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L'Avènement du Grand Monarque

L'Avènement du Grand Monarque

Révéler la Mission divine et royale de la France à travers les textes anciens.

Publié le par Rhonan de Bar
Publié dans : #EN FAVEUR DE LA MONARCHIE

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Puisse cette nouvelle année apporter aux lectrices et lecteurs de ce blog les élans nécessaires au retour du Roi. Je vous souhaite à toutes et tous une belle et heureuse année 2013.

Bien à vous. Rhonan de Bar.

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Publié le par Rhonan de Bar
Publié dans : #EN FAVEUR DE LA MONARCHIE

 

Photo 011

 

En des temps reculés, où les pères avaient encore des valeurs a transmettre à leurs progénitures. Ce Testament anonyme...

 

 

VIVE LE ROI!

OU

TESTAMENT POLITIQUE

 

 

MES ENFANS,

 

J'IGNORE quel destin vous attend ; mais quel qu'il soit, n'oubliez jamais qu'il est également indigne de l'homme de s'enorgueillir des faveurs de la fortune, ou de fléchir sous l'adversité. Heureux qui, fort d'une éducation soignée et de grands exemples, a pu se former un caractère noble et généreux, une âme sensible, un coeur droit et pur, une religion sainte! Heureux, cent fois heureux celui pour qui la reconnaissance n'est point un fardeau pénible, et dont le front ne rougit point auprès de l'ancien ami que le malheur a frappé de sa verge de fer!

Mais, ô Dieu ! qu'il est difficile d'acquérir cette pureté d'âme et cette noblesse de caractère d'où seules dépend notre félicité! combien de circonstances, légères en apparence, peuvent détruire en nous l'heureux penchant qui nous entraîne au bien, et nous plonger dans un abyme effrayant d'erreurs et de crimes ! combien il est dangereux de nous offrir à travers un prisme brillant un avenir mensonger et coupable, et qu'il est pénible de rétrograder, quand, sur la route où nous avons formé nos premiers pas, nous n'avons aperçu que des fleurs et des fruits à moissonner!

Inspire-moi, grand Dieu! enseigne-moi par quels sentiers je dois conduire ceux dont ta bonté m'a confié le bonheur ; guide mon esprit, embrase-moi du feu sacré de la vérité, remplis mon coeur de ta clémence et de ta justice; j'y vais puiser pour écrire.

Et vous, ô mes chers enfans ! vous que la faiblesse de l'âge a garantis des préjugés et de l'erreur, écoutez-moi : j'ai peu vécu moi-même, mais vingt ans de la révolution française sont un siècle d'expérience.

Peut-être la mort me frappera-t-elle avant que l'éducation ait achevé votre existence ; lisez alors ce testament que je vous dédie, vous m'y retrouverez tout entier.

Soyez heureux ; et si mes conseils et mon amitié vous aident à parcourir aisément le chemin de la vie, venez quelquefois pleurer sur mon tombeau : les larmes de mes enfans sont le seul éloge funèbre que j'envie.

Nés dans la société, c'est à la société que vous appartenez ; c'est pour elle que vous devez acquérir des connaissances solides ; c'est dans son sein que vous devez les répandre.

Mais en parcourant le cercle qui vous y est réservé, craignez l'affreux délire de l'ambition; cette horrible passion change nos goûts, éteint l'honneur, étouffe les cris de notre conscience, et nous aveugle sur le mérite de nos rivaux, en nous dérobant les vices de nos partisans ou de nos flatteurs. L'ambition a mis l'univers en mouvement; les puissances se sont heurtées et déchirées dans l'impétuosité de leur choc, et la terre n'eût plus offert bientôt qu'un amas de ruines et de débris, si la main de Dieu n'eût brisé le sceptre de l'impie et rétabli l'équilibre.

Parcourons rapidement cet épisode révolutionnaire, cherchons sans partialité quelles diverses passions ont dirigé cet œuvre de malédiction, et d'après cet examen formons-nous un guide assuré de ce que doit être aujourd'hui l'opinion de tout Français, quel que soit son rang, sa fortune ou ses revers.

Depuis long-temps la secte prétendue philosophique avait esquissé ce grand ouvrage, et ses nombreux sectateurs en hâtaient chaque jour l'exécution par leurs écrits trop malheureusement célèbres; les journaux, les feuilles polémiques, les romans, et bien plus encore les chefs-d'oeuvres de notre scène française, versaient lentement dans nos coeurs le poison du républicanisme; le mauvais état des finances, l'immensité des dettes contractées par les premiers personnages de la cour; le mépris où la religion était tombée, peut-être moins encore par le ridicule où l'avaient jetée ses nombreux détracteurs, que par l'immoralité publique de quelques-uns de ses ministres- ; la haine du célibat parmi les ordres religieux, l'abandon entier de ses devoirs parmi la classe bourgeoise, le luxe du commerce et l'ambition du barreau , tout contribuait à-la-fois au renversement de l'ordre établi : rien alors ne pouvait sauver l'Etat de l'anarchie qui le menaçait,...rien qu'un grand acte d'autorité que le Roi n'osa pas ordonner. La révolution se fit ; toutes les haines se réunirent, et les chefs de cette infâme coalition virent, peut-être en tremblant, l'épouvantable résultat de leurs leçons et de leur doctrine; mais, s'ils conçurent alors l'honorable projet d'en prévenir les funestes effets, était-il en leur pouvoir d'y parvenir ? Non ; le coup était affreux, mais il était-sans remède.

En effet, que représentait l'optique révolutionnaire? charmes toujours attrayans d'un état républicain. A qui cette agréable perspective était-elle offerte ? à des hommes enivrés de ces grandes vertus dont ils avaient pour ainsi dire sucé le lait dans les chefs-d'oeuvres des Cicéron et des Tacite, à des hommes devenus romains avec les Corneille et les Voltaire.

- Et pourquoi ne le dirais-je pas? L'éducation a dû coopérer beaucoup "aux principes de la révolution, et n'est peut-être pas, sous ce rapport, ce qu'elle doit être dans un pays où le gouvernement monarchique est le seul qui puisse convenir. Quoi de plus séduisant que Rome ? quoi de plus séduisant que ce partage égal de l'autorité publique, que ce renversement des prérogatives héréditaires, que cet appel de tous les citoyens aux premières charges de L'Etat ?

Quoi de plus séduisant que le tableau de Cincinnatus, abandonnant sa charrue pour venir combattre à la tête des légions romaines, et mériter une simple couronne de chêne, gage précieux de l'estime de ses concitoyens quels sentimens peuvent naître dans l'âme de l'adulte, qui respire en grandissant l'air brûlant de la liberté romaine ? que devez-vous en attendre, quand, à la place de ce sénat si fameux, il ne voit qu'un trône que les vertus ni la clémence de César n'ont pu légitimer à ses yeux ? que deviendra-t-il ?». Ce que sont devenus nos brigands révolutionnaires, l'assassin de ses rois. O mes enfans ! le temps et surtout l'expérience vous apprendront un jour que ce  qui fut chez Brutus le sceau d'un grand courage, devint un crime hideux pour les bourreaux de Louis XVI.

Louis XVI ! à ce nom sacré que de souvenirs déchirans viennent briser le coeur! L'histoire vous dira cette épouvantable catastrophe ; elle vous dira les crimes de ces hommes, à-la-fois sujets, accusateurs et juges de leur roi; vous frémirez en apprenant de quel sang ils ont arrosé les marches du trône, de quel sang ils ont honoré l'échafaud ; votre coeur cessera de palpiter un instant, quand elle déroulera sous vos yeux le tableau dégoûtant de leurs orgies, de leurs meurtres, de leurs souillures; et vous haïrez la fortune et ses faveurs, quand bientôt après vous les verrez s'élever sur les débris de la France, et s'asseoir orgueilleusement autour d'un trône nouveau ; quand vous verrez ces superbes républicains, couverts des titres qu'ils ont abolis , s'humilier profondément aux pieds d'un tyran, et s'enorgueillir du plus dur, comme du plus honteux esclavage. Les juges de ce terrible tribunal ne se couvrirent pas tous d'opprobre quelques uns, républicains de bonne foi, se laissèrent entraîner à l'illusion qui les enivrait, et votèrent le bannissement à perpétuité; plusieurs, trop faibles pour résister à la force de la terreur dont ils étaient frappés, votèrent la mort et l'appel au peuple (l'appel au peuple eût sauvé le Roi); d'autres ajoutèrent à la férocité de leur opinion l'insulte et l'acharnement : ils remplirent le  calice révolutionnaire de tout le sang royal, et se disputèrent entr'eux l'exécrable plaisir d'y porter leurs lèvres impies pour s'en rassasier jusqu'à la dernière goutte.

Le crime s'acheva ; la nation fut en deuil : quelques-uns s'expatrièrent, quelques autres attendirent la hache à laquelle un bien -petit nombre échappa. Le délire fut à son comble ; les partis se divisèrent, et durant un trop long espace de temps, l'échafaud permanent attendit et vit tomber tour à tour et l'assassin et la victime.

Cependant, tandis qu'elle était dans son sein en proie aux horreurs de la guerre civile, la France agrandissait au défendait ses frontières. Ce n'était pas assez que le glaive judiciaire atteignît des familles entières et couvrît notre malheureuse patrie de deuil et de désolation; il fallait encore que la guerre de la Vendée nous offrit continuellement l'image douloureuse de Français se déchirant les uns les autres, de femmes errant dans le milieu des forêts pour se soustraire à la brutalité des soldats, de vieillards égorgés , d'enfans coupés à morceaux et jetés épars aux yeux de leurs mères expirantes, de villes incendiées, de fleuves rougis par le sang des malheureux luttant contre la rapidité des flots où les avait plongés un monstre d'exécrable mémoire.

O France ! par combien de maux et de revers tu devais expier ta faute!

Enfin, après de longues secousses, le besoin de concentrer le pouvoir exécutif donna naissance au Directoire. Son règne fut court, mais les assassinats moins fréquens on plus secrets; le crime commençait presque à faire horreur. Ce fut sous ce gouvernement que les acquéreurs primitifs de domaines nationaux s'essayèrent à jouir de leurs rapines judiciaires (1). Les dévastations devinrent plus rares ; maïs déjà que de temples étaient détruits, que de palais étaient incendiés, que de ruines étaient amoncelées !

Tandis que ses législateurs plongés dans un affreux sommeil rêvaient à de nouveaux attentats, la France eut un instant de repos; cette espèce de calme devait être pour elle celui dont jouissent les environs du Vésuve, quand il forme dans son sein ces laves bouillantes qu'il va vomir, et dont les flots iront ravager au loin et la cabane du pauvre et ses fertiles moissons...

 

A suivre. Anonyme.

 

 (1) On avait fait condamner plusieurs individus pour s'emparer de leurs biens.

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Publié le par Rhonan de Bar
Publié dans : #MAISON DE LORRAINE. LES ORIGINES.

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FERRI III

(1251-1303).

 

Les historiens, faute de documents certains, n'ont pas donné à ce long règne de plus de cinquante ans l'importance qu'il mérite. N'y trouvât-on que l'affranchissement des paysans par la loi de Beaumont qu'il aurait droit à toute notre attention. C'est l'avènement du Tiers-État ou tout au moins un mouvement en avant des masses de la population.

Ferri III n'ayant encore que douze ans, sa mère, avec l'assentiment de la noblesse, gouverna pendant quelque temps. Elle ne se signala guère qu'en entravant le mouvement d'émancipation qui devait être l'honneur de son fils. Elle aida l'évêque de Toul à écraser dans son berceau la commune que les habitants avaient formée à l'exemple des Messins.

En 1254, le jeune duc fut déclaré majeur et l'année suivante, conformément à la convention de 1250, il épousa Marguerite de Champagne.

Comme la plupart des descendants de Gérard d'Alsace, Ferri III fut un homme de guerre, de haute stature, beau, intelligent, valeureux et actif.

Mais il était mieux qu'un brillant féodal. Il était pourvu d'un vrai sens politique et appréciait les avantages de la paix. Il en donna une preuve dans une tentative peut-être prématurée, mais qui mérite d'être louée. Il conclut avec le comte de Bar, son voisin, ennemi-né des ducs de Lorraine, une alliance offensive et défensive dont l'article principal stipulait : que s'il naissait un différend entre eux, il serait réglé par une commission arbitrale composée de quatre chevaliers désignés deux par le Duc et deux par le comte de Bar. En cas de désaccord, le duc de Bourgogne trancherait le litige. On ne voit d'ailleurs nulle part que cette commission n’ait jamais fonctionné.

Il suivit dans son administration le sage programme de sa famille, qui était de saisir toutes les occasions d'agrandir le domaine ducal. De 1257 à 1301, il acquit à diverses conditions les riches salines de Rosières qui avaient jusque-là appartenu aux familles des d'Haussonville, des Beaufremont, des Rosières.

Comme ses prédécesseurs il joua un rôle dans les troubles de l'Allemagne. En 1256, Guillaume de Hollande, dont son père Mathieu avait été l'ami, étant mort, une partie des seigneurs allemands élurent roi des Romains Richard de Cornouailles, fils de Jean sans Terre et frère de Henri III. Quelques-uns repoussèrent ce choix et, s'étant réunis à Francfort, appelèrent au milieu d'eux le duc de Lorraine, bien qu'il ne fût pas du nombre des électeurs.

Il décida l'assemblée à porter ses suffrages sur Alphonse X le Sage, roi de Castille, en faisant valoir que ce prince, quelque loin d'eux qu'il fût né, était de leur race puisqu'il était petit-fils par sa mère de Philippe de Souabe, dernier fils de l'empereur Barberousse (1257). Le jeune Ferri, — il avait dix-huit ans — fut chargé par l'assemblée d'aller en personne notifier son élection à Alphonse. Celui-ci accepta et prit l'engagement de se rendre en Allemagne dans un délai de deux ans. Mais sa lutte contre les Maures et des embarras intérieurs l'empêchèrent de tenir sa promesse. Les seigneurs allemands, lassés d'attendre, et Richard de Cornouailles étant mort (1721), se décidèrent à mettre fin à l'anarchie. La diète de Francfort élut roi des Romains (1273) un seigneur d'origine alsacienne, Rodolphe de Habsbourg. Ferri III se déclara d'autant plus volontiers pour lui que ce prince se rattachait à la même souche que les descendants de Gérard d'Alsace. Ce fut la première rencontre des deux maisons qui devaient

se confondre en une seule au XVIII*siècle.

Ferri III n'eût pas mieux demandé peut-être que de vivre en paix. Mais ce n'était pas la paix, c'était la guerre qui était l'état .normal en un pareil temps. Le gouvernement ducal allait se fortifiant, mais n'était pas encore en état d'imposer l'ordre aux éléments féodaux. A partir de 1260 Ferri fut entraîné dans une série dé luttes contre divers seigneurs et particulièrement contre les évêques de Metz.

Il n'entre pas dans notre cadre de chercher la lumière dans ces mêlées confuses, qui se prolongèrent, sauf de rares interruptions, jusqu'en 1293. Ferri prit les armes successivement contre cinq évêques de Metz dont le dernier, l'indomptable Bouchard, est le type accompli du prélat guerrier, toujours la hache au poing et le casque en tête. Les évêques voisins de Liège et de Cologne, l'évêque de Strasbourg, aussi belliqueux que Bouchard, se mêlent aux batailles.

Tous les seigneurs vont à la lutte ou plutôt au pillage.

Le comte de Bar, le comte de Vaudémont, Henri Ier, un vrai chef de bandits, le comte de Linange, le comte de Salm, le comte de Luxembourg, etc., prennent parti tantôt pour, tantôt contre, changeant de bannière au gré de leurs intérêts. Si Ferri III toujours battant ou battu n'avait fait autre chose que d'échanger de ces rudes coups de lance, où il payait bravement de sa personne et dans lesquelles il perdit une main, on ne le distinguerait guère de ses prédécesseurs. Mais il mérite une place à part pour des faits de gouvernement qui révèlent une pensée plus haute.

Ferri III fut le véritable promoteur du mouvement, on peut dire de la révolution d'où sortirent l'affranchissement des masses et la formation du tiers-état. Son père Mathieu II avait donné, comme nous l'avons dit, une charte de commune à la ville de Neufchâteau. Ferry la confirma en 1257 en y ajoutant de nouvelles libertés. Peu après, de concert avec son cousin Thiébault II, comte de Bar, il résolut d'introduire en Lorraine la fameuse toi de Beaumont.

En 1182, le cardinal Guillaume, archevêque de Reims, ayant fondé la petite ville de Beaumont-en-Argonne, et voulant y attirer une population, la dota d'un certain nombre de franchises, qu'on appela la loi de Beaumont. Sans rien abandonner de ses droits de seigneur et d'évêque, il remplaça l'arbitraire et le bon plaisir par un régime qui devait garantir la liberté des personnes et la sûreté des biens [1].

Le servage qui jusque-là avait fait des habitants d'une terre féodale un bétail à la merci du maître, était aboli. Les habitants étaient constitués en une communauté qui élisait ses administrateurs sous les noms de jurés ou échevins, lesquels étaient même investis d'attributions judiciaires. Les redevances étaient limitées et déterminées «suivant les ressources et les revenus constatés. Chacun avait le droit de vendre et d'acheter librement et sûrement, sans taxes et sans entraves vexatoires. Le service militaire était dû, mais les hommes ne pouvaient être employés qu'à une distance assez courte pour qu'ils fussent à même de rentrer dans leurs foyers le soir ou le lendemain au plus tard [2].

Lorsqu'on songe à la situation misérable où les populations des campagnes surtout étaient tenues par le despotisme féodal, on voit quel immense progrès contenait la loi de Beaumont. Ferri III établit ces franchises à Nancy en 1265, puis à Mirecourt, Châtenois, Arches, Bruyères, Saint-Nicolas-de-Port, Lunéville, Gerbéviller, Amance et dans d'autres; localités plus modestes au nombre de dix-neuf. On se tromperait sans doute si l'on pensait que le sol se couvrit de petites républiques municipales.

On ne visait pas si haut; mais en assurant aux masses opprimées la dignité de la personne humaine et la sécurité du travail, Ferri III jeta les premiers et les plus solides fondements de la prospérité de la Lorraine et son nom mérite d'être honoré bien au-dessus de ceux des princes qui sont devenus plus tard et restent encore plus populaires.

Quelques seigneurs, à l'exemple du duc Ferri, donnèrent la loi de Beaumont à leurs villages, mais la noblesse, dans son ensemble, fut profondément irritée de l'atteinte portée au système qui avait jusqu'alors maintenu la population dans le servage.

Des ligues secrètes furent organisées contre un prince dont le libéralisme menaçait tout l'édifice féodal.

Un de ces complots aurait même réussi. Le chroniqueur d'Haraucourt raconte qu'un jour de l'année 1269 à 1270, le Duc s'attarda dans une partie de chasse dans la forêt qui avoisine Laxou. Comme il revenait le soir vers Nancy, il fut brusquement entouré par une troupe armée. On lui enveloppa la tête d'un voile épais, puis on l'entraîna en croisant et mêlant les chemins afin de le désorienter et on l'enferma dans le château de Maxéville qui appartenait à Andrian des Armoises, le principal auteur de la conjuration. Il y resta longtemps caché à tous les yeux, ignorant où il était et personne n'en ayant de nouvelles. Une nuit souffla une violente tempête qui enleva le toit de la tour. Un ouvrier monté pour réparer le dommage se mit à chanter une sorte de complainte populaire qui racontait la disparition du prince, parti pour chercher aventure de guerre ou d'amont. Ferri questionna le couvreur, le gagna par des promesses et lui remettant son anneau le chargea d'aller aviser la duchesse. Marguerite de Champagne se confia à un gentilhomme fidèle nommé Dillon. Ils prirent dix cavaliers, investirent la tour de Maxéville et délivrèrent le Duc [3].

Ferri III, sans se décourager, continua bravement la lutte contre la noblesse. Il lui porta même un coup terrible en attaquant l'un de ses plus criants privilèges, la juridiction des assises. La chevalerie s'était arrogé de temps immémorial le droit de juger non seulement les causes féodales, mais encore les faits de caractère civil, et formait une sorte de cour souveraine sans appel. Le Duc ordonna que désormais ses arrêts ne seraient exécutoires qu'après ratification du prince.

On ne trouve plus dans ce long règne de faits considérables à relever. Tout s'efface d'ailleurs devant le développement progressif de l'émancipation populaire. Nous devons cependant nous arrêter à un événement très grave auquel Ferri n'eut pas de part directe, mais dont il fut le témoin intéressé.

Philippe IV le Bel était roi de France depuis 1285. Il avait épousé l'année précédente la comtesse Jeanne de Champagne, petite-fille héritière de Thiétbault IV. La Champagne fut ainsi réunie à la couronne.

Le roi devenu voisin du comté de Bar ne le perdit plus de vue, guettant l'occasion de mettre

la main sur le fief. Vers 1289 il s'immisça dans une querelle survenue entre le comte et son vassal l'abbé de Beaulieu. Ferri III prit hautement fait et cause pour son cousin, mais l'approche d'une armée française l'obligea à reculer prudemment.

Un peu plus tard, le comte Thiébaut II étant mort (1294), son fils Henri III qui avait épousé Aliénor, fille d'Edouard Ier, roi d'Angleterre, se laissa pousser par son beau-père à reprendre la querelle avec Philippe le Bel et il attaqua la Champagne. Le roi tout occupé en ce moment à ses luttes contre les bourgeois flamands ne se dérangea point, mais envoya des troupes. Le malheureux Henri III fut battu, fait prisonnier et retenu en captivité jusqu'en 1301. Il n'obtint sa liberté qu'au prix d'un traité, signé à Bruges, qui, on peut le dire, tua l'indépendance du comté. Le Barrois fut coupé en deux par la ligne de la Meuse : le comte se reconnut vassal du roi de France pour toute la partie située à l'ouest du fleuve, ce qui forma le Barrois mouvant, la partie à l'est constitua le Barrois non mouvant.

Celte convention fatale qui permettait l'immixtion constante du roi dans la moitié du comté de Bar eut forcément son contrecoup en Lorraine. La France était désormais trop proche pour que les patriotes lorrains ne se sentissent pas menacés.

 

 

Ernest MOURIN (1895).



[1] Tout bourgeois possédant maison en ville et jardin dans la banlieue paiera au seigneur chaque année douze deniers. Pour les terres arables, il devra deux gerbes sur douze, c'est le gerbage; pour les prés, quatre deniers par fauchée. Le seigneur se réserve aussi les moulins et les fours banaux; il prélèvera pour droit de mouture un setier de grain sur vingt, et pour  droit de fournage un pain sur vingt-quatre.

[2] L'historien Digot donne, t. II, le texte complet de la toi de Beaumont.

[3] Est-ce une simple légende? Le fait en lui-même n'a rien d'invraisemblable dans un temps comme le XIII siècle. Digot l'admet. On entendait encore, suivant lui, chanter la complainte de Ferri au XVI siècle. La famille du Haut loiel ou du Hauloy descendait, disait-on, du couvreur Petit Jeban que Ferri III avait anobli et enrichi. M.Plister repousse l'anecdote par de fortes raisons. La Chronique d'Haraucourt n'a d'ailleurs que peu d'autorité par elle-même.

 

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MATHIEU II

(1220-1251)

 

 Mathieu II succéda à son frère Thiébault. Sa mère, la duchesse Agnès de Bar, sous prétexte qu'il était trop jeune, prétendit exercer la régence. Mais le jeune duc déclara qu'il entendait gouverner : « Maistre si-je et le serai-je », dit-il superbement.

Une autre femme réussit mieux. Ce fut la comtesse de Champagne qui vint à Nancy avec son fils Thiébault IV et lui fit épouser sans délai la riche Gertrude de Dagsbourg, veuve de Thiébault de Lorraine, tën outre, elle fit régler une question restée obscure depuis le traité d'Amance et il fut décidé que le duc de Lorraine ferait hommage au comte de Champagne pour Neufchâteau, Frouard et Châtenois. Cet enchevêtrement des fiefs se retrouvait partout et entraînait de perpétuelles difficultés.

Thiébault IV espérait tirer bon parti de son mariage, lorsqu'au bout de deux ans on s'aperçut que Gertrude de Dagsbourg était sa parente à un degré. Le mariage fut annulé et Gertrude s'en alla, grâce à sa magnifique dot, convoler en troisième noces avec le comte de Linange.

Avec Mathieu II nous restons dans la monotonie des guerres féodales. Mais nous trouvons un fait important à relever. Le 1" octobre 1231, le Duc accorda une charte communale à la ville de Neufchâteau. C'est la première que nous rencontrons dans l'histoire de Lorraine. Elle porte que chaque année le jour de la Saint-Remy (1er octobre), les bourgeois éliront treize magistrats nommés jurés.

Ceux-ci choisiront l'un d'entre eux pour être mayeur ou maire. Ils administreront la ville et formeront un tribunal jugeant en dernier ressort les procès entre habitants et les crimes ou délits commis dans la commune. Le comte de Champagne, à titre de suzerain, confirma la charte et y ajouta un article aux termes duquel les ducs de Lorraine ne pourraient faire arrêter un habitant, ni saisir ses biens sans l'autorisation du tribunal municipal: utile garantie contre l'arbitraire du seigneur.

Un vent de liberté venu de France où se développait la révolution communale, soufflait sur la Lorraine. Toutefois, Mathieu qui donnait une charte à Neufchâteau n'était point pour cela un protecteur des franchises municipales. Nous le voyons en 1232 partir en guerre, de compagnie avec le comte de Bar, contre les Messins qui avaient chassé leur évêque Jean d'Apremont et institué une sorte de république. Les bourgeois étaient vaillants et soutinrent le siège et comme ils étaient fort riches, ils parvinrent à gagner le comte de Bar qui se détacha de Mathieu II et opéra même une diversion en se jetant sur Neufchâteau dont il s'empara. Mathieu II laissa les Messins et vint livrer bataille à Henri de Bar, tout près de Nancy, à Champigneullcs. Il y courut risque de la vie. Voyant les siens plier, il prend la lance d'un soldat et à pied « sans pot ni harnois de maille » il s'élance au plus épais de la mêlée, il est enveloppé, il va périr « quand un messin soudart passa son corps avant et baillit sa vie et chut es pieds di duc criant à tout l'ost : par Dieu, gardez de verser li dict sang qu'est le sang pur de mon maître ! » Voilà le dévouement féodal. Mathieu put s'enfuir à travers la  forêt de Haye et gagna le château de Gondreville (1232).

Les Messins étaient restés en face de leur évêque.

Mathieu paraît avoir imité le comte de Bar et avoir reçu l'argent des bourgeois. Mais l'évêque finit par l'emporter et les «Citains» frappés d'excommunication cessèrent pour quelque temps la lutte, firent amende honorable et renoncèrent provisoirement à la commune.

Dans les derniers temps du règne, l'humeur batailleuse de Mathieu II semble s'être refroidie. Il S'occupe d'administration : il crée les tabellions pour la bonne rédaction et la conservation des actes ; il assure une meilleure distribution de la justice en créant des baillis avec une juridiction déterminée [1].

Il fortifie le pouvoir ducal par des acquisitions.

C'est ainsi qu'il achète les châteaux de Lunéville, de Gerbéviller et de Valfroicourt, et qu'il amène les habitants de Toul à se mettre sous sa protection en lui payant une redevance annuelle de cent livres.

Enfin il prépare u n beau règne à son fils en négociant son mariage avec la fille de son puissant voisin, Thiébault IV, comte de Champagne. Cette union, en raison de l'âge des deux fiancés, fut ajournée jusqu'en 1254.

Comme son frère Thiébault, il fut l'ami des papes contre le gibelin Frédéric II. Innocent IV ayant déposé l'empereur dans le célèbre concile de Lyon (1245), Mathieu se rendit à la diète de Wurtzbourg et son nom figura parmi ceux des électeurs qui proclamèrent roi des Romains, le landgrave Henri de Thuringe présenté par le pontife. Deux ans après, Henri de Thuringe ayant été tué au siège d'Ulm, le Duc se prononça encore en faveur du candidat de l'Église, Guillaume de Hollande, élu à la diète de Neuss (1247).

 

Ernest MOURIN (1895).



[1] La Lorraine fut divisée en trois bailliages: Nancy (Lorraine proprement dite). Les baillis étaient les officiers du Duc. Ils étaient d’épée longtemps avant d’être proposés à la justice.

 

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THIEBAULT 1er

(1213-1220)

 

Thiébault, au dire d'un chroniqueur, était le plus beau des hommes de son temps. C'est un mérite assez souvent relevé parmi les descendants de Gérard d'Alsace. Il n'était pas moins bien pourvu du côté de l'intelligence et du caractère.

Il avait épousé Gertrude, fille et unique héritière du comte de Dagsbourg, ce qui lui donna pied en Alsace. Son règne s'annonçait bien, mais il ne fut qu'une suite de mécomptes et de malheurs.

Le premier fait à retenir comme caractéristique des mœurs du temps est l'étrange histoire de l'un de ses oncles, évêque de Toul.

Mathieu était fils de Ferri de Bitche et de la princesse polonaise Ludomille. A l'âge de six ans, il fut pourvu de deux canonicats ; à seize ans il était archidiacre de la cathédrale de Toul et prévôt de Sainl-Dié ; et enfin à vingt-huit ans, malgré la vive opposition du clergé et sous la pression de la famille ducale, il fut élu évoque de Toul.

Déjà les bruits les plus fâcheux couraient sur son compte et il cachait à peine ses dérèglements. Une fois intronisé, il se donna libre carrière, traîna sa robe dans toutes les débauches, dilapida la mense épiscopale et suscita par sa perversité l'indignation générale. Les chanoines de son chapitre dénoncèrent le scandale à Rome et demandèrent la déposition du prévaricateur. Une commission d'enquête présidée par le légat du pape n'eut pas de peine à constater combien étaient fondés les griefs du clergé, mais se borna, sur la pressante intervention du duc Simon II, à ménager un rapprochement. Mathieu avait promis tout ce qu'on avait voulu. Mais il n'en continua pas moins à braver et à spolier son chapitre. Les chanoines reprirent la lutte et, publiquement, leur doyen accusa l'évêque d'avoir de nouveau aliéné vingt-deux domaines de la mense. L'évêque répondit que les vrais dilapidateurs étaient les chanoines.

Puis il fit enlever par des soldats le doyen du chapitre. On le plaça sur un âne, les pieds liés sous le ventre de l'animal et on l'amena dotant Mathieu, Celui-ci, après l'avoir injurié, le fit jeter dans un cachot. Le légal cette fois bien informé suspendit l'évêque et le frappa d'excommunication. Le prélat interdit ne tint aucun compte de la sentence, et les chanoines ayant de nouveau porté l'affaire à Rome, il envoya des mandataires pour répondre à ses accusateurs et finit par aller lui-même plaider sa cause. Il ne doutait pas que, membre d'une famille souveraine, il ne trouvât des oreilles complaisantes.

Il gagna, il est vrai, des délais. Mais Innocent III, qui faisait la loi aux rois les plus puissants, n'était pas pour s'incliner devant un duc de Lorraine. Il fit reprendre toute la procédure et rendit enfin lui-même l'arrêt définitif. Mathieu fut déposé et le chapitre invité à élire un nouvel évêque. Il choisit un prêtre des plus recommandables, nommé Renaud de Senlis.

Mathieu, dépouillé de l'épiscopat par le souverain pontife, fut alors abandonné de tous. La famille ducale même cessa de le défendre. Il se retira à Saint-Dié, mit le comble à ses déportements par un abominable inceste et enfin, poursuivi par l'horreur de tous, il se cantonna sur la montagne dite de Clermont, comme un chef de bandits et s'y livra à tous les excès pendant plusieurs années.

Il menaçait surtout de sa haine son successeur Renaud de Senlis. Ce prélat étant venu passer les fêtes de Pâques dans les abbayes de Senones, Moyen-Moutier et Étival, Mathieu lui dressa une embuscade dans un chemin étroit et difficile près du village de Bourgonce, Lorsque l'escorte se fut engagée dans le passage, des scélérats apostés l'assaillirent. Renaud fut tué d'un coup d'épieu, son cadavre dépouillé et jeté sur la route. Alors Mathieu parut à cheval, une arbalète à la main, s'assura que ses ordres étaient exécutés et après avoir longtemps contemplé avec satisfaction sa victime, s'enfuit jusqu'en Alsace auprès d'un de ses amis (1217).

Le duc Thiébault informé de ce crime, jura de le punir par la mort de l'assassin. L'année suivante, il se rendit à Saint-Dié pour les fêtes de la Pentecôte.

Mathieu l'ayant su, revint d'Alsace, se glissa secrètement dans la ville et tenta des démarches pour obtenir sa grâce. Rebuté même par les rares amis qui lui restaient, il remonta dans son repaire de Clermont et attendit une occasion. Les fêtes passées, le duc quitta Saint-Dié, se dirigeant vers le village de Nompatelize. Tout à coup il aperçut l'évêque dégradé qui s'avançait à sa rencontre. Transporté d'indignation, il cria au sire de Joinville qui l'accompagnait : «Si vous m'aimez, percez-le de votre lance ! » Mais le seigneur répondit : « Dieu me garde que je frappe un homme de si haute naissance ! »

Thiébault alors s'empare de son arme et court lui-même sur Mathieu. Le misérable tombe à genoux sur la route et demande grâce à son neveu. Mais le prince, sourd à ses prières, lui traverse la poitrine d'un coup de lance et poursuit son chemin. Le cadavre roulé dans le ruisseau fut ensuite transporté à Saint-Dié où on lui refusa la sépulture religieuse.

On le ramena à son refuge de Clermont où il fut jeté dans une fosse à loups que l'on combla de pierres (1218).

Des faits graves détournèrent souvent l'attention de Thiébault des folies monstrueuses de son oncle.

La Lorraine par sa situation même était forcément mêlée aux agitations de ses puissants voisins, l'Allemagne dont la séparaient l'Alsace et l'archevêché do Trêves, et la France dont la séparait le comté de Bar.

On se souvient que Ferri II s'était lié étroitement avec son cousin le roi de Sicile Frédéric II. Il l'avait soutenu contre Othon IV et il avait soumis l'Alsace pour son compte. Frédéric de son côté lui avait promis une indemnité de 3000 mares d'argent et lui avait remis en gage la ville de Rosheim.

Après la mort de Ferri II, le roi qui n'avait pas plus de scrupules que d'argent reprit tout simplement son gage et chassa les Lorrains. Thiébault en éprouva un vif ressentiment, rompit le pacte de sa famille avec Frédéric et entreprit de ressaisir Rosheim. Il prépare deux corps d'armée. Son lieutenant Lambyrin d'Arches prend les devants à la tête de l'infanterie avec ordre d'attendre près de la ville la cavalerie qu'il se réserve de conduire en personne. Lambyrin descend la vallée de la Brusch, s'approche de Rosheim, la trouve sans défense et brusquant l'opération s'en empare. Mais ses soldats indisciplinés pillent les maisons des bourgeois, se gorgent de vivres et de vin, tombent ivres-morts dans les caves. Les habitants, revenus de leur stupeur, surprennent les soldats appesantis et les massacrent presque tous.

Thiébault et ses hommes d'armes arrivent trop tard.

L'expédition est manquée (fin 1213).

Thiébault brouillé avec Frédéric II se rapprocha naturellement de son compétiteur Othon IV. Il suivit même cet empereur dans sa fameuse campagne contre Philippe-Auguste, que termina la bataille de Bouvines, l'une des plus glorieuses journées de notre histoire nationale (1214). Son voisin le comte de Bar, au contraire, s'était joint à l'armée française.

Thiébault attendit quelques années avant de reprendre sa revanche en Alsace. En 1218, Othon IV étant mort, Frédéric II qui n'était encore que roi des Romains, paraissait retenu en Allemagne parles soins à donnera son élection. Thiébault jugea le moment favorable. Tout à coup il traversa les Vosges, poussa sur Roshcim et reprit cette place sans combat. Puis il chercha à s'étendre. Joindre l'Alsace à la Lorraine, c'était un beau rêve, et certainement d'une excellente politique. Mais l'illusion fut courte et le réveil terrible. Frédéric était moins empêché qu'on ne l'avait supposé. Il reparut bientôt en Alsace avec des forces considérables. Thiébault rentra précipitamment en Lorraine. Les Allemands le suivirent.

Ce qui prouve que le sentiment national était encore bien faible, si même il existait, c'est que le Duc ne fut soutenu par personne. La noblesse avait désapprouvé son expédition, elle resta indifférente à ses appels.

Quelques-uns même se joignirent à Frédéric II.

Thiébault abandonné s'enferma avec une poignée de fidèles dans la forteresse d'Amance, à une petite distance au nord de Nancy. Frédéric II poussa vivement le siège, et comme si l'armée allemande n'eût pas suffi pour écraser un prince de puissance inégale, il appela à la rescousse le duc de Bourgogne, le comte de Bar et la comtesse de Champagne, Blanche de Navarre, veuve de Thibault III et tutrice de Thibault IV, qui avaient des griefs contre le duc de Lorraine. Le comte et la comtesse, chemin faisant, entrèrent à Nancy qui ne résista point et, le lendemain, incendièrent la ville avant d'aller grossir l'armée assiégeante.

Le duc de Lorraine se défendit héroïquement, mais enfin à bout de forces il demanda une capitulation honorable. Frédéric fut inflexible. Il donna l'assaut, passa au fil de l'épée toute la garnison et enferma Thiébault dans une tour qui depuis porta-son nom.

Un traité humiliant termina la sanglante campagne.

Le Duc renonça à toute réclamation sur Rosheim et sur les 3000 marcs dus à son père. Il satisfit, on ne sait à quel prix, le comte de Bar, et quant à la comtesse de Champagne qui se montra la plus exigeante, il s'engagea à ne plus intervenir dans les affaires du comté et se reconnut même son vassal pour plusieurs fiefs, de façon assez vague du reste. Pour sûreté du traité, il fut stipulé que Frédéric tiendrait mie garnison à Amance et le duc de Bourgogne une garnison à Châtenois (1218).

Thiébault avait cédé à la force, mais il ne fut pas abattu et songea virilement à réparer ses désastres.

Son premier soin fut de rebâtir sa ville de Nancy dont les ruines fumaient encore. Puis il s'occupa à rassembler de nouveaux soldats, laissa voir à tous

qu'il ne tiendrait pas longtemps compte de la convention d'Amance. Il profita de l'absence du duc de Bourgogne Eudes III qui était parti on croisade, pour chasser la garnison bourguignonne de Châtenois, Il songeait ensuite à évincer les Allemands du fort d'Amance lorsqu'il tomba dans un odieux guet-apens.

Frédéric II, inquiet de ses desseins et de son agitation, l'invita à venir le voir à Wurtzbourg pour conférer des modifications qu'on pourrait apporter au traité d'Amance. Thiébault n'eut aucun soupçon et s'empressa d'aller au rendez-vous. L'empereur le reçut à merveille et le festoya joyeusement. Le lendemain à son réveil on lui dit qu'il était prisonnier. Il fut retenu plusieurs mois.

Décidément les Lorrains n'étaient pas encore attachés à leurs ducs comme ils le furent plus tard. On ne voit pas qu'ils aient rien fait pour obtenir la délivrance de Thiébault. On se lassa même de son absence et on parla de le remplacer. Son oncle Philippe de Gerbéviller réunit les États ou pour mieux dire l'assemblée de la noblesse et demanda qu'il fût pourvu au danger de la situation par l'élection d'un nouveau duc. S'il eût été seul candidat, il aurait très probablement entraîné le conciliabule. Mais le comte de Lunéville ayant aussi élevé des prétentions, les débats se prolongèrent et l'on finit par prendre un délai de quinze jours pour la réflexion. Avant les quinze jours écoulés, arriva un message de Conrad, évêque de Metz, annonçant que Thiébault était libre et rentrait à Nancy (mai 1219).

C'était le prélat lui-même qui avait négocié la mise en liberté du prince et avait donné sa garantie pour la rançon que lui imposait l'empereur.

On dit que Thiébault revint empoisonné. Ce n'est pas invraisemblable. Ce brillant Frédéric II, qui aimait les arts et les lettres et composait de petits poèmes à ses heures, avait surtout une âme vindicative et perfide. Le Duc ne fit plus que languir tristement, sans pouvoir s'occuper des affaires publiques.

Il mourut sans enfants au commencement de l'année 1220.

 

 

Ernest MOURIN (1895).

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HOMMAGE A MARIE-ANTOINETTE

JOSEPHE-JEANNE DE LORRAINE

ARCHIDUCHESSE D’AURICHE

REINE DE FRANCE.

 

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Ce 16 octobre 2012.

 

219ième anniversaire de la décollation de Marie-Antoinette.

 

A vous ma Reine. A vous Madame, que la cupidité mais plus encore la folie des séditieux a menée à l'échafaud. Vous Madame dont le destin tragique était inscrit dès le berceau et pourtant devant lequel vous n’avez jamais failli. Vous Madame sur qui l'on a beaucoup menti, l’humble Chevalier que je suis vous adresse, en ce jour de commémoration de votre Martyre, ses pensées les plus élogieuses et ses pensées les plus affectueuses d'un fils, si le Ciel le conçoit, non de sang, mais d'âme !

 

Vive la Reine !

 

 

LETTRE DE MARIE-ANTOINETTE

A SA SŒUR

MARIE-ELISABETH.

 

Ecrite à Paris le 16 Octobre 1793. 4h30 du matin.

 

« C'est à vous, ma soeur, que j'écris pour la dernière fois : je viens d'être condamnée non pas à une mort honteuse, elle ne l'est que pour les criminels, mais à aller rejoindre votre frère, comme lui, innocente, j'espère montrer la même fermeté que lui dans ces derniers momens.

Je suis calme comme on l'est quand la conscience ne reproche rien ; j'ai un profond regret d'abandonner mes pauvres enfants ; vous savez que  je n'existais que pour eux et vous, ma bonne et tendre sœur. Vous qui avez, par votre amitié, tout sacrifié pour être avec nous, dans quelle position je vous laisse! J'ai appris, par le plaidoyer même du procès, que ma fille était séparée de vous. Hélas! la pauvre enfant, je n'ose pas lui écrire, elle ne recevrait pas ma lettre ; je ne sais même pas si celle-ci vous parviendra : recevez pour eux deux ici ma bénédiction. J'espère qu'un jour, lorsqu'ils seront plus grands, ils pourront se réunir avec vous, et jouir en entier de vos tendres soins.

Qu'ils pensent tous deux à ce que je n'ai cessé de leur inspirer : que les principes et l'exécution exacte de ses devoirs sont la première base de la vie ; que leur amitié et leur confiance mutuelle en feront le bonheur. Que ma fille sente qu'à l'âge qu'elle a elle doit toujours aider son frère par des conseils que l'expérience qu'elle aura de plus que lui et son amitié pourront lui inspirer; que mon fils, à son tour, rende a sa sœur tous les soins, les services que l'amitié peut inspirer ; qu'ils sentent enfin tous deux que, dans quelque position où ils pourront se trouver, ils ne seront vraiment heureux que par leur union. Qu'ils prennent exemple de nous : combien, dans nos malheurs notre amitié nous a donné de consolation; et dans le bonheur on jouit doublement, quand on peut le partager avec un ami ; et où en trouver de plus tendre, de plus cher que dans sa propre famille ? Que mon fils n'oublie jamais, les derniers mots de son père, que je lui répète expressément : « qu'il ne cherche jamais à venger notre mort » »

J'ai à vous parler d'une chose bien pénible à mon cœur. Je sais combien cet enfant doit vous avoir fait de la peine; pardonnez-lui, ma chère sœur ; pensez à l'âge qu'il a, et combien il est facile de faire dire à un enfant ce qu'on veut, et même ce qu'il ne comprend pas : un jour viendra, j'espère, où il ne, sentira que mieux tout le prix de vos bontés et de votre tendresse pour tous deux. Il me reste à vous confier encore, mes dernières pensées; J'aurais voulu les écrire dès le commencement du procès ; mais outre qu'on ne me laissait pas écrire, la marche en a été si rapide que je n'en aurais réellement pas eu le ténus.

Je meurs dans la religion catholique, apostolique et romaine, dans celle de mes pères, dans celle où j'ai été élevée, et que j'ai toujours professée ; n'ayant aucune consolation spirituelle à attendre, ne sachant pas s'il existe encore ici des prêtres de cette religion, et même le lieu où je suis les exposerait trop, s'ils y entraient une fois, je demande sincèrement pardon à Dieu de toutes les fautes que j'ai pu commettre depuis que j'existe. J'espère que, dans sa bonté, il voudra bien recevoir mes derniers vœux, ainsi que ceux que je fais depuis long-tems pour qu'il veuille bien recevoir mon âme dans sa miséricorde et sa bonté. Je demande pardon à tous ceux que je connais, et à vous, ma sœur, en particulier, de toutes les peines que, sans le vouloir, j'aurais pu vous causer. Je pardonne à tous mes ennemis le mal qu'ils m'ont fait. Je dis ici adieu à mes tantes et à tous mes frères et sœurs. J'avais des amis ; l'idée d'en être séparée pour jamais et leurs peines sont un des plus grands regrets que j'emporte en mourant ; qu'ils sachent, du moins, que, jusqu'à mon dernier moment, j'ai pensé à eux. Adieu, ma bonne et tendre sœur ; puisse cette lettre vous arriver! Pensez toujours à moi ; je vous embrasse de tout mon cœur, ainsi que ces pauvres et chers enfans : mon Dieu ! qu'il est déchirant de les quitter pour toujours. Adieu, adieu, je ne vais plus m'occuper que de mes devoirs spirituels. Comme je ne suis pas libre dans mes actions, on m'amènera peut-être un prêtre ; mais je proteste ici que je ne lui dirai pas un mot, et que je le traiterai comme un être absolument étranger. »

 

 

MONTJOYE SAINT DENYS.

 

 

RHONAN DE BAR.

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HISTOIRE DU BLASON ET SCIENCE DES ARMOIRIES.

 

 

Très intéressante réédition par les éditions Lacour-Ollé de l'ouvrage de G.EYSENBACH. L'auteur eut pour mérite de remettre à l'honneur ce que le temps, mais surtout les hommes, avaient pris la peine de faire tomber en disgrâce. A l'instar du Père Ménestrier, ce livre fondamental sur l'art du blason ravira tous les amoureux de l'Héraldique. Le blason de la 1ère de couverture est celui de l'éditeur même. Nous le devons à Pierre Daniel de Losada (diplômé en Héralique, Généalogie, Droit nobiliaire et en Vexillologie) il peut se lire ainsi : "De sable, à une fleur de lys sous une croix ancrée à dextre et deux plumes passées en sautoir à senestre, tout cela d'or".

 

Extrait 4ième de couverture : "S'il est une science qui, étudiée avec amour, ait excité un enthousiasme et une admiration portés jusqu'au culte et à la dévotion, et qui, plus tard, par un triste revirement de l'esprit humain, soit tombée dans le discrédit le plus complet, c'est à coup sûr celle du blason..."

 

Bonne lecture à tous les passionnés, à tous les curieux...


Rhonan de Bar.

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NICOLAS VITON DE SAINT-ALLAIS. (1773-1842)

 

Ce volume est le 1er d'une série de 21 tomes. L'auteur conscient de la tâche énorme à accomplir a préféré opter pour une classification indépendante dans chaque volume. C'est-à-dire que les tomes suivants auront aussi un classement alphabétique de A à Z.

Chaque tome comporte l'historique de 120 à 180 familles...L'ensemble, une fois réédité, fournira au lecteur une somme considérable d'environ 12000 pages.  Sur demande auprès des Editions Lacour-Ollé, il vous sera possible d'obtenir le sommaire des tomes parus.

 

 

4ième de couverture.

 

A LA NOBLESSE FRANÇAISE


La noblesse est, par la nature de son institution, l'honneur de la patrie , l'ornement du trône et le plus ferme appui du roi. Elle compose la première classe de la nation, et c'est de ce rang élevé qu'elle donne au peuple l'exemple de toutes les vertus sociales et politiques sur lesquelles repose la solidité des empires. Notre histoire offre des périodes qui jètent le plus grand éclat sur la noblesse française; mais, Messieurs, sans replacer sous vos yeux ces époques qui sont loin de nous , je me contenterai de retracer à votre mémoire ce qui s'est passé de nos jours, pendant le malheureux interrègne qui vient de finir.
Des milliers de gentilshommes, fidèles à la voix de l'honneur et à l'exécution de leurs devoirs , n'ont- ils pas signalé d'une manière ineffaçable leur amour et leur dévouement pour nos princes ? Privations de toute espèce, ruine entière de leur fortune, délaissement de leur famille, le danger même de perdre la vie, rien ne leur a coûté pour se rapprocher, de corps et d'esprit, de l'auguste chef de la famille de leur dernier souverain.

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  FRANÇOIS Ier.

 

« Dieu, le voulant retirer! soit pour le faire jouir du repos éternel, lui envoya une fièvre de laquelle il mourut à Rambouillet, le 31 mars de l'an 1547. » Le roi François Ier fut inhumé à Saint-Denis, et on lui éleva, de l'autre côté de la chapelle des Charles, le magnifique tombeau de marbre blanc que l'on voit encore aujourd'hui si complètement conservé et si parfaitement rétabli[1].

Dans le caveau placé sous le tombeau on ensevelit, avec le roi, la reine Claude, sa femme, morte en 1524; François, leur fils, dauphin, mort en 1533; Charles, duc d'Orléans, leur autre fils, mort en 1545, et Charlotte, leur deuxième fille, morte tout enfant.

Ce sont les effigies de ces princes que l'on voit en prière sur la plate-forme du tombeau, entourant les statues de leurs père et mère dans la même attitude. Dans le caveau on ensevelit également la mère du roi, Louise de Savoie, duchesse d'Angoulême, dont la statue ne fut pas jointe aux précédentes ; son épitaphe était ainsi conçue :

 

Loysa Francisci régis mater obiit m..d xxxi.

 

LE CARDINAL DE BOURBON.

 

Le cardinal Louis de Bourbon Vendôme, évêque et duc de Laon, archevêque de Sens, pair de France, abbé de Saint-Denis, etc., mourut à Paris le 11 mars 1557. Il fut inhumé dans la cathédrale de Laon, et son cœur fut porté à Saint-Denis, où on lui éleva une colonne de marbre surmontée de sa statue, également de marbre, et sous laquelle furent déposés son cœur et ses entrailles.

En 1793 la statue a été brisée; la colonne seule existe aujourd'hui et a été rétablie à Saint-Denis à sa place primitive.

 

HENRI II.

 

Le roi Henri II mourut le 10 juillet 1559, à l'hôtel des Tournelles, des suites de la blessure qu'il reçut de la main de Gabriel de Montgomery, dans un tournoi donné à l'occasion du mariage de sa fille aînée avec le roi d'Espagne, et de sa sœur avec le duc de Savoie.

Sa veuve, Catherine de Médicis, fit élever à la mémoire de ce prince un magnifique tombeau, chef d'œuvre de Germain Pilon, qui a été replacé à Saint-Denis, à gauche du grand autel, près la porte qui conduit au cimetière des Valois. Ce monument admirable nous est parvenu dans un état de conservation relativement parfaite, et il faut d'autant mieux s'en étonner que les quatre statues qui décorent les côtés du tombeau, étant de bronze, avaient été destinées à rejoindre à la fonte tous les autres cénotaphes de métal découverts jusque-là C'est par miracle qu'elles ont été sauvées.

Sous le tombeau qui était placé au centre de la chapelle des Valois, construite par Philibert Delorme, était un assez vaste caveau où furent successivement déposés tous les cercueils contenant les restes des princes et princesses de la descendance d'Henri II.

On y réunit Henri II, Catherine de Médicis, leurs cinq fils, François II, Louis (mort enfant), Charles IX, Henri III et le duc d'Alençon ; trois de leurs cinq filles, qui furent: Isabeau, reine d'Espagne, Claude, duchesse de Lorraine, Marguerite, reine de Navarre, et les princesses Jeanne et Victoire, mortes en bas âge. Ces trois dernières seulement furent ensevelies dans le caveau paternel, où l'on plaça encore une fille de Charles IX.

Aucun de ces onze cercueils ne portait d'inscription, à l'exception de celui du duc d'Alençon, où était consignée la date de sa mort : Le dixième juin mil cinq cent octante quatre.

On avait encore placé dans ce même caveau deux cœurs enfermés dans des enveloppes de plomb, sur l'une desquelles on lisait :

 

Cor Cathar. de Medicis, Henrici II uxoris, Casti Caroli IX et Henrici III Regum Christianiss. Matris  obiit 1589[2].

 

Le graveur a oublié François II dans l'énumération. La reine Catherine survécut trente ans à son mari ; elle mourut à Blois, à l'âge de soixante-neuf ans, le 5 janvier 1589. Ensevelie d'abord dans l'église Saint-Sauveur, de cette ville, elle ne fut transportée à Saint-Denis que le 5 avril 1609, et déposée dans le caveau de famille, sous le mausolée qu'elle avait fait élever à son mari. Sa statue fut alors placée sur le tombeau, à côté de celle de Henri II.

Joachim du Bellay, qui mourut un an après le roi, avait composé en son honneur une épitaphe quelque peu prolixe, et qui fut placée près du tombeau de Henri II, à la grille du chœur[3]).

 

FRANÇOIS II.

 

«Sa mort advint—le 5 décembre 1560— par une défluxion d'humeur qui lui descendait du cerveau dans l'oreille gauche, laquelle, s'étant formée en apostume et ne pouvant trouver de conduit pour passer, l'étouffa. »

Nous avons vu que François II fut enseveli dans le caveau de son père, sans qu'aucun monument spécial fût consacré à sa mémoire dans l'église de Saint-Denis. Je parlerai plus loin de la colonne de marbre que Charles IX lui fit élever dans l'église des Célestins.

 

CHARLES IX.

 

Il mourut le 30 mai 1574, des suites « d'une fièvre pulmonique,» ainsi que l'assure dom Millet, «fièvre causée par les excès qu'il fit à la chasse, et aussi par ses grandes veilles.» Un poète du temps composa en son honneur deux longues épitaphes en vers latins, qu'on voyait gravées sur une lame de cuivre placée près du tombeau de Henri II. II résulte de la lecture de la première que Charles IX fut le plus grand roi de la chrétienté, et il est certifié dans la seconde que la porte du ciel s'est ouverte toute grande devant un aussi bon prince, sans doute pour le récompenser d'avoir ordonné — ou souffert — les massacres de la Saint-Barthélémy.

Charles IX n'eut pas non plus de tombeau. Son corps fut descendu dans le caveau de la famille de Henri II. On plaça à côté de son cercueil celui de la princesse Marie, née de lui et de sa femme. Elisabeth, fille de Maximilien II, laquelle était morte en bas âge.

 

HENRI III.

 

« Ce prince, assiégeant Paris, qui s'était révolté, fut frappé d'un coup de couteau par un assassin qui ne mérite pas qu'on le nomme, le deuxième jour d'août 1589, et mourut le lendemain. »

On porta son corps à Compiègne, où il resta jusqu'en 1610. Cette même année, la reine Marie de Médicis ordonna ses funérailles, et son inhumation à Saint-Denis dans le caveau de Henri II. Mais, comme on était au lendemain de la mort de Henri IV, dont la cérémonie funèbre se préparait, il n'y eut aucune pompe pour ledit enterrement; le corps ayant été placé dans le caveau, rien ne rappela, dans l'église haute, qu'un roi de France de plus était venu reposer sous ses dalles funèbres.

Le cœur de Henri III avait été déposé dans l'église de Saint-Cloud, où le secrétaire intime et particulier de ce prince, Charles Benoise, fit élever à sa mémoire une colonne torse en marbre de couleur surmontée d'un vase qui contenait le cœur, et qui fut détruit dans le pillage de l'église de Saint-Cloud. La colonne a été conservée et transportée à Saint-Denis. On y lit l'inscription suivante :

 

Adsta, viator, et doleregum vicem.

Cor régis isio conditum est sub marmore

Qui jura Gallis, Sarmatis jura dedit,

Tectus cucullo hunc subtulit sicarius.

Abi, viator, et dole regum vicem[4].

 

  HENRI IV.

 

Le roi étant mort le 14 mai 1610, assassiné par Ravaillac, fut aussitôt embaumé. Son cœur fut donné aux Jésuites, pour être placé dans l'église de leur Collège de la Flèche, qu'avait fondé le roi.

Le 18 mai, il y eut transport solennel à Saint-Denis des entrailles du roi, déposées dans un seau de plomb destiné à être placé sous son cercueil.

Pendant ce temps le corps était gardé au Louvre, dans une chapelle ardente, où l'on ne cessait de prier nuit et jour. Il y avait dans la journée six messes hautes et cent messes basses, qui se disaient aux deux autels de la chambre et à ceux qu'on avait dressés le long de la galerie. Le corps resta ainsi dix-huit jours exposé ; on le descendit ensuite dans la salle d'honneur, tendue des plus riches tapisseries de la couronne. On y dressa l'effigie, devant laquelle les officiers servirent les viandes qu'ils distribuaient ensuite aux pauvres, ce qui se continua jusqu'au 21 juin. Ce jour-là, la salle d'honneur fut transformée en une chambre funèbre, où le cercueil fut placé sur une table couverte de velours noir croisé de satin blanc, aux armes de France et de Navarre, avec un dais également noir et ornementé de drap d'or.

Le mardi 29 juin, les funérailles eurent lieu à Paris.

Le corps fut porté à Notre-Dame, en magnifique appareil ; toutes les rues que suivit le cortège étaient tendues de drap noir garni d'écussons aux armes du roi et de la ville, et d'espace en espace il y avait des torches allumées. Un service solennel fut célébré dans la cathédrale, au milieu de tous les grands du royaume et d'une assemblée considérable, où le peuple avait pu trouver place. Le 30 juin, le corps fut porté à Saint-Denis. Une affluence de gens de toutes les classes était accourue sur le passage du funèbre convoi et se joignait, en même temps qu'il avançait, à la foule qui l'accompagnait déjà. On arriva si tard à Saint-Denis, que l'office suprême ne put y être célébré qu'à onze heures du soir.

On descendit ensuite le cercueil dans le caveau où se faisaient habituellement les dernières cérémonies des funérailles, et qui est devenu le caveau des Bourbons.

Sur le cercueil on lisait simplement l'inscription suivante sur une lame de plomb :

 

 Ici gît le corps de Henry, par la grâce de Dieu quatrième de ce nom, roi de France et de Navarre, très chrétien, qui trépassa en son château du Louvre à Paris le 14 de mai, l'an de grâce mil six cent dix.

 

MARGUERITE DE NAVARRE.

 

La reine Marguerite, fille de Henri II, fut mariée, en 1572, à Henri de Navarre, qui fut Henri IV. Son mariage fut cassé par le pape Clément VIII, en 1599, pour cause d'inconduite « et actes médians qui faschèrent fort ce bon roy ». Retirée en Auvergne, puis à Paris, Marguerite mourut le 27 mars 1615, dans le palais qu'elle s'était fait construire rue de Seine. Son corps fut le dernier placé dans le caveau du roi Henri II.



[1]C'est le plus magnifique tombeau qui soit à Saint-Denis. Il est d'une ordonnance admirable et d'un travail complet, d'un goût parfait. Les bas-reliefs qui le décorent sont des chefs-d'œuvre d'habileté et de finesse; les corps du roi et de la reine, étendus sur le mausolée ont une expression indéfinissable. Si le gardien vous ouvre la grille qui entoure ce superbe objet d'art, obtenez qu'il vous permette de monter sur le premier entablement et, vous apercevrez dans l'horreur de la mort ces corps de marbres- sculptés sur Les moulages faits après le décès. Faites de même pour les tombeaux de Louis XII et de Henri II.

[2] Le cœur du roi avait été déposé, dans l'église des Célestins, dans un vase d'or que supportait le groupe des trois Grâces de Germain Pilon, qu'on voit aujourd'hui au Louvre, avec un vase nouveau de bois doré, qui remplace assez mal l'ancien. L'artiste a donné les traits et la ressemblance de la reine à l'une de ses trois statues.

[3] Elle était placée sur un grand tableau où, vu sa longueur, le passant ne la lisait guère. Elle commence ainsi: Par mes vers j'ay semé tes faits par l'univers,  Or, hélas! A ta mort me faut donner des vers. Elle se termine par les mensonges officiels que les poètes de tous les temps n'ont jamais marchandé aux grands de la terre: Et corne au bon Titus, les bons Pères romains donnèrent ce surnom délices des humains, Mettez sur son tombeau un graveur profond :  Cy gist le roy Henri qui fut l'amoure du monde!

Lisez tout au long cette curieuse pièce dans le deuxième volume du beau Joachim du Bellay, qui fait partie de la collection dite la Pléiade française publiée par A.Lemerre, l'habile et intelligent éditeur du passage Choiseul. 

[4] Arrête-toi passant et plains le sort des rois! Sous ce marbre Est enfermé le cœur d'un roi qui dicta des lois aux Sarmates et aux Gaulois Un moine assassin l'a frappé (textuellement assassin Coiffé d'un capuchon). Suis ton chemin, passant, et pleure le sort des rois!...

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L'ENIGME DE VARENNES

 

 

Voici une réédition très intéressante de "l'Enigme de Varennes" parue pour la première fois en 1936. C'est ici la seconde version, celle de 1957, revue et corrigée par l'auteur que présentent les Editions Lacour-Olle de Nîmes. Nous devons cet interéssant travail historique à Monseigneur Charles Aimond, grand spécialiste de l'histoire de la Lorraine.

 

Bonne lecture. Rhonan de Bar.

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