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L'Avènement du Grand Monarque

L'Avènement du Grand Monarque

Révéler la Mission divine et royale de la France à travers les textes anciens.

etudes historiques sur lieux saints

Publié le par Rhonan de Bar
Publié dans : #ETUDES HISTORIQUES SUR LIEUX SAINTS

HIÉRON OU TEMPLE-PALAIS ÉLEVÉ

A JÉSUS-HOSTIE ROI DES NATIONS

§ II LES SALLES PARTICULIÈRES

 Il nous reste QUATRE SALLES à parcourir. Chacune d'elles renferme des tableaux, des gravures, des cartes et autres objets d'art, qui ont été classés de manière à correspondre aux « quatre grandes idées » exposées plus haut.

 Outre leur ampleur, qui paraît tout d'abord étonnante, on remarquera l'habileté avec laquelle ces salles rectangulaires ont été disposées autour du Pavillon Central, et cela, malgré les difficultés inhérentes à la forme triangulaire de l'édifice.

Le visiteur devra pénétrer par la porte de droite, au-dessus de laquelle est gravé le mot : Entrée. Il aura terminé sa visite après avoir franchi la porte de gauche, qui a l'inscription : Sortie; car les appartements, qui ouvrent sur les parois latérales du vestibule, sont privés et interdits au public.

Il va sans dire qu'il est défendu de toucher à quelque objet que ce soit, au risque de le maculer ou de le détériorer. On recommande aussi de ne parler qu'à voix basse.

Ire  SALLE

DROIT SOCIAL DE JÉSUS-HOSTIE

 I° Fondement du Droit. — Jésus-Christ, Dieu-Homme, est sans aucun doute Roi des Nations « Rex Gentium, » par ses droits de Créateur et de Rédempteur. Il en porte le titre dans les Saintes Lettres et dans divers monuments de la tradition chrétienne. — Or, il a établi sa présence réelle sur la terre, dans le Sacrement de l'Eucharistie. C'est donc là même que le Roi-Hostie doit recevoir les adorations et les hommages sociaux qui lui conviennent.

Plusieurs tableaux de Maîtres rappellent d'abord l’Institution du Saint-Sacrement par Notre Seigneur. Cet acte fondamental a consacré l'établissement et fixé le siège de la royauté eucharistique.

Voir sur le mur parallèle à la porte d'entrée :

 N° 94. — La Cène. Ancienne Ecole de Venise. —Les convives sont groupés trois par trois, comme dans la Cène de Léonard de Vinci. Jésus bénit les pains de la main droite, tandis que la gauche est largement appliquée sur son Coeur débordant d'amour.

N° 2, 85, 104. — Cène d'Emmaüs, par le Tiepolo, Ciro Ferri et l'Ecole de Venise. — Ces toiles de grand mérite représentent Notre Seigneur se faisant reconnaître après sa résurrection, « à la fraction,» c'est-à-dire à la consécration du Pain. On remarquera les diverses expressions de respect et d'admiration des deux disciples, devant le mystère eucharistique renouvelé par Jésus lui-même. Les artistes ont reproduit ce sujet différemment, selon leurs conceptions particulières.

 2° Exercice du Droit. —- Dans tous les âges chrétiens" des hommes de Dieu : Apôtres, Pontifes, Docteurs et Thaumaturges ont affirmé et défendu, revendiqué et exalté les droits sociaux du Christ-Hostie. C'est aussi par l'Eucharistie que la Société chrétienne a été providentiellement formée et plusieurs fois sauvée et régénérée. — Le rite eucharistique est encore en Orient, nous l'avons dit, le seul lien qui désigne et unit les diverses nations : Arméniens, Grecs, Syriens, Coptes, Maronites etc.

Les principales toiles, qui se rapportent à cette idée, sont exposées sur la paroi de gauche, en entrant.

 N°48. — La Communion des Martyrs du Padouan (Alex. Varotari, 1590-1650).Les martyrs, liés aux piliers d'un cachot obscur, sont visités par Jésus-Christ qui les communie de sa propre main. —C'est un fait qu'on trouve plusieurs fois rapporté dans les actes des Martyrs des premiers siècles. Si douze millions d'hommes de tout rang et de tout sexe eurent la force de supporter les tourments des persécuteurs, il faut l'attribuer à Jésus-Hostie, qui avec eux et par eux vainquit le monde.

N° 7. — L’Invocation de saint Augustin. Attribué à Bernardin de Luini (xvie siècle). Le Saint, au type africain, est représenté bénissant, tandis qu'un ange lui apporte un missel et des burettes. Sa grande action dans l'Eglise et dans le monde peut être justement attribuée à l'Eucharistie.

N° 107. — Le Corporal miraculeux de saint Grégoire, d'après Sacchi. Des ambassadeurs étrangers, étant venus à Rome, supplier le Pape de leur donner des reliques, le Pontife leur donna un corporal. Comme ils se plaignaient de n'emporter qu'une étoffe, au lieu des reliques désirées, le Saint prit le linge sacré, le piqua d'un couteau, en présence du peuple, et il en sortit du sang. (Jean Diacre.)

N° 6. — La Condamnation de Beranger, par Carlo Dolce. L'hérésiarque ayant attaqué le dogme fondamental de l'Eucharistie, toute l'Eglise se leva pour le

défendre. Un pape, un cardinal, un archevêque et un évêque sont représentés déposant avec respect les livres de la défense aux pieds de l'Hostie.

N° 112 .— Les Docteurs autour du Saint-Sacrement. Ecole française (XVIIIe siècle). Saint Grégoire le Grand, saint Jérôme, saint Ambroise et saint Augustin, les docteurs latins, dont l'influence fut si considérable dans le monde, confèrent sur les louanges à donner au Saint-Sacrement, exposé dans l'ostensoir.

 Voici des portraits de saints personnages, qui ont défendu et exalté le règne de l'Hostie. Nous citons les principaux:

 N° 22. — Sainte Claire, fondatrice des religieuses qui portent son nom. Elle repoussa par le Saint-Sacrement les Sarrasins qui menaçaient d'envahir son monastère C'est pourquoi elle tient à la main une monstrance.

N° 98. — Saint Norbert, par le Bronzino. Le saint fondateur des Prémontrés, en chasuble, porte un calice surmonté d'une hostie, peut-être en souvenir des hosties de Bréda, recueillies par lui.

N° 21. — Saint Philippe de Nèri en extase, par Guido-Reni. Cette magnifique toile est une des plus belles de la galerie. Un servant soutient le pieux fondateur de l'Oratoire, qui est ravi en extase pendant le Saint Sacrifice. Il fut un des grands restaurateurs du culte eucharistique au 16ième siècle.

N° 11. — Saint Dominique guéri. Attribué à Carlo Cignani. Un groupe d'anges présentent l'ostensoir au malade, qui se dresse de son lit comme subitement guéri par Jésus-Hostie. On sait le rôle important que lui et son ordre remplirent ensuite dans l'Eglise.

N° 88. — Urbain IV. Ecole italienne, XVIIe siècle, Ce Pape fut le promulgateur de la Fête-Dieu, qui est le triomphe du Roi-Hostie.

N° 102. — Saint Vincent Ferrier. Original de Luc de Leyde. Un enfant mort-né est présenté sur un bassin, par ses parents agenouillés. Le Thaumaturge, qui vient de dire la sainte Messe, prie debout avec ferveur et les mains jointes. Il obtiendra la faveur qu'il sollicite. On le représente avec des ailes et une flamme sur la tête, parce qu'il se nommait l'Ange de l'Apocalypse.

 On verra aussi avec intérêt dans la première vitrine les collections d'empreintes d'hosties, où se trouvent des emblèmes rappelant la royauté eucharistique du Christ, par exemple : le sceptre royal, le globe du monde, la balance de justice.

On remarquera également des inscriptions ayant le même sens comme : I.C. X.C.-NI. KA. Jésus-Christ a vaincu.

Des fers à hosties et d'autres objets suspendus à la muraille rappellent la même idée.

 3° Reconnaissance du Droit. — Le sens chrétien et la piété des fidèles, des familles et des peuples ont toujours reconnu et cherché dans l'Eucharistie la royauté souveraine et universelle. Enfin l'Eglise a été amenée surnaturellement à établir la fête du Très-Saint-Sacrement qui est la reconnaissance solennelle et le triomphe public du Roi des Nations caché dans l'Hostie, lequel a voulu se faire la nourriture de nos âmes. Tel est l'enseignement de la théologie, résumé par saint Thomas d'Aquin : « Christum Regem adoremus, dominantem gentibus, qui se manducantibus dat spiritus pinguedinem. — Adorons le Christ-Roi, dominateur des Nations, qui donne la vigueur de l'esprit à ceux qui en font leur nourriture. »- — (Invit. Off. SS. Sacram.).

 la série de droite, vous suivrez tout à votre aise l'épanouissement de la piété envers le Roi-Eucharistique. Nous signalons les tableaux plus importants.

 N° 23. - Communion de la Sainte Vierge. Ecole française (XVIIesiècle). Avec quel respect Marie reçoit le corps de son divin Fils! Elle est le modèle des communiants.

N° 25. — Communion de sainte Madeleine à la Sainte-Baume. Attribué au Corrège (Allegri). La sainte pénitente entourée d'anges, reçoit le viatique de la main d'un vénérable prêtre.

N° 27. — Même sujet, par Benoît Lutti (XVIIIe siècle).

N° 26. — Communion de sainte Marie l'Egyptienne.

N° 27. — Communion de saint Bonaventure. Ecole espagnole (XVIIIcsiècle), Grisaille. Le docteur séraphique se trouve indigne de la prêtrise ; mais un ange lui apporte la moitié de l'hostie consacrée. Le prêtre célébrant la messe, se retourne étonné.

N° 56. — Saint François d'Assise devant le Saint-Sacrement. Original, sur acier, de Guido-Reni. L'un des plus précieux tableaux du Musée. On admirera l'attitude du patriarche d'Assise devant son divin Roi. Effet remarquable de perspective et de lointain.

N° 50. — Saint Ignace et saint François-Xavier en adoration devant l'Hostie. Original de Sasso Ferrato. Ils offrent l'hommage de leur Ordre, si dévoué au

Saint-Sacrement.

Les Nos 106, 50 et 159, représentent l'Eucharistie dans le Purgatoire, où elle exerce en effet son empire, par la délivrance des âmes, selon le dogme de la foi. Voyez appendus, au-dessous, plusieurs petits cadres très remarquables. Les patrons de tel ou tel foyer domestique y sont groupés aux pieds de l'Hostie, en signe de respect et d'hommage. C'est là une forme touchante de la dévotion des familles chrétiennes envers le Roi-Eucharistique. —Nos 57, 58, 59 —A remarquer aussi le N° 70. — Communion de saint Louis de Gonzague, par Camoncini. Tout y respire la plus tendre piété.

 D'autres tableaux sont l'oeuvre de pieux artistes tourmentés eux-mêmes par le désir d'attirer plus d'honneur à Jésus-Hostie.

 Ainsi, le n° 42. —Le Sacrement au milieu des fleurs, par Daniel Zeegers, S. J.

N° 41. — Le Saint-Sacrement en gloire. Esquisse d'Annibal Carrache.

N° 103. — Les Docteurs écrivant sur le Saint-Sacrement en gloire. Ecole romaine (XVIIIesiècle).

 Les vitrines 2 et 3 renferment des objets d'art antiques et modernes, qui rappellent la vénération des fidèles envers l'Hostie. La belle collection de fac-similé de lampes des catacombes est un don du comte Acquaderni. Les symboles représentés sont pleins de sens mystiques.

 Enfin, sur la paroi en face, dans le coin, le Miracle de Bolsène — No 108, (copie de Raphaël, par Jules Romain), — termine bien la série. Un prêtre disant la messe vit le sang jaillir du calice et ensanglanter le corporal. Ce fait détermina Urbain IV à instituer la Fête-Dieu. L'hostie et le corporal miraculeux sont conservés, depuis 1264, dans la splendide cathédrale d'Orvieto.

 4° Permanence du Droit. — Le droit social de Jésus-Christ est inaliénable.

C'est pourquoi tant qu'il y aura sur terre une hostie consacrée, elle devra être le centre de tous les hommages, non, seulement de la part des individus, mais aussi des familles, des sociétés et des peuples.

L'Eglise militante d'ici-bas, jalouse de ce précieux dépôt, rivalisera en quelque sorte avec l'Eglise triomphante du ciel, pour rendre plus d'honneur et de vénération à ce grand Sacrement.

 C'est le sujet du célèbre tableau de Raphaël, au Vatican : La dispute du Saint-Sacrement. Le N°46 en offre une copie de Nicolas Mignard (1605-1668).

  la fin du monde, le Dieu des tabernacles exercera sur la terre son règne caché et mystérieux, à l'aide d'agents qu'on peut appeler eucharistiques, parce qu'ils agiront et lutteront par l'Hostie et pour elle. Tels furent, dans le passé :

 N° 34. — Le cardinal Borromèe arrêtant la peste de Milan. Le Saint porte dans les rues le viatique aux moribonds. Copie ancienne.

N° 161.— Saint Pascal Baylon, le pâtre de l'Ombrie qui, par son influence extraordinaire, vulgarisa les célèbres tableaux eucharistiques appelés « Maësta» ou « Majestés. »

On peut aussi rattacher à cet ordre d'agents eucharistiques, le N° 20, — Apparition de saint Michel au mont Gargan. Esquisse attribuée au Dominiquin. L'archange saint Michel apparaît au mont Gargan, tandis que des infidèles venaient empêcher la célébration de la messe des Exorcismes. Un taureau fugitif est arrêté et les méchants sont renversés par l'éboulement de la caverne.

 Enfin un peintre a très heureusement imaginé qu'au dernier soir du monde,

les anges viendront prendre, à Saint-Pierre de Rome, la dernière hostie consacrée, pour lui faire, avec les esprits célestes et les bienheureux, une apothéose suprême.

 N° 35. — Apothéose de l'Eucharistie. Ecole de Venise (XVIIe siècle). Le Saint-Sacrement renfermé dans vu vieil ostensoir est élevé au ciel.

 Dès lors le règne de Jésus-Christ sera fini sur la terre, pour se continuer au-delà des temps, dans la gloire céleste, pendant l'éternité. « Et Regni ejus non erit finis. » (Luc. 1. 33.)

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HIÉRON OU TEMPLE-PALAIS ÉLEVÉ

A JÉSUS-HOSTIE ROI DES NATIONS

II.EMBLÈMES.

Aux quatre angles du dôme, et sur la ligne même des quatre inscriptions, sont abrités sous de belles arcatures en fer ouvré, qui forment dais, les quatre grands Emblèmes du Christ, ou CHRISMES, consacrés et adoptés à travers les âges chrétiens, pour servir de signes de ralliement autour de l'Agneau.

Chrisme.pngLe premier est formé par le monogramme du Christ accolé des lettres symboliques A et Ω, selon le mot de saint Jean «Ego sum. A et Ω., principium et finis. » (Apoc., 1, 7). Cet emblème, que l'on trouve déjà dans les catacombes, figure à partir de Constantin sur le Labarum impérial, comme on le constate par une foule de monuments, médailles et monnaies. Il affirmait contre le paganisme et les hérésies le droit de domination du Christ, Dieu-Homme.

Sous les empereurs de Byzance, le Chrisme fut la Croix ancrée ou potentée, avec la devise grecque : I.C.X.C.-N.I.K.A, c'est-à-dire : « Jésus-Christ a vaincu. »

En Orient, cet emblème se retrouve encore partout sur les édifices publics et sur les maisons particulières. Les Occidentaux, à la même époque, gardaient seulement la croix, en y ajoutant parfois une devise latine : Christus Regnat ou Deus vult.

Ce signe sacré eut son plus brillant éclat dans les luttes contre l’Islamisme.

Plus tard le «Chrisme» accepté généralement représentait les trois premières lettres grecques du nom de Jésus: I. H. S. dans une gloire rayonnante. Cet emblème, connu, dit-on, à partir des révélations de Ste Julienne de Mont Cornillon, fut répandu en même temps que l'idée de la Fête-Dieu, par plusieurs Saints, en particulier S. Bernardin de Sienne. L'ordre de S.François le prit pour son blason, du XIVe au XVe siècle. AU XVIe siècle, la Compagnie de Jésus, suscitée providentiellement pour lutter contre le Protestantisme, l'adopta comme son chiffre et en fit le symbole de son immense action sociale dans le monde.

Enfin l’EMBLÈME DU SACRÉ-COEUR, révélé à la Bse Marguerite Marie, est le nouveau «signe de ralliement » proposé aux chrétiens militants des temps modernes pour rendre hommage à Jésus-Hostie. Que les individus et les nations l'acceptent sans plus tarder, afin de réveiller leur charité languissante et de lutter avantageusement contre les attaques du Satanisme contemporain (1). Dès lors ce « Chrisme » encore obscur aura, lui aussi, sa gloire et son triomphe.

 III ECUSSONS.

 La frise contournant le périmètre de l’« Aula Fastorum » est ornée de blasons ou écus, qui sont à la fois le complément nécessaire et le plus magnifique commentaire des inscriptions et des emblèmes. Ils représentent les « PUISSANCES», parmi lesquelles le règne de Jésus-Christ s'est réalisé dans le passé, ou se réalisera, il faut l'espérer, dans un avenir prochain.

C'est ainsi que dans le domaine du Droit Social, on a placé les écussons des cinq principaux RITES EUCHARISTIQUES: le Grec, Arménien, le Latin, le Syro-Chaldéen et le Mozarabe. N'est-ce pas en effet dans l'Hostie consacrée par les diverses liturgies, que s'établit la présence réelle de Jésus-Christ, avec toutes les prérogatives, de sa royauté sur les peuples? On peut dire avec un saint Père : « Le Roi est là! » (S. Cyrille de Jér. Catéch. v). On doit adorer dans l'Hostie, selon le terme d'une messe du rite Grec : le « ΠAMBAΣIAETΣ», c'est-à-dire le chef universel des Maîtres du Monde. (Canon de la liturgie de St Basile. — Voir RENAUDOT.)

C'est donc à juste titre que les hosties sont ici couronnées. Aussi bien les diverses nations chrétiennes se sont-elles formées d'abord autour de l'Eucharistie ; et le RITE seul est encore en Orient ce qui distingue les Nations.

Pour le Fait historique, cinq grands Etats de l'Europe l'ont affirmé presque à toutes les pages de leur ancienne histoire. Les blasons désignent: le Royaume de France, le Saint-Empire d'Allemagne, la Confédération Italienne sous la présidence du Pape, les royaumes autrefois si catholiques d'Angleterre et d'Espagne. Ces Nations ont reconnu la royauté de Jésus-Christ, à ce point que tous les Rois et Empereurs affirmaient tenir leur puissance « de la Grâce » ou « de la Miséricorde de Dieu » : Dei gratia Rex, — et ne l'exerçaient que sous la dépendance du Christ-Régnant.

En France, par exemple, les monnaies d'or appelées Agnels portaient à l'effigie l'image de l'Agneau, et au revers une croix avec l'exergue : Xtus Vincit. — Xtus Régnat. – Xtus Imperat.

A la Règle ou Norme Economique se rattachent CINQ PUISSANCES secondaires, qui s'étant vouées à Jésus-Christ, en se fédérant chacune avec un ordre chevaleresque Eucharistique, sont devenues extraordinairement prospères, à ce point d'être prépondérantes et de jouer un rôle très important dans le monde. Telles furent : la Suisse, la Belgique, le Portugal, le Danemark et la Hollande; dont les blasons sont accolés à ceux des ordres de chevalerie confédérés. En ces exemples, s'est vérifiée la parole du Maître, qui est la vraie solution du problème économique : « Quaerite primum regnum Dei et justitiam ejus, et omnia adjicientur vobis. (Math., vi, 33.) »

Nous nous trouvons devant un idéal sublime, en franchissant le domaine de la Promesse Politique, qui se rattache au Culte Social du Sacré-Coeur. Ici les écussons vous exposent un programme magnifique et grandiose, qui ne tendrait à rien moins qu'à grouper toutes les races ou nations prépondérantes aux pieds de Jésus-Hostie, sous l'emblème unique du Divin Coeur. De très bons esprits ont prédit cette Union finale des Grandes Races. Les écusson représentent successivement: l’Union Latine, l'Union Anglo-Germanique, l'Union Pan-Américaine, l'Union Asiatique, l’Union Australienne.

Après tout, les Nations, « Gentes » appartiennent de Droit à Jésus-Hostie,  et ce ne serait que justice si elles se laissaient gagner par les attraits de son immense charité.

Les huit derniers blasons qui occupent les quatre coins de la salle, au-dessous des quatre signes de Domination, figurent les Sociétés ou Ordres chevaleresques, qui ont pris l'initiative d'ériger des Temples-Palais à l'Agneau-Vainqueur, en vue de reconnaître précisément sa royauté sociale et de « la proclamer. »

(1) Dans les diplômes maçonniques des plus hauts degrés, on trouve représenté le Coeur de Jésus, avec ces mots: « COR EXECRANDUM. »

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HIÉRON OU TEMPLE-PALAIS ÉLEVÉ

A JÉSUS-HOSTIEROI DES NATIONS

 

I.  INSCRIPTIONS.

— Dès que vous avez  pénétré dans l’Aula Fastorum, votre regard est attiré par quatre inscriptions latines, en lettres capitales, qui se détachent et ressortent au milieu des divers ornements. Là en effet sont exposées, en formules claires et précises, les quatre idées maîtresses, qui sont la clef du HIÉRON et le résumé de toute la doctrine théorique et pratique du Règne social de Jésus-Hostie.

 A) En face de l'entrée, à l'Ouest, vous lisez :

 Agno Divino in Hostia proesenti

JURE SUO

Imperium competit in gentes universas

 Ce qui veut dire, en traduisant presque mot à mot :

 A l’Agneau Divin, présent dans l'Hostie

DE DROIT

Appartient l’Empire sur toutes les Nations.

Au-dessous, vous voyez de chaque côté, reposant sur les pilastres massifs, des chapiteaux en forme de cartouches accolés, dont le cadre est en feuilles de chênes. On lit au milieu l'indication des sources, où se trouvent les preuves de ce Droit.

 C'est d'abord à gauche : « SACRA SCRIPTURA, » L'Ecriture Sainte, et « TRADITIO CHRISTIANA, » la Tradition chrétienne. Puis, à droite : « SS. DOCTORES, » les Saints Docteurs, et « ECCLESLE MAGISTERIUM, » le Magistère de l'Eglise.

On ne nous demandera pas ici un exposé de ces preuves, qui exigeraient des volumes. Les visiteurs instruits et compétents en découvriront d'eux-mêmes un certain nombre. On connaît bien, par exemple, les principaux textes de la Bible, qui affirment la royauté sociale du Christ.

 « Postula a me, et dabo tibi GENTES HÆREDITATEMTUAM. » (Ps. II, 8.) — « Digitus est AGNUS QUI OCCISUS EST, accipere virtutem et honorem et gloriam. » (Apoc. v, 12.)

 — L'Agneau qui est immolé, n'est-ce pas Jésus-Hostie? Or d'après le contexte, il s'agit aussi d'une gloire et d'une royauté terrestres. Pour plus d'amples détails, nous renvoyons à la Bibliothèque et aux publications de la Société des Fastes (1). Une Revue semblable, poursuivant le même but, se publie en Italie, sous le titre de « Regno di Gesu-Cristo. »

B) Du côté du Nord, on voit cette inscription :

 Per ava inter populos Hostiae devinctos

FACTUM EST

Audire Christus vincit regnat imperat

Traduction :

 A travers les âges chrétiens, parmi les peuples voués à l’Hostie,

LE FAIT EST

Qu'on répétait à l'envi: Le Christ est Vainqueur, Règne et Commande.

Les preuves de ce Fait se trouvent partout : l1 Histoire « HISTORIA », les Arts « ARTES, » la Législation « LEGES, » et la Politique « POLITICA » en rendent un éclatant témoignage, à qui les étudie sans parti pris. Ces indications sont gravées sur la pierre.

 C) A l'Est, vous lisez :

 Hisce in aedibus studiosis servatur illustratur

ARS SEU NORMA

Optimi sub Christo-Hostia societatum regiminis

 C'est-à-dire en français :

 Dans cet édifice, les hommes d'étude trouvent exposé

L'ART OU LA NORME

Du meilleur Gouvernement des Sociétés sous le Christ-Hostie.

Sur les cartouches correspondants, sont marqués les GRANDS PRINCIPES je dirais mieux les grands secrets (Règles) de cet art divin. Il consiste à grouper, autour de Jésus-Hostie, tous les hommes, ses sujets, depuis les unités isolées jusqu'aux multitudes constituées en nations. On arrivera à ce but par divers degrés : Les Serments individuels, « JURAMENTA INDIVIDUA, » les Pactes des Familles, « PACTA FAMILIARUM,» les Alliances des Sociétés, « FOEDERA SOCIALIA », et les hommages des Nations, « OBSEQUIA NATIONUM. »

 D) Enfin au côté Sud, il est écrit :

 Pacis restaurandæ, Parodii, civitatibus regnis

DATUM EST PROMISSUM

Si in Christum Hostiam (sub signo SS. Cordis). Obsequium juretur.

 On peut traduire ainsi, en gardant, autant que possible, la contexture du

latin :  C'est à Paray, qu'en faveur du rétablissement de la paix sociale, aux Etats et Royaumes,

UNE PROMESSE A ÉTÉ DONNÉE

A condition qu'au Christ-Hostie (sous le symbole du Sacré-Coeur) L'hommage serait juré.

Ici les cartouches rapportent les divines exigences ou conditions, telles que le Coeur de Jésus les a exprimées dans sa révélation sociale de 1689. (Voir la Vie de la Bse Marg.-Marie). — Les abréviations se complètent, et se traduisent ainsi :  « IMAGO COLATUR S. CORDIS» : Culte de l'Image du Sacré-Coeur. - « VEXILLA REGIS PRODEANT CHRISTI-HOSTIAE» : Déploiement des étendards qui affirmeront la royauté du Christ-Hostie. - « REPARATIO FIAT SOCIALIS IN HOSTIAM » : Réparation sociale envers l’Hostie. — « JESUS-HOSTIA REX RECLAMETUR» : Nouvelle proclamation de Jésus-Hostie comme Roi.

(1) La Bibliothèque des Fastes Eucharistiques, qui compte déjà quatre à cinq mille volumes, occupe un pavillon particulier au fond du « HIÉRON». — Parmi les publications de la Société, nous citerons la Revue Trimestrielle, rédigée en français, qui a paru de 1882 à 1888 sous le titre de « Règne de Jésus-Christ. » Depuis cette époque elle a pris le nom d'Institut des Fastes Eucharistiques

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HIÉRON OU TEMPLE-PALAIS ÉLEVÉ

A JÉSUS-HOSTIE ROI DES NATIONS

II. — VISITE À L'INTÉRIEUR

Après avoir passé la grille et gravi les quatre marches de l'escalier d'entrée, le visiteur franchit le seuil du HIÉRON.

L'édifice est ici fermé pendant la nuit, par un rideau métallique mobile, qu'on abaisse ou relève à volonté.

Dans ce premier vestibule, on remarquera deux plaques de marbre blanc, qui sont de chaque côté. Elles portent des inscriptions importantes.

A droite, sont relatés les ACTES PONTIFICAUX RENDUS JUSQU'A CE JOUR EN FAVEUR DE LA SOCIÉTÉ DES FASTES. C'est d'abord l'EXTRAIT D'UN BREF, de Sa Sainteté Léon XIII, en date du 23 mai 1888, où l'on trouve une APPROBATION très explicite de l'Oeuvre. Nous donnons la traduction du texte latin : « La Société des Fastes Eucharistiques fait profession de vouloir employer ses soins à promouvoir dans les Etats l’Empire du Christ. Cette entreprise est sans doute excellente en elle-même ; car que peut-on faire de plus saint que de s'efforcer d'appeler les Nations à rendre  hommage à Dieu ? »

Vient ensuite le RESCRIT de la Sacrée Congrégation accordant de précieuses Indulgences aux Membres de la Société. Il est du 19 juin 1888. A gauche, est la Dédicace du HIÉRON en latin et en français. L'épigraphe latine est ainsi traduite :

« La Société des Fastes Eucharistiques, En vue d'exalter la gloire de la Divine Hostie, Et de faire connaître davantage Son rôle dans le Monde ; A fait codifier ce monument Au siège même, Des apparitions du Sacré-Coeur dé Jésus, En l'an du Christ-Régnant, MDCCCXCIII. »

Une grande et belle porte en fer ouvré et à chassis vitrés, donne accès dans l'Atrium. Ici déjà le jour vient d'en haut ; mais on n'a pas à s'en plaindre, car la lumière, tamisée par un large plafond de verre dépoli, tombe à la fois douce et abondante. Ce même procédé sera gardé dans tout l'édifice.

Le pavé de mosaïque commence dès l'entrée, pour se continuer à travers toutes les salles principales, avec plus ou moins d'ornements. Il est partout d'une composition aussi simple que distinguée.

Au milieu de l'Atrium, vous lisez par terre, dans un élégant encadrement, le mot : « Salve ». — C'est, si l'on veut, un salut de bienvenue adressé au visiteur, selon l'antique formule. Mais les pieux chrétiens y verront plutôt une invitation à invoquer, avec l'Eglise, la Vierge Marie, afin qu'elle leur fasse connaître, dans le mystère de l'Hostie, les gloires cachées de son Divin Fils Jésus, en attendant de les leur montrer face à face après l'exil de cette vie. « Salve Regina… et jesum benedictum nobis post exilium ostende ! »

N'est-ce pas par Marie que l'on va plus sûrement à Jésus? Les siècles de foi l'ont toujours affirmé. Deux colonnes massives en marbre de Carrare soutiennent des chefs-d'œuvre eucharistiques de premier ordre : Ce sont deux tabernacles antiques des grandes écoles de Donatello (1383-1466) et de Bramante (1444-1514). Le premier représente l'histoire abrégée de l'humanité déchue en Adam et Eve, et restaurée par l'Agneau.

Le second est un « ex debito » exigé par la Justice, à la suite d'un sacrilège commis. Deux autres sujets portent les noms célèbres d’Orcagna (1329-1389) et de Philibert Delorme (1518-1587). Nous voici devant trois grandes portes en chêne, qui quand elles sont ouvertes, laissent aussitôt pénétrer le regard jusqu'au fond des trois axes de développement du HIÉRON. La salle du milieu est la principale ; elle porte ce titre latin : «Aula Fastorum». On ne l'ouvre qu'à certains jours.

A la rigueur, les explications sommaires que nous allons en donner, pourront suppléer à la visite, au moins dans une certaine mesure. Elles seront nécessaires à quiconque voudra « de visu » se rendre compte des détails et saisir parfaitement l'idée générale. D'autant que les Inscriptions sont en latin épigraphique et parfois même en abrégé.

 § 1. — AULA FASTORUM

OU

GRANDE SALLE des FASTES

 Comme le nom l'indique, c'est ici la Grande salle des Fastes (1). On y trouve en effet résumées, dans une vaste et brillante « Synthèse, » les conclusions des immenses travaux « analytiques » que les membres savants de la Société ont entrepris et menés à bonne fin.

Aussi ce local (j'allais presque dire ce sanctuaire,) est-il le centre et le siège principal de l'Œuvre, qui y tiendra désormais ses conseils et ses grandes assises. La Société des Fastes étant internationale, dans le sens catholique du mot, il était naturel qu'on donnât ici l'avantage au latin sur le français.

On entre d'abord dans un vestibule d'honneur réservé aux « Promoteurs du Règne social de Jésus-Christ-Hostie. »

L'inscription trilingue, qui fut placée au-dessus de la croix, par ordre de Pilate, domine fort bien cette noble antichambre (2). « Il fallait, dit Bossuet, que la « Royauté de Jésus fût écrite en la langue  hébraïque, qui est la langue du peuple  de Dieu ; et en la langue grecque, qui est la langue des doctes et philosophes ; et en la langue romaine, qui est celle de l'Empire et des Maîtres du monde.»

De fait, les Maîtres du monde, dont les portraits figurent dans cette galerie, ont rendu hommage à la Royauté Suprême de l'Agneau. Témoins CONSTANTIN LE GRAND (305-337) et CHARLEMAGNE (800-814), ces deux incomparables empereurs, qui ont déposé leurs épées et leurs couronnes aux pieds de Jésus-Hostie, en se proclamant les champions de sa gloire et les serviteurs de son Eglise ; témoins ces souverains des nations catholiques, qui ont lutté et triomphé, par et pour « l’Agneau Régnant, » selon l'expression de leurs actes officiels : le roi de France, CLOVIS 1er, vainqueur à Tolbiac (415-511), — le roi de Castille, saint FERDINAND, qui conquit Cordoue et Séville sur les Maures (1217-1251), — le roi de Portugal, JEAN Ier, qui leur prit Ceuta et fonda la marine portugaise (1385-1435), —' la reine d'Espagne, ISABELLE LA CATHOLIQUE, dont le plus beau titre de gloire est encore d'avoir protégé le grand navigateur chrétien, qui découvrit l'Amérique (1450-1504).

C'est aussi à bon droit qu'à côté de ces princes, figurent les hommes providentiels suscités par Dieu, pour défendre et agrandir le Règne de Jésus-Christ. CHRISTOPHE COLOMB (+ 1505) et VASCO DE GAMA (+ 1525) n'eurent rien de plus à coeur en découvrant le Nouveau-Monde et les Indes-Orientales ; non plus que Dom HENRIQUE DE BOURGOGNE (-(- 1112), en se croisant contre les Sarrasins d'Espagne, ce qui valut à sa postérité le trône de Portugal.

Et que fut enfin JEANNE D'ARC (+ 143 1), sinon l'envoyée du Christ « qui aime les Francs », et qui en sauvant par elle leur royaume, voulut conserver les meilleurs ouvriers des Gestes de Dieu, « Gesta Dei per Francos. »

Si la république de Venise a été, pendant plusieurs siècles, la Reine des Mers, c'est qu'elle était consacrée à Jésus-Hostie. Ses célèbres Doges VÉNIER ET CICOGNA et son amiral BRAGADINO, le héros de Famagouste, sont bien à leur place, parmi les promoteurs du Règne de l'Agneau.

Arrêtons-nous enfin à cette belle et noble figure de GARCIA MORENO, le président de l'Equateur. Il a vécu et il est mort pour le Christ. Sa République vouée à Jésus-Hostie, sous le symbole du Sacré-Coeur, reste le modèle des Etats chrétiens, à notre époque.

Il est évident que cette galerie est très incomplète. Il y manque des centaines et des milliers de personnages célèbres : rois et princes, pontifes et docteurs, guerriers et savants, apôtres et missionnaires qui ont proclamé, défendu, exalté et agrandi l'Empire du Christ.

D'ailleurs le Dieu Eucharistique étant toujours parmi nous, la série n'est pas close, ni des hommes, ni des peuples, qui se feront les champions et les serviteurs du Règne social...

(1) Le mot Fastes, en latin Fasti (de « fas fari, ») signifie les conclusions ou déclarations de droit, les témoignages et actes authentiques, basés sur des enquêtes juridiques et consignés comme tels, dans les Registres et monuments publics. Les « Fastes Eucharistiques » ne sont que les déclarations du droit social de Jésus-Hostie.  (2) Cette inscription a été reconstituée par M.ROHAULT DE FLEURY, d'après les fragments qui en restent visibles sur la tablette originale conservée à Rome, dans l'Eglise de Sainte-Croix. Les trois textes sont écrits de droite à gauche, selon le mode hébraïque.

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HIÉRON OU TEMPLE-PALAIS ÉLEVÉ

A JÉSUS-HOSTIEROI DES NATIONS

1 - VUE EXTERIEURE

 Avant de pénétrer dans l'intérieur de l'édifice, il convient de jeter un coup d'œil sur l'extérieur.

Pour jouir du point de vue le plus avantageux, on devra se placer à la distance d'une cinquantaine de pas, en avant de la façade, sur l'avenue de Charolles. Encore faudra-t-il gagner, vers le milieu du trottoir de gauche, la ligne où vient aboutir l'axe prolongé du monument. De là, le « HIÉRON» apparaît dans toute sa sévère beauté.

L'oeil embrasse à la fois le corps principal du bâtiment et ses ailes fuyantes, dont le développement en éventail semble continuer avec les deux rues adjacentes et donne ainsi quelque illusion de l'immensité.

Aussi bien la ligne droite horizontale, qui domine partout et court à travers les frises de l'entablement, produit-elle un effet d'esthétique très frappant. On sait que cette « Eurythmie » est le caractère distinctif des monuments sacrés de l'Art grec; elle représente fort bien la stabilité, la puissance et le calme divin, et aussi, par contre-coup, la paix de l'âme juste, dont on a dit avec raison qu'elle est le « Miroir de Dieu. »

L'édifice est orienté régulièrement, sa porte principale s'ouvrant à l'Est. Sur la silhouette se détache le dôme central, qui  a été tenu à dessein un peu bas ; c'était précisément pour ne pas rompre la prédominance de la ligne eurythmique. Quatre fenêtres à trois baies imitant la double croisées ouvrent aux quatre points cardinaux, dans le pavillon de forme octogonale.

L'architecte a eu sans doute, dans la construction de cette « lanterne aérienne », une pensée symbolique, qui se rapporte à Jésus-Christ, l'Agneau divin, dont saint Jean a écrit qu' « Il éclaire la Cité Sainte du Ciel », modèle et exemplaire de celle de la Terre. « Et lucerna ejus est Agnus. » (Apoc., XXI, 23.) L'Agneau des visions apocalyptiques « à qui appartiennent la gloire et Vempire », ou JÉSUS-HOSTIE ROI, est bien le mot qui résume l'idée complète du « HIÉRON ». Il devait donc être gravé au frontispice. Mais c'est ici plus qu'une dédicace vulgaire ; c'est encore une vraie profession de foi et un programme de restauration sociale : « Instaurare omnia in Christo. »

Admirons aussitôt la superbe façade d'entrée, qu'encadrent fort bien les deux grandes volutes de droite et de gauche. A côté des larges pilastres, surmontés de la lettre emblématique H, ornée de palmes, se dégagent deux colonnes ioniques d'un bel effet. Le fût en est d'une seule pièce.

On remarquera les chapiteaux qui portent en relief le « Chrisme » ou monogramme du Christ «CHI.RHO», surmonté d'une couronne royale et environné de fleurs du lotus sacré.

Au tympan du fronton, un emblème symbolique du meilleur travail mérite

aussi une attention particulière. Le sujet en est l'onction divine du Christ-Roi et l'alliance éternelle faite par Lui entre Dieu et l'homme. En effet, le Saint-Esprit représenté par la Colombe dépose la tiare du « Triregnum » ou de la triple Puissance sur le « TAU » mystique qui, après avoir marqué anciennement le pouvoir de gouverner les peuples, est devenu le signe de

« l'AGNEAU VAINQUEUR » et a été longtemps la forme du bâton pastoral de nos Pontifes.

Tout autour de ce médaillon, qui est enfermé dans un cercle d'oves. comme un chaton dans sa bague, s'étalent des trophées de palmes et de feuilles de chêne, des faisceaux de piques et de hampes d'étendards.

Un flambeau allumé surgit d'en bas et domine tout le sujet : c'est la lumière de la foi, et le feu de la charité que Jésus-Christ a apportés à la terre, et qui seuls peuvent consommer le triomphe du Divin Roi, en établissant la paix sociale parmi les nations.

Ce beau motif est désormais le « cachet » choisi de l'OEuvre des Fastes; mais elle sera heureuse de le faire partager aux Sociétés, qui voudront entrer dans l'alliance divine en rendant hommage à l'Hostie et, par elle, à Dieu même.

Les écussons sculptés au-dessous des corniches, aux huit angles du dôme central, appellent tous les éléments et tous les êtres de la création à exalter la gloire de l'Eucharistie. On sait que souvent ils y ont réellement contribué. Et n'est-ce pas juste? N'est-ce pas ici le cas plus que jamais de répéter le cantique de louange : Benedicite, omnia opera Domini, Donino !...

Sur tous «ces cartouches, qui sont eux-mêmes ornés de palmes, voyez l'image de l'Hostie sainte, et au-dessous lisez d'abord, à gauche, cette inscription : « CIEUX ». C'est le « Benedicite Coeli Domino .» Puis regardez à droite, ces caractères enchevêtrés forment le mot : « HUMANITÉ ». C'est le « Benedicite Filii hominum Domino. » Vous avez ainsi les deux notes extrêmes, les deux principaux exécutants du concert : l'ange et l'homme.

Il appartient surtout à ce dernier d'achever et d'ordonner cette harmonie. Suivez le contour de l'édifice, vous trouverez les modes intermédiaires : « l'AIR, la TERRE, l'ESPACE, le TEMPS, le FEU, l'EAU. » Cet hymne de pierre chanté dans une gamme parfaite n'est pas pour nous étonner, puisqu'il s'agit d'un sujet « où la louange ne peut asserz dire, » et d'un « thème qui n'a point son égal. — Laudis thema specialis. » (S. Thom., Off. SS. Sacr.)

Au sommet de la lanterne, l'épi de couronnement porte la lettre H inscrite dans un cercle et une croix ancrée : le tout à double face. Le HIÉRON est ainsi signalé au loin et aux regards de tous, comme le Temple-Palais de « l'HOSTIE, » dont saint Thomas a encore dit qu'elle était le « Microcosme, » l'appui, le centre et le résumé du Monde.

Les toits reposent sur une charpente de fer ; ils ont de grandes baies vitrées,

d'où des flots de lumière descendent dans l'intérieur de l'édifice. On le verra, les salles principales n'ont pas d'autre ouverture extérieure, ce qui a permis d'exposer les tableaux, dans un jour plus favorable.

Voici quelques dimensions qui pourront encore intéresser le visiteur: Longueur de l'aile gauche: 22 mètres; de l'aile droite : 36 mètres. Largeur maximum : 40 mètres. Superficie totale : 800 mètres carrés.

Un amateur de symbolisme a fait observer que le « HIÉRON » présentait la forme d'un coeur ou d'une pointe de flèche émoussée, inutile d'insister sur les applications ; nous n'avons rapporté cette remarque que pour mémoire. A chacun de juger et d'apprécier, selon ses goûts et ses lumières.

D'ailleurs, ce Carnet n'a pas la prétention de tout expliquer et de tout décrire.

Il ne veut être que l'humble introducteur, qui suffira à donner la clef du monument, en attendant un guide plus détaillé et plus complet.

 

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HIÉRON OU

TEMPLE-PALAIS ÉLEVÉ A JÉSUS-HOSTIE

ROI DES NATIONS

 Cet édifice a été construit par la Société des Fastes-Eucharistiques dans le but de faire connaître, de promouvoir et d'agrandir le Règne social de Jésus-Hostie. Tout se rapporte en effet à cette idée maîtresse : Le Christ, présent sur la terre dans la Sainte Eucharistie, y est Souverain Seigneur et Maître, en un mot, Roi, non seulement des individus, mais encore et surtout des Familles, des Sociétés et des Peuples, qui doivent reconnaître ses Droits et lui rendre leurs hommages publics et solennels.

Par ces hommages, l'ordre social divin, qui a été autrefois la « loi suprême » de l'Europe et du monde, serait rétabli, comme il est juste, et les Droits de Dieu - proclamés à nouveau deviendraient encore la meilleure garantie des Droits de l'homme trop souvent méprisés. La paix et la prospérité des Nations découleraient de cet état de choses, par voie de conséquence « logique » et de récompense « providentielle.» (1).

On remarquera que Paray-le-Monial a été bien choisi pour la construction de ce monument, qui est jusqu'ici unique dans son genre, puisque c'est dans cette petite ville que Notre-Seigneur a voulu, en dernier lieu, affirmer, comme Roi social, ses droits lésés par le Satanisme envahissant, et renouveler, sous certaines conditions, ses Promesses de protection spéciale aux princes et aux nations fidèles. (Voir les Révélations faites à la Bie Marguerite-Marie.)

Le mot de « HIÉRON » est tiré du grec, comme tant d'autres de notre langue. Il exprime étymologiquement l'idée d'une enceinte consacrée à la Divinité ; mais il semble avoir été réservé par l'usage à désigner les Temples-Palais, où les Sages (appelés Amphictyons) élaboraient les lois souveraines et rendaient les sentences arbitrales qui, au nom des principes du Droit divin, maintenaient la paix des nations.

Exemple ; le célèbre Hiéron de CNIDE, bien connu dans l'histoire de l'Art.

On a voulu christianiser ce nom et ce souvenir. D'ailleurs le nouveau titre ainsi compris conviendra mieux à l'édifice que celui de « Musée Eucharistique », dont le sens paraissait trop restreint.

Il appartiendra au visiteur compétent d'apprécier l'architecture à la fois simple et originale du « HIÉRON ». Elle se rattache surtout au style Ionien de la meilleure école. Nous devons les plans du monument, tel qu'il existe, à M. Noël Bion, qui a travaillé d'après les indications d'un Comité spécial. — Commencé en 1890, le « HIÉRON » a été terminé en 1893. 

(1) A propos du Règne social de Jésus-Christ, il serait trop peu sérieux d'objecter le texte de S. Jean (XVIII,36), où N.-S. dit à Pilate : « Regnum meum non est de hoc mundo,» ce qu'on a traduit par cette phrase amphibologique, qui en a trompé plusieurs : « Mon royaume n'est pas de ce monde. » - Le seul vrai sens est que ce royaume ou règne ne vient pas de ce monde; comme le Christ l'explique aussitôt dans le contexte : « Regnum meum non est liinc. » — Mais parce que son origine n'est pas de ce monde, cela ne veut pas dire qu'il ne soit dans ce monde. L'Ecriture et la tradition affirment le contraire. S. Thomas d'Aquin commente ainsi le passage dont il s'agit : « Non habet principium de hoc mundo, est tamen hic, quia est ubique. – Mon royaume ne tient pas son principe de ce monde, cependant il est ici, puisqu'il est partout. » La royauté universelle du Sauveur est incontestable de droit, quoique le fait de la reconnaissance dépende de la volonté libre des hommes.

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LA CATHEDRALE DE LIMOGES.

RENE FAGE.

 

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 AVANT-PROPOS.

 

La Cathédrale Saint-Etienne est un édifice unique dans la région limousine. Au milieu du groupe important des belles églises romanes que conservent les trois départements de la Corrèze, de la Creuse et de la Haute-Vienne dont le territoire est emprunté à l'ancien diocèse de Limoges, elle apparaît comme un pur et élégant spécimen de l’art gothique. Quelques grands monuments religieux de cette province ont reçu des voûtes d'ogives que le plan primitif n'avait pas prévues ; quelques autres, de petite dimension, ont été exécutés tout d'un trait d'après le nouveau style en vogue depuis la fin du XIIe siècle ; aucun ne peut être comparé à la cathédrale de Limoges pour l'unité et la grandeur de la composition. Elle ne s'est, pas inspirée de l'architecture de la contrée, et elle est restée isolée, n'ayant jamais été imitée.

A quoi faut-il attribuer cette situation à part, qui rappelle celle de la cathédrale de Clermont-Ferrand ? Nous croyons que la nature même du sol peut suffire à l'expliquer. Construites en pierres volcaniques dans la région auvergnate, et en pierres granitiques dans la région limousine, les grandes abbatiales et collégiales romanes ont résisté aux siècles. Aussi solides qu'au premier jour, il était inutile de les jeter à bas pour en élever de nouvelles à leur place. D'autre part, les matériaux du pays, qui se prêtaient à merveille à la sévérité d'aspect et à la simplicité de lignes de l'architecture romane, exigeaient un effort considérable et coûteux pour s'assouplir aux fantaisies légères et gracieuses de l'art gothique. Limoges, qui était, comme Clermont, le siège d'un grand évêché, pouvait faire cet effort et y a réussi.

Parmi les raisons qui déterminèrent la construction de la cathédrale du XIIIe siècle, on peut faire entrer en ligne de compte la rivalité qui divisait les deux villes de Limoges. La Cité et le Château formaient deux villes distinctes, entourées de leurs murailles, pourvues d'une administration différente, quelquefois en guerre l'une contre l'autre.

La Cité était la ville de l'évêque ; c'est là que se trouvait la cathédrale. Dans l'enceinte du Château, que gouvernait le vicomte, était la florissante abbaye de Saint-Martial, avec sa belle église, une des plus grandes, des plus célèbres, et des plus riches du Limousin. La pauvre église cathédrale était loin de pouvoir lui être comparée; et pourtant elle était la plus vénérable de Limoges puisqu'elle était bâtie sur l'emplacement de celle que saint Martial lui-même avait consacrée ; elle était l'église des successeurs de saint Martial, l'église mère de tout le diocèse. Ce fut pour lui donner l'éclat que méritait une telle dignité et la mettre au premier rang, qu'Aimeric de la Serre, le plus opulent des évêques de France, dit une vieille chronique, résolut de faire démolir l'église romane pour élever à sa place la cathédrale du XIIIe siècle.

Nous avons dit que la cathédrale de Clermont était aussi isolée, comme grande église gothique, dans le diocèse auvergnat, que la cathédrale de Limoges dans le diocèse limousin. A d'autres points de vue ces deux églises peuvent être rapprochées.

Il ne s'est écoulé qu'un quart de siècle entre la fondation de l'une et la fondation de l'autre.

Or il y a tant d'affinité dans le plan des deux chevets, dans les procédés de construction, dans les couvertures des chapelles latérales et rayonnantes, dans la combinaison du triforium et des fenêtres hautes, qu'on peut se demander si le maître de l'oeuvre de la première n'a pas été le maître de l'oeuvre de la seconde.

Quel que soit l'architecte qui a conçu le plan de la cathédrale de Limoges, il est certain qu'il fut un des plus habiles de son temps. Viollet-le-Duc classe l'abside parmi les plus remarquables œuvres du style gothique.

On a; dit, avec raison, que c'est un monument du Nord implanté en Limousin. L'influence de nos provinces septentrionales s'y laisse sentir, en effet.

Nous ne trouvons, ni dans le Centre, ni dans l'Ouest, aucun édifice qui puisse lui être comparé.

C'est à l'architecture du Nord qu'il faut le rattacher, comme les cathédrales de Clermont-Ferrand et de Narbonne. Mais la cathédrale Saint-Etienne de Limoges n'est la copie d'aucune autre. Même dans le groupe de Clermont et Narbonne elle a sa physionomie propre, qui tient à la fois à son emplacement, aux matériaux employés et peut-être aussi à l'habileté des ouvriers.

De même qu'elle est restée longtemps inachevée, elle a attendu longtemps son historien. L'érudit abbé Arbellot lui consacra en i852 une première étude. Devenu chanoine titulaire, il reprit son travail, le mit au courant, et publia en 1883 une monographie étendue sous forme d'un volume de 288 pages. Dans cette étude, tout ce qui a trait à l'histoire de la cathédrale gothique et aux campagnes de travaux qui ont été entreprises depuis le XIVe siècle, est excellent et nous y avons abondamment puisé. Malheureusement le livre a été publié avant l'achèvement de la construction des dernières travées, et il reste donc incomplet ; malheureusement aussi il est dépourvu de plan et de gravures, lacune regrettable dans un ouvrage dont une bonne partie est une description archéologique.

Le cadre des « Petites Monographies » nous a imposé l'obligation de résumer ce que nous appelons les origines de la cathédrale. Nous avons cherché à dégager des légendes ce qui paraît avoir un caractère historique; et si l'église romane nous a arrêté un peu plus longtemps, c'est qu'il en subsiste deux morceaux importants, d'un incontestable intérêt, la crypte et trois étages du clocher.

Quant à la cathédrale gothique, qui fait le principal objet de cette monographie, nous avons cru devoir en donner d'abord la description d'ensemble et réserver pour le chapitre suivant l'historique de sa construction. Voici la raison qui nous a fait adopter cet ordre assez contraire à l'usage courant.

Le visiteur est frappé par l'unité du plan de la cathédrale de Limoges ; les différences de détails ne sont pas d'emblée perceptibles pour lui; l'œuvre, dans toutes ses parties, lui paraît harmonieuse et homogène. Telle est sa première impression. Ce n'est qu'après, et par une application de son esprit, qu'il voit la différence des profils et de la décoration, et qu'il en recherche les causes dans la chronologie des campagnes de travaux. Nous avons fait comme ce visiteur auquel notre petit livre est destiné.

 

 

    LACATHÉDRALE DE LIMOGES

 

I.

 

LES ORIGINES

 

Dans une ancienne Vie de saint Martial, faussement attribuée à un auteur du VIe siècle, on lit que l'apôtre du Limousin, suivi de tout le peuple, se rendit au temple païen de Limoges, y brisa les statues de Jupiter, de Mercure, de Diane et de Vénus, et le consacra à saint Etienne(1). Reprenant cette légende, le moine Adémar, dans son VIIIe sermon, écrit au commencement du XIe siècle, dit que saint Martial fit du temple de Jupiter à Limoges l'église du Rédempteur (2).

Qu'y a-t-il de vrai dans cette tradition ? Sans faire aucun cas, tant la source est suspecte, des nombreux morceaux de sculpture antique qui auraient été trouvés, d'après Beaumesnil (3), sur l'emplacement de la cathédrale actuelle et dont cet artiste nous a laissé les dessins, il est certain qu'à la fin du XVIIIe siècle, des fouilles exécutées non loin du chevet remirent au jour des fragments de bas-reliefs et des inscriptions romaines attestant l'existence, d'un édifice remontant aux premiers siècles de notre ère (4) des sondages plus récents, exécutés sur le même point, ont fait découvrir une base de colonne, une aire en ciment mêlé de tuileaux et des débris d'ornements en marbre ; enfin, l'abbé Arbellot a observé, au-dessous des fondements du portail du Nord, une maçonnerie qui lui a paru être de la même époque (5).

La première église dédiée à saint Etienne s'éleva donc sur l'emplacement d'une construction plus ancienne qui a pu être un temple païen, un palais ou une villa. Voilà tout ce qu'il faut retenir de l'antique tradition. Les textes qui disent que cette église fut installée dans un temple de Jupiter, consacré au Rédempteur par saint Martial, sont trop légendaires pour que nous puissions les accueillir sans les plus expresses réserves (6).

Du Ve au IXe siècle, Limoges fut dévastée à trois reprises : Evarix à la fin du Ve siècle (7), Pépin en 761 (8) les Normands en 846 ou 847 (9), s'emparèrent de la Cité, la pillèrent et la livrèrent aux flammes. Il est probable que l'église Saint-Etienne, située au cœur de la Cité, ne fut pas épargnée et dut être reconstruite plusieurs fois en tout ou en partie.

Lorsqu'on creusa le sol, en 1876, pour les fondations des travées qui ont été ajoutées à la nef gothique, on découvrit les premières assises de deux murs parallèles, très rapprochés l'un de l'autre, s'étendant de l'Est à l'Ouest, et appartenant à des époques différentes. L'un était le mur latéral sud d'une église romane, avec ses larges piliers qui empiétaient sur l'autre mur plus ancien et construit en « petit appareil, bien moins régulier que l'appareil romain, surtout bien moins cimenté, et mélangé irrégulièrement de briques épaisses (10). »

Ce second mur, intérieur par rapport au premier, appartenait sans doute à une église préromane plus étroite. C'est le seul vestige que nous puissions signaler de l'édifice chrétien antérieur au XIe siècle.

 

(1) Vie prolixe de saint Martial, édition de Walter de Gray Birch, Londres, 1877, p. 14.

(2)Bonaventure de Saint-Amable. Histoire de saint Martial, t. II, p. 216.

(3) Allou. Description des monuments des différents âges observés dans le département de la Haute-Vienne, pp. 73 et suiv.

(4)Arbellot. Cathédrale de Limoges, histoire et description, 1883, p. 6. 

(5)Ibid., p. 6.

(6)D'après une légende qui s'est perpétuée depuis le commencement du moyen âge, saint Martial aurait évangélisé le Limousin peu d'années après la mort du Christ; mais il semble définitivement établi aujourd'hui que son apostolat ne remonte qu'au m0 siècle. C'est de cette époque que daterait la première église chrétienne de Limoges.

(7)Sidoine Apollinaire. Epistolae libr. YII. ép. VI.

(8)Bernard Gui, apud Labbe, Nova Bibliotheca, t. II, p. 297.

(9)Adémar de Chabannes. Chronique, publiée par Jules Chavanon, 1897, p. 134-

(10)Arbellot. Cathédrale de Limoges, p. 14.

 

 

René FAGE.

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  FRANÇOIS Ier.

 

« Dieu, le voulant retirer! soit pour le faire jouir du repos éternel, lui envoya une fièvre de laquelle il mourut à Rambouillet, le 31 mars de l'an 1547. » Le roi François Ier fut inhumé à Saint-Denis, et on lui éleva, de l'autre côté de la chapelle des Charles, le magnifique tombeau de marbre blanc que l'on voit encore aujourd'hui si complètement conservé et si parfaitement rétabli[1].

Dans le caveau placé sous le tombeau on ensevelit, avec le roi, la reine Claude, sa femme, morte en 1524; François, leur fils, dauphin, mort en 1533; Charles, duc d'Orléans, leur autre fils, mort en 1545, et Charlotte, leur deuxième fille, morte tout enfant.

Ce sont les effigies de ces princes que l'on voit en prière sur la plate-forme du tombeau, entourant les statues de leurs père et mère dans la même attitude. Dans le caveau on ensevelit également la mère du roi, Louise de Savoie, duchesse d'Angoulême, dont la statue ne fut pas jointe aux précédentes ; son épitaphe était ainsi conçue :

 

Loysa Francisci régis mater obiit m..d xxxi.

 

LE CARDINAL DE BOURBON.

 

Le cardinal Louis de Bourbon Vendôme, évêque et duc de Laon, archevêque de Sens, pair de France, abbé de Saint-Denis, etc., mourut à Paris le 11 mars 1557. Il fut inhumé dans la cathédrale de Laon, et son cœur fut porté à Saint-Denis, où on lui éleva une colonne de marbre surmontée de sa statue, également de marbre, et sous laquelle furent déposés son cœur et ses entrailles.

En 1793 la statue a été brisée; la colonne seule existe aujourd'hui et a été rétablie à Saint-Denis à sa place primitive.

 

HENRI II.

 

Le roi Henri II mourut le 10 juillet 1559, à l'hôtel des Tournelles, des suites de la blessure qu'il reçut de la main de Gabriel de Montgomery, dans un tournoi donné à l'occasion du mariage de sa fille aînée avec le roi d'Espagne, et de sa sœur avec le duc de Savoie.

Sa veuve, Catherine de Médicis, fit élever à la mémoire de ce prince un magnifique tombeau, chef d'œuvre de Germain Pilon, qui a été replacé à Saint-Denis, à gauche du grand autel, près la porte qui conduit au cimetière des Valois. Ce monument admirable nous est parvenu dans un état de conservation relativement parfaite, et il faut d'autant mieux s'en étonner que les quatre statues qui décorent les côtés du tombeau, étant de bronze, avaient été destinées à rejoindre à la fonte tous les autres cénotaphes de métal découverts jusque-là C'est par miracle qu'elles ont été sauvées.

Sous le tombeau qui était placé au centre de la chapelle des Valois, construite par Philibert Delorme, était un assez vaste caveau où furent successivement déposés tous les cercueils contenant les restes des princes et princesses de la descendance d'Henri II.

On y réunit Henri II, Catherine de Médicis, leurs cinq fils, François II, Louis (mort enfant), Charles IX, Henri III et le duc d'Alençon ; trois de leurs cinq filles, qui furent: Isabeau, reine d'Espagne, Claude, duchesse de Lorraine, Marguerite, reine de Navarre, et les princesses Jeanne et Victoire, mortes en bas âge. Ces trois dernières seulement furent ensevelies dans le caveau paternel, où l'on plaça encore une fille de Charles IX.

Aucun de ces onze cercueils ne portait d'inscription, à l'exception de celui du duc d'Alençon, où était consignée la date de sa mort : Le dixième juin mil cinq cent octante quatre.

On avait encore placé dans ce même caveau deux cœurs enfermés dans des enveloppes de plomb, sur l'une desquelles on lisait :

 

Cor Cathar. de Medicis, Henrici II uxoris, Casti Caroli IX et Henrici III Regum Christianiss. Matris  obiit 1589[2].

 

Le graveur a oublié François II dans l'énumération. La reine Catherine survécut trente ans à son mari ; elle mourut à Blois, à l'âge de soixante-neuf ans, le 5 janvier 1589. Ensevelie d'abord dans l'église Saint-Sauveur, de cette ville, elle ne fut transportée à Saint-Denis que le 5 avril 1609, et déposée dans le caveau de famille, sous le mausolée qu'elle avait fait élever à son mari. Sa statue fut alors placée sur le tombeau, à côté de celle de Henri II.

Joachim du Bellay, qui mourut un an après le roi, avait composé en son honneur une épitaphe quelque peu prolixe, et qui fut placée près du tombeau de Henri II, à la grille du chœur[3]).

 

FRANÇOIS II.

 

«Sa mort advint—le 5 décembre 1560— par une défluxion d'humeur qui lui descendait du cerveau dans l'oreille gauche, laquelle, s'étant formée en apostume et ne pouvant trouver de conduit pour passer, l'étouffa. »

Nous avons vu que François II fut enseveli dans le caveau de son père, sans qu'aucun monument spécial fût consacré à sa mémoire dans l'église de Saint-Denis. Je parlerai plus loin de la colonne de marbre que Charles IX lui fit élever dans l'église des Célestins.

 

CHARLES IX.

 

Il mourut le 30 mai 1574, des suites « d'une fièvre pulmonique,» ainsi que l'assure dom Millet, «fièvre causée par les excès qu'il fit à la chasse, et aussi par ses grandes veilles.» Un poète du temps composa en son honneur deux longues épitaphes en vers latins, qu'on voyait gravées sur une lame de cuivre placée près du tombeau de Henri II. II résulte de la lecture de la première que Charles IX fut le plus grand roi de la chrétienté, et il est certifié dans la seconde que la porte du ciel s'est ouverte toute grande devant un aussi bon prince, sans doute pour le récompenser d'avoir ordonné — ou souffert — les massacres de la Saint-Barthélémy.

Charles IX n'eut pas non plus de tombeau. Son corps fut descendu dans le caveau de la famille de Henri II. On plaça à côté de son cercueil celui de la princesse Marie, née de lui et de sa femme. Elisabeth, fille de Maximilien II, laquelle était morte en bas âge.

 

HENRI III.

 

« Ce prince, assiégeant Paris, qui s'était révolté, fut frappé d'un coup de couteau par un assassin qui ne mérite pas qu'on le nomme, le deuxième jour d'août 1589, et mourut le lendemain. »

On porta son corps à Compiègne, où il resta jusqu'en 1610. Cette même année, la reine Marie de Médicis ordonna ses funérailles, et son inhumation à Saint-Denis dans le caveau de Henri II. Mais, comme on était au lendemain de la mort de Henri IV, dont la cérémonie funèbre se préparait, il n'y eut aucune pompe pour ledit enterrement; le corps ayant été placé dans le caveau, rien ne rappela, dans l'église haute, qu'un roi de France de plus était venu reposer sous ses dalles funèbres.

Le cœur de Henri III avait été déposé dans l'église de Saint-Cloud, où le secrétaire intime et particulier de ce prince, Charles Benoise, fit élever à sa mémoire une colonne torse en marbre de couleur surmontée d'un vase qui contenait le cœur, et qui fut détruit dans le pillage de l'église de Saint-Cloud. La colonne a été conservée et transportée à Saint-Denis. On y lit l'inscription suivante :

 

Adsta, viator, et doleregum vicem.

Cor régis isio conditum est sub marmore

Qui jura Gallis, Sarmatis jura dedit,

Tectus cucullo hunc subtulit sicarius.

Abi, viator, et dole regum vicem[4].

 

  HENRI IV.

 

Le roi étant mort le 14 mai 1610, assassiné par Ravaillac, fut aussitôt embaumé. Son cœur fut donné aux Jésuites, pour être placé dans l'église de leur Collège de la Flèche, qu'avait fondé le roi.

Le 18 mai, il y eut transport solennel à Saint-Denis des entrailles du roi, déposées dans un seau de plomb destiné à être placé sous son cercueil.

Pendant ce temps le corps était gardé au Louvre, dans une chapelle ardente, où l'on ne cessait de prier nuit et jour. Il y avait dans la journée six messes hautes et cent messes basses, qui se disaient aux deux autels de la chambre et à ceux qu'on avait dressés le long de la galerie. Le corps resta ainsi dix-huit jours exposé ; on le descendit ensuite dans la salle d'honneur, tendue des plus riches tapisseries de la couronne. On y dressa l'effigie, devant laquelle les officiers servirent les viandes qu'ils distribuaient ensuite aux pauvres, ce qui se continua jusqu'au 21 juin. Ce jour-là, la salle d'honneur fut transformée en une chambre funèbre, où le cercueil fut placé sur une table couverte de velours noir croisé de satin blanc, aux armes de France et de Navarre, avec un dais également noir et ornementé de drap d'or.

Le mardi 29 juin, les funérailles eurent lieu à Paris.

Le corps fut porté à Notre-Dame, en magnifique appareil ; toutes les rues que suivit le cortège étaient tendues de drap noir garni d'écussons aux armes du roi et de la ville, et d'espace en espace il y avait des torches allumées. Un service solennel fut célébré dans la cathédrale, au milieu de tous les grands du royaume et d'une assemblée considérable, où le peuple avait pu trouver place. Le 30 juin, le corps fut porté à Saint-Denis. Une affluence de gens de toutes les classes était accourue sur le passage du funèbre convoi et se joignait, en même temps qu'il avançait, à la foule qui l'accompagnait déjà. On arriva si tard à Saint-Denis, que l'office suprême ne put y être célébré qu'à onze heures du soir.

On descendit ensuite le cercueil dans le caveau où se faisaient habituellement les dernières cérémonies des funérailles, et qui est devenu le caveau des Bourbons.

Sur le cercueil on lisait simplement l'inscription suivante sur une lame de plomb :

 

 Ici gît le corps de Henry, par la grâce de Dieu quatrième de ce nom, roi de France et de Navarre, très chrétien, qui trépassa en son château du Louvre à Paris le 14 de mai, l'an de grâce mil six cent dix.

 

MARGUERITE DE NAVARRE.

 

La reine Marguerite, fille de Henri II, fut mariée, en 1572, à Henri de Navarre, qui fut Henri IV. Son mariage fut cassé par le pape Clément VIII, en 1599, pour cause d'inconduite « et actes médians qui faschèrent fort ce bon roy ». Retirée en Auvergne, puis à Paris, Marguerite mourut le 27 mars 1615, dans le palais qu'elle s'était fait construire rue de Seine. Son corps fut le dernier placé dans le caveau du roi Henri II.



[1]C'est le plus magnifique tombeau qui soit à Saint-Denis. Il est d'une ordonnance admirable et d'un travail complet, d'un goût parfait. Les bas-reliefs qui le décorent sont des chefs-d'œuvre d'habileté et de finesse; les corps du roi et de la reine, étendus sur le mausolée ont une expression indéfinissable. Si le gardien vous ouvre la grille qui entoure ce superbe objet d'art, obtenez qu'il vous permette de monter sur le premier entablement et, vous apercevrez dans l'horreur de la mort ces corps de marbres- sculptés sur Les moulages faits après le décès. Faites de même pour les tombeaux de Louis XII et de Henri II.

[2] Le cœur du roi avait été déposé, dans l'église des Célestins, dans un vase d'or que supportait le groupe des trois Grâces de Germain Pilon, qu'on voit aujourd'hui au Louvre, avec un vase nouveau de bois doré, qui remplace assez mal l'ancien. L'artiste a donné les traits et la ressemblance de la reine à l'une de ses trois statues.

[3] Elle était placée sur un grand tableau où, vu sa longueur, le passant ne la lisait guère. Elle commence ainsi: Par mes vers j'ay semé tes faits par l'univers,  Or, hélas! A ta mort me faut donner des vers. Elle se termine par les mensonges officiels que les poètes de tous les temps n'ont jamais marchandé aux grands de la terre: Et corne au bon Titus, les bons Pères romains donnèrent ce surnom délices des humains, Mettez sur son tombeau un graveur profond :  Cy gist le roy Henri qui fut l'amoure du monde!

Lisez tout au long cette curieuse pièce dans le deuxième volume du beau Joachim du Bellay, qui fait partie de la collection dite la Pléiade française publiée par A.Lemerre, l'habile et intelligent éditeur du passage Choiseul. 

[4] Arrête-toi passant et plains le sort des rois! Sous ce marbre Est enfermé le cœur d'un roi qui dicta des lois aux Sarmates et aux Gaulois Un moine assassin l'a frappé (textuellement assassin Coiffé d'un capuchon). Suis ton chemin, passant, et pleure le sort des rois!...

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Publié le par Rhonan de Bar
Publié dans : #ETUDES HISTORIQUES SUR LIEUX SAINTS

NOTRE DAME DE REIMS.

 

reims

 

CHAPITRE II. QUATRIEME EXTRAIT.

 

Cathédrale du XIIIe siècle. Son portail.

 plan caté

 

Nous sommes arrivés à la troisième partie du portail. Elle se compose d'abord de niches ogivales ; des colonnes détachées en forment la partie antérieure ; un clocheton aigu couronne chacune d'elles. Le haut de ces niches est orné de trèfles sculptés à jour.

Celles qui sont placées au second étage des tours, se reproduisent sur toutes leurs faces. Chaque tour en compte vingt et une. Elles renferment des statues portant le diadème; leurs noms ne sont sculptés sur aucune partie de l'édifice. On pourrait se demander si ces figures ne seraient pas celles des rois d'Israël; mais comme l'église qu'elles décorent est celle du sacre, nous les considérons comme celles des rois de France.

Dans les sept niches placées au-dessus de la grande rose, on voit Clovis dans la cuvé du baptême; Clotilde l'assiste ; saint Rémi reçoit la Sainte Ampoule ; deux chapelains du prélat, dont un tient la croix, et deux autres personnages forment le Cortège.

Toutes ces figures sont assez grossières; elles manquent de proportion et sont de beaucoup inférieures à celles des trois portes. Elles doivent avoir été faites avant celles-ci, et par des artistes plus inexpérimentés. Quand on élève un monument, les sculptures du sommet se font avant celles de la base.

Devant ces niches, dont l'ensemble est une composition historique, règne une galerie qui va d'une tour à l'autre ; son parapet est formé de petites arcades ogivales et a jour. Au centre sont les armoiries du Chapitre de Notre-Dame, portées par un ange.

Cette portion de l'édifice est connue sous le nom de Gloria. Le jour des Rameaux, quand la procession était sur le point de rentrer dans l'église, les enfants de choeur, les chantres et les musiciens montaient à la galerie dont nous parlons, et entonnaient l'hymne qui commence par les mots : Gloria, Laüs. Le clergé, au bas du grand portail, leur répondait. Cet antique usage ne s'observe plus depuis 1830 ; mais la galerie a conservé le nom de l'hymne qui s'y chanta pendant, plusieurs siècles. On y entre par une porte ouverte au milieu, et derrière elle est un passage qui communique d'une tour à l'autre.

Entre les chefs des quarante-neuf niches dont nous avons parlé, s'élancent des clochetons minces et légers : leur tête se dessine en pointe sur l'azur des cieux. Au-dessus des sept statues du baptême royal s'élève le fronton du portail. Il forme un angle aigu ; son chef est orné d'un jet de pierres imitant des fleurs et des feuillages.

A droite et à gauche se détachent enfin les deux tours. On monte quatre cent vingt marches pour arriver à leur sommet. On a taillé trois marches dans chacune des pierres qui composent l'escalier. Les tours ont quatre faces; chacune d'elles est percée d'une longue ogive, divisée elle-même par une colonne de pierre en doux ouvertures du mémo style. Un trèfle à quatre feuilles se dessine dans la partie supérieure. Les angles des tours sont masqués par des tourelles hexagones, formées par de simples et légères colonnes d'une grande hauteur. Dans l'une de ces tourelles est placé l'escalier qui permet d'atteindre le haut de chaque tour.

La partie de l'édifice achevée, du côté du midi, en 1430, aux frais du cardinal Filastre, est celle dont nous parlons.

Robert de Coucy et ses continuateurs voulaient élever encore cette portion du monument et y placer des flèches hardies; elles devaient avoir 38 m. 60 c, de hauteur ; ce qui aurait donné à la façade une élévation totale de 120 m. 10 c. L'argent manqua pour mettre la dernière main à ce chef-d'œuvre de l'art gothique.

On remarque, aux extrémités, des pierres qui semblent en attendre d'autres : elles sont percées pour recevoir les barres de fer destinées à maintenir les audacieuses aiguilles qu'on désirait y poser. Les tours furent longtemps, ainsi que les tourelles, terminées par de simples plates-formes. On ne renonça pas de suite à y construire des flèches; vers 1515 seulement, chaque tour, chaque tourelle fut couronnée d'une toiture conique à plusieurs faces. Sur chaque sommet brillait une fleur-de-lys dorée. Celle du centre, sur chaque tour, dominait les quatre autres.

Le gouvernement fait restaurer notre magnifique portail. Un homme de talent, M. Arveuf, est chargé de cette grande entreprise aux pierres qui semblent faites pour attendre les flèches il vient d'ajouter quelques assises. Aurait-il mission d'achever le plan de Robert de Coucy? Sans doute des aiguilles légères montant au ciel feraient au portail de La grande église un splendide diadème. Mais en a-t-elle besoin? N'écrase-t-elle pas déjà de toute sa hauteur nos humbles maisons? De quel point de l'horizon ne la découvre-t-on pas? Ne serait-ce pas compromettre le vieil édifice que de lui imposer un nouveau fardeau? Sans doute l'ambition d'un artiste peut rêver l'honneur d'attacher son nom au plus haut monument du monde : elle fait mieux que ce fou qui chercha la gloire dans la destruction d'un saint édifice. Mais dans un temps sérieux comme le nôtre, une grande dépense publique doit avoir un but moral ou positif, Les arts ne savent-ils pas chaque jour servir utilement la cause de la religion, les intérêts réels du pays?

Ministre et maitre des oeuvres, si, par hasard, vous avez 600,000 livres dont vous ne sachiez que faire, ne les perdez pas dans les nues, à bâtir l'aire du corbeau criard, de l'épervier cruel. Dépensez-les sur la terre, dans nos églises appauvries et chancelantes; dans notre hôtel de ville incomplet, sur nos places publiques, où l'affection et le patriotisme auraient tant de statues à dresser ; dans nos établissements charitables, si pleins que leurs portes ne peuvent plus s'ouvrir. Votre nom sera sans doute écrit moins haut ; mais la curiosité seule irait le déchiffrer à 120 moires. Plus bas, la reconnaissance de tous le lira sans peine, et le répétera d'âge en âge.

Les cloches étaient jadis distribuées dans les cinq tours qui dominaient le transept de l'église. Elles furent fondues par la violence du fou en 1481. Il a fallu trente-trois mille huit cents livres de mêlai pour faire celles qui les remplacèrent. On les éleva dans tes deux tours du portail. Fut alors construite, et réparée depuis à diverses reprises, la charpente qui portait ce lourd fardeau. Dans la tour méridionale, on lit sur une plaque de cuivre, fixée sur une pièce de bois, l'inscription suivante :

 

Caesis sylrarum fabricae remensis quercubus, munificât Ludovici magni

Indulgentia, provocante Carolo-Mauricio Le Tellier episcopo, ligni haec moles extracta est anno R.S. 1703.

 

Le lecteur a remarqué le mot quercubus, On voit que le chêne entre dans la charpente de nos églises : le châtaignier traditionnel n'avait pas seul le privilège d'y figurer, s'il y a jamais pris place.

 

 

A suivre…

Prosper TARBE.

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NOTRE DAME DE REIMS.

 reims

 

CHAPITRE II. TROISIÈME EXTRAIT.

 

Cathédrale du XIIIe siècle.

 

Son portail.

 plan caté

Parlons maintenant des bas-reliefs placés sur les frontons et les arcades pleines qui terminent la façade de chaque côté. Des piliers de pierres massives en remplissent la partie inférieure et montent à peu prés aussi haut que les grandes statues du portail. Au-dessus s'élèvent des surfaces ayant la forme ogivale, dont le haut s'encadre dans un fronton triangulaire.

Sur la façade sise à gauche, dans la partie inférieure, sont trois figures assez grandes. Celle du milieu tient un livre sous le bras ; elle est placée entre deux démons : l'un semble disputer avec elle; l'autre lui tourne le dos. Ne peut-on pas voir dans ce bas-relief la lutte du christianisme contre les passions humaines ?

Au-dessus sont trois sculptures. Au bas, on voit l'impératrice Hélène demandera saint Macaire, évoque de Jérusalem, en quelle place le Christ fut crucifié. L'évêque écoute prosterné la question qui lui est faite. Plus loin, on est sur le Calvaire; le prélat indique le lieu du divin martyre; les ouvriers travaillent, et la pioche met à jour la croix qui porta le Christ.

La sculpture qui surmonte ces trois sujets représente les trois croix, la fameuse inscription I. N. R. I. et les instruments du supplice. Un personnage tient une des croix debout ; un autre soulève la seconde; un troisième dégage du sol la dernière. Saint Macaire et l'impératrice sont, en prières. Il s'agit de distinguer quelle est la croix du Christ. On les fait toucher à une dame malade ; elle est guérie par la vertu de la troisième.

Au-dessus, des séraphins entourés de fleurs et de palmes soutiennent le signe de la Rédemption. Enfin au sommet du fronton est une figure de femme à genoux devant un crucifix: l'Eglise romaine institue la fête de l'Exaltation de la sainte Croix.

Cette partie de l'édifice fait angle droit sur la place du Parvis ; le côté qui regarde la prison est aussi sculpté. On y remarque des hommes et des anges en prières, et portant des parfums.

Le monument qui termine ta façade du côté de l'archevêché, est orné de la même manière. Dans la partie inférieure sont trois anges armés d'épées : l'un tient son glaive la pointe en bas ; les deux autres ont le bras levé et vont frapper les âmes des coupables, représentées par de petites figures à genoux et suppliantes.

Dans les trois bas-reliefs qui surmontent cette première sculpture, on reconnaît les figures de l'Apocalypse. Le Christ, sous la forme d'un bélier ou d'un agneau, ouvre le livre des sept sceaux.

A droite un ange console les vieillards effrayés des maux qui vont fondre sur la terre. A gauche arrivent deux cavaliers : l'un tient une épée et une couronne ; le second brandit une longue lame de fer. Derrière lui un troisième cavalier se perce de son propre glaive.

Sur le second bas-relief, on voit arriver au galop trois autres cavaliers : l'un tient une balance qu'il agite; les deux autres représentent la mort et l'enfer. Sur le troisième bas-relief est le Irène de l'agneau. Au-dessus, dans une niche, est le Sauveur entre deux anges. A ses pieds sont les âmes des martyrs. Dans la partie anguleuse du fronton est une reine à genoux, et regardant le

Christ du portail voisin. Cette partie du monument a une façade latérale du côté de l'archevêché. On y compta vingt-deux figures.

Les sujets auxquels elles se rapportent sont tirés des Actes des Apôtres. Elles sont rangées sur trois lignes. Au premier rang, on distingue quelques faits de la vie de saint Pierre. L'histoire de Corneille occupe le second ; celle de saint Jean, sa vie et sa mort se font reconnaître au troisième rang.

Des gouttières à formes monstrueuses sont placées aux extrémités inférieures des frontons triangulaires qui dominent les cinq portiques. Elles séparent ceux du centre et terminent les deux autres que nous venons de décrire. C’est probable qu'elles étaient jadis en pierre ; elles sont aujourd'hui de plomb, et représentent des animaux : comme toutes celles dont nous parlerons, on les nomme gargouilles. Au-dessus de chacune d'elles est une statue de chantre ou de musicien. Chaque gouttière semble soutenue par une figure qui plie sous le fardeau ; plus bas sont d'autres personnages qui séparent les arcades ; quelques-uns d'entre eux tiennent des vases d'où s'écoulent des ondes de pierre. Enfin, au-dessus des gouttières et derrière les figures qui tes surmontent y s'élèvent, au nombre de six, des clochetons à la pointe légère. Assis sur de hardis piliers, ils couronnent chacun une niche étroite et longue ; des anges, tenant des instruments de musique ou des vases de parfums, les habitent.

 

Nous avons achevé la description de la partie inférieure du portail.

 

Nous sommes arrivés au second étage de noire admirable façade. Au centre, au-dessus de la porte principale, est placée la grande rosace, qui éclaire toute la nef de sa religieuse splendeur.

Elle est comprise dans une ogive aussi vaste que l'arcade du centre. Toutes les richesses du gothique pur sont développées dans ses rayons. Autour de son coeur circulaire, se dessine une première fleur à douze pétales; celle qui l'embrasse en a vingt-quatre.

Une troisième fleur contient la seconde : ses larges feuilles encadrent celles des deux premières. Leur sommet renferme un trèfle à trois feuilles; un autre trèfle se dessine, entre chacune d'elles, dans l'angle qu'elles laissent vide en touchant de leur extrémité le cercle extérieur de la rosace.

Au-dessus de l'ogive se trouvent de curieuses sculptures. Au sommet, on voit le combat de David et de Goliath : à droite, Goliath reçoit au front la pierre que David vient de lancer; à gauche, celui-ci frappe le géant de l'épée qu'il a pu lui enlever.

Entre ces deux scènes sont trois arbres, des chiens, des animaux qui représentent peut-être le troupeau de l'intrépide berger.

De chaque côté de ce vaste bas-relief est une statue colossale de soldat armé de pied en cap, et portant une lance ornée d'une banderole; ils figurent les deux armées spectatrices du combat.

On distingue encore au même endroit dix groupes de statuettes, cinq de chaque côté de l'arc ogival. On s'accorde à y reconnaître différents détails de ta vie de Saul et de celle de David. Dans le premier groupe, Saul abandonne l'esprit de Dieu; dans le second le prince est chez une magicienne : il lui prie d'évoquer devant lui l'ombre de Samuel. Le troisième tableau représente Samuel ; il apparaît à Saul et lui annonce que la colère de Dieu va l'atteindre.

A côté, on voit la défaite de l'armée d'Israël un soldat montre à Saul un de ses fils percé de coups. Dans le cinquième tableau, on reconnaît David prêt à rentrer en Judée, où la couronne l'attend.

De l'autre-côté de l'ogive-on voit David sacré par Samuel; Isboseth assassiné pendant son sommeil; David recevant la tête de la victime; Nathan ordonnant au prince  coupable de faire pénitence ; enfin la révolte de Séba comprimée.

De chaque côté de cette portion du portail commence à se dessiner l'architecture des tours. Quatre piliers d'une grande élévation, ayant leur base derrière les frontons des arcades, en indiquent le premier étage; il y en a deux de chaque côté de la grande rose. Leur partie inférieure est pleine : le sculpteur s'est contenté d'y tracer trois ogives allongées, et placées côte à côte.

Au-dessus de chaque pilier est une niche aussi de forme ogivale; sa partie antérieure est formée par deux colonnes qui se détachent du monument et portent un clocheton élancé ; il est riche .d'ornements, et monte au deuxième étage du portail. Dans ces quatre niches on remarque la Vierge et trois apôtres.

Entre les deux piliers qui indiquent la première partie de chaque tour, sont deux ouvertures ogivales divisées par une simple colonne de pierre. Une autre colonne aussi légère sépare chacune d'elles en deux autres ogives. Ces quatre ouvertures sont terminées par des trèfles. Elles sont à jour et donnent passage à l'œil : il peut non seulement arriver dans l'intérieur de cette partie de l'édifice, mais encore aller au-delà; car ces ouvertures se répètent de l'autre coté du cube qui porte les tours. Elles laissent voir aussi les légers arcs-boutants qui soutiennent la haute nef; celle-ci disparaît derrière la rosace. Le spectateur, devant toutes ces lignes qui se croisent et laissent au milieu d'elles se jouer les rayons de la lumière, admire l'art de l'architecte qui sut donner de la légèreté et de la grâce à l'immense monument sorti de ses mains.

On remarque, dans les pierres qui encadrent ces ouvertures, des ferrements qui semblent destinés à porter des vitraux. Tous ces jours no furent-ils jamais fermés par des verrières ? C'est ainsi qu'on les voit dans un tableau du Musée de Versailles qui représente l'arrivée de Louis XV à Notre-Dame, lors de son sacre.

L'artiste a-t-il été trompé par ses souvenirs? Dans beaucoup d'églises on a rempli les ouvertures des tours pour empêcher la pluie et la neige d'attaquer les charpentes, et le vent d'ébranler l'édifice en s'engouffrant dans les cavités. N'a-t-on pas fait de môme à Notre-Dame? Nous devons avouer que la tradition n'eu dit rien…

 

A Suivre...

Prosper TARBE.

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