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L'Avènement du Grand Monarque

L'Avènement du Grand Monarque

Révéler la Mission divine et royale de la France à travers les textes anciens.

Publié le par Rhonan de Bar
Publié dans : #MAISON DE LORRAINE. LES ORIGINES.

 

 

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THIEBAULT 1er

(1213-1220)

 

Thiébault, au dire d'un chroniqueur, était le plus beau des hommes de son temps. C'est un mérite assez souvent relevé parmi les descendants de Gérard d'Alsace. Il n'était pas moins bien pourvu du côté de l'intelligence et du caractère.

Il avait épousé Gertrude, fille et unique héritière du comte de Dagsbourg, ce qui lui donna pied en Alsace. Son règne s'annonçait bien, mais il ne fut qu'une suite de mécomptes et de malheurs.

Le premier fait à retenir comme caractéristique des mœurs du temps est l'étrange histoire de l'un de ses oncles, évêque de Toul.

Mathieu était fils de Ferri de Bitche et de la princesse polonaise Ludomille. A l'âge de six ans, il fut pourvu de deux canonicats ; à seize ans il était archidiacre de la cathédrale de Toul et prévôt de Sainl-Dié ; et enfin à vingt-huit ans, malgré la vive opposition du clergé et sous la pression de la famille ducale, il fut élu évoque de Toul.

Déjà les bruits les plus fâcheux couraient sur son compte et il cachait à peine ses dérèglements. Une fois intronisé, il se donna libre carrière, traîna sa robe dans toutes les débauches, dilapida la mense épiscopale et suscita par sa perversité l'indignation générale. Les chanoines de son chapitre dénoncèrent le scandale à Rome et demandèrent la déposition du prévaricateur. Une commission d'enquête présidée par le légat du pape n'eut pas de peine à constater combien étaient fondés les griefs du clergé, mais se borna, sur la pressante intervention du duc Simon II, à ménager un rapprochement. Mathieu avait promis tout ce qu'on avait voulu. Mais il n'en continua pas moins à braver et à spolier son chapitre. Les chanoines reprirent la lutte et, publiquement, leur doyen accusa l'évêque d'avoir de nouveau aliéné vingt-deux domaines de la mense. L'évêque répondit que les vrais dilapidateurs étaient les chanoines.

Puis il fit enlever par des soldats le doyen du chapitre. On le plaça sur un âne, les pieds liés sous le ventre de l'animal et on l'amena dotant Mathieu, Celui-ci, après l'avoir injurié, le fit jeter dans un cachot. Le légal cette fois bien informé suspendit l'évêque et le frappa d'excommunication. Le prélat interdit ne tint aucun compte de la sentence, et les chanoines ayant de nouveau porté l'affaire à Rome, il envoya des mandataires pour répondre à ses accusateurs et finit par aller lui-même plaider sa cause. Il ne doutait pas que, membre d'une famille souveraine, il ne trouvât des oreilles complaisantes.

Il gagna, il est vrai, des délais. Mais Innocent III, qui faisait la loi aux rois les plus puissants, n'était pas pour s'incliner devant un duc de Lorraine. Il fit reprendre toute la procédure et rendit enfin lui-même l'arrêt définitif. Mathieu fut déposé et le chapitre invité à élire un nouvel évêque. Il choisit un prêtre des plus recommandables, nommé Renaud de Senlis.

Mathieu, dépouillé de l'épiscopat par le souverain pontife, fut alors abandonné de tous. La famille ducale même cessa de le défendre. Il se retira à Saint-Dié, mit le comble à ses déportements par un abominable inceste et enfin, poursuivi par l'horreur de tous, il se cantonna sur la montagne dite de Clermont, comme un chef de bandits et s'y livra à tous les excès pendant plusieurs années.

Il menaçait surtout de sa haine son successeur Renaud de Senlis. Ce prélat étant venu passer les fêtes de Pâques dans les abbayes de Senones, Moyen-Moutier et Étival, Mathieu lui dressa une embuscade dans un chemin étroit et difficile près du village de Bourgonce, Lorsque l'escorte se fut engagée dans le passage, des scélérats apostés l'assaillirent. Renaud fut tué d'un coup d'épieu, son cadavre dépouillé et jeté sur la route. Alors Mathieu parut à cheval, une arbalète à la main, s'assura que ses ordres étaient exécutés et après avoir longtemps contemplé avec satisfaction sa victime, s'enfuit jusqu'en Alsace auprès d'un de ses amis (1217).

Le duc Thiébault informé de ce crime, jura de le punir par la mort de l'assassin. L'année suivante, il se rendit à Saint-Dié pour les fêtes de la Pentecôte.

Mathieu l'ayant su, revint d'Alsace, se glissa secrètement dans la ville et tenta des démarches pour obtenir sa grâce. Rebuté même par les rares amis qui lui restaient, il remonta dans son repaire de Clermont et attendit une occasion. Les fêtes passées, le duc quitta Saint-Dié, se dirigeant vers le village de Nompatelize. Tout à coup il aperçut l'évêque dégradé qui s'avançait à sa rencontre. Transporté d'indignation, il cria au sire de Joinville qui l'accompagnait : «Si vous m'aimez, percez-le de votre lance ! » Mais le seigneur répondit : « Dieu me garde que je frappe un homme de si haute naissance ! »

Thiébault alors s'empare de son arme et court lui-même sur Mathieu. Le misérable tombe à genoux sur la route et demande grâce à son neveu. Mais le prince, sourd à ses prières, lui traverse la poitrine d'un coup de lance et poursuit son chemin. Le cadavre roulé dans le ruisseau fut ensuite transporté à Saint-Dié où on lui refusa la sépulture religieuse.

On le ramena à son refuge de Clermont où il fut jeté dans une fosse à loups que l'on combla de pierres (1218).

Des faits graves détournèrent souvent l'attention de Thiébault des folies monstrueuses de son oncle.

La Lorraine par sa situation même était forcément mêlée aux agitations de ses puissants voisins, l'Allemagne dont la séparaient l'Alsace et l'archevêché do Trêves, et la France dont la séparait le comté de Bar.

On se souvient que Ferri II s'était lié étroitement avec son cousin le roi de Sicile Frédéric II. Il l'avait soutenu contre Othon IV et il avait soumis l'Alsace pour son compte. Frédéric de son côté lui avait promis une indemnité de 3000 mares d'argent et lui avait remis en gage la ville de Rosheim.

Après la mort de Ferri II, le roi qui n'avait pas plus de scrupules que d'argent reprit tout simplement son gage et chassa les Lorrains. Thiébault en éprouva un vif ressentiment, rompit le pacte de sa famille avec Frédéric et entreprit de ressaisir Rosheim. Il prépare deux corps d'armée. Son lieutenant Lambyrin d'Arches prend les devants à la tête de l'infanterie avec ordre d'attendre près de la ville la cavalerie qu'il se réserve de conduire en personne. Lambyrin descend la vallée de la Brusch, s'approche de Rosheim, la trouve sans défense et brusquant l'opération s'en empare. Mais ses soldats indisciplinés pillent les maisons des bourgeois, se gorgent de vivres et de vin, tombent ivres-morts dans les caves. Les habitants, revenus de leur stupeur, surprennent les soldats appesantis et les massacrent presque tous.

Thiébault et ses hommes d'armes arrivent trop tard.

L'expédition est manquée (fin 1213).

Thiébault brouillé avec Frédéric II se rapprocha naturellement de son compétiteur Othon IV. Il suivit même cet empereur dans sa fameuse campagne contre Philippe-Auguste, que termina la bataille de Bouvines, l'une des plus glorieuses journées de notre histoire nationale (1214). Son voisin le comte de Bar, au contraire, s'était joint à l'armée française.

Thiébault attendit quelques années avant de reprendre sa revanche en Alsace. En 1218, Othon IV étant mort, Frédéric II qui n'était encore que roi des Romains, paraissait retenu en Allemagne parles soins à donnera son élection. Thiébault jugea le moment favorable. Tout à coup il traversa les Vosges, poussa sur Roshcim et reprit cette place sans combat. Puis il chercha à s'étendre. Joindre l'Alsace à la Lorraine, c'était un beau rêve, et certainement d'une excellente politique. Mais l'illusion fut courte et le réveil terrible. Frédéric était moins empêché qu'on ne l'avait supposé. Il reparut bientôt en Alsace avec des forces considérables. Thiébault rentra précipitamment en Lorraine. Les Allemands le suivirent.

Ce qui prouve que le sentiment national était encore bien faible, si même il existait, c'est que le Duc ne fut soutenu par personne. La noblesse avait désapprouvé son expédition, elle resta indifférente à ses appels.

Quelques-uns même se joignirent à Frédéric II.

Thiébault abandonné s'enferma avec une poignée de fidèles dans la forteresse d'Amance, à une petite distance au nord de Nancy. Frédéric II poussa vivement le siège, et comme si l'armée allemande n'eût pas suffi pour écraser un prince de puissance inégale, il appela à la rescousse le duc de Bourgogne, le comte de Bar et la comtesse de Champagne, Blanche de Navarre, veuve de Thibault III et tutrice de Thibault IV, qui avaient des griefs contre le duc de Lorraine. Le comte et la comtesse, chemin faisant, entrèrent à Nancy qui ne résista point et, le lendemain, incendièrent la ville avant d'aller grossir l'armée assiégeante.

Le duc de Lorraine se défendit héroïquement, mais enfin à bout de forces il demanda une capitulation honorable. Frédéric fut inflexible. Il donna l'assaut, passa au fil de l'épée toute la garnison et enferma Thiébault dans une tour qui depuis porta-son nom.

Un traité humiliant termina la sanglante campagne.

Le Duc renonça à toute réclamation sur Rosheim et sur les 3000 marcs dus à son père. Il satisfit, on ne sait à quel prix, le comte de Bar, et quant à la comtesse de Champagne qui se montra la plus exigeante, il s'engagea à ne plus intervenir dans les affaires du comté et se reconnut même son vassal pour plusieurs fiefs, de façon assez vague du reste. Pour sûreté du traité, il fut stipulé que Frédéric tiendrait mie garnison à Amance et le duc de Bourgogne une garnison à Châtenois (1218).

Thiébault avait cédé à la force, mais il ne fut pas abattu et songea virilement à réparer ses désastres.

Son premier soin fut de rebâtir sa ville de Nancy dont les ruines fumaient encore. Puis il s'occupa à rassembler de nouveaux soldats, laissa voir à tous

qu'il ne tiendrait pas longtemps compte de la convention d'Amance. Il profita de l'absence du duc de Bourgogne Eudes III qui était parti on croisade, pour chasser la garnison bourguignonne de Châtenois, Il songeait ensuite à évincer les Allemands du fort d'Amance lorsqu'il tomba dans un odieux guet-apens.

Frédéric II, inquiet de ses desseins et de son agitation, l'invita à venir le voir à Wurtzbourg pour conférer des modifications qu'on pourrait apporter au traité d'Amance. Thiébault n'eut aucun soupçon et s'empressa d'aller au rendez-vous. L'empereur le reçut à merveille et le festoya joyeusement. Le lendemain à son réveil on lui dit qu'il était prisonnier. Il fut retenu plusieurs mois.

Décidément les Lorrains n'étaient pas encore attachés à leurs ducs comme ils le furent plus tard. On ne voit pas qu'ils aient rien fait pour obtenir la délivrance de Thiébault. On se lassa même de son absence et on parla de le remplacer. Son oncle Philippe de Gerbéviller réunit les États ou pour mieux dire l'assemblée de la noblesse et demanda qu'il fût pourvu au danger de la situation par l'élection d'un nouveau duc. S'il eût été seul candidat, il aurait très probablement entraîné le conciliabule. Mais le comte de Lunéville ayant aussi élevé des prétentions, les débats se prolongèrent et l'on finit par prendre un délai de quinze jours pour la réflexion. Avant les quinze jours écoulés, arriva un message de Conrad, évêque de Metz, annonçant que Thiébault était libre et rentrait à Nancy (mai 1219).

C'était le prélat lui-même qui avait négocié la mise en liberté du prince et avait donné sa garantie pour la rançon que lui imposait l'empereur.

On dit que Thiébault revint empoisonné. Ce n'est pas invraisemblable. Ce brillant Frédéric II, qui aimait les arts et les lettres et composait de petits poèmes à ses heures, avait surtout une âme vindicative et perfide. Le Duc ne fit plus que languir tristement, sans pouvoir s'occuper des affaires publiques.

Il mourut sans enfants au commencement de l'année 1220.

 

 

Ernest MOURIN (1895).

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Publié le par Rhonan de Bar
Publié dans : #EN FAVEUR DE LA MONARCHIE

HOMMAGE A MARIE-ANTOINETTE

JOSEPHE-JEANNE DE LORRAINE

ARCHIDUCHESSE D’AURICHE

REINE DE FRANCE.

 

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Ce 16 octobre 2012.

 

219ième anniversaire de la décollation de Marie-Antoinette.

 

A vous ma Reine. A vous Madame, que la cupidité mais plus encore la folie des séditieux a menée à l'échafaud. Vous Madame dont le destin tragique était inscrit dès le berceau et pourtant devant lequel vous n’avez jamais failli. Vous Madame sur qui l'on a beaucoup menti, l’humble Chevalier que je suis vous adresse, en ce jour de commémoration de votre Martyre, ses pensées les plus élogieuses et ses pensées les plus affectueuses d'un fils, si le Ciel le conçoit, non de sang, mais d'âme !

 

Vive la Reine !

 

 

LETTRE DE MARIE-ANTOINETTE

A SA SŒUR

MARIE-ELISABETH.

 

Ecrite à Paris le 16 Octobre 1793. 4h30 du matin.

 

« C'est à vous, ma soeur, que j'écris pour la dernière fois : je viens d'être condamnée non pas à une mort honteuse, elle ne l'est que pour les criminels, mais à aller rejoindre votre frère, comme lui, innocente, j'espère montrer la même fermeté que lui dans ces derniers momens.

Je suis calme comme on l'est quand la conscience ne reproche rien ; j'ai un profond regret d'abandonner mes pauvres enfants ; vous savez que  je n'existais que pour eux et vous, ma bonne et tendre sœur. Vous qui avez, par votre amitié, tout sacrifié pour être avec nous, dans quelle position je vous laisse! J'ai appris, par le plaidoyer même du procès, que ma fille était séparée de vous. Hélas! la pauvre enfant, je n'ose pas lui écrire, elle ne recevrait pas ma lettre ; je ne sais même pas si celle-ci vous parviendra : recevez pour eux deux ici ma bénédiction. J'espère qu'un jour, lorsqu'ils seront plus grands, ils pourront se réunir avec vous, et jouir en entier de vos tendres soins.

Qu'ils pensent tous deux à ce que je n'ai cessé de leur inspirer : que les principes et l'exécution exacte de ses devoirs sont la première base de la vie ; que leur amitié et leur confiance mutuelle en feront le bonheur. Que ma fille sente qu'à l'âge qu'elle a elle doit toujours aider son frère par des conseils que l'expérience qu'elle aura de plus que lui et son amitié pourront lui inspirer; que mon fils, à son tour, rende a sa sœur tous les soins, les services que l'amitié peut inspirer ; qu'ils sentent enfin tous deux que, dans quelque position où ils pourront se trouver, ils ne seront vraiment heureux que par leur union. Qu'ils prennent exemple de nous : combien, dans nos malheurs notre amitié nous a donné de consolation; et dans le bonheur on jouit doublement, quand on peut le partager avec un ami ; et où en trouver de plus tendre, de plus cher que dans sa propre famille ? Que mon fils n'oublie jamais, les derniers mots de son père, que je lui répète expressément : « qu'il ne cherche jamais à venger notre mort » »

J'ai à vous parler d'une chose bien pénible à mon cœur. Je sais combien cet enfant doit vous avoir fait de la peine; pardonnez-lui, ma chère sœur ; pensez à l'âge qu'il a, et combien il est facile de faire dire à un enfant ce qu'on veut, et même ce qu'il ne comprend pas : un jour viendra, j'espère, où il ne, sentira que mieux tout le prix de vos bontés et de votre tendresse pour tous deux. Il me reste à vous confier encore, mes dernières pensées; J'aurais voulu les écrire dès le commencement du procès ; mais outre qu'on ne me laissait pas écrire, la marche en a été si rapide que je n'en aurais réellement pas eu le ténus.

Je meurs dans la religion catholique, apostolique et romaine, dans celle de mes pères, dans celle où j'ai été élevée, et que j'ai toujours professée ; n'ayant aucune consolation spirituelle à attendre, ne sachant pas s'il existe encore ici des prêtres de cette religion, et même le lieu où je suis les exposerait trop, s'ils y entraient une fois, je demande sincèrement pardon à Dieu de toutes les fautes que j'ai pu commettre depuis que j'existe. J'espère que, dans sa bonté, il voudra bien recevoir mes derniers vœux, ainsi que ceux que je fais depuis long-tems pour qu'il veuille bien recevoir mon âme dans sa miséricorde et sa bonté. Je demande pardon à tous ceux que je connais, et à vous, ma sœur, en particulier, de toutes les peines que, sans le vouloir, j'aurais pu vous causer. Je pardonne à tous mes ennemis le mal qu'ils m'ont fait. Je dis ici adieu à mes tantes et à tous mes frères et sœurs. J'avais des amis ; l'idée d'en être séparée pour jamais et leurs peines sont un des plus grands regrets que j'emporte en mourant ; qu'ils sachent, du moins, que, jusqu'à mon dernier moment, j'ai pensé à eux. Adieu, ma bonne et tendre sœur ; puisse cette lettre vous arriver! Pensez toujours à moi ; je vous embrasse de tout mon cœur, ainsi que ces pauvres et chers enfans : mon Dieu ! qu'il est déchirant de les quitter pour toujours. Adieu, adieu, je ne vais plus m'occuper que de mes devoirs spirituels. Comme je ne suis pas libre dans mes actions, on m'amènera peut-être un prêtre ; mais je proteste ici que je ne lui dirai pas un mot, et que je le traiterai comme un être absolument étranger. »

 

 

MONTJOYE SAINT DENYS.

 

 

RHONAN DE BAR.

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Publié le par Rhonan de Bar
Publié dans : #PRESENTATION LIVRES

 

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HISTOIRE DU BLASON ET SCIENCE DES ARMOIRIES.

 

 

Très intéressante réédition par les éditions Lacour-Ollé de l'ouvrage de G.EYSENBACH. L'auteur eut pour mérite de remettre à l'honneur ce que le temps, mais surtout les hommes, avaient pris la peine de faire tomber en disgrâce. A l'instar du Père Ménestrier, ce livre fondamental sur l'art du blason ravira tous les amoureux de l'Héraldique. Le blason de la 1ère de couverture est celui de l'éditeur même. Nous le devons à Pierre Daniel de Losada (diplômé en Héralique, Généalogie, Droit nobiliaire et en Vexillologie) il peut se lire ainsi : "De sable, à une fleur de lys sous une croix ancrée à dextre et deux plumes passées en sautoir à senestre, tout cela d'or".

 

Extrait 4ième de couverture : "S'il est une science qui, étudiée avec amour, ait excité un enthousiasme et une admiration portés jusqu'au culte et à la dévotion, et qui, plus tard, par un triste revirement de l'esprit humain, soit tombée dans le discrédit le plus complet, c'est à coup sûr celle du blason..."

 

Bonne lecture à tous les passionnés, à tous les curieux...


Rhonan de Bar.

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NICOLAS VITON DE SAINT-ALLAIS. (1773-1842)

 

Ce volume est le 1er d'une série de 21 tomes. L'auteur conscient de la tâche énorme à accomplir a préféré opter pour une classification indépendante dans chaque volume. C'est-à-dire que les tomes suivants auront aussi un classement alphabétique de A à Z.

Chaque tome comporte l'historique de 120 à 180 familles...L'ensemble, une fois réédité, fournira au lecteur une somme considérable d'environ 12000 pages.  Sur demande auprès des Editions Lacour-Ollé, il vous sera possible d'obtenir le sommaire des tomes parus.

 

 

4ième de couverture.

 

A LA NOBLESSE FRANÇAISE


La noblesse est, par la nature de son institution, l'honneur de la patrie , l'ornement du trône et le plus ferme appui du roi. Elle compose la première classe de la nation, et c'est de ce rang élevé qu'elle donne au peuple l'exemple de toutes les vertus sociales et politiques sur lesquelles repose la solidité des empires. Notre histoire offre des périodes qui jètent le plus grand éclat sur la noblesse française; mais, Messieurs, sans replacer sous vos yeux ces époques qui sont loin de nous , je me contenterai de retracer à votre mémoire ce qui s'est passé de nos jours, pendant le malheureux interrègne qui vient de finir.
Des milliers de gentilshommes, fidèles à la voix de l'honneur et à l'exécution de leurs devoirs , n'ont- ils pas signalé d'une manière ineffaçable leur amour et leur dévouement pour nos princes ? Privations de toute espèce, ruine entière de leur fortune, délaissement de leur famille, le danger même de perdre la vie, rien ne leur a coûté pour se rapprocher, de corps et d'esprit, de l'auguste chef de la famille de leur dernier souverain.

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Publié le par Rhonan de Bar
Publié dans : #ETUDES HISTORIQUES SUR LIEUX SAINTS

 

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  FRANÇOIS Ier.

 

« Dieu, le voulant retirer! soit pour le faire jouir du repos éternel, lui envoya une fièvre de laquelle il mourut à Rambouillet, le 31 mars de l'an 1547. » Le roi François Ier fut inhumé à Saint-Denis, et on lui éleva, de l'autre côté de la chapelle des Charles, le magnifique tombeau de marbre blanc que l'on voit encore aujourd'hui si complètement conservé et si parfaitement rétabli[1].

Dans le caveau placé sous le tombeau on ensevelit, avec le roi, la reine Claude, sa femme, morte en 1524; François, leur fils, dauphin, mort en 1533; Charles, duc d'Orléans, leur autre fils, mort en 1545, et Charlotte, leur deuxième fille, morte tout enfant.

Ce sont les effigies de ces princes que l'on voit en prière sur la plate-forme du tombeau, entourant les statues de leurs père et mère dans la même attitude. Dans le caveau on ensevelit également la mère du roi, Louise de Savoie, duchesse d'Angoulême, dont la statue ne fut pas jointe aux précédentes ; son épitaphe était ainsi conçue :

 

Loysa Francisci régis mater obiit m..d xxxi.

 

LE CARDINAL DE BOURBON.

 

Le cardinal Louis de Bourbon Vendôme, évêque et duc de Laon, archevêque de Sens, pair de France, abbé de Saint-Denis, etc., mourut à Paris le 11 mars 1557. Il fut inhumé dans la cathédrale de Laon, et son cœur fut porté à Saint-Denis, où on lui éleva une colonne de marbre surmontée de sa statue, également de marbre, et sous laquelle furent déposés son cœur et ses entrailles.

En 1793 la statue a été brisée; la colonne seule existe aujourd'hui et a été rétablie à Saint-Denis à sa place primitive.

 

HENRI II.

 

Le roi Henri II mourut le 10 juillet 1559, à l'hôtel des Tournelles, des suites de la blessure qu'il reçut de la main de Gabriel de Montgomery, dans un tournoi donné à l'occasion du mariage de sa fille aînée avec le roi d'Espagne, et de sa sœur avec le duc de Savoie.

Sa veuve, Catherine de Médicis, fit élever à la mémoire de ce prince un magnifique tombeau, chef d'œuvre de Germain Pilon, qui a été replacé à Saint-Denis, à gauche du grand autel, près la porte qui conduit au cimetière des Valois. Ce monument admirable nous est parvenu dans un état de conservation relativement parfaite, et il faut d'autant mieux s'en étonner que les quatre statues qui décorent les côtés du tombeau, étant de bronze, avaient été destinées à rejoindre à la fonte tous les autres cénotaphes de métal découverts jusque-là C'est par miracle qu'elles ont été sauvées.

Sous le tombeau qui était placé au centre de la chapelle des Valois, construite par Philibert Delorme, était un assez vaste caveau où furent successivement déposés tous les cercueils contenant les restes des princes et princesses de la descendance d'Henri II.

On y réunit Henri II, Catherine de Médicis, leurs cinq fils, François II, Louis (mort enfant), Charles IX, Henri III et le duc d'Alençon ; trois de leurs cinq filles, qui furent: Isabeau, reine d'Espagne, Claude, duchesse de Lorraine, Marguerite, reine de Navarre, et les princesses Jeanne et Victoire, mortes en bas âge. Ces trois dernières seulement furent ensevelies dans le caveau paternel, où l'on plaça encore une fille de Charles IX.

Aucun de ces onze cercueils ne portait d'inscription, à l'exception de celui du duc d'Alençon, où était consignée la date de sa mort : Le dixième juin mil cinq cent octante quatre.

On avait encore placé dans ce même caveau deux cœurs enfermés dans des enveloppes de plomb, sur l'une desquelles on lisait :

 

Cor Cathar. de Medicis, Henrici II uxoris, Casti Caroli IX et Henrici III Regum Christianiss. Matris  obiit 1589[2].

 

Le graveur a oublié François II dans l'énumération. La reine Catherine survécut trente ans à son mari ; elle mourut à Blois, à l'âge de soixante-neuf ans, le 5 janvier 1589. Ensevelie d'abord dans l'église Saint-Sauveur, de cette ville, elle ne fut transportée à Saint-Denis que le 5 avril 1609, et déposée dans le caveau de famille, sous le mausolée qu'elle avait fait élever à son mari. Sa statue fut alors placée sur le tombeau, à côté de celle de Henri II.

Joachim du Bellay, qui mourut un an après le roi, avait composé en son honneur une épitaphe quelque peu prolixe, et qui fut placée près du tombeau de Henri II, à la grille du chœur[3]).

 

FRANÇOIS II.

 

«Sa mort advint—le 5 décembre 1560— par une défluxion d'humeur qui lui descendait du cerveau dans l'oreille gauche, laquelle, s'étant formée en apostume et ne pouvant trouver de conduit pour passer, l'étouffa. »

Nous avons vu que François II fut enseveli dans le caveau de son père, sans qu'aucun monument spécial fût consacré à sa mémoire dans l'église de Saint-Denis. Je parlerai plus loin de la colonne de marbre que Charles IX lui fit élever dans l'église des Célestins.

 

CHARLES IX.

 

Il mourut le 30 mai 1574, des suites « d'une fièvre pulmonique,» ainsi que l'assure dom Millet, «fièvre causée par les excès qu'il fit à la chasse, et aussi par ses grandes veilles.» Un poète du temps composa en son honneur deux longues épitaphes en vers latins, qu'on voyait gravées sur une lame de cuivre placée près du tombeau de Henri II. II résulte de la lecture de la première que Charles IX fut le plus grand roi de la chrétienté, et il est certifié dans la seconde que la porte du ciel s'est ouverte toute grande devant un aussi bon prince, sans doute pour le récompenser d'avoir ordonné — ou souffert — les massacres de la Saint-Barthélémy.

Charles IX n'eut pas non plus de tombeau. Son corps fut descendu dans le caveau de la famille de Henri II. On plaça à côté de son cercueil celui de la princesse Marie, née de lui et de sa femme. Elisabeth, fille de Maximilien II, laquelle était morte en bas âge.

 

HENRI III.

 

« Ce prince, assiégeant Paris, qui s'était révolté, fut frappé d'un coup de couteau par un assassin qui ne mérite pas qu'on le nomme, le deuxième jour d'août 1589, et mourut le lendemain. »

On porta son corps à Compiègne, où il resta jusqu'en 1610. Cette même année, la reine Marie de Médicis ordonna ses funérailles, et son inhumation à Saint-Denis dans le caveau de Henri II. Mais, comme on était au lendemain de la mort de Henri IV, dont la cérémonie funèbre se préparait, il n'y eut aucune pompe pour ledit enterrement; le corps ayant été placé dans le caveau, rien ne rappela, dans l'église haute, qu'un roi de France de plus était venu reposer sous ses dalles funèbres.

Le cœur de Henri III avait été déposé dans l'église de Saint-Cloud, où le secrétaire intime et particulier de ce prince, Charles Benoise, fit élever à sa mémoire une colonne torse en marbre de couleur surmontée d'un vase qui contenait le cœur, et qui fut détruit dans le pillage de l'église de Saint-Cloud. La colonne a été conservée et transportée à Saint-Denis. On y lit l'inscription suivante :

 

Adsta, viator, et doleregum vicem.

Cor régis isio conditum est sub marmore

Qui jura Gallis, Sarmatis jura dedit,

Tectus cucullo hunc subtulit sicarius.

Abi, viator, et dole regum vicem[4].

 

  HENRI IV.

 

Le roi étant mort le 14 mai 1610, assassiné par Ravaillac, fut aussitôt embaumé. Son cœur fut donné aux Jésuites, pour être placé dans l'église de leur Collège de la Flèche, qu'avait fondé le roi.

Le 18 mai, il y eut transport solennel à Saint-Denis des entrailles du roi, déposées dans un seau de plomb destiné à être placé sous son cercueil.

Pendant ce temps le corps était gardé au Louvre, dans une chapelle ardente, où l'on ne cessait de prier nuit et jour. Il y avait dans la journée six messes hautes et cent messes basses, qui se disaient aux deux autels de la chambre et à ceux qu'on avait dressés le long de la galerie. Le corps resta ainsi dix-huit jours exposé ; on le descendit ensuite dans la salle d'honneur, tendue des plus riches tapisseries de la couronne. On y dressa l'effigie, devant laquelle les officiers servirent les viandes qu'ils distribuaient ensuite aux pauvres, ce qui se continua jusqu'au 21 juin. Ce jour-là, la salle d'honneur fut transformée en une chambre funèbre, où le cercueil fut placé sur une table couverte de velours noir croisé de satin blanc, aux armes de France et de Navarre, avec un dais également noir et ornementé de drap d'or.

Le mardi 29 juin, les funérailles eurent lieu à Paris.

Le corps fut porté à Notre-Dame, en magnifique appareil ; toutes les rues que suivit le cortège étaient tendues de drap noir garni d'écussons aux armes du roi et de la ville, et d'espace en espace il y avait des torches allumées. Un service solennel fut célébré dans la cathédrale, au milieu de tous les grands du royaume et d'une assemblée considérable, où le peuple avait pu trouver place. Le 30 juin, le corps fut porté à Saint-Denis. Une affluence de gens de toutes les classes était accourue sur le passage du funèbre convoi et se joignait, en même temps qu'il avançait, à la foule qui l'accompagnait déjà. On arriva si tard à Saint-Denis, que l'office suprême ne put y être célébré qu'à onze heures du soir.

On descendit ensuite le cercueil dans le caveau où se faisaient habituellement les dernières cérémonies des funérailles, et qui est devenu le caveau des Bourbons.

Sur le cercueil on lisait simplement l'inscription suivante sur une lame de plomb :

 

 Ici gît le corps de Henry, par la grâce de Dieu quatrième de ce nom, roi de France et de Navarre, très chrétien, qui trépassa en son château du Louvre à Paris le 14 de mai, l'an de grâce mil six cent dix.

 

MARGUERITE DE NAVARRE.

 

La reine Marguerite, fille de Henri II, fut mariée, en 1572, à Henri de Navarre, qui fut Henri IV. Son mariage fut cassé par le pape Clément VIII, en 1599, pour cause d'inconduite « et actes médians qui faschèrent fort ce bon roy ». Retirée en Auvergne, puis à Paris, Marguerite mourut le 27 mars 1615, dans le palais qu'elle s'était fait construire rue de Seine. Son corps fut le dernier placé dans le caveau du roi Henri II.



[1]C'est le plus magnifique tombeau qui soit à Saint-Denis. Il est d'une ordonnance admirable et d'un travail complet, d'un goût parfait. Les bas-reliefs qui le décorent sont des chefs-d'œuvre d'habileté et de finesse; les corps du roi et de la reine, étendus sur le mausolée ont une expression indéfinissable. Si le gardien vous ouvre la grille qui entoure ce superbe objet d'art, obtenez qu'il vous permette de monter sur le premier entablement et, vous apercevrez dans l'horreur de la mort ces corps de marbres- sculptés sur Les moulages faits après le décès. Faites de même pour les tombeaux de Louis XII et de Henri II.

[2] Le cœur du roi avait été déposé, dans l'église des Célestins, dans un vase d'or que supportait le groupe des trois Grâces de Germain Pilon, qu'on voit aujourd'hui au Louvre, avec un vase nouveau de bois doré, qui remplace assez mal l'ancien. L'artiste a donné les traits et la ressemblance de la reine à l'une de ses trois statues.

[3] Elle était placée sur un grand tableau où, vu sa longueur, le passant ne la lisait guère. Elle commence ainsi: Par mes vers j'ay semé tes faits par l'univers,  Or, hélas! A ta mort me faut donner des vers. Elle se termine par les mensonges officiels que les poètes de tous les temps n'ont jamais marchandé aux grands de la terre: Et corne au bon Titus, les bons Pères romains donnèrent ce surnom délices des humains, Mettez sur son tombeau un graveur profond :  Cy gist le roy Henri qui fut l'amoure du monde!

Lisez tout au long cette curieuse pièce dans le deuxième volume du beau Joachim du Bellay, qui fait partie de la collection dite la Pléiade française publiée par A.Lemerre, l'habile et intelligent éditeur du passage Choiseul. 

[4] Arrête-toi passant et plains le sort des rois! Sous ce marbre Est enfermé le cœur d'un roi qui dicta des lois aux Sarmates et aux Gaulois Un moine assassin l'a frappé (textuellement assassin Coiffé d'un capuchon). Suis ton chemin, passant, et pleure le sort des rois!...

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Publié le par Rhonan de Bar
Publié dans : #PRESENTATION LIVRES

 

 

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L'ENIGME DE VARENNES

 

 

Voici une réédition très intéressante de "l'Enigme de Varennes" parue pour la première fois en 1936. C'est ici la seconde version, celle de 1957, revue et corrigée par l'auteur que présentent les Editions Lacour-Olle de Nîmes. Nous devons cet interéssant travail historique à Monseigneur Charles Aimond, grand spécialiste de l'histoire de la Lorraine.

 

Bonne lecture. Rhonan de Bar.

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IN MEMORIAM. DAGOBERT II. Eglise de MOUZAY.

Photo (Rhonan de Bar).

Dagobert II, à qui les historiens semblent enfin décidés à reconnaître une existence réelle, fût asssassiné dans l'énigmatique forêt de Woëvre.

Après une chasse aux cerfs éffrénée, le Roi, épuisé, s'octroie une sieste bien méritée. Il s'endort au pied d'un arbre, proche d'une fontaine au nom si enchanteur, comme tout droit sorti d'une légende : Arphays.

Le coup fatal lui est porté et entraîne sa mort.

Aujourd'hui, nous célébrons le 1143ième anniversaire, non pas de sa mort -puisque, selon certains chroniqueurs, celle-ci serait intervenue peu avant la Noël 679- mais bien de la translation de sa dépouille qui, à l'origine, reposait à la chapelle Saint-Rémi à Stenay.

C'est le 10 septembre 872 que Charles le Chauve, sûrement inspiré, fait transposer son corps dans une autre église de Stenay. Celle que l'on connait aujourd'hui sous le nom de Basilique Saint-Dagobert...

Rhonan de Bar. 10 septembre 2015.

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NOTRE DAME DE REIMS.

 

reims

 

CHAPITRE II. QUATRIEME EXTRAIT.

 

Cathédrale du XIIIe siècle. Son portail.

 plan caté

 

Nous sommes arrivés à la troisième partie du portail. Elle se compose d'abord de niches ogivales ; des colonnes détachées en forment la partie antérieure ; un clocheton aigu couronne chacune d'elles. Le haut de ces niches est orné de trèfles sculptés à jour.

Celles qui sont placées au second étage des tours, se reproduisent sur toutes leurs faces. Chaque tour en compte vingt et une. Elles renferment des statues portant le diadème; leurs noms ne sont sculptés sur aucune partie de l'édifice. On pourrait se demander si ces figures ne seraient pas celles des rois d'Israël; mais comme l'église qu'elles décorent est celle du sacre, nous les considérons comme celles des rois de France.

Dans les sept niches placées au-dessus de la grande rose, on voit Clovis dans la cuvé du baptême; Clotilde l'assiste ; saint Rémi reçoit la Sainte Ampoule ; deux chapelains du prélat, dont un tient la croix, et deux autres personnages forment le Cortège.

Toutes ces figures sont assez grossières; elles manquent de proportion et sont de beaucoup inférieures à celles des trois portes. Elles doivent avoir été faites avant celles-ci, et par des artistes plus inexpérimentés. Quand on élève un monument, les sculptures du sommet se font avant celles de la base.

Devant ces niches, dont l'ensemble est une composition historique, règne une galerie qui va d'une tour à l'autre ; son parapet est formé de petites arcades ogivales et a jour. Au centre sont les armoiries du Chapitre de Notre-Dame, portées par un ange.

Cette portion de l'édifice est connue sous le nom de Gloria. Le jour des Rameaux, quand la procession était sur le point de rentrer dans l'église, les enfants de choeur, les chantres et les musiciens montaient à la galerie dont nous parlons, et entonnaient l'hymne qui commence par les mots : Gloria, Laüs. Le clergé, au bas du grand portail, leur répondait. Cet antique usage ne s'observe plus depuis 1830 ; mais la galerie a conservé le nom de l'hymne qui s'y chanta pendant, plusieurs siècles. On y entre par une porte ouverte au milieu, et derrière elle est un passage qui communique d'une tour à l'autre.

Entre les chefs des quarante-neuf niches dont nous avons parlé, s'élancent des clochetons minces et légers : leur tête se dessine en pointe sur l'azur des cieux. Au-dessus des sept statues du baptême royal s'élève le fronton du portail. Il forme un angle aigu ; son chef est orné d'un jet de pierres imitant des fleurs et des feuillages.

A droite et à gauche se détachent enfin les deux tours. On monte quatre cent vingt marches pour arriver à leur sommet. On a taillé trois marches dans chacune des pierres qui composent l'escalier. Les tours ont quatre faces; chacune d'elles est percée d'une longue ogive, divisée elle-même par une colonne de pierre en doux ouvertures du mémo style. Un trèfle à quatre feuilles se dessine dans la partie supérieure. Les angles des tours sont masqués par des tourelles hexagones, formées par de simples et légères colonnes d'une grande hauteur. Dans l'une de ces tourelles est placé l'escalier qui permet d'atteindre le haut de chaque tour.

La partie de l'édifice achevée, du côté du midi, en 1430, aux frais du cardinal Filastre, est celle dont nous parlons.

Robert de Coucy et ses continuateurs voulaient élever encore cette portion du monument et y placer des flèches hardies; elles devaient avoir 38 m. 60 c, de hauteur ; ce qui aurait donné à la façade une élévation totale de 120 m. 10 c. L'argent manqua pour mettre la dernière main à ce chef-d'œuvre de l'art gothique.

On remarque, aux extrémités, des pierres qui semblent en attendre d'autres : elles sont percées pour recevoir les barres de fer destinées à maintenir les audacieuses aiguilles qu'on désirait y poser. Les tours furent longtemps, ainsi que les tourelles, terminées par de simples plates-formes. On ne renonça pas de suite à y construire des flèches; vers 1515 seulement, chaque tour, chaque tourelle fut couronnée d'une toiture conique à plusieurs faces. Sur chaque sommet brillait une fleur-de-lys dorée. Celle du centre, sur chaque tour, dominait les quatre autres.

Le gouvernement fait restaurer notre magnifique portail. Un homme de talent, M. Arveuf, est chargé de cette grande entreprise aux pierres qui semblent faites pour attendre les flèches il vient d'ajouter quelques assises. Aurait-il mission d'achever le plan de Robert de Coucy? Sans doute des aiguilles légères montant au ciel feraient au portail de La grande église un splendide diadème. Mais en a-t-elle besoin? N'écrase-t-elle pas déjà de toute sa hauteur nos humbles maisons? De quel point de l'horizon ne la découvre-t-on pas? Ne serait-ce pas compromettre le vieil édifice que de lui imposer un nouveau fardeau? Sans doute l'ambition d'un artiste peut rêver l'honneur d'attacher son nom au plus haut monument du monde : elle fait mieux que ce fou qui chercha la gloire dans la destruction d'un saint édifice. Mais dans un temps sérieux comme le nôtre, une grande dépense publique doit avoir un but moral ou positif, Les arts ne savent-ils pas chaque jour servir utilement la cause de la religion, les intérêts réels du pays?

Ministre et maitre des oeuvres, si, par hasard, vous avez 600,000 livres dont vous ne sachiez que faire, ne les perdez pas dans les nues, à bâtir l'aire du corbeau criard, de l'épervier cruel. Dépensez-les sur la terre, dans nos églises appauvries et chancelantes; dans notre hôtel de ville incomplet, sur nos places publiques, où l'affection et le patriotisme auraient tant de statues à dresser ; dans nos établissements charitables, si pleins que leurs portes ne peuvent plus s'ouvrir. Votre nom sera sans doute écrit moins haut ; mais la curiosité seule irait le déchiffrer à 120 moires. Plus bas, la reconnaissance de tous le lira sans peine, et le répétera d'âge en âge.

Les cloches étaient jadis distribuées dans les cinq tours qui dominaient le transept de l'église. Elles furent fondues par la violence du fou en 1481. Il a fallu trente-trois mille huit cents livres de mêlai pour faire celles qui les remplacèrent. On les éleva dans tes deux tours du portail. Fut alors construite, et réparée depuis à diverses reprises, la charpente qui portait ce lourd fardeau. Dans la tour méridionale, on lit sur une plaque de cuivre, fixée sur une pièce de bois, l'inscription suivante :

 

Caesis sylrarum fabricae remensis quercubus, munificât Ludovici magni

Indulgentia, provocante Carolo-Mauricio Le Tellier episcopo, ligni haec moles extracta est anno R.S. 1703.

 

Le lecteur a remarqué le mot quercubus, On voit que le chêne entre dans la charpente de nos églises : le châtaignier traditionnel n'avait pas seul le privilège d'y figurer, s'il y a jamais pris place.

 

 

A suivre…

Prosper TARBE.

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NOTRE DAME DE REIMS.

 reims

 

CHAPITRE II. TROISIÈME EXTRAIT.

 

Cathédrale du XIIIe siècle.

 

Son portail.

 plan caté

Parlons maintenant des bas-reliefs placés sur les frontons et les arcades pleines qui terminent la façade de chaque côté. Des piliers de pierres massives en remplissent la partie inférieure et montent à peu prés aussi haut que les grandes statues du portail. Au-dessus s'élèvent des surfaces ayant la forme ogivale, dont le haut s'encadre dans un fronton triangulaire.

Sur la façade sise à gauche, dans la partie inférieure, sont trois figures assez grandes. Celle du milieu tient un livre sous le bras ; elle est placée entre deux démons : l'un semble disputer avec elle; l'autre lui tourne le dos. Ne peut-on pas voir dans ce bas-relief la lutte du christianisme contre les passions humaines ?

Au-dessus sont trois sculptures. Au bas, on voit l'impératrice Hélène demandera saint Macaire, évoque de Jérusalem, en quelle place le Christ fut crucifié. L'évêque écoute prosterné la question qui lui est faite. Plus loin, on est sur le Calvaire; le prélat indique le lieu du divin martyre; les ouvriers travaillent, et la pioche met à jour la croix qui porta le Christ.

La sculpture qui surmonte ces trois sujets représente les trois croix, la fameuse inscription I. N. R. I. et les instruments du supplice. Un personnage tient une des croix debout ; un autre soulève la seconde; un troisième dégage du sol la dernière. Saint Macaire et l'impératrice sont, en prières. Il s'agit de distinguer quelle est la croix du Christ. On les fait toucher à une dame malade ; elle est guérie par la vertu de la troisième.

Au-dessus, des séraphins entourés de fleurs et de palmes soutiennent le signe de la Rédemption. Enfin au sommet du fronton est une figure de femme à genoux devant un crucifix: l'Eglise romaine institue la fête de l'Exaltation de la sainte Croix.

Cette partie de l'édifice fait angle droit sur la place du Parvis ; le côté qui regarde la prison est aussi sculpté. On y remarque des hommes et des anges en prières, et portant des parfums.

Le monument qui termine ta façade du côté de l'archevêché, est orné de la même manière. Dans la partie inférieure sont trois anges armés d'épées : l'un tient son glaive la pointe en bas ; les deux autres ont le bras levé et vont frapper les âmes des coupables, représentées par de petites figures à genoux et suppliantes.

Dans les trois bas-reliefs qui surmontent cette première sculpture, on reconnaît les figures de l'Apocalypse. Le Christ, sous la forme d'un bélier ou d'un agneau, ouvre le livre des sept sceaux.

A droite un ange console les vieillards effrayés des maux qui vont fondre sur la terre. A gauche arrivent deux cavaliers : l'un tient une épée et une couronne ; le second brandit une longue lame de fer. Derrière lui un troisième cavalier se perce de son propre glaive.

Sur le second bas-relief, on voit arriver au galop trois autres cavaliers : l'un tient une balance qu'il agite; les deux autres représentent la mort et l'enfer. Sur le troisième bas-relief est le Irène de l'agneau. Au-dessus, dans une niche, est le Sauveur entre deux anges. A ses pieds sont les âmes des martyrs. Dans la partie anguleuse du fronton est une reine à genoux, et regardant le

Christ du portail voisin. Cette partie du monument a une façade latérale du côté de l'archevêché. On y compta vingt-deux figures.

Les sujets auxquels elles se rapportent sont tirés des Actes des Apôtres. Elles sont rangées sur trois lignes. Au premier rang, on distingue quelques faits de la vie de saint Pierre. L'histoire de Corneille occupe le second ; celle de saint Jean, sa vie et sa mort se font reconnaître au troisième rang.

Des gouttières à formes monstrueuses sont placées aux extrémités inférieures des frontons triangulaires qui dominent les cinq portiques. Elles séparent ceux du centre et terminent les deux autres que nous venons de décrire. C’est probable qu'elles étaient jadis en pierre ; elles sont aujourd'hui de plomb, et représentent des animaux : comme toutes celles dont nous parlerons, on les nomme gargouilles. Au-dessus de chacune d'elles est une statue de chantre ou de musicien. Chaque gouttière semble soutenue par une figure qui plie sous le fardeau ; plus bas sont d'autres personnages qui séparent les arcades ; quelques-uns d'entre eux tiennent des vases d'où s'écoulent des ondes de pierre. Enfin, au-dessus des gouttières et derrière les figures qui tes surmontent y s'élèvent, au nombre de six, des clochetons à la pointe légère. Assis sur de hardis piliers, ils couronnent chacun une niche étroite et longue ; des anges, tenant des instruments de musique ou des vases de parfums, les habitent.

 

Nous avons achevé la description de la partie inférieure du portail.

 

Nous sommes arrivés au second étage de noire admirable façade. Au centre, au-dessus de la porte principale, est placée la grande rosace, qui éclaire toute la nef de sa religieuse splendeur.

Elle est comprise dans une ogive aussi vaste que l'arcade du centre. Toutes les richesses du gothique pur sont développées dans ses rayons. Autour de son coeur circulaire, se dessine une première fleur à douze pétales; celle qui l'embrasse en a vingt-quatre.

Une troisième fleur contient la seconde : ses larges feuilles encadrent celles des deux premières. Leur sommet renferme un trèfle à trois feuilles; un autre trèfle se dessine, entre chacune d'elles, dans l'angle qu'elles laissent vide en touchant de leur extrémité le cercle extérieur de la rosace.

Au-dessus de l'ogive se trouvent de curieuses sculptures. Au sommet, on voit le combat de David et de Goliath : à droite, Goliath reçoit au front la pierre que David vient de lancer; à gauche, celui-ci frappe le géant de l'épée qu'il a pu lui enlever.

Entre ces deux scènes sont trois arbres, des chiens, des animaux qui représentent peut-être le troupeau de l'intrépide berger.

De chaque côté de ce vaste bas-relief est une statue colossale de soldat armé de pied en cap, et portant une lance ornée d'une banderole; ils figurent les deux armées spectatrices du combat.

On distingue encore au même endroit dix groupes de statuettes, cinq de chaque côté de l'arc ogival. On s'accorde à y reconnaître différents détails de ta vie de Saul et de celle de David. Dans le premier groupe, Saul abandonne l'esprit de Dieu; dans le second le prince est chez une magicienne : il lui prie d'évoquer devant lui l'ombre de Samuel. Le troisième tableau représente Samuel ; il apparaît à Saul et lui annonce que la colère de Dieu va l'atteindre.

A côté, on voit la défaite de l'armée d'Israël un soldat montre à Saul un de ses fils percé de coups. Dans le cinquième tableau, on reconnaît David prêt à rentrer en Judée, où la couronne l'attend.

De l'autre-côté de l'ogive-on voit David sacré par Samuel; Isboseth assassiné pendant son sommeil; David recevant la tête de la victime; Nathan ordonnant au prince  coupable de faire pénitence ; enfin la révolte de Séba comprimée.

De chaque côté de cette portion du portail commence à se dessiner l'architecture des tours. Quatre piliers d'une grande élévation, ayant leur base derrière les frontons des arcades, en indiquent le premier étage; il y en a deux de chaque côté de la grande rose. Leur partie inférieure est pleine : le sculpteur s'est contenté d'y tracer trois ogives allongées, et placées côte à côte.

Au-dessus de chaque pilier est une niche aussi de forme ogivale; sa partie antérieure est formée par deux colonnes qui se détachent du monument et portent un clocheton élancé ; il est riche .d'ornements, et monte au deuxième étage du portail. Dans ces quatre niches on remarque la Vierge et trois apôtres.

Entre les deux piliers qui indiquent la première partie de chaque tour, sont deux ouvertures ogivales divisées par une simple colonne de pierre. Une autre colonne aussi légère sépare chacune d'elles en deux autres ogives. Ces quatre ouvertures sont terminées par des trèfles. Elles sont à jour et donnent passage à l'œil : il peut non seulement arriver dans l'intérieur de cette partie de l'édifice, mais encore aller au-delà; car ces ouvertures se répètent de l'autre coté du cube qui porte les tours. Elles laissent voir aussi les légers arcs-boutants qui soutiennent la haute nef; celle-ci disparaît derrière la rosace. Le spectateur, devant toutes ces lignes qui se croisent et laissent au milieu d'elles se jouer les rayons de la lumière, admire l'art de l'architecte qui sut donner de la légèreté et de la grâce à l'immense monument sorti de ses mains.

On remarque, dans les pierres qui encadrent ces ouvertures, des ferrements qui semblent destinés à porter des vitraux. Tous ces jours no furent-ils jamais fermés par des verrières ? C'est ainsi qu'on les voit dans un tableau du Musée de Versailles qui représente l'arrivée de Louis XV à Notre-Dame, lors de son sacre.

L'artiste a-t-il été trompé par ses souvenirs? Dans beaucoup d'églises on a rempli les ouvertures des tours pour empêcher la pluie et la neige d'attaquer les charpentes, et le vent d'ébranler l'édifice en s'engouffrant dans les cavités. N'a-t-on pas fait de môme à Notre-Dame? Nous devons avouer que la tradition n'eu dit rien…

 

A Suivre...

Prosper TARBE.

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NOTRE DAME DE REIMS.

 

reims

 

 

CHAPITRE II. DEUXIEME EXTRAIT.

 

Cathédrale du XIIIe siècle.

 

Son portail.

 plan caté

 

Avant de pénétrer dans le temple, examinons son extérieur.

Le bas du portail est partagé en cinq parties : toutes les cinq se terminent par des frontons à angle aigu. Les trois divisions du milieu sont des portiques : celles des extrémités sont pleines et couvertes de bas-reliefs : elles sont moindres que les trois autres; Le portail du milieu est plus élevé que ses deux voisins : l'arcade qui l'encadre a 11 m. 37 c. de large dans sa plus grande ouverture; les arcades voisines ne comptent que 6 m. 82 c.

Pour entrer dans la basilique par le portail occidental, il faut franchir cinq degrés. Aux autres portes l'exhaussement du sot oblige à en descendre plusieurs.

Les trois arcades sont exécutées dans le même style et sur le même dessin. Trente-cinq statues, hautes de 2 m. 44 c., en décorent la partie inférieure. Elles sont debout, séparées, placées les unes à côté des autres ; elles forment une chaîne de figures suivant les lignes tracées par la base des trois portiques, et interrompues seulement par les ouvertures destinées à livrer passage aux fidèles. Elles représentent des évoques, des anges, des prophètes, de saints martyrs, des rois et des reines; elles sont posées sur des piédestaux qui ont pour support des figures courbées ou accroupies, des animaux singuliers. Plus bas sont des feuillages d'un travail délicat, semblables à ceux qu'on admire dans l'intérieur de l'église; au-dessous on remarque des draperies faites à une époque moins ancienne.

L'arcade du milieu est divisée en deux parties par une colonne de pierre à laquelle est appliquée une belle statue de la Vierge.

Jusqu'en 1526, une lanterne où l'on entretenait une flamme perpétuelle, pendait devant elle, elle l’éclairait pendant la nuit : à celle époque ce luminaire fut supprimé.

La colonne qui sert de point d'appui à la statue de la Vierge est ornée de huit bas-reliefs: ils représentent l'histoire d'Adam et d'Eve. Ces sculptures sont en mauvais état ; mais on distingue encore assez bien l’Éternel prononçant la condamnation de l'espèce humaine, et l'ange à l'épée flamboyante chassant le premier homme du paradis terrestre.

Les ouvertures des portes sont terminées par des lignes parallèles au sol; des bas-reliefs les surmontent. Les piliers qui forment leurs jambages, sont décorés de la même manière. Ils ont deux faces : l'une regarde la place du Parvis; l'autre forme avec la première un angle carré. Elles sont ornées de sculptures presque toutes aujourd'hui mutilées et méconnaissables. On y remarque encore cependant les joies du paradis, les peines de l'enfer, les signes du zodiaque, les travaux des douze mois de l'année.

On reconnaît facilement le bûcheron chargé de son fagot, le vigneron taillant sa vigne, le moissonneur, le vendangeur, la vieillesse qui brave l'hiver au coin du feu, une jeune fille souriant au printemps, au milieu des fleurs, sous un berceau de feuillage.

Au-dessus des portes sont d'autres bas-reliefs. La travée de celle placée à droite en entrant est divisée en quatre groupes : le premier représenta Clovis victorieux revenant de Tolbiac. Il passe à Toul, et prie saint Vaast, alors simple prêtre, depuis évêque d'Arras, de lui enseigner la parole de Dieu. Dans le second tableau on voit saint Rémi catéchisant le roi des Francs; dans le troisième, le roi, à genoux, se convertit et demande le baptême; un diacre lui montre la croix, et saint Remi reçoit du ciel la Sainte Ampoule apportée par une colombe. Enfin, dans le quatrième sujet, le roi, nu dans une cuve reçoit le baptême : saint Rémi verse sur le chef royal incliné l’eau qu'il vient de bénir.

Au-dessus de la porte principale étaient des bas-reliefs représentant la vie de la Vierge, l'Annonciation, la Visitation et la Purification; ils furent détruits en 1794, et remplacés par cette fameuse inscription :

 

Temple de la Raison.

Le peuple français reconnaît l'Etre suprême

El l'immortalité de l'âme.

 

Ces lignes furent effacées en 1800, et remplacées par celles, qu'on y voit de nos jours :

 

Deo optimo maximo,

Sub invocatione beate Maria Virginis Deiparoe

Templum saecule XIII reaedificatum.

 

Sur la travée de la porte située à gauche on remarque des sujets dont l'interprétation est loin d'être facile. L'un représente un homme tirant son épée; à ses pieds tin personnage est a genoux la tète baissée et attend la mort ; sur le second plan on voit un brasier allumé ; l'autre nous montre l'appel fait à la miséricorde du pouvoir ; des soldats armés de pied en cap complètent le tableau. Au milieu de ces figures se trouve sculptée l'église qu'on donne comme celle élevée à Notre-Dame par Ebon. Ne peut-on pas admettre qu'elles représentent la mort de saint Nicaise ou celle des premiers martyrs rémois?

Le dessus des portes a la forme ogivale. Chacune d'elles est placée au fond d'une arcade spacieuse, voûtée et du même style.

Une rosace circulaire donne celle du milieu. Les deux autres portes sont aussi surmontées de verrières; au centre de chacune se dessine une rose ou un trèfle à quatre feuilles.

Chaque voûte est ornée de figures placées sur cinq lignes : elles s'élèvent au-dessus des grandes statues dont nous avons parlé, de chaque côté de l'arcade, et vont se rejoindre à son sommet.

Des lignes de feuillages montent avec elles et les séparent. On compte quatre-vingts statuettes sous l'arcade du milieu ; il n'y en a que soixante sous chacune des deux autres.

Ces figures venaient d'être remises à neuf quand la révolution arriva. Louis XVI, qui avait appris lors de son sacre quelles étaient les charges de l'église de Reims, avait accordé cinquante mille écus pour les réparations de l'édifice; de plus, il promit de donner pendant quinze ans et donna jusqu'à la fin de son règne une somme de douze mille francs dans le même but. Ce fut au portail central qu'on appliqua les dons de la munificence royale.

Sous l'arcade sise à gauche est représentée la Passion dans tous ses détails. Plusieurs de ses scènes sont faciles à reconnaître ; les autres sont rongées par le temps ou mutilées par la main des hommes. Au-dessus de l'arcade dont il s'agit, dans l'angle aigu formé par les lignes qui couronnent l'ensemble du portail, est sculpté le Christ sur la croix ; à ses pieds sont la Vierge, les deux Marie, saint Jean, Nicodème et Joseph d'Arimathie.

Sous la voûte de l'arcade située à droite, on voit des sujets variés, difficiles à expliquer et parfois inexplicables. On remarque des figures hideuses, singulières, et des allégories qui se prêtent souvent à plusieurs interprétations. Avec beaucoup d'attention et un peu de bonne volonté on distingue la résurrection, les peines de l'enfer, ta prière, saint Jean, saint Pierre, des musiciens, des anges, la sainte face, des rois el des reines portant la bienheureuse Sainte Ampoule, Jézabel el les chiens dévorants, des hommes dont deux crèvent les yeux à un troisième, un cavalier armé d'un glaive, un individu qui marche sur les mains, des malheureux déchirés par des bêtes féroces, la communion, un ange tenant le livre de la vie, et bien d'autres sujets de nature à exercer la sagacité du voyageur. Il y aurait un volume à faire sur les détails de cette voûte. Dans le fronton qui la surmonte est sculpté le Seigneur sur son trône ; six personnages qui l'environnent, tiennent les instruments de la Passion.

Sous l'arcade du milieu sont les statuettes réparées sous Louis XVI; elles représentent dans leur ensemble les bienheureux admis aux joies du paradis ; là sont rangés les rois chers au Seigneur, les apôtres, les martyrs, les vierges saintes et les vertus.

On distingue David et su harpe ;—Salomon et le plan du temple de Jérusalem ;— saint Louis le roi contemporain;— Clotilde la sainte reine des Francs ; — sainte Hélène qui retrouva la vraie croix;—saint Jacques coiffé de son chapeau aux larges bords et le bourdon à la main ; — saint Philippe ; — saint Jude ; — saint-Sébastien et les instruments de leur martyre ; — sainte Cécile et sa guitare ; — Noé et sa grappe de raisin ;— Moïse et les tables de la loi ;— l'amitié fraternelle;— l'amour conjugal ; —-la religion triomphant de l'impiété. De saints personnages tiennent des harpes, des trompettes, des flûtes, des violons; d'autres chantent; et tous ensemble ils célèbrent la gloire et la bonté du Très-Haut. Des anges portent les palmes et les couronnes réservées à ceux qui sont morts pour la foi, aux hommes qui ont servi leurs frères.

Le fronton de cette arcade la couronne majestueusement; ces sculptures sont vraiment majestueuses et dignes de leur position.

L'artiste a placé la scène au plus haut des cieux. La Vierge arrive aux pieds du Seigneur; elle quitte ce monde où elle a tant souffert.

Ses jours de douleur sont passés; le moment de son triomphe est venu ; le Christ lui pose sur la tète la couronne royale. La sainte Mère, humble comme dans l'étable de Bethléem, baisse la tête ; ses pieds posent sur un globe doré. Derrière elle le soleil l'éclairé de ses rayons étincelants. Cette brillante auréole relève la beauté de la noble figure ; autour d'elle des anges, des chérubins aux longues ailes, encensent et saluent le groupe divin. Cette grande composition est abritée sous des pendentifs légèrement sculptés et terminés en pointes qui descendent en saillie des rebords du fronton. Ce savant tableau peut-il être l'oeuvre du XIII siècle ? Ne doit-on pas plutôt lui donner pour date te siècle suivant?

Dans l'origine ces sculptures étaient peintes : le docte chanoine Lacourt, dans le siècle dernier, constatait encore la présence des couches d'azur et des feuilles d'or; on nous assure qu'on en voit encore quelques parcelles.

Celte partie de l'édifice avait reçu des réparations notables en 1611.

Louis XIII, lors de son sacre, donna de l'argent à cet effet. Ses bienfaits étaient rappelés par celte inscription placée au portail : « Ludovicus XIII, Franciae et Navarrae rex christianissimus in hoc augustissimo templodie 17. octob.anno 1610, regum Franciae inauguratus, regiâ munificentia instaurandam curavit. »

 

Les travaux furent conduits par maître Vincent, architecte de Laon...

 

 

A suivre...

Prosper TARBE.

 

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