Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
L'Avènement du Grand Monarque

L'Avènement du Grand Monarque

Révéler la Mission divine et royale de la France à travers les textes anciens.

Publié le par Rhonan de Bar
Publié dans : #EN FAVEUR DE LA MONARCHIE

220px-Montlosier

 

PREMIER EXTRAIT

SECTION DEUXIEME.

 

Ce qui concerne la royauté se distribue naturellement en deux parties. J’ai à considérer, 1° sa nature, et comment elle est parvenue à se composer au milieu de tant de nations, de mœurs et d’esprit différens ; 2) les prinicpes qui ont réglé l’ordre de la succession au trône.

Paramond, Childéric et Mérouée sont comptés quelquefois au nombre de rois : on en pourrait compter beaucoup d’autres dans ce genre. Les Romains en firent exposer deux aux bêtes dans l’anphitréâtre de Trèves. Vopisque écrit que neuf rois Francs vinrent se jeter aux pieds de Probus. Divers personnages, tels que Marcomir, Sunnon, Azaric, Comes, sont désignés dans l’histoire comme des Rois Francs. Grégoire de Tours donne le nom de Roi à Clovis ; il le donne en même temps à Ragnachaire, roi à Cambrai ; Sigebert, roi à Cologne, Renomer, roi dans le Maine, et un certain Cararic, roi des Morins, paraissent avoir été les principaux chefs de l’armée de Clovis.

Lorsque ce prince se fut défait de ces rois, lorqu’il eut ensuite soumis les Armoriques et les Francs ripuaires, les Bourguignons et les Goths, c’est alors que se termine l’histoire des Francs pour faire place à l’histoire des rois de France. Mais, si la Gaule commence alors à offrir l’ensemble d’une belle et vaste domination, on ve voit pas encore ce que c’est que cette domination.

A ne la considérer que sous le rapport de smeours germaines, on pourrait croire que l’autorité de Clovis était très circonscrite. Les rois Germains avaient peu d’autorité. On s’affemrit dans cette suppositio, en se rappelant qu’aucun acte important, pas même des entreprises guerrières, ne se proclamèrent que u consentement des Leudes. Mais il est, à cet égard, d’autres points de vue qu’il ne faut ps laisser échapper.

Les Francs, invariablement attachés à leurs habitudes, durent continuer à vivre sous Clovis comme avec un roi dela Germanie. Le clergé et les Gaulois lui accordèrent davantage. Dès le premier moment, le clergé s’empressa de la classer parmi les rois d’Israël. Les homélies proclamèrent le successeur de David et de Saül. D’un autre côté, les gaulois, accoutumés à la dominations des empereurs, virent le succesuer de Constantin et de Théodose. Sur ce dernier point Clovis était, en quelque sorte, fondé en titre. Il avait reçu de l’empereur Anastase, par une ambassade expresse, le diplôme et les attributs du consul.

Placée ainsi entre trois principes différens, tirés, l’un du droit divin, l’autre du droit romain, un troisième des mœurs germaines ; l’autorité royale flotta quelque temps comme indécise. Les chartres portent l’empreinte de cette oscillation.

Grégoire de Tours avait quelque chose à demander à Chilpéric : « Nous vous parlons, lui dit-il, et si vous voulez, vous nous écoutez. Si vous ne voulez pas nous écouter, qui vous jugera, si ce n’est celui qui a dit être la justice ? » Bossuet n’eût pas parlé, d’une manière plus soumise, à Louis XIV. Resque dans le même temps, Clothaire ayant des affaires d’état à régler, annonce qu’il convoquera une assemlée de nobles Francs ? Il ajoute : « qu’il obéira en tout à leurs décisions, et qu’il ne mettra aucun obstacle à ce qu’ils jugeront à propos de régler. » Voilà certainement la contre-partie.

Les temps ne seront pas seulement opposés aux temps ; le même trait peut offrir des nuances toutes contraires.

On a cité souvent l’aventure du vase de Soissons. « Vaillans guerriers, dit Clovis, je vous prie de permettre que ce vase soit excepté du partage. Un soldat élevant la voix : vous n’aurez ici, dit-il, que ce que le sort vous donnera. » Les écrivains, enclins au système démocratique, n’ont pas manqué de se prévaloir de ce fait. Mais il s’en faut beaucoup qu’il prête à toutes leurs inductions. Il n’y a qu’à lire en entier la narration de Grégoire de Tours.

Sur la demande du roi, ceux qui avaient du sens lui répondirent : Très-glorieux roi, tout ce qui est là est à vous. Nous sommes nous-même sous votre empire et sous votre joug. Faites tout ce qui vous plaira, personne ne eput résister à votre puissance. » Il raconte ensuite l’histoire du soldat avec les modifications suivantes : « un seul, emporté, envieux, étourdi, s’opposa. »

L’évêque de Tours disait à Chilpéric : « nous vous parlons, et si vous voulez, vous nous écoutez. » Dans la suite, les évêques ne se contenteront pas de se faire écouter. Un esclave, nommé Ebbon, que Louis le Débonnaire avait affranchi et fait archevêque de Rheims, le déposa et lui fit subir une pénitence publique. Charles le Chauve fut déposé à son tour par Venilon, archevêque de Sens. Louis le Germanique subit le même sort. Tout extraordinaires que soient ces actes, ils le sont peut être moins que l’espèce de doctrine qui prévalait alors, et qu’ils donnèrent lieu de manifester.

« Cette sublimité de puissance à laquelle j’ai été élevé, disait Charles le Chauve, ne devait m’être otée par personne, du moins avant d’avoir pu me justifier et subir le jugemens des évêques par le ministère desquels j’ai été consacré roi. Je sais qu’ils sont les trônes de Dieu, dans lequel il prononce ses décrets ; et j’ai toujours été prêt, comme je le suis encore,, à subir les corrections paternelles qu’ils jugeront à propos de m’infliger. »….

 

A suivre.

 

Comte de Montlosier (De la Monarchie Tome 1).

 

 

 

Voir les commentaires

Publié le par Rhonan de Bar
Publié dans : #MAISONS NOBLES DE LORRAINE

DEUXIEME EXTRAIT.


LOUIS-RENÉ DE ROHAN

A SAVERNE

 

545px-Blason fam fr Rohan-Soubise.guemene...Louis-René de Rohan doit être compté parmi les collectionneurs alsaciens. Son château de Saverne était une merveille, contre laquelle luttaient inutilement bien des palais de princes souverains.

Le cardinal, que son secrétaire, l'abbé Georgel, nous représente comme ayant eu toujours du goût pour les sciences occultes et la botanique, fut, par suite de ses liaisons avec Cagliostro, entraîné dans des expériences qui, à la fin, lui coûtèrent l'honneur et la liberté. Il avait fait construire un cabinet de physique expérimentale avec sa table de marbre, destinée à la démonstration des diverses lois de la mécanique, et un cabinet d'histoire naturelle renfermant plusieurs objets curieux. Le Directoire du département du Bas-Rhin fit transférer toutes ces collections pour en enrichir celles de la ville de Strasbourg. Les splendides volumes de la bibliothèque, sur les plats desquels étaient frappées en or les armoiries cardinalices avec cette mention: EX BIBLIOTHECA TABERNENSI, suivirent le même chemin. Chose à remarquer: pendant que ces raretés disparaissaient de Saverne pour être plus tard la proie des flammes à Strasbourg, les démocrates du lieu achetaient, pour leur club, les tables, chaises, bancs et autres meubles tirés des bâtiments du commun.

 

1 A. Benoît. Collections et Collectionneurs alsaciens, p. 29. 

 

 On raconte mille anecdotes plaisantes de ce cardinal grand seigneur et bon enfant.

Louis-René de Rohan, la Belle Éminence) aimait beaucoup les saillies spirituelles, et souvent il lui en échappait il lui-même de très-fines ct de fort bien tournées; d'un autre côté, il aimait le faste de la table, ct sa maison était toujours pleine de gens qui, Salent le plaisir et l'honneur d'y pour beaucoup, se faisait plaisir de prendre un bon dîner. Tous les jours vingt couverts étaient servis au château de Savcrne.

Un pauvre chevalier de Saint-Louis ayant eu occasion de sentir combien il était agréable de s'asseoir il la table épiscopale, jugea bon de s'y présenter souvent ct de profiter gratuitement de la généreuse hospitalité du fastueux prélat; mais comme sa pauvreté ne lui permettait pas de faire comme les autres convives qui, en se levant de table, glissaient sous le pli de leur serviette une pièce pour le valet de service, celui-ci résolut de s'en venger. Il signala donc à son maitre cet hôte importun, qui arrivait toujours sans invitation. Le cardinal, piqué de curiosité, ordonna que, la première fois qu'il se représenterait, on le mît tout à côté de lui, à sa droite. Le chevalier ne fut pas peu surpris d'un pareil honneur, ct il n'en augura rien de bon en constatant un sourire moqueur sur la lèvre du serviteur.

Le dîner marcha cependant très bien, et le brave chevalier croyait déjà qu'il avait été oublié, lorsque l'entretien se tourna sur un point théologique. Tout-à-coup le cardinal, visant le chevalier, lui demande à brûle-pourpoint combien de diables il connaissait. L'hôte fut loin de se déconcerter:

- Ventre-saint-gris, Éminence, j'en connais trois.

- En vérité? Et quels sont ces trois diables?

- Eminence, il y a un pauvre diable, un bon diable et un mauvais diable. Le pauvre diable, c'est moi, qui trouve à manger chez un bon diable, qui est Votre Éminence.

Quant au mauvais diable, c'est celui qui a voulu me mettre dans l'embarras en me jouant un mauvais tour.

Et il désigna l'officier servant.

Le prélat fut si enchanté d'une répartie aussi Spirituelle, qu'il ordonna que le couvert du pauvre pensionnaire fùt tous les jours mis à la table épiscopale.

Voici comment reparle du cardinal et de sa magnificence, la satirique baronne d'Oberkirch, dans ses curieux Mémoires:

« … j’étais tenue à rester quelques temps à Strasbourg: le rang que j'y occupais m'en faisait une loi. En y arrivant à la fin de Novembre (1780), nous fùmes rendre nos, devoirs à S. E. le cardinal de Rohan, prince-évêque de Strasbourg. Il revenait d'un voyage de l'autre côté du Rhin, où il était allé visiter ses domaines. C'est le troisième ou même le quatrième cardinal du nom de Rohan qui soit évêque de Strasbourg, de sorte qu'il regarde un peu les terres de l'église comme lui appartenant par droit d'héritage.

Il a bâti et arrangé à Saverne une des plus charmantes résidences du monde. C'est un beau prélat, fort peu dévot, fort adonné aux femmes; plein d'esprit et d'amabilité, mais d'une faiblesse, d'une crédulité qu'il a expiées bien cher, et qui a coûté bien des larmes à notre pauvre reine dans la misérable histoire du collier.

« Son Éminence nous reçut dans son palais épiscopal, digne d'lm souverain. Il menait un train de maison ruineux et invraisemblable il raconter. Je ne dirai qu'une chose, elle donnera l'idée du reste. Il n'avait pas moins de quatorze maîtres d'hôtel et vingt-cinq valets de chambre.

Jugez! Il était 3 heures de l'après-midi, la veille de l'octave de la Toussaint; le cardinal sortait de sa chapelle, en soutane de moire écarlate et en rochet d'Angleterre d'un prix incalculable. Il avait une aube des grandes cérémonies quand il officiait à Versailles, en point à l'aiguille d'une telle richesse, qu'on osait à peine les toucher. Ses armes et sa devise étaient disposées en médaillons au-dessus de toutes les grandes fleurs; on l'estimait plus de IOO,OOO livres.

Ce jour-là nous n'avions que le rochet d'Angleterre, un de ses moins beaux, disait l'abbé Georgel, son secrétaire. Le cardinal portait à la main un missel enluminé, meuble de famille d'une antiquité et d'une magnificence uniques; les livres imprimés n'étaient pas dignes de lui.

« Il vint au-devant de nous avec une galanterie et une politesse de grand seigneur que j'ai rarement rencontrées chez personne. Il s'informa de nous, des princes de Montbéliard, de la grande-duchesse de Russie, comme si cela eût été son unique affaire. Il nous raconta son voyage avec mille détails intéressants; je me souviens entre autres qu'il nous parla de Salzbach, le lieu où fut tué le maréchal de Turenne.

« La pensée m'est venue, nous dit-il, d'élever un monument à ce grand homme; j'ai donc acheté le champ où un boulet le frappa et avec lui la fortune de la France, cc pour y faire construire une pyramide. Je ferai bâtir à cc côté une maison pour y établir un gardien, un vieux cc soldat invalide du régiment de Turenne; je désire que ce soit de préférence un Alsacien. La pyramide aura vingt-cinq pieds de haut et sera entourée de lauriers, garantis des passants par une grille en fer. Que vous semble de ce projet, Madame la baronne? »

« Nous assurâmes Son Éminence qu'il était tout à fait patriotique. Une conversation intéressante commença alors; j'y prenais un vrai plaisir, le cardinal était fort instruit et fort aimable. »

En I776, Ch. Guérin avait fait un joli portrait du cardinal Louis-Constantin de Rohan. La gravure en a été donnée par M. G. Guntz au musée de Saverne (N° 135 du Catalogue de I872).

On raconte plus d'une anecdote sur le caractère léger, excentrique, extravagant de ce prélat. En voici une qui le montre dans toute sa plénitude: La veille de Noël, un marché de jouets d'enfants et de menus objets de table, de vaisselle, de poteries, un vrai bazar, se tenait sur la place qui se trouve devant le château épiscopal. Une brave vieille femme avait là, tout le long du passage, à terre, un étalage de plats et d'assiettes que de rares chalands venaient marchander.

Le prélat arrivait de promenade au grand trot dans son carrosse, et, sans égard pour la porcelaine opaque, fait passer ses chevaux et sa voiture sur l'étalage de la pauvre vieille. Elle se désolait déjà, et toutes ses voisines s'ameutaient, lorsque l'extravagant cardinal lui fait remettre en bon et bel or trois fois la valeur de son stock fragile.

De pleurer, la marchande pousse des éclats de rire, et ses rivales de regretter que pareil malheur ne leur soit pas arrivé! »...

 

A suivre.

 

Le Roy de Sainte Croix (Les Quatre Rohan).

Voir les commentaires

Publié le par Rhonan de Bar
Publié dans : #MAISONS NOBLES DE LORRAINE

PREMIER EXTRAIT

 

IV

 

LOUIS-RENÉ-ÉDOUARD

DE

ROHAN-GUÉMÉNÉE

1779-1803

 

545px-Blason fam fr Rohan-Soubise.guemene

LOUIS-RENÉ DE ROHAN A L'UNIVERSITE

 

La Galerie de l'ancienne Cour ou Mémoires Anecdotes pour servir à l'Histoire des règnes de Louis XIV et de Louis XV, raconte une très jolie difficulté qui se présenta en Sorbonne à propos du jcune abbé René de Rohan.

Dans le contrat de mariage du prince de Condé et de Mlle de Soubise, le père de la jeune princesse avait pris la qualité de très-Haut et très-puissant prince. Une contestation s'éleva il ce su jet, et les princes du sang, assemblés dans le cabinet du roi pour signer ce contrat, refusèrent d'accorder par leur signature il un prince étranger un titre qu'ils croyaient n'appartenir qu’à eux exclusivement. Il fut convenu qu'ils protesteraient avant que de signer et ils eurent trois mois pour produire les titres de leur prétention exclusive.

La maison de Rohan avait déjà eu une querelle de ce genre avec la noblesse. En voici l'origine:

« Un abbé d'Aubeuton, ci-devant docteur de M. le cardinal de Soubise, voulut se venger de cette maison qui, à son avis, ne l'avoit point suffisamment appuyé de son crédit. Le jour que le prince René faisoit sa supplique en Sorbonne, il s'y transporta pour demander au doyen de lui représenter le titre en vertu duquel il accordoit à la maison de Rohan la distinction de soutenir ses thèses les mains gantées et le bonnet sur la tête. Le doyen n'ayant pas voulu le satisfaire sur ce point, il alla trouver M. le marquis de Beauffremont et réchauffa assez pour le porter à faire signifier au doyen une opposition, tant en son nom qu'en celui de la noblesse, à ce qu'il ne fùt accordé à ceux de la maison de Rohan aucun privilège, protestant de se pourvoir, etc. L'huissier n'osa faire la signification qu'à la fin de l'acte du prince René; mais comme on n'en tint pas grand compte, M. de Beauffremont présenta, le 15 Décembre 1752, sa requête au Parlement, où, prenant fait et cause pour la noblesse, que son aïeul présidait aux derniers Etats, il demanda permission d'assigner le doyen de Sorbonne, à l'effet d'exhiber le titre sur lequel étoit fondé le prétendu privilège de la maison de Rohan, et jusqu'à ce qu'il fut fait défense à tous les docteurs, licenciés et autres suppôts de la faculté de théologie, de permettre à ceux de ladite maison de s'arroger aucuns droits ni prérogatives au préjudice de la noblesse. La cour lui permit d'assigner, et le roi ayant évoqué à lui cette contestation, prononça sur le tout. En même temps, il maintint la maison de Rohan, ainsi que la maison de Bouillon, dans la possession où elles étaient de prendre le titre de très-haut et de très excellent prince, et annula la protestation des princes du sang; mais ceux-ci, ayant présenté requête au roi contre(1) sa décision, Sa Majesté n'osant prononcer affirmativement, leur écrivit la lettre suivante:

«  Je ne veux ni juger ni faire juger si MM. de Rohan  sont princes ou non; . mais je veux que toutes choses soient remises dans l'état où elles étoient avant le mariage de M. le prince de Condé avec Mlle de Soubise, sans que les signatures du contrat puissent faire tort aux droits et prétentions d'un chacun, ni les favoriser. »

« Dans le fait, c'étoit donner gain de cause aux étrangers. On conçoit que de pareilles questions, bien loin de s'éclaircir avec le temps, ne peuvent que s'embrouiller davantage: mais Louis XV vouloit vivre en repos et ne fâcher personne. »

 

1 Mémoires-Anecdotes de Louis XIV et de Louis XV, t. III, p. 313.

 

LOUIS-RENÉ DE ROHAN

A STRASBOURG

 

Mme d'Oberkirch nous raconte comment elle vit le prince-évêque de Rohan pour la première fois, en 1778: « Je passai l'hiver à Strasbourg, dit-elle, et j'y étais le II Mars, au moment de l'intronisation du prince Louis de Rohan, succédant au siège du cardinal Constantin, son oncle, dont il était le coadjuteur. C'était un fort grand seigneur, pour qui les domaines de l'évêché en France et en Allemagne n'étaient, disait-il, qu'une bague au doigt.

Quel anneau pastoral! Son chapitre, composé de douze chanoines et de douze domicellaires, alla le recevoir à la porte de sa splendide cathédrale. Né en 1734, jeune encore par conséquent, il était fort beau sous ses riches ornements.

Je l'ai souvent rencontré, et j'aurai occasion d'en reparler encore. » (1)

 

1 Mme D’Oberkirch. Mémoires, t. 1, p. 124.

 

LOUIS-RENÉ DE ROHAN

FAIT PRENDRE POSSESSION

DE L'ÉVÊCHÉ DE STRASBOURG

 

Le cardinal Louis - Constantin de Rohan étant mort le II Mars I779, et ses services funèbres ayant été célébrés dans la cathédrale de Strasbourg, les 26, 27 et 28 Avril, le lendemain de ces services, le seigneur grand – prévôt donna dans la cathédrale, à l'issue des complies, possession du spirituel de l'évêché à M. l'évêque d'Arath, suffragant du diocèse, muni à cet effet de la procuration du nouveau prince-évêque Louis-René-Édouard, prince et cardinal de Rohan-Guéménée. Le grand-chapitre et le grand-choeur, ainsi que tout le clergé de la cathédrale et le séminaire, furent présents en habits de choeur à cette cérémonie, où l'on observa les mêmes formalités qu'en celle de I757. (1)

 

 

1 Grandidier. Essais sur la Cathédrale de Strasbourg, p. 205.

 

 

LE CARDINAL PRINCE DE ROHAN

A STRASBOURG

 

En 1780, le 3 Novembre, S. A. S. et E. Mgr. le cardinal-prince de Rohan fit sa première entrée dans Strasbourg.

En 1781, le 14 Juin, jour de la Fête-Dieu, elle fit, à l'issue de la grand'-messe, la procession publique et solennelle du Très-Saint Sacrement, assistée de MM. Du grand-choeur et précédée de toute sa cour: Cérémonie qu'on n'avait point vu faire dans la Cathédrale par les évêques-princes de Strasbourg depuis plus de vingt-huit ans...(1)

 

1 Grandidier. Essais sur la Cathédrale de Strasbourg, p. 2o3.

 

A suivre.

 

Le Roy de Sainte-Croix (Les Quatre Rohan).

Voir les commentaires

Publié le par Rhonan de Bar
Publié dans : #MAISONS NOBLES DE LORRAINE

 

545px-Blason fam fr Rohan-Soubise.guemene

 

 

TROISIEME EXTRAIT.


MARIE-ANTOINETTE A SAVERNE

 

« Madame la dauphine arriva ici, de Strasbourg, le 8 Mai à 7 heures du soir, et y fut reçue par le cardinal de Rohan. Un bataillon du régiment dauphin et un détachement du régiment royal, cavalerie, formèrent une double haie dans l'avenue du château. Après un bal où Mme la dauphine dansa jusqu'a 9 heures) on tira un feu d'artifice.

Les dames de la suite de cette princesse et les dames autrichiennes eurent ensuite l'honneur de souper avec elle. Il y eut après, chez le cardinal de Rohan, une table de deux cents couverts splendidement servie. On avait illuminé avec beaucoup de goût une allée d'arbres d'une longueur immense, qui était terminée par un superbe arc de triomphe, où l'on voyait les chiffres de France, de Lorraine et d'Autriche.

Le lendemain, Mme la dauphine, après avoir déjeuné, entendit la messe et fit ensuite avec beaucoup de bonté ses adieux aux dames et seigneurs autrichiens, qui avaient eu l'honneur de l'accompagner jusqu'ici. Le cardinal de Rohan présenta à Mme la dauphine une femme âgée d'environ 105 ans, qui n'a jamais été malade. Cette femme lui dit en allemand:

« Princesse, je fais des voeux au ciel pour que vous viviez aussi longtemps que moi et aussi exempte de maladies..... Je le désire, répondit Mme la dauphine, dans la même langue, si c'est pour le bonheur de la France, et après lui avoir donné sa main à baiser, elle ordonna qu'on lui remit une somme d'argent. » (1)

 

(1)Journal politique. Année 1770.

 

SERVICE FUNÈBRE DE LOUIS XV

 

En 1774, le 10 Mai, Louis XV mourut. Son service solennel se tint dans la cathédrale de Strasbourg le 27 Juin.

M. le cardinal de Rohan et tous les corps ecclésiastiques et laïques y assistèrent.

La grande messe fut chantée par M. le comte de Truchsess. L'oraison funèbre fut prononcée en français par M. l'abbé Nihell, un des directeurs du séminaire. (1)

 

(1) Grandidier. Essais sur la Cathédrale de Strasbourg, p. 201.

 

SERVICE FUNÈBRE

POUR LE CARDINAL LOUIS-CONSTANTIN DE ROHAN(1) 

 

En 1779, le II Mars, à 4 heures du matin, mourut à Paris, en son hôtel, rue de Varenne, M. le cardinal Louis-Constantin de Rohan, âgé de 82 ans, laissant une mémoire précieuse à son diocèse et à tous les gens de bien. Mortuüs est in senectute bona, plenus dierum et glorioe. Ses trois services solennels furent célébrés dans la cathédrale de Strasbourg les 26, 27 et 28 Avril. Tous les corps de la ville y assistèrent les trois jours, ainsi que M. le maréchal de Contades, commandant la province. Les corps ecclésiastiques et réguliers de la ville furent invités par le seigneur grand-vicaire; les corps séculiers, c'est-à-dire l'état-major, le magistrat, la noblesse, ainsi que le conseil de la régence de Saverne, la chambre des comptes et les officiers de

l'évêché le furent par le grand-chapitre. M. le prince Ferdinand de Rohan, archevêque de Bordeaux et grand-prévôt, neveu du défunt, officia pontificalement le premier et le troisième jour. M. le comte Joseph-François-Antoine de Truchsess-Zeyl célébra la grand'-messe le second jour.

Neuf abbés réguliers en chape et en mître, deux députés de chaque collégiale du diocèse, en soutane et manteau long, assistèrent pareillement à cette cérémonie lugubre.

 

(1) Grandidier. Essais sur la Cathédrale de Strasbourg, p. 202.

 

Voir les commentaires

Publié le par Rhonan de Bar
Publié dans : #MAISONS NOBLES DE LORRAINE

DEUXIEME EXTRAIT.

 

ÉLECTION DE LOUIS-RENÉ-ÉDOUARD

PRINCE DE ROHAN

COMME COADJUTEUR DE STRASBOURG

 

545px-Blason fam fr Rohan-Soubise.guemene

 

En 1759, le 28 Septembre, le grand-chapitre de la cathédrale de Strasbourg s'assembla pour fixer le jour de l'élection d'un coadjuteur que le prince Louis-Constantin de Rohan avait demandé au pape. Cette élection se fit le 22 Novembre suivant, dans l'église cathédrale, suivant les formes usitées. La messe du Saint-Esprit fut chantée dans la chapelle de Saint-Laurent par le comte Maximilien-Frédéric de Koenigseck-Rotenfels. Les capitulaires, au nombre de sept présents, chargés en même temps de la procuration des absents, réunirent leurs voix en faveur du prince-neveu, Louis-René-Edouard, prince de Rohan-Guéménée, qui fut proclamé le même jour et conduit à l'autel de Saint-Laurent, où l'on chanta le Te Deum.

Cette élection ayant été confirmée par le pape Clément XIII, le 24 Mars 1760, le nouveau coadjuteur fut sacré, le 18 Mai suivant, évêque de Canople. (1)

La reine Marie Leczinska étant morte (24 Juin 1768), ses obsèques furent célébrées dans l'église cathédrale de Strasbourg, le 3 Août suivant. M. le cardinal de Rohan, ainsi que les différents corps ecclésiastiques et laïques, y assistèrent. La grand-messe fut chantée par le seigneur grand-doyen, M. le prince de Lorraine. (2)

 

 

(l) Grandidier. Essais sur la Cathédrale de Strasbourg, p. 190.

(2) Grandidier. Essais sur la Cathédrale de Strasbourg, p. 196.

 

 

MARIE-ANTOINETTE

FIANCÉE DU DAUPHIN (LOUIS XVI)

CHEZ LE CARDIN AL DE ROHAN

 

 

marie-antoinette-vigee-lebrun

Le 7 Mai 1770, l'archiduchesse Marie-Antoinette d'Autriche arriva à Strasbourg, se rendant à Paris, pour être dauphine de France. Elle fut logée au palais épiscopal et reçue avec les plus grands honneurs. On lui fit des fêtes magnifiques qui sont décrites tout au long dans notre ouvrage sur L'Alsace en fète sous la dOl1tÏnation des Louis de France.

Le 8, elle se rendit à la cathédrale pour y entendre la messe. M. le prince Louis de Rohan, coadjuteur de Strasbourg, en habits pontificaux, la reçut à la tête de son clergé et lui adressa un discours plein d'éloquence ct de sensibilité. Nous le reproduisons ici:

 

Par M. le coadjuteur à la porte de la cathédrale de Strasbourg :

 

« Madame,

« Les deux nations réunies dans ce temple s'empressent de rendre d'immortelles actions de grâces au Dieu des empires, qui, par des noeuds augustes et si désirés, va mettre le sceau à leur félicité commune, et cimenter une alliance dont le but a été de protéger la religion et de faire régner la paix.

« Vous voyez l'Alsace faire éclater sa Joie; la France vous attend pour couronner ses voeux, et dans les mouvements d'allégresse qui vont se manifester de toutes parts, reconnaissez, Madame, le même sentiment qui a fait verser des larmes à Vienne et qui laissent dans le coeur de ceux dont vous vous séparez les plus vifs et les plus tendres regrets : c'est ainsi que l'archiduchesse Antoinette est déjà connue, même où elle n'a pas encore été vue; ce n'est souvent que l'avantage de la naissance; pour vous, Madame, c'est le droit de vos vertus, c'est celui de vos grâces; c'est surtout la réputation de ces qualités naturelles et bienfaisantes que les soins d'une mère à jamais mémorable ont su perfectionner en vous. Vous allez être parmi nous la vivante image de cette impératrice chérie, depuis longtemps l'admiration de l'Europe, comme elle le sera de la postérité; c'est l'âme· de Marie-Thérèse qui va s'unir à

l'âme des Bourbons. D'une si belle union doivent naître

les jours de l'âge d'or, et nos neveux, sous l'heureux empire d'Antoinette et de Louis-Auguste, verront se perpétuer le bonheur dont nous jouissons sous le règne de Louis le Bien-Aimé. »

Son Altesse arriva au grand-choeur, au bas duquel se tenaient les Cent-Suisses, en passant au milieu de la haie formée par la troupe. Au pied de l'autel, qu'entouraient les gardes du corps, était placé un prie-dieu pour Mme la dauphine et des tabourets pour les dames de sa cour. Leclergé avait suivi Marie-Antoinette et était allé occuper les stalles du choeur. Le coadjuteur, avant de se mettre sous le dais pontifical, s'agenouilla au pied de l'autel, puis s'étant retourné vers la nef, il donna sa bénédiction.

Une messe en musique fut exécutée. Les derniers accords de la musique expiraient à peine sous la majestueuse voûte du dôme, que les personnes de la cour firent partir Mme la dauphine, sans attendre que M. le coadjuteur fût revenu à l'autel et eût de nouveau donné sa bénédiction. En voyant ce départ précipité, le clergé, qui devait accompagner Son Altesse jusqu'à la porte de l'église, et qui s'était déjà mis en mouvement, s'arrêta et laissa partir Mme la dauphine sans lui rendre les honneurs qui lui étaient dus. 1

Le cardinal de Rohan ajouta quelques mots touchants au superbe discours du coadjuteur, son parent. Voici les paroles prononcées:

 

Par M. le cardinal de Rohan

 

cc Née sur le trône des Césars, vous venez vous unir à celui des Charlemagne ct des Bourbons. L'Europe applaudit à ce lien, la religion se réjouit et l'Alsace ne peut contenir ses transports. Les miens, Madame, sont d'autant plus respectueux, qu'occupant un siège qu'ont illustré deux de vos ancêtres, j'ai l'honneur d'appartenir à l'empire et à la France. »

 

1 Müller L'archiduchesse Marie-Antoinette à Strasbourg, etc., p. 61

Voir les commentaires

Publié le par Rhonan de Bar
Publié dans : #MAISONS NOBLES DE LORRAINE

III

 

LOUIS-CONSTANTIN DE

ROHAN -GUÉMÉNÉE-MONTBAZON

I756- I 779

 

545px-Blason fam fr Rohan-Soubise.guemene

 


ÉLECTION DE LOUIS-CONSTANTIN

PRINCE DE ROHAN

COMME ÉVÊQUE DE STRASBOURG

 

Ès que le grand-chapitre eut fait rendre, dans la cathédrale, les derniers devoirs à l'évêque François-Armand-Auguste cardinal de Rohan-Soubise, mort à Saverne le 28 Juin 1756, il tint (le 1 Août) une assemblée où le jour de l'élection d'un nouvel évêque fut fixé au 23 Septembre.

Cette cérémonie fut annoncée par la grosse cloche qui sonna par trois fois. La messe solennelle du Saint-Esprit fut chantée à 8 heures par M. l'évêque de Tournay. Vers 9 heures, le chapitre, composé de dix chanoines capitulaires présents et chargés de la procuration de deux absents, s'assembla dans le lieu de l'élection. Le choix unanime tomba' sur le grand-prévôt Louis-Constantin, prince de Rohan. Sa naissance, son âge, son expérience et ses vertus le rendaient digne de cette éminente place. La publication ayant été faite dans les trois langues par le grand-écolâtre, le nouvel élu, entre l'archevêque de Rheims, son frère, grand-doyen, et l'évêque de Tournay, précédé de tous les autres chanoines, fut conduit au pied du grand-autel, où l'archevêque de Rheims entonna le Te Deum qui fut chanté en musique. On sonna pendant une heure de temps toutes les cloches de la cathédrale, et on fit une décharge des canons de la place.

-Le prince Constantin fut ensuite conduit au siége épiscopal, où il s'assit. Y étant resté quelque peu de temps, il sortit du choeur le premier, suivi de tous les chanoines, qui le conduisirent au palais épiscopal, où le grand-doyen le félicita par un petit discours en présence du clergé et d'un grand concours de peuple. L'élection fut confirmée par le roi Louis XV le 27 Septembre suivant et par le pape Benoît XIV le 3 Janvier 1757. Il fut sacré le 6 Mars à Paris, dans la chapelle du séminaire de Saint-Sulpice, par le cardinal de La Rochefoucauld, archevêque de Bourges.

Le 24 suivant, M. l'abbé Duvernin, membre du grand-choeur, vicaire-général et official du diocèse, en aumusse et en étole, prit en son nom, dans la cathédrale, possession de l'évêché de Strasbourg. Elle lui fut donnée à l'issue des complies par le prince François-Camille de Lorraine, chanoine capitulaire, en présence du prince Joseph de Hohenlohe-Pfedelbach, aussi chanoine capitulaire, et de MM. Du grand-choeur, tous en habits de choeur placés autour de l'autel.

La cérémonie commença par l'ouverture de la grande porte, dont on lui présenta la clé; par l'entrée de la chaire, où il monta; par les fonts baptismaux dont il toucha l'eau; par 12 trône épiscopal, où il s'assit ct où on lui mit le bonnet carré sur la tête. Elle fut continuée par la prise de possession du palais épiscopal, où il fut mené et installé dans la salle des évêques.

De là, il fut ramené au grand-autel, où l'on finit par chanter le Te Deum. (1).

 

(1) Grandidier. Essais sur la Cathédrale de Strasbourg, p. 187.

 

A suivre... 

Le Roy de Sainte Croix. (Les Quatre Rohan).

 

Voir les commentaires

Publié le par Rhonan de Bar
Publié dans : #MAISONS NOBLES DE LORRAINE

545px-Blason Armand Gaston Maximilien de Rohan-Soubise (167

II

FRANCOIS-ARMAND-AUGUSTE

DE ROHAN-SOUBISE-VENTADOUR

 

1749-1756.

 

FRANÇOIS-ARMAND-AUGUSTE

DE ROHAN-SOUBISE-VENTADOUR

 

FRANCOIS-ARMAND-AUGUSTE DE ROHAN-SOUBISE-VENTADOUR succéda à son parent Armand-Gaston, en l'année 1749. On ne connaît guère de lui que son épitaphe ..., qui est brillante ...

 

OBSÈQUES DU CARDINAL DE ROHAN-SOUBISE

A SAVERNE

 

Cet évêque de Strasbourg, étant mort le 28 Juin 1756, à son château épiscopal de Saverne, fut inhumé avec les plus grands honneurs et la plus grande pompe dans la chapelle du Saint-Rosaire. Sur sa tombe on grava cette fastüeuse épitaphe:

 

HIC REQUIESCIT

 

Sern1issimus princeps

Armandus de Rohan-Soubise

sanctae romanae ecclesiae cardinalis

Argentoratensis episcopus et prnlceps

Alsatiae Lal1dgravius

Murbacencis el Luderencis abbas ;

princeps sancli imperii… etc.

splendidos natales aequavil titulis

Animo superavit :

Artes egregias quas ultrà coluerat puer

ornavit juvenis.

Rapido progressu Summa consecutus

Academiae Parisiensi ac praesertim Sorbonae.

Praeluxit ingenio, honore praejuit.

Veri et justi tenax

ingenti patruo

Similitudine virtutum commendatus

iisdem in vestigiis

in eâdem statione collacatus

ut episcopatûs

sic acerrimi ecclesiae tuendae studii

successor non degener.

Heu! tanto viro non impar

si non ipso aetatis flore succisus!

in medio cursu laborum

quos pro ecclesiâ susceperat,

Mortem obrepere sentiens

huc ad vos evolavit

o Alsatiae cives,

ut in sinu vestro extremum, spiritum deponeret.

Hunc praecordiis vestris inclusum

Fovet,) lugete, ac precibus apud Deum adjuvate.

 

Obiit die 28 Junii I756) oetatis suce al11ZO 39. (1)

 

(1) Grandidier. Essais sur la Cathédrale de Strasbourg, sup. p. 84.

 

Ce cardinal n'était âgé que de 39 ans lorsqu'il expira.

L'amour qu'il avait toujours porté à son diocèse, et le goût qu'il avait montré de préférence pour l'Alsace, J'avaient engagé à se faire transporter presque moribond de Paris à Saverne où il voulait mourir... A suivre.

 

Le Roy Sainte-Croix (Les Quatre Rohan).

Voir les commentaires

Publié le par Rhonan de Bar
Publié dans : #MAISONS NOBLES DE LORRAINE

545px-Blason Armand Gaston Maximilien de Rohan-Soubise (167

 

SEPTIEME EXTRAIT

 

CARDINAUX-ÉVÊQUES DE STRASBOURG

OBSÈQUES DU CARDINAL DE ROHAN

 

En 1749, le 19 Juillet, S. A. S. et E. M. le cardinal Armand-Gaston de Rohan termina il Paris sa longue et brillante carrière en son appartement du Vieux-Louvre, âgé de 75 ans. Son corps fut transporté le 21 suivant au couvent des religieux de la Merci, où il fut enterré d'après son testament du 3 Mars 1748.

cc Ce prince sut réunir dans sa personne des qualités dont on aurait pu former plusieurs grands hommes. Il eut part il toutes les affaires ecclésiastiques de son temps; il présida plusieurs fois aux assemblées de l'Eglise gallicane; il assista il quatre conclaves; il fut chéri des papes et des rois; il aima les lettres et les protégea, et il se distingua dans toutes les circonstances par son zèle pour la religion et pour J'état.

« Je viens de faire, s'écria Louis XV en apprenant la mort du cardinal, une véritable perte dans « la personne du cardinal de Rohan: c'était un grand cc seigneur, un excellent évêque et un bon citoyen. »

« Il avait vécu avec beaucoup de splendeur et de magnificence; mais d'un caractère doux et d'un abord affable, il eut comme particulier toutes les qualités qui rendent les hommes aimables dans la société.

cc Au mois d'Août, M. l'archevêque de Rheims, grand doyen du chapitre noble de la cathédrale de Strasbourg, avait donné, dans la cathédrale même, possession du spirituel de l'évêché ci M. l'évêque d'Uranople, procureur du nouvel évêque, M. le cardinal de Soubise.

« Les services de M. le cardinal de Rohan furent célébrés dans son église cathédrale les 15, 16 et 17 Septembre.

Tout le clergé séculier et régulier y assista en corps et en habits de choeur. M. l'évêque d'Uranople, du consentement du grand-chapitre, célébra pontificalement les trois messes.

Huit abbés du diocèse, ayant à leur tête le prévôt infulé de Neuvillers, tous en mître et en chape; les prévôts et doyens des collégiales du diocèse en soutanes et en manteaux longs, se trouvèrent à cette cérémonie.

cc L'état-major, le magistrat, le corps de la noblesse, le conseil de la régence, la chambre des comptes, les baillis et les autres officiers de l'évêché y assistèrent. M. de Saint-André, commandant de la province, fut placé au milieu du choeur, avec fauteuil et prie-dieu? en sa qualité de représentant du roi. L'oraison funèbre fut prononcée le 15, par le R. P. Louis-Antoine Cuny, de la Compagnie de Jésus. » (1)

Son éloge fut lu à l'assemblée de l'Académie des inscriptions et belles-lettres, le 14 Novembre 1749, par M. de Bougainville, et inséré dans le tome XXIII des Mémoires de la Compagnie.

Rigaud, le fameux portraitiste, avait fait une superbe peinture du cardinal Armand-Gaston de Rohan, que Caro grava. Une copie photographiée de ce magnifique portrait, exécutée par M. Hippolyte Hoffmann, a été donnée au musée de Saverne (N° 139 du catalogue de 1872)... A suivre

 

 

(l) Grandidier. Essais sur la Cathédrale de Strasbourg, p. 183.

 

 

Le Roy de Sainte Croix ( les Quatre Rohan).


Voir les commentaires

Publié le par Rhonan de Bar
Publié dans : #MAISONS NOBLES DE LORRAINE

 

SIXIEME EXTRAIT

 

LOUIS XV

CHEZ LE CARDINAL DE ROHAN

A STRASBOURG

 

P8140101

 

Façade du Palais des Evêques de Rohan-Soubise à Strasbourg.

 

Le roi Louis XV arrivant de Metz, fit son entrée solennelle dans la ville de Strasbourg le 5 Octobre 1744, au son de toutes les cloches et au bruit de toute l'artillerie des remparts. On lui fit une réception splendide; la magnificence et l'éclat furent portés au plus haut degré durant son séjour qui fut de cinq jours entiers. Le Magistrat, présidé par M. de Klinglin, préteur royal, secondé par tous les corps et tous les habitants de la ville, avait imaginé ce qu'il y avait de plus grand, de plus somptueux pour exprimer sa joie, son zèle, son respect et son attachement au monarque, qui venait d'être surnommé le Bien-Aimé.

Il était 4 heures de l'après-midi, lorsque Louis XV arriva devant le portail de l'église cathédrale. Il descendit de carrosse et fut reçu par M. le cardinal de Rohan, qui était à la tête de tout le clergé séculier et régulier rangé le long de la nef. Le prélat était chapé, crossé et mîtré, ayant à sa droite M. le prince de Soubise, son coadjuteur, et à sa gauche M. l'évêque d'Uranople, son suffragant, l'un et l'autre en chape et en mître, mais sans crosse. Du grand chapitre, il n'y avait qu'un chanoine domiciliaire, M. le prince Camille de Rohan. MM. du grand-choeur étaient en chape et les chapelains en surplis.

Le cardinal-évêque présenta d'abord au roi de l'eau bénite. Le prince Camille posa aux pieds de Sa Majesté un carreau de velours sur un tapis, qu'on avait étendu par terre à l'entrée de la nef. Le roi s'y mit à genoux et baisa la croix. Sa Majesté s'étant relevée, S. A. E. lui fit un très beau discours, qui dura quatre à cinq minutes.

Le clergé se mit ensuite en marche deux à deux pour entrer dans le choeur, qui était orné de tapisseries et dont le grand autel était éclairé par un grand nombre de girandoles portées sur des torchères. La marche était fermée par M. le coadjuteur, auquel le cardinal, son oncle, laissa les fonctions sacerdotales - épiscopales, en se réservant celles de grand-aumônier de France. Le roi marchait ensuite entre M. le cardinal et M. le suffragant. L'un et l'autre avaient quitté la mître et la chape pour se mettre en rochet, camail et bonnet carré. Pendant la marche, le clergé chanta trois fois l'antienne pour le roi, qui fut conduit au pied du grand autel, à un prie-dieu couvert d'un tapis de soie et de velours. Les deux prélats se mirent à genoux ù ses deux côtés, et le roi fit donner un carreau de velours au cardinal de Rohan.

Il n'y eut ni musique ni Te Deum: car il n'y avait que huit jours qu'on avait fait les prières publiques et solennelles pour la convalescence de Louis le Bien-Aimé.

M. le coadjuteur, ayant à ses côtés les quatre plus anciens du grand-choeur revêtus de chapes, monta à l'autel, chanta l'oraison pour le roi et termina la cérémonie par la bénédiction épiscopale. Le roi descendit alors du chœur par l'escalier qui est du côté de l'horloge. Il alla à pied depuis la porte de l'église jusqu'au palais épiscopal qui

était achevé depuis trois ans, et où il logea pendant tout son séjour.

La tour fut illuminée tous les jours. Louis XV partit de Strasbourg le 10 Octobre, pour se rendre au siège de Fribourg. « Je ne puis quitter ce lieu-ci, écrivait ce monarque la veille de son départ à Mme la duchesse de Rohan-Ventadour, sans vous donner de mes nouvelles.

Jamais je n'ai rien vu de si beau, de si magnifique, ni de si grand que ce que je vois depuis que je suis à Strasbourg.

Mais ce qui me fait plus de plaisir que tout, c'est l'affection que les peuples et les grands me témoignent: ils sont aussi bons Français que mes plus anciennes provinces: aussi, je les quitterai à regret » (1)

« Le cardinal de Rohan, en parlant de lui-même, laissait entendre quelquefois, avec une sorte de modestie, qu'il devait avoir quelque ressemblance avec Louis XIV, tant dans la figure que dans le caractère: en effet, Mme la princesse de Soubise, sa mère, était très-belle; l'on sait que Louis XIV en fut amoureux; et l'époque de ce penchant se rapproche de l'année r674, qui est celle de la naissance du cardinal de Rohan. » (2)

 

(1) Grandidier. Essais sur la Cathédrale de Strasbourg, p. 181.

(2) Anecdotes de Louis XIV et de Louis XV, t. II, p. 397.

 

 

LES QUATRE ROHAN

VOL DE L'ARGENTERIE

DU CARDINAL DE ROHAN

 

 

P8140116 Vaisselle des Evêques. Palais des Evêques de Rohan-Soubise à Strasbourg.

 

En 1747, Mme la dauphine arriva à Strasbourg le 28 Janvier. S. E. le cardinal de Rohan n'oublia rien pour faire à cette princesse une réception digne de son haut rang et de sa naissance.

« Or, il est connu que cc prélat avoit une argenterie des plus riches; toutes les ustensiles, même celles de la cuisine, étoient de ce métal. Dans la grande presse, une partie considérable fut volée la nuit et vendue à certain juif. Le jeune préteur (Klinglin), Faber et Faust l'intimidèrent, en lui foisant entendre que le recéleur allant de part avec le voleur, il serait pendu. Il leur donna une grosse somme, qu'ils partagèrent entre eux, le voleur fut célé, l'on n'a pas sçu jusqu'aujourd'huy cc que cette argenterie dérobée est devenue, et la voix publique en parle de trois différentes manières. Faber en a rejeté impertinemment le crime sur les Polonais et les Saxons, qui étoient à la suite de Mme la dauphine, disant qu'ils ne l'avoient prise que pour faire voir dans leurs païs le nouveau goût de Paris. Mais le juif Meyer a été le vray auteur et le directeur de ce vol; et de cette façon, il lui a été facile de paroître deux années de suite en habit de cavalier, chaimarré d'or et d'argent. Le public en eut mauvaise opinion, mais il sçut et sa compagnie dissiper tout soupçon, en le faisant passer pour l'écuïer du jeune préteur, ce qui étoit d'autant plus vraisemblable qu'il vivoit avec lui dans la plus grande familiarité aux yeux du public. » (1)

Le vol de l'argenterie du cardinal de Rohan est raconté d'une manière bien différente par une des parties indirectement intéressées.

C'est le « Mémoire de M. de Klinglin, préteur royal de la ville de Strasbourg » - à Grenoble, chez André Giroud et la veuve d'André Faure, 1753, qui nous en fournira les nouveaux détails.

 

(1) Factum de Beck contre Klinglin, p. 11

 

C'était donc au mois de Février 1747, lors du passage à Strasbourg de Mme la dauphine. Laissons parler M. de Klinglin fils:

« Exerçant les fonctions de préteur à la place de mon père qui étoit malade, j'eus l'honneur de recevoir cette princesse. Dans ce temps-là même, Son Éminence feu M. le cardinal de Rohan me donna avis qu'on avoit volé chez lui de la vaisselle d'argent. Ce prélat ajouta, qu'averti de ce vol, il avoit fait faire secrètement quelques démarches pour tâcher d'en découvrir les auteurs, que Raphaël Lévy étoit violemment soupçonné d'avoir commis ce vol, ou du moins d'en être le recéleur; que les indices qui sembloient justifier ces soupçons, étoient que Raphaël Lévy avoit porté de la vaisselle d'argent à vendre chez le nommé Imling, orphèvre à Strasbourg, et que cet orphèvre avoit refusé de l'acheter, parce qu'il y avoit remarqué des vestiges d'armoiries qui avoient été grattées.

En conséquence de ces indices, M. le cardinal de Rohan me pria de parler à ce juif, et de l'engager à rendre cette vaisselle; mais il me recommanda sur toutes choses de ne faire aucun éclat, et de ne prendre aucune des voyes judiciaires dont on use en pareil cas. Je fis donc venir le juif; j'employai auprès de lui et remontrances et menaces pour le déterminer à la restitution; mais tous mes discours furent inutiles; il se tint sur la négative, en sorte que je fus obligé de le renvoyer. Sur le compte que je rendis à M. le cardinal du mauvais succès de ma tentative, S. E. me pria de m'en tenir là, et me fit même donner parole de ne pas pousser cette affaire plus loin. Ça n'a donc été que par respect pour les ordres de ce prélat que je n'ay point fait dénoncer au Magistrat le vol en question.» (2)

Que le lecteur choisisse entre les deux versions.... A suivre

 

 (2) Mémoire de M. de Klinglin, p. 241

 

Le Roy Sainte Croix (Les Quatre Rohan).

 

Voir les commentaires

Publié le par Rhonan de Bar
Publié dans : #MAISONS NOBLES DE LORRAINE

545px-Blason Armand Gaston Maximilien de Rohan-Soubise (167

 

CINQUIEME EXTRAIT

 

LES QUATRE ROHAN

LE CARDINAL DE ROHAN

(ANNÉE I7I6)

 

L'amour dès longtemps confia

Son charmant sacerdoce

A jeune et gracieux prélat

Plus galant que Mendoce

Et dans son temple transféra

Et sa mItre et sa crosse.

A son grand prêtre il prodigua

Ses faveurs les plus chères,

Et fit tant que son nom vola

Sur tout notre hémisphère:

Pape et rois, chacun envia

Le bonheur de lui plaire.

Le diable qui, Adam tenta,

Jaloux de tant de gloire,

Lui fit suivre les Loyola, (l)

Chacun en sait l'histoire;

L'enfant de Cythère en pleura

Dans les bras de sa mère.

Vengeons-nous, mon fils, dit Vénus,

Punissons cet ouvrage;

Pour Melun,(2) de tous le rebut

Inspire-lui la rage,

Et que sans grâce ni vertu

Elle fixe ce volage. (3)

 

1 Pour détacher Rohan du cardinal de Noailles, qui était son bienfaiteur et son ami, le P. Le Tellier le fit nom111er grand-aumônier de France.

2 Mlle de Melun, née en 1671. (M.) Marie de Melun était fille de Guillaume de Melun, prince d’Epinoy, et de Jeanne de Rohan-Chabot.

3 Chansonnier historique du XVIIIe Siècle. Édition QUANTIN. Première partie. II, p. 85.

 

CARDINAUX-EVEQUES DE STRASBOURG

LE CARDINAL ET LA CORNE.

 

Le 17 Mai 1586) l'évêque de Strasbourg, Jean de Manderscheid, avait institué une confrérie de buveurs, sous le titre de Confrérie de la Corne. Les confrères devaient la vider d'un trait, cette corne, et elle était de taille gigantesque. Les étrangers de distinction étaient admis à y tremper leurs lèvres et ce n'était pas un mince honneur.

Cette colossale corne était religieusement conservée au vieux château de Hoh-Barr, sur la montagne qui domine le château de Saverne, résidence de l'évêque de Strasbourg.

Nous avons donné l'historique de la Confrérie de la Corne dans notre ouvrage sur l'Alsace en Fête) où nous renvoyons le lecteur désireux d'en connaître les détails.

La guerre de trente ans avait porté un coup mortel à la Confrérie de la Corne. Le château de Hoh-Barr fut détruit et la confrérie dispersée. Toutefois, la corne fut sauvée de la destruction; elle descendit dans les caves du château de Saverne, mais déshonorée, oubliée et abandonnée.

Un jour, le cardinal de Rohan recevait, dans sa première résidence, S. Exc. la maréchale de Noailles: c'était en 1729. Naturellement le fastueux prélat voulut faire les honneurs de son superbe château à l'illustre visiteuse.

Rien ne fut oublié: il fallut passer par tous les coins et recoins. Arrivé à la cave, la corne apparut comme un monument des âges passés. La grande dame la contempla comme un objet contemporain de la race des Titans, et malgré l'invitation du prélat) se garda bien d'essayer d'en ressusciter l'usage. Elle se contenta d'écrire sur le registre de la confrérie défunte, ces simples mots : « Arrivée à Saverne par un hazard personnel, j'ai vu la corne et n'y ai point bu, ce 18 Juillet 1729. »

Cependant, un des assistants, un autre joyeux prélat, jugea qu'il était malséant de laisser ainsi dans le déshonneur un objet aussi vénérable. Ce galant évêque fait rincer la corne et la fait remplir de généreux liquide. Il la vide d'un trait et la fait vider au reste de la compagnie. Puis, pour éterniser cette résurrection glorieuse, il en transcrit le procès-verbal sur le respectable vélin, par les lignes suivantes: « Nous évêque-duc de Langres, pair de France, (c certifions que l'acte ci-dessus n'est que trop vrai, mais « qu'on y a bu beaucoup pour féliciter Mme la maréchale. »

Le prélat qui signait ce qui précède, cet évêque-duc de Langres, pair de France, n'était autre qu'un petit-fils de Mme de Montespan, de galante mémoire, Pierre de Pardailhan d'Antin lui-même.

Les mânes de Jean de Manderscheid ont dû joliment sourire le l 8 Juillet 1729 !

 

CARDINAUX-EVEQUES DE STRASBOURG

ÉLECTION D'UN COADJUTEUR 

 

En I742, le 2I du mois de Mai, François-Armand Auguste de Rohan-Soubise, chanoine capitulaire de Strasbourg, connu alors sous le nom d'abbé de Ventadour, fut élu coadjuteur. Le cardinal de Rohan, son oncle, avait obtenu pour lui du pape Benoît XIV, le 11 Septembre I740, un bref d'éligibilité, qui portait dispense pour posséder l'évêché de Strasbourg. Il n'en fit usage que deux ans après.

Le grand':'chapitre s'étant assemblé, le 28 Mars I742, fixa le jour de l'élection au 2I Mai suivant. La messe solennelle du Saint-Esprit ayant été chantée au grand-autel à 8 heures du matin, par François-Ernest, comte de Salm, évêque de Tournay, les chanoines capitulaires, au nombre de neuf présents et chargés de la procuration de trois absents, se rendirent dans le lieu ordinaire de leur assemblée, où le choix unanime tomba sur M. l'abbé de Ventadour. Le grand écolâtre ayant publié l'élection en latin, vers le clergé, en français et en allemand vers le peuple, le nouveau coadjuteur fut conduit à l'autel, précédé de tous les chanoines, ayant à sa droite M. l'archevêque de Rheims, grand doyen, et M. l'évêque de Tournay à sa gauche. Le Te Deum fut chanté en musique: on sonna pendant une heure les cloches de la cathédrale et on fit une décharge des canons de la ville. Le coadjuteur fut ensuite placé sur le siège épiscopal, où, après être resté quelque peu de temps, il sortit le premier du choeur suivi de tout le chapitre.

Son élection ayant été confirmée par bulles du pape Benoît XIV du 30 Juillet 1742, il fut sacré le 9 Novembre suivant par le cardinal de Rohan, son onde, sous le titre d'évêque de Ptolémaïde. (1)

 

(l) Grandidier. Essais Sur la Cathédrale de Strasbourg, p. 179.

 

…A suivre

 

Le Roy de Sainte Croix (Les Quatre Rohan)

Voir les commentaires

<< < 10 20 30 40 41 42 43 44 45 > >>

Articles récents

Hébergé par Overblog