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L'Avènement du Grand Monarque

L'Avènement du Grand Monarque

Révéler la Mission divine et royale de la France à travers les textes anciens.

Publié le par Rhonan de Bar
Publié dans : #ORDRES DE CHEVALERIE

CALATRAVA (Ordre de).

 

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Don Sanche III, dit le Grand, roi d'Aragon, conquit sur les Maures la ville de Calatrava, dont il confia la garde aux Templiers. Ces derniers, à la nouvelle qu'une puissante armée venait pour l'assiéger, l'abandonnèrent et la remirent

entre les mains du roi, qui la promit en toute propriété à quiconque se chargerait de la défendre. Deux moines de l'abbaye de Citeaux, don Raymon de Burever, abbé du monastère de Sainte-Marie de Hystéro, et don Diégo Velasquez, acceptèrent ces conditions et promirent d'en soutenir vaillamment le siège, aidés de quelques personnes de distinction. Leur courage ne leur fit pas défaut, et ils repoussèrent l'armée ennemie avec un plein succès.

Le roi, satisfait, ratifia la promesse qu'il avait faite et donna la ville à ses défenseurs, ceux-ci s'y établirent définitivement; et reçurent de don Sanche de nouvelles libéralités, qui furent approuvées plus tard par son petit-fils Alphonse IX.

Ce fut à l'aide de ces possessions que les combattants de Calatrava constituèrent régulièrement un ordre religieux et militaire, dont les statuts furent confirmés, le 16 septembre 1164, par le pape Alexandre III. A la mort de don Raymon, qui avait été élu grand maître, les chevaliers de l'ordre lui donnèrent pour successeur don Garces de Aca. En 1213, la ville d'Alcantara leur fut confiée par Alphonse IX; ils la défendirent contre les Maures jusqu'en 1217, et la remirent aux chevaliers de Saint-Julien du Poirier.

En reconnaissance, ces derniers s'unirent à l'ordre de Calatrava, qui s'adjoignit, quelques années plus tard, l'ordre d'Avis, à la suite d'une donation des biens de l'ordre, faite par le grand maître Garces de Aca aux chevaliers de l'ordre d'Avis; enfin, en 1221, l'ordre de Montjoie fut incorporé également à l'ordre de Calatrava, Cette association ne dura pas; des dissensions ·s'élevèrent, En 1385, Jean, roi de Portugal, fut élu grand maître de l'ordre d'Avis par une partie des chevaliers, qui se détachèrent de celui de Calatrava. Ceux d'Alcantara ne tardèrent pas à suivre cet exemple en se nommant un chef, qui reprit le titre de grand maître de l'ordre d'Alcantara; et, bientôt affaibli par ses luttes intestines, la décroissance de l'ordre arriva.

Pour mettre fin à cet état de choses, qui menaçait d'amener la disparition complète de l'ordre, en 1489, le pape Innocent VIII, profitant de la mort du dernier grand maître, en donna l'administration au roi Ferdinand le Catholique, et, peu de temps après, le pape Alexandre VI en adjugea à perpétuité la grande maîtrise à la couronne de Castille.

A la suite de cette mesure, l'ordre entra dans une nouvelle voie de prospérité; et, quoiqu'il ait subi de nouvelles modifications en raison des temps, il est encore considéré aujourd'hui comme -l'un des ordres importants d'Espagne.

 

CASQUE DE FER (Ordre du).


Cet ordre a été institué en Hesse-Cassel, le 18 mars 1814, afin de récompenser les fidèles services rendus à l'État pendant la guerre. Peu de temps après son institution, il cessa d'être conféré.

Les membres de l'ordre étaient divisés en trois classes : grands-croix, commandeurs et chevaliers.

 

CHAPELET DE NOTRE-DAME (Ordre du)


Cet ordre, peu important, fut institué à Valenciennes, vers 1520, par quelques bourgeois de ce pays, en l'honneur de la très-sainte Vierge et en mémoire du couronnement de Charles-Quint.

Cette institution est complètement disparue, son existence ayant été de très courte durée.

 

CHARDON (Ordre du),

ou Ordre de SAINT-ANDRE.

ou Ordre de la RUE.

 

Cet ordre fut créé en 1440 par Jacques II, roi d'Écosse. Le nom du Chardon ou de la Rue lui vient des armoiries des anciens Pictes ou Scots. Il cessa d'exister après la mort de Marie Stuart, et ne fut rétabli qu'en 1687, par Jacques II, lors de l'incorporation du royaume d'Écosse à celui d'Angleterre. Il ne tarda pas à disparaître de nouveau, mais la reine Anne le reconstitua en 1703, et, vingt ans plus tard, le roi Georges 1er le confirma solennellement et en modifia les statuts.

Cet ordre se compose aujourd'hui d'une seule classe de membres, portant tous le titre de chevaliers.

Il est destiné à récompenser le mérite et les services de la noblesse d'Écosse.

 

CHARITE CHRETIENNE (Ordre de la).


Henri III, roi de France, créa cet ordre à Paris, en 1589, dans le but de récompenser les officiers et soldats blessés au service de l'État. A cet effet, il leur donna dans cette ville une maison nommée Maison de la Charité chrétienne.

Cette institution, qui inspira plus tard à Louis XIV la fondation de l'Hôtel des Invalides, ne reçut jamais son entière exécution, par suite des troubles qui agitèrent la France à cette époque

 

CHIEN ET DU COQ (Ordre du).


Clovis 1er, roi de France, ayant reçu le-baptême à Reims, plusieurs seigneurs de la cour imitèrent son exemple, entre autres Lisoye de Montniorenoy, qui créa à cette occasion l'ordre du Chien, signe symbolique de la fidélité, afin de témoigner publiquement celle qu'il portait au roi. Clovis autorisa cette institution.

Quelque temps après cette première fondation, le même seigneur institua l'ordre du Coq, destiné à récompenser les gentilshommes qui l'avaient accompagné aux États généraux assemblés à Orléans. Ces deux ordres n'en formèrent bientôt plus qu'un, sous le nom d'ordre du Chien et du Coq, qui subsista peu de temps et disparut sans laisser de traces.

 

CHRIST (Ordre militaire du).

 

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Cet ordre est la continuation de celui du Temple, sur les ruines duquel il a été élevé. En 1317, Denis 1er, roi de Portugal, sollicita du pape Jean XXII la permission de rétablir l'ordre du Temple sous le nom d'ordre du Christ, et de le faire rentrer dans la possession des biens saisis. Jean XXII autorisa ce rétablissement, approuva les statuts qui lui furent soumis, et, en 1319, confirma cette institution, se réservant toutefois, tant pour lui que pour ses successeurs, le droit de créer des chevaliers. Cette faculté devint l'origine de la branche pontificale de l’ordre du Christ, qui se confère encore aujourd'hui dans les États romains.

Le chef-lieu de l'ordre, établi primitivement à Castro-Moréno, fut transféré plus tard à Thomar ; les chevaliers suivirent la règle de saint Benoit et se conformèrent en tous points aux statuts de l'ordre du Temple. Le pape Alexandre V les délia du voeu de chasteté. L'ordre du Christ, dès son origine, acquit une grande, célébrité par la conduite de ses chevaliers; ceux-ci possédèrent une puissance considérable et d'importantes richesses. C'est un des ordres qui se sont maintenus jusqu'à nous avec le moins de difficultés les changements survenus dans son organisation sont plutôt dus au progrès du temps, qui les a rendus indispensables, qu'aux divisions intestines des chevaliers, qu'on rencontre si souvent dans l'histoire de la plupart des ordres religieux et militaires. En 1550, le pape Jules III réunit la grande maîtrise de l'ordre du Christ à la couronne de Portugal, dont les rois prirent le titre d'administrateurs perpétuels de l'ordre.

Ainsi que les autres ordres portugais, l'ordre du Christ fut établi au Brésil; mais, depuis les changements survenus dans la situation politique de cette contrée, il y est considéré comme un ordre purement civil, et est devenu la récompense des services rendus à l'État par les nationaux ou les étrangers.

Sécularisé en Portugal depuis 1789, les membres sont aujourd'hui divisés en trois classes: grands - croix, commandeurs et chevaliers. Les membres de l'ordre du Christ délivré en Italie ne forment qu'une seule classe de chevaliers. Chez ces deux nations, il récompense le mérite civil ou militaire.

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Publié le par Rhonan de Bar
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BAIN (Ordre du)

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Henri IV, roi d'Angleterre, était au bain lorsqu'on lui annonça que deux veuves venaient implorer sa protection, Aussitôt, il sortit du bain afin d'écouter leur réclamation, et prononça ces paroles mémorables : a L'exercice de mes devoirs de roi doit passer avant mes plaisirs.

Bientôt après, ce prince fonda un ordre, dont les statuts sont datés de janvier 1399, et qu'il appela l’Ordre du Bain. On attribua le nom donné par lui à cet ordre à l'aventure qui précède.

Sous les règnes orageux de Jacques II, de Guillaume III et de la reine Anne, l'ordre du Bain demeura presque dans l'oubli. Il fut solennellement renouvelé par le roi Georges 1er, qui le destina à la récompense du mérite. Ainsi que tous les ordres anglais, il est conféré avec beaucoup d'économie.

A sa création, il se composait d'une seule classe de membres portant tous le titre de chevaliers; mais, en 1815, il fut divisé en trois classes: chevaliers-grands-croix, commandeurs et chevaliers ou knights companions.

 

 BANDE (Ordre de la). Voy, ÉCHARPE.

 

BETHLÉEM (Ordre de)

Cet ordre fut institué en 1549 par le pape Paul VI, dans le but d'opposer une vaillante milice aux Turcs.

La principale demeure des chevaliers était à Lemnos. Après la reprise de cette île par les mahométans, l'ordre fut aboli.

 

BOURBON (Ordre de),

ou Ordre de NOTRE-DAME DU CHARDON.

 

Cet ordre fut institué en France, dans la ville de Moulins, en l'année 1403, le jour de la Purification, par Louis II, duc de Bourbon, surnommé le Bon, à l'effet de perpétuer le souvenir du mariage de ce prince avec Anne Dauphine, fille unique de Béraut, comte d'Auvergne.

Il était composé de vingt-six chevaliers qui appartenaient à la noblesse, et devaient avoir donné des preuves de courage ou des marques de valeur.

Cet ordre s'éteignit complètement après une courte durée

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DICTIONNAIRE HISTORIQUE


DES ORDRES


DE CHEVALERIE

 

 

AGNEAU DE DIEU (Ordre de l’).

 

Le roide Suède, Jean, surnommé le Grand, créa cet ordre à Upsal, en l'année 1574, le jour même de son couronnement, afin de perpétuer le souvenir de son avènement au trône et dans le but de récompenser plusieurs seigneurs de sa cour de leur attachement à sa personne. Cette institution tomba bientôt en désuétude et finit par disparaître complètement après une courte durée.

 

AIGLE BLANC (Ordre impérial et royal de l').

 

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Wladislas le Bref créa cet ordre en ses États, vers l'année 1325, à l'occasion du mariage de son fils Casimir avec la princesse lithuanienne Anne, et le destina à récompenser la fidélité des seigneurs de sa cour. Il brilla d'un assez vif éclat et finit par tomber dans l'oubli à la suite des événements politiques. En 1697, l'électeur de Saxe, Auguste II, ayant été proclamé roi de Pologne, lutta longtemps afin d'obtenir la possession de cette couronne, qui lui était vivement disputée. Il ne fut pas toujours heureux dans les combats qu'il eut à soutenir contre le roi de Suède, et, afin de rallier à son parti les Polonais, dont la plupart commençaient à l'abandonner, lassés de ne point le voir victorieux, il renouvela, le 1 er novembre 1705, l'ordre de l'Aigle blanc. Après le partage de la Pologne, en 1795, l'ordre parut tout à fait aboli; mais Napoléon 1er, empereur des Français, ayant, par l'acte constitutionnel du 21 juillet 1807, établi le duché de Varsovie, le roi Frédéric-Auguste de Saxe, portant le titre de duc de Varsovie, rétablit l'ordre de l'Aigle blanc ainsi que les différents ordres polonais, et s'en déclara grand maître.

Depuis la réunion de la Pologne à l'empire russe, l'empereur continua à conférer cet ordre, qui prit le nom d'ordre impérial et royal de l'Aigle blanc à la suite de l'insurrection polonaise de 1832.

 

 

AIGLE DE BRANDEBOURG (Ordre de l') : Voy AIGLE ROUGE.

AIGLE DE PRUSSE (Ordre de l') :  Voy AIGLE NOIR.

 

AIGLE D'ITALIE (Ordre de l').

 

Cet ordre fut créé, le 15 février 941, par le roi d'Italie, Hugo II de Gonzaga, afin de perpétuer le souvenir de son mariage avec la princesse Élisabeth de Gonzaga et de Lombardie, fille du comte souverain de Milan. Walterius de Gonzaga, premier, marquis de Mantoue, vice-roi d'Italie, devenu grand maitre de l'ordre, renouvela ses statuts en 968 et lui donna de nombreux privilèges.

Après une assez longue durée, cet ordre finit par disparaitre complètement.

 

AIGLE D'OR (Ordre royal de l'),

ou Ordre de SAINT-HUBERT,

ou Ordre de la GRANDE CHASSE.

 

Éberhard-Louis, duc de Wurtemberg, institua cet ordre en 1702 dans ses États, et lui donna les noms de Saint-Hubert ou de la Grande Chasse. Il commençait à tomber en désuétude lorsque le roi de Wurtemberg, Frédéric 1er, le renouvela en 1806, lui donna de nouveaux statuts et le nom définitif d'ordre de l'Aigle d'or.

Le roi en était le chef suprême et le grand maître. Il ne se composait que d'une seule classe de membres, portant tous le titre de chevaliers.

Le 23 septembre 1818, le roi Guillaume 1er remplaça cet ordre par celui de la Couronne de Wurtemberg.

 

AIGLE NOIR (Ordre (très-noble de l’),

ou Ordre de l'AIGLE DE PRUSSE.

 

 

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Frédéric 1er, roi de Prusse, créa cet ordre en ses États, le 18 janvier 1701 afin de perpétuer le souvenir de son avènement au trône.

Il le destina à récompenser les personnes les plus éminentes de l'État, tant par le mérite que par les services rendus à leur patrie.

L'ordre de l’Aigle noir, qui devint le premier du royaume, ne se confère aujourd'hui qu'à des princes, à' des grands seigneurs étrangers, ou enfin à des personnages illustres. Il est considéré comme une haute marque d'estime et de distinction de la part du roi de Prusse.

Cet ordre n'est composé que d'une seule classe de membres, qui portent tous le titre de chevaliers ; le nom d'Aigle noir lui fut donné en mémoire de l'aigle qui entre dans les armoiries du royaume de Prusse.

 

AIGLE ROUGE (Ordre de l'),

ou Ordre de la SINCÉRITÉ,

ou Ordre de l'AIGLE DE BRANDEBOURG:

 

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Georges-Guillaume, prince héréditaire de Bayreuth, créa cet ordre en 1705, et lui donna le nom de l'Aigle rouge, qui figure dans les armes de la maison de Brandebourg. Il fut aussi appelé ordre de la Sincérité : cette institution ne fut complétée qu'en 1712, et subit différentes modifications dans ses statuts en 1734, 1759, 1777, 1791. Suivant lettres patentes, du 12 juin 1792, le roi de Prusse, Frédéric-Guillaume II, s'en déclara grand maître et lui donna rang après celui de l'Aigle noir. •

Cet ordre ne se composait primitivement que d'une seule classe de membres, qui tous portaient le titre de chevalier; mais, en 1810, deux autres classes furent ajoutées, et une quatrième le 18 janvier 1830. Une dernière modification survint encore le 22 janvier 1832. II est aujourd'hui destiné à la récompense du mérite et des services rendus à l'État.

 

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NOTICE HISTORIQUE

SUR

L'ORDRE DE SAINT-HUBERT

DU DUCHÉ DE BAR

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 A la mort d'Edouard III, duc de Bar, et de Jean de Bar, son frère, seigneur de Puisaye, tués à Azincourt en défendant la France contre les Anglais, le 25 octobre 1415, fit tomber la succession de ces princes au pouvoir de Louis de Bar, le seul des fils de Robert, due de Bar et de Marie de France qui vécût alors.

Louis de Bar, trop âgé pour renoncer à l'état ecclésiastique qu'il avait embrassé dans sa jeunesse, accepta la couronne ducale du Barrois, tout en conservant le titre de cardinal, et la crosse épiscopale de Châlons, qu'il permuta depuis pour celle de Verdun, ville plus rapprochée que Châlons de son héritage. Ce prince que son Age, son état et sans doute aussi son caractère, éloignaient des habitudes guerrières, s'appliqua, dès le commencement de son règne, à cicatriser les plaies que les hostilités survenues entre la Lorraine et le Barrois, en guerre depuis plusieurs années, avaient faites au duché de Bar: il rechercha l'amitié du duc de Lorraine et la paix. Il ne tarda pas à obtenir l'une et l'autre. Let deux princes signèrent, le 4 décembre 1415, un traité qui mit fin aux événements désastreux dont les deux duchés avaient été le théâtre sur la fin du règne de Robert et sous celui d'Édouard III (1).

Après avoir assuré la paix au dehors de ses états, le cardinal de Bar s'occupa de rétablir le calme au dedans. C'est à son penchant pour la paix qu'est due l'association de l'Ordre du Levrier, ou de la Fidélité. Cette institution, créée évidemment pour maintenir dans Je duché de Bar et le marquisat du Pont, l'ordre et la tranquillité, se forma à Bar-le-Duc, sous la protection du Cardinal, et les Statuts eu furent arrêtés en sa présence, la 31 mai 1416. - Quarante-six gentilshommes(2),  l'élite de la noblesse du duché de Bar, entrèrent dans ce pacte solennel. Ils s'imposèrent entre autres obligations, celles de s'entr'aimer, de se secourir mutuellement et de recourir à l'autorité ducale pour la solution des différends qui s'élèveraient entre eux. Ceux qui avaient à se plaindre de torts ou dommages quelconques, étaient tenus, d'après les statuts, d'en donner avis au Roi, ou chef de la compagnie; sur la requête de celui-ci, et huit jours après, tous les membres de l'ordre devaient marcher au secours du plaignant, le banneret il trois hommes d'armes, le simple chevalier à deux, et l'écuyer à un. On devait fournir de plus grandes forces lorsque le cas l'exigeait, mais la nécessité de l'accomplissement de cette obligation était soumise à l'appréciation du Roi, et de six des membres de la compagnie.

Ces dernières conditions, et surtout celle qui était imposée aux associés par les statuts, de recourir aux règles du droit pour obtenir justice de celui d'entr'eux dont ils pouvaient avoir à se plaindre, prouvent avec évidence que la fondation de l'ordre avait principalement pour but de prévenir les voies de fait si communes dans le XIVe siècle, malgré les efforts des souverains pour les empêcher; désordres qui n'avaient pas manqué sans doute de se reproduire et de se multiplier dans le pays, pendant la durée de la dernière guerre.

Le Cardinal promit, sur parole de prince, de faire observer les conventions jurées par les gentilshommes alliés, et de les soutenir de tout son pouvoir el de toutes les forces dont il disposait.

On a vu plus haut, que le chef de l'association portait le titre de Roi. Il devait être élu pour un an. L'insigne distinctif de l'ordre, était un Lévrier blanc, ayant au cou un collier portant les mots : Tout ung ; tous les membres étaient tenus de le porter. La compagnie devait se réunir deux fois par an, la première le 11 novembre, jour de saint Martin, et la seconde le 23 avril, jour de saint Georges.

Chaque associé était tenu d'assister aux assemblées générales ; sous peine d'un marc d'argent. En cas d'excuse légitime, il devait s'y faire représenter et payer sa part des frais. On voit par les lettres de création de l'ordre que la première réunion dut avoir lieu à Saint-Mihiel.

Les membres devaient être élus par le Roi ou chef, assisté des gentilshommes les plus notables de la compagnie. Ils ne pouvaient être institués qu'en vertu d'une ordonnance du duc de Bar.

Telles sont les principales règles auxquelles étaient assujettis les associés. On voit qu'elles leur imposaient des obligations assez onéreuses, établies non-seulement dans leur intérêt, mais aussi dans l'intérêt du prince et du pays.

Cette institution chevaleresque avait été créée pour cinq ans. Il ne reste d'autres traces des premiers temps de son existence que celles qui nous sont transmises par les lettres de son établissement.

On sait cependant qu'il en résulta, pour le souverain et pour le pays, des avantages qui déterminèrent le cardinal de Bar et les chevaliers de l'Ordre, peu de mois après l'expiration des cinq années, à le maintenir à perpétuité. Cette mesure fut décidée dans une assemblée qui se tint à Bar-le-Duc, le jeudi 23 avril 1422, où treize des gentilshommes (3), qui avaient pris part à sa création en 1416 s'engagèrent tant en leur nom, qu'au nom de leurs associés absents, à observer les statuts adoptés en 1416.

Les seuls changements introduits dans les règlements existants portèrent sur la dénomination, la marque distinctive et les jours de réunion de l'ordre. Dans cette assemblée, les chevaliers choisirent pour patron saint Hubert, sous l'invocation duquel ils placèrent l'institution. Ils décidèrent qu'au lieu du lévrier, ils porteraient au bas du collier, vn imaige d’or du dict sainct, pendant sur la poitrine, et vng pareil imaige brodé sur leurs habillements. La journée ou réunion annuelle qui jusque-là s'était tenue à la Saint-Martin (11 novembre), fut fixée au jour de la fête de saint Hubert. Ces dispositions forent approuvées le même jour par Louis de Bar, qui, il la requête des chevaliers assemblés, fit apposer son sceau aux lettres contenant le résultat de leur délibération.

Malgré les graves événements qui suivirent la cession du duché de Bar, faite vers ce temps par le cardinal à René d'Anjou, son petit neveu et ceux qui résultèrent de la réunion du Barrois à la Lorraine, après la mort de Charles II,  l'Ordre de Saint-Hubert parait s'être perpétué sous le règne de René et sous ses successeurs. On manque toutefois de données sur sa composition et sur ses actes. Ses archives mêmes ne fournissent aujourd'hui aucune indication précise sur son existence de 1122 à 1597. A la fin de cette longue période, on retrouve l'institution dans les conditions d'une organisation régulière.

Elle était alors régie par un règlement révisé dans le cours de l'année 1597, et qui indique une existence plus ancienne de l'Ordre.

Depuis l'occupation de la Lorraine par les Français en 1552, la ville de Bar avait cessé d'être le lien ordinaire de la résidence de ses ducs, et Nancy était devenue de fait la capitale des deux duchés.

La plus grande partie des familles appartenant à la chevalerie du duché de Bar, qui avaient été attachées au service des ducs, étaient éteintes ou avaient suivi le Prince en Lorraine. Aucune de celles qui avaient pris part à la création de l'Ordre en 1416 et 1422 n'y comptait de membres en 1597. Les chevaliers en fonctions alors étaient des hommes notables du pays, mais qui ne se trouvaient pas en position de remplir les conditions imposées par les statuts de l416, pour la répression des voies de fait. Les désordres du reste étaient devenus, par suite des progrès de réorganisation judiciaire, beaucoup plus rares dans le pays.

Dans les nouveaux règlements arrêtés en 1597, on remarque des dispositions qui consacraient un privilège que l'Ordre parait avoir possédé dès ce temps, de se livrer à une chasse au lévrier, la veille elle jour de la fête de saint Hubert, son patron, et à laquelle tous les membres étaient appelés à se trouver sous peine d'ung escu d’amende. Ils étaient également obligés, sous la même peine, de nourrir au moins ung lévrier : ils avaient du reste la faculté d'en élever autant qu'ils le voulaient.

L'origine de ce privilège, que l'Ordre de Saint-Hubert devait tenir de l'autorité ducale du Barrois, était inconnue à cette compagnie, qui, en l'absence de titres réguliers, la faisaient remonter, avec apparence de raison, aux premiers temps de son organisation.

Charles III, due de Lorraine et de Bar, étant à Bar le jour de la Saint-Hubert 1605, les membres de l'Ordre le prièrent, au retour de la chasse, de leur confirmer ce privilège pour en jouir ainsi qu'eux et leurs prédécesseurs en avaient joui jusque-là. Le prince, sur l'avis de son conseil, permit par un décret expédié le lendemain, 4novembre, en bas de la requête, aux chevaliers de l'Ordre, de chasser aux lévriers, la veille et le jour de la fête de saint Hubert, à charge de respecter les lieux réservés pour son plaisir. La décision fut rendue en présence du seigneur de Vaubecourt, grand gruyer de Barrois, et de Bardin, maitre des requêtes ordinaires.

Les chevaliers de Saint-Hubert étaient aussi, dès ce temps, dans l'usage de faire chanter, le jour de la fête du patron de l'Ordre, une messe à laquelle ils étaient tenus d'assister sous peine d'amende (4) : à la suite de la messe, ils se livraient à la chasse au lévrier dans les environs de Bar-le-Duc, s'abstenant d'ailleurs d'aller dans les lieux réservés par le duc.

En 1623, tous les privilèges de chasse ayant été révoqués par un édit général, les chevaliers de Saint- Hubert firent, contre celte ordonnance, des protestations qui furent reçues par le bailliage de Bar; la sentence est du 24 février. L'Ordre fut maintenu dans la jouissance de son droit  (5).

En 1661, Charles IV, duc de Lorraine et de Bar, qui, à l'exemple de ses prédécesseurs, manquait rarement d'assister aux cérémonies de l'Ordre, s'étant rendu à Bar quelques jours avant la fête, confirma, par un décret expédié en conseille 27 octobre, celui de Charles III. Le même duc, accompagné des princes de Vaudemont et de Lislebonne, ses fils, assista, pour la dernière fois, à la messe solennelle célébrée le jour de Saint-Hubert, 3 novembre 1668 alla à l'offrande, et après la cérémonie, déjeuna avec les chevaliers qui eurent l'honneur de le suivre à la chasse.

Peu de temps après, ce prince se vit obligé de se retirer avec ses troupes en Allemagne, d'où- il ne revint pas Charles V, qui lui succéda, fut absent de ses états toute sa vie. Pendant celte espèce d'interrègne, l'Ordre de Saint-Hubert se ressentit des malheurs de la guerre. La plupart des titres furent dispersés ou enlevés, après avoir épuisé inutilement les autres moyens; mais on ne put en recouvrer qu'un très-petit nombre. Pour y parvenir, il fallut recourir à la voie du Monitoire.

Peu d'années après l'avènement de Léopold, MM. de Beauvau et de Martigny, grands veneurs de Lorraine et Barrois accordèrent à l'Ordre la permission de chasser. Leurs lettres sont des 3 novembre 1704 et 28 octobre 1705. Le duc lui accorda le 12 juin 1718, un décret confirmatif de celui de Charles III.

François III, fils et successeur de Léopold et depuis empereur d'Allemagne, sous le nom de François 1er, fut presque continuellement absent jusqu'à la cession de ses états.

Malgré l'édit de Meudon da 18 janvier 1737, qui, à l'avènement de Stanislas dans les duchés de Lorraine et de Bar, confirmait tous les droits et privilèges de ces états, les chevaliers de Saint-Hubert se pourvurent au Conseil du roi de Pologne pour obtenir la confirmation de leur privilège. Se croyant suffisamment autorisés par cet édit, ils continuèrent de chasser dans la banlieue de la ville de Bar, jusqu'en 1754, époque à laquelle ayant été rencontrés chassant dans le bois de Mensonge (6), le garde chasse fit un rapport contre eux. En vertu de cet acte ils furent assignés à la requête du procureur du Roi en la maîtrise des eaux et forêts, pour être condamnés à l'amende. Mais ils recoururent de nouveau au roi de Pologne, et sur leur recours en mars 17 55, M. de Lignéville, grand veneur de Stanislas, accorda à l'Ordre de Saint-Hubert, par une lettre du 23 octobre suivant la permission de chasser.

En 1766, après la mort du roi de Pologne, élue de Lorraine et de Bar, Louis XV roi de France, confirma les privilèges des deux duchés. L'Ordre de Saint-Hubert se trouvait compris dans celle confirmation; il se pourvut néanmoins près du prince de Lamballe, grand veneur de France, qui, par une lettre du 24 octobre 1767, lui continua ses anciens privilèges. Le duc de Penthièvre lui accorda la même faveur par une lettre du 20 octobre 1776.

Bien que l'Ordre de Saint-Hubert n'eût d'autres ressources que celles qui provenaient de l'exécution de ses règlements et des sommes données par ses membres, il n'en parvint pas moins à suffire à ses dépenses et même à réaliser quelques capitaux qui lui permirent de consacrer la mémoire de l'institution par des œuvres de bienfaisance. Au mois de septembre 1781, les grand veneur et chevaliers résolurent de donner une somme de 1,500 frs qu'ils avaient alors en caisse, soit à la maison de charité établie à Bar, soit à l’hôpital de cette ville. Sur leur requête le Roi, par un arrêt rendu en conseil d'Etat à Versailles, le 19 juillet 1782, autorisa l'Ordre à exécuter ce projet, mais le 21 août 1785, il se décida à fonder, à l'hôpital de Bar, un lit et pension pour l'entretien d'un pauvre au lieu de la donation de 1,500 frs, « qui devait être faite à  cette maison, et il chargea le même jour la secrétaire de régler  avec les commissaires, nommés par la Chambre des comptes, les  conditions de la fondation. Celle-ci fut consommée le 24 août,  moyennant 3,000 frs. » versés le même jour, et confirmée par de nouvelles lettres patentes du Roi, données à Versailles au mois de janvier 1786. La place fondée fut occupée, à partir du 14 novembre 1787, par un ancien orfèvre de Bar-le-Duc, septuagénaire, nommé Pierre Devaux, que la Chambre des Comptes y nomma sur la présentation de l'Ordre '.

Des circonstances imprévues mirent, en 1783, l'Ordre de Saint-Hubert dans la nécessité d'ajouter aux règlements de 1597, déjà révisés et modifiée en 1714 Les nouveaux statuts furent arrêtés le dimanche 2 novembre 1783, veille de la Saint-Hubert, dans une assemblée où se trouvèrent le grand maître, le grand veneur, les conseillers et chevaliers, réunis en chapitre, en vertu d'une convocation expresse. Un fait remarquable qui résulté du préambule du règlement de cette année, c'est que l'Ordre ignorait alors l'époque précise de se fondation, que l'on y fait remonter au temps des comtes de Bar. Cette circonstance prouve que les titres de 1416 et 1422, dont il existe aujourd'hui des copies dans les archives, ne s'y trouvaient point en 1783, et qu'ils n'y ont été réintégrés que depuis celte dernière époque.

On donna en 1619 aux chefs de l'Ordre le titre de grands maitres. Le grand maître devait présider toutes les assemblées. Il fallait, pour être appelé à ces fonctions, résider à Bar-le-Duc. Il y eut depuis 1597, un conseil dont les membres étaient élus. Le nombre des membres de l'Ordre paraît avoir varié. Du reste, il a été, à toutes les époques, généralement composé de personnes nobles. Aux termes de l'art. 25 des statuts de 1714, il ne pouvait y être admis que des personnes de condition noble, Ou de l'état ecclésiastique. Une délibération du 3 novembre 1775 exigea, pour être reçu, quatre degrés de noblesse. Cette délibération réduisit le nombre des chevaliers à 25, non compris le grand maître et l'aumônier. Il fallait pour être admis, professer la religion catholique, apostolique et romaine.

Aux termes de l'art 1er des statuts de 1714, les chevaliers étaient obligés, si le besoin l'exigeait, de prendre les armes pour la défense de la religion.

Malgré ces dispositions, l'Ordre avait perdu de fait, depuis longtemps, le caractère chevaleresque que lui avaient donné ses premiers statuts en 1416. Cette institution, pendant le XVème siècle et dans les derniers temps de son existence, n'était plus guère qu'une association composée de personnes choisies et dont l'existence avait principalement pour but et pour effet de resserrer les nœuds de l'amitié entre ses membres.

Bien qu'elle eût conservé l'usage de célébrer, par des cérémonies religieuses et des exercices de chasse, la fête de son patron, il paraît que les dispositions des statuts qui imposaient aux associés l'obligation d'y prendre part, n'étaient point observées avec rigueur. Il résulte en effet des documents contemporains qu'il y avait, en 1781, peu de chasseurs dans l'Ordre.

Outre les chevaliers titulaires, il y eut dans la seconde moitié du même siècle, des chevaliers d'honneur. Ce titre fut conféré en 1783 à Jacques de Choiseul, marquis de Stainville, maréchal de France, commandant en chef dans les duchés de Lorraine et de Bar, et en 1787, à Louis, prince de Nassau, comte de Saarbruck., et de Saarwerden.

L'admission de ces deux personnages dans l'Ordre de Saint-Hubert fut un hommage rendu aux représentants, alors existants, de deux familles qui avaient fleuri dans le Barrois pendant les XIVe et  XVIe siècles.

Le prince de Nassau-Saarbruck fut installé le 23 octobre 1787, au château de Jeegersberg, par les soins de M. de Crolebois, envoyé des cours de Trèves et  Nassau-Saarbruck, en vertu des pouvoirs donnés à ce dernier par l'Ordre de Saint-Hubert. D'après le désir exprimé par le prince, l'Ordre s'attacha aussi Jean-Frédéric d'Hommerer, écuyer, président en chef de son conseil, en qualité d'interprète, et Léonard de Furstenfecht, son grand écuyer, et grand veneur du pays, en qualité de hérault d'armes. Ces derniers figuraient l'un et l'autre parmi les officiers de l'Ordre Don chevaliers, admis en 1787.

Nous n'étendrons pas davantage les détails sur l'Ordre de Saint-Hubert du duché de Bar. Nous nous bornerons à rappeler que les événements de la première révolution s'opposèrent pendant les dernières années du XVIIIe siècle à l'exécution des statuts, et que son existence ne se prolongea guère au-delà de 1790. Cependant en 1817 quelques-uns de ses membres, encore existants alors, tentèrent de faire revivre cette institution : il fut question de la rétablir en France sur des bases moins restreintes que les limites de l'ancien duché de Bar, sous le titre général d'Ordre de Saint-Hubert. Des actes de ce temps prouvent que Louis XVIII voulut bien reconnaître l'Ordre et l'honorer de sa protection. Ce monarque lui donna même pour grand maître le duc d'Aumont, son premier gentilhomme.

On trouve dans les archives de l'Ordre plusieurs lettres de ce dernier qui constatent l'existence d'un projet de réorganisation de l'association ; mais l'Ordre cessa complètement d'exister depuis dans la circonscription de l'ancien duché de Bar, par suite de l'extinction de ses membres dont le dernier, M. le chevalier de Marne, est mort à Bar-le-Duc le 19 novembre 1853.

 

Insignes connus de l'Ordre de Saint-Hubert.

 

DECORATIONS.

 

Les membres de l'association du Lévrier durent porter d'abord un lévrier blanc ayant au cou un collier d'or sur lequel étaient écrits les mots TOUT VNG.

On ne retrouve aujourd'hui aucun monument métallique dont la forme et l'empreinte prouvent qu'il ait servi de marque distinctive de l'Ordre, à cette époque.

 

1422.

 

En arrêtant, le 23 avril de cette année, que l'Ordre serait maintenu à perpétuité sous l'invocation de saint Hubert, les membres décidèrent que, au lieu du lévrier, ils porteraient au bas du collier et pendant sur la poitrine, l'image d'or de saint Hubert. Ils devaient porter aussi une image du même saint brodée sur leurs vêtements.

 

1600 à 1790.

 

M. Monnier, propriétaire à Nancy, l'un des plus riches collectionneurs de nos monuments numismatiques lorrains, possédait deux pièces métalliques de modules différents, qui ont certainement appartenu, soit à l'Ordre de Saint-Hubert du Barrois, soit à des membres de cet Ordre. «Ces deux pièces, écrivait M. Monnier, dans une lettre du 12 septembre 1857, sont des empreintes de sceaux ou des médailles : elles sont en plomb et paraissent de la  même époque et du même graveur: je n'ai pu voir s'il y avait une bélière. La plus grande pèse 9 grammes et la petite 1 gramme 56. Diamètre: 22 millimètres pour la grande ; 13 pour la petite. Vous remarquerez, ajoute-t-il, la forme des croisettes qui accompagnent les barbeaux et qui ressemblent un peu aux croix de Lorraine. Les lettres sont modernes: c'est donc dans les derniers temps de l'Ordre que mes deux pièces ont été gravées. »

Ces deux pièces ne seraient-elles pas des empreintes, ou fac-simile en plomb, du revers des deux décorations connues et de grandeur différente, de l'Ordre de Saint-Hubert ?

 

1785.

 

La marque distinctive de l'Ordre consistait alors en une croix pattée, émaillée de blanc, brodée d'or, au centre de laquelle il y avait, dans un cor de chasse d'or, d'un côté, une médaille de sinople où l'on voit, en relief et en or, l'image de saint Hubert, prosterné devant un Christ fiché entre les bois d'un cerf, et de l'autre les armes du duché de Bar, sur un fond d'azur, avec cette inscription: ORDO NOBILIS S. HUBERTI BARRENSIS. Elle se portait suspendue à un ruban vert moiré, liseré de rouge (8).

 

SCEAUX DE L'ORDRE.

 

Le grand sceau qui s'apposait aux lettres de nomination des membres de l'Ordre, est en cire rouge; une empreinte représente les branches d'une croix pattée sur laquelle on remarque, dans un cercle formé par un cor de chasse, la figure de saint Hubert, prosterné devant un cerf portant un crucifix entre les bois. Derrière le saint on aperçoit la tête de son cheval. On lit en légende l'inscription suivante : SIGILLUM ORDINIS NOBILIS SANCTI HUBERTI BARRENSIS. Le tout dans un plus grand cercle perlé. Le contre-sceau représente l'écu du duché de Dar, sur un manteau ducal, surmonté de la couronne ducale. On lit autour les mots: DUCES BARRI INSTITUERUNT ET ORNAVERUNT.

 

TIMBRE SEC.

 

L'empreinte du timbre sec que nous avons trouvée sur un acte de 1785, est absolument identique, pour la forme, le type et l'inscription, au contre-sceau décrit ci-dessus.

 

DECORATION EN BRODERIE.

 

La décoration que les membres de l'Ordre portaient sur leurs vêtements suspendue à une chaine formée de chaînons et des lettres S. H. représentait une croix : pattée rayonnante, portant au centre un médaillon semblable à celui du sceau.

 

1787.

MEDAILLE COMMEMORATIVE DE LA FONDATION

D'UN LIT A L'HOSPICE DE BAR-LE-DUC.

 

Cette médaille, dont on a parlé plus haut dans la notice, devait être portée habituellement par les personnes en possession de la place fondée à l'hôpital de Bar, aux frais de l'Ordre de Saint-Hubert en 1787. Pierre Devaux, à qui elle dut être remise en suite de son admission à cette place, parait être le seul qui profita de cette fondation.

On ne remarque dans les archives de l'Ordre aucun acte qui prouve qu'il ait eu un successeur.

Dans l'énumération des dépenses de l'Ordre, de t 784 à 1789, on en trouve une de 14 sols 9 deniers, pour cuivre, laiton, façon et chaine de la médaille de Devaux, et 2 livres 8 sols, pour gravure de ladite médaille, par Maillard. La nature de ces dépenses porte à penser que la médaille donnée à Devaux, est la seule qui ait été fabriquée au compte de l'Ordre.

 

1816.

 

Le duc d’Aumont, premier gentilhomme du roi Louis XVIII, à qui les membres de l'Ordre encore vivants déférèrent le titre de grand maitre, nomma le duc de Saint-Ange commissaire général et secrétaire perpétuel de l'Ordre. Il reste de ce temps un timbre dont on remarque l’empreinte sur une lettre du duc d'Aumont du 12 mai 1816. Ce sceau ou timbre est celui du commissaire général, secrétaire perpétuel alors en fonctions de duc de Saint-Ange). Aucun des emblèmes particuliers à l'ancien Ordre de Saint-Hubert ne se trouve sur ce sceau. On y lit dans un écusson entouré de deux palmes, et surmonté de la couronne royale, l'inscription : ORDRE NOBLE DE S. HUBERT, et autour du sceau, les mots : LE COMISSAIRE GENÉRAL ET PERPÉTUEL.

 

(1) La guerre soutenue par Charles Il contre Édouard III a été fatale à plusieurs des villages des environ de Bar-le-Duc. Le 2 mai 1414, des maisons furent incendiées à Savonnières-devant-Bar, par le duc de Lorraine et ses  complices, qui brûlèrent aussi le même jour le village de Louppy-le-Château. Des quittances ou décharges d'impôt furent accordées pour 6 ans, à ceux des habitants de Savonnières dont les maisons avaient été arses.De semblables  décharges furent accordées, aussi vers le même temps,  aux villages de Rambercourt-sur-Orne, Tronville, Fains, les Marats, Condé, Belrain, Ville et Varney. On est fondé à penser que ces dernières exemptions eurent également pour motif les désastres de la guerre.

(2) Voici la date de ces personnages, d'après le titre de la fondation où ils sont dénommés : Thiébaut de Blamont; Philibert, Seigneur de Beffroimont ; Eustache de Conflans ; Richard de Hermoises ; Pierre de Beffroimont, Sire de Ruppt ; Regnault du Châtelet, et Erard du Châtelet, son fils ; Mansart d’Esne ; Jean, Seigneur d'Orne ; Gobert d'Apremont ; Joffroi d'Orne ; Jacques d'Orne ; Philippe de Norroy ; Oiry de Landre ; Jean de Laire ; Jean de Seroncourt ; Colard d'Ottenges ; Jean de Boiffroimont, Seigneur de Fontoia ; Jean de Malbeth ; Joffroi de Bassompierre, chevaliers : Jean. Seigneur de Rodemach ; Robert de Sarrebruck, Seigneur de Commercy ; Edouard de Grandpre ; Henri de Breux ; Wory de Lanua ; Joffroy d'Apremont ; Jean des Hermoises,  Robert des Hermoises ; Simon des Hermoises ; Franque de Houze ; Olry de Boulanges ; Henri d'Epinal; François de Sorbey ; Jean de St-Lou (Loup); Hugues de Mandres ; Huart de Mandres ; Philibert de Doncourt ; Jean de Sampigny ; Colin de Sampigny ; Alardin de Mouzay ; Hanse  de Nivelein ; Le Grand Richard d'Apremont ; Thiérry d'Autel ; Thomas d'Ottanges ; Jacquemin de Nicey et Jacquemin de Villers, Ecuyers.

(3) Ces treize gentilhommes sont :   Eustache de Conflant, Pierre de Beffroimont ; Regnault du Châtelet ; Erard du Châtelet; Jean d'Orne ; Philippe de Norroy ; Jean de Rodemach ; Robert de Sarrebruck ; Jean des Hermoises ; Simon des Hermoises ; François de Sorbey ; Jean de St-Loup et Arnould de Sampigny.

(4) Les chevaliers ont fait célébrer leurs messes solennelles dans différentes églises de Bar-le-Duc : dans celle des Augustins, dans l’église collégiale de Saint-Pierre, aujourd'hui Saint-Etienne, dans la chapelle de Notre-Dame-de-Paix, et enfin dans l'église de Saint-Antoine, ancienne chapelle des religieux Antonistes, détruite depuis 1790.

(5) La sentence du bailliage, dont il existe une copie dans les archives de l'Ordre de Saint-Hubert prouve que les habitants de la ville haute étaient alors, et de temps immémorial, en possession de l'usage d'aller à la chasse. Ils protestèrent dans la même audience contre l'édit du Duc, comme portant atteinte à leurs privilèges et franchises.  Ce fut messie Claude Bretel, les représenta dans cette cause; il était assisté de Collot, avocat au bailliage et syndic des habitants. L'Ordre de Saint-Hubert y fut représenté par noble homme François Pouppart, assisté de Crocq, avocat.

(6) Aujourd'hui Massonge, ancienne forêt domaniale, prêt de Bar-le_Duc.

(7) Dans l'acte de présentation en date du 28 octobre 1787, l'Ordre décida que Pierre Devaux, et ceux qui occuperaient après lui la place fondée à l'hôpital de Bar-le-Duc, seraient tenus de porter habituellement une médaille en cuivre, attachée à une chaine de même métal, représentant d'un côté l'effigie de saint Hubert prosterné davant la croix qui lui apparait dans les bois d'un cerf, et portant de l'autre côté cette inscription : Ex  pietate ordinis nobilis sancti Huberti Barrensis. Cette médaille devait être remise, par les soins de l'Ordre, à l'individu chargé de la porter.

(8) On voit, par une lettre du 8 novembre 1785, signée par un membre de l'Ordre, que la croix coûtait alors trois louis et demi, sans le ruban, à 32 sols l’aune.

 

 

V.SERVAIS : 1868. Voir aux Editions Lacour-Olle (Nîmes).

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FERRI 1er (1) 

-1205-1206-

 

Nous  sommes ici dans la nuit noire. Ferri a-t-il régné? On ne sait rien de certain. Dans tous les cas, ce comte de Bitche qui avait passé sa vie à guerroyer contre son frère et lui avait arraché par lambeaux une grande partie du duché, ne jouit pas longtemps de cette couronne qu'il avait tant ambitionnée.

De gré ou de force, il avait abdiqué en faveur de son fils dès le mois de septembre 1206. Il alla s'endormir à côté de son frère à l'abbaye de Stürzelbronn. On prétend que ce fut Ferri II -voir ci-après- qui introduisit les alérions dans les armes des ducs de Lorraine.

 

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FERRI II (2)

-1206-1213-

 

Ferri II régna peu et ne fit rien d'important. Il avait épousé Agnès, fille de Thiébault, comte de Bar.

Le beau-père était fort impérieux et prétendait tenir son gendre en tutelle. Ferri se dégagea le plus tôt qu'il put et fut soutenu par Bertram, évêque de Metz. Alors Thiébault s'en prit au prélat et envahit ses terres avec une armée de mercenaires bourguignons, français et gascons. Il détruisit en partie la place de Vie, puis tourna sur Prény, une des principales forteresses des ducs de Lorraine (3) et en démolit les murailles.

Ferri, par représailles, ravagea les terres de l'abbaye de Gorze, située dans le temporel de Metz, mais dont Thiébault était le voué. Celui-ci garda l'avantage et le 3 février 1208 battit son gendre en rase campagne et le fit prisonnier avec ses deux frères, Thierry d'Enfer et Philippe de Gerbéviller. Enfermé au château de Bar, Ferri y resta plus de sept mois et n'en sortit qu'au prix d'un traité onéreux (2 novembre 1208) : remise à Thiébault pour toute sa vie des villes de Longwy, Stenay, Amance, qui avaient formé la dot de la duchesse Agnès et paiement d'une rançon de 2000 marcs d'argent. Trente seigneurs lorrains garantirent le traité. Le duc parvint assez vite à verser les 2000 marcs et à dégager ainsi la parole de ses féaux.

Heureusement que Thiébault, d'humeur fort remuante, s'éloigna peu après de son comté pour aller prendre part à la croisade contre les Albigeois.

Ferri II vit renaître, sous des noms nouveaux, la lutte du sacerdoce et de l'empire. Frédéric Barberousse mort en 1190 avait eu pour successeur son fils Henri VI qui avait épousé Constance de Sicile, l'héritière des rois normands. Les Allemands se trouvaient ainsi maîtres du nord et du sud de l'Italie.

Henri VI mourut en 1197, laissant un fils âgé de deux ans, qui devint célèbre sous le nom de Frédéric

Un an avant, était monté sur le trône pontifical Innocent III, un nouveau Grégoire VII et plus grand que lui par son génie comme par ses vues politiques.

On put croire un moment qu'il réaliserait la monarchie universelle de la papauté. Son impérieuse hégémonie se fit sentir dans toute l'Europe et surtout en France sous Philippe-Auguste et en Angleterre sous Jean sans Terre. Il fut le promoteur de la quatrième croisade qui aboutit à la fondation de l'empire latin de Constantinople (1204) et de la croisade contre les hérétiques albigeois, qui eut pour conséquence l'extermination de la Langue d'oc.

En Allemagne, Innocent III intervint entre les deux grandes maisons qui se disputaient l'héritage de Barberousse, les Gibelins qui avaient pour chef Philippe de Souabe, frère d'Henri VI, et les Guelfes dont le chef était Othon de Brunswick. Il se déclara pour les Guelfes sur qui il comptait pour sauver l'indépendance du Saint-Siège et de l'Italie. Il fit proclamer et couronna lui-même à Rome l'empereur Othon IV. La mort de Philippe de Souabe en 1208 consolida le triomphe du candidat du pape.

Mais les deux puissances cessèrent bientôt de s'entendre. Le pape avait pris la tutelle du jeune Frédéric de Souabe dans la pensée qu'en lui attribuant, pour sa part séparée, le royaume de Sicile, il romprait l'étouffante domination des Allemands en Italie. Or, de son côté, Othon prétendait tout prendre et tout garder. La rupture fut éclatante. Par un revirement inattendu, Innocent III frappa de ses anathèmes son empereur guelfe et fit couronner roi des Romains, son pupille le gibelin Frédéric, et l'envoya en Allemagne où les partisans de sa maison le reçurent avec enthousiasme.

Le duc de Lorraine Ferri II était cousin de Frédéric.

Il alla au-devant de lui en Alsace, lui promit son alliance et, tout de suite, alla faire le siège de l'importante place de Haguenau dont il s'empara pour le compte du prétendant. Celui-ci de son côté s'engagea, pour le couvrir des frais de guerre à lui verser une somme de trois mille marcs d'argent et lui remit à titre de gage la ville de Rosheim (1212) (4).

Ferri II mourut pou après (octobre 1213) sans laisser grand renom.

 

(1) Né vers 1143. Second Fils de Mathieu 1er et de Judith de Hohenstaufen.

(2) Fils de Ferri 1er de Lorraine et de Ludmilla de Pologne.

(3)Prény était le boulevard de la Lorraine contre le pays messin. On le trouvait dans une euclave au-dessus de Pont-à-Mousson, possession du comte de Bar. Les Lorrains avaient adopté son nom comme cri de guerre: Prény! Prény! —C'est aujourd'hui un petit village qui conserve les ruines du château-fort.

(4)Suivant un autre récit, ces trois mille marcs étaient un prêt par Ferri à Frédéric. Voir Pfister, Histoire de Nancy, p. 35, d'après Hicher de Sonones.

 

Ernest MOURIN. 1895.

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HISTOIRE DE ROYAUMONT.


ABBE H.L DUCLOS.


Editions LACOUR-OLLE.

 

 

Il manquait, à ce formidable édifice, la réédition des non moins formidables ouvrages, écrits en deux volumes, de l’Abbé Henri-Louis Duclos. Ces deux tomes, comblants bien des lacunes au sujet de Royaumont, parurent pour la première fois en 1867.

La somme est considérable et l’œuvre riche de nombreux renseignements. Tout ceci ne pouvant laisser indifférents les passionnés d’histoire.

Réuni dans ces deux ouvrages, ce ne se sont pas moins de 600 ans d’histoire, de la fondation de l’Abbaye de Royaumont –Fille de Citeaux- par Saint-Louis et Blanche de Castille, jusqu’à sa déchéance en 1865.

Royaumont est une abbaye Royale, d’une part parce qu’elle dépend directement de l’Abbaye Mère de Citeaux et, d’autre part,  parce que la pierre angulaire de l’édifice repose sur un vœu pieux de Louis IX.

En effet, la construction fut entamée à la mort du Roi Louis VIII dit le Lion pacifique, fils de Philippe-Auguste.


A découvrir impérativement, tant l’œuvre reflète la dimension de l’édifice. A lire pour les passionnés d’histoire de lieux saints. Gigantesque. Plus de 1500 pages pour ces deux volumes avec dessins, vues et portraits.

 

En vente chez : www.editions-lacour.com

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SIMON II dit le Simple(1)

 -1176-1205-

 

A la mort de Mathieu 1er sa veuve, l'altière Berthe de Souabe, soeur de Barberousse, prétendit gouverner.

Elle avait reçu comme douaire la ville de Nancy et y fit frapper des monnaies à son effigie. Mais la noblesse s'étant réunie à Gondreville, déclara que le fils aîné, Simon, était en âge de gouverner. Il fallut arracher le pouvoir à la princesse (2).

Simon II aurait bien voulu vivre en paix, mais ce n'était guère possible en ces temps tourmentés. Les difficultés lui vinrent de son frère Ferri, qui avait reçu en apanage le comté de Bitche et ne s'en contentait point. L'ambitieux, comme il arrivait souvent, se fit chef do bandits. A la tête d'une troupe d'aventuriers à sa solde, il pilla tout le pays et s'avança jusqu'à Lay-Saint-Christophe, à une lieue de Nancy. Le pacifique Simon fut obligé de se mettre en campagne, joignit son frère, extermina ses routiers, et le força de s'enfuir en Allemagne. Frédéric Barberousse intervint entre ses deux neveux et Ferri non seulement reçut son pardon, niais obtint un agrandissement.

Peu après, les deux frères réconciliés en apparence curent à combattre de nouveaux cottereaux venus de France, mais commandés par des seigneurs allemands qui passaient le Rhin pour prendre leur part du pillage de la Lorraine. La noblesse inquiète accorda au Duc des secours sérieux. Les cottereaux et les Allemands furent battus dans les environs de Thionville et se dispersèrent (1177).

Ferri s'était bien conduit. Mais il s'attribua tout le succès et s'en prévalut pour réclamer de nouvelles concessions. Sur le refus de Simon, il alla chercher des troupes dans les terres de son cousin le comte de Flandre. La guerre allait recommencer, mais Simon céda et pour rassasier le mécontent lui abandonna tonte la Lorraine allemande. Il fit plus encore : comme il n'avait pas d'enfants, il reconnut Ferri pour son héritier et, quelque temps après, il renouvela sa déclaration dans une assemblée de la noblesse.

Ferri n'osant plus s'attaquer à son frère, se tourna contre son voisin, l'archevêque de Trêves, et se saisit de plusieurs domaines à sa convenance. Le prélat était aussi un pacifique, chose rare. Il prit les armes à regret et ayant reçu des renforts du comté de Bar, il battit Ferri et son fils et les força dans le château de Siersberg, au confluent de la Sarre et de la Nied.

H les retint -prisonniers jusqu'à restitution des biens usurpés.

Simon II s'efforça de rétablir la paix publique, le bon ordre et les moeurs. Il entreprit même, dit-on, de « faire agglober en un seul et même cahier les us et coutumes des siens états ». Mais des gens «mal voullans » empêchèrent cette tentative d'aboutir. Ces gens « mal voullans » étaient les nobles qui regardaient comme empiétement tout effort tenté pour refréner les abus de la force.

Le débonnaire Simon fut naturellement grand ami des religieux qu'il appelait ses confrères. Il se plut à enrichir leurs maisons. Vers la fin de sa vie, se sentant hors d'état de supporter les fatigues du gouvernement, il se retira dans l'abbaye de Sturzelbronn, y prit l'habit de moine et y vécut ses deux dernières années (1205).

 

(1) Né en 1140 Fils de Mathieu 1er le Débonnaire et de Judith de Hohenstaufen.

(2)Voir dans Digolt.J, p. 34, les singulières machinations auxquelles elle eut recours pour s'imposer à son fils

 

Ernest MOURIN 1895.

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MATHIEU 1er (1) 

-1139-1176-

 

Il y a peu de chose à raconter de ce prince. Il était fort brave et aimait  l'Église, tout en étant presque constamment en guerre avec les évêques de Toul et «le Metz. C'est ce qu'on peut dire de la plupart des ducs.

Comme son père, il résidait le plus souvent à Nancy. Il acquit par voie d'échange la bourgade que tenaient les descendants d'Odelric. Nancy devient donc décidément capitale et sera désormais le centre de l'administration.

Des guerres qu'il soutint contre ses voisins, il suffit d'en citer une. D'après un prétendu diplôme remontant au roi Dagobert, il était interdit d'élever des châteaux-forts dans le voisinage de Toul. Mathieu brava la tradition et, pour tenir l'évêque en échec, il construisit à une lieue de la ville épiscopale le fort de Gondreville. Le prélat qui était alors Henri de Lorraine, son oncle, protesta, puis excommunia son neveu. La guerre ne donnant aucune solution, on en référa au pape. Hadrien IV se prononça pour l'évêque, confirma l'excommunication et enjoignit aux évêques de Metz et de Verdun de jeter l'interdit sur toutes les terres de leurs diocèses respectifs qui s'étendaient, comme celui de Toul, sur une partie de la Lorraine.

Mathieu 1er  se soumit, fit amende honorable et promit, l’expiation de ses torts, de faire le pèlerinage de  Saint-Jacques-de-Compostelle. Il se mit- en route, mais il fut arrêté à Cluny par une maladie grave et, pour remercier les moines de leurs prières, une fois guéri, il leur fit don du village lorrain de Dombasle, qu'ils échangèrent plus tard pour une terre plus rapprochée d'eux.

Mathieu 1er se trouva surtout mêlé aux agitations de l’empire germanique. Il assistait fréquemment aux diètes. Il se lia d'étroite amitié avec Frédéric de Souabe qui devint si fameux sous le nom de Frédéric Barberousse. Il épousa même sa soeur Berthe de Souabe. Lorsque son beau-frère eut été élu empereur, il se dévoua à sa fortune. Il le suivit dans ses campagnes en Italie. Il combattit avec lui la Ligue lombarde et, comme lui, se prononça en: faveur de Fanti-pape Victor IV contre Alexandre III, « le propugnateur de la liberté italienne ». La Lorraine, sous son influence, s'attacha au schisme et presque tout entière prit le parti de l'anti-pape.

A la faveur des troubles religieux, des troupes de brigands qu'on nommait des Cottereaux ou Barbançons ravagèrent tout l'Occident. L'empereur Barberousse et le roi de France Louis VII tinrent une grande assemblée à Vaucouleurs pour s'entendre sur les moyens à prendre en commun pour exterminer les aventuriers.

On dit que Barberousse, en témoignage de reconnaissance pour la fidélité de Mathieu 1er, lui permit de mettre l'aigle impériale sur son écu et sur sa bannière.

C'est sous le règne de Mathieu 1er qu'eut lieu la deuxième croisade (1147-1149). Saint Bernard l'avait prêchée dans l'assemblée de Vézelay où sa grande voix, aussi éloquente que celle de Pierre l'Ermite, entraîna les rois et les peuples. On a prétendu, mais sans preuve, que le duc de Lorraine fut de l'expédition.

Beaucoup de seigneurs lorrains et entre autres le comte de Vaudémont et les évêques de Toul et de Metz rejoignirent le roi Louis VII à Metz, choisi pour le rendez-vous des Français, tandis que les Allemands se rassemblaient à Ratisbonne sous la conduite de l'empereur Conrad III. On sait d'ailleurs que l'entreprise n'eut aucun succès.

Mathieu 1er passa les derniers temps de son règne dans des pratiques pieuses. Comme ses prédécesseurs, il bataillait volontiers contre les seigneurs ecclésiastiques et s'appropriait leurs terres lorsqu'il le pouvait.

Mais il rachetait ses torts par des dons et des fondations.

Il bâtit pour les Cisterciens le monastère de Clairlieu près de Nancy et se sentant au terme de sa vie, il s'y fit transporter pour y mourir et y être enseveli.

 

(1) Né vers 1170. Fils de Simon 1er et d’Adélaïde de Louvain.

 

Ernest Morin 1895.

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Publié le par Rhonan de Bar
Publié dans : #MAISON DE LORRAINE. LES ORIGINES.

 

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SIMON 1er dit le Gros (1).

-1115-1138-

 

Ces temps sont affreux et n'offrent qu'une succession de violences  sanguinaires. L'anarchie féodale est à son comble. Il est difficile de dégager de ce chaos des faits qui méritent l'attention et plus difficile encore de les classer à des dates certaines. Nous nous bornerons à relever ceux qui servent à peindre les mœurs.

Le plus en vue de ces turbulents batailleurs est Renaud, comte de Bar. Il est en guerre avec tous ses voisins. L'évêque de Verdun, accablé par lui, réclame le secours de son suzerain. L'empereur Henri V vient en personne le rétablir sur son siège. Ce prince était le fils de fleuri IV; il avait toutes les implacables passions de ses contemporains ; il avait dépouillé son père et l'avait réduit à mourir dans la misère.

Toutefois il avait réussi à clore la querelle des investitures en signant avec le pape Calixte II le concordat de Worms (1122), bientôt ratifié par le concile œcuménique de Latran, aux termes duquel la liberté des élections fut rendue à l'Église, l'investiture du temporel étant seule réservée aux souverains et ne devant plus avoir lieu que par le sceptre.

C'est probablement un peu avant cet acte célèbre qu'eut lieu l'invasion de Henri V dans le Barrois.

Renaud se défendit bravement, mais il ne pouvait lutter contre les forces de l'empire. Débusqué coup sur coup de tous ses repaires, il fut bientôt traqué dans son château de Bar et obligé de se remettre à la discrétion du suzerain. Sa femme Gillette de Vaudémont se réfugia avec les débris des troupes dans le fort de Mousson et s'y défendit héroïquement.

Henri V irrité fit dresser une potence au pied des murailles et signifia aux assiégés que s'ils ne se rendaient pas dans les vingt-quatre heures, le comte de Bar serait pendu. Pendant la nuit, la comtesse Gillette accoucha d'un fils. Les soldats féodaux saluèrent l’enfant, lui jurèrent fidélité ; et le lendemain, lorsqu'au matin on amena Renaud devant le gibet, les assiégés, du haut des murs, lui crièrent : « Tu as un fils, nous lui jurons fidélité ; meurs et laisse-nous vaincre ! » L'empereur furieux donna ordre d'exécuter

le comte. Mais les barons s'interposèrent, le vassal fut épargné ; bientôt il obtint la paix et la liberté et se lança de nouveau dans de bruyantes aventures.

Nous retrouvons quelques années après ce même comte Renaud dans une coalition formée contré le duc Simon Ier  par Adalbéron de Montreuil, archevêque de Trêves, et Etienne de Bar, évêque de Metz. Simon de son côté rallia à sa cause Guillaume de Luxembourg, comte palatin du Rhin, et Henri 1er , comte de Salm. Les confédérés ennemis réunirent leurs forces dans la vallée de la Moselle et assiégèrent la forteresse de Sierck, en aval de Thionville. Simon marcha contre eux, fit lever le siège, les attira dans la vallée de la Sarre et les battit deux fois près du village de Mackeren. Puis il pénétra dans les domaines de Trêves et s'empara de plusieurs places. L'empereur Lothaire, dont le Duc avait épousé la sœur, offrit si médiation et rétablit la paix. Mais l'archevêque, sans qu'on sache pourquoi, reprit bientôt les armes. Simon recommença à ravager les terres du prélat.

Adalbéron donna le commandement à son neveu le comte Geoffroy de Faulquemont, un jeune chevalier de dix-huit ans. Il était déjà fort habile et hardi.

Tout à coup, laissant Simon sur la frontière de Trêves, il traverse le pays messin, remonte la Moselle et, à l'improviste, se présente devant Frouard, au confluent de la Moselle et de la Meurthe. C'était une forteresse importante, bâtie sur une hauteur abrupte, dont les approches étaient commandées par les deux châteaux de l'Avant-Garde et de Condé, appartenant l'un au comte de Bar et l'autre à l'évêque de Metz.

Averti de cette marche audacieuse, Simon accourt, grossit son armée avec les garnisons voisines et vient offrir la bataille. Cette fois la fortune lui est défavorable.

Le jeune Faulquemont le bat complètement.

Son allié le comte de Salm est tué de deux coups de lance, lui-même est blessé, son aimée se disperse et il se réfugie, avec une poignée d'hommes, dans le château de Nancy.

La future capitale de la Lorraine n'était encore qu'un château fortifié où les ducs s'accoutumaient à résider de temps en temps. A côté s'était formée une petite bourgade qui appartenait aux descendants d'Odelric, frère de Gérard d'Alsace. Tout près, au nord-ouest s'élevait le prieuré de Notre-Dame. Plus loin au pied des collines qui ferment la vallée de la Meurthe, se trouvait le village de Saint-Dizier, appelé aussi Boudonville, et enfin, à une assez grande distance, vers le midi, au bord d'un ruisseau, le château de Saulrupt. Tel était alors le berceau de Nancy (2).

Simon, bloqué dans son fort, courait grand danger, d'autant plus que le comte de Bar et l'évêque de Metz reprenaient la campagne comme pour venir à la curée. Le Duc aux abois fit vœu d'aller en Palestine si Dieu le sauvait. Quelques jours après il apprit que le secours demandé s'approchait : l'empereur Lothaire II lui envoyait une armée de huit mille hommes. Faulquemont, malgré son extrême jeunesse, fut assez sage pour ne point s'obstiner, il leva le siège et remonta vers Trêves. Le comte de Bar et l'évêque de Metz cessèrent aussi les hostilités. L'archevêque plus opiniâtre déclina la médiation de l'empereur et força son neveu à risquer sa jeune renommée contre les impériaux. Il fut battu et rejeté sur les terres de Trêves que Simon livra au pillage. Le bouillant prélat fut enfin obligé décéder.

Mais il se réservait de prendre sa revanche avec des armes dont son adversaire n'avait pas l'usage. C'était un des plus criants abus de l'église féodale. En effet, l'année suivante, le Duc étant allé à Aix-la-Chapelle pour remercier l'empereur du secours qu'il en avait reçu, y rencontra Adalbéron qui, pour venger sa défaite, le frappa d'excommunication. Le jour solennel de Pâques, au moment même où, en présence de l'empereur, le diacre commençait la lecture de l'évangile, l'archevêque se leva et somma Simon de quitter l'église.

Le Duc ne pouvait lutter qu'en recourant à quelqu'un de plus fort, que le métropolitain. Comme il était vicaire de l'empire, il accompagna Lothaire dans une expédition en Italie où le pape Innocent II l'appelait pour repousser les incursions de Roger, roi de Sicile. Il contribua vaillamment à battre lés Normands et les refoula jusqu'au fond de la Calabre. Le pontife reconnaissant écouta avec bienveillance l'exposé de ses griefs contre l'archevêque de Trêves, leva l'excommunication et termina cette longue querelle.

Simon vivait d'ailleurs dans de bonnes relations avec l'Église et particulièrement avec les moines. Il favorisait par des donations l'extension de leurs établissements.

C'est ainsi qu'à la suite d'une visite que lui fit saint Norbert, archevêque de Magdebourg, fondateur de l'institut célèbre des Prémontrés, il bâtit, près de la forteresse de Prény, l'abbaye de Sainte-Marie-aux-Bois, où furent installés des religieux de cet ordre et qui devint promptement florissante et maison-mère de plusieurs couvents. Il reçut aussi plusieurs fois en Lorraine le grand saint de la Bourgogne, saint Bernard, et fonda, en son honneur, pour une colonie de l'ordre de Citeaux, l'abbaye de Stürzolbronn près de Bitche. C'est là qu'il voulut mourir.

 

(1) Fils de Thierry II de Lorraine. Date de naissance approximative selon les sources : 1090 ou 1096. 

(2)L'origine de Nancy et ses commencements sont très obscurs. Voir Lionnois, l’Histoire des villes vieille et neuve de Nancy, et Pfister, Histoire de Nancy, en cours de publication.


 

Ernest Mourin. 1895

 

 

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Publié le par Rhonan de Bar
Publié dans : #PRESENTATION LIVRES

 

A ne pas manquer, cette splendide réédition des ouvrages de Mlle de la Lézardière mis en forme par le Vicomte du même nom. J'en ai assuré la quatrième de couverture qui suit. Le troisème opus est à paraître courant 2012. 

 

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THEORIE DES LOIS POLITIQUES


DE LA MONARCHIE FRANCAISE.

 

 


TEXTES DE Mlle DE LEZARDIERE MIS EN FORME

 

PAR LE VICOMTE DE LEZARDIERE.


EDITIONS LACOUR-OLLE.


 

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La collection Montjoie Sain-Denis présente ici, avec bien la considération et les honneurs qui lui sont dus, cette oeuvre gigantesque qui connut, bien avant d'être exposée de la sorte, les tumultes et les aléas d'un pays en souffrance.

Il s'agit d'un travail assidu et précieux, pointilleux et dont le fond ne laissera pas indifférent le lecteur passionné, entre autres, par le droit justiciable en son pays. Plus qu'une tâche, une action!!! Plus encore, un rappel de mémoire.

Mlle Lézardière, après avoir rejoint les terres de Vendée, non exangues des conflits, s'attache, dans un esprit de justesse, avec un souci de vérité, loin de toutes rancooeurs, à réunir dans un effort quasi surhumain des documents éparpillés, perdus...

Cette recherche féconde donnera aux lecteurs une vision concrète et idéale de ce que fut la France à travers les siècles. En effet, pour notre plus grande curiosité, rien n'a échappé à la plume de l'auteur.

De là, un travail d'érudition est né, une oeuvre titanesque qu'il était opportun de reproduire et de livrer aux passionnés.

 

Rhonan de Bar.

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