite avec ses sujets le bon pasteur doit précéder son troupeau et lui indiquer la route.

L'enfant mâle ne sera donc pas hérétique car l'hérétique ne connaît pas le bon chemin, il n'y marche pas il pourrait faire dévier ceux qui le suivent et les entraîner dans l'erreur. Il ne sera pas un libre-penseur car le libre-penseur nie la divinité du Fils et du Père, méprise leur loi, proclame l'indépendance absolue de l'homme, et, comme l'âne du désert, il veut assouvir ses passions et ses instincts le libre-penseur peut corrompre les peuples, il ne saurait les guider dans le chemin de la vertu et de la sainteté. Il ne peut être non plus un libéral. Le roi libéral doit dissimuler sa foi dans la direction de l'état. Il ne s'occupe pas des vérités religieuses et de la fin suprême de ses sujets il ne prend soin que de leurs intérêts matériels. Il sera un prince modèle, digne de toute louange, s'il tient la balance égale entre la vérité et l'erreur, s'il décore avec le même empressement l'écrivain qui blasphème la divinité de Jésus-Christ et l'apôtre qui propage son culte, si aujourd'hui il place la première pierre d'une mosquée et demain celle d'une église catholique. Le sceptre de fer est trop lourd pour ses mains indifférentes et sceptiques; un roseau flexible, pliant au moindre souffle de l'opinion populaire, symbolise mieux son action. Le libéral ne peut porter le glaive du Christ, être son mandataire et faire progresser les fidèles dans la piété. Il ne peut qu'assister officiellement à leur démoralisation et à l'anéantissement de leur foi. L'enfant mâle sera tout autre il conduira son peuple dans le bon chemin il sera donc catholique. L'Evangile réglera sa vie privée et sa vie publique, et ses lois seront en parfaite harmonie avec celles de Dieu et de l'Eglise. Il recevra avec docilité les enseignements du Vicaire de Jésus-Christ, et unira ses efforts aux siens pour moraliser et sanctifier ses peuples. Soumis au pouvoir spirituel dans les choses religieuses, il sera indépendant dans les choses purement temporelles. Il ne sera ni un roi constitutionnel, qui règne et ne gouverne pas, ni un roi parlementaire, qui ne fait qu'exécuter la volonté de la majorité. Usera véritablement le chef de son peuple il fera les lois et les fera exécuter. Il aura égard à la faiblesse humaine, et n'exigera que ce qu'on peut raisonnablement lui demander. Diriger un peuple, ce n'est ni le pressurer ni l'opprimer c'est le conduire avec douceur et avec sagesse. C'est veiller sur lui comme sur un dépôt confié par la Providence c'est se préoccuper avant tout de ses intérêts, c'est chercher le Lien public. Le bon roi doit surtout se prémunir contre les abus du pouvoir, en créant des institutions qui le limitent et le contiennent, et qui ne lui laissent que la liberté du bien en lui ôtant la puissance de mal faire.

Tels sont les principaux devoirs qui incombent à l'enfant mâle, en sa qualité de chef d'une nation catholique et de vicaire civil du Christ, qui recturus erat omnes gentes virga ferrea. Clovis les a connus, et s'est appliqué à les remplir. Il a fondé une monarchie héréditaire, modérée et sincèrement catholique. Comme Pierre, il aimait tendrement le Sauveur, et ses bourreaux n'auraient pas eu beau jeu, s'il eût assisté à la Passion. Le premier, parmi les Francs, il confesse sa divinité, comme Pierre parmi les Apôtres Pierre reçoit les clefs du royaume du ciel pour gouverner l'Eglise, et lui le sceptre de fer, pour la protéger.

Les Papes héritent des clefs, et les rois de France du sceptre de fer, et ils continuent à travers les siècles à être les deux principaux ministres de la Providence pour sanctifier et civiliser les hommes. L'action de l'Eglise est manifeste pour tous et quoique celle de la France n'ait ni la même importance, ni le même éclat, toutefois on ne peut nier que cette nation n'ait constamment marché en tête des peuples chrétiens. L'histoire a reconnu sa mission et sa fidélité à la remplir, par le titre de Fille aînée de l'Eglise qu eue lui a toujours nonne, et par les deux adages qui lui sont familiers de Gesta Dei per Francos et de Regnum Galliae, regnum Mariae. Ces appellations ne sont qu'un écho des jugements de la Papauté, qui s'est plue, dans tous les âges, louer la piété et le dévouement de nos rois, et qui n'a cessé de faire appel à leur puissance pour défendre la chrétienté contre toutes sortes d'ennemis. Nous avons cité plus haut la lettre que le pape Anastase écrivit à Clovis après son baptême, et où il disait « Consolez l'Eglise, votre mère, glorieux et illustre fils soyez pour elle une colonne de fer. Nous louons Dieu, qui a tiré de la puissance des ténèbres un si grand prince, afin de pourvoir l’Eglise d'un défenseur, et l'a orné du conçue du salut pour combattre ses pernicieux adversaires.» « La France, dit Alexandre III, est un royaume béni de Dieu, dont l'exaltation est inséparable de celle du Saint-Siège. » – « Les triomphes de la France, ajoutait Innocent III, sont les triomphes du siège apostolique. » Cette bénédiction a porté ses fruits.

« Il a été donné aux Francs, dit Baronius, grâce refusée aux autres nations, de combattre avec plus d'ardeur pour la défense de l'Eglise que pour la garde de leurs propres frontières.

En récompense des services assidus qu'ils ont rendus à la religion, ils sont devenus dignes de cette bénédiction céleste que saint Remi, inspiré de l'Esprit Saint à la façon des anciens Patriarches, a consignée dans son testament, confirmé par la signature des évêques Saint Vaast, saint Médard, saint Loup, et autres mais aussi il appela la malédiction sur les rois francs qui oseraient violer ce qu'il leur prescrivait par ses dernières volontés. »

Ecoutez, ajoute Baronius, les trésors de bénédictions qu'il fait descendre sur les pieux rois de France «Si mon Seigneur Jésus-Christ daigne écouter la prière que je fais chaque jour pour la maison royale, afin qu'elle persévère dans la voie où j'ai dirigé Clovis pour l’accroissement de la sainte Eglise de Dieu, puissent les bénédictions que l'Esprit Saint a versées sur sa tête par ma main pécheresse s'accroître par ce même Esprit sur la tête de ses successeurs que de lui sortent des rois et des empereurs qui feront la volonté du Seigneur, pour l'accroissement de la sainte Eglise, et qui seront, par sa puissance, confirmés et fortifiés dans la justice ! Puissent-ils chaque jour augmenter leur royaume, le conserver, et mériter de régner éternellement avec le Seigneur dans la céleste Jérusalem»

Saint Vaast, en signant ce testament, ajoute « Je maudis celui que maudit Remi, mon père, et je bénis celui qu il bénit. » Ce que firent également les autres évoques et les prêtres qui signèrent[2].

Le cardinal Pitra, dans la préface de la Vie de saint Léger, cite une oraison du VIIIième siècle qui résume toutes nos traditions « Dieu éternel et tout-puissant, qui avez établi la France comme l'instrument de votre divine volonté dans l'univers, et pour être l'épée et le bouclier de l'Eglise, écoutez les supplications des fils des Francs. » Voila un commentaire très clair de notre texte.

Etienne III, dans la lettre qu'il adresse a Pépin, à Charlemagne, aux évêques, à toutes les armées et à tous les peuples de France, dit « Moi, Pierre, ordonné de Dieu pour éclairer le monde, je vous ai choisis pour mes fils adoptifs, afin de détendre contre leurs ennemis la cité de Rome, le peuple que Dieu m'a confié, et le lieu où je repose selon la chair. D'après la promesse reçue de Notre Seigneur et Rédempteur, je distingue le peuple des Francs entre toutes les nations. Prêtez aux Romains, prêtez à vos frères tout l'appui de vos forces, afin que moi, Pierre, je vous couvre de mon patronage dans ce monde et dans l'autre. »

Grégoire IX, dans sa lettre à saint Louis, répète les mêmes paroles. Après avoir rappelé que la France a été distinguée entre tous les peuples, par une prérogative d'honneur et de gloire, ajoute « Il est manifeste que ce royaume béni de Dieu a été choisi par notre Rédempteur pour être l'exécuteur spécial de ses divines volontés. Jésus-Christ le prit en sa possession, comme un carquois d'où il tire fréquemment des Mèches choisies qu'il lance, avec la force irrésistible de son bras, pour la protection de la liberté et de la foi de l’Eglise, le châtiment des impies et la défense de la justice »

Bossuet dit, dans le discours sur l'Unité de l'Eglise, que Dieu donna Clovis à la France et à tout l'Occident, pour défendre l'Eglise. « Saint Remi vit en esprit qu'en engendrant en Jésus-Christ les rois de France, il donnait à l'Eglise d'invincibles protecteurs. Ce grand saint, et ce nouveau Samuel [3] appelé pour sacrer les rois, sacra ceux-ci, comme il le dit lui-même, pour être les perpétuels défenseurs de l'Eglise et des pauvres. »

Pour justifier ces éloges, il faudrait parcourir l'histoire de France, règne par règne, et noter ce que chaque successeur de l'enfant mâle a fait dans les intérêts de la religion. Mais ce travail nous entraînerait trop loin contentons-nous de rappeler que Clovis, en écrasant les Visigoths ariens à Veuille, et Charles Martel, les Sarrasins dans les plaines de la Touraine, que Pépin et Charlemagne en réprimant l'audace des Lombards et en agrandissant les états du Pape, que saint Louis en marchant à la tête des Croisés, ont bien mérité de la chrétienté. C'est par ces faits et d'autres semblables que la France a acquis le beau titre de Fille ainée de l'Eglise, et le premier rang parmi les nations chrétiennes.

Donc l'histoire, la liturgie, les Papes redisent, chacun à sa manière, que Clovis a reçu le sceptre de fer pour protéger l'Eglise et les pauvres, et qu'il s'est acquis une grande gloire, ainsi que ses successeurs, en remplissant cette mission. Donc il est l'enfant mâle engendré par la femme revêtue du soleil.

§ 2ième. Clovis reçoit le sceptre de fer

pour régir les peuples.

Mais ce n'est pas seulement une primauté d'honneur que doit posséder l'enfant mâle. Saint Jean annonce qu'il régira réellement les peuples : elle enfanta un enfant mâle qui devait gouverner toutes les nations avec un sceptre de fer. Clovis a encore réalisé cette partie de la prophétie.

Quand il fut élevé sur le pavois, après la mort de Childéric, son père, i! ne possédait qu'un petit territoire aux environs de Tournai, et il pouvait à peine mettre en ligne six mille hommes. Quelque temps après, il vainquit Syagrius et s'empara du Soissonnais mais ce ne fut qu'après son baptême qu'il conquit toute la Gaule. En possédant ce beau pays, le roi des Francs peut dire en toute vérité qu'il règne sur toutes les races humaines παυτα τα εθγη ; car les peuples qui s y sont déjà fixés ou qui y ont laissé quelques-unes de leurs familles, sont innombrables il y a des descendants de Sem, de Cham et de Japhet.

Parties des plaines de Sennaar, pour peupler le globe, selon l'ordre de Dieu, les tribus qui s'acheminèrent vers l'Occident, arrivèrent dans la suite des siècles jusqu'à l'extrémité de l'ancien continent, et durent s'arrêter dans les Gaules, sur les bords de l'océan Atlantique qu'elles ne pouvaient franchir. Les peuplades du nord de l'Afrique traversèrent le détroit de Gibraltar, l'Espagne et les Pyrénées les Phéniciens et les Phocéens nous arrivèrent par tous les ports de la Méditerranée les Alpes laissèrent passer les Romains, les Visigoths. Mais c'est du côté de l'Est qu'entrèrent les nombreuses tribus des Gals et des Celtes, des Aquitains et des Ligures, des Basques et des Ibères, des Kimris, des Armoriques, des Teuctosages, des Belges, des Allemands, des Huns, des Suèves, des Bourguignons, des Alains, des Vandales, des Germains et des Francs.

Le Prophète a donc pu dire que l'enfant mâle régirait toutes les races. Clovis qui est si fier de les dominer, qui les a soumises en si peu de temps et qui sait tous les dangers qu'il a courus à Veuille, a une pleine confiance en la promesse que lui fit le Sauveur, la veille de son baptême

Ne craignez rien, mon amour vous garde Nolite timere, manete in dilectione mea. Il s'empresse de faire graver sur sa monnaie la croix accompagnée de l'Alpha et de l'Oméga, symbolisant ainsi la royauté du Christ sur la France, fait déposer en même temps sa couronne sur le tombeau sacré de Pierre, en signe de dévouement, et pose la première pierre de l'église qu'il veut élever dans sa capitale, en l'honneur du Prince des Apôtres, pour cimenter l'union de Rome et de la France.

Il est bon de citer les réflexions que Baronius fait sur l'offrande de Clovis « Nous savons par l'Evangile que les dons des rois sont non seulement précieux, mais pleins de mystères. L'histoire prouve qu'il en fut ainsi de l'offrande que Clovis fit de sa couronne à la confession du Prince des Apôtres. Par cet hommage, Clovis consacrait son royaume à Dieu et lui assurait une perpétuelle durée. En déposant sa couronne sur la pierre et sur la Confession de Pierre, il établissait son royaume sur un solide fondement, comme l'a prouvé la longue suite des événements.

Tous les barbares qui ont envahi l'empire romain, Goths, Vandales, Suèves, Alains, Hérules, Huns, Lombards, ont été détruits la seule couronne de France, en sûreté sous la protection apostolique, est demeurée constamment stable, elle a crû de jour en jour, en territoire et en gloire, comme aussi sa gloire s'est obscurcie et elle a été jetée en des périls extrêmes, quand, ruinée par la perfidie hérétique, elle a été privée du rempart apostolique[4]. (1) »

On voit que les conclusions de l'histoire concordent avec les données de l'Apocalypse : Elle enfanta un enfant mâle qui devait gouverner toutes les nations avec un sceptre de fer.

D'après ce qui précède, ces paroles s'appliquent assez bien à Clovis elles conviennent encore mieux à Charlemagne, qui subjuguait les Saxons, réprimait les Sarrasins, détruisait les hérésies, protégeait les Papes, attirait au christianisme les nations infidèles, rétablissait les sciences et la discipline ecclésiastique, assemblait de fameux conciles où sa profonde doctrine était admirée, et faisait ressentir non seulement à la France et à l'Italie, mais encore à l'Espagne, à l'Angleterre, à la Germanie et partout, les effets de sa piété et de sa justice. Enfin, ce grand protecteur de Rome et de l'Italie, ou, pour mieux dire, de toute l'Eglise et de toute la chrétienté, élu empereur par les Romains, sans qu'il y pensât, et couronné par le Pape Léon III, qui avait porté le peuple romain à ce choix, devint le fondateur du nouvel empire et de la grandeur temporelle du Saint-Siège[5]. On peut bien dire qu'il régissait toutes les nations, puisque ses états comprenaient, outre la Gaule, une partie de l'Espagne, les Pays-Bas, toute l'Allemagne, une partie de la Hongrie, et l'Italie jusqu'à Bénévent. II mit sa gloire à être le père de ses peuples, et il eut la joie d'en être aimé autant qu'il en était craint. Plus redoutable aux ennemis de la religion qu'à ceux de l'Etat, il fut toujours le fléau de l'hérésie et du vice, le protecteur le plus zélé, aussi bien que l'enfant le plus soumis et le bienfaiteur le plus libéral, de l'Eglise. Ses victoires furent pour elle des conquêtes, et le fruit le plus doux qu'il recueillit de tant de combats, ce fut d'étendre le royaume de Jésus-Christ à proportion qu'il étendait le sien. Il fit graver sur sa monnaie l'image de Pierre portant dans ses mains le sceptre royal, mit en tête de ses capitulaires la formule : Sous le règne de Notre Seigneur Jésus-Christ et recommanda, par testament, par dessus tout, à ses fils la défense de l'Eglise. S'ils se fussent souvenus des recommandations de leur père, leur puissance eût été égale ou supérieure à celle du grand empereur.

Si la France eût été toujours fidèle à Dieu, si elle avait toujours marché dans les sentiers de la justice et de la piété, son ascendant n'eût pas eu de bornes la promesse de saint Jean se fût réalisée à la lettre, elle aurait dominé les peuples et aurait répandu la vraie civilisation sur la terre avec la lumière évangélique.

Si son étoile a pâli, si sa gloire s'est éclipsée tant de fois, si elle a éprouvé tant de revers et de malheurs, ce sont ses crimes qui en sont la cause. Dieu la châtie sévèrement pour l'empêcher de se corrompre et la ramener dans la bonne voie. Il la traite comme il traita autrefois son peuple élu. II a introduit Israël dans une terre de froment où coule le lait et le miel, pour qu'il conserve parmi les nations la vérité religieuse et la promesse d'un Rédempteur. Tant qu'il observe la loi, il vit dans l'abondance et la paix. S'il l'oublie, s'il la méprise, s'il se tourne vers les idoles, le châtiment ne se fait pas attendre.

Dieu lâche la bride aux peuples voisins, qui le dominent, le pillent et le rançonnent jusqu'à ce qu'il reconnaisse sa faute et qu'il crie miséricorde. Et le Seigneur lui pardonne et suscite des hommes remplis de son esprit qui le ramènent au devoir et le délivrent de ses ennemis. Telle est la conduite de la Providence à notre égard. « Le châtiment des Français, dit de Maistre, sort des règles ordinaires, et la protection accordée à la France en sort aussi. Ces deux prodiges présentent un des plus étonnants spectacles que l'œil humain ait jamais contemplé.» A l'exemple de l'Eglise, la France se relève plus forte après ses malheurs, quand elle revient au Christ, son roi.

« Bien que sa fortune, dit Lebret, ait été souvent agitée par de furieuses tempêtes, suscitées soit par l'envie de ses voisins, soit par la malice de ses peuples, toutefois Dieu l'a toujours relevée au-dessus de l'orage ! Magna regni Gallorum forfuna semper in malis major resurrexit [6](1).»

Si Débora, dans son cantique, attribue au Seigneur sa victoire sur Sisara si Judith fait lever le siège de Béthulie et met en fuite la puissante armée des Assyriens, Jeanne d'Arc écrit au duc de Bourgogne « Que tous ceux qui guerroyent contre le saint royaume de France, guerroyent contre le roi Jésus », délivre Orléans, et conduit Charles VII, de victoire en victoire, jusqu'à Reims et l'y fait sacrer.

Nos rois, il est vrai, n'ont pas été toujours des modèles de vertu ils ont voulu s'affranchir de la tutelle du pouvoir spirituel, parfois ils ont soutenu les ennemis acharnés de l'Eglise, les Protestants et les Turcs. Mais les rois de Juda ont-ils été plus zélés pour l'observance de la loi ? n'ont-ils pas favorisé le culte des idoles, malgré les avertissements et les menaces des prophètes? Dieu dit à David : Si tes enfants gardent leurs voies, et qu'ils marchent devant moi dans la vérité, en tout leur coeur et toute leur âme, un homme ne te sera pas enlevé du trône d'Israël [7]. Les enfants de David n'ayant pas été fidèles, le Seigneur a brisé leur trône, a renversé leur ville et les a envoyés en captivité à Babylone. Le Christ a dit pareillement au fondateur de la monarchie française restez dans mon amour, et ne craignez rien et lui remit son sceptre de fer, pour régir toutes les nations. C'était une promesse conditionnelle, la condition n'ayant pas été bien remplie, ne nous étonnons pas que la puissance de nos rois ait subi tant d'éclipsés.

S'ils eussent répondu aux désirs du Sauveur, la gloire de la France eût été incomparable. Après douze siècles de défaillances et de fautes, elle est toujours la nation élue et elle peut encore dominer la terre, si son roi, Louis XIV, écoute les appels du Sacré-Coeur. Les derniers temps approchent; Satan, après mille ans de réclusion, va être lâché. Il attaquera la Fille aînée de l'Eglise avec une rage inouïe et une haine implacable, pour se venger des humiliations que lui a infligées saint Michel, à Reims, au baptême de Clovis. Le luxe de la cour et de la noblesse, la richesse des palais, la pompe des fêtes publiques, l'éclat de l'éloquence, de la poésie, des lettres et des sciences, les victoires de généraux illustres, et la pléiade des hommes de génie en tout genre qui entourent le trône et sont le plus bel ornement du grand siècle, ne la mettront pas à couvert des terribles assauts du dragon infernal.

Le Christ, qui aime les Francs, vient lui offrir son Sacré Coeur pour lui servir de lieu de refuge, et renouveler, avec Louis XIV, l'alliance qu'il fit au commencement avec le fondateur de la monarchie, il fait connaître ses volontés à ce roi qui porte le titre de Très chrétien et de Fils aine de l'Eglise, par l'intermédiaire d'une religieuse de Paray-le-Monial, Marguerite-Marie, comme autrefois il s'était servi de sainte Clotilde et de saint Remi. Le 17 juin 1689, elle écrivit une lettre qui devait être communiquée auro; où l'on lisait les paroles suivantes. « Fais savoir au fils aîné de mon Sacré-Coeur[8] que, comme sa naissance temporelle a été obtenue par la dévotion aux mérites de ma sainte enfance, de même il obtiendra sa naissance de grâce et de gloire éternelle, par la consécration qu'il fera de lui-même à mon Coeur adorable, qui veut triompher du sien, et, par son entremise, de celui des grands de la terre. Il veut régner dans son palais, être peint dans ses étendards, et gravé dans ses armes, pour les rendre victorieuses de tous ses ennemis, en abattant à ses pieds ces têtes orgueilleuses et superbes, pour le rendre triomphant de tous les ennemis de la sainte Eglise. »

Une autre lettre du 25 août de la même année est plus explicite encore quant au désir qu'avait Notre-Seigneur de se servir de ce prince, pour ses

desseins miséricordieux. Mais Louis XIV, soit faiblesse, soit respect humain ou tout autre motif, repousse les avances du Sauveur. Le roi, alors âgé de 50 ans, était à l'apogée de sa puissance l'Europe était à ses pieds, il allait avoir un empire aussi grand que celui de Charles-Quint, il était héritier du trône d'Espagne, et il semblait que nul n'oserait lui résister on venait de donner son nom à la nouvelle et riche colonie de la Louisiane, en Amérique la France avait fondé la Nouvelle Orléans, et, de cette ville, en remontant le Mississipi et au delà, jusqu'au Canada,tout appartenait à la France; c'était l'empire presque entier de l'Amérique du Nord, complète par les possessions de l'Espagne dans l'Amérique du Sud. La puissance de Charlemagne allait être de beaucoup dépassée, et il eût été manifeste pour tous que nos rois avaient reçu le sceptre de fer du Christ pour régir toutes les nations. Mais, peu à peu, la puissance diminue et la gloire s'éclipse. Les guerres sont malheureuses, le Dauphin est enlevé à la fleur de l'âge, et Louis XIV, a sa mort, laisse le sceptre de fer entre les mains de son arrière petit-fils, Louis XV, âgé de cinq ans, sous la tutelle d'un régent débauché, le duc d'Orléans. Sous ce règne corrompu, Satan aura beau jeu, et Louis XVI expiera sur l'échafaud les crimes et les faiblesses de ses pères.

ARTICLE QUATRIÈME :

CLOVIS ET LES ROIS DE FRANCE SONT CATHOLIQUES

Et son fils enlevé vers Dieu et vers son trône.

― L'enfant mâle, après avoir vécu chrétiennement et régi les nations avec le sceptre du Christ, va recevoir dans le ciel la récompense de ses travaux. Si Clovis est l'enfant mâle, il doit avoir eu la foi et y avoir conformé sa conduite.

« Clovis avait trente ans, lorsqu'il se releva chrétien des fonts du baptême. La fougue de son caractère, l'ardeur de son naturel barbare, ne disparurent sans doute point, comme par enchantement, sous l'action de la grâce régénératrice, mais elles furent considérablement affaiblies et l'on peut dire qu'il était vraiment un homme nouveau, quand, revêtu de la robe des néophytes, il sortit de la basilique de Reims. Les écrivains rationalistes, qui rejettent à priori le miracle, trouvent ici que le miracle ne fut point assez complet. Ils se montrent sérieusement scandalises de rencontrer encore, dans l'histoire du nouveau roi chrétien, des actes politiques qui ne réalisent pas l'idéal d'un prince constitutionnel, patient, débonnaire, inoffensif, tel qu'on le rêve de nos jours. Ces scrupules du rationalisme moderne, outre qu'ils sont souverainement ridicules, accusent une prodigieuse ignorance de la nature humaine. Les hommes, de même que les sociétés, diffèrent à tous les âges. L'éducation chrétienne des Francs ne fut pas l'oeuvre d'un jour. Il fallut à l'Eglise près de trois siècles pour faire pénétrer dans les moeurs des races nouvelles la loi de l'indissolubilité du mariage et celle de la douceur évangélique. Encore aujourd'hui, l'Eglise lutte contre le préjugé national du duel, et n'a pu triompher de ce reste de barbarie transmis avec le sang de génération en génération. Ce qui étonne l'historien impartial, ce n'est point ce que la grâce du sacrement n'a pas produit en un jour, c'est ce qu'elle a fait réellement [9]. »

Les reproches de cruauté envers ses proches, que les auteurs modernes adressent à Clovis, ne paraissent pas suffisamment démontrés. L'abbé Gorini, dans sa Défense de l'Eglise[10], assez bien prouve qu'il ne faisait que se défendre contre des parents criminels, qui voulaient attenter à sa vie et le dépouiller de son empire.

Cette explication est en parfait accord avec la vie de ce prince, après son baptême, et avec les paroles de saint Grégoire de Tours, qui dit que Dieu le bénissait, parce qu'il marchait le cœur droit Prosternebat enim quotidie hostes ejus, eo quod ambularet recto corde coram eo, et faceret quoe placita erant in oculis ejus [11].

Clovis vécut quinze ans après sa conversion, et, jusqu'à sa mort, il donna des preuves non équivoques de sa foi, et se montra sans cesse, dit Aimon [12](2), l'appui de la religion et le soutien de la justice. Il distribua aux pauvres d'abondantes aumônes, fonda plusieurs monastères pour attirer sur sa famille et son royaume les miséricordes du ciel, dota plusieurs évêchés, et donna de nombreuses terres aux églises de Saint-Martin de Tours, de Saint-Hilaire de Poitiers, et de Sainte-Marie de Reims. C'est au nom de la sainte, indivisible, égale et consubstantielle Trinité, qu'il fait ses donations. Il pardonna aux habitants de Verdun qui suaient révoltés contre lui, et mit en liberté les prisonniers faits à Tolbiac. Les catholiques pris à Vouillé turent également rendus aux évêques qui les réclamèrent. Lorsqu'il marche contre Alaric, il défend à ses soldats de commettre la plus petite déprédation dans le territoire de Saint-Hilaire et de Saint-Martin; car comment pourrons-nous vaincre, dit-il, si nous avons ces saints contre nous. Il promet de bâtir, dans Paris, une église en l'honneur de Saint-Pierre et de Saint-Paul, s'il revient vainqueur de son expédition il recommande le succès de ses armes à toutes les personnes pieuses, passe lui-même plusieurs nuits en prières, et au moment du combat, après avoir invoqué les bienheureux Pierre et Martin, appuyé sur sa lance, il fait le signe de la croix sur l'armée et s'écrie En avant, au nom du Seigneur.

Très zélé pour la conversion de ses guerriers païens, il demanda au saint abbé Fridolin qu'il obtienne de Dieu par ses prières un miracle pour dissiper leurs erreurs il fut plein de respect et de déférence pour les évêques et écouta avec docilité leurs conseils. Quelques mois avant sa mort, trente prélats des Gaules, réunis à Orléans, lui adressent la lettre synodale suivante « A leur seigneur, fils de la catholique Eglise, à Clovis très glorieux roi, tous les évêques réunis par ses ordres en concile. L'ardeur de votre zèle pour la religion chrétienne vous a porté à nous rassembler pour répondre aux diverses questions qu'il vous a plu de nous soumettre.

Voici donc les définitions qui ont été prises d'un concert unanime. Nous vous les transmettons dans l'espoir qu'elles obtiendront votre sanction royale. Elles se présenteront ainsi au peuple chrétien, revêtues de la double majesté du sacerdoce et de l'empire. » Suivent trente et un canons auxquels il donna force de loi.

Ce court sommaire de la vie de Clovis suffit pour montrer qu'il a été un prince sincèrement chrétien. Il mourut comme il avait vécu à Paris, sa capitale, à l'âge de quarante-cinq ans, et il fut enterré dans l'église des saints apôtres qui n'était pas encore terminée : Et l’enfant mâle fut enlevé vers Dieu et vers son trône. Quelques mois après, on déposa à côté de son tombeau les restes mortels de l'illustre patronne de Paris, et, quelques années plus tard, ceux de sainte Clotilde, son épouse.

Clovis, ayant vécu et étant mort chrétiennement, n'a pas été dévoré par le dragon aux sept têtes il est donc l'enfant mâle. On voit paraître, en effet, dans les versets 3 et 4, que nous commenterons dans l'article suivant, un dragon prêt à dévorer l'enfant mâle. C'est-à-dire que Satan veut ramener le nouveau baptisé à l'idolâtrie, ou l'entraîner dans le schisme et l'hérésie ou, tout au moins, en faire un spoliateur et persécuteur de l'Eglise. Mais l'enfant mâle échappe à ses dents et à ses griffes, puisqu'il est enlevé vers Dieu.

C'est ce qu'a mérité Clovis par sa vie et sa mort chrétiennes et ce qui est vrai du premier enfant mâle, l'est aussi de ses successeurs, tous les rois de France ont fait profession de la foi catholique. C'est le devoir principal de nos rois. On a souvent toléré leurs faiblesses, jamais leur incrédulité on p plusieurs fois dérogé à la loi salique dans son objet le plus important, jamais a la loi nationale de la catholicité.

Quand Henri III use dans la débauche le peu d'énergie qui lui reste, semble pactiser avec les huguenots et oublie un peu trop de défendre les intérêts de la religion, les catholiques se liguent pour lui rappeler ses devoirs et pour empêcher Henri IV de monter sur le trône, tant qu'il restera protestant.

La formule des fédérations catholiques ne manque ni de dignité ni d'inspiration patriotique. On y expose que le roi de France ne possède plus les moyens de protéger ses sujets, ni de maintenir la religion et la dignité royale le devoir des catholiques est de ne pas faire moins pour la vraie religion que les huguenots pour l'hérésie. Ils demandent en conséquence qu'on convoque les Etats généraux pour remédier à tous les maux et ramener l'unité religieuse [13].

L'un des inspirateurs de ces résolutions, Sébastien de l'Aubespine, évêque de Limoges, dit que « la Ligue, étant embrassée du roi – Henri III s'y enrôla en 1577, assistée de beaucoup de gens de bien, de vertu et d'honneur, non seulement tend à la gloire de Dieu et de son Eglise, mais aussi à la défense et protection du roi et du royaume. »

Si la ligue désire ardemment le retour à l'unité religieuse et la conversion d'Henri IV, la Papauté ne !e désire pas moins. Voici un passage très remarquable du Cardinal Baronius, ami et confesseur de Clément VIII, qui montre clairement quels sont tes sentiments du Pontife par rapport à la France.

« La couronne des Francs est demeurée constamment stable sous la protection apostolique.

Elle a crû, de jour en jour, en territoire et en gloire, comme aussi sa gloire s'est obscurcie et elle a été jetée en périls extrêmes, quand, ruinée par la perfidie des hérétiques, elle a été privée du rempart apostolique. Elle trouvera le remède à ses maux, si elle retourne à la Pierre immobile, à la confession apostolique, et si elle est replacée honorablement sur les hauteurs où, posée par le premier roi très chrétien des Francs, elle a toujours brillé d'un admirable éclat dans tout l'univers. C'est là ce que désirent tous les catholiques, c'est ce que demandent tous les fidèles, et sur quoi gémit l'église des Gaules, anxieuse et triste, privée de toute consolation.

« Mais vous Bienheureux Père, vous le demandez avec ardeur à Dieu par vos constantes prières et, vous le redemandez avec des larmes incessantes. Enfantez de nouveau les Francs dans une immense douleur, afin que, avant tout, le Christ soit formé en eux. Que Dieu écoute vos voeux et que vos désirs s'apaisent qu'il vous suscite un autre Clovis que tous désirent, afin que, par son secours, le royaume longtemps abaissé des Francs se relève et reparaisse dans sa splendeur antique...[14] » Les prières de Clément VIII, les voeux de l'Eglise, les efforts et les sacrifices de la Ligue obtinrent la conversion du nouveau Clovis Henri IV abjura ses erreurs et reçut le sceptre de fer pour protéger la religion et gouverner le peuple élu du Christ. « Mon royaume, disait-il, est incontestablement le royaume de Dieu. Il lui appartient en propre, il n'a fait que me le confier.

"Je dois donc faire tous mes efforts pour que Dieu y règne, pour que mes commandements soient subordonnés aux siens, pour que mes lois fassent respecter ses lois. » Ses moeurs privées ne furent pas toujours exemptes de reproche mais son respect pour la foi fut sincère et ferme aussi Paul V, à sa mort, disait douloureusement j'ai perdu mon bras droit.

Concluons Les rois de France ont tous été catholiques ils ont régi les peuples avec le sceptre de fer ils sont donc les successeurs de l'enfant mâle que la femme revêtue du soleil enfanta pour la défense de l'Eglise et la protection des pauvres. Dans l'article suivant, nous allons voir, qu'avec le secours de saint Michel, cet enfant mâle échappe aux griffes du dragon aux sept têtes.

 

[1] Ps. II, 6-9. [2] BAKOU.Anal. an 514,24-26.[3] Remi était né d'une mère stérile, comme Samuel, d'après Grégoire de Tours. [4] Annales, t, VI. Lettre dédicace à Clément VIII. [5] Boss. Hist. Uni. [6] La Souveraineté du Roi. [7] (1) III rois II, 4. [8] Louis XIV. [9] DARRAS. Hist. [10] C, VIII, n°19. [11] Hist. Fran. L. I, n°40. [12] Hist. Fran. L. I, n°16. [13] Voir l'hist. de Kérvyn de Lettenhove, public à Bruges. [14] Annales, t, VI, Lettre dédicace à Clément VIII.

 

LE BAPTÊME DE CLOVIS ET LA VOCATION DE LA FRANCE. CHANOINE F.LUNET
LE BAPTÊME DE CLOVIS ET LA VOCATION DE LA FRANCE. CHANOINE F.LUNET

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Publié le par Rhonan de Bar
Publié dans : #FRANCE SECRETE-HERMETIQUE

LE BAPTÊME DE CLOVIS ET DE VOCATION DE LA FRANCE

Par F. LUNET, Chanoine.

D’APRÈS LE 12ième CHAPITRE DE L’APOCALYPSE.

PRÉFACE

Dans le courant de l'année prochaine, nous publierons l'interprétation de l'Apocalypse. Aujourd'hui, afin de coopérer selon nos forces au glorieux centenaire de Reims, nous détachons de notre manuscrit, et nous faisons imprimer à part, le commentaire du XIIe chapitre qui parle du baptême de Clovis et de la vocation providentielle de la France.

Après la chute de l'empire romain, Satan veut établir dans le beau pays des Gaules, le centre de l'empire universel qu'il veut opposer a l'Eglise.

II a jeté les yeux sur le vainqueur de Tolbiac pour en être le premier monarque.

Il descend avec une grande pompe, à la tête des légions infernales, pour le tenter après son baptême, comme il tenta le Sauveur, et lui offrir le sceptre du monde.

Michel veille sur le néophyte de Reims, repousse l'orgueilleux dragon et le précipite sur la terre avec toute son armée. Clovis reçoit le baptême des mains de saint Remi et devient le fondateur de la monarchie très chrétienne, qui reçoit pour mission de défendre l'Eglise contre tous ses ennemis. Elle remplira, sous l'Evangile, le rôle de la tribu de Juda, sous la Loi. Le Prince de la milice céleste la protège, comme il protégeait Israël. Si elle est docile aux inspirations de son ange tutélaire, sa gloire sera incomparable, elle marchera en tête des nations et dominera la terre.

Saint Jean raconte sa vocation et le baptême de son premier roi.

Dans le XIIe chapitre de l'Apocalypse, il interrompt la description de l'empire mahométan et des guerres et des massacres qui auront lieu sous son dernier empereur, l'Antéchrist, pour offrir aux fidèles le tableau consolant de l'enfant mâle qui repoussera le croissant.

A l'occasion du XIVe centenaire de ce glorieux événement, les catholiques français seront heureux de lire ces pages palpitantes d'actualité, bien propres, croyons-nous, à ranimer leur foi et leurs espérances.

C'est un commentaire littéral que nous leur offrons. Du premier verset jusqu'au dernier, nous avons suivi le sens naturel et obvie. Afin de le mieux saisir, nous avons constamment rapproché les paroles de l'Apôtre des termes analogues des livres sacrés, interprétant ainsi l'Ecriture par l'Ecriture. Nous avons surtout profité des leçons du plus sûr des interprètes des prophéties, l'événement et l'expérience. A la lumière des faits accomplis, nous avons pu, sans trop de difficulté, expliquer ce chapitre demeuré indéchiffrable pour les anciens commentateurs.

Nous osons espérer que le lecteur sera satisfait de notre interprétation elle est claire et basée sur les faits. Dans ce but, nous avons accumulé les citations des historiens relatant simplement les principaux événements de notre vie nationale. Ce rapprochement des faits et du texte sacré éclaire d'une vive lumière nos adages nationaux : Noël, Noël– Gesta Dei per Francos – Regnum Galliae, Regnum Mariae. Vive le Christ qui aime les Francs ! et explique la rage de Satan contre la Fille aînée de l'Eglise. Ne pouvant la détruire, il s'efforce de la révolutionner, de la laïciser, et au milieu des fêtes du centenaire, il pousse la Franc-maçonnerie à élever dans Paris une mosquée en face du Sacré-Cœur, pour insinuer que l'alcoran vaut mieux que l'Evangile.

Jusqu'ici il n'a que trop réussi dans sa haine homicide. Beaucoup de Français, oubliant qu'ils sont chrétiens, suivent de plus en plus les inspirations du plus cruel de nos ennemis, et ne craignent pas d'attirer sur notre noble patrie les vengeances du ciel.

Catholiques, secouez votre torpeur écoutez la voix du Souverain Pontife qui vous invite, en cette année mémorable, à renouveler les promesses de votre baptême et à vous unir pour repousser les sectaires qui pervertissent et déshonorent la France. Prenez la croix, comme vos pères, et repoussez les nouveaux Musulmans Dieu le veut !

TEXTE

1. Et un grand prodige parut dans le ciel Une femme revêtue du soleil, ayant la lune sous ses pieds, et sur sa tête une couronne de douze étoiles.

2. Elle était enceinte, et elle criait, se sentant en travail, et elle était tourmentée des douleurs de l'enfantement.

3. Et un autre prodige fut vu dans le ciel Un grand dragon roux, ayant sept têtes et dix cornes, et sur ses sept têtes, sept diadèmes.

4. Or sa queue entraînait la troisième partie des étoiles, et elle les jeta sur la terre et le dragon s'arrêta devant la femme qui allait enfanter, afin ~de dévorer son fils aussitôt qu’elle serait délivrée.

5. Elle enfanta un enfant mâle qui devait gouverner toutes les nations avec un sceptre de fer et son fils fut enlevé vers Dieu et vers son trône.

6. Et la femme s'enfuit dans le désert où elle avait un lieu préparé par Dieu, pour y être nourrie mille deux cent soixante jours.

7. Et il se fit un grand combat dans le ciel Michel et ses anges combattaient contre le dragon, et le dragon combattait, et ses anges aussi

8. Mais ils ne prévalurent pas aussi leur place ne se trou va plus dans le ciel.

9. Et ce grand dragon, l'ancien serpent, qui s'appelle le diable et satan, fut précipité sur la terre, et ses anges furent jetés avec lui.

10. Et j'entendis une voix forte dans le ciel disant C'est maintenant qu'est accompli le salut de notre Dieu, et sa puissance et son règne, et la puissance de son Christ, parce qu'il a été précipité, l'accusateur de nos frères, qui les accusait devant notre Dieu jour et nuit.

11. Et eux sont vaincus par le sang de l'Agneau et par la parole de leur témoignage et ils ont méprisé leurs vies jusqu'à souffrir la mort.

12. C'est pourquoi, cieux, réjouissez-vous, et vous qui y habitez. Malheur à la terre et à la mer, parce que le diable est descendu vers vous, plein d'une grande colère, sachant qu'il n'a que peu de temps.

13. Or après que le dragon eut vu qu'il avait été précipité sur la terre, il poursuivit la femme qui avait enfanté l'enfant mâle.

14. Mais les deux ailes du grand aigle furent données à la femme, afin qu'elle s'envolât dans le désert en son lieu, où elle est nourrie un temps et des temps, et la moitié d'un temps, hors de la présence du serpent.

15. Alors le serpent vomit de sa bouche, derrière la femme, de l'eau comme un fleuve, pour la faire entraîner par le fleuve.

16. Mais la terre aida la femme elle ouvrit son sein, et elle engloutit le fleuve que le dragon avait vomi de sa bouche.

17. Et le dragon s'irrita contre la femme, et il alla faire la guerre à ses autres enfants qui gardent les commandements de Dieu, et qui ont le témoignage de Jésus-Christ.

18. Et il s'arrêta sur le sable de la mer.

COMMENTAIRE CHAPITRE 1er

SOMMAIRE

Article I. L'Arche d'alliance, ce qu'elle figurait. Les merveilles qu'elle opéra pour introduire les Israélites dans la Terre promise, font prévoir celles que Jésus et Marie renouvelleront pour introduire les Chrétiens et les Juifs convertis dans la nouvelle Jérusalem.

Article II. Saint Remi, tout éclatant de la lumière du Christ. de Marie et des Apôtres, désire la conversion de Clovis, l'instruit, te baptise et le sacre au milieu des prodiges. Cet événement réjouit l'Eglise les papes et les évêques félicitent Remi.

-La qualité d'enfant mâle est un caractère de nos rois qui se transmettent le pouvoir de mâle en mâle.

Article III. Clovis reçoit le sceptre de fer : 1° Pour régner sur son peuple fidèle, protéger l'Eglise et marcher en tête de la chrétienté. 2° Pour régir les nations il en soumet plusieurs, et Charlemagne un plus grand nombre. Si la France eût été fidèle à sa mission, sa gloire aurait tout éclipsé. Si Louis XIV eût entendu l'appel du Sacré-Coeur, son empire eût été immense.

Article IV. Clovis et tous les rois de France, ses successeurs sont catholiques ils meurent dans la communion de l'Eglise.

ARTICLE PREMIER : L'ARCHE D'ALLIANCE

Et le temple de Dieu fut ouvert dans le ciel, et l'arche de son alliance y parut, et il se fit des éclairs, des voix, un tremblement de terre et une grêle très forte (Chap XI. Verset 19)

Ce verset doit être placé en tête de ce chapitre : c'est à tort que les éditeurs l'ont mis à la fin du précédent. Il n'a aucun rapport avec les tempêtes, tandis qu'il sert de préface aux coupes et à toute la quatrième partie qui n'en est que le développement.

Le temple est ouvert dans le ciel est le tabernacle qui n'a pas été fait de la main des hommes, le Saint des saints, le véritable sanctuaire qui servit de modèle à celui de Moïse, la Jérusalem céleste où le Sauveur est entré au jour de l'Ascension avec les justes qui l'accompagnaient dans son triomphe, où sa sainte Mère fut transportée en corps et en âme, au jour de l'Assomption.

Et l’arche de son alliance y parut. L'Arche d'alliance était un ciste ou ciste de deux coudées et demie de long, d'une coudée et demie de haut. Elle ressemblait à un autel, à un tombeau, elle était faite de bois incorruptible et recouverte intérieurement et extérieurement de lames d'or. Une couronne d'or environnait sa partie supérieure. Le Propitiatoire, d'or pur, lui servait de couvercle. Son nom d'Arche d'alliance lui venait des deux tables de la loi qu'elle renfermait. Les dix préceptes étaient la condition de l'alliance de Dieu avec son peuple.

Le ciste de bois incorruptible et revêtu d'or, était la figure de la Vierge Immaculée pleine de grâces et de mérites.

Le Propitiatoire, avec sa couronne d'or, représentait l'Homme-Dieu porté par sa mère, le Christ Roi, le Pasteur d'Israël, veillant sur son peuple, répondant à toutes ses consultations et le protégeant contre ses ennemis.

L'Arche était son trône, son char de victoire et de triomphe. Elle reposait dans le Saint des saints et n'en sortait que pour guider Israël dans ses marches, et le précéder dans ses combats. Elle opéra les plus grandes merveilles en sa faveur, refoula le Jourdain pour le laisser passer, renversa les murs de Jéricho et l'introduisit dans la Terre promise.

Voici que le temple de Dieu s'ouvre dans le ciel et l'arche sort de son repos. Aussitôt qu'elle paraît, le tonnerre gronde, la foudre éclate, la terre tremble, et une grêle épouvantable tombe avec fracas.

L'Arche va-t-elle donc recommencer ses exploits ? Certainement non  son rôle est fini, elle ne reparaîtra pas[1].

Mais, sous l'illustre symbole, voyez la réalité, Jésus et Marie, et vous pourrez prévoir ce qui va arriver, le passé éclaire l'avenir.

Le Sauveur du monde va quitter la droite de son Père pour venger son Eglise et ramener les douze tribus converties dans l'héritage de leurs pères. Un feu sorti de sa bouche consumera les impies, comme le feu sorti de l'arche consuma Coré et tous ses partisans.

Une grêle très forte écrasera les armées de Gog et Magog, comme une pluie de pierres écrasa les Amorrhéens à la descente de Bethoron[2] ; les tremblements de terre renverseront les villes des nations, comme les murs de Jéricho la terre s'entr'ouvrira et engloutira l'Antéchrist et son prophète, comme elle engloutit Dathan et Abiron et les justes, délivrés de leurs persécuteurs, acclameront avec une grande joie leur libérateur et chanteront le cantique nouveau, comme les Hébreux, échappés aux flots de la mer Rouge, chantèrent le cantique de Moïse. Et le temple de Dieu fut ouvert  dans le ciel, et l’arche de son alliance y parut, et il se fit des éclairs, des voix, un tremblement de terre et une grêle très forte.

Ici le Christ, roi des Juifs, vient au secours de son peuple sous l'emblême de l'arche ailleurs[3], saint Jean le voit monté sur un cheval blanc et portant de nombreuses couronnes, parce qu'il est aussi le roi des autres peuples, le dominateur de la terre.

Sur le Propitiatoire il y avait deux chérubins nous pouvons inférer de là que le Sauveur ne viendra pas seul, mais qu'il sera suivi des armées célestes, comme l'annoncent clairement, du reste, d'autres textes.

Nous pouvons inférer, en second lieu, que sa sainte Mère se joindrait au Fils pour écraser la tête du serpent, selon la promesse faite à nos premiers parents. Le 19e verset ne serait donc qu'une nouvelle édition de l'antique promesse. Remarquons encore que ce verset et le suivant sont les seuls textes de l'Apocalypse qui fassent allusion à la sainte Vierge.

D'après ce qui précède, on voit que le symbolisme du 19e verset est très riche, qu'il en est peu qui disent autant de choses en si peu de mots, et qui rappellent un passé plus glorieux et annoncent un plus brillant avenir. Il peut servir de préface et d'épilogue à la quatrième partie de l'Apocalypse les chapitres qui vont suivre partir du XIIIe jusqu'à la fin, n'en seront que le développement. Toutefois, avant de parler des derniers combats du Christ pour son Eglise, saint Jean va dire quelques mots de l'empire mahométan dont l'Antéchrist sera le dernier empereur, et nous faire connaître la vocation et la mission de la France destinée à protéger la chrétienté contre les infidèles. Elle jouera, dans les temps modernes, le rôle de la tribu de Juda dans les temps anciens sous l'inspiration de Marie, elle marchera en tête des peuples chrétiens, comme Juda à la suite de l'arche, précédait les tribus d'Israël. Voilà pourquoi l'arche paraît au moment où l'on va baptiser et sacrer le fondateur de la monarchie française que ceux qui veulent s'y opposer, redoutent le bras puissant de la reine du ciel !

ARTICLE SECOND : SAINT REMI BAPTISE CLOVIS

Les différents caractères, assignés ici à la femme qui enfante et à l'enfant mâle, conviennent assez à l'Eglise des Gaules et à Clovis. Rapprochons le texte de l'histoire et nous nous convaincrons, en effet, que saint Jean parle dans ce chapitre de la mission de la monarchie française.

1. Et un grand prodige parut dans le ciel une femme revêtue du soleil, ayant la lune sous ses pieds, et sur sa tête une couronne de douze étoiles. Cette femme c'est l'Eglise, éclatante de la lumière de Jésus-Christ, soleil de justice, portée par la Vierge Marie, miroir de justice, et ayant les douze Apôtres pour couronne.

L'Eglise est l'aide, l'épouse du Christ Pro Christo legatione fungimur[4] . C'est en son nom qu'elle distribue ses grâces, applique ses mérites, sanctifie les hommes, et les fait enfants de Dieu. Sans lui, elle ne peut rien faire Sine me nihil potestis facere[5] . Aussi a-t-il promis de l'assister jusqu'à la consommation des siècles[6]. Dans plusieurs endroits de l'Apocalypse, saint Jean nous le montre fidèle à sa promesse il l'avertit, il l'excite, il la menace, il la défend, il combat pour elle et envoie son ange pour lui révéler ses secrets. Dans le premier chapitre, il marche au milieu de sept candélabres, emblême des sept églises de l'Asie, et il tient en sa main droite sept étoiles qui sont leurs sept évêques. Ici, il lui est intimement uni, la revêt de sa lumière, la remplit de son amour et de son zèle, pour la conversion des âmes.

Mulier amicta sole : «Arabicus, induta sole, hoc est Ecclesia circumdata Christo sponso suo Christus enim est sol justicae[7], uti apostoli sunt stellae, quae suam lucem a sole, id est, Christo, mutuantur. Rursum, Christus instar amictus et vestit circumdat, amicit et ornat Ecclesiam : unde toties hortatur fideles apostolus, dicens: induimini Jesum Christum[8].

La lune sous ses pieds. La lune soutient la femme, Marie soutient l'Eglise. Par ses mérites et ses prières, elle la conserve et la défend contre  toutes les attaques de l'ennemi par sa douce influence elle attire les pécheurs et les convertit par les grâces qu'elle leur obtient. Elle aime tendrement tous les chrétiens, les porte entre ses bras, et les presse sur son coeur maternel, comme autrefois son divin Fils.

« Mulier hic proponitur quasi parturiens, ideo que exprimutur quasi mysticae lunae ope adjuta. Nam gentes lunam in partubus implorabant et quasi obstetricem credentes, illam Junonem Lucinam appellabant…. Unde Virgiliuus ait :

Casta, fave, Lucina, tuus jam regnat Apollo[9].

« Mulier amictd sole ab omnibus pene exponitur sancta Ecclesia[10]. »

«Dico cum Ambrosio, Ticonio, Primasio, Haymone, Andrea Caesariensi,  Richardo, Beda, Methodio…per hanc mulierem intelligi Ecclesiam. Apparuit in coelo, non empyreo, nec sidereo, sed areo : inde enim mulier hoec volavit in desertum.[11]

Une femme revêtue du soleil. C'est l'Eglise toute éclatante de la lumière de Jésus-Christ [12]. » Il importe de remarquer ici que le monde matériel a été créé sur le type du monde spirituel. Ce qu'est le Christ, sa mère, ses apôtres et ses saints, par rapporta l'Eglise, le soleil, la lune et les étoiles le sont par rapport à la terre. Sous leur influence, l'une multiplie les enfants de Dieu et l'autre se couvre de plantes et nourrit de nombreux animaux[13].

Une femme revêtue du soleil. Cette femme, avons-nous dit, représente l'Eglise. Mais sous quelle forme paraît-elle dans la vision? Vraisemblablement sous les traits de l'évêque qui doit baptiser l'enfant mâle ; c'est-à-dire d’après notre hypothèse,  sous les traits de saint Remi, archevêque de Reims.

2. Elle était enceinte, et elle criait, se sentant en travail, et elle était tourmentée des douleurs de l’enfantement. – Ces paroles marquent le grand désir qu'a le saint archevêque de donner un roi catholique à l'Eglise qui la défende des incursions des barbares et des persécutions des hérétiques. Vers la fin du Ve siècle, en effet, nul prince ne la protège. L'empereur de Constantinople, Zénon, est eutychéen, et veut forcer ses sujets à souscrire une formule de foi hérétique.

L'empire d'Occident s'est éteint avec Augustule, en 475 les Vandales ravagent l'église d'Afrique et envoient en exil, ou font mourir dans les tourments, les catholiques qui ne veulent pas embrasser l'arianisme Théodoric, maitre de l'Italie, Alaric de l'Espagne et du midi des Gaules, et Gondebaud, roi des Burgondes, sont également ariens. Les Francs qui occupent la Belgique, et les autres peuples allemands, qui n'ont pas encore passé le Rhin, sont idolâtres. Tel était l'état de l'Eglise lorsque, en 481, Clovis, âgé de seize ans, succède à son père Childéric, mort à Tournon. Saint Remi conçoit les plus heureuses espérances de  l’avènement de ce jeune prince mais ce ne fut que quinze ans plus tard, en 496, qu'il a le bonheur de le voir embrasser la foi catholique et de le baptiser.

Pendant quinze ans, les prières et les exhortations du saint archevêque sont inutiles Clovis ne peut se résoudre à abandonner le culte de ses pères. Il est plein d'estime pour Remi, admire ses vertus et suit avec docilité ses conseils mais il reste idolâtre. Son épouse, sainte Clotilde, n'est pas plus heureuse ses larmes et ses supplications ne peuvent vaincre son obstination.

Toutefois, saint Remi ne se décourage pas il espère que la grâce triomphera de sa résistance, et que Dieu illuminera son âme des clartés de la foi il redouble donc de prières et de bonnes oeuvres pour obtenir sa conversion. Et in utero habens, clamabat partiriens, criciabatur ut pariat .

« Une guerre éclata entre les Alamans et les Francs. Clovis fut alors contraint par les événements à faire ce qu'il avait toujours refusé jusque-

là. Au moment où les deux armées étaient aux prises, les troupes franques furent repoussées en tel désordre que les bataillons, refoulés les uns sur les autres, se donnaient mutuellement la mort. A ce spectacle Clovis, ne put retenir ses larmes. Le coeur brisé, il leva les yeux au ciel, en s'écriant « Jésus-Christ, vous que Clotilde appelle le Fils de Dieu vivant, s'il est vrai que vous protégez ceux qui vous invoquent et donnez la victoire à vos serviteurs, j'implore votre assistance'; si vous me faites  triompher de mes ennemis, si vous étendez sur moi cette puissance dont votre peuple reconnaît l'efficacité, je jure de croire en vous et de me faire baptiser en votre nom. J'ai prié mes dieux, ils ne m'ont point écouté. J'en ai la preuve. A vous de m'arracher au périt. » A peine eut-il parlé ainsi que le combat changea de lace les Alamans furent culbutés, les Francs remportèrent une victoire signalée, et Clovis ramena ses troupes sous la tente. A son retour, il raconta à la reine comment il devait la victoire à l'invocation du nom de Jésus-Christ [14]. »

« Comme il revenait plein de joie de son expédition, dit Alcuin, Clovis traversa la cité de Toul, et y rencontra Vedastus t2~, vénérable prêtre, qui s'était consacré à la vie contemplative, et habitait un ermitage sur les bords de ta Meuse. Il voulut s'en faire accompagner jusqu'à Reims, et profita de ses instructions pour se préparer à l'acte religieux qu'il  méditait.

Au passage d'un pont, un aveugle apprenant que le saint prêtre se trouvait dans le cortège du roi, s'écria « Elu de Dieu, bienheureux Vedastus[15], ayez pitié de moi je ne vous demande ni or ni argent, invoquez le Seigneur et rendez-moi la vue. »

Le solitaire comprit que Dieu lui accorderait cette grâce, non point seulement pour récompenser la foi de l'aveugle, mais surtout pour illuminer l'intelligence d'un peuple entier. Il se mit en prières, puis, traçant un signe de croix sur le front de l'infirme, il dit « Seigneur Jésus, vous qui êtes la véritable lumière, vous qui avez guéri l'aveugle-né de l'Evangile, ouvrez les yeux de cet homme, et que toute la multitude qui m'entoure comprenne que seul vous êtes Dieu, que le ciel et la terre vous obéissent. En ce moment, l'aveugle recouvra subitement la vue et se joignit à la foule en bénissant le Seigneur[16]. Vedastus accompagna Clovis jusqu'à Reims.

« Cependant, dit Grégoire de Tours, Remi, exactement informé par Clotilde des dispositions du roi, achevait de l'instruire de toutes les vérités du christianisme et le pressait enfin de déclarer sa conversion. Père très saint, lui répondit Clovis, je suis prêt. Pourtant une considération me retient encore le peuple qui me suit ne veut pas qu'on abandonne ses dieux. Je vais convoquer les Francs, et je leur parlerai dans le sens de vos instructions. » L'assemblée eut lieu.

Sans doute le projet royal était connu de tous, car avant même que Clovis eut pris la parole, aussitôt qu'on le vit paraître, une acclamation générale se fit entendre. Pieux roi, dirent les Francs, nous abjurons le culte des dieux mortels, nous voulons servir le Dieu immortel que Remi adore. Ce bienheureux évêque, en apprenant cette décision nationale, fut rempli d'une grande joie; il prépara tout pour le baptême solennel[17]. »

Plusieurs évêques, entre autres Solemnis de Chartres, et Principius, de Soissons, joignirent leurs efforts aux siens et lui amenèrent des prêtres pour suffire à l'apostolat d'une armée tout entière. Vedastus continuait illuminer par ses enseignements le coeur et l'intelligence de cette foule de catéchumènes. Clovis écoutait un jour le récit évangélique de la Passion du Sauveur il interrompit la lecture et s'écria : Si j'eusse été là avec mes Francs, j'aurais vengé les injures de mon Dieu.

«Dans la soirée qui précéda la cérémonie du baptême, dit Hincmar, le saint et vénérable Remi passa quelques heures en prière devant l'autel de l'église de sainte Marie, pendant que la reine Clotilde priait elle-même dans l'oratoire de saint lierre, a proximité de la demeure royale. Après son oraison, le pontife se rendit près du roi, voulant profiter du silence de la nuit pour donner ses dernières instructions au néophyte couronné. Les cubucularii lui ouvrirent les portes et l'introduisirent près de leur maître. Clovis s'avança à sa rencontre, l'embrassa et le conduisit près de la reine, dans l'oratoire du très bienheureux Pierre, prince des Apôtres. On dispose des sièges pour le roi, la reine, les clercs, qui avaient accompagné le pontife, et un certain nombre de serviteurs du palais, seuls témoins de cette scène imposante.

Remi, dans une allocution paternelle, résuma pour la dernière fois les instructions évangéliques des jours précédents. Pendant qu'il parlait, une lumière céleste éclata soudain dans l'église, effaçant la lueur des cierges allumés, et une vox se fit entendre qui disait « La paix soit avec vous. C'est moi, ne craignez point persévérez dans mon amour. » Après ces paroles, la lumière surnaturelle disparut et un parfum d'une suavité céleste se répandit dans l'enceinte.

Le roi et la reine se précipitèrent aux genoux du saint pontife, en versant des larmes d'émotion et de joie. Un grand prodige parut dans le ciel; une femme revêtue d soleil, ayant la lune sous ses pieds, et sur sa tête une couronne de douze étoiles… elle  criait, et elle était tourmentée des douleurs de l'enfantement.

L'homme de Dieu illuminé lui-même de l'esprit prophétique, leur tint ce langage « Votre postérité gouvernera noblement ce royaume elle glorifiera la sainte Eglise et héritera de l'empire des Romains elle ne cessera de prospérer, tant qu'elle suivra la voie de la vérité et de la vertu. Mais la décadence viendra par l'invasion des vices et des mauvaises moeurs. » C'est là, en effet, ce qui précipite la ruine des royaumes et des nations. En parlant ainsi, le visage de l'évêque resplendissait de gloire, comme autrefois celui de Moïse. Le législateur évangélique des Francs avait une auréole semblable à celle du chef des Hébreux[18]. »

La prière de saint Remi à l'autel de Marie -luna sub pedibus ejus- la veille du baptême des Francs, est restée dans la mémoire nationale, et s'est traduite par l'adage chevaleresque et chrétien : Regnum Galliae, regnum Mariae. La prophétie de l'évêque de Reims, au berceau de la monarchie française, s'est également réalisée au pied de la lettre. Plus la France s'écartera des voies de la vérité et de la vertu, plus elle précipitera sa propre ruine[19] .

« Nouveau Constantin, Clovis s'approcha de la piscine baptismale, non pour y être purifié de la lèpre matérielle, mais de la lèpre du péché il demanda au pontife le sacrement de la régénération. Remi, avec cet à-propos et cette divine éloquence qui le caractérisait, lui dit Courbe doucement ta tête, fier sicambre, adore ce que tu as brûlé et brûle ce que tu as adoré. Cette expressive parole frappa tous les cœurs on eut dit la majesté du pape Sylvestre commandant au fils de sainte Hélène[20]. »

« Or, reprend Hincmar, il advint que le clerc chargé de porter le saint chrême, avait été séparé par la foule, sans pouvoir arriver près de la piscine sacrée. Le pontife, après avoir béni l'eau régénératrice, demanda le chrême pour l'y mêler, suivant l'usage il ne s'en trouva point. Remi, les yeux et les mains levées vers le ciel, se mit en prières on vit des larmes

inonder son visage. Soudain une colombe, au plumage blanc comme la neige, s'approcha de lui. Elle tenait dans son bec, une petite ampoule, pleine de saint chrême. Le pontife l'ouvrit, et il s'en exhala une odeur délicieuse. La colombe disparut au même instant, et le vénérable évoque répandit l'huile sainte dans la piscine baptismale[21]. »

Après avoir confessé sa foi à la Trinité, Clovis fut baptisé au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit, et reçut l'onction du chrême en forme de croix. Albollède, l'une de ses soeurs, reçut aussi le baptême et Lanthilde, autre soeur de Clovis, abjura aussi l'arianisme. Enfin, trois mille guerriers Francs sortirent chrétiens du baptistère de l'église de Sainte-Marie de Reims c'était le 25 décembre 496.

Les évoques des Gaules prirent part en esprit au baptême de Clovis, ne pouvant tous être présents de corps, comme le lui écrivit saint Avit, évêque de Vienne, et, comme tel, sujet de Gondebaud : « … Il ne me fut pas donné d'en être le témoin, et d'y apporter le concours de mon ministère, mais j'y assistais en esprit dans la communion de la joie. Tout retentit de vos triomphes.

Vos sujets ne sont pas les seuls à y prendre part. Votre prospérité nous touche nous-mêmes, et nous sommes réellement vainqueurs, toutes les fois que vous combattez. »

Le monde chrétien tressaillit de joie, a la nouvelle de la conversion de Clovis. Le pape saint Anastase II écrivit au roi des Francs en  ces termes « Glorieux fils, votre avènement à la foi chrétienne coïncide avec le début de notre pontificat et nous apporte une joie immense. Le siège de Pierre tressaille d'allégresse, en voyant la multitude des nations remplir le filet que le pêcheur d'hommes, le porte-clefs de la Jérusalem céleste, a reçu mission de jeter dans le monde. Nous adressons à votre sérénité le prêtre Eumérius qui vous transmettra nos félicitations, afin que, connaissant la joie du père, vous la confirmiez par vos oeuvres, que vous deveniez notre couronne et que l'Eglise, votre mère, s'applaudisse des progrès du grand roi  qu'elle vient d'enfanter à Dieu. Soyez donc, glorieux et illustre fils soyez la joie de votre mère et son rempart inexpugnable. Nos malheureux temps ont vu bien des défections. Notre barque est assaillie, comme dans une tempête, par la malice et la perfidie des hommes. Mais nous espérons contre toute espérance, et nous adressons nos hymnes d'actions de grâce au Seigneur Jésus, qui vous a arraché à la puissance des ténèbres. En donnant à l'Eglise un roi tel que vous, il lui assure un protecteur capable de la soutenir et de la défendre. Courage donc, glorieux et bien aimé fils que le Dieu tout puissant daigne étendre le secours de son bras sur votre sérénité et sur votre royaume, qu'il ordonne à ses anges de vous garder dans toutes vos voies, et vous accorde la victoire sur vos ennemis[22]. »

Saint Anastase vient de féliciter Clovis de sa conversion. Quelques années après, son second successeur, saint Hormisdas établit vicaire apostolique des Gaules, Remi, qui l'a converti et baptisé.

Des premières années de son pontificat, il lui écrit la lettre suivante :

« Nous avons reçu avec joie les félicitations que votre fraternité nous a transmises, et c'est pour nous un bonheur de vous exprimer nos sentiments à votre égard. II vous appartiendra désormais de veiller à l'exécution des décrets du siège apostolique et des saints canons dans les Gaules. Nous vous confions la charge de nous représenter dans toute l'étendue des états conquis par notre fils spirituel et bien-aimé, le roi Clovis, que vous avez récemment régénéré avec la grâce de Dieu par l'eau du baptême, en des circonstances qui ont rappelé la série des prodiges accomplis autrefois par les Apôtres. Le privilège que nous vous conférons ici ne devra préjudicier en rien aux droits ordinaires des métropolitains. Nous voulons augmenter votre dignité personnelle en vous associant d'une manière plus éminente à notre sollicitude pastorale, et nous reposer sur votre vigilance du soin de pourvoir plus efficacement aux besoins généraux des églises des Gaules[23]. »

Ces lettres des papes et des évêques montrent la joie universelle qu'éprouva l'Eglise de la conversion du roi des Francs, l'importance qu'on attribuait à son baptême et l'estime singulière qu'on avait pour t'archevêque de Reims que la Providence avait choisi pour coopérer à ce grand événement. Non seulement le Christ illumine de ses clartés son ministre, le remplit de prudence et de sagesse, le doue d'une éloquence persuasive, stimule intérieurement son zèle et sa charité il l'assiste encore extérieurement d'une manière visible pour tous les spectateurs. Il l'environne d'une lumière éclatante, orne son front d'une auréole, comme autrefois le législateur des Hébreux il parle pour confirmer ses paroles, lui fait apporter du ciel par une colombe le chrême dont il a besoin, et remplit le lieu saint d'un parfum délicieux. Il complète l'oeuvre qu'il a commencée à Tolbiac à force de miracles et de bonté il veut convaincre Clovis et ses Francs de sa divinité, afin d'en faire des instruments dociles de sa gloire Gesta Dei per Francos. Notre Seigneur, soleil de justice, revêt donc de sa lumière Remi, représentant de l'Eglise, la femme qui doit enfanter. Sans nul doute, la lune, la sainte Vierge Marie, qui va choisir la

France pour son royaume de prédilection, regnum Galliae, regnuin Mariae, ne peut manquer  d'assister l'archevêque de Reims et lui obtenir les grâces dont il a besoin pour convertir son premier roi et si elle ne manifesta pas d'une manière sensible son action, elle est présente d'une certaine façon, car elle reçoit dans ses bras les nouveaux enfants de Dieu, puisqu'ils sont baptisés dans l'église de Sainte-Marie. Les Apôtres sont aussi présents dans leurs successeurs, les évêques, qui forment une brillante couronne autour de Remi et l'aident à administrer le sacrement de la régénération aux trois mille compagnons de Clovis.

De tout ce qui précède, nous pouvons déjà conclure, sans trop de témérité, que le texte que nous commentons ici, fait allusion aux grands événements qui eurent lieu à Reims, le 25 décembre 496, et dont nos pères nous ont transmis le souvenir dans leur cri de joie et dans leur acclamation monarchique : Noël Noël Et un prodige parut dans le ciel une femme revêtue du soleil, ayant la lune sous ses pieds, et sur sa tête une couronne de douze étoiles. Elle était enceinte, et elle criait, se sentant en travail, et elle était tourmentée par les douleurs de l’enfantement.

5. Elle enfanta un enfant mâle qui devait gouverner toutes les nations avec un sceptre de fer : et son fils fut élevé vers Dieu et vers son trône.

La qualité d'enfant mâle convient parfaitement au fondateur de la monarchie française. Clovis, en effet, était plein de courage et d'énergie, il avait trente ans, quand il abandonna le culte de ses pères pour embrasser la foi catholique. Il résista longtemps aux sollicitations de son épouse et aux exhortations de Remi, et ce ne fut qu'après une mure réflexion, et vaincu en quelque sorte par l'évidence et par une intervention divine, qu'il consentit à recevoir le baptême.

Les expressions d'enfant mâle peuvent désigner la male énergie et la haute raison de Clovis; mais ils signifient antre chose. Ne nous arrêtons pas a l'écorce du texte pénétrons jusqu'à la moelle, et nous en verrons jaillir une lumière caractéristique qui frappera les esprits les moins attentifs. Pour cela rappelons-nous simplement la maxime de notre vieux droit monarchique Le royaume de France ne tombe pas de lance en quenouille, et nous comprendrons que l'enfant mâle n'est autre chose que le fondateur de la monarchie française, qui transmettra le pouvoir royal de mâle en mâle, à l'exclusion des femmes.

Ainsi la loi salique fixe le vrai sens du verset du XIIième chapitre de l'Apocalypse. L'auteur du prologue de cette loi corrobore singulièrement cette interprétation, lorsqu'il affirme que Dieu inspira la loi salique à ses Pères. Les deux textes viendraient donc de la même source le même Esprit aurait éclairé le Prophète et le Législateur.

Voici ce monument de la foi de nos ancêtres après l'avoir lu, nous serons moins étonnés des faveurs que le Christ leur accorde et du rôle qu'il leur réserve.

Prologue de la loi salique. « La nation des Francs, illustre, fondée par Dieu, son auteur, forte sous les armes, profonde en conseil, ferme dans les traités de la paix, noble dans sa taille élancée, d'une blancheur et d'une beauté singulières, hardie, agile et rude au combat, depuis peu convertie à la foi catholique, pure de toute hérésie, lorsqu'elle était encore sous une croyance barbare, avec l'inspiration de Dieu, recherchant déjà la clef de la science, aspirant a la piété, adopta la loi salique dictée par les chefs qui étaient alors les juges des peuples.

Puis, lorsque avec l'aide de Dieu, Clovis le chevelu, le beau, l'illustre roi des Francs, eut, le premier de sa race, reçu le baptême catholique, tout ce qui, dans le pacte primitif, était juge peu convenable fut amendé avec clarté, et ainsi fut dressée cette constitution sainte. Vive quiconque aime les Francs ! Que le  Christ garde leur royaume et remplisse les chefs de la lumière de sa grâce qu'il protège l'armée, qu'il munisse le peuple du rempart de la foi, et leur accorde les joies de la paix et les jours de la félicité, lui qui est le Seigneur des conquérants et le maître des rois. Car cette nation, petite par le nombre, mais grande par le courage, a brisé par la force des armes le joug que les Romains faisaient peser sur sa tête. Ce sont les Francs qui, après avoir reconnu la sainteté du baptême, ont recueilli précieusement enchâssé dans l'or et les pierreries le corps des saints martyrs que jadis les Romains avaient brûlés par le feu, massacrés par le fer et jetés à la dent des bêtes féroces. » Peperit masculum.

Avec Clovis, Remi baptise ses soldats et leurs familles. Il a semé dans la tristesse et les larmes il moissonne dans la joie. Il a le bonheur de voir sortir de l'onde régénératrice la nation des Francs, l'âme plus pure que les habits blancs qu'elle a revêtus. Hier esclaves du démon, aujourd'hui enfants de Dieu et frères du Christ. Hier, impurs, rapaces, cruels, vindicatifs, sans miséricorde, offrant des victimes à de vaines idoles, aujourd'hui se nourrissant du pain des anges et s'efforçant de mettre en pratique la morale évangélique. La terre, aux premiers jours du monde, émergeant des flots à la voix du Créateur, et se couvrant à l'instant de plantes verdoyantes, de fleurs et de fruits, ne présenta pas un spectacle aussi beau, aussi étonnant, que celui du peuple franc sortant des fonts baptismaux, animé d'une nouvelle vie et orné de tous les dons du Saint-Esprit. Il a cherché d'abord la justice et le règne de Dieu et le Seigneur lui donne par surcroît la belle terre des Gaules en héritage perpétuel[24].

Déjà il tend son arc et remplit son carquois de flèches pour la délivrer des Visigoths-Ariens qui l'oppriment. On dirait Israël sortant de la servitude d'Egypte et traversant, à pied sec, la mer rouge et le Jourdain, pour aller chasser l'impur Chananéen de la Terre-Promise [25]. Mais qu'il y a loin du baptême figuratif qu'il reçut alors sous la conduite de Moïse, à celui que Remi administra à nos pères En une seule nuit, il les régénère ils passent de la mort à la vie, des ténèbres à la lumière, et, le coeur plein d'espérance et de joie, ils entrent dans leur nouvelle et glorieuse carrière. Les merveilles que le Christ opère ici en leur faveur par le ministère du saint archevêque de Reims, il les renouvellera à Jérusalem pour les Juifs, quand il viendra inaugurer son règne temporel. Est-ce que moi, qui fais enfanter les autres, je n'enfanterai pas moi-même? dit-il, par le prophète. Est-ce que moi, qui donne la génération aux autres, je demeurerai stérile? dit le Seigneur à son peuple. Livrez-vous à la joie avec Jérusalem, exultez en elle, vous tous qui l'aimez réjouissez-vous avec elle, vous tous qui pleurez sur elle. De même qu’une mère caresse son enfant, de même moi je vous consolerai, et c'est dans Jérusalem que vous serez consolés. Vous verrez et votre coeur se réjouira, et vos os comme l'herbe germeront et l'on connaîtra que la main du Seigneur est pour ses serviteurs, et il sera indigné contre ses ennemis.

Avant qu’elle fût en travail, elle a enfanté avant que vint le temps de son enfantement, elle a enfanté un enfant mâle. Qui a jamais ouï une telle chose ? Et qui a vu rien à cela de semblable ? Est-ce que la terre engendrera en un seul jour ? Ou une nation sera enfantée en même temps, parce que Sion a été en travail et qu'elle a enfanté ses fils[26]. Le prophète veut que nous nous réjouissions d'avance de la plus prompte régénération des Juifs, n'oublions pas celle des Francs qui nous touche de plus près, et témoignons-en notre reconnaissance au Seigneur.

[1] JEREMIE III.16 [2] JOSUE X.10 [3] XIX.10 et 11. [4] 2. COR. v  20 [5]  SAINT JEAN. XV. [6] MAT. XXVIII, 20. [7]  MALACH.IV.2 [8] CORNEL. A.L  [9] CORNEL [10] GAGNAEUS. [11] CORNEL. [12] ROSS. [13] Voir sur ces analogies le règneMillénaire.  [14]  GHEG. TURON. Hist.Franc. t. II. chap. 30. [15] Vast, Veaast.24 [16] ALCUIN, Vif. S. Vedasti. Boll. [17] GREC. Hist. c. 31. [18] HINCMAR, Vit. Rem. c. 37. [19] DARDAS, Hist. de l'Egl t.14, p. 36. [20] GREG.H.II,31. [21] HINCMAE, Vit. Remige. 38. [22]  SAINT ANASTASE II. Epist. ad Clod. LABB. Cons. t. IV, col. 1282. [23] SAINT HORMISD.. epis. I ; Patr. Lat. t. LXIII col. 568.– Voir DARRAS. Hist. sur cette lettre, t. XIV p. 200. [24] Locum praeparatum a Deo. v. G. [25] I.CORIN. x. 1 et 2. [26] 2) ISAIE, LXVt; 7-14.

 

LE BAPTÊME DE CLOVIS ET LA VOCATION DE LA FRANCE. CHANOINE F.LUNET
LE BAPTÊME DE CLOVIS ET LA VOCATION DE LA FRANCE. CHANOINE F.LUNET

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Avertissement : Cette approche, qui constitue un condensé de l' "Introduction à la Géographie Sacrée de Paris. Barque d'Isis" se veut un hommage à l'un de nos regrettés ami en Atlantis. Nous espérons, par cette synthèse, donner envie à ceux qui auront lu ces notes d'acquérir le livre de Jean Phaure qui, à notre connaissance, a fait l'objet d'une réédition realtivement récente. Nous ne tirons ici aucun profit, peut-être même nous exposons-nous à des poursuites. Nonobstant, nous connnaissions Jean Phaure et ce dernier était pour que la Tradition circule et qu'elle apporte un éveil salutaire aux hommes. Aussi lui était-il toujours agréable de citer, puis d'être cité, à condition que les guillemets entrent en ligne de compte. Ceci est chose faite. Bonne lecture.

 

 

LA CITE DE PARIS. BARQUE D'ISIS.

 

Paris

 

TROISIÈME EXTRAIT.

 

LE LOUVRE ET LES TUILERIES.

 

→ La statue équestre de Louis XV de Bouchardon était tournée vers comme il se doit. En 1790, elle est détruite et en octobre 1792 se dresse la guillotine, d’abord du côté des Tuileries puis des Champs-Elysées. Là aussi il y a « glissement » vers l’ouest ! ce qui devait devenir la place de la Concorde est le centre d’une croix formée par le decumanus, là où il sort du Paris monarchique, avec l’axe perpendicualire formé de part et d’autre de la Seine par l’église de la Madeleine (le Foi de Dieu) et le palais Boubon-Assemblée nationale (les lois des hommes). On peut aussi noter que le pont de la Concorde qui est le bras sud de cette croix a été achevé avec des pierres de la Bastille. Ce lieu est la Croix où s’est crucifiée la Monarchie au terme de son cycle « précessionnel » de 1296 ans (25920 ans/20). Après le Roi-Saint, il fallait le Roi martyr…En deux ans, 1719 têtes tombent dans ce lieu symbolique, dont celle du Roi le 21 janvier 1793 (il meurt tourné vers l’est), de la Reine le 16 octobre et du cousin du roi Philippe d’Orléans, « Philippe Egalité », le 06 novembre.

 

→ Et le forme même de cette place semblait porter ce symbolisme solaire et sacrificiel : c’est octogone (8) inscrit dans un rectangle (4) bâti sur 4 axes. Hittorf, au siècle dernier sembla avoir été inspiré de continuer cette arithmosophie traditionnelle puisqu’il fait installer les 8 statues des villes de France, qui font de la place une Rose des Vents, les 16 colonnes rostrales et les 32 rostres…marquant ainsi la progression numérique même qui préside au symbolisme solaire et créationnel de la rosace nord de Notre Dame…Remarquons que le Roi-martyr qui a été immolé sur cette place est le seizième Louis… (la Tour Foudroyée).

 

 


 


[1] Certains affirment que le mot Louvre dériverait du breton lovrez (léproserie). Si un tel édifice a effectivement existé à l’emplacement du Louvre il faudrait admettre qu’il est antérieur au VII ième siècle. Or ce n’est qu’au moment des croisades qu’il acquiert ce nom. On a le germanique leouar, lowaer qui a le sens d’emplacement fortifié, fort ou château. Mais il y a aussi le latin médiéval dans lequel Louvre était dit : Lupara ce qui rattacherait le site aux hommes-loups ou femmes-louvres expliquant ainsi la sacralisation primitive du lieu..

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Avertissement : Cette approche, qui constitue un condensé de l' "Introduction à la Géographie Sacrée de Paris. Barque d'Isis" se veut un hommage à l'un de nos regrettés ami en Atlantis. Nous espérons, par cette synthèse, donner envie à ceux qui auront lu ces notes d'acquérir le livre de Jean Phaure qui, à notre connaissance, a fait l'objet d'une réédition realtivement récente. Nous ne tirons ici aucun profit, peut-être même nous exposons-nous à des poursuites. Nonobstant, nous connnaissions Jean Phaure et ce dernier était pour que la Tradition circule et qu'elle apporte un éveil salutaire aux hommes. Aussi lui était-il toujours agréable de citer, puis d'être cité, à condition que les guillemets entrent en ligne de compte. Ceci est chose faite. Bonne lecture.

 

 

LA CITE DE PARIS. BARQUE D'ISIS.

 

Paris

 

DEUXIEME PARTIE.

 

LE GRAND AXE D'EAU ET DE LUMIÈRE.

 

Les rues de saint-Germain et de Normandie devinrent à l’Ouest la rue saint-Honoré et à l’est la rue Saint-Antoine, réunies par les rues de la Ferronnerie, des Lombards et de la Verrerie, qui sont parvenues jusqu’à nous. Un immense signe de croix était tracé sur le sol parisien, sur les axes desquels la ville allait se développer. Cet axe ouest-nord-ouest est-sud-est devait d’ailleurs acquérir une nouvelle force par son doublement au moment du 1er Empire par la rue de Rivoli.

 

Le decumanus parisien, caractérisé par les rues Saint-Antoine, Saint-Honoré et de Rivoli, toutes trois parallèles au cours de la Seine dans sa partie royale, a vu sa branche ouest promise après la renaissance au plus fastueux des destins, puisque André Le Nôtre la prolongeait dans l’axe du château des Tuileries, aujourd’hui disparu, et y dessinait les Champs-Elysées jusqu’à l’Etoile.

 

→ Si nous cheminons avec le Soleil, en entrant dans l’enceinte classique, celle des fermiers généraux, nous sommes accueillis au seuil de la place du Trône (actuelle place de la Nation), par les deux colonnes où sont juchés saint Louis et Philippe Auguste. A partir de ce point nous pouvons constater que toutes les statues placées au long du decumanus qui représente le pouvoir monarchique ou la Tradition sont tournés vers l’Est, l’orient, les Origines et que celle qui fêtent l’Utopie républicaine regardent vers l’Ouest, l’Occident et la fin du cycle. Beaucoup plus qu’une opposition entre « Bien » et « Mal », il s’agit ici de l’expression de complémentarité inhérente à la nature même du Temps qui s’écoule de l’Alpha à l’Oméga. 

 

→ Pénétrons dans le Paris médiéval par la place de la Bastille. Le génie de la Liberté qui trône au faite de la colonne de Juillet et qui est en fait un Mercure est lui aussi tourné vers l’Ouest. Ici a commencé le 14 juillet 1789 un processus eschatologique qui devait se déployer sur trois ans et demi. En effet, à l’autre porte de l’enceinte du vieux Paris, en la place Louis XV alors dite de la révolution avant d’être de la Concorde, devait être décapitée la Monarchie et déchiré le pacte de Reims vieux de 13 siècles. En effet, entre le 14 juillet 1789 et le 21 janvier 1793, il y a 3,5 ans qui sont représentatifs du 1 Temps, 2 Temps et ½ Temps du Cycle de Daniel. 

 

L’Hôtel de Ville brûlé par la Commune comme tant d’autres édifices le 24 mai 1871 et reconstruit de 1875 à 1882 est tourné lui aussi vers l’ouest et, disposition frappante, a sa façade dans le presque exact prolongement de celle de Notre Dame. C’est dans ces deux édifices placés de part et d’autre du bras nord de la Seine à proximité de la Grande Croisée que se sont déroulés la presque totalité des événements majeurs, glorieux ou pénitentiels, de l’histoire de Paris.

 

            A partir de l’Hôtel de Ville, le décumanus-Rivoli épouse exactement la direction du « cours royal » de la Seine et de la Nef de Notre-Dame de Paris tous deux inclinés de 26° sur le parallèle. En effet, dès l’Hôtel de Ville la rue de Rivoli est rigoureusement tracée parallèlement à l’axe des Tuileries, rendant explicite et précis ce qui ne l’est pas pour les rues des Lombards et Saint-Honoré.

 

            → Lorsque Charles V au XIV ième siècle quitte le Palais de la Cité pour le Louvre, la forteresse de Philippe Auguste qu’il fait aménager et embellir par Raymond du Temple, il ouvre en effet la fin du Moyen-Age et le début des Temps modernes ; il fait passer le siège du pouvoir royal de l’île sacrée des origines à cette Rive Droite qui représente l’expansion économique, la conquête matérielle. Ce que l’homme va perdre en dimension spirituelle il va le gagner en puissance sur le visible, et son amnésie le d’Essentiel va progresser...

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LA CITE DE PARIS. BARQUE D'ISIS.

 

  Paris.gif


1ère PARTIE.


 

Dans Lutèce, on trouve la racine indo européenne LOG-LIG dont le latin fera LUX-LUCIS la Lumière et chez les Celtes leur Dieu solaire LUG. Ce qui va devenir Paris est en effet dès les origines la « Ville Lumière » et d’abord par son plâtre, son gypse dont la blancheur était renommée et dont les carrières étaient encore exploitées à Montmartre le siècle dernier. (Pierre qui a servi à la construction du Colossal Sacré Cœur).

 

Le culte de la déesse épouse et mère Isis s’étendait du Proche-Orient à l’Ecosse et PAR ou BAR désigne une frontière et surtout une embarcation. Paris est donc étymologiquement la BARQUE D’ISIS, symboliquement le croissant de lune qui porte comme en Egypte et assure son cheminement de l’est à l’ouest pendant le jour et de l’ouest à l’est durant la nuit.

 

A Paris, la ville contient un CARDO, c'est-à-dire l’axe nord sud : la rue Saint Martin (1èr Apôtre des Gaules) sur la rive droite et Saint Jacques (Frère du Christ)  sur la rive gauche. Au centre de l’île de Lutèce devenu l’île de la Cité, ce « cardo », marquait et marque encore, par le fond du Parvis de Notre Dame et la rue de la Cité, la « frontière » entre l’est de l‘île, plus particulièrement voué au culte et l’ouest, siège des pouvoirs successifs des autorités celtes, romaines, puis française. Nous retrouvons dans toute la ville sacrée cet équilibre entre « l’Orient » sacerdotal et « l’Occident » seigneurial et juridique. Et encore aujourd’hui la Cathédrale siège toujours à la coupe de la Cité tandis que le Palais Royal de Justice occupe la proue.

 

Une des 22 églises de la Cité médiévale disparues au siècle dernier marquait cet axe frontière. C’était à une trentaine de mètres de l’actuelle Sainte-Chapelle élevée sous Saint-Louis au XIIIième siècle, l’église Saint-Michel du Palais qui devait donner son nom au pont voisin. L’Archange Lumière veillait ainsi au-dessus des eaux entre l’Evêque et le Roi.

 

Il existe donc une immense croix orientée, c'est-à-dire que la Seine qui constitue la branche « horizontale » (decumanus) de cette croix ; marque la direction des levers et couchers du Soleil à des moments bien précis du calendrier annuel. C’est une des raisons pour laquelle Paris (en tant que Barque d’Isis) est une ville prédestinée. En effet, le cours royal de la Seine, soit la partie du fleuve qui s’étend actuellement du Pont-Neuf au pont de la Concorde est naturellement incliné sur le parallèle est-ouest suivant un angle de 26° et les calculs montrent que cet axe –qui devait devenir aussi ceux de la nef de Notre Dame et des Tuileries-Champs Elysées – correspond, à la latitude de Paris (48°50 nord) ; au lever du Soleil les 2 février et les 11 novembre et à son coucher les 8 mai et 6 août… Le 2 février est la fête de la Purification et de la Présentation au Temple ; le 11 novembre est la saint Martin en mémoire de l’Apôtre des Gaules ; le 8 mai est la Saint Michel de printemps ; enfin le 6 août est la Transfiguration du Christ au Mont Thabor. Or ces dates qui signent très chrétiennement la Grande croisée de Paris ont marqué l’histoire de France : Prise d’Orléans par Jeanne de Lorraine le 8 mai 1429 ; et armistices des 11 novembre 1918 et 8 mai 1945.

 

Le cardo ou axe vertical de la croix, c'est-à-dire depuis le Moyen-Age, les rues Saint Jacques, de la Cité et Saint martin ont la même inclinaison sur le méridien de Paris que le cœur humain par rapport à l’axe du corps. L’axe nord-sud d’une ville orientée est d’ailleurs appelé en latin cardo, le cœur et tout Paris c’est surtout vrai pour la 1ère enceinte) celle de Philippe auguste au XIIIième siècle et le dernière celle de Thiers, à la forme d’un cœur.

L’axe est-ouest, le décumanus, est celui du « cours royal » de la Seine orienté de 26° par rapport au parallèle, celui du fleuve qui a donné naissance à Lutèce en sa coupe aux sept collines. Il coule de l’est vers l’ouest depuis le levant au couchant du Soleil dont il reflète la giration quotidienne. Il est la coupe-Graal dont le Soleil est l’Hostie.

 

Nous avons là une image d la Création, de la Croix Universelle dans laquelle l’axe horizontal de nature féminine représente la matéria-prima en attente, en puissance dans sa pénétration par l’axe vertical de nature masculine ; c’est pourquoi, comme en toute ville sacrée, l’axe équinoxial de « l’eau » est traversé par l’axe solsticial du « feu ».

 

Voilà pourquoi le decumanus d’Eau et de Feu est baptisé de deux saints fondateurs et sédentaires : l’Evêque d’Amiens saint Honoré et l’ermite au désert d’Egypte saint Antoine. Le cardo de Feu et d’Air porte le nom du martyr saint Jacques, pèlerin de la Lumière de Compostelle (le champ de l’Etoile ou le compost alchimique et sacré) dont la coquille (la mérelle) représente le Feu créateur, du Soleil levant, du Soleil des origines ; et c’est pourquoi la partie nord de ce cardo porte le nom de l’évangélisateur saint Martin lié au Feu chevaleresque aussi bien par l’étymologie de son nom (le dieu de la guerre Mars) que par sa fonction d’officier romain.

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III ième PARTIE

L'EMBLEME DU DAUPHIN. dauphine

 

Nous avons a dessein laissé de côté, dans le double exposé qui précède, l'étude des rapports entre le nom ou titre de Dauphin et l'emblème héraldique gravé sur l'écu des comtes de Vienne et d'Auvergne. Il est, en effet, impossible d'admettre avec Chorier que le surnom de Dauphin ait été donné aux comtes d'Albon à cause du dauphin peint sur leurs armes, et il est, au contraire, indiscutablement établi que le nom a précédé l'emblème et lui a donné naissance.

C'est ce que nous démontrerons clairement en fixant l'époque à laquelle le dauphin remplaça dans les sceaux le lion des comtes du Forez, le gon&non d'Auvergne et les tours de la maison d'Albon.

On sait que les comtes du Forez de la deuxième race se rattachent aux comtes d'Albon par le mariage d'Ide Raimonde, fille d'Artaud V (1), avec Guigue-Raimond, fils de Guigue le Vieux, comte d'Albon et frère de Guigue le Gras. Ide Raimonde succéda à ses neveux Guillaume et Eustache en 1107. De son mariage avec Guigue-Raimond elle laissa un fils, nommé Guigue, qui fut la souche de la seconde race des comtes du Forez.

A la famille d'Albon, les nouveaux comtes du Forez empruntèrent d’abord leur nom de Guigne, puis leurs armes le dauphin.

A quelle époque prirent-ils le dauphin! S'il fallait en croire La Mure et l'Art de vérifier les dates, ce serait Guigne 1er (1109-1137) qui l'aurait adopté. Comme ils n'en fournissent pas la preuve, nous ne pouvons accepter cette déclaration. Mais on connaît une monnaie et un sceau de Guigne V (1203-1841) qui portent l'effigie du dauphin. Il est donc permis de faire remonter au commencement du XIIIième siècle l'introduction du dauphin dans les armes des comtes du Forez.

C'est précisément à cette époque que Dauphin, comte de Clermont, souche des dauphins d'Auvergne, abandonne le gon&non des comtes d'Auvergne, ses ancêtres, pour prendre des armes parlantes. La collection sigillographique des Archives nationales possède un sceau de ce prince, appendu à un acte de 1199, dont le contre-sceau reproduit l'empreinte d'un dauphin avec cette légende « Sigillum Delfini (2). Ce dauphin est conservé par les successeurs de ce comte.

En Dauphiné, on ne connaît pas de sceaux à l'effigie du dauphin avant l'année 1837. Le sceau d'André-Dauphin (1198-1237), contemporain de Guigue V, comte du Forez, et de Dauphin, comte de Clermont, reproduit au droit un cavalier galopant, dont le bouclier est placé de telle sorte qu'il est impossible de voir l'emblème qui y est figuré, et, au revers, les trois tours qui symbolisent la ville de Vienne. Guigne VI, fils d'André-Dauphin, est, d'après tous les historiens, le premier qui ait adopté le dauphin dans ses armes. Il le prend dès l'année même de son avènement.

Aux archives d'Embrun se trouve un sceau de ce prince appendu à un acte du 2 décembre 1237 (3), ou il est représenté à cheval, l'épée haute, et portant un grand bouclier sur lequel est figuré un dauphin. De la même date est un sceau de la cour comtale d'Embrun, à l'effigie du dauphin, signalé depuis longtemps par M. Joseph Roman dans sa Sigillographie d’Embrun (4). Enfin, on possède un sceau secret de Guigne VI, de l'année 1259, qui porte l'écu au dauphin vif avec cette légende « S. Secretum G. Dalphini (5). »

On serait donc amené à conclure que le dauphin a paru en Auvergne et en Forez bien longtemps avant d'être adopté en Dauphiné. Cette conclusion me semble difficile à admettre. Il est évident, en effet, que les comtes du Forez, qui ne portaient pas le nom de Dauphin et qui descendaient d'un comte d'Albon antérieur de trois générations à Guigne IV Dauphin, n'ont pas inventé ces armes et qu'ils ont dû les emprunter. Ils les ont empruntées, cela est bien vraisemblable, à leurs parents et voisins les comtes de Clermont, qui les portaient en 1199. Pourquoi le comte André-Dauphin, qui eut d'assez fréquentes relations avec son cousin Dauphin d'Auvergne, ne lui aurait-il pas fait le même emprunt ?

Le sceau de la cour comtale d'Embrun, daté de 1237, l'année même de la mort d'André, ne prouve-t-il pas que ce prince avait,  lui aussi, introduit le dauphin dans ses armes? Pour que l'emblème du dauphin fut donné comme sceau a une juridiction delphinale, fondée par André-Dauphin, il fallait que, pour les populations, cet emblème représentât clairement les armes du seigneur haut-justicier. Avant de donner cet écu à sa cour comtale d'Embrun, André-Dauphin avait du s'en servir lui-même. On objectera que nous possédons le grand sceau d'André et que le dauphin n'y figure pas. Cela est vrai, mais peut-être cela tient-il à la disposition spéciale du bouclier qui ne nous permet pas de voir l'emblème qui y est gravé. Et puis nous ne possédons pas le sceau secret d'André-Dauphin qui nous révélerait cet emblème comme le sceau secret de Guigne VI reproduit le dauphin gravé sur son bouclier. Or, c'est sur les sceaux secrets des comtes de Clermont, c'est sur les contre-sceaux des comtes du Forez que le dauphin a d'abord pris place. Comme ces princes, ses contemporains, André-Dauphin devait avoir un sceau secret. De ce que nous n'en possédons plus aucun exemplaire, sommes-nous en droit de conclure qu'il n'a pas existé ?

Les chartriers dauphinois, pour des raisons multiples qu'il serait trop long d'expliquer ici, sont très pauvres en monuments sigillographiques. Ces délicates médailles de cire ont disparu de presque tous nos anciens actes, brisées par des mains ignorantes ou ravies par des mains trop expertes. C'est un fait regrettable qu'ont pu constater tous ceux qui ont fouillé les divers dépôts d'archives du Dauphiné. Il n'y a donc rien d'étonnant à ce qu'on ne retrouve pas d'exemplaire du sceau secret d'André-Dauphin mais c'est une raison de plus pour n'en pas mettre en doute l'existence, alors surtout que tant d'autres arguments semblent la démontrer.

Ma conviction personnelle est que le dauphin figurait sur le sceau secret d'André-Dauphin dès le commencement du XIIIième  siècle.

André l'a-t-il emprunté à son cousin le comte de Clermont ou le lui a-t-il fourni Il est bien difficile de se prononcer sur ce point, alors surtout que les sceaux delphinaux d'André ne nous sont pas parvenus. Toutefois, il me paraît plus logique d'admettre que c'est Dauphin d'Auvergne qui l'a inventé (6). Dépouillé de ses états par son oncle Guillaume VIII et chef d'une dynastie nouvelle, il ne pouvait plus porter le gonfanon d'Auvergne. Il le remplaça par le dauphin, qui lui faisait des armes parlantes. André-Dauphin n'était pas dans le même cas aussi garda-t-il les armes de ses ancêtres maternels, mais, comme il portait, lui aussi, le nom de Dauphin, il adopta à son tour le « noble et fier poisson, » ainsi que rappellent les légendes de nos vieux jetons, et le plaça sur son sceau secret comme une sorte de signature emblématique.

C'est l'écu de ce sceau secret que nous retrouvons en 1237 sur le sceau de la cour comtale d'Embrun.

Et ainsi je me crois en droit de conclure que l'emblème du dauphin a paru presque simultanément vers la fin du XIIième  siècle et le commencement du XIIIième en Auvergne, en Forez et en Dauphiné, et qu'il est très probable que c'est en Auvergne qu'il fit sa première apparition.

 

CONCLUSION.

 

Résumant maintenant mes conclusions partielles, je dirai en Auvergne comme en Dauphiné, Delphinus est d'abord un prénom, puis un nom patronymique, puis un titre de dignité. Il prend définitivement ce dernier sens, dans les deux pays, a la fin du XIIIième siècle, vers l'année 1282, qui correspond à l'avènement de Robert III en Auvergne et d'Humbert 1er en Dauphiné. A la même époque apparait pour la première fois le mot Delphinatus.

Quant à l'emblème du dauphin, il n'apparaît dans les sceaux qu'environ un siècle après l'époque on Guigne IV est mentionné pour la première fois avec le nom de Dauphin. C'est Dauphin, comte de Clermont, qui l'adopta le premier à la fin du XIIième  siècle. Guigne V, comte du Forez, et André-Dauphin, comte de Vienne et d'Albon, le lui empruntent communément du XIIIième siècle.

 

 

(1). J'adopte Ici la numérotation de l’Art de vérifier les dates et de La Mure, mais je crois que la liste des comtes du Forez, donnée par ces auteurs, est fautive. Si j'en avais le loisir, je démontrerais qu'Artaud V doit se confondre avec Artaud IV et que Vuidelin, comme semblent l'avoir compris les  nouveaux éditeurs de l'histoire des comtes du Fores, doit être confondu avec Guillaume III. Vuidelinus n'est en effet connu que par une seule charte du Cartulaire de Savigny datée de 1078. Comme dans d'autres actes à peu près contemporain, le comte du Forez est appelé Guillaume, il n'est pas malaisé de deviner que Vuidelimus a été crée par une faute du scribe qui a écrit Vuidelinus au lieu de Vuillelmus. Je me borne à signaler cette rectification, qui pourrait être aisément justifiée, à l'attention des historiens du Forez. (2). Douët d'Arcq, Inventaire des sceaux des Archives nationales, t. I, p. 327. (3). Je dois la connaissance de ce sceau à M. Joseph Roman, qui a bien voulu, et je l’en remercie, -- me faire profiter de ses connaissances sigillographiques si étendues et si sûres. (4). P. 109, n° 36. (5). Valb. I, p. 374. (6). Cette conclusion est élément celle de M. J. Roman dans l'article sur l’ancienneté des monnaies des dauphins du Viennois, que J'ai cité précédemment. Dans cet article, M. Roman fixe à tort à l'année 1236 la mort d'André-Dauphin qu’il appelle Guigne-André. Ce prince a constamment suivi dans la chronologie de ses actes les règles du style florentin. Or, son testament est daté du 4 mars 1236 (1237 nouveau style). M. Roman se trompe encore en mettant en doute l’alliance qui unissait les dauphins d'Auvergne à ceux du Viennois. Ce fait historique a été péremptoirement établi par tous les historiens de l'Auvergne et, en particulier, par Baluze.

 

 

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