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L'Avènement du Grand Monarque

L'Avènement du Grand Monarque

Révéler la Mission divine et royale de la France à travers les textes anciens.

Publié le par Rhonan de Bar

HOMMAGE A MONSIEUR GONZAGUE SAINT BRIS

Du monde invisible et d'aurore
Où me guidaient les anges pieux,
Qui viendra me rouvrir les yeux?
Voici le jour. Je rêve encore!

RHONAN DE BAR

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Publié le par Rhonan de Bar
Publié dans : #ARCHITECTURE.

ESSAI SUR L'ARCHITECTURE MILITAIRE

PAR M. VIOLLET-LE-DUC ARCHITECTE DU GOUVERNEMENT

INSPECTEUR―GÉNÉRAL DES ÉDIFICES DIOCÉSAINS

EXTRAIT DU DICTIONNAIRE RAISONNÉ DE L'ARCHITECTURE FRANÇAISE DU XIe AU XVIe SIÈCLE.

ESSAI SUR L'ARCHITECTURE MILITAIRE DU MOYEN AGE

Écrire une histoire générale de l'art de la fortification depuis l'antiquité jusqu'à nos jours est un des beaux sujets livrés aux recherches des archéologues, et nous ne devons pas désespérer de le voir entreprendre mais on doit convenir qu'un pareil sujet exigerait des connaissances très-variées, car il faudrait réunir à la science de l'historien la pratique de l'art de l'architecte et de l'ingénieur militaire. Il est difficile de se rendre un compte exact d'un art oublié quand on ignore l'art pratiqué dans le temps présent et pour qu'un ouvrage de la nature de celui que nous espérons voir entreprendre fût complet, il faudrait qu'il fût fait par un homme à la fois versé dans l'art moderne de la défense des places, architecte et archéologue. Nous ne sommes point ingénieur militaire, à peine archéologue, ce serait donc une grande présomption de notre part de vouloir donner ce résumé autrement que comme un essai, une étude de l'une des phases de l'art de la fortification, comprise entre l'établissement du pouvoir féodal et l'adoption du système de la fortification régulière opposée à l'artillerie à feu. Peut-être cet essai, en soulevant le voile qui couvre encore une des branches de l'art de l'architecture du moyen âge, déterminera-t-il quelques-uns de nos jeunes officiers du génie militaire à se livrer à une étude qui ne pourrait manquer d'avoir un grand intérêt, peut-être même un résultat utile et pratique car il y a toujours quelque chose à gagner à connaître les efforts tentés par ceux qui nous ont précédés dans la voie, à suivre la marche du travail de l'homme depuis ses premiers et informes essais jusqu'aux plus remarquables développements de son intelligence et de son génie. Voir comment les autres ont vaincu avant nous les difficultés dont ils étaient entourés, est un moyen d'apprendre à vaincre celles qui se présentent chaque jour et dans l'art de la fortification où tout est problème à résoudre, calcul, prévision, où il ne s'agit pas seulement de lutter avec les éléments et la main du temps comme dans les autres branches de l'architecture, mais de se prémunir contre la destruction intelligente et combinée de l'homme, il est bon, nous le croyons, de savoir comment, dans les temps antérieurs, les uns ont appliqué toutes les forces de leur esprit, leur puissance matérielle à détruire, les autres à préserver. Lorsque les barbares firent irruption dans les Gaules, beaucoup de villes possédaient encore leurs fortifications gallo-romaines; celles qui n'en étaient point pourvues se hâtèrent d'en élever avec les débris des monuments civils. Ces enceintes successivement forcées et réparées, furent longtemps les seules défenses des cités, et il est probable qu'elles n'étaient point soumises à des dispositions régulières et systématiques, mais qu'elles étaient construites fort diversement, suivant la nature des lieux, des matériaux, ou d'après certaines traditions locales que nous ne pouvons apprécier aujourd'hui, car de ces enceintes il ne nous reste que des débris, des soubassements modifiés par des adjonctions successives.

Les Visigoths s'emparèrent, pendant le v' siècle, d'une grande partie des Gaules leur domination s'étendit sous Vallia de la Narbonnaise à la Loire. Toulouse demeura quatre-vingt-neuf ans la capitale de ce royaume, et pendant ce temps la plupart des villes de la Septimanie furent fortifiées avec grand soin, et eurent à subir des sièges fréquents. Narbonne, Béziers, Agde, Carcassonne, Toulouse furent entourées de remparts formidables, construits d'après les traditions romaines des bas temps, si l'on en juge par les portions importantes d'enceintes qui entourent encore la cité de Carcassonne. Les Visigoths, alliés des Romains, ne faisaient que perpétuer les arts de l'empire, et cela avec un certain succès. Quant aux Francs, ils avaient conservé les habitudes germaines, et leurs établissements militaires devaient ressembler à des camps fortifiés, entourés de palissades, de fossés et de quelques talus de terre. Le bois joue un grand rôle dans les fortifications des premiers temps du moyen âge. Et si les races germaines, qui occupèrent les Gaules, laissèrent aux Gallo-Romains le soin d'élever des églises, des monastères, des palais et des édifices publics, ils durent conserver leurs usages militaires en face du peuple conquis. Les Romains eux-mêmes, lorsqu'ils faisaient la guerre sur des territoires couverts de forêts, comme la Germanie et la Gaule, élevaient souvent des remparts de bois, sortes de logis avancés en dehors des camps, ainsi qu'on peut le voir dans les bas-reliefs de la colonne Trajane (FIG 1). Dès l'époque de César, les Celtes, lorsqu'ils ne pouvaient tenir la campagne, mettaient les femmes, les enfants et ce qu'ils possédaient de plus précieux à l'abri des attaques de l'ennemi, derrière des fortifications faites de bois, de terre et de pierre. « Ils se servent, dit César dans ses Commentaires, de pièces de bois droites dans toute leur longueur, les couchent à terre parallèlement, les placent à une distance de deux pieds l'une de l'autre, les fixent transversalement par des troncs d'arbre, et remplissent « de terre les vides. Sur cette première assiette ils posent une  assise de gros fragments de rochers formant parement extérieur, et lorsque ceux-ci sont bien joints, ils établissent un nouveau radier de bois disposé comme le premier, de façon que les rangs de bois ne se touchent point et ne portent que sur les assises de rochers interposées. L'ouvrage est ainsi  monté à hauteur convenable. Cette construction, par la « variété de ses matériaux, composée de bois et de pierres formant des assises régulières, est bonne pour le service et la défense des places, car les pierres qui la composent empêchent les bois de brûler, et les arbres ayant environ quarante pieds de long, liés entre eux dans l'épaisseur de la muraille, résistent aux efforts du bélier et ne peuvent être rompus ou « désassemblés que très-difficilement[1]. »

César rend justice à la façon industrieuse dont les Gaulois de son temps établissaient leurs défenses et savaient déjouer les efforts des assaillants lorsqu'il fait le siège d'Avarique (Bourges). « Les Gaulois, dit-il, opposaient toutes sortes de ruses à la merveilleuse constance de nos soldats l'industrie de cette nation imite parfaitement tout ce qu'elle voit faire. Ils détournaient nos faux avec des lacets, et lorsqu'ils les avaient accrochées, ils les tiraient en dedans de leurs murs avec des machines. Ils faisaient effondrer nos chaussées (de contrevallation) par les mines qu'ils conduisaient au-dessous d'elles ; travail qui leur est familier, à cause des nombreuses mines de fer dont leur pays abonde. Ils avaient de tous côtés garni leurs murailles, de tours recouvertes de cuir. Nuit et jour ils faisaient des  sorties, mettaient le feu à nos ouvrages, ou attaquaient nos travailleurs. A mesure que nos tours s'élevaient avec nos remparts, ils élevaient les leurs au même niveau, au moyen de poutres qu'ils liaient entre elles.[2] »

Les Germains établissaient aussi des remparts de bois couronnés de parapets d'osier. La colonne Antonine, à Rome, nous donne un curieux exemple de ces sortes de redoutes de campagnes  (FIG 2).

Mais ce n'étaient la probablement que des ouvrages faits à la hâte. On voit ici l'attaque de ce fort par les soldats romains. Les fantassins, pour pouvoir s'approcher du rempart, se couvrent de leurs boucliers et forment ce que l'on appelait la tortue appuyant le sommet de ces boucliers contre le rempart, ils pouvaient saper sa base ou y mettre le feu à l'abri des projectiles [3]. Les assiégés jettent des pierres, des roues, des épées, des torches, des pots à feu sur la tortue, et des soldats romains, tenant des tisons enflammés, semblent attendre que la tortue se soit approchée complétement du rempart pour passer sous les boucliers et incendier le fort. Dans leurs camps retranchés, les Romains, outre quelques ouvrages avancés construits en bois, plaçaient souvent, le long des remparts, de distance en distance, des échafaudages de charpente qui servaient soit à placer des machines destinées à lancer des projectiles, soit de tours de guet pour reconnaître les approches de l'ennemi. Les bas-reliefs de la colonne Trajane présentent de nombreux exemples de ces sortes de constructions ( FIG 3).

Ces camps étaient de deux sortes il y avait les camps d'été, castra aestiva, logis purement provisoires, que l'on élevait pour protéger les haltes pendant le cours de la campagne, et qui ne se composaient que d'un fossé peu profond et d'un rang de palissades plantées sur une petite escarpe; puis les camps d'hiver ou fixes, castra hiberna, castra stativa, qui étaient défendus par un fossé large et profond, par un rempart de terre gazonnée ou de pierre flanqué de tours le tout était couronné de parapets crénelés ou de pieux reliés entre eux par des longrines ou des liens d'osier. L'emploi des tours rondes ou carrées dans les enceintes fixes des Romains était général, car, comme le dit Végèce, « les anciens trouvèrent que l'enceinte d'une place ne devait point être sur une même ligne continue, à cause des béliers qui battraient trop aisément en brèche; mais par le moyen des tours placées dans le rempart assez près les unes des autres leurs murailles présentaient des parties saillantes et rentrantes. Si les ennemis veulent appliquer des échelles, ou approcher des machines contre une muraille de cette construction, on les voit de front, de revers et presque par derrière; ils sont comme enfermés au milieu des batteries de la place qui les foudroient.» Dès la plus haute antiquité, l'utilité des tours avait été reconnue afin de permettre de prendre les assiégeants en flanc lorsqu'ils voulaient battre les courtines. Les camps fixes des Romains étaient généralement quadrangulaires, avec quatre portes percées dans le milieu de chacune des faces; la porte principale avait nom prétorienne, parce qu'elle s'ouvrait en face du prœtorium, demeure du général en chef; celle en face s'appelait décumane; les deux latérales étaient désignées ainsi principalis dextra et principalis sinistra. Des ouvrages avancés, appelés antemuralia, procastria, défendaient ces portes[4]'. Les officiers et les soldats logeaient dans des huttes en terre, en brique ou en bois, recouvertes de chaume ou de tuiles. Les tours étaient munies de machines propres à lancer des traits ou des pierres. La situation des lieux modifiait souvent cette disposition quadrangulaire, car, comme l'observe judicieusement Vitruve à propos des machines de guerre (chap. XXII) : « Pour ce qui est des moyens que les assiégés peuvent employer pour se défendre, cela ne se peut écrire. »

La station militaire de Famars, en Belgique (Fanum Martis), donnée dans l'Histoire de l'architecture en Belgique, et dont nous reproduisons ici le plan (FIG 4), présente une enceinte dont la disposition ne se rapporte pas aux plans ordinaires des camps romains il est vrai que cette fortification ne saurait être antérieure au IIIe siècle[5]

Quant au mode adopté par les Romains dans la construction de leurs fortifications de villes, il consistait en deux forts parements de maçonnerie séparés par un intervalle de vingt pieds le milieu était rempli de terre provenant des fossés et de blocaille bien pilonnées, et formant un chemin de ronde légèrement incliné du côté de la ville pour l'écoulement des eaux la paroi extérieure s'élevait au-dessus du chemin de ronde, était épaisse et percée de créneaux; celle intérieure était peu élevée au-dessus du sol de la place, de manière à rendre l'accès des remparts facile au moyen d'emmarchements ou de pentes douces[6] ( FIG 5).

 


[1] Cæs. De Bello gall., lib. VII, cap. XXIII[2] Cæs. De Bello gall., lib. VII, cap. XXII[3] Ces boucliers, en forme de portion de cylindre, étaient réserves pour ce genre d'attaque. [4] Godesc. Stewechii Conject. ad Sexti Jul. Frontini lib. Stragem. Lugd. Batav., 1592, in-12, p. 465. [5] Voy. Hist. de l'archit. en Belgique, par A. G. B. Schayes, t I, p. 203 Bruxelles).[6] Végèce, Jib. IV, cap. m, tit. Qnemadmodum muris terra jungatur egesta.

L'enceinte visigothe de la cité de Carcassonne nous a conservé des dispositions analogues et qui rappellent celles décrites par Végèce. Le sol de la ville est beaucoup plus élevé que celui du dehors et presque au niveau des chemins de ronde. Les courtines, fort épaisses, sont composées de deux parements de petit appareil cubique, avec assises alternées de brique le milieu est rempli non de terre, mais de blocage façonné à la chaux. Les tours s'élevaient au-dessus des courtines et leur communication avec celles-ci pouvait être coupée, de manière à faire de chaque tour un petit fort indépendant; à l'extérieur ces tours sont cylindriques, et du côté de la ville elles sont carrées leur souche porte également du côté de la campagne sur une base cubique. Nous donnons ici (FIG 6) le plan d'une de ces tours avec les courtines A est le plan du rez-de-chaussée, B le plan du premier étage au niveau des chemins de ronde.

On voit en C et en D les deux fosses pratiquées en avant des portes de la tour afin d'intercepter, lorsqu'on enlevait les ponts de bois, la communication entre la ville ou les chemins de ronde et les étages des tours. On accédait du premier étage à la partie supérieure crénelée de la tour par un escalier en bois intérieur posé le long du mur plat. Le sol extérieur étant beaucoup plus bas que celui de la ville, le rez-de-chaussée de la tour était en contre-bas du terre-plein de la cité, et on y descendait par un emmarchement de dix à quinze marches. La figure (6 bis) fait voir la tour et ses deux courtines du côté de la ville, les ponts de communication sont supposés enlevés. L'étage supérieur crénelé est couvert par un comble et ouvert du côté de la ville, afin de permettre aux défenseurs de la tour de voir ce qui s'y passe, et aussi pour permettre de monter des pierres et toutes sortes de projectiles au moyen d'une corde et d'une poulie[8].

La figure (FIG 6 ter) montre cette même tour du côté de la campagne nous y avons joint une poterne[9] dont le seuil est assez élevé au-dessus du sol pour qu'il faille un escalier volant ou une échelle pour y accéder. La poterne se trouve défendue, suivant l'usage, par une palissade ou barrière chaque porte ou poterne était munie de ces sortes d'ouvrages.

Conformément à la tradition du camp fixe romain, l'enceinte des villes du moyen âge renfermait un château ou au moins un réduit qui commandait les murailles; le château lui-même contenait une défense isolée plus forte que toutes les autres qui prit le nom de Donjon. Souvent les villes du moyen âge étaient protégées par plusieurs enceintes, ou bien il y avait la cité qui, située sur le point culminant, était entourée de fortes murailles et, autour, des faubourgs défendus par des tours et courtines ou de simples ouvrages en terre ou en bois avec fossés. Lorsque les Romains fondaient une ville, ils avaient le soin, autant que faire se pouvait, de choisir un terrain incliné le long d'un fleuve ou d'une rivière. Quand l'inclinaison du terrain se terminait par un escarpement du côté opposé au cours d'eau, la situation remplissait toutes les conditions désirables et pour nous faire mieux comprendre par une figure, voici (FIG 7) le plan cavalier d'une assiette de ville romaine conforme à ces données.

A était la ville avec ses murs bordés d'un côté par la rivière; souvent un pont, défendu par des ouvrages avancés, communiquait à la rive opposée. En B était l'escarpement qui rendait l'accès de la ville difficile sur le point où une armée ennemie devait tenter de l'investir D le château dominant tout le système de défense, et le refuge de la garnison dans le cas où la ville tombait aux mains des ennemis. Les points les plus faibles étaient alors les deux fronts CC, et c'est là que les murailles étaient hautes, bien flanquées de tours et protégées par des fossés larges et profonds, quelquefois aussi par des palissades, particulièrement en avant des portes. La position des assiégeants, en face de ces deux fronts, n'était pas très-bonne d'ailleurs, car une sortie les prenant de flanc, pour peu que la garnison fut brave et nombreuse, pouvait les culbuter dans le fleuve. Dans 'le but de reconnaître les dispositions des assiégeants, aux angles EE étaient construites des tours fort élevées, qui permettaient de découvrir au loin les rives du fleuve en aval et en amont, et les deux fronts CC. C'est suivant ces données que les villes d'Autun, de Cahors, d'Auxerre, de Poitiers, de Bordeaux, de Langres, etc., avaient été fortifiées à l'époque romaine. Lorsqu'un pont réunissait, en face le front des murailles, les deux rives du fleuve, alors ce pont était défendu par une tête de pont G du côté opposé à la ville ces têtes de pont prirent plus ou moins d'importance elles enveloppèrent des faubourgs tout entiers, ou ne furent que des châtelets, ou de simples barbacanes. Des estacades et des tours en regard, bâties des deux côtés du fleuve en amont, permettaient de barrer le passage et d'intercepter la navigation en tendant, d'une tour à l'autre, des chaînes ou des pièces de bois attachées bout à bout par des anneaux de fer. Si, comme à Rome même, dans le voisinage d'un fleuve, il se trouvait une réunion de mamelons, on avait le soin, non d'envelopper ces mamelons, mais de faire passer les murs de défense sur leurs sommets, en fortifiant avec soin les intervalles qui, se trouvant dominés des deux côtés par des fronts, ne pouvaient être attaqués sans de grands risques. A cet effet, entre les mamelons, la ligne des murailles était presque toujours infléchie et concave, ainsi que l'indique le plan cavalier [10] (FIG 8) de manière à flanquer les vallons.

 

Mais si la ville occupait un plateau (et alors elle n'était généralement que d'une médiocre importance) on profitait de toutes les saillies du terrain en suivant ses sinuosités, afin de ne pas permettre aux assiégeants de s'établir au niveau du pied des murs, ainsi qu'on peut le voir à Langres et à Carcassonne, dont nous donnons ici (FIG 9) l'enceinte visigothe, nous pourrions dire romaine, puisque quelques-unes de ses tours sont établies sur des souches romaines. Dans les villes antiques, comme dans la plupart de celles élevées pendant le moyen âge, et comme aujourd'hui encore, le château, castellum[11], était bâti non-seulement sur le point le plus élevé, mais encore touchait toujours à un côté de l'enceinte, afin de ménager à la garnison les moyens de recevoir des secours du dehors si la ville était prise.

Les entrées du château étaient protégées par des ouvrages avancés qui s'étendaient souvent assez loin dans la campagne, de façon à laisser entre les premières barrières et les murs du château un espace libre, sorte de place d'armes qui permettait à un corps de troupes de camper en dehors des enceintes fixes, et de soutenir les premières attaques. Ces retranchements avancés étaient généralement élevés en demi-cercles composés de fossés et de palissades les portes étaient alors ouvertes latéralement, de manière à obliger l'ennemi qui voulait les forcer de se présenter de flanc devant les murs de la place. Si du IVe au Xe siècle le système défensif de la fortification romaine s'était peu modifié, les moyens d'attaque avaient nécessairement perdu de leur valeur; la mécanique jouait un grand rôle dans les sièges des places, et cet art n'avait pu se perfectionner ni même se maintenir, sous la domination des conquérants barbares, au niveau où les Romains l'avaient placé. Les Romains étaient fort habiles dans l'art d'attaquer les places, et ils déployaient dans ces circonstances, comme en toutes choses, une puissance de moyens dont nous avons de la peine à nous faire une idée. Leur organisation militaire était d'ailleurs on ne peut plus favorable à la guerre de sièges toutes leurs troupes pouvaient au besoin être converties en pionniers, terrassiers, mineurs, charpentiers, maçons, etc., et une armée assiégeante travaillait en masse aux approches, aux terrassements, aux murs de contrevallation, en même temps qu'elle se gardait et attaquait. Cela explique comment des armées romaines, comparativement peu nombreuses, menaient à fin des sièges pendant lesquels il avait fallu faire de gigantesques travaux. Lorsque le lieutenant C. Trébonius fut laissé par César au siège de Marseille, les Romains durent élever des ouvrages considérables pour réduire la ville qui était forte et bien munie. L'un de leurs travaux d'approches est d'une grande importance nous donnons ici la traduction du passage des Mémoires de César qui le décrit, en essayant de la rendre aussi claire que possible. « Les légionnaires, qui dirigeaient la droite des travaux, jugèrent qu'une tour de briques, élevée au pied de la muraille (de la ville), pourrait leur être d'un grand secours contre les fréquentes sorties des ennemis, s'ils parvenaient à en faire une bastille ou un réduit. Celle qu'ils avaient faite d'abord était petite, basse elle leur servait cependant de retraite. Ils s'y défendaient contre des forces supérieures, ou en sortaient pour repousser et pour suivre l'ennemi. Cet ouvrage avait trente pieds sur chaque côté, et l'épaisseur des murs était de cinq pieds on reconnut bientôt (car l'expérience est un grand maître) qu'on pourrait au moyen de quelques combinaisons tirer un grand parti de cette construction, si on lui donnait l'élévation d'une tour. Lorsque la bastille eut été élevée à la hauteur d'un étage, ils (les Romains) placèrent un plancher composé de solives -dont les extrémités étaient masquées par le parement extérieur de la maçonnerie, afin que le feu lancé par les ennemis ne pût s'attacher à aucune partie saillante de la charpente. Au-dessus de ce plancher ils surélevèrent les murailles de brique autant que le permirent les parapets et les mantelets sous lesquels ils étaient à couvert alors à peu de distance de la crête des  murs ils posèrent deux poutres en diagonale pour y placer le plancher destiné à devenir le comble de la tour. Sur ces deux poutres ils assemblèrent des solives transversales comme une enrayure, et dont les extrémités dépassaient un peu le parement extérieur de la tour, pour pouvoir suspendre en dehors des gardes destinées à garantir les ouvriers occupés à la construction du mur. Ils couvrirent ce plancher de briques et d'argile pour qu'il fût à l'épreuve du feu, et étendirent dessus des couvertures grossières, de peur que le comble ne fût brisé par les projectiles lancés par les machines, ou que les pierres envoyées par les catapultes ne pussent fracasser les briques. Ils façonnèrent ensuite trois nattes avec des câbles servant aux ancres des vaisseaux, de la longueur de chacun des côtés de la tour et de la hauteur de quatre pieds, et les attachèrent aux extrémités extérieures des solives (du comble), le long des murs, sur les trois côtés battus par les ennemis. Les soldats avaient souvent éprouvé, en d'autres circonstances, que cette sorte de garde était la seule qui offrît un obstacle impénétrable aux traits et aux projectiles lancés par les machines. Une partie de la tour étant achevée et mise à l'abri de toute insulte, ils transportèrent les mantelets dont ils s'étaient servis sur d'autres points des ouvrages d'attaque. Alors, s'étayant sur le premier plancher, ils commencèrent à soulever le toit entier, tout d'une pièce, et l'enlevèrent fi une hauteur suffisante pour que les nattes de câbles pussent encore masquer les travailleurs. Cachés derrière cette garde, ils construisaient les murs en brique, puis élevaient encore le toit, et se donnaient ainsi l'espace nécessaire pour monter peu à peu leur construction. Quand ils avaient atteint la hauteur d'un nouvel étage, ils faisaient un  nouveau plancher avec des solives dont les portées étaient toujours masquées par la maçonnerie extérieure et de là ils continuaient à soulever le comble avec ses nattes. C'est ainsi que, sans courir de dangers, sans s'exposer a aucune « blessure, ils élevèrent successivement six étages. On laissa des meurtrières aux endroits convenables pour y placer des machines de guerre.

«Lorsqu'ils furent assurés que de cette tour ils pouvaient défendre les ouvrages qui en étaient voisins, ils commencèrent à construire un rat (musculus[12]), long de soixante pieds, avec des poutres de deux pieds d'équarrissage, qui du rez-de-chaussée de la tour les conduiraient à celle des ennemis et aux murailles. On posa d'abord sur le sol deux sablières d'égale longueur, distantes l'une de l'autre de quatre pieds on assembla dans des mortaises faites dans ces poutres des poteaux de cinq pieds de hauteur. On réunit ces poteaux par des traverses en forme de frontons peu aigus pour y placer les pannes destinées à soutenir la couverture du rat. Par-dessus on posa des chevrons de deux pieds d'équarrissage, reliés avec des chevilles et des bandes de fer. Sur ces chevrons on cloua des lattes de quatre doigts d'équarrissage, pour soutenir les briques formant couverture. Cette charpente ainsi ordonnée, et les sablières portant sur des traverses, le tout fut recouvert de brique et a d'argile détrempée, pour n'avoir point à craindre le feu qui serait lancé des murailles. Sur ces briques on étendit des cuirs, afin d'éviter que l'eau dirigée dans des canaux par les assiégés ne vînt à détremper l'argile pour que les cuirs ne pussent être altérés par le feu ou les pierres, on les couvrit de matelas de laine. Tout cet ouvrage se fit au pied de la tour, à l'abri des mantelets, et tout à coup, lorsque les Marseillais s'y attendaient le moins, à l'aide de rouleaux usités dans la marine, le rat fut poussé contre la tour de la ville, de manière à joindre son pied.

 

[7] Annales de la ville de Toulouse, Paris, 1771, t. I, p. 436. [8] Ces tours ont été dénaturées.eu partie au commencement du XIIe siècle et après la prise de Carcassonne par l'armée de saint Louis. Ou retrouve cependant sur divers points les traces de ces interruptions entre la courtine et les portes des tours.[9] Cette poterne existe encore placée ainsi à côté d'une des tours et protégée par son flanc.[10] 1 Voir le plan de Rome. [11] Capdhol, capitol, en langue d'oc. [12] 1 Isidorus, libro duodevigesimo Etymologiarum, capite de Ariete Mus― culus, inquit, cuniczelo similis sit, gmo murus perfoditur ex quo et appellatur, quasi marusculus. (Godeso. Stewec. comm. ad lib. IV Veget. 1492.

Le château Narbonnais de Toulouse, qui joue un si grand rôle dans l'histoire de cette ville depuis la domination des Visigoths jusqu'au XIVe siècle, paraît avoir été construit d'après ces données antiques il se composait « de deux grosses tours, l'une au midi, l'autre au septentrion, bâties de terre cuite et de cailloux avec de la chaux; le tout entouré de grandes pierres sans mortier, mais cramponnées avec des lames de fer scellées de plomb. Le château était élevé sur terre de plus de trente brasses, ayant vers le midi deux portails de suite, deux voûtes de pierres de taille jusqu'au sommet il y en avait deux autres de suite au septentrion et sur la place du Salin. Par le dernier « de ces portails, on entrait dans la ville, dont le terrain a été « haussé de plus de douze pieds. On voyait une tour carrée « entre ces deux tours ou plates-formes de défense car elles « étaient terrassées et remplies de terre, suivant Guillaume de Puilaurens, puisque Simon de Montfort en fit enlever toutes les terres qui s'élevaient jusqu'au comble[7]. »

« Les assiégés, effrayés de cette manœuvre rapide, font avancer, à force de leviers, les plus grosses pierres qu'ils peuvent trouver, et les précipitent du haut de la muraille sur le rat. Mais la charpente résiste par sa solidité, et tout ce qui est jeté sur le comble est écarté par ses pentes. A cette vue, les assiégés changent de dessein, mettent le feu à des tonneaux remplis de poix et de goudron et les jettent du haut des parapets. Ces tonneaux roulent, tombent à terre de chaque côté du rat et sont éloignés avec des perches et des fourches. Cependant nos soldats à couvert sous le rat ébranlent avec des leviers les pierres des fondations de la tour des ennemis. D'ailleurs le rat est défendu par les traits lancés du haut de notre tour de « briques les assiégés sont écartés des parapets de leurs tours et de leurs courtines on ne leur laisse pas le temps de s'y montrer pour les défendre. Déjà une grande quantité des pierres des soubassements sont enlevées, une partie de la tour s'écroule tout à coup[13] . » Afin d'éclaircir ce passage nous donnons (fig. 9') une coupe perspective de la tour ou bastille décrite ci-dessus par César, au moment où les soldats romains sont occupés à la surélever à couvert sous le comble mobile.

Celui-ci est soulevé aux quatre angles au moyen de vis de charpente, dont le pas s'engage successivement dans de gros écrous assemblés en deux pièces et maintenus par les premières solives latérales de chacun des étages, et dans les angles de la tour de cette façon ces vis sont sans fin car lorsqu'elles quittent les écrous d'un étage inférieur, elles sont déjà engagées dans les écrous du dernier étage posé des trous percés dans le corps de ces vis permettent à six hommes au moins de virer à chacune d'elles au moyen de barres, comme à un cabestan. Au fur et à mesure que le comble s'élève, les maçons le calent sur plusieurs points et s'arasent. Aux extrémités des solives du comble sont suspendues les nattes de câbles pour abriter les travailleurs. Quant au rat ou galerie destinée à permette aux pionniers de saper à couvert le pied des murailles des assiégés, sa description est assez claire et détaillée pour n'avoir pas besoin de commentaires.

Si les sièges entrepris par les Romains dénotent chez ce peuple une grande expérience, une méthode suivie, un art militaire poussé fort loin, l'emploi de moyens irrésistibles, un ordre parfait dans les opérations, il n'en est pas de même chez les barbares qui envahirent l'Occident, et si les peuplades germaines de l'Est et du Nord pénétrèrent facilement dans les Gaules, cela tient plutôt à la faiblesse de la défense des places qu'à l'habileté de l'attaque les errements romains étaient à peine connus des barbares. Le peu de documents qui nous restent sur les sièges entrepris par les peuplades qui envahirent les Gaules accusent une grande inexpérience de la part des assaillants.

L'attaque exige plus d'ordre, plus de régularité que la défense, et si les peuplades germaines avaient quelqu'idée de la fortification défensive, il leur était difficile de tenir des armées irrégulières et mal disciplinées devant une ville qui résistait quelque temps; quand les sièges traînaient en longueur, l'assaillant était presque certain de voir ses troupes se débander pour aller piller la campagne. L'organisation militaire des peuples germains ne se prêtait pas à la guerre de sièges. Chaque chef conservant une sorte d'indépendance, il n'était pas possible d'astreindre une armée composée d'éléments divers à ces travaux manuels auxquels les armées romaines étaient habituées. Le soldat germain n'eût pas daigné prendre la pioche et la pelle pour faire une tranchée ou élever un terrassement, et il n'est pas douteux que si les villes gallo-romaines eussent été bien munies et défendues, les efforts des barbares se fussent brisés devant leurs murailles, car en considérant les moyens offensifs dont leurs troupes pouvaient disposer, les traditions de la défense romaine l'emportaient sur l'attaque. Mais après les premières invasions les Gallo-Romains comprirent la nécessité de se défendre et de fortifier leurs villes démantelées par suite d'une longue paix les troupes barbares acquirent de leur côté une plus grande expérience et ne tardèrent pas à employer avec moins d'ordre, mais aussi avec plus de furie et en sacrifiant plus de monde, la plupart des moyens d'attaque qui avaient été pratiqués par les Romains. Une fois maîtres du sol, les nouveaux conquérants employèrent leur génie guerrier à perfectionner la défense et l'attaque des villes; sans cesse en guerre entre eux, ils ne manquaient pas d'occasions de reprendre dans les traditions romaines les restes de l'art militaire et de les appliquer, car l'ambition des chefs francs jusqu'à Charlemagne était toujours de conquérir cette antique prépondérance de Rome, de s'appuyer sur cette civilisation au milieu de laquelle ils s'étaient rués, de la faire revivre à leur profit.

Tous les sièges entrepris pendant les périodes mérovingienne et carlovingienne rappellent grossièrement les sièges faits par les Romains. Lorsqu'on voulait investir une place, on établissait d'abord deux lignes de remparts de terre ou de bois, munis de fossés, l'une du côté de la place, pour se prémunir contre les sorties des assiégés et leur ôter toute communication avec le dehors, qui est la ligne de contrevallation; l'autre du côté de la campagne, pour se garder contre les secours extérieurs, qui est la ligne de circonvallation. A l'imitation des armées romaines, on opposait aux tours des remparts attaqués des tours mobiles en bois plus élevées, qui commandaient les remparts des assiégés, et qui permettaient de jeter sur les murailles, au moyen de ponts volants, de nombreux assaillants. Les tours mobiles avaient cet avantage de pouvoir être placées en face les points faibles de la défense, contre des courtines munies de chemins de ronde peu épais, et par conséquent n'opposant qu'une ligne de soldats contre une colonne d'attaque profonde, se précipitant sur les murailles de haut en bas. On perfectionna le travail du mineur et tous les engins propres à battre les murailles; dès lors l'attaque l'emporta sur la défense. Des machines de guerre des Romains, les armées des premiers siècles du moyen âge avaient conservé le bélier (mouton en langue d'oil, bosson en langue d'oc). Ce fait a quelquefois été révoqué en doute, mais nous possédons les preuves de l'emploi, pendant les Xe, XIe, XIIe, XIVe XVe et même XVIe siècles, de cet engin propre à battre les murailles. Voici les copies de vignettes tirées de manuscrits de la bibliothèque Impériale, qui ne peuvent laisser la moindre incertitude sur l'emploi du bélier. La première (9 bis) représente l'attaque des palissades ou des lices entourant une fortification de pierre[14]. On y distingue parfaitement le bélier, porté sur deux roues et poussé par trois hommes qui se couvrent de leurs targes un quatrième assaillant tient une arbalète à pied de-biche.

 

La seconde (FIG 9 Ter) représente l'une des visions d'Ezéchiel[15] trois béliers munis de roues entourent le prophète[16].

Dans le siège du château de Beaucaire par les habitants de cette ville, le bosson est employé (voir plus loin le passage dans lequel il est question de cet engin). Enfin, dans les Chroniques de Froissard, et, plus tard encore, au siège de Pavie, sous François Ier, il est question du bélier. Mais après les premières croisades, les ingénieurs occidentaux qui avaient été en Orient à la suite des armées apportèrent en France, en Italie, en Angleterre et en Allemagne, quelques perfectionnements à l'art de la fortification le système féodal organisé mettait eu pratique les nouvelles méthodes, et les améliorait sans cesse, par suite de son état permanent de guerre. A partir de la fin du XIIe siècle jusque vers le milieu du XIIIe, la défense l'emporta sur l'attaque, et cette situation ne changea que lorsqu'on fit usage de la poudre à canon dans l'artillerie. Depuis lors, l'attaque ne cessa pas d'être supérieure à la défense.

[13] 1 Cæs., De Bello civ., lib. II, cap. VIII, IX, X,XI[14] Haimonis Comment. in, Ezech. Bibl. Imp manusc du Xe siècle, F. de Saint-Germain, latin. 303.[15] Bible, n° 6, t. III, Bibl. Imp., ancien F. latin, manusc. du xe au XIe siècle. [16] « « Figurez un siège en forme contre elle, des forts des levées de terre, une armée qui l'environne, et des machines de guerre autour de ses murs. Prenez aussi une plaque de fer, et vous la mettrez comme un mur de fer entre vous et la ville puis regardez la ville d'un visage ferme.» etc. (Ezéchiel, chap. iv,vers. 2 et 3. ) Ézéchiel tient en effet la plaque de fer, et autour de lui sont des béliers.

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Chers lecteurs, chères lectrices,

Je vous fais part de la future réédition de l'ouvrage "Le Grand Monarque et le Souverain Pontife" dans sa version revue, augmentée et corrigée (330 pages environ.) Afin de connaître le nombre d'ouvrages qui doivent être mis en page, je vous demanderai, si vous êtes intéressés, de bien vouloir déposer votre demande de souscription à l'adresse suivante : rhonandebar@yahoo.fr

Ouvrage ésotérique.

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ESSOR D'UNE CHEVALERIE NOUVELLE.

CLFND

Chevalerie du Lys de France et de Notre Dame

ou CLFND.

La Chevalerie du Lys de France et de Notre Dame est au service de la Lumière, soit du LYS et de NOTRE-DAME, dont les fonctions médiatrices entre le Ciel et les Hommes ne sont plus à prouver. Vous trouverez dans le document pdf ci-dessous les informations nécessaires à un éventuel postulat sachant que, dans sa volonté à nous rejoindre, chaque futur impétrant possède déjà en lui le germe lumineux qui fera renaître l'antique symbole des Rois de France!

Nous joignons également le lien qui permettra aux lecteurs de voir que la Chevalerie, de type loi 1901,est présente sur le site de la ville de Pelissanne :  http://www.ville-pelissanne.fr/contacts/chevalerie-de-lys-de-france-et-de-notre-dame/

 

RDB

Chevalier Rhonan de Bar.

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CHAPITRE DEUXIÈME

TRANSFORMATIONS SUCCESSIVES DU CHÂTEAU

Depuis la première construction connue jusqu'à nos jours, le château a subi huit transformations successives : 1° Hospitium de Louis le Jeune (détruit) ; 2° Manoir de Philippe Auguste, remanié par saint Louis (détruit) ; 3° Château de Philippe VI et de Charles V (donjon et enceinte existants) ; 4° Château Louis XI (démoli en 1610) ; 5° Château Louis XIII (englobé dans le Pavillon du Roi) ; 6° Château Louis XIV (Pavillon du Roi et de la Reine) ; 70 Arsenal (1808) ; 8° Fort (1840).

Hospitium de Louis le Jeune. — Le premier château ne consistait qu'en un simple rendez-vous de chasse. Il est probable qu'il a été le noyau des constructions ultérieures. Mais aucun vestige archéologique ne confirme cette hypothèse.

Manoir de Philippe Auguste. — En ce qui concerne les travaux de Philippe Auguste, les renseignements sont encore fort vagues. L'abbé de Laval a retrouvé vers 1882 dans des fouilles effectuées près du lavoir, à 35 mètres environ ouest de la Tour du Diable, des restes de substructions paraissant appartenir à -ce second château ou manoir, ce qui nous fixe sur son emplacement. Mais en quoi consistaient ses bâtiments ? L'historiographe nous affirme qu'ils étaient de style roman. Son opinion ne s'appuye malheureusement sur rien.

Remaniements de saint Louis. — Saint Louis transforma ces premières constructions en leur adjoignant un donjon, une salle d'assemblée et la chapelle Saint-Martin. Les vestiges de ce château ont disparu en 1 808, mais son tracé peut être rétabli à l'aide d'un plan de Le Vau de 1654 (Bibl. de la V. de Paris). En examinant ce document avec attention, on voit que les bâtiments situés dans le quart nord-est de la grande cour (logements des chanoines au XVIIIe siècle), affectaient une forme irrégulière, qu'ils contenaient une cour à peu près carrée, enfin que leurs murs extérieurs, tracés en lignes brisées, n'étaient d'équerre avec aucune des grandes directions de l'enceinte principale.

Les tours rondes réparties sur leurs fronts étaient les limites des courtines. Le donjon se trouvait en a (voir le plan d'après Le Vau en tête du volume). La fortification était rudimentaire.

Château de Philippe VI et de Charles V. — Les bâtiments de saint Louis, incommodes, trop exigus, durent paraître insuffisants à Philippe VI, et, si nous en croyons la teneur d'une inscription placée autrefois sur le Châtelet [1], ce roi fit commencer le donjon (1337). Les désastres de la guerre anglaise arrêtèrent les travaux. La construction n'en était encore qu'aux fondations, quand Jean II monta sur le trône. Ce roi rappela les ouvriers vers 136o, mais, à sa mort, le gros oeuvre n'était guère achevé que jusqu'au troisième étage.

Charles V, ce « saige artiste, savant architecteur » comme le qualifie Christine de Pisan, reprit le projet de ses prédécesseurs (1364) et l'amplifia, conservant la grosse tour, mais l'englobant dans une grande enceinte rectangulaire destinée à enserrer une véritable ville. Là, devait être « establie en beaux manoirs la demeure de plusieurs seigneurs, chevaliers et autres ses mieux aimés, et chacun y assenerait rente à vie selon leurs personnes ; celui lieu eut été franc de toutes servitudes, sans aucune charge par le temps avenir, ne redevance demander[2] ». Le manoir de saint Louis fut conservé, et même remis en état, car de 1365 à 1367, on refit toute la couverture, on adjoignit des salles de bains à plusieurs appartements, enfin on répara divers dallages, entre autres celui de la chapelle Saint-Martin, antérieurement constitué par des carreaux de plâtre.

L'histoire ne nous a pas conservé le nom de l'architecte du nouveau château. On sait qu'en 1373 les travaux étaient confiés à Guillaume d'Arondel, mais ce n'était qu'un sous-ordre, un maître tailleur de pierres. Il est fort probable que le roi élabora les plans avec Raymond du Temple, son maître des œuvres favori, et un grand nombre d'auteurs admettent que ce fut ce dernier qui se chargea de leur exécution.

Le château étant en plaine, le tracé de ses remparts pouvait être indépendant du terrain et affecta la forme d'un grand parallélogramme, long de 375 mètres et large de 175, mesures prises du revêtement extérieur d'une escarpe à celui opposé.

Mais par suite de la nécessité d'englober le donjon commencé et le manoir de saint Louis dans l'enceinte, sans trop augmenter le corps de place, le premier de ces monuments ne se trouva pas au centre d'un des grands côtés. Des fossés profonds de 12 mètres[3], larges de 22 mètres sur les grands côtés de l'enceinte, et de 28 mètres sur les petits côtés, enserrent tout le corps de place auquel ils servent d'obstacles, tout en le protégeant contre la mine. Ils sont distincts de ceux du donjon profonds de 14 mètres et larges de 22 mètres. Tous étaient pleins d'eau primitivement[4]2 et étaient alimentés par une dérivation du ru Orgueilleux, et par diverses sources captées au pied du plateau de Fontenay-sous-Bois.

Neuf tours barlongues, sans compter le donjon, sont réparties sur les remparts, une à chaque angle, trois sur le grand côté est, une sur le milieu des petits côtés. Avant d'être arasées à hauteur des courtines[5], toutes avaient une hauteur de 42 mètres au-dessus du sol de la cour, et de 54 mètres au-dessus du fond du fossé. Elles dominaient les courtines de 27 mètres ; elles avaient donc un très grand commandement : d'une part, sur les chemins de ronde auxquels on ne pouvait accéder que de leur premier étage, et, d'autre part, sur la campagne.

Seule, la tour d'entrée du côté de Vincennes a conservé sa hauteur et nous donne une idée des dispositions des tours détruites. Leurs murs, à la base, s'amortissent sur une sorte de risberme en pierre; sur ce talus à fruit considérable prennent appui de gros contreforts montant jusqu'à la corniche percée de longs mâchicoulis et surmontée d'un mur crénelé. Elles possédaient au-dessus du rez-de-chaussé voûté, deux étages planchéiés[6] reliés par un escalier à vis montant directement de la cour jusqu'à la plate-forme constituée par une voûte recouverte d'un épais blindage[7]2. Des latrines semblent avoir existé à tous leurs étages, comme on le voit dans la tour principale. De grands magasins voûtés occupaient leur sous-sol. Toute leur organisation était faite en vue de leur indépendance, car chacune constituait une sorte de citadelle particulière en même temps qu'un bastion rudimentaire.

Entre les tours, les courtines basses étaient couronnées par un chemin de ronde avec créneaux et mâchicoulis. En leur milieu une échauguette barlongue contribuait au flanquement. Cette précaution était judicieuse, car les carreaux d'arbalète avaient un effet utile jusqu'à 60 mètres environ, et les fronts étaient un peu longs par rapporta cette portée : 68 mètres en moyenne, sauf entre la tour du Roi (angle sud-ouest et l'escarpe du donjon, où l'on compte 110 mètres) et entre la tour de Paris (angle nord-ouest) et l'escarpe nord du donjon, où l'on compte 145 mètres. Nous verrons plus loin les dispositions ingénieuses qui furent prises pour parer aux inconvénients du développement excessif de ces deux faces.

On entrait dans le château par deux portes principales percées dans les tours situées au milieu des petits côtés, la porte du côté nord possédant un passage de piétons accolé au passage charretier.

On accédait à ces portes par un pont fixe en pierre, constitué par deux arches en tiers-point, prolongé par un pont-levis avec bras. Sous la tour, au milieu du front est, s'ouvrait également une porte, ou plutôt une grande poterne, car elle n'avait qu'un pont-levis à bascule, retombant sur une passerelle légère établie sur des piles de maçonnerie.

Lorsqu'on examine les anciens plans, on voit que les fossés du donjon faisaient des trouées dangereuses dans le corps de place[8]. Cette faute étonne de la part de constructeurs ayant donné de si grandes preuves de connaissances militaires dans les autres parties du château. En réalité, elle n'est qu'apparente : le château était primitivement couvert par une première enceinte constituée par un chemin de ronde, et un mur crénelé courant au-dessus des contrescarpes. L'épaisseur anormale de cette contrescarpe le prouve. Cette première enceinte était renforcée en avant des portes par de petits châtelets comme le montre une vue cavalière de Du Cerceau.

L'allongement des courtines adjacentes au donjon était voulu, nécessaire : voulu parce que le donjon par suite de son plus grand commandement assurait à plus grande distance la protection des fronts voisins du corps de place, et possédait un éperon se terminant par deux échauguettes jumelées constituant une plate-forme destinée à recevoir des machines de jet pouvant tirer dans la direction nord, c'est-à-dire celle du rempart qui avait le plus besoin d'être protégé[9] 1 ; nécessaire, parce que des tours plus rapprochées de la chemise du donjon eussent dominé celle-ci, et constitué par conséquent un danger pour ses défenseurs.

Comme l'on peut en juger d'après ces quelques aperçus, la fortification de Vincennes avait été parfaitement étudiée. Sa valeur défensive était accrue par des dispositions accessoires non moins judicieuses. Les tours principales possédaient des monte-charges, pour les munitions. Toutes, nous l'avons dit, avaient leurs magasins propres pour armes, approvisionnements divers. En dehors de ces magasins particuliers, il existait dans la cour de grands silos comme dépôts de vivres[10].

L'eau était amenée au château par des conduits souterrains, mais tout était prévu pour que la garnison ne pût en être privée en cas de siège : des puits et des citernes auraient pu, si la canalisation extérieure avait été coupée, suffire aux besoins des défenseurs. Ces puits se trouvaient : deux jumelés, mis en communication entre eux par un canal établi en sous-sol dans la tour nord-est de l'enceinte: un dans l'ancien château de saint Louis ; un en avant du donjon, et un dans le donjon lui-même. Dans la braie de la grosse tour se trouvait encore, dit-on, une citerne.

De tels détails d'organisation montrent, comme le fait très justement remarquer Viollet-le-Duc, que Vincennes est une c< forteresse type ». La conception des courtines allongées, basses, réservées aux arbalétriers; des plates-formes élevées, destinées aux grands engins, trébuchets ou mangonneaux, mis à l'abri du tir à la volée des machines des assaillants par suite de leur commandement; des tours considérées non pas comme de simples points d'appui du rempart, mais bien comme des organes de flanquement, était une innovation.

Malheureusement, cette innovation arrivait à une époque de transition, en cet instant précis, qui, suivant les théories de Courajod, marque la fin du moyen âge et le commencement des temps modernes. Cet essai ne fut suivi d'aucun autre, les progrès rapides de l'artillerie à feu ayant obligé les constructeurs militaires à chercher d'autres solutions pour résoudre l'éternel problème de la défense des places.

Château Louis XI. — Louis XI se fit bâtir un corps de logis dans l'angle sud-ouest de la grande cour. Nous ne connaissons cette construction que par une gravure de Boisseau, d'ailleurs peu exacte.

Elle parait de dimensions assez restreintes. En longueur elle s'étendait de la tour du Roi (angle sud-ouest) jusqu'au 2/3 de la courtine reliant cette tour à l'enceinte du donjon. Sa largeur ne pourrait être appréciable sur une vue, mais elle nous est indiquée, à défaut de plan, par un document des archives du Génie de Vincennes : dans un mémoire relatif aux travaux de 1818 dans le pavillon du Roi on lit que, lors de la démolition de la corniche de la chambre à coucher de Louis XIV, exécutée cette même année, la façade de cette habitation fut découverte. Derrière les lambris du XVIIe siècle, les baies des anciennes fenêtres apparurent, avec leurs sculptures, dans le mur qui partage en deux ce pavillon dans sa longueur. Le corps de logis Louis XI n'avait donc que la moitié de la largeur du pavillon actuel.

Ce bâtiment était déjà délabré en 1539. Poncet de la Grave nous apprend en effet que François Ier, fut obligé d'y faire exécuter de grosses réparations pour y recevoir Charles-Quint[11]1. L'empereur n'y vint pas, mais les travaux eurent lieu. Ils furent même poursuivis, car, en 1543, ils étaient « sous l'inspection et ordonnance de Messire Hérault, capitaine du Bois de Vincennes et Philippe Hulin, capitaine de la bastille Saint-Antoine, à Paris ». Enfin, nous savons par une lettre de Catherine de Médicis, qu'en 1552 le Primatice, alors surintendant des bâtiments termina la décoration des appartements.

Château Louis XIII. — Le château ne fut qu'un agrandissement du corps de logis Louis XI. La première pierre de cette nouvelle construction fut posée le 17 août 1610 en présence de toute la Cour.

L'architecte qui dirigea les travaux ne nous est pas connu. Israël Silvestre a laissé une vue de ce bâtiment ; celle-ci n'offre que des indications sans grande valeur, mais il existe à la bibliothèque de la Ville de Paris, dans les cartons des plans dits de Colbert, un plan détaillé des appartements du premier étage[12].

Château Louis XIV. - Lorsque Mazarin, triomphant de ses ennemis, revint définitivement d'exil et devint gouverneur de Vincennes, nous avons dit qu'il chargea Colbert de la transformation complète de la résidence royale. Le Vau obtint l'adjudication des travaux, bien qu'il fut en concurrence avec François Mansart et Le Muet. Il soumit au ministre quatre projets successifs. Dans le dernier, qui fut approuvé, le pavillon Louis XIII, doublé et exhaussé, était réservé au roi. Un bâtiment symétrique, élevé contre la partie sud de la courtine Est du château de Charles V, servait d'habitation à la Reine-mère et au cardinal (pavillon de la Reine).

LE CHÂTEAU EN 1666 (D'après la gravure de Brissart).

Ces deux corps de logis étaient reliés par des colonnades rustiques, l'une, celle du sud, constituée par l'ancien rempart troué de larges baies, découronné de son chemin de ronde ; l'autre, par des arcades neuves.

Au milieu de ces deux colonnades, deux arcs de triomphe formaient des portes monumentales.

L'arc de triomphe de la porte du parc avait comme massif l'ancienne tour du centre du petit côté sud du château, arasée au niveau de la courtine ; sa façade, ornée de statues antiques, était un simple placage. Toute la partie nord de l'ancienne cour fut réservée aux communs, aux écuries. L'ancien logis du gouverneur, attenant au côté nord de la Sainte-Chapelle, fut conservé, ainsi qu'un grand nombre de bâtiments du manoir de saint Louis aménagés comme maisons canoniales.

Arsenal 1808. — Lorsque l'empereur résolut en 1808 d'utiliser le château comme arsenal, le délabrement était complet. Les réparations exécutées à cette époque rendirent utilisables quelques locaux, mais tous les travaux entrepris causèrent, au point de vue de l'art, des dommages irréparables au monument. La destruction systématique des tours commença, sous prétexte qu'il eut été trop cher de les réparer. Les baies du rempart sud furent bouchées, des flèches en maçonnerie élevées devant les portes nord et sud; les communs, c'est-à-dire ce qui restait de l'ancien château de saint Louis, démolis, la Sainte-Chapelle transformée en salle d'armes.

LE CHÂTEAU VERS 1799 (D'après une lithographie du temps).

Seul, le pavillon de la Reine fut remis en état pour servir de logement à un colonel de la Garde. Mais les appartements du Roi, dont l'ornementation avait disparu en grande partie au XVIIIe siècle, d'abord lorsque le bâtiment avait été aménagé pour recevoir l'école des Cadets, ensuite lorsqu'il servit de prison aux femmes de mauvaise vie, furent transformés en chambrées.

En 1818, le grand abreuvoir disparut, ainsi que les écuries. Une grande salle d'armes fut construite (1819). La Sainte-Chapelle fut rendue au culte vers la même époque. En 1822, les boiseries des appartements d'Anne d'Autriche furent enlevées et portées au Louvre.

Fort en 1840. — La transformation du vieux château en fort moderne eut des conséquences encore plus funestes. Les fossés du donjon furent comblés du côté de la grande cour; la colonnade de Le Vau, qui séparait la grande cour du château de la cour dite du Donjon, fut démolie avec son arc de triomphe. Des casemates vinrent cacher les remparts de Raymond du Temple, et noyer le grand arc de triomphe dont la base des colonnes apparaît seule sous la voûte d'entrée de la porte du Bois, et quelques motifs architectoniques sont encore visibles dans les salles du premier étage. En 1852, le tombeau du duc d'Enghien, érigé en 1823 dans le chœur de la Sainte-Chapelle, fut transporté dans l'oratoire nord de cette chapelle, et d'ailleurs complètement modifié. En 1860, des fresques de Philippe de Champaigne et de Borzone furent retrouvées dans le pavillon du Roi. Elles devaient être conservées avec soin, mais ont été perdues depuis.

Pendant cette période, la Sainte-Chapelle fut entièrement restaurée (1852-1888), ainsi que la tour de Paris qui s'était éboulée partiellement en 1857. Le donjon a été réparé extérieurement.

 

[1] Voir page suivante.[2] CHRISTINE DE PISAN. Le livre des faits et bonnes mœurs du sage roi Charles. Nouvelle édition. Paris, 1836, chap. XI p. 76.[3] Ils ont été comblés en partie il y a une trentaine d’années.[4] Ils ont été asséchés au début du règne de Louis XIII.[5] Ces tours ont été démolies de 1808 à 1819. [6] Viollet-le-Duc - dans son Dictionnaire d'architecture, t. IX, p. 106dit : « trois étages voûtés. » C'est une erreur car la tour principale nous montre qu'il y avait au moins deux étages planchéiés.[7] Ces plates-formes ne paraissent pas avoir été construites pour porter du canon, les murs qui les supportent étant trop faibles. Elles n'étaient destinées qu'aux grands engins nervobalistiques, qui, dans la seconde moitié du XIVe siècle, étaient encore préférés aux bouches à feu trop rudimentaires.[8] 1 Ces brèches ont disparu en 1840. Elles ont été bouchées par des casemates barrant le fossé primitif, qui a d'ailleurs été comblé du côté de la cour du château.[9] Il y a lieu de remarquer d'ailleurs que ce rempart a deux échauguettes de flanquement.[10] 2 Un de ces silos existe encore au sud de la Sainte-Chapelle : son orifice se trouve dans le prolongement de la façade nord du pavillon de la Reine, à 15 mètres environ de l'angle nord-ouest de ce pavillon. Longtemps oublié, il a été découvert sous Louis-Philippe et nettoyé.[11] 1 Poncet de la Grave. Histoire de Vincennes, t. I, p. 234.[12]  Plans et devis du château de Vincennes, Bibl. de la Ville de Paris, n° 129M. -

 

Château de Vincennes aujourd'hui. Photos : source web
Château de Vincennes aujourd'hui. Photos : source web
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V1

ENTRÉE DU CHÂTEAU DU CÔTÉ DU POLYGONE (A droite tour dans laquelle a été jugé le duc d'Enghien).

CHAPITRE PREMIER.
HISTOIRE SOMMAIRE

A l'époque celtique, une vaste forêt couvrait tout le plateau compris entre les hauteurs dites * actuellement de Montreuil, la Marne, la Seine, et les marais situés au Nord de Lutèce. Les Romains, après la conquête du pays, auraient remplacé le culte du dieu gaulois Teutatès par celui de Sylvain.

Qu'il y ait eu dans les parages de Vincennes un temple consacré à cette divinité, c'est probable, car une inscription trouvée au XVIIIe siècle dans les décombres d'une tour de l'abbaye de Saint Maur-des-Fossés nous apprend qu'un monument, ainsi qualifié, fut restauré sous Marc-Aurèle. Mais l'indication de son existence ne nous renseigne pas sur son emplacement.

Le premier document nous permettant de sortir du domaine de l'hypothèse est un titre de l'abbaye de Saint-Maur-des-Fossés daté de 847, qui fait mention de la forêt de Vilcena, appartenant à la paroisse de Fontenay. En 980, 1037 et 1075 des chartes nous révèlent que cette forêt est devenue la propriété de la Couronne. Dans une bulle d'Eugène III de 1147, elle est appelée Vulcenia.

Ces anciens noms de Vilcena, Vilcenna, ou Vulcenia, se transformeront en Vicenne et Vincennes.

On n'entend parler pour la première fois de constructions qu'en 1162 : Louis VII (1113-1189) avait dans la forêt un rendez-vous de chasse, un hospitium. Philippe Auguste (1180-1223) agrandit cette première habitation qui devient un manoir au milieu d'un parc, le roi ayant fait enclore le bois d'une haute muraille, afin, nous dit Rigord, d'y conserver les daims, cerfs et autres animaux semblables qu'Henri Il d'Angleterre lui avait envoyés comme cadeau.

Saint Louis (1226-1270) affectionne le séjour « du Bois ». Le souvenir de la justice qu'il rendait sous les grands chênes est populaire : « maintes fois il advint qu'en été le bon roi allait s'asseoir au bois après sa messe, et s'accostait à un chêne, et nous faisait asseoir autour de lui, dit Joinville.

Et tous ceux, qui avaient affaire, venaient lui parler sans empêchement d'huissiers ou d'autres gens. Et alors il leur demandait de sa propre bouche : « Y a-t-il quelqu'un qui ait sa partie ? » et ceux qui avaient leur partie se levaient. Et alors il disait : « Taisez-vous et l'on vous expédiera l'un après l'autre. »

Le pieux monarque fait construire une chapelle dédiée à Saint-Martin pour recevoir une épine de la sainte Couronne, que lui avait vendue Baudouin II de Courtenay (1248). Il réside souvent dans le manoir avec toute sa Cour; il y assemble le Parlement en 1252 et 1253 ; il y passe une partie de l'année 1255, et c'est de là qu'il part en 1270 pour sa funeste expédition de Tunis où il trouve la mort.

Philippe III (1270-1285) a la même prédilection que son père pour le « Bois », dont la solitude cadre avec son caractère mélancolique. Il épouse dans la chapelle Saint-Martin, Marie, sœur du duc Jean de Brabant (1274), et y reçoit le même jour l'hommage d'Edouard Ier, roi d'Angleterre. Un peu plus d'un an après, un drame, dont les origines sont assez obscures, jette pour la première fois une ombre de tristesse sur la résidence de plaisance : Louis, fils aîné du roi, issu d'un premier mariage de celui-ci avec Isabelle d'Aragon, meurt subitement. La rumeur publique accuse la jeune reine d'avoir empoisonné l'héritier présomptif, On prétend même que cette marâtre a formé le projet de se défaire des trois autres enfants du premier lit, afin de réserver l'accès au trône à sa propre lignée.

Elle se défend, et elle accuse Pierre de la Brosse, ancien barbier de saint Louis devenu grand chambellan de Philippe III et l'homme le plus important de la Cour, d'avoir propagé ces calomnies. Elle en appelle au jugement de Dieu. Son frère, le duc de Brabant, se porte garant de son honneur, et comme aucun chevalier n'ose relever son défi, le favori est déclaré coupable et pendu.

A la suite de ce scandale, le manoir retrouve son calme. Le roi en augmente considérablement le parc (1274-1275).

Philippe IV, le Bel (1285-1314) conserve les mêmes goûts que ses prédécesseurs pour Vincennes, où sa présence est constatée en 1285, 86, 89, 90 et 95. Il y épouse, le 2 mars 1294, Jeanne de Bourgogne, fille aînée d'Othon IV, comte Palatin, et de Mahaut, comte d'Artois. A cette époque le château avait pris de l'importance : dans une sentence de l'évêque de Paris, Simon, il est en effet question d'une nouvelle dépendance, la basse-cour de la Pissotte.

Le 2 août 1364, Jehanne, reine de France et de Navarre, comtesse de Champagne et de Brie, meurt à Vincennes. Son corps est inhumé au Cordeliers à Paris. Le Parlement se réunit au manoir en 1305 et 1314.

Sous Louis X le Hutin (1314-1316), un nouveau drame se passe « au Bois ». Enguerrand de Marigny, surintendant des finances de Philippe le Bel, ce roi connu dans l'histoire sous le nom de faux monnayeur, se croyant encore nécessaire et tout-puissant sous son successeur, ose s'attaquer en plein conseil à Charles de Valois, qui se pose en chef des barons de France. Pour se venger l'oncle du roi réclame les comptes du règne précédent, et n'ayant pu convaincre le ministre de malversation, l'accuse de maléfices et de magie.

Enguerrand est condamné sur ce chef et pendu.

Quelques années plus tard, dans ce même château où avait été prononcé l'arrêt abominable, ce même Charles de Valois, atteint d'une maladie de langueur et frissonnant au souvenir du jugement inique qu'il avait provoqué, demande et obtient la révision du procès de son ancien ennemi.

Le 2 juin 1316, Louis X, qui, en secondes noces, avait épousé Clémence de Hongrie, se sentant gravement malade, fait à Vincennes son testament.

Il confirme à la reine le douaire de 25.000 livres de rente qu'il lui avait spécifié par contrat de mariage, et y ajoute « la jouissance de sa maison de Vincennes ». Il meurt au château deux jours après. Son corps, d'abord exposé dans la chapelle Saint-Martin, est porté à Saint-Denis. Peu après, la reine met au monde à Vincennes un fils, Jean I, qui ne vit que quelques mois.

Philippe V, son successeur, reprend le château à Clémence, en lui donnant en échange la tour du Temple et la maison de Nesles (1317). Il meurt à Vincennes le 2 janvier 1322.Son frère, Charles IV, dit le Bel, proclamé roi dans le manoir, révoque au commencement de son règne toutes les aliénations antérieures du domaine royal. Il rétablit ainsi le bois de Vincennes dans son intégrité. Il meurt au château le 31 janvier 1328, laissant la reine avec des espérances; le 1er avril suivant, cette princesse y donne le jour à une fille appelée Blanche, et Philippe de Valois, est proclamé roi en vertu de la loi salique.

Philippe VI (1328-1350) conserve la même prédilection que ses devanciers pour la résidence du « Bois ». Aimant le faste, il y convie la noblesse de toute l'Europe, en sorte que « ce séjour est réputé le plus chevaleresque du monde ». On doit signaler sous son règne, les grandes fêtes célébrées à l'occasion du mariage de Béatrice de Bourbon avec Jean de Luxembourg dans la chapelle Saint-Martin (1334); et, comme événements marquants, la réunion de trois grandes assemblées du clergé (1329- 1332) ; celle, en 1336, du Parlement dans laquelle Robert d'Artois est déclaré traître et félon, — cet arrêt fut une des principales causes de la guerre dite de Cent ans. Enfin la visite, en 1343, de Humbert II, au cours de laquelle le dauphin du Viennois fait donation de tous ses Etats à Philippe d'Orléans, fils puîné du roi. On sait que Charles V porta, le premier, le titre de Dauphin. Les dauphins, qu'on voit actuellement sculptés sur la porte du Châtelet, sur celle de l'escalier accolé à ce bâtiment, et sur diverses clés de voûte du donjon, rappellent ce souvenir.

V2

Élévation du donjon. Prise au sud-ouest.

Philippe VI fait commencer les fondations du donjon. Les travaux abandonnés sont repris par Jean II (1361-1364), et achevés par Charles V (1364-1373)[1]. Ce roi fait sa résidence favorite de Vincennes. Il y met une partie de ses richesses artistiques et de son trésor, qu'il partage entre le Louvre, Melun et Saint-Germain[2]. Il y donne en 1378 de grandes fêtes en l'honneur de l'empereur Charles IV d'Allemagne. Mais cette réception cause de grandes fatigues à la reine Jeanne de Bourbon qui met au monde avant terme, dans le donjon, une fille, Catherine (4 février 1378); elle meurt deux jours après. Le souverain, qui l'appelait « le soleil de son royaume » est très affecté par cette perte. Il continue cependant à s'occuper de toutes les questions politiques avec la même activité et il fait reconnaître le pape Clément VII au lieu d'Urbain VI dans une assemblée notable tenue au château. Il s'éteint à Beauté, près de Nogent-sur-Marne (6 septembre 1380), ne laissant qu'un fils mineur. Ses frères, le duc d'Anjou, le duc de Berry et le duc de Bourgogne se disputent la régence, et dilapident les trésors amassés dans le château. Pendant cette période, la Cour paraît souvent à Vincennes. En 1400, les travaux de la Sainte-Chapelle sont continués et bientôt abandonnés. Charles VI est fou; il ne poursuit aucune idée. Cependant, en 1417, il sort de sa torpeur. Il cherche à mettre un terme aux scandales causés par la conduite d'Isabeau de Bavière : sur son ordre, le sire de Bois Bourdon est arrêté dans le parc et jeté dans la Seine, cousu dans un sac. Ce réveil d'autorité est de courte durée.

V3

LE DONJON VERS 1450 Reproduction d'une miniature de Jean Foucquet. Livre d'heures d'Etienne Chevalier.

Le malheureux prince retombe sous la tutelle de son entourage, qui l'endort dans des fêtes continuelles à Vincennes pendant que la guerre désole le royaume. En 1420, un inventaire de Guillaume Lamy nous montre que tous les appartements sont vides : ils semblent même avoir subi les horreurs d'un sac. C'est que le traité de Troyes, qui a reconnu à Henri V le titre de roi de France, a donné le château au souverain anglais. Celui-ci le remeuble pour l'habiter et y meurt (1422).

[1] Voir suivante.[2] C'est par douze douzaines que l'on comptait les assiettes d'or enrichies de pierreries du grand ménage de Charles V. Les collections d'objets d'art du même métal, de bijoux, de camées, d'étoffes précieuses enfermées dans le donjon à cette époque, nous sont connues par un inventaire de 1879 ; elles avaient une valeur considérable.

 

Henri VI d'Angleterre vient plusieurs fois à Vincennes pendant sa minorité. Si le château lui est momentanément repris par le commandeur de Giresmes et Denis de Chailli (1429), il y rentre en 1430, et il en part le 15 décembre pour se faire sacrer à Notre-Dame de Paris.

Deux ans plus tard Jacques de Chabannes « eschielle le donjon », pour le compte de Charles VII et s'en empare malgré la résistance désespérée de la garnison. Après une dernière tentative infructueuse des Anglais, la place reste aux Français, et, en i445, le comte de Tancarville en est gouverneur.

Les habitants de Montreuil lui demandent de ne plus faire le guet, « les ennemis étant éloignés de plus de 16 lieues ». Vincennes redevient une maison de plaisance : le roi se plaît à y retrouver Agnès Sorel. Celle-ci y a un fils, mais elle habitait ordinairement le château de Beauté, où elle meurt en 1450.

Il faut noter, en 1461, une visite d'ambassadeurs florentins : le château cause leur admiration, surtout « la chambre du Roi, dont tous les ornements sont rehaussés d'or et les murs couverts de boiseries ». Ils vantent ses fortifications, « ses neuf hautes tours ». C'est d'ailleurs à Vincennes que Louis XI trouve un abri en 1465, pour résister aux attaques des ducs de Berry et de Bretagne, qui, réunis au comte de Charolais, se sont avancés jusqu'à Charenton. L'armée royale et celle des seigneurs restent onze mois en présence.

Le roi ne revient plus à Vincennes. Il nomme Olivier le Daim, concierge du château, et le charge d'y recevoir les ambassadeurs d'Aragon (1474).

Charles VIII se contente de chasser dans le parc, notamment en 1484. Sa femme, Anne de Bretagne, réside au château pendant l'année 1495; elle possédait en propre un jardin à proximité.

Louis XII, dans les débuts de son règne (1498), visite à plusieurs reprises la forteresse. Puis il en reste dix ans éloigné. En 15o8, gravement malade, il pense que la salubrité du « Bois » lui rendra la santé : il y passe plusieurs mois. Il y revient une dernière fois en juin et juillet 1514, à la suite des fêtes du mariage de François, comte d'Angoulême, avec Claude de France (18 mai).

François Ier prescrit d'exécuter un certain nombre de travaux à Vincennes : entre autres, l'achèvement de la Sainte-Chapelle, l'agrandissement du pavillon Louis XI. En 154o, il y est installé avec toute la Cour, et y reçoit les ambassadeurs du Grand Turc. On l'y retrouve en 1547 : il crée, à ce voyage, la paroisse de la Pissotte [1].

Sous Henri II (1547-1549), le bois est entièrement coupé, puis replanté, (1551), la Sainte-Chapelle inaugurée (1552), la translation à Vincennes du chapitre de l'ordre de Saint-Michel effectuée, (1555). En 1556, le roi reçoit les plénipotentiaires de Philippe II, envoyés pour traiter de la paix, François II (1559-156o) ne paraît pas à Vincennes, contrairement à son frère Charles IX (1560-1574), qui affectionne cette résidence. Celui-ci y signe les préliminaires de la paix de Longjumeau (1568). Six ans après, la poitrine malade, il vient s'enfermer dans le donjon, dans l'espoir qu'en fuyant le Louvre où tout lui rappelle les sinistres journées de la Saint-Barthélemy, il échappera aux remords, et retrouvera le calme. Il y meurt dans les bras d'une vieille nourrice huguenote, tandis que le roi de Navarre et Condé, arrêtés par ordre de Catherine de Médicis qui a pris le pouvoir, sont emprisonnés aux étages supérieurs de la Tour. :

Henri III (i574-i589), fait de Vincennes son lieu de retraite favori. Il s'y enferme lorsqu'il veut se reposer des soucis de la politique. Il en ouvre cependant les grands appartements à l'occasion du mariage de Louis de Nogaret de la Valette, duc d'Epernon, avec Marguerite de Foix (23 août 1387).

De grandes fêtes sont célébrées à ce moment. Puis, le bruit des armes trouble le calme revenu dans le logis royal : les ligueurs s'en emparent. En vain le capitaine Saint-Martin y rentre-t-il : il y est bloqué pendant quinze mois par les Parisiens. Obligé de se rendre à Beaulieu, celui-ci, nommé gouverneur par la Ligue, s'y maintient jusqu'au 28 mai 1594, époque à laquelle il se soumet à Henri IV. :

Ce roi entre solennellement à Vincennes. Pendant son règne, il vient souvent au château, mais sans y séjourner. Gabrielle d'Estrée met au monde dans le pavillon Louis XI un fils, César de Vendôme (1595). L'année suivante, dans ce même logis, le cardinal Alexandre de Médicis, en qualité de légat, apporte au souverain l'absolution du pape.

Louis XIII passe la plus grande partie de sa jeunesse à Vincennes, dans un pavillon dont la première pierre avait été posée en 1610, mais qui ne fut terminé qu'en 1617. Sous son règne, le donjon, qui avait commencé à recevoir des prisonniers sous Louis XI, devient véritablement prison d'Etat.

On peut citer parmi les prisonniers les plus marquants de cette époque : Henri II, prince de Condé, arrêté le 16 septembre 1616. La princesse, sa femme est autorisée à partager sa captivité. Le prince n'est rendu à la liberté que le 20 novembre 1619.

Le maréchal d'Ornano (1626), décédé dans sa prison ; Marie de Gonzague, fille du duc de Nevers, qui avait voulu épouser Gaston d'Orléans ; Le duc de Puylaurens (1635), mort au donjon; L’abbé de Saint-Cyran (1638-1643), un des fondateurs de Port-Royal ; Jean de Wert (1638) ; Les généraux espagnols Lamboy, Mercy et Landron.

Pendant toute la première partie de la régence d'Anne d'Autriche, l'histoire du château n'est encore intéressante que par des détentions de prisonniers illustres. François de Vendôme, duc de Beaufort, plus connu sous le nom de roi des Halles, est mis au donjon en 1643. Son évasion, grâce à la connivence d'un garde, nommé Vaugrimaud, est restée célèbre (1649). Le gouverneur du château, Chavigny, accusé d'avoir manqué de vigilance, est emprisonné à sa place. Puis, les portes de la vieille tour se referment successivement sur le président Charton et sur trois des principaux frondeurs : le Grand Condé, le prince de Conti, et le duc de Longueville. On sait que parmi ces derniers, seul, le prince de Condé conserva tout son sang-froid. « Il chantait, jurait et priait Dieu ; jouait tantôt du violon, tantôt du volant. » Son frère et son beau-frère étaient fort abattus : le prince de Conti, surtout, se croyait perdu ; il avait réclamé une Imitation de Jésus-Christ. En apprenant la chose, Condé s'emporta : « Ce qu'il me faut, à moi, dit-il, c'est une Imitation de M. de Beaufort. » Cependant il s'ennuyait, et, ne sachant comment dépenser son activité, il se prit de passion pour le jardinage. On connaît les vers que le souvenir de cette occupation inspira à Mme de Scudéry :

En voyant ces œillets qu'un illustre guerrier

Arrosa de sa main qui gagnait des batailles,

Souviens-toi qu'Apollon a bâti des murailles,

Et ne t'étonne plus de voir Mars jardinier.

Le prince riait, d'ailleurs, de son talent nouveau. « Aurais-tu jamais cru, dit-il un jour à son chirurgien, que ma femme ferait la guerre pendant que j'arroserais des plantes ». La duchesse avait en effet soulevé la Guyenne. Ce soulèvement ayant causé une grande émotion dans la capitale, on jugea prudent de transférer les prisonniers au Havre (165o).

Le cardinal de Retz leur succède (19 décembre 1652). Il est mis au deuxième étage du donjon, « dans une chambre grande comme une église » écrit-il dans ses Mémoires. Lui aussi, essaye de tout pour combattre l'ennui : il forme des projets d'évasion, élève des pigeons dans une tour, compose des livres : Consolation de Théologie, Partus Vincennarum, etc. En 1654, il est transféré à Nantes d'où il s'échappe le 8 août.

L'année 1652 est marquée par un événement minime en apparence, mais ayant une très grande importance pour notre histoire : Léon de Bouthillier, marquis de Chavigny, gouverneur de Vincennes, meurt (11 octobre). Colbert, intendant de Mazarin, pousse aussitôt son maître à prendre sa place, « ne serait-ce que pour avoir un lieu où mettre à l'abri ses riches collections en cas d'émeute. »

Le cardinal obtient cette succession. Il ne songe, dès lors, qu'à embellir sa résidence. Il charge l'architecte Le Vau de transformer la forteresse féodale en château moderne. Les remparts de Raymond du Temple sont changés en « galeries rustiques » sur le front sud ; des arcs de triomphe s'élèvent, et servent de portes à une cour d'honneur entre deux gros pavillons que le ministre réserve l'un au roi, l'autre à la reine-mère et à lui.

Philippe de Champaigne, Michel Dorigny, Baptiste, le Borzone, le Manchole, sont appelés pour décorer les nouveaux appartements. L'habitation royale doit être aussi somptueuse que possible : il faut que le roi s'y plaise, et, pour charmer ses yeux, la Marne, détournée à Chelles, doit former des canaux dans le parc.

Cependant, ces travaux avancent lentement. Les grands corps de logis, désignés aujourd'hui sous les noms de Pavillon du Roi et Pavillon de la Reine (on devrait dire Pavillon de la Reine-mère), sont à peine logeables quand Louis XIV épouse Marie-Thérèse. On y travaille jour et nuit pour permettre au jeune souverain d'y amener la reine à son retour des Pyrénées. La période des fêtes commence : dans ce milieu de jeunesse, dans ce printemps de gloire, tout est prétexte à divertissements. Pourtant, dans le Pavillon de la Reine, le cardinal Mazarin agonise. Mais il met une coquetterie, qui n'est pas dépourvue de grandeur, à cacher ses douleurs et ses appréhensions. Il ne veut se montrer que « la barbe faite, étant propre et de bonne mine, avec une simarre de couleur feu, et sa calotte sur sa tête ». C'est dans son fauteuil qu'il attend la mort, prenant congé de chacun, distribuant des diamants au Roi, à la Reine, à la Reine-mère, à Monsieur, n'oubliant aucun de ses amis, aucun de ses serviteurs, signant jusqu'au dernier moment les dépêches de l'État, et ne tremblant que lorsqu'il reste seul en face de ses souffrances « qui le font hurler » dit Mme de Motteville. Il s'éteint le 9 mars 1661 entre deux heures et trois heures du matin.

V4

SALLE DES GARDES DE LA REINE-MÈRE. PAVILLON DE LA REINE.

Le Roi aussitôt prévenu, se lève sous le coup d'une profonde émotion ; il pleure un instant, puis, se ressaisissant, appelle auprès de lui ses ministres : le chancelier Le Tellier, Foucquet, de Lionne. Il leur signifie qu'ils n'auront plus d'autre maître que lui. C'est son premier acte d'autorité.

Le 11 mars, la dépouille mortelle du cardinal est portée dans la Sainte-Chapelle « où un service est célébré sans grandes cérémonies ». — Au mois d'août suivant, la Cour part pour Fontainebleau.

L'idylle du jeune roi et de Louise de La Vallière commence aussitôt. Elle a son épilogue à Vincennes. C'est dans le Pavillon du Roi que Marie-Thérèse apprend l'infidélité de son royal époux (1663) ; que le souverain avoue publiquement sa passion (juillet 1663) ; et que, reconnaissant ses torts avec une aisance toute princière, il promet à la reine qu'à trente ans, il cesserait de faire le galant. Il ne réclamait que quatre années d'indulgence !

Le 17 octobre 1666, Louise met au monde l'enfant, qui portera le nom de Mlle de Blois, dans une des chambres des grands appartements de ce même pavillon, celle dans laquelle sera enfermé plus tard le duc d'Enghien. Après son rétablissement, elle quitte Vincennes pour ne plus y revenir; son étoile a pâli, celle de la marquise de Montespan se lève.

La fin des amours du Roi avec Mlle de La Vallière marque également celle de la résidence royale. La Cour revient encore pendant l'année 1667 à Vincennes, mais se fixe décidément à Versailles à partir de 1668. Les grands appartements sont démeublés.

Un demi-siècle s'écoule ainsi : le grand Roi, sur le point de mourir, se rappelle le château dans lequel s'étaient déroulées les plus belles années de sa jeunesse. Il mande auprès de lui le duc d'Orléans, lui parle du Bois dont « l'air est si bon » et lui ordonne d'y conduire le jeune Roi, son successeur, « aussitôt que toutes les cérémonies relatives à ses obsèques seront finies à Versailles. »

Huit jours après il meurt. Louis XV et toute la Cour prennent effectivement le chemin de Vincennes (8 septembre 1715), mais ils n'y restent que soixante-douze jours. Ni le Régent, ni le duc de Saint-Simon, n'ont pu se faire à l'idée d'un tel changement dans leurs habitudes !

Les grands appartements sont de nouveau fermés. Ils s'ouvrent une dernière fois pour la reine douairière d'Espagne, veuve de Louis Ier, qui y habite de 1725 à 1727. Puis, complètement abandonnés, ils sont concédés à différents particuliers en même temps, d'ailleurs, que d'autres locaux du château. C'est ainsi qu'en 1738 les deux frères Giles et Robert Dubois, s'étant enfuis de Chantilly en emportant les secrets de sa manufacture de porcelaine, obtiennent du gouverneur l'autorisation de monter un atelier dans la tour du Diable, avec l'appui financier d'Orry de Fulvy, conseiller d'Etat. Leur tentative, ayant échoué, est reprise par Charles Adam (1745), qui constitue une société, et s'installe dans les anciennes cuisines du Pavillon de la Reine, et dans le manège. Charles Adam cède ses droits, en 1762, à Éloy Brichard. Le Roi, sur les conseils de la marquise de Pompadour, entre dans l'affaire, dont les produits reçoivent le nom de porcelaines de France. A partir de ce moment, les commandes affluent. Les ateliers, devenus trop exigus, sont transférés à Sèvres (1755). Telles sont les origines de la manufacture nationale de Sèvres.

Les locaux abandonnés par Eloy Brichard sont concédés aux frères Hannong, pour y fabriquer des faïences (1766-1788).

En 1753, le Pavillon du Roi est aménagé par Gabriel pour l'École des Cadets, en attendant l'achèvement de l'Hôtel du Champ-de-Mars, construit spécialement pour eux.

 

[1] La ville de Vincennes s'est appelée bourg de la Pissotte jusqu'à la Révolution.

Avec de telles utilisations, les bâtiments négligés tombent en ruine. L'intendant Collet finit par demander 3oo.ooo livres pour les remettre en état (1777). Le Roi refuse, estimant que le château « n'est bon qu'à démolir ou à utiliser pour des services publics ». C'est dans cet esprit d'économie qu'il aliène l'Esplanade et la Basse-Cour (1781), qu'il supprime par extinction les chanoines de la Sainte-Chapelle (1784), enfin qu'il ferme la prison d'État, dont les derniers prisonniers sont transférés à la Bastille.

Depuis les Princes de Condé, les hôtes les plus illustres de la Grosse-Tour avaient été : Foucquet (1662) ; la Voisin avec un certain nombre de ses complices, dont l'abbé Guibourg (1679) ; Mme Guyon (1695) ; un grand nombre de Jansénistes, dont le père Gerberon (1707) ; Crébillon fils (1734) ; Diderot (1749) ! Le marquis de Mirabeau (1761) ; Le Prévot de Beaumont (1769) ; le marquis de Sade (1777) ; et enfin Mirabeau (1777-1780).

Gabriel Honoré, comte de Mirabeau, avait été enfermé en vertu d'une lettre de cachet ; il avait été ainsi soustrait à la juridiction du Parlement de Grasse qui le poursuivait pour coups et blessures envers le marquis de Villeneuve-Mouans, et à celle du Parlement de Pontarlier, qui l'avait condamné à mort pour crimes de rapt et de séduction à l'égard de Sophie de Monnier. Il déploya dans sa prison une activité cérébrale prodigieuse, écrivant ses fameuses Lettres à Sophie, des tragédies, des livres licencieux, enfin, un ouvrage sur les Lettres de Cachet. La publication de ce dernier écrit eut un retentissement considérable : ce fut, en dehors de la raison d'économie dont nous avons parlé plus haut, la cause déterminante de la suppression de la prison d'Etat.

Le donjon inutilisé est alors occupé par une boulangerie philanthropique, puis par une manufacture de plaquettes de fusil, sous la direction de Gribeauval.

Lorsque la révolution survient, l'ancienne résidence royale est dans un tel état de délabrement que l'Assemblée Nationale en prescrit la vente, à charge par l'acquéreur de tout démolir. L'adjudication échoue heureusement. Afin de tirer quelques revenus du domaine, le parc est loué à l'abbé Nodin, comme jardin botanique. Les chanoines survivants, et les particuliers logeant dans les grands appartements divisés en petits logements, sont astreints à payer un loyer. La Sainte-Chapelle est transformée en salle d'assemblée primaire ; le donjon, est mis à la disposition de la commune de Paris pour servir d'annexe aux prisons de la ville reconnues insuffisantes.

Les clubs révolutionnaires s'émeuvent des travaux effectués en vue de cette utilisation, et, le 28 février 1791, les habitants du faubourg Saint-Antoine se portent sur Vincennes. Ils pénètrent dans le château, et commencent à détruire le donjon qui n'est sauvé que grâce à l'intervention du général La Fayette.

Après cette échauffourée, les réparations sont interrompues ; le château est livré au Département de la Guerre, le donjon transformé en poudrière, le Pavillon du Roi en prison de femmes de mauvaise vie.

En 1804, la place est commandée par un chef de bataillon, nommé Harel. Il occupe un logement aménagé dans le massif de l'arc-de-triomphe de Le Vau (tour du Bois). Le 20 mars, vers 5 heures du soir, une chaise de poste escortée de gendarmes et paraissant venir de loin, à en juger par la boue dont elle est couverte, s'arrête devant la porte de ce bâtiment. Un jeune homme, tenant un petit chien dans les bras, en descend. Il est reçu par le gouverneur, qui a été prévenu de son arrivée. Réal, le chef de la police consulaire, l'a annoncé sous le nom de Plessis. Sa présence à Vincennes doit être ignorée de tous. Sa détention, d'ailleurs, sera courte. On le croit un complice de Georges Cadoudal. Il sera jugé dans la nuit, et sa condamnation est certaine, Bonaparte voulant un exemple.

Sa fosse est déjà creusée au fond du fossé, près d'un petit mur qui cache un dépôt d'ordures. Sa chambre seule n'est pas encore prête, les mesures prises à son égard ayant été trop hâtives.

Le malheureux ignore saris doute l'horreur de sa situation, car son regard est calme, assuré. A peine remarque-t-on sur ses traits l'empreinte d'une évidente fatigue, tant la noblesse de son visage, de son attitude, en impose. Le vieux jacobin Harel est embarrassé en face de son prisonnier qu'il ne sait où conduire. Il l'invite presque respectueusement à monter se chauffer chez lui, offre qui est acceptée avec reconnaissance, et il le guide avec le lieutenant de gendarmerie Noirot vers l'unique chambre à feu qu'il possède au premier étage de son logement. C'est une grande salle délabrée, prenant jour sur le parc. Au fond, s'ouvre une alcôve grillée, devant laquelle un paravent est déplié pour cacher Mme Harel alitée, souffrante. Les trois hommes causent: la voix de Plessis douce et posée frappe la malade. Elle ne se trompe pas, ce prisonnier, ce Plessis, c'est son frère de lait, Henri de Bourbon, duc d'Enghien, petit-fils du prince de Condé arrêté le 15 mars à Ettenheim, en territoire badois et arrivant directement de Strasbourg.

Reconnu, il reste dans la chambre de Harel jusque vers les six heures du soir. Il est alors conduit dans la pièce qu'on lui avait meublée à la hâte. Il y soupe et se couche. Réveillé à 9 heures, pour subir un interrogatoire du capitaine Dautancourt, il passe à 11 heures devant un conseil de guerre présidé par le général Hulin. Pas de défenseur, quelques questions auxquelles il répond d'une voix assurée, reconnaissant qu'il a porté les armes en soldat, qu'il est à la solde de l'Angleterre parce qu'il n'a pas d'autre moyen d'existence, mais niant toute participation à un complot parce qu'indigne de lui. Puis, la sentence prononcée hors de sa présence : la mort à l'unanimité sans que le président du conseil sache quel article du code citer parce qu'il n'a pas de code ; le recours en grâce refusé, Savary s'opposant à tout retard; seize gendarmes, l'arme chargée, attendant depuis minuit au pied du pavillon de la Reine. Harel va chercher le condamné et lui enjoint de le suivre sans autre explication. Ce n'est qu'en arrivant à la porte de la tour du Diable, que l'infortuné comprend. Cent mètres à marcher dans l'obscurité, le long des remparts humides de pluie, et il se trouve en face du peloton d'exécution. Un adjudant lui lit le jugement en s'éclairant d'une lanterne. Pas de prêtre ; le duc s'agenouille, récite une courte prière, remet une mèche de ses cheveux à Noirot, pour la princesse de Rohan vers laquelle se reportent ses plus chères pensées. Puis on lui attache la lanterne sur la poitrine. Savary, du haut du fossé, s'impatiente de toutes ces longueurs. Il fait signe à l'adjudant qui baisse son épée. Une sourde détonation retentit. Le dernier des Condé tombe pour ne plus se relever.

Le cadavre est jeté tout habillé dans la fosse.

Une légère surélévation des terres, due au foisonnement, révèle pendant quelque temps la place de la sépulture. Puis, le temps nivelle le sol. En 1816, on fit des fouilles méthodiques pour retrouver le corps. Les restes exhumés, mis dans un cercueil, reposent actuellement dans l'oratoire Nord de la Sainte-Chapelle. Une colonne marque, dans le fond du fossé, le lieu de l'exécution.

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LE FOSSÉ SUD DU CHÂTEAU ET LE TOMBEAU DU DUC D'ENGHIEN EN 1819.

(D'après un dessin lithographié de F. A. Pernot).

Quatre ans après ce drame, Napoléon prescrit de transformer le vieux château en arsenal; d'importantes mais hâtives réparations sont faites ; la Sainte-Chapelle est transformée en salle d'armes.

Le donjon redevient prison d'Etat (1808-1814). Les principaux prisonniers de cette période sont : les deux Polignac, le marquis de Puivert ; des diplomates et généraux étrangers, dont Palafox; le baron de Kolli; le célèbre financier Ouvrard, enfin un certain nombre d'ecclésiastiques ayant pris parti pour Pie VII, parmi lesquels les cardinaux di Pietro, Oppizoni, Gabrielli, l'abbé d'Astros, Mgr de Boulogne. On trouve dans le donjon un certain nombre de peintures et d'inscriptions pieuses dues à ce dernier prélat.

En 1812, l'Empereur donne plus d'extension à son premier projet. Il charge le génie d'aménager des casernes pour 1.000 hommes, une salle d'armes pour 10.000 fusils, de rechercher un emplacement pour le muséum d'artillerie, d'établir des magasins susceptibles de contenir 100.000 livres de poudre, d'élever des hangars pour quelques milliers de voitures, enfin de créer des forges et des ateliers pour les ouvriers en bois.

Daumesnil est nommé directeur du nouvel arsenal. Il n'avait alors que trente-six ans. Ses états de service mentionnaient 22 campagnes, 8 drapeaux pris à l'ennemi, 4 généraux faits prisonniers. Ses actions d'éclat ne se comptaient plus. A la bataille d'Arcole il avait couvert Bonaparte de son corps ; à Aboukir, il s'était emparé d'une des queues du capitan Pacha. Sa bravoure, en un temps où l'héroïsme était monnaie courante, se citait, proverbiale : vingt-trois blessures l'attestaient. A Wagram, en chargeant avec un régiment de la Garde qu'il commandait, il avait eu la jambe emportée par un boulet.

Avec un tel homme, l'arsenal prend un développement qu'on ne pouvait même prévoir. Aussi peut-il fournir la presque totalité du matériel nécessaire à la campagne de 1814.

Lors de la bataille de Paris, dernière étape d'une longue mais glorieuse agonie, c'est le canon de Vincennes qui fait entendre la dernière protestation de la France vaincue. Le matériel confié à la garde du général « à la jambe de bois » est sauvé. Mais Louis XVIII ne sait pas reconnaître un tel dévouement. Le héros est nommé à Condé; il accepte ce poste à la frontière. On lui envoie le brevet de chevalier de Saint-Louis ; il refuse.

Le marquis de Puivert lui succède. Fort honnête homme, mais ancien émigré, il n'a aucun prestige sur de vieilles troupes qui ont conservé le culte du drapeau tricolore. Aussi, est-il abandonné de tous, lorsqu'il veut défendre la place au retour de l'Empereur, et doit-il capituler.

Daumesnil est rappelé. Il est à son poste lorsque les alliés, après Waterloo, reparaissent sous les murs du château. Un parlementaire prussien le somme de se rendre. Il reçoit cette réponse : « Rendez-moi ma jambe et je vous rendrai Vincennes. » Le maréchal Blücher s'irrite ; il menace de donner l'assaut à la « bicoque » - — « Essayez, dit le général à son envoyé. Je vous promets de faire tout sauter, et, si je saute, nous sauterons ensemble.

Seulement je ne vous garantis pas que je ne vous égratignerai pas en l'air. » A bout d'argument, on lui propose un million : « Mon refus, s'écrie-t-il dans son indignation, servira de dot à mon fils. »

Les alliés n'osent mettre leurs menaces à exécution : ils se contentent de bloquer la place. Au bout de soixante-douze jours, ils se retirent. Vincennes est sauvé une seconde fois, mais Daumesnil prend sa retraite.

Le marquis de Puivert redevient gouverneur (1815-1830). Sous son gouvernement on continue la démolition des tours commencée en 1808, les restes du duc d'Enghien sont exhumés (1816) ; l'explosion d'un magasin à poudre cause de grands dégâts (1819). Daumesnil reprend ses anciennes fonctions (i83o).

Il trouve encore le moyen d'être utile à son pays, en préservant de la fureur populaire les ministres de Charles X, signataires des ordonnances : le prince de Polignac, MM. de Chantelauze, de Guernon-Ranville, de Peyronnet, confiés à sa garde.

Mais, atteint du choléra il meurt dans son appartement du pavillon de la Reine (1832). La place de gouverneur est alors supprimée.

Depuis cette époque, peu de grands événements sont à mentionner. On doit toutefois rappeler les suivants : en 1840 le vieux château est transformé en fort de seconde ligne de la place de Paris; de 1842 à 1848 le duc de Montpensier commande l'artillerie et occupe les anciens appartements d'Anne d'Autriche dans le pavillon de la Reine restauré à son intention. A la suite de l'émeute de 1849, Barbès et Raspail sont enfermés au donjon. Lors du coup d'Etat de 1851, un convoi de députés de l'opposition, parmi lesquels on trouve Odilon Barrot, le marquis de Talhouët, le duc de Luynes, Berryer, est dirigé sur Vincennes. Les députés, logés dans les appartements du général commandant d'armes, ne couchent qu'une nuit au château.

Sous l'Empire, le vieux fort ne joue aucun rôle.

On ne peut que signaler : une visite du roi de Portugal (1855) ; l'effondrement des voûtes de la tour principale qui fait 17 victimes (1857).

Pendant la guerre de 1870 le général Ribourt établit son quartier général à Vincennes, qui reçoit quelques boulets le 23 janvier 1871. Après le siège, le colonel Faltot occupe la place pour le compte de la Commune. Il capitule d'ailleurs à la première sommation du général Vinoy (28 mai 1871).

Le 22 juillet suivant, le vieux fort, qu'avaient épargné la guerre et l'insurrection, est bouleversé par l'explosion d'un dépôt de munitions.

Après ces heures tragiques, Vincennes n'a pour ainsi dire plus d'histoire. Il ne reste à noter que la création d'une direction d'artillerie (1871), la visite du roi de Siam (1898), celle du shah de Perse (1900); d'Edouard VII, roi d'Angleterre et de Victor-Emmanuel II, roi d'Italie (1903); d'Alphonse XIII, roi d'Espagne (1905).

V7


LE CHÂTEAU VERS. 1610 (D'après la gravure d'Israël Silvestre.)

Château de Vincennes aujourd'hui. Photos : Source web.
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DATES ET EVENEMENTS Liés à la MONARCHIE FRANCAISE

ET A SES PAIRS.

  Le 16ième siècle.

RDB

RHONAN DE BAR

ANNÉE 1541.

15 Janvier : Par François 1er, le Canada est rattaché à la France.

19 Mars : L’Amiral Chabot est réintégré dans ses fonctions.

23 Mai : Jacques Cartier quitte Saint-Malo pour son troisième périple en mer.

1er Juin : « Jacquerie des Pitauds [1]» suite à l’Edit de Châtellerault visant à augmenter la gabelle.

15 Juin : Anne de Montmorency, par ses prises de positions pro-impériales, est écarté du pouvoir.

23 Août : Arrivée de Jacques Cartier à Stadacona.

ANNÉE 1542.

14 Février : Intervention de François Olivier, Chancelier de France, auprès de Soliman pour le dissuader d’envahir la Hongrie.

7 Juillet : Edit de François 1er contre la Réforme en France.

12 Juillet : A Lagny, au nom de François 1er ; le Conseil Royal déclare une quatrième guerre contre Charles Quint. Alliance de Francois 1er avec Soliman.

2 Août : Arrestation puis destitution du Chancelier Poyet qui avait mené le procès de l’Amiral Chabot.

4 Octobre : Fin du siège de la ville de Perpignan par les troupes françaises. Début du siège 26 août.

31 Octobre : Naissance d’Henriette de Nevers[2]. Future épouse de Louis de Gonzague.

29 novembre : Le roi danois envoie des ambassadeurs en France, avec lesquels François conclut, 1541, à Fontainebleau, une alliance offensive et défensive.

5 Décembre : Naissance à Linlithgow de Marie Stuart[3].

ANNÉE 1543.

9 Janvier : Mort à Saint-Symphorien-de-Lay de Guillaume du Bellay[4].

11 Février : Signature d’un traité d’alliance entre Charles V et Henri VIII contre François 1er.

18 Février : Naissance à Nancy de Charles III[5].

1er Avril : Naissance à Saint-Bonnet du Connétable François de Bonne[6].

22 Août : Prise de Nice par l’alliance franco-turque. La ville se rend mais pas le château.

26 Août : Défaite des troupes menées par le Duc de Clèves face aux troupes impériales.

12 Septembre : Prise de la ville de Luxembourg par le Duc d’Orléans.

20 Septembre : François 1er ordonne la reconstruction des Halles à Paris.

27 Septembre : François 1er fait son entrée dans la ville de Luxembourg.

ANNÉE 1544.

19 Janvier : Naissance à Fontainebleau de François II[7].

14 Avril : Victoire à Cérisoles de François d’Enghien[8] sur les troupes impériales.

8 Juillet : Début du siège de la ville de Saint-Dizier par Charles Quint.

10 Août : Capitulation de la ville de Saint-Dizier. Les portes ne s’ouvriront pas avant le 17 du même mois. 

14 Septembre : Capitulation du Sieur de Vervins, commandant de Boulogne, devant Henri VIII.

18 Septembre : Signature d’une trêve entre François 1er et Charles Quint à Crépy en Valois.

ANNÉE 1545.

1er Janvier : Sous la pression de l’Eglise, François 1er revient sur les largesses qu’il avait eu à l’égard des Vaudois.

23 Février : Mort accidentelle du Comte d’Enghien au château de la Roche-Guyon.

12 Avril : Le Parlement d’Aix ordonne la mise en application de l’Edit signe par le Roi le 1er janvier.

13-18 Avril : Les troupes menées par d’Oppède saccagent, pillent, brûlent les villages vaudois. Les derniers se réfugieront à Cabrières-d’Aigues.

28 Avril : François Olivier[9], alors Président au Parlement de Paris est nommé Chancelier.

3 Juillet : Victoire navale française à Chef-de-Caux.

18 Juillet : Bataille navale franco-anglaise proche l’île de Wight.

15 Août : Victoire navale française à la Bataille de Boulogne.

9 Septembre : Mort à l’Abbaye de Forêt-Moutiers de Charles d’Orléans[10].

 

 

[1] Révolte de paysans dont l’effectif s’élèvera jusqu’à 20000 hommes. [2] Dite aussi Henriette de Clèves. Née à la Chapelle-dAnguillon. Fille de François 1er de Nevers et de Marguerite de Vendôme.[3] Fille de Marie de Guis et de Jacques V d’Ecosse. Future épouse de François II.[4] Seigneur de Langey. Né au château de Glatiny. Fils de Louis du Bellay et de Marguerite de La Tour-Landry. Historiographe.[5] Duc de Lorraine et de Bar. Fils de François 1er de Lorraine et de Christine de Danemark.[6] Ou Duc de Lesdiguières. Fils de Jean II de Bonne et de Françoise de Castellane. Futur grand Militaire.[7] Fils d’Henri II et de Catherine de Médicis. Petit-fils de François 1er.[8] Né au château de la Fère le 23 septembre 1519. Fils de Charles de Bourbon-Vendôme et de Françoise d’Alençon.[9] Né à Paris en 1497. Il est nommé Chancelier de France et Garde des Sceaux.[10] Troisième fils de François 1er et de Claude de France.

ANNÉE 1546.

2 Avril : Naissance à Fontainebleau d’Elisabeth de France[11].

7 Juin : Traité d’Ardres entre François 1er et Henri VIII. Boulogne, contre une forte rançon, est restituée à la France.

16 Juillet : Pour la sécurité du Royaume, François 1er proclame un Edit interdisant le port d’armes en France. 

3 Août : Les imprimeurs, permettant le développement des thèses luthériennes, sont considérés comme dangereux et exécutés un peu partout dans le Royaume.

7-8 Octobre : Jugement et exécution de Réformés à Meaux.

ANNÉE 1547.

2 Janvier : Fieschi, avec l’aide de François 1er tente de renversé Doria.

11 Mars : Edouard Seymour, duc de Somerset, favorable aux réformés cherche l’appui de la France.  

31 Mars : Mort à Rambouillet du Roi François 1er. Henri II devient Roi de France. A ceci s’ajoute

- disgrâce de Claude d’Annebault (Favori du défunt Roi).

- disgrâce puis exil de la duchesse d’Etampes[12]. Maîtresse du défunt Roi.

2 Avril : Henri II élit quatre secrétaires d’Etat. Ils sont détachés aux finances.

23 Mai : Obsèques de François 1er inhumé en la Nécropole Royale de Saint-Denis. Par la même occasion sont inhumés ses deux fils François, 1er dauphin et Charles, duc d’Orléans.

10 Juillet : Affaire célèbre du « Coup de Jarnac » opposant Guy Chabot de saint-Gelais [13]  à François de Vivonne[14].

25 ou 26 Juillet : Sacre à Reims du Roi Henri II.

8 Octobre : Création de la Chambre ardente chargée de lutter contre l’hérésie.

12 Novembre : Naissance à Fontainebleau de Claude[15].

ANNÉE 1548.

Juillet-Août : « Révolte des Pitauds. » Massacre de certains officiers de la Couronne. Le 12, les révoltés prennent Saintes.

21 Septembre : Henri II est de retour de Turin. Il fait son entrée dans la ville de Lyon. Dans le même temps, le Connétable combat en Guyenne.

13 Octobre : Le Roi Henri II est à Moulins. Il y célèbre les noces d’Antoine de Bourbon[16], avec Jeanne d’Albret [17]et celles de François de Lorraine[18] avec Anne d’Este[19].

ANNÉE 1549.

3 Février : Naissance à Saint-Germain-en-Laye de Louis de France[20], Duc d’Orléans.

10 Juin : Couronnement de Catherine de Médicis à Saint-Denis[21].

8 Août : Nouveau conflit entre la France et l’Angleterre.

2 Juillet : Henri II, à la demande de son chancelier tient un Lit de Justice.

11 Juillet : Léon Strozzi[22] part du Havre-de-Grâce avec 12 navires armés.

1 Août : Bataille navale Franco-Anglaise. Strozzi coule plusieurs vaisseaux anglais. Repli de ces derniers sur Guernesey.

25 Août : Le Connétable de Montmorency reprend les forts de Selacque, Ambleteuse, Maconnet et Mont Saint-Lambert aux Anglais.

1er Octobre : M. de Termes reprend la ville d’Haddington. 

10 Novembre : Mort du Pape Paul III.

21 Décembre : Mort de Marguerite d’Angoulême [23]ou d’Alençon, dite aussi de Navarre.

ANNÉE 1550.

7 Février : Élection de Giammaria Ciocchi del Monte sur le Siège pontifical. Il prend nom Jules III.

24 Mars : Traité de paix. Les Anglais, contre 400000 écus de rançon, restituent Boulogne aux Français.

12 Avril : Mort à Joinville de Claude de Guise[24], Duc de Lorraine. Epoux d’Antoinette de Bourbon[25].

 15 Mai : Henri II fait une entrée triomphante dans la ville de Boulogne.

27 Juin : Naissance à Saint-Germain-en-Laye de Charles IX[26].  

25 Août : Mort de Georges II d’Amboise[27]. Archevêque de Rouen.

24 Octobre : Mort en bas-âge à Mantes de Louis de France.

31 Décembre : Naissance d’Henri 1er de Guise[28].

 

COPYRIGHT RHONAN DE BAR.

[11] Deuxième enfant et fille d’Henri II et de Catherine de Médicis.[12] Anne de Pisseleu. Née en 1508 était issue d’une famille pauvre mais de vieille et haute noblesse.[13] Né à Saint-Gelais en 1514. Fils de Charles 1er de Chabot et de Jeanne de Saint-Gelais. (7ième baron de Jarnac)[14] Né vers 1520. Seigneur de la Châtaigneraie. Filleul de François 1er.[15] Duchesse de Lorraine. Deuxième fille d’Henri II et Catherine de Médicis.[16] Né à La Fère le 22 avril 1518. Fils de Charles, Duc de Vendôme et de Françoise d’Alençon.[17] Née à Saint-Germain en Laye le 16 Novembre 1528. Fille d’Henri II d’Albret et de Marguerite d’Angoulême.[18] Henri II l’élève au rang de Duc d’Aumale.[19] Née à Ferrare le 16 novembre 1531. Fille d’Hercule de ferrare et de Renée de France.[20] Deuxième fils d’Henri II et de Catherine de Médicis.[21] Les Cardinaux de Bourbon, de Vendôme, de Boulogne, de Châtillon et de Guise y assistent.[22] Amiral de la Marine de guerre française. 1515-1554.[23] Née à Angoulême le 11 avril 1492. Fille de Charles d’Orléans, duc d’Angoulême et de Louise de Savoie. Marguerite est la sœur aînée de François 1er. Elle est favorable aux Réformés.[24]  Né à Condé le 20 octobre 1496. Fils de René II et de Philippe de Gueldre.[25]  Née à Ham le 25 décembre 1494. Fille de François Bourbon-Vendôme et de Marie de Luxembourg.[26] Fils d’Henri II et Catherine de Médicis. Charles IX est frère de François II et Henri III.[27] Né en 1488. Fils de Jacques IV d’Amboise et de Catherine de Saint-Bellin. Neveu du Cardinal d’Amboise.[28] Dit le Balafré. Deuxième Duc de Guise. Fils de François de Guise et d’Anne d’Este.

Photos : source web.
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Les vingt-six articles du serment des Chevaliers

Ci-dessous les articles du serment que les chevaliers étaient obligés de faire à leur réception, savoir :

I.

De craindre, de révérer et de servir Dieu Religieusement, et de combattre pour la foi de toutes leurs forces, et de mourir plutôt que de renoncer au christianisme.

II.

De servir leur prince souverain fidèlement, et de combattre pour lui et pour sa patrie.

III.

De soutenir le bon droit des faibles, comme veuves, Orphelins et damoiselles, en juste querelle, et s'exposant pour eux selon que la nécessité le requerrait, pourvu que ce ne fût point contre leur honneur ; ou contre leur roi ou prince naturel.

IV.

Qu'ils n'offenseront jamais aucune personne malicieusement

ni n'usurperont le bien d'autrui, mais plutôt qu'ils combattront contre ceux qui le feraient.

V.

Que l'avarice, la récompense, le gain et le profit, ne les obligeront à faire aucune action, mais seulement la gloire et la vertu.

VI.

Qu'ils combattront pour le bien et le profit de la chose publique.

VII.

Qu'ils tiendront et obéiront aux ordres de leurs généraux et capitaines, qui auraient le droit de les commander.

VIII.

Qu'ils garderont l'honneur, le rang et l'ordre de leurs compagnons, et qu'ils n'empiéteront rien par orgueil ni par force sur aucun d'eux.

IX.

Qu'ils ne combattront jamais accompagnés contre un seul, et qu'ils fuiront toute fraude et supercherie.

X.

Qu'ils ne porteront qu'une épée, à moins qu'ils ne soient obligés de combattre contre deux ou plusieurs.

XI.

Que dans un tournois ou autre combat à plaisance, ils ne se serviront jamais de la pointe de leur épée.

XII.

Qu'étant pris dans un tournois, prisonniers, ils seront obligés par leur foi d'exécuter de point en point les conditions de l'emprise, outre qu'ils seront obligés de rendre aux vainqueurs leurs armes et leurs chevaux, s'ils les veulent avoir, et ne pourront combattre en guerre ou ailleurs, sans leur congé.

XIII.

Qu'ils doivent garder la foi inviolablement à tout le monde, et particulièrement à leurs compagnons, soutenant leur honneur et leurs biens en leur absence.

XIV.

Qu'ils s'aimeront et s'honoreront les uns et les autres, et se porteront aide et secours, toutes les fois que l'occasion s'en présentera, et ne combattront jamais l'un contre l'autre, si ce n'est sans se connaître.

XV.

Qu'ayant fait voeu et promesse d'aller entre prendre une aventure, quelle qu'elle soit, ils ne quitteront jamais les armes si ce n'est pour le repos de la nuit.

XVI.

Qu'en la poursuite de leur aventure, ils ne quitteront point les mauvais et périlleux passages, ni se détourneront du droit chemin, de peur de rencontrer des chevaliers puissants ou autre empêchement, que le corps et le courage d'un seul homme peut mener à chef.

XVII.

Qu'ils ne prendront jamais aucuns gages ni pensions d'un prince étranger.

XVIII.

Que commandant les troupes des gens-d'armeries, ils vivront avec le plus d'ordre et de discipline qu'il leur sera possible, et notamment en leur propre pays, où ils ne souffriront jamais que l'on fasse aucun dommage ni violence.

XIX.

Que s'ils sont obligés de conduire une dame ou damoiselle ; ils la serviront, protégeront, et la sauveront de tous dangers et de toute offense, où ils mourront plutôt pour la défendre.

XX.

Qu'ils ne feront jamais violence à dames ou damoiselles, encore qu'ils les eussent gagnées par armes, sans leur volonté et consentement.

XXI.

Qu'étant appelés au combat, ils ne refuseront point sans cause de blessures ou de maladie, ou autre empêchement raisonnable.

XXII.

Qu'ayant entrepris de terminer une entreprise, ils y vaqueront un an et un jour, s'ils ne sont rappelés pour le service du roi ou de leur patrie.

XXIII.

Que s'ils font un voeu pour acquérir quelque honneur, ils ne l'abandonneront point qu'ils ne l'aient accompli.

XXIV.

Qu'ils observeront fidèlement leur parole et leur foi données : qu'étant prisonniers en bonne guerre, ils payeront exactement la rançon promise, ou se remettront en prison au jour et temps convenus, selon leur promesse, à peine d'être déclarés infâmes et parjures.

XXV

Que de retour à la cour de leurs souverains, ils rendront un véritable compte de leurs aventures, quand même elles seraient à leur désavantage, au roi et au greffier de l'ordre, à peine d'être privés de l'ordre de chevalerie.

XXVI.

Que sur toute chose ils seront fidèles, courtois, humbles, et ne manqueront jamais à leur parole.

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DATES ET EVENEMENTS Liés à la MONARCHIE FRANCAISE

ET A SES PAIRS.

   Le 16ième siècle.

RDB

RHONAN DE BAR

ANNÉE 1531.

22 Février : Charles Quint profite de son séjour à Bologne avec Clément V pour se faire sacrer roi de Lombardie.

27 Février : Les Protestants allemands obtiennent l’appui de François 1er.

5 Mars : Sacre d’Eléonore d’Autriche, seconde épouse de François 1er.

24 Mars : Charles Quint se fait sacrer Empereur.

20 Mai : Mort de Nicolas Montmorency-Laval [1]dit Guy XVI de Laval. Il s’était entre autre fait remarquer au côté de Louis XII.

23 Juillet : Mort à Anet de Louis de Brézé[2], époux de Diane de Poitiers[3]. Dans le même mois,

29 Septembre : Mort de Louise de Savoie au château de Fontainebleau. Ses possessions reviennent au domaine royal.

? de Novembre : François 1er entame un long périple à travers le Royaume. Il prendra fin trois ans plus tard.

ANNÉE 1532.

23 Juin : Traité d’alliance entre Henri VIII et François.

7 Août : Signature du Traité d’union du duché de Bretagne au Royaume de France.

13 Août : Edit d’union entre Bretagne et France sous l’appellation d’Edit du Plessis-Macé.

12 Septembre : Les Vaudois de Provence adhèrent aux thèses luthériennes.

21 Octobre : Rencontre entre Henri VIII et François 1er à Boulogne. Echanges respectifs aux souverains des ordres de Saint-Michel et de la Jarretière.

28 Octobre : Alliance à Calais entre la France et l’Angleterre contre les Turcs.

ANNÉE 1533.

28 Février : Naissance de Michel de Montaigne[4].

30 Juin : Henri II est blessé par Gabriel de Montgommery[5].

4 Octobre : Clément VII débarque à Marseille. Il ne fait son entrée dans la ville que le 12 dudit mois.

28 Octobre : Henri II épouse Catherine de Médicis[6].  

7 Novembre : A la demande de François 1er, le Pape ordonne quatre Cardinaux. L’un d’entre eux embrassera le Protestantisme par la suite.

12 Novembre : Le pape rejoint la ville de Marseille.

6 Décembre : Clément VII quitte le Royaume de France.

ANNÉE 1534.

28 Janvier : Alliance d’Augsbourg entre François 1er et Philippe 1er de Hesse.

24 Janvier : Réforme de l’Infanterie par François 1er.

21 Août : Mort à Malte de Philippe de Villiers de L'Isle-Adam[7].

 25 Septembre : Mort du Pape Clément VII.

12-13 Octobre : Election d’Alexandre Farnèse[8] dit Paul III au Pontificat.

18 Octobre : L’affaire des Placards éclate. Les Protestants y récusent l’Eucharistie. S’ouvre une vague de répression. Calvin quitte la France.

ANNÉE 1535.

11 Janvier : Institution du supplice de la Roue.

21 janvier : Procession suite à l’affaire des Placards. François 1er suit les reliques des saints et martyrs conservés dans les sanctuaires de Paris.

10 Mai : Le navigateur français Jacques Cartier [9]découvre le Canada

9 Juillet : Mort à Nantouillet d’Antoine Duprat[10], Cardinal et Chancelier de France.

16 Juillet : Edit de tolérance signé par François 1er à Coucy.

24 Octobre : Mort de François Sforza. François 1er réclame le Milanais.

ANNÉE 1536.

11 Février : Ordre est donné par François 1er à l’amiral Chabot d’occuper la Bresse et la Savoie.

24 Février : Les troupes françaises envahissent la Savoie.

6 Mars : Départ des Troupes françaises de Crémieux. Turin capitule. Les sires d’Annebaut et de Montéjan en prennent possession.

5 Avril : Charles Quint et François concocte un duel pour mettre fin à leurs différends.

18 Avril : François 1er envoie le Cardinal de Lorraine en tant qu’émissaire auprès de l’Empereur. Il en profite pour rendre visite à Chabot.

23-26 : Rencontre entre Charles Quint et le Cardinal de Lorraine.

13 Juillet : Charles Quint et son armée passent le Var. Ses enseignes sont plantées à Saint-Laurent du Var.

25 Juillet : Charles Quint ravage la Provence.

10 Août : Mort au château de Tournon de François[11]. Henri d’Orléans devient héritier du Trône.

12 Août : Nassau entreprend le siège de Péronne.

25 Septembre : Charles Quint, sous les coups répétés des troupes françaises, décide de se replier.

7 Octobre : Montecucculi de Ferrera, soupçonné d’empoisonnement sur la famille royale est condamné à mort par écartèlement.

26 Novembre : A Blois, signature du contrat de mariage entre Madeleine et Jacques V d’Ecosse.

ANNÉE 1537.

1er Janvier : A Paris, Madeleine -5ième enfant du couple royal- épouse Jacques V d’Ecosse.

15 Janvier : François 1er tient à nouveau « lit de Justice » dans l’espoir de pouvoir humilier l’Empereur.

3 Mai : François 1er met le feu à toutes les places fortes qu’il occupait. Il licencie son armée.

28 Mai : Madeleine et Jacques V débarquent en Ecosse.

2 ou 7 Juillet : Mort de Madeleine de France.

16 Novembre : Signature d’une trêve de trois mois entre Velly[12] et Perrenot de Granvelle[13].

15 Décembre : Préliminaires de paix. Charles Quint se propose d’offrir le duché de Milan à François 1er.

ANNÉE 1538.

10 Février : Anne de Montmorency[14] devient Connétable de France.

14 Juin : Arrivée de Marie de Guise en Ecosse, future épouse de Jacques V.

17-18 juin : A l’appui du Pape Paul III, trêve de Nice entre François 1er et Charles Quint.

14 Juillet : Arrivée de Charles Quint à Aigues-Mortes. Entrevue avec François 1er.

10 Décembre : Edit de François 1er condamnant les hérétiques.

ANNÉE 1539.

1er Février : Déclaration est donnée que le second fils de François 1er devra épouser ou l’infante de Castille, ou la fille du Roi des Romains.

10 Février : Procès et condamnation de l’Amiral Chabot.

24 Juin : Première répression contre les Roms.

30 Août : Ordonnance de Villers-Cotterêts. Le Français s’impose en tant que langue officielle.

18 Septembre : Mort de Louis IV de Nevers. Compagnon de François II[15]. Conseiller politique du Duc d’Anjou.

ANNÉE 1540.

1er Janvier : François 1er et l’Empereur Charles Quint font leur entrée dans Paris.

1er Juin : Edit de Fontainebleau contre les réformés.

8 Août : Nouvelles dispositions sont données pour le procès de l’Amiral Chabot.

 

COPYRIGHT RHONAN DE BAR.

[1] Né le 1er octobre 1476. Fils de Jean de Laval. Il fut entre autres Comte de Laval, Baron de Vitré, Vicomte de Rennes….Gouverneur et Lieutenant Général en Bretagne. [2] Né vers 1460. Fils de Jacques de Brézé et de Charlotte de Valois. Comte de Maulévrier, Vicomte de Bec-Crespin… Dernier grand Sénéchal de Normandie.[3] Date et lieu de naissance incertains : 3 septembre 1499 ou 9 janvier 1500, à Saint-Vallier où Etoile sur Rhône. Fille de Jean de Poitiers et de Jeanne de Batarnay.[4] Michel Eyquem de Montaigne était écrivain, philosophe, moraliste. Homme politique.[5] Gabriel, sieur de Lorges est né à Ducey en 1530. Fils de Jacques 1er de Lorges.[6] Née à Florence le 13 avril 1519. Fille de Laurent II de Médicis et de Madeleine de la Tour d’Auvergne. Nièce de Clément VII.[7] 44e Grand Maître de l'ordre des Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem.[8] Né à Rome le 29 février 1498. Fils de Pier Luigi Farnèse et de Giovanelle Gaetini.[9] Né à Saint-Malo en 1431 (entre le 7 juin et le 23 décembre). Fils de Jamet et de Geffline Jansart.[10] C’est Antoine Duprat qui couronna Eléonore d’Autriche à Saint-Denis le 5 octobre 1531.[11] Duc de Bretagne. Troisième enfant de François 1er et Claude de Bretagne.[12] Ambassadeur français à Naples et Rome auprès de l’Empereur.[13] Personnage Franc-Comtois, garde des sceaux de l’Empereur.[14] Né à Chantilly le 15 mars 1493. Fils de Guillaume de Montmorency.[15] Fils aîné d’Henri II et Catherine de Médicis.

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DATES ET EVENEMENTS Liés à la MONARCHIE FRANCAISE

ET A SES PAIRS.

 Le 16ième siècle.

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ANNÉE 1521.

15 Avril : Condamnation des thèses luthériennes par la faculté de théologie de Paris.

28 Avril : François 1er, suite au décès de Suzanne de Bourbon[1], réclame les duchés d’Auvergne et de Montpensier.

8 Mai : Signature secrète du Traité entre Léon X et Charles Quint.

19 Mai : Début de la guerre entre l’Empire et la France.

13 Août : Prise de Mouzon (Champagne) par les troupes de l’Empire commandées par le comte de Nassau.

31 Août : Début du siège de Mézières (aujourd’hui Charleville-Mézières) par le comte de Nassau.

22 Octobre : Sursaut d’orgueil des troupes françaises à hauteur de Valenciennes.

23 Novembre : M. Lautrec s’enfuit par la porte de Côme. Milan tombe aux mains des troupes de l’Empire.

1er Décembre : Décès du Pape Léon X.

ANNÉE 1522.

9 Janvier : Élection d’Adrien VI à la tête de l’Église de Rome. 

22 Janvier : Naissance à Saint-Germain en Laye de Charles[2]

27 Avril : Défaite des troupes françaises lors de la Bataille dite « de la Bicoque ». Malgré l’indiscipline des Suisses, M. Lautrec a fait preuve de grandeur.

28 Avril : Mort à Châtellerault de la duchesse Suzanne de Bourbon. S’ouvre alors un conflit entre Madame de Savoie –la Reine mère- et le Connétable de Bourbon au sujet de l’héritage. 

3 Mai : Les troupes françaises perdent Crémone et Gênes.

29 Mai : Clarence, Roi d’armes d’Henry VIII, rejoint François 1er à Lyon. Déclaration de guerre.

14 Novembre : Mort d’Anne de France, dite Anne de Beaujeu au château de Chantelle.

17 Novembre : Perte de Milan par l’armée française.

ANNÉE 1523.

15 Avril : Martin Bucer [3] arrive à Strasbourg. Il y met la Réforme en place.

5 juin : Naissance à Saint-Germain-en-Laye de Marguerite -7ième enfant du couple royal-.

Juillet : L’Angleterre et le Saint-Empire décident d’envahir la France.

12 Août : Les livres de Luther sont brûlés sur le parvis de Notre-Dame à Paris.

11 Septembre : François 1er décide de l’arrestation du Connétable de Bourbon pour trahison.

14 Septembre : L’armée française marche sur Milan. Mort du Pape Adrien VI.

22 Septembre : Naissance de Charles 1er de Bourbon[4].

19 Novembre : Élection au Pontificat de Jules de Médicis. Il prend le nom de Clément VII.

ANNÉE 1524.

30 Avril : Le Chevalier Bayard [5]perd la vie à la Bataille de Sesia.

7 Juillet : Le Connétable passe le Var et envahit la Provence.

7-10 Juillet : Plusieurs villes de Provence, ralliées au Royaume sous Louis XI ouvrent leurs portes aux troupes de l’Empire.

20 Juillet : Mort à Blois de Claude de Bretagne.

24 Septembre : Le Connétable ordonne l’assaut de la ville de Marseille.

8 Septembre : Mort à Blois de Charlotte, deuxième fille de François 1er et Claude de Bretagne.

28-29 Septembre : Repli du Connétable de Bourbon au-delà des Alpes après sa défaite devant Marseille.

28 Octobre : Siège de Pavie par les troupes françaises.

ANNÉE 1525.

24 Février : François 1er ; alors prisonnier de Charles Quint est embarqué pour l’Espagne. Mort de M. de La Palice[6].

30 Août : Négociation du Traité de Moore entre Louis de Savoie (Régente) avec Henri VIII. Alliance définitive entre les deux pays.

28 Septembre : Charles Quint, craignant plus pour la rançon que pour la vie même de son captif, se rend au chevet de François 1er.

ANNÉE 1526

14 Janvier : François 1er, par le Traité de Madrid, renonce à ses droits sur Naples et Milan.

21 Février : François 1er quitte Madrid et se rapproche de la frontière.

18 Mars : Echange de François 1er contre deux de ses fils.

22 Mai : Signature par François 1er à Cognac d’un traité d’alliance dit « Ligue de Cognac » entre La France, le Pape Clément VII, les Vénitiens et Sforza.

24 Juillet : Le château de Milan tombe aux mains des Impériaux.

ANNÉE 1527.

10 Janvier : Anne de Montmorency[7] épouse Madeleine de Savoie à Saint-Germain-Laye.

30 Janvier : Le Connétable se joint à Plaisance à l’armée de Frundsberg[8].

17 Mars : Mort de ce dernier. Bourbon prend seul le commandement des armées.

30 Avril : Signature de trois traités entre François 1er et Henri VIII.

5-6 Mai : Siège de Rome par le Connétable. Mort de ce dernier le 6 lors de l’assaut.

24 Juillet : François premier siège au parlement de Paris.

9 Août : Poncher, trésorier général et Semblançay, surintendant des finances, sont pendus au gibet de Montfaucon.

18 Août : Confirmation par une rencontre à Abbeville entre François 1er et le Cardinal Wolsey (émissaire d’Henri VIII) qui entérine les Traités du 30 avril.

1er Octobre : M. Lautrec et ses troupes pillent Pavie.

21 Octobre : Naissance de Louis de Lorraine[9].

9 Décembre : Le pape réussit à s’échapper du Château Saint-Ange

10 Décembre : Annulation par le Parlement de Paris de la clause du Traité de Madrid.

16 Décembre : Approbation de la politique de François 1er par divers Grands du Royaume.

30 Décembre : Entérination définitive de l’approbation du 16 dudit mois par les Grands du Royaume.

ANNÉE 1528.

9 Janvier : Départ de Bologne de M. Lautrec et de ses troupes.

22 Janvier : Déclaration de guerre commune (France-Angleterre) à Charles Quint.

3 Février : Ouverture du Concile de Sens qui, le 09 Octobre condamnera les idées luthériennes.

10 Février : M. Lautrec passe le Tronto et entre dans les Abruzzes.

15 Mars : Lettres Patentes : Le pouvoir royal se déplace du Val de Loire à Paris.

1er Mai : M. Lautrec et ses troupes mettent le siège devant Milan.

31 Mai : Profanation d’une statue de la Vierge à Paris. François 1er en prend ombrage. Il refuse de couvrir le parti réformateur.

11 Juin : Procession. François 1er ayant fait réaliser une statue en argent, celle-ci vient remplacer celle renversée. Plusieurs Grands du Royaume sont présents. 

12 Août : Le Comté de Guise est élevé au rang de Duché-pairie. Claude de Lorraine [10]devient Duc de Guise.

15 Août : Mort de M.Lautrec victime, comme ses troupes, d’une épidémie lors du siège de Naples. Marquis de Saluces prend le commandement.

12 Septembre : Les Français sont chassés de Gênes par la flotte impériale commandée par Doria.

16 Novembre : Naissance à Saint-Germain-en-Laye de Jeanne d’Albret[11], nièce de François 1er.

ANNÉE 1529.

16 Avril : Louis Berquin[12], adepte de la Réforme, est exécuté pour hérésie.

7 Avril : Arrivée de Louise de Savoie et Marguerite d’Autriche à Cambrai. Entretiens à huis-clôt.

25 Avril : Emeute de la « Grande Rebeyne » à Lyon.

28 Juin : A Paris, Hercule II épouse Renée, seconde fille de Louis XII et soeur de Claude, 1ère épouse de François 1er.

5 Août : Signature du Traité dit « paix des dames » conclu entre Louise de Savoie et Marguerite d’Autriche.

29 Novembre : François 1er dénonce certaines des closes du Traité de Cambrai ou paix des dames.

ANNÉE 1530.

24 Mars : Fondation par François 1er du Collège des Lecteurs Royaux.

7 Mai : Naissance à Vendôme de Louis 1er de Bourbon[13].

2 Juillet : François intervient dans l’affaire du divorce entre Henri VIII et Catherine d’Aragon. Il contraint l’Université de Paris à entériner le divorce.

7 Août : A Le Frêche, François 1er épouse Eléonore de Habsbourg[14], sœur de Charles Quint.

 

COPYRIGHT RHONAN DE BAR.

[1] Née en 1491. Fille de Pierre II, sire de Beaujeu, Duc de Bourbon et d’Auvergne et d’Anne de France. [2] Sixième enfant de François 1er   et de Claude de France. Charles porte les titres de Duc d’Orléans, de Bourbon, d’Angoulême et de Châtellerault. Comte de Clermont et de la Marche. [3] Né à Selestat le 11 novembre 1491. Réformateur et théologien. [4] Fils de Charles IV, Duc de Vendôme et de Françoise d’Alençon. Archevêque de Rouen, Il sera, en parallèle d’Henri IV, sacré Roi de France par les Ligueurs sous le nom de Charles X.[5] De son vrai Pierre Terrail le Vieux, Bayard est né en 1476 à Pontcharra (Isère). Fils d’Aymon (Amon le Vieux) et d’Hélène Alleman-Laval.[6] De son vrai nom Jacques II de Chabannes. La Palice est né en 1470. Fils de Geoffroy de Chabannes et de Charlotte de Prie.[7] Né le 15 mars 1493 à Chantilly. Mort en 1567 à Paris. A la fois, duc, pair de France, Maréchal. Emule du Chevalier Bayard.[8] Soldat et capitaine des Lansquenets des Habsbourg.[9] Né à Joinville. Fils de Claude de Lorraine, Duc de Guise et d’Antoinette de Bourbon-Vendôme. Il deviendra Evêque de Metz. Il sacrera Henri III à Reims.[10] Né le 20 octobre 1496 à Condé. Fils puiné de René II et de Philippe de Gueldre.[11] De son union avec Antoine de Bourbon naîtra en 1553 Henri III, qui sera en premier lieu Roi de Navarre puis, en 1589 deviendra Roi de France et prendra nom Henri IV.[12] Né vers 1490 à Vieux-Berquin. A la fois avocat, fonctionnaire, linguiste et réformateur.[13] Fils de Charles IV de Bourbon et de Françoise d’Alençon. Oncle du futur Roi Henri IV. Principal chef Protestant.[14] Née à Louvain le 15 novembre 1498. Fille de Philippe 1er le Beau –Archiduc d’Autriche, Duc de Bourgogne et de Jeanne 1er la Folle, Reine de Castille.

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