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L'Avènement du Grand Monarque

L'Avènement du Grand Monarque

Révéler la Mission divine et royale de la France à travers les textes anciens.

Publié le par Rhonan de Bar
Publié dans : #HERALDIQUE FAMILLE

 

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La devise : L’HONNEUR EST MON SEUL GUIDE. 

AUBUISSON (D’) :  famille noble d’extraction, et d’ancienne chevalerie, établie en Languedoc, où elle possède, depuis plusieurs siècles, les seigneuries de Nailhoux et de Ramonville-Saint-Aigne. 

D’AUBUISSON porte : « écartelées de Velasco. Au premier et troisième d'or, à l'aigle de sable, fondant sur un buisson de sinople, au chef de deux croix de gueules ancrées, qui est d'Aubuisson ; au deuxième et quatrième de huit points d'or équipolés à sept de vair, bordure componée de Léon et de Castille, qui est de Velasco.

Le tout surmonté d'une couronne ducale, avec la légende de Ricos-Hombres ; deux lions pour supports. » 

Antoine d'Aubuisson. Premier du nom, chevalier, figura en dans un tournoi près la ville de Saumur, avec René d'Anjou, roi de Sicile, Ferri duc de Lorraine, le seigneur de Beau veau Giron de Laval, le comte de Nevers, Jacques de Clermont, le comte d'Eu, le comte de Tonnerre, le duc d'Alençon, le duc de Bourbon, et une infinité d'autres seigneurs. L'honneur d'être admis parmi les chevaliers qui assistaient à ce tournoi nous démontre qu'Antoine d'Aubuisson était d'une origine très ancienne, puisqu'il fallait dès ce tems faire preuve de seize quartiers de noblesse paternels et maternels pour être admis dans un tournoi (1).

Il testa le 2 janvier 1445, époque à laquelle on peut rapporter sa mort. Il avait épousé Marie de Poitiers, fille de Guillaume de Poitiers, seigneur de Nailhoux, et de Louise de Château-Verdun ; de ce mariage vinrent : 

1- Guillaume (2)

2- Jean-Germain.

3- Germain.

4- Guillemette.

 

(1)Voyez Wulson de la Colombière, en son Théâtre d'honneur et de chevalerie, t. I, p. 100.

(2)Suivra son père et premier du nom.

 

Nobiliaire de France. M. de Saint Allais

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Publié le par Rhonan de Bar
Publié dans : #MAISON DE LORRAINE. LES ORIGINES.

 

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Gisant de Thierry II dit le Vaillant.

 

THIERRY II le Vaillant.

-1070-1115- (1)

 

Gérard d'Alsace laissa trois fils dont l'aîné, Thierry, lui succéda. Il eut pour compétiteur Louis, comte de Montbéliard, qui était aussi comte de Bar, du chef de sa femme, fille de Frédéric II, dernier duc bénéficiaire, laquelle prétendait, à ce titre, être héritière de la Haute-Lorraine.

On remarquera que Thierry n'en référa pas à l'empereur qui avait cependant investi son père et à qui il devait, ce semble, l'hommage. Il s'adressa au contraire à ceux en qui il aurait dû voir des adversaires, c'est-à-dire aux seigneurs lorrains et leur soumit la question. Les États, malgré leurs ressentiments contre Gérard d'Alsace, se prononcèrent en faveur de son fils, sans doute parce qu'ils redoutaient plus encore le seigneur Louis de Montbéliard dont la puissance eût été plus que doublée par l'acquisition de la Mosellane.

On peut regretter, à un point de vue général, que la réunion des deux duchés, qui devait s'effectuer au XVe siècle, n'ait pas été opérée dès le XIe.

La noblesse n'avait pas adhéré unanimement à la décision des États et Thierry eut, comme son père, à lutter contre beaucoup d'opposants. Il les ramena en partie, soit par la force, soit par des concessions.

Mais la paix n'était jamais que fragile et intermittente. On est pour longtemps en pleine anarchie.

Be ses adversaires, le plus acharné fut sou frère Gérard qui, se disant lésé dans le partage des biens paternels, rassembla des aventuriers et exerça le brigandage dans les campagnes. Le duc pour l'apaiser lui céda le comté de Saintois, pays fort riche et peuplé de nombreux villages. On l'appela depuis le comté de Vaudémont. Gérard s'y installa comme dans un repaire. Il bâtit sur la montagne de Sion une forteresse presque inexpugnable. Il en sortait pour aller piller les terres voisines et ramener des prisonniers dont il espérait tirer rançon : les guerres féodales ressemblaient aux razzias africaines. Il prit entre autres le fils du comte de Bar et le retint dans une longue et dure captivité. Puis il s'en alla contre son puissant voisin, Eude Ier, duc de Bourgogne. Cette  fois il fut battu et resta prisonnier jusqu'en 1089. Il fallut l'intervention armée de son frère pour lui faire rendre sa liberté. Chose peu ordinaire, le bandit revint assagi à Vaudémont et ne fit plus parler de lui jusqu'à sa mort (en 1120).

Un autre de ces chefs de bandes qu'il faut citer, j c'est le seigneur Widric, châtelain d'Épinal. Épinal [venait à peine de naître. C'était à la fin du Xe siècle une terre appartenant à l'évêque de Metz. On y bâtit une église où furent déposées les reliques de saint Goëric. Deux monastères y furent ajoutés bientôt après. Le pèlerinage attira des marchands, la population s'y amassa, les hommes de guerre vinrent après Widric, derrière ses murs, brava longtemps les menaces et les attaques du duc Thierry.

Ces pillards on les retrouve sur tous les points.

Nous n'avons pas à raconter par le détail des scènes de violence qui sont partout les mêmes ; le suzerain est impuissant, malgré son activité, à faire la police de son duché.

Le seul moyen d'éclairer un peu l'histoire de la Lorraine dans la seconde moitié du XIe siècle, est de rechercher la part qu'elle a dans l'histoire générale.

Thierry fut mêlé à cette fameuse Querelle des Investitures, par laquelle s'ouvrit la grande lutte du sacerdoce et de l'empire. On se rappelle que Brunon, évêque de Toul, devenu pape sous le nom de Léon IX, avait essayé le premier de réformer l'Église, Son conseiller et son inspirateur, le moine Hildebrand, fut élu pape lui-même et prit le nom de Grégoire VII en 1073.

L'ardent pontife entreprit tout à la fois d'affranchir l'Église et de la purifier. L'Église n'était point libre parce que, en raison de ses immenses possessions, elle était tout entière engagée dans le système féodal. Il ne pouvait en être autrement. Toute terre était un fief ayant sa place et ses obligations dans la hiérarchie sociale. Un évêque, par cela même qu'il était propriétaire, relevait d'un suzerain. L'abus fut que l'on cessa de distinguer les deux pouvoirs, le spirituel et le temporel. Les suzerains consacrèrent cette confusion en supprimant les élections canoniques et en conférant directement l'investiture par la crosse et l'anneau. Il s'ensuivit que les fonctions du sacerdoce tout autant que les biens d'église devinrent l'objet d'un vrai trafic. Une démoralisation générale fut la conséquence naturelle. Des clercs simoniaques qui achetaient leurs offices pouvaient-ils être les défenseurs zélés des lois religieuses ?

Grégoire VII engage la lutte en interdisant aux évoques et aux abbés de recevoir l'investiture des mains des princes et des seigneurs laïques. En même temps il lance de tout côté d'ardents religieux pour ameuter les populations contre les prêtres mariés.

Ces actes énergiques soulevèrent contre lui les souverains et une grande partie du clergé d'Allemagne.

L'empereur Henri IV repoussa violemment l'idée même d'une réforme. Menacé d'excommunication, il réunit à Worms un conciliabule d'évêques et de seigneurs, fit prononcer la déposition du pape et la lui notifia dans une lettre insultante (janvier 1076). Le duc Thierry qui, l'année précédente, avait brillamment concouru à la victoire de Hohenbourg dans laquelle l'empereur noya dans le sang la révolte des Saxons, l'avait rejoint aussi à Worms pour soutenir sa querelle.

Grégoire VII répondit à l'empereur par un concile tenu à Rome et dans lequel, solennellement, il frappa Henri IV des foudres de l'Église, le déclara déchu de tous ses droits de l'empire et délia ses sujets de leur serment de fidélité. Et commettant la même confusion de pouvoirs qu'il reprochait à ses adversaires, il proclama comme un dogme la suprématie du pape sur tous les rois.

Cette sentence produisit un effet immense. Les princes allemands se prononcèrent contre l'empereur, qui d'ailleurs était un odieux despote, débauché, violent et rapace, et réunis dans la diète de Tribur, ils le sommèrent de se réconcilier avec le Saint-Siège dans le délai d'un an (1076).

Henri IV, comme un fauve pris au piège, fut terrifié, s'humilia et, passant les Alpes en plein hiver, alla au château de Canossa faire amende honorable.

Le pontife, d'abord implacable, ne fit grâce qu'après avoir tenu, pendant trois jours, courbé devant lui, en chemise et les pieds nus dans la neige, l'orgueilleux chef de l'empire (janvier 1076) (2).

Henri IV réconcilié, mais enragé de honte et de fureur, ne tarda pas à reprendre une lutte tragique dont les détails ne nous appartiennent pas. Le moine réformateur pour avoir dépassé le but, ne put achever son oeuvre. Il mourut à Salerne, proscrit, l'esprit en proie au doute et au découragement et exhalant, cette parole la plus amère du moyen âge  «J'ai aimé la justice et haï l'iniquité, voilà pourquoi je meurs en exil » (1085).

Thierry était resté fidèle à l'empereur. Les évêques de Metz, Toul et Verdun, après avoir souscrit au conciliabule de Worms, se divisèrent. Hériman de Metz rentra dans le parti de Grégoire VII. Le Duc lui fit la guerre pendant trois ans, le chassa même de son siège sans vaincre sa résistance et il encourut l'interdit qui fut jeté sur la Lorraine par le pape Urbain II.

C'est aussi sous le règne de Thierry que se passa un autre fait très considérable, auquel il ne prit aucune part. Nous voulons parler de la première croisade. Le Duc cédant à l'entraînement général, avait pris la Croix, mais il s'aperçut, au moment de partir, qu'il avait trop présumé de ses forces et se fit relever de son voeu par l’évêque de Toul.

On sait que l'expédition eut pour chef Godefroy de Bouillon, de la Basse-Lorraine, neveu et héritier de Godefroy le Barbu. Il valait mieux que son terrible oncle. Il est resté dans les souvenirs populaires, le type le plus achevé du chevalier chrétien ; c'est pour rendre hommage autant à ses vertus qu'à son héroïsme et à ses talents militaires que les croisés l'élurent roi de Jérusalem (1099).

Beaucoup de seigneurs lorrains firent le voyage.

Avant le départ de la grande armée, des bandes d'aventuriers qui passaient en avant-garde à travers la Lorraine, pensèrent qu'ils ne pouvaient mieux préluder à la guerre sainte qu'en exterminant, à défaut des Turcs, les plus anciens ennemis du Christ, et ils massacrèrent un grand nombre de juifs à Verdun, à Metz et dans d'autres villes.

Thierry avait épousé Gertrude, fille de Robert le Frison, comte de Flandre. Il laissa quatre fils qui se partagèrent son héritage: Simon qui lui succéda, Thierry qui obtint le comté de Bitche mais qui plus tard devint comte de Flandre, Gérard qui reçut pour sa part les biens que la famille possédait en Alsace, et enfin Henri qui devint évêque de Toul.

 

(1) Né entre 1040 et 1050. Fils de Gérard d'Alsace et d'Edwige de Namur.

(2) Voir la très intéressante étude historique de M.Gebhart, Autour d'une tiare.

 

Ernest MOURIN. 1895

 

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Publié le par Rhonan de Bar
Publié dans : #MAISON DE LORRAINE. LES ORIGINES.

 

 

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Buste cuirassé et lauré. Nancy.

 

GÉRARD D'ALSACE

-1048-1070- (1)

 

C'est avec le premier duc héréditaire, Gérard d'Alsace, que commence la Lorraine historique. Jusque là, le duché existait à titre de bénéfice, mais il n'avait pas de forme arrêtée ; on ne savait où trouver son centre et ses limites ; il restait à demi perdu dans la mêlée désordonnée des fiefs.

Le moment est donc venu de fixer sa place sur la carte. La Lorraine s'étendait des Vosges à l'Argonne et des monts Faucilles au, cours de la Chiers, sur une longueur d'environ quarante lieues et une largeur de trente-cinq. C'est une région naturelle dont les étages géologiques bien déterminés s'abaissent de Test à l'ouest et forment le plateau lorrain (2) que sillonnent, dans une direction générale du sud au nord, trois grands cours d'eau, la Meurthe, la Moselle, la Meuse.

A l'avènement de Gérard d'Alsace, les limites politiques étaient à peu près dessinées, à l'est par la chaîne des Vosges qui la séparait de l'Alsace ; au sud, elle touchait à la comté de Bourgogne à l'ouest, elle confinait au comté de Champagne; au nord, elle avait pour voisin* le comté de Luxembourg et l'électoral de Trêves. Mais la Lorraine était encore bien loin de son unité.

Elle n'avait même pas de capitale. L'autorité ducale ne s'exerçait pas sur tout le territoire. Gérard n'était qu'un souverain nominal accepté parce qu'il était le plus riche et le plus fort. Il avait de grands biens en Alsace et en Lorraine. Il possédait notamment en Lorraine des terres, et des châteaux dans les vallées du Madon et de la haute Meuse, avec des résidences à Châtenois et à Vaudemont ; des domaines dans la vallée inférieure de la Meurthe et sur la Moselle en amont de Metz, avec Amance et Prény; une grande partie du cours de la Sarre et du comté de Bitche; enfin les voueries des grandes abbayes de Saint-Dié, Moyen-Moutier, Remiremont, Saint-Mihiel, Saint-Evre de Toul, Saint-Pierre-aux-Nonnains de Metz.

Mais quel morcellement dans tout le reste du pays !

Les trois évêchés Metz, Toul et Verdun formaient trois souverainetés et avec leur immense temporel étendaient leur action un peu partout. Le comté du Barrois était libre en fait et en droit, et ne relevait que de l'empire. Il tenait les deux rives de la Meuse et s'avançait au nord, en entourant de tout côté le Verdunois, jusqu'à Longwy; à l'est jusqu'à Pont-à-Mousson; et au sud, par les terres du Bassigny, jusqu'aux approches de la Saône. Beaucoup de féodaux, à la faveur des troubles, s'étaient aussi fortement établis dans leurs terres et avaient découpé le pays en seigneuries indépendantes, telles que Lunéville, Blâmont, Gerbéviller, Blainville, Apremont, Salm, Bayon, Bioncourt, Bulgnéville, Fénétrange, Fresnel, Haussonville, Lenoncourt, Ilaraucourt, Ligniville, Oriocourt, Pulligny, Tantonvillc, etc., et bien d'autres. C'était une vraie déchiqueture et ure de la carte.

On estime que la population totale de la Lorraine ne dépassait guère quatre ou cinq cent mille âmes.

Elle n'était pas répartie en classes ou plutôt il n’y avait que deux divisions distinctes, ceux qui possédaient les fiefs militaires, et ceux qui servaient les seigneurs soit en s'attachant à leurs personnes comme soldats, soit en cultivant leurs champs comme serfs.

La noblesse seule avait des droits, non en vertu d'une constitution, mais en vertu de la force. Elle ne formait pas un corps politique, une association solidaire.

Toutefois, de bonne heure, elle se fit reconnaître comme une caste supérieure dans laquelle on ne pénétrait plus. C'est ce que l’on nommait l'ancienne chevalerie. Pour en faire partie il fallait être noble de noms et d'armes ; elle resta toujours fermée même aux anoblis. Ne se recrutant pas, ne se renouvelant point, elle était destinée à périr de consomption et d'anémie (3).

Au XIe siècle, la Chevalerie était dans toute sa puissance. Elle tenait le suzerain en échec par deux privilèges, le droit exclusif de rendre la justice dans les Assises et le droit de formuler des décisions générales dans des assemblées ou États. On peut dire qu'elle avait seule la parole dans le pays.

Le clergé n'était pas encore un Ordre et ne faisait point contrepoids à la noblesse. Cela tenait sans doute à ce qu'il n'y avait pas d'évêché en Lorraine.

Les trois diocèses de Metz, Toul et Verdun avaient leurs sièges en dehors du duché et exerçaient leurs juridictions par leurs officialités.

Le Tiers-État n'existait pas, même de nom, et commençait à peine dans quelques villes déjà assez peuplées et actives.

Les masses du peuple étaient courbées sur la glèbe, sans une apparence de liberté, sous les mains qui détenaient les fiefs!

Telle était la situation lorsque commença la série des duos héréditaires. Gérard d'Alsace fut investi par l'empereur Henri III, peut-être dans cette assemblée de Worms où l'évêque Brunon avait été nommé pape. Le diplôme impérial a été perdu. Conférait-il l'hérédité? C'est au moins douteux (4). Dans tons les cas, sa descendance sut faire de l'hérédité un fait d'abord, puis un droit incontesté.

A son titre de duc, Gérard ajouta celui de Marquis qui lui assurait dans toute la marche ou pays frontière, entre le Rhin et la Meuse, des droits mal définis, entre autres celui d'assigner le champ entre les nobles, de délivrer des sauf-conduits, de connaître des crimes commis sur les grands chemins.

Ces titres féodaux, sans lui apporter une grande force effective, ne laissaient pas de le mettre hors de pair et de lui assurer une suprématie morale sur tous les fieffés. La Chevalerie en prit ombrage et des ligues se formèrent contre lui. Comme il était fort brave, il combattit avec des fortunes diverses. Il eut pour principal adversaire ce Godefroy le Barbu qui avait vaincu et tué son oncle Adalbert, et qui, dépouillé de la Basse-Lorraine par l'empereur, avait conservé de grands biens dans les Ardennes. Gérard fut battu et fait prisonnier. Heureusement, le pape Léon IX étant venu sur Ces entrefaites revoir son ancien évêché de Toul, lui fit rendre sa liberté. Il était cousin du prince.

Gérard, par reconnaissance autant que par politique, se fit le protecteur de l'église de Toul et aida Udon, successeur de Brunon, à châtier le brigandage du seigneur de Vaucouleurs dont le château fut détruit.

En 1052, un soulèvement général des nobles le mit en péril. Mais l'empereur lui envoya un secours de 2,000 hommes avec lesquels il battit et dispersa la coalition féodale.

Le Duc usa sa vie dans ces luttes obscures. Il résidait ordinairement à Châtenois près de Neufchâteau.

Il avait épousé Hadwide, fille d'Albert, comte de Namur, qui avait épousé lui-même Ermengarde, fille de ce Charles, duc de Basse-Lorraine, frère du roi carlovingien Lothaire, lequel avait disputé le royaume de France à Hugues Capet. C'est là l'origine des prétentions que la maison de Lorraine essaiera de faire valoir au xvr5 siècle, contre les Valois et les Bourbons.

En 1070, il s'était rendu à Remiremont pour y suivre de près les menées des féodaux, lorsqu'il mourut subitement, non sans soupçon de poison.

Le fondateur s'était montré assez habile pour qu'il soit permis de dire que ses successeurs trouvèrent dans ses actes mêmes le plan tout tracé de leur politique : s'appliquer à agrandir le domaine ducal ; contenir la turbulence des nobles ; protéger les églises contre le brigandage ; se concilier les masses en patronnant les faibles, les petits et préparer la création d'une classe moyenne ou plutôt d'une nation en face des privilégiés.


(1) Né vers 1030. Fils de Gérard de Bourzonville et de Gisèle.

(2)Voir l'étude de M. Auerbach sur le Plateau lorrain : « La Lorraine  s'enchâsse dans la dépression que dominent l'Antenne, les Massifs permien et carbonifère que borde la Sarre inférieure et le rempart des Vosges. C'est dans ce cadre qu'elle est tout entière resserrée. Ce sont là ses frontières, élevées par la nature elle-même contre l'Allemagne. Par un frappant contraste, la soudure avec la terre française est parfaite et la transition imperceptible (P. 348.)

(3)Durival dira au XVIIIe siècle que de son temps il n'y a pas plus de trente familles de l'ancienne chevalerie.

(4)Quelles étaient les origines de Gérard d'Alsace? C'est un problème qui a exercé la sagacité des érudits, sans qu'aucun ait donné une solution entièrement satisfaisante. On ne se passionne plus pour ces questions. Nous nous bornons à admettre, comme faits acquis : 1°que Gérard appartenait à une riche maison d'Alsace 2° ; qu'il fut investi du duché de Haute-Lorraine par l'empereur Henri.III; 3°qu'il fut la tige de cette dynastie ducale qui régna en Lorraine pendant près de sept cents ans, de 1018à 1797.

 

Ernest MOURIN. 1895

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MADAME DE LAMBALLE.

 

M. DE VOUZIERS. EDITIONS LACOUR-OLLE.

 

 

L'ouvrage est enfin disponible aux Editions LACOUR-OLLE.  j'en ai assuré la préface. Riche et triste destin que celui de cette grande Dame de la Cour. Fidèle jusqu'aux derniers instants. Bonne lecture et bonne découverte à toutes et tous. Pour un extrait, voir aussi dans la même rubrique Madame de Carigan. Pour Dieu et le Roi.

 

Rhonan de Bar.

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IN MEMORIAM

226ième anniversaire.

 

  Henri du Vergier, Comte de La Rochejaquelein

Le Comte est né le 30 août 1772 au château de la Durbelière. Il fut l’un des plus grands chefs de guerre Contre-révolutionnaire. Il s'efforça de mener les troupes royalistes vers certaines victoires.

 Sa devise qui en dit long sur son tempérament :

 Si j’avance, suivez-moi

Si je fuis, tuez-moi,

Si je meurs, vengez-moi

Cette dernière phrase fut mise en œuvre par un Vendéen qui fusilla sur le champ celui qui avait atteint le Comte au front par traîtrise. Les faits se sont déroulés le 28 janvier 1794, Henri du Vergier était âgé de 22 ans. Ainsi s’éteignait le jeune Comte, après avoir traversé l’Histoire tel un météore. Il fut enterré dans l’anonymat par son ami Nicolas Stofflet, lui-même figure emblématique des chefs des armées catholiques et royales.

À vous, Monsieur le Comte, et à votre mémoire pour les actions providentielles que vous avez mené pour Dieu et le Roi. Prions et surtout, espérons…

 

Rhonan de Bar le 28 janvier 2020.

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LES MYSTERES DU BLASON.

GOURDON DE GENOUILLAC. EDITIONS LACOUR-OLLE.

 

Voici pour la plus grande joie des passionnés d'Héraldique, la réédition dans la collection REDIVIVA (qui renaît) aux Editions LACOUR, de l'ouvrage de H.Gourdon de Genouillac : Les Mystères du Blason. J'ai eu le privilège d'y insérer une introduction qui donnera, je l'espère, l'envie à certains de découvrir ce merveilleux travail. En voici un extrait :

Henri Gourdon de Genouilac est le descendant d'une illustre famille de France. Puisque nous sommes dans le cadre de l'étude du Blason, il nous a semblé légitime, et approprié, de fournir aux lecteurs de la présence réimpression l'explication des Armes de l'auteur. Elles portent : "Aux 1 et 4 d'azur, à trois étoiles d'or en pal ; aux 2 et 3 bandé d'or et de gueules de six pièces, à la bordure d'argent." La devise, qui fut, par un temps l'objet d'une méprise est : "j'aime fort une." Ce qui fit supputer à certains esprits mal orientés que cette noble famille avait un attrait particulier pour le luxe "j'aime fortune". Erreur, ce jeu de mots constituait en vérité un appel du pied à l'amour secret que Guillot de Gourdon de Genouillac portait à la mère de François 1er : la duchesse d'Angoulême....

Rhonan de Bar.

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ARMORIAL DE LORRAINE ET DU BARROIS...


DE CONSTANT LAPAIX. Editions LACOUR-OLLE.

 

 

Le Lecteur pourra à loisir, sans contrainte, puiser dans cette monographie de qualité les informations qui le transportera vers le passé, à l'origine même des lieux de Lorraine et de Bar. Passés au crible, avec en sus, les Armoiries et leur génèse, il plongera sans retenue dans l'univers fascinant, voire secret des villes, bourgs et villages de cette mystérieuse région qu'est la Lorraine. A découvrir.

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LE SACRE DES ROIS DE FRANCE.


FELIX LACOINTA. Editions Lacour-Ollé. 

 

 

Le lecteur, curieux de savoir comment se déroulait la Cérémonie du Sacre des Rois de France, trouvera dans cet ouvrage de Félix LACOINTA les données nécessaires à combler son envie. Il sera transporté, et ce dès les origines, aux fonds baptimaux de la Cathédrale de Reims, lieu où l'on procéda, pour la première fois, au couronnement de Clovis ouvrant ainsi le Cycle du Lys jalonnant 1296 ans de l'Histoire de France. A ne pas manquer.

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Publié le par Rhonan de Bar
Publié dans : #HISTORIQUE VILLE

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Rosace de l'église Saint-Jean. Bar-le-Duc.

REVENU PATRIMONIAL ET OCTROIS.

Pendant longtemps, sous le régime ducal, la ville de Bar demeura sans ressource propre. Entretenue, comme forteresse; sollicitude du souverain occupant une surface resserrée, la communauté put être dispensée des charges inhérentes à une constitution dégagée d'entraves, croyons-nous, dans les premiers siècles, de ce régime, en une quiétude qui n’exigeait la recherche d'aucun expédient pour parer aux dépenses locales.

Un jour, enfin, a sonné l'heure d'une toute autre existence : l'érection de la Ville-Neuve (1367), ayant doté les bourgeois de plus de franchises, de privilèges et de libertés qu'ils n'en possédaient, avec la charge pourtant de fermer cette ville neuve et d'entretenir à perpétuité toutes les défenses de la cité ; la nécessité suivit, pour la communauté, d’asseoir des tailles.

Quand deux siècles après, la ville fut envoyée en possession des plages qui avaient été reservées en dehors des murailles, alors et par suite des aliénations partielles de ces terrains, moyennant cens et redevance, cette même communauté a constitué ce qu'on appela le revenu patrimonial.

Ces plages et les terrains vagues s'étendaient en dehors de l'enceinte; au Nord : en cette partie que l'on nommait Clouyères et Couture des Gravières, actuellement rue de la Banque, Etienne et rues de la Landry-Gillon et le Lycée ; au Sud-Est : en cette autre partie nommée Pressoir, des Prés et Gravières, entre la rivière et le canal urbain : au Sud-Ouest : à ce point nommé Pilviteuil.

Néanmoins ce revenu était trop insuffisant quant on eût les charges de guerre. Assez longtemps on usa de la taille ; mais comme le chiffre des rôles allait croissant; pour se soustraire au paiement des cotes, les bourgeois prirent le parti de déserter. Un nombre notable courut à la recherche d'une autre patrie.

Les octrois succédèrent à la taille : ce fut le duc Charles IV, par ordonnance du 27 octobre 1661, qui accorda ce moyen secourable. Louis XIV, en avril 1673, le continua. Il affectait les entrées, la vente des vins en détail, les chairs et viandes, les moutures.

En 1693, l'apurement des comptes des deniers patrimoniaux et d'octrois fut évoqué au Parlement de Metz.

Il le fut au Conseil d'Etat de Lorraine, par décret du duc Léopold du 12 janvier 1700. Ainsi on y porta Je compte de l'année 1698.

En 1700, il fut édicté que les octrois, dont les hôtels-de-ville jugeraient la création indispensable, seraient autorisés par le souverain.

Dans le milieu du siècle, les concessions ou prorogations de ces octrois étaient renfermées dans une durée de neuf ans.

Le roi Louis XVI ordonna, le 20 juin 1777, que les droits d'octroi accordés précédemment aux villes des duchés de Lorraine et de Bar demeuraient maintenus à leur profit.

 FINANCES ET COMPTABILITÉS LOCALES.

Le régime, comparé aux règles du temps actuel, révèle bien une candeur patriarcale dans les applications qu'en faisait le corps dirigeant de la cité.

Dans ce temps, donc, où la ville était devenue propriétaire ou donataire des fortifications, et qu'elle en avait acquis les abords, et aussi des terres vagues et des friches de différentes parties du territoire, des charges incombèrent, qui la mirent dans l'impérieuse nécessité de créer certain genre de ressources pour en supporter le poids.

La ville imposa sur ses habitants une taille dite de fermeté, exclusivement affectée aux frais d'entretien des murailles et fossés, des tours, portes et guets.

Des quartiers nouveaux s'étant ajoutés autour de l'enceinte, la population accrut; comme les moyens pour la Caire subsister se trouvaient insuffisants, puisqu'alors rien n'était encore fondé soit en industrie, soit en commerce, la ville, disons-nous, eût beaucoup de pauvres, et, pour les nourrir, aussi bien que des mendiants de l'extérieur, qui vinrent nombreux les joindre, alors surgit une taille des pauvres.

Il arriva que la ville, encore, dût recevoir des garnisons comme jamais elle n'en avait logé, à qui tout dut être fourni, en vivres, fourrages, linges, literie, bois, chandelles; les besoins qu'il fallait servir engendrèrent une troisième sorte de taille : celle-ci de somme plus forte, toujours, que pour ce qui concernait les deux autres.

Pour ces trois tailles, et séparément, des rôles étaient dressés en mairie; puis les gouverneurs des carrefours, au nombre de huit, notez-le bien, comme était celui des carrefours, munis d'extraits, procédaient, chacun dans son ressort, au recouvrement des cotisations.

Nous avons vu que, de l'année 1550 jusqu'à 1629, ou soit jusqu'à l'établissement du Conseil de ville, un agent titré contrôleur-receveur, faisait la recette des revenus patrimoniaux, des droits, des rentes, des poules, des épaves, des bienvenues; il restait étranger au recouvrement des tailles.

Comme la comptabilité de celles-ci demeurait propre aux gouverneurs des carrefours, les opérations en furent compliquées. Ces gouverneurs y rencontraient toutes sortes d'entraves, comme des prétendus droits à franchise ou exemption; mais eux-mêmes n'apportaient pas à la mairie les comptes de leurs gestions, et on dut presque toujours les contraindre pour avoir ces comptes et les reliquats qu'ils

avaient retenus, pendant plusieurs années, après l'expiration de leurs fonctions triennales. C'est démontré qu'il a régné, pendant longtemps, en cette branche des services, un désordre, des abus, des préjudices insupportables; de longues années se passèrent avant que la trace même en fut effacée. D'autres comptabilités étaient également apportées à l'audition du Conseil de ville : 

Celle de l'hôtel-Dieu ou hôpital ;

Celle de la fabrique de l'église Notre-Dame;

Celle de la boite du purgatoire tenue en la même église ;

Celle de la direction de la chapelle de Notre-Dame de la Paix.

Les gestions paraissent avoir toujours été conduites avec régularité.

Les corporations religieuses réglaient leurs comptes chacun en droit soi.

L'usage de compter en francs-barrois, introduit vers le milieu du XVe siècle, fut d'ailleurs aboli dans Bar; et on l’ accepta qu'à partir du 1er janvier 1691, les recettes et les dépenses communales ne seraient plus relevées ou libellées qu'en sols et livres, monnaie de France.

Permettez une excursion qui vient naturellement se caser à la suite de ce qui précède. C'est encore en ce qui touche la taille, moyen dont on usa en premier lieu pour former une ressource à la communauté, en vue d'assurer l'acquittement des dépenses qui lui incombaient.

La taille, dès le XVIe siècle a été l'occasion de conflits et de disputes vives ; et, malheureusement, les luttes entreprises et soutenue dès lors, pour en vouloir une répartition raisonnable prolongèrent longtemps la discorde dans la cité.

La population, partagée en catégories, sous les distinctions des Ordres Ecclésiastique, de Noblesse et de Tiers, il émana, des premières, des aspirations de rejeter, sur le troisième Ordre, toutes les charges locales et publiques. Les Ecclésiastiques et les Nobles de cette époque, prétextant de condition ou de qualités pour se soustraire, refusaient clone de fournir la subsistance des pauvres et des mendiants ; de contribuer aux constructions, réparations et entretien des édifices, ponts et chemins de la ville ; au logement des gens guerre, aux frais des garnisons, à toutes les autres charges publiques…

 

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Publié le par Rhonan de Bar
Publié dans : #MARTYRS DE FRANCE

Capitaine Lefèvre.


Lieutenant Cambray.

 

Au début du combat de la Fourche, le 21 novembre, la 5ième compagnie du 1er bataillon des mobiles de l'Orne perdait son capitaine, M. Alexandre Lefèvre, ancien maire de Marche-Maisons. Ses jeunes soldats, qu'il appelait « ses enfants, » l'ont pleuré comme un père. Son pays

regrette en lui l'homme excellent au cœur loyal.

Un acte de foi, simplement, dignement accompli aux yeux de tous, a couronné sa vie toute exemplaire. Il venait de prendre position devant l'ennemi avec sa troupe, lorsque voyant approcher l'aumônier du bataillon, le R, P. Cabirol, il alla à sa rencontre, et, lui serrant la main :

« Mon Père, dans deux ou trois jours j'aurai quelques mots à vous dire. » — « Pourquoi pas tout de suite, capitaine? » répondit l'aumônier, « la journée va être chaude. » — « Vous avez raison... Eh bien! tout de suite…je suis à vous. »

Les soldats virent alors qu'ils s'éloignaient ensemble. Ils s'arrêtèrent à quelques pas de là, près d'un talus. Le capitaine s'agenouilla en faisant le signe de la croix, la main du prêtre se leva sur sa tête. Une demi-heure était à peine écoulée qu'il tombait foudroyé, atteint en pleine poitrine par un boulet.

Il était âgé de cinquante ans, il avait servi et comptait plusieurs campagnes faites en Afrique.

Courageux, instruit, capable comme il l'était, nul doute qu'il ne fût arrivé aux grades élevés de l'armée, s'il eût continué l'état militaire. Revenu au pays, il ne s'était pas marié ; il vivait heureux près d'une de ses soeurs plus jeune que lui, qui, toute dévouée à ce frère si parfait, était demeurée au foyer paternel.

Henry de Cambray, ce jeune homme plein de courage et de dévouement, succombait à Paris par suite de glorieuses blessures reçues sous les murs de la capitale, dans la sortie du 30 novembre. Jaloux de récompenser une intrépidité toujours infatigable, le général Trochu envoyait à l'héroïque lieutenant de la mobile du Loiret, la croix d'honneur, si noblement teinte de son sang.

Malgré une double et cruelle opération, subie avec un courage et une énergie toute chrétienne, Henry de Cambray ne put survivre à tant de blessures il mourut, comme il avait vécu, plein de foi et d'espérance. Son seul regret était de ne pouvoir embrasser ses chers parents ; c'était le plus dur des sacrifices, il a su noblement le faire : gloire à lui !

Agé de 23 ans, il a fourni une longue carrière.

Dieu, mieux que tout autre, saura le récompenser de son abnégation et de ses rares qualités.

 

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