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L'Avènement du Grand Monarque

L'Avènement du Grand Monarque

Révéler la Mission divine et royale de la France à travers les textes anciens.

Publié le par Rhonan de Bar
Publié dans : #CHÂTEAUX DE FRANCE.

 

1002666-Eugène Viollet-le-Duc le château de Pierrefonds

 

 

CHÂTEAU DE PIERREFONDS.

Eugène-Emannuel Viollet le Duc.


CINQUIÈME EXTRAIT.

 

Nous donnons, figure 4, la face Est du donjon prise du dehors. En A, on voit la grosse tour du coin, celle dite de Charlemagne, puis les deux pignons des logis, puis la tour carrée du donjon. La chapelle est en C. Entre la tour A et la chapelle, s'élève la grande courtine qui masque la cour des approvisionnements.

Description_du_chateau_de_Pierrefonds_05.jpgAu milieu de cette courtine est la poterne relevée permettant d'introduire des munitions dans la place sans ouvrir les portes et sans encombrer la cour d'honneur. Comme construction, rien ne peut rivaliser avec le donjon de Pierrefonds; la perfection de l'appareil, de la taille, de la pose de toutes les assises réglées et d'une hauteur uniforme de 0m,33 (un pied), est faite pour surprendre les personnes qui pratiquent l'art de bâtir. Dans ces murs d'une hauteur peu ordinaire et inégaux d'épaisseur, nul tassement, nulle déchirure; tout cela a été élevé par arasements réguliers; des chaînages, on n'en trouve pas trace, et bien qu'on ait fait sauter les deux grosses tours par la mine, que les murs aient été sapés du haut en bas, cependant les parties encore debout semblent avoir été construites hier. Les matériaux sont excellents, bien choisis, et les mortiers d'une parfaite résistance. Les traces nombreuses de boiseries, d'attaches de tentures que l'on aperçoit encore sur les parois intérieures du donjon de Pierrefonds, indiquent assez que les appartements du seigneur étaient richement décorés et meublés, et que cette résidence réunissait les avantages d'une place forte du premier ordre à ceux d'une habitation plaisante située dans un charmant pays. L'habitude que nous avons des dispositions symétriques dans les bâtiments depuis le XVIIe siècle fera paraître étranges peut être les irrégularités que l'on remarque dans le plan du donjon de Pierrefonds. Mais l'orientation, la vue, les exigences de la défense, exerçaient une influence majeure sur le tracé de ces plans. Ainsi, par exemple, le biais que l'on remarque dans le mur oriental du logis (biais qui est inaperçu en exécution) est évidemment imposé par le désir d'obtenir des jours sur le dehors d'un côté où la campagne présente de charmants points de vue, de laisser la place nécessaire au flanquement de la tour carrée, ainsi qu'à la poterne intérieure entre cette tour et la chapelle; la disposition du plateau ne permettant pas d'ailleurs de faire saillir davantage la tour contenant cette chapelle, qui est orientée. Le plan de la partie destinée aux appartements est donné par les besoins mêmes de cette habitation, chaque pièce n'ayant que la dimension nécessaire. En élévation, les différences des hauteurs des fractions du plan sont de même imposées par les nécessités de la défense ou de l'habitation.

Mais ce qui doit attirer particulièrement l'attention des visiteurs dans cette magnifique résidence, c'est le système de défense nouvellement adopté à la fin du XIVe siècle. Chaque portion de courtine est défendue à la partie supérieure par deux étages de chemins de ronde, l'étage inférieur étant muni de mâchicoulis, créneaux et meurtrières; l'étage supérieur sous le comble, de créneaux et meurtrières seulement.

Les sommets des tours possèdent trois et quatre étages de défenses, un chemin de ronde avec mâchicoulis et créneaux au niveau de l'étage supérieur des courtines, un étage de créneaux, meurtrières intermédiaires, et un parapet crénelé autour des combles. Si l'on s'en rapporte à une vignette assez ancienne (XVIe siècle), la tour d'Alexandre, bâtie au milieu de la courtine de l'ouest, vers le bourg, possédait quatre étages de défenses. Des guettes très-élevées surmontaient celles de Charlemagne et de César. Malgré la multiplicité de ses défenses, le château pouvait être garni d'un nombre de défenseurs relativement restreint, car ces défenses sont disposées avec ordre, les communications entre elles sont faciles, les courtines sont bien flanquées par des tours saillantes et rapprochées. Les rondes peuvent se faire de plain-pied tout autour du château à la partie supérieure, sans être obligées de descendre des tours sur les courtines, et de remonter de celles-ci dans les tours, ainsi qu'on était forcé de le faire dans les châteaux des XIIe et XIIIe siècles.

Description_du_chateau_de_Pierrefonds_06.jpg

La figure 5 donne la partie supérieure d'une des tours d'angle, avec les chemins de ronde des courtines et les crénelages à la base des combles.

On remarquera qu'aucune meurtrière n'est percée à la base des tours. Ce sont les crénelages des murs extérieurs des lices, aujourd'hui détruits, et les boulevards, qui seuls défendaient les approches. La garnison, forcée dans ces premiers ouvrages, se réfugiait dans le château, et occupant les étages supérieurs, bien couverts par de bons parapets, elle écrasait les assaillants qui tentaient de s'approcher du pied des remparts.

Bertrand du Guesclin avait attaqué quantité de châteaux bâtis pendant les XIIe et XIIIe siècles, et, profitant du côté faible des dispositions défensives de ces places, il faisait le plus souvent appliquer des échelles le long de leurs courtines basses en ayant le soin d'éloigner les défenseurs par une grêle de projectiles; il brusquait l'assaut et prenait les places autant par eschelades que par les moyens lents de la mine et de la sape. La description du château du Louvre, donnée par Guillaume de Lorris au XIIIe siècle, clans le Roman de la rose, fait connaître que la défense des anciens châteaux des XIIe et XIIIe siècles exigeait un grand nombre de postes divisés, se défiant les uns des autres et se gardant séparément. Ce mode de défense était bon contre des troupes n'agissant pas avec ensemble et procédant, après un investissement préalable, par une succession de siéges partiels ou par surprise; il était mauvais contre des armées disciplinées, entraînées par un chef habile, qui, abandonnant les voies suivies jusqu'alors, faisait sur un point un grand effort, enlevait les postes isolés sans leur laisser le temps de se reconnaître et de se servir de tous les détours et obstacles accumulés dans la construction des forteresses. Pour se bien défendre dans un château du XIIIe  siècle, il fallait que la garnison n'oubliât pas un instant de profiter de tous les détails infinis de la fortification. La moindre erreur ou négligence rendait ces obstacles non-seulement inutiles, mais même nuisibles aux défenseurs; et dans un assaut brusqué, dirigé avec énergie, une garnison perdait ses moyens de résistance à cause même de la quantité d'obstacles qui l'empêchait de se porter en masse sur le point attaqué. Les défenseurs, obligés de monter et de descendre sans cesse, d'ouvrir et de fermer quantité de portes, de filer un à un dans de longs couloirs et des passages étroits, trouvaient la place emportée avant d'avoir pu faire usage de toutes leurs ressources. Cette expérience profita certainement aux constructeurs des forteresses à la fin du XIVe siècle; ils donnèrent plus de relief aux courtines pour se garantir des eschelades, n'ouvrirent plus de meurtrières dans les parties basses des ouvrages, mais les renforcèrent par des talus qui avaient encore l'avantage de faire ricocher les projectiles tombant des mâchicoulis; ils mirent les chemins de ronde et courtines en communication directe, afin de présenter, au sommet de la fortification, une ceinture non interrompue de défenseurs pouvant facilement se rassembler en nombre sur le point attaqué et recevant les ordres avec rapidité; ils munirent les mâchicoulis de parapets solides bien crénelés, et couverts, pour garantir les hommes contre les projectiles lancés du dehors. Les chemins de ronde s'ouvraient sur les salles supérieures servant de logement aux troupes sûres (les bâtiments étant alors adossés aux courtines), les soldats pouvaient ainsi à toute heure et en un instant occuper la crête des remparts.

Le château de Pierrefonds remplit exactement ce nouveau programme. Nous avons fait le calcul du nombre d'hommes nécessaires pour garnir l'un des fronts de ce château: ce nombre pouvait être réduit à soixante hommes pour les grands fronts et à quarante pour les petits côtés. Or, pour attaquer deux fronts à la fois, il faudrait supposer une troupe très-nombreuse, deux mille hommes au moins, tant pour faire les approches que pour forcer les lices, s'établir sur les terre-pleins, faire approcher les engins et les protéger. La défense avait donc une grande supériorité sur l'attaque. Par les larges mâchicoulis des chemins de ronde inférieurs, elle pouvait écraser les pionniers qui auraient voulu s'attacher à la base des murailles. Pour que ces pionniers pussent commencer leur travail, il eût fallu, soit creuser des galeries de mine, soit établir des galeries de bois; ces opérations exigeaient beaucoup de temps, beaucoup de monde et un matériel de siège. Les tours et courtines sont d'ailleurs renforcées à la base par un empâtement qui double à peu près l'épaisseur de leurs murs, et la construction est admirablement faite en bonne maçonnerie, avec revêtement de pierre de taille. Les assaillants se trouvaient, une fois dans les lices, sur un espace étroit, ayant derrière eux un précipice et devant eux de hautes murailles couronnées par plusieurs étages de défenses; ils ne pouvaient se développer, leur grand nombre devenait un embarras; exposés aux projectiles de face et d'écharpe, leur agglomération sur un point devait être une cause de pertes sensibles; tandis que les assiégés, bien protégés par leurs chemins de ronde couverts, dominant la base des remparts à une grande hauteur, n'avaient rien à redouter et ne perdaient que peu de monde. Une garnison de trois cents hommes pouvait tenir en échec un assiégeant dix fois plus fort pendant plusieurs mois.

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Publié le par Rhonan de Bar
Publié dans : #CHÂTEAUX DE FRANCE.

 

1002666-Eugène Viollet-le-Duc le château de Pierrefonds

 

CHÂTEAU DE PIERREFONDS.

Eugène-Emmanuel Viollet le Duc.

QUATRIÈME EXTRAIT.

Il fallait, pour faire ouvrir la poterne à une ronde rentrante, qu'un poste supérieur fût prévenu. Une fois la ronde entrée par la poterne P, il était nécessaire qu'elle connût les distributions intérieures du château; car pour parvenir à la cour, elle devait passer par l'escalier mobile de bois et par un poste d'entre-sol au-dessous du niveau de la cour. Si une troupe ennemie s'introduisait par la poterne P, trois couloirs se présentaient à elle; deux sont des impasses, le troisième aboutit à une cave fermée par une porte, puis à l'escalier 3. Avant de se reconnaître dans ces couloirs obscurs, des gens ignorant les êtres du château perdaient un temps précieux.

Si les dispositions défensives du château de Pierrefonds n'ont pas la grandeur majestueuse de celles du château de Coucy, elles ne laissent pas d'être combinées avec un art, un soin et une recherche dans les détails, qui prouvent à quel degré de perfection étaient arrivées les constructions des places fortes seigneuriales à la fin du XIVe siècle, et jusqu'à quel point les châtelains, à cette époque, savaient se garder.

Nous avons vainement cherché les restes des aqueducs qui devaient nécessairement amener de l'eau dans l'enceinte du château de Pierrefonds. Nulle trace de puits dans cette enceinte, non plus que dans la basse-cour. Les approvisionnements d'eau étaient donc obtenus au moyen de conduits qui allaient recueillir les sources que l'on rencontre sous le sol des collines se rattachant au plateau ; ou bien, des citernes étaient établies du côté de la chapelle au-dessous du sol de la cour, dans les caves qui existent encore sur ce point. Tout ce qui est nécessaire à la vie journalière d'une nombreuse garnison et à sa défense est trop bien prévu ici, pour laisser douter du soin apporté par les constructeurs dans l'exécution des aqueducs; toutefois, jusqu'à présent, on n'a pu découvrir la trace de ces conduits.

Une vue cavalière restaurée du château de Pierrefonds, bien que faite avant les découvertes dues aux récents travaux ordonnés par l'Empereur, prise du côté des lices du nord, fera à peu près saisir l'ensemble de ces dispositions (voy. fig. 3).


Description_du_chateau_de_Pierrefonds_04.jpg

Si l'on examine les constructions du château de Pierrefonds, il sera facile de se faire une idée du programme rempli par l'architecte. Vastes magasins au rez-de-chaussée avec le moins d'issues possible. Sur les dehors, du côté de l'entrée, qui est le plus favorable à l'attaque, énormes et massives tours pleines dans la hauteur du talus, et pouvant résister à la sape. Du côté de la poterne T, courtine de garde très épaisse et haute, avec cour intérieure entre cette courtine et le logis; seconde poterne pour passer de cette première cour dans la cour principale. Comme surcroît de précaution, de ce côté, très-haute tour carrée enfilant le logis sur deux de ses faces, commandant toute la cour t et aussi les dehors, avec échauguettes au sommet flanquant les faces mêmes de la tour carrée. D'ailleurs, possibilité d'isoler les deux tours rondes et la tour carrée en fermant les étroits passages donnant dans le logis, et de rendre ainsi la défense indépendante de l'habitation. Possibilité de communiquer d'une de ces tours aux deux autres par les chemins de ronde supérieurs, sans passer par les pièces destinées à l'habitation. Outre la porte du château et le grand escalier avec perron, issue particulière pour la tour carrée, soit par la petite porte de l'angle rentrant, soit par l'escalier de la chapelle. Issue particulière de la tour Charlemagne par la courtine, dans laquelle est percée la poterne, et par les escaliers de la chapelle. Issue particulière de la tour César par les salles situées au-dessus de cette porte et l'escalier qui descend de fond. Communication facile établie entre les tours et les défenses du château par les chemins de ronde. Logis d'habitation se défendant lui-même, soit du côté de la cour t, soit du côté de l'entrée du château, au moyen de crénelages et mâchicoulis à la base des pignons. Ce logis, bien protégé du côté du dehors, masqué, flanqué, n'ayant qu'une seule entrée pour les appartements, celle du perron, et cette entrée, placée dans la cour d'honneur, commandée par une des faces de la tour carrée. Impossibilité à toute personne n'étant pas familière avec les distributions du logis de se reconnaître à travers ces passages, ces escaliers, ces détours, ces issues secrètes; et pour celui qui habite, facilité de se porter rapidement sur quelque point donné des défenses, soit du donjon lui-même, soit du château. Facilité de faire des sorties si l'on est attaqué. Facilité de recevoir des secours ou provisions par la poterne T, sans craindre les surprises, puisque cette poterne s'ouvre dans une première cour qui est isolée et ne communique à la cour principale que par une seconde poterne dont la herse et la porte barrée sont gardées par les gens du donjon. Belles salles bien disposées, bien orientées, bien éclairées; appartements privés avec cabinets, dégagements et escaliers particuliers pour le service. Certes il y a loin du donjon de Coucy, qui n'est qu'une tour où chefs et soldats devaient vivre pêle-mêle, à ce dernier donjon, qui, encore aujourd'hui, serait une habitation agréable et commode; mais à la vérité les mœurs féodales des seigneurs du XVe siècle ne ressemblaient guère à celles des châtelains du commencement du XIIIe.

 

A suivre...

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Publié le par Rhonan de Bar
Publié dans : #CHÂTEAUX DE FRANCE.

 

 

1002666-Eugène Viollet-le-Duc le château de Pierrefonds

 

DESCRIPTION

DU CHÂTEAU DE PIERREFONDS.

 

Par Eugène-Emmanuel Viollet le Duc.

 

TROISIÈME EXTRAIT.

 

Cela s'explique. Jusqu'à la fin du XIIIe siècle, le régime féodal, tout en s'affaiblissant, avait encore conservé la puissance de son organisation. Les seigneurs pouvaient s'entourer d'un nombre d'hommes sûrs assez considérable pour se défendre dans leurs châteaux; mais à dater du xive siècle, les liens féodaux tendent à se relâcher, et les seigneurs possédant de grands fiefs sont obligés, en cas de guerre, d'avoir recours aux troupes des mercenaires. Les vassaux, les hommes liges mêmes, les vavasseurs, les villages ou bourgades, rachètent à prix d'argent le service personnel qu'ils doivent au seigneur féodal, et celui-ci, qui en temps de paix trouvait un avantage à ces marchés, en cas de guerre se voyait obligé d'enrôler ces troupes d'aventuriers qui, à dater de cette époque, n'ont d'autre métier que de louer leurs services et qui deviennent un fléau pour le pays, si les querelles entre seigneurs s'apaisent.

Le duc Louis d'Orléans, construisant le château de Pierrefonds, adopta ce programme de la manière la plus complète.

Le bâtiment qui renferme les grandes salles du château de Pierrefonds occupe le côté occidental du parallélogramme formant le périmètre de celte résidence seigneuriale. Ce bâtiment est à quatre étages; deux de ces étages sont voûtés et sont au-dessous du niveau de la cour, bien qu'ils soient élevés au-dessus du chemin de ronde extérieur d; les deux derniers donnent un rez-de-chaussée sur la cour et la grand'salle proprement dite, au niveau des appartements du premier étage.

La salle du rez-de-chaussée a son entrée en r. En face de la porte n du portique est un banc destiné à la sentinelle (car alors des bancs étaient toujours disposés là où une sentinelle devait être postée). Il fallait donc que chaque personne qui voulait pénétrer dans la première salle aa, fût reconnue. De cette salle on pénètre dans une deuxième dd, puis dans la grande salle du rez-de-chaussée cc. Des latrines z servaient à la fois au corps de garde M et aux salles du rez-de-chaussée.

Une fois casernées dans ces salles de rez-de-chaussée, ces troupes étaient surveillées par la galerie d'entre-sol qui se trouve au-dessus du portique et ne pouvaient monter aux défenses que commandées. D'ailleurs ces salles sont belles, bien aérées, bien éclairées, munies de cheminées et contiendraient, facilement cinq cents hommes.

L'escalier N à double vis monte au portique d'entre-sol, à la grand'salle du premier étage et aux défenses. La grand'salle du premier étage était la salle seigneuriale où se tenaient les assemblées; elle occupe tout l'espace compris entre le premier vestibule aa et le mur de refend q, auquel est adossé une vaste cheminée. Son estrade est placée devant cette cheminée; le seigneur se rendait du donjon à cette salle en passant par des galeries ménagées au premier étage des bâtiments en aile Est et Nord. L'estrade ou parquet n'était autre chose que le tribunal du haut justicier; c'était aussi la place d'honneur dans les cérémonies, telles que, hommages, investitures; pendant les banquets, les bals, les mascarades, etc.

On pouvait aussi du donjon pénétrer dans la grand'salle de plain-pied, en passant sur la porte du château, dans la pièce située au-dessus du corps de garde et dans le vestibule.

Si la salle basse ne communique pas directement avec les défenses, au contraire, de la grand'salle du premier, on y arrive rapidement par un grand nombre d'issues. En cas d'attaques, la garnison pouvait être convoquée dans cette salle seigneuriale, recevoir des instructions, et se répandre instantanément sur les chemins de ronde des mâchicoulis et dans les tours. A cet effet un escalier est ménagé contre les parois intérieures de la tour d'Alexandre (celle DD), du niveau de la grand'salle aux défenses supérieures.

Sur le vestibule de la grand'salle est une tribune qui servait à placer les musiciens lors des banquets et fêtes que donnait le seigneur.

De ces dispositions il résulte clairement que les salles basses étaient isolées des défenses, tandis que la grand'salle, située au premier étage, était au contraire en communication directe et fréquente avec elles; que la salle haute ou grand'salle, était de plain-pied avec les appartements du seigneur, et qu'on séparait au besoin les hommes se tenant habituellement dans la salle basse, des fonctions auxquelles était réservée la plus haute. Ce programme, si bien écrit à Pierrefonds, jette un jour nouveau sur les habitudes des seigneurs féodaux, obligés de recevoir dans leurs châteaux des garnisons d'aventuriers.

On objectera peut-être que ces dispositions, à Pierrefonds, étaient tellement ruinées que la restauration peut être hypothétique. A cette objection nous répondrons : 1° que le mur extérieur était complètement conservé, par conséquent les hauteurs des étages; 2° que le portique était écrit par l'épaisseur du mur intérieur et par les fragments de cette structure trouvés dans les fouilles; 3°que l'escalier voisin de la tour centrale DD, conservé, ne montant qu'à une hauteur d'entre-sol, indiquait clairement le niveau de cet entre-sol ; 4° que la position de l'escalier à double degré N était donnée par le plan par terre; 5° que les cheminées étaient encore en place ainsi que les murs de refend; 6° que les dispositions du corps de garde et des issues sont anciennes, ainsi que celles de la salle des latrines; 7° que le tambour donnant entrée dans le passage entre les salles dd et cc était indiqué par des arrachements; 8° que les pieds-droits des fenêtres hautes ont été retrouvés dans les déblais et replacés; 9° que les pentes des combles sont données par les filets existant le long de la tour EE. Si donc quelque chose est hypothétique dans cette restauration, ce ne pourrait être que des détails qui n'ont aucune importance.

Ces grandes salles, pendant le moyen âge, étaient richement décorées:

Li rois fu en la sale bien painturé à liste[1]. »

Non-seulement des peintures, des boiseries, voire des tapisseries, couvraient leurs parements, mais on y suspendait des armes, des trophées recueillis dans les campagnes. Sauval[2] rapporte que le roi d'Angleterre traita magnifiquement saint Louis au Temple, lors de la cession si funeste que fit ce dernier prince, du Périgord, du Limousin, de la Guyenne et de la Saintonge.

Ce fut dans la grand'salle du Temple que se donna le banquet: « À la mode des Orientaux, dit Sauvai, les murs de la salle étaient couverts de boucliers; entre autres s'y remarquoit celui de Richard, premier roi d'Angleterre, surnommé Cœur de Lion, Un seigneur anglois l'ayant aperçu pendant que les deux rois dînoient ensemble, aussitôt dit à son maître en riant : Sire, comment avez-vous convié les François de venir en ce lieu se réjouir avec vous; voilà le bouclier du magnanime Richard qui sera cause qu'ils ne mangeront qu'en crainte et en tremblant. »

A Pierrefonds, la grand'salle haute était décorée de peintures. La porte qui donnait dans le vestibule était toute brillante de sculptures et surmontée d'une claire-voie avec large tribune; la voûte était lambrissée en berceau et percée de grandes lucarnes du côté de la cour. La cheminée qui terminait l'extrémité opposée à l'entrée, supportait sur son manteau les statues des neuf preuses[3].

Au château de la Ferté-Milon les statues des preuses sont posées sur la paroi des tours comme le sont les statues des preux à Pierrefonds. Voici les noms des neuf preuses placées sur la cheminée de la grand'salle à Pierrefonds: Sémiramis, Déifemme, Lampédo, Hippolyte, Deiphile, Thamyris, Tanequa, Ménelippe, Pentésilée, tels que les donne avec leurs blasons, le roman de Jouvencel de la Bibl. Imp. f. Notre-Dame, 205, XVe siècle.

La salle basse était elle-même décorée avec un certain luxe, ainsi que le constatent la cheminée qui existe encore en partie, les corbeaux qui portent les poutres et les fragments du portique.

Les tours d'Artus, d'Alexandre, de Godefroi de Bouillon et d'Hector, contiennent chacune un cachot en cul de bassefosse, c'est-à-dire dans lequel on ne peut pénétrer que par une ouverture pratiquée au sommet de la voûte en calotte ogivale. De plus, la tour d'Artus renferme des oubliettes.

Il n'est pas un château dans lequel les guides ne nous fassent voir des oubliettes, et généralement ce sont les latrines qui sont décorées de ce titre, et que l'on suppose avoir englouti des victimes humaines sacrifiées à la vengeance des châtelains féodaux; mais cette fois il nous parait difficile de ne pas voir de véritables oubliettes dans la tour sud-ouest du château de Pierrefonds. Au-dessous du rez-de-chaussée est un étage voûté en arcs ogives; et au-dessous de cet étage, une cave d'une profondeur de 7 mètres, voûtée en calotte elliptique. On ne peut descendre dans cette cave que par un œil percé à la partie supérieure de la voûte, c'est-à-dire au moyen d'une échelle ou d'une corde à nœuds; au centre de l'aire de cette cave circulaire est creusé un puits qui a 14 mètres de profondeur, puits dont l'ouverture de 1m,30 de diamètre correspond à l'œil pratiqué au centre de la voûte elliptique de la cave. Cette cave, qui ne reçoit de jour et d'air extérieur que par une étroite meurtrière, est accompagnée d'un siége d'aisances pratiqué dans l'épaisseur du mur. Elle était donc destinée à recevoir un être humain, et le puits creusé au centre de son aire était probablement une tombe toujours ouverte pour les malheureux que l'on voulait faire disparaître à tout jamais.

D'ailleurs la tour d'Artus n'était pas éloignée du corps de garde et placée à l'extrémité de la grand'salle ou le seigneur rendait la justice.

L'étage inférieur de la chapelle était réservé au service du chapelain et la tour de Josué ne contenait guère, à tous ses étages, que des latrines pour la garnison logée de ce côté du château. Au bas de la courtine de gauche de la tour de Josué, en P, est une poterne masquée par le boulevard. Cette poterne s'ouvre sur des passages souterrains qui ne communiquaient aux étages supérieurs que par des escaliers de bois, sortes d'échelles pouvant être enlevées. A côté de la poterne est un porte-voix se divisant en deux conduits, l'un aboutissant dans la salle 1 au premier étage, l'autre dans la salle 2 au rez-de-chaussée. Ce deuxième branchement, incliné à 45°, était assez large pour qu'on y pût faire monter ou descendre un homme couché sur un traîneau sans ouvrir une seule porte ou poterne. C'était une véritable sortie pour des messagers ou pour des espions eu cas d'investissement.



[1]  Li romans de Berte aus gratis piés, ch. XCI1.

[2] Tome II, p. 246.

[3] Dans les reconstructions élevées à Coucy par Louis d'Orléans il y avait ln salle des preux et la salle des preuses. Ces dernières figures étaient, de même qu'à Pierrefonds, posées sur le manteau de la cheminée. (Voy. Ducerceau.)

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Publié le par Rhonan de Bar
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IN MEMORIAM

21 JANVIER 1793/21 JANVIER 2014

    portrait_medaillon_louis_xvi.jpg

                                                      LOUIS XVI.

Nous prenons ici position et relevons volontairement le 221ième anniversaire de la décollation de Louis XVI, Roi martyr. Ce choix bien sûr n’est pas anodin. Au contraire et nous nous en expliquerons par la suite.  

          Nous notons que, rétroactivement à 221 ans, nous trouvons l’année fatidique de 1793. Relatons :

1793 

          Louis XVI est reconnu coupable de conspiration contre la Liberté (décision prise le 15 janvier en la Saint Remi, Baptiste de Clovis et de la France).

          Le Grand Roi martyr, Louis le XVIième monte avec honneur et bravoure là où l’impiété de la Révolution le conduit : l’échafaud. (Le 21 janvier dont on sait déjà que l’exacte opposition sur le Zodiaque est le 14 juillet).

        La France entre en guerre contre l‘Europe. En Vendée, les paysans s’arment. C’est le début d’une véritable guerre intestine.

       La Reine, dans sa grandeur et après un procès inique et honteusement faussé (tout comme celui de Louis XVI) par les Forces lucifériennes monte sur l’échafaud ; (Le 16 octobre ce qui, on peut se le demander ne serait pas volontaire. En effet cette date est identique à la dédicace de l’église du Mont Saint Michel !!!).

       Notons, en forme de plaidoirie, que le régicide n’avait nullement sa raison d’être. Pourquoi tuer le Roi sinon par faiblesse et c’est, semble-t-il, ce qui s’est produit. Le Roi aurait du perdurer en tant que symbole divin. Il aurait pu, il aurait du régner sans gouverner.

          Voilà pourquoi il y a lieu de présenter la Révolution et plus encore la Terreur comme une force luciférienne. Tuez le Roi et vous tuerez Dieu. Cette phrase pourrait résumer cet acte sacrilège mais il convient de développer ce sujet, dans les temps à venir, afin de mener les consciences vers un retour prévu à la Monarchie de droit divin.

     Le Sort de Louis XVI, tout comme celui de Marie-Antoinette, semblait scellé. Ils reposaient en effet l’un et l’autre sur un vaste complot dont les protagonistes se révélaient désireux d’annihiler tout symbole religieux. C’est en tout cas ce que semble relever le Pape Pie VI  en date du 17 juin 1793 : « Le Roi très chrétien Louis XVI a été condamné au dernier supplice par une conjuration impie, et ce jugement s’est exécuté. Nous vous rappellerons en peu de mots les dispositions et les motifs de cette sentence. La Convention nationale n’avait ni droit ni autorité pour le prononcer. En effet, après avoir aboli la Monarchie, le meilleur des gouvernements, elle avait transporté toute la puissance publique au peuple, qui ne se conduit ni par raison, ni par conseil, ne se forme sur aucun point des idées justes, apprécie peu de choses selon la Vérité, et en évalue un grand nombre d’après l’opinion ; qui est toujours inconstant, facile a être trompé, entraîné à tous les excès…

Et nous rajouterons pour conclure que le peuple est versatile, donc manipulable et de fait asservi pour la plus grande joie de ceux qui se frottent la panse en ce jour funeste.

En mémoire du Lieutenant du Christ : Louis XVI, Roi de France immolé en haine de la Foi le lundi 21 janvier 1793. En ce 21 janvier 2014, jour saint, An V (à compter du 21 janvier 2009) de la résurgence de la Monarchie de Droit divin voulu par le Christ, Roi de France. 

 

TESTAMENT DE LOUIS XVI.

 

« Au nom de la Très-Sainte Trinité, du Père, du Fils et du Saint—Esprit, aujourd'hui, vingt—cinquième jour de Décembre 1792, moi, Louis XVI du nom, roi de France, étant depuis plus de quatre mois enfermé avec ma famille dans la Tour du Temple à Paris, par ceux qui étaient mes sujets, et privé de toutes communications quelconques, même, depuis le dix du courant, avec ma famille ; de plus, impliqué dans un procès dont il est impossible de prévoir l'issue, à cause des passions des hommes, et dont on ne trouve aucun prétexte ni moyens dans aucune loi existante, n'ayant que Dieu peur témoin de mes pensées, et auquel je puis m'adresser.

Je déclare, ici en sa présence mes dernières volontés et sentimens.

Je laisse mon âme à Dieu, mon créateur ; je le prie de la recevoir dans sa miséricorde, de ne pas la juger d'après mes mérites, mais par ceux de notre Seigneur Jésus—Christ qui s’est offert à Dieu son père, pour nous autres hommes, quelqu'endurcîs que nous fussions et moi le premier.

Je meurs dans l'union de notre sainte mère l'Eglise Catholique, Apostolique et Romaine, qui tient ses pouvoirs, par une succession non interrompue, de Saint—Pierre, auquel Jésus-Christ les a confiés : je crois fermement et je confesse tout ce qui est contenu dans le Symbole et les Commandemens de Dieu et de l'Eglise , les Sacremens et les Mystères, tels que l'Eglise Catholique les enseigne et les a toujours enseignés ; je n'ai jamais prétendu me rendre juge dans les différentes manières d'expliquer les dogmes qui déchirent l'Eglise de Jésus—Christ; mais je m'en suis rapporté, et je m'en rapporterai toujours, si Dieu m'accorde la vie, aux décisions que les Supérieurs Ecclésiastiques, unis à la sainte Eglise Catholique, donnent et donneront conformément à la discipline de l'Eglise suivie depuis Jésus-Christ.

Je plains de tout mon Cœur nos frères qui peuvent être flans l'erreur ; mais je ne prétends pas les juger et je ne les aime pas moins en Jésus-Christ, suivant ce que la charité chrétienne nous enseigne, et je prie Dieu de me pardonner tous mes péchés ; j'ai cherché à les connaître scrupuleusement, à les détester et à m'humilier en sa présence ; ne pouvant me servir d'un Prêtre catholique, je prie Dieu de recevoir la confession que je lui en ai faite , et surtout le repentir profond que j'ai d'avoir mis mou nom ( quoique cela fut contre ma volonté ) à des actes qui peuvent être contraires à la discipline et à la croyance de l'Eglise Catholique , à laquelle je suis toujours resté sincèrement uni de cœur. Je prie Dieu de recevoir la ferme, résolution où je suis, s'il m'accorde la vie, de me servir aussitôt que je le pourrai du ministère d'un prêtre catholique pour m'accuser de tous mes péchés et recevoir le Sacrement de Pénitence.

Je prie tous ceux que je pourrais avoir offensé par inadvertance, (car je ne me rappelle pas d'avoir fait sciemment aucune offense à personne) ou ceux à qui j'aurais pu avoir donné de mauvais exemples ou de scandales, de me pardonner !e mal qu'ils croient que je peux leur avoir fait. Je prie tous ceux qui ont de la charité, d'unir leurs prières aux miennes pour obtenir de Dieu le pardon de mes péchés.

Je pardonne de tout mon cœur à ceux qui se sont faits mes ennemis, sans que je leur en aie donné aucun sujet, et je prie Dieu de leur pardonner, de même que ceux qui, par un faux zèle mal entendu, m'ont fait beaucoup de mal.

Je recommande à Dieu ma femme et mes enfans, ma sœur, mes tantes, mes frères et tous ceux qui me sont attachés parles liens du sang ou par quelqu'autre manière que ce puisse être; je prie Dieu particulièrement de jeter des yeux de miséricorde sur ma femme, mes entons et ma sœur, qui souffrent depuis long-temps avec moi; de les contenir par sa grâce, s'ils viennent à me perdre, et tant qu'ils resteront dans ce monde périssable.

Je recommande mes enfans à ma femme, je n'ai jamais douté de sa tendresse maternelle peur eux ; je lui recommande surtout d'en faire de bon chrétiens et d'honnêtes hommes, de ne leur faire regarder les grandeurs de ce monde—ci ( s'ils sont condamnés à les éprouver ) que comme des biens dangereux et périssables', et de tourner leurs regards vers la seule gloire solide et durable de l'éternité ; je prie ma sœur de vouloir bien continuer sa tendresse à mes enfans, et de leur tenir lieu derrière,' s'ils avaient lé malheur de perdre la leur.

Je prie ma femme; de me pardonner tous les maux qu'elle souffre pour moi, les chagrins que je pourrais-lui avoir donné dans le cours de notre union, comme elle peut être sûre que je ne garde rien contre elle, si elle croyait avoir quelque chose à se reprocher.

Je te recommande bien vivement à mes enfans, après ce qu'ils doivent à Dieu, qui doit marcher avant tout, de rester toujours unis entr'eux, soumis et obéissans à leur mère et reconnaissans de tous les soins et les peines qu'elle se donne pour eux en mémoire de moi. Je les prie de regarder ma sœur comme une seconde mère.

Je recommande à mon fils, s'il avait le malheur de devenir roi, de songer qu'il se doit tout entier au bonheur de ses concitoyens ; il doit oublier toutes haines et tous ressentimens, et notamment tout ce qui a rapport aux malheurs et aux chagrins que j'éprouve; qu'il ne peut faire le bonheur des peuples qu'en régnant suivant les lois mais en même temps qu'un roi ne peut se faire respecter et faire le bien qui est dans son cœur, qu'autant qu'il a l'autorité nécessaire, et qu'autrement étant lié dans ses opérations, et n'inspirant point de respect, il est plus nuisible qu'utile.

Je recommande à mon fils d'avoir soin de toutes les personnes qui m'étaient attachées, autant que les circonstances où il se trouvera lui en donneront les facultés de songer que c'est une dette sacrée que j'ai contractée envers les enfans ou les pareils de ceux qui ont péri pour moi, et ensuite de ceux qui sont malheureux pour moi. Je sais qu'il y a plusieurs personnes de celles qui me sont attachées, qui ne se sont pas conduites envers moi comme elles le devaient, et qui ont montré de l'ingratitude ; mais je leur pardonne, (souvent dans les momens de trouble et d'effervescence on n'est pas maître de soi) et je prie mon fils, s'il en trouve l'occasion, de ne songer qu'à leur malheur.

Je voudrais pouvoir témoigner ici ma reconnaissance à ceux qui m'ont montré un véritable attachement et désintéressement; d'un côté, si j'étais sensiblement louché de l'ingratitude et de la -déloyauté de ceux à qui je n'avais jamais témoigné que des bontés, à eux, à leurs parens ou amis ; de l'autre, j'ai eu de la consolation à voir l'attachement et l'intérêt gratuit que beaucoup de personnes m'ont montrés. Je les prie de recevoir mes remercîmens.

Dans la situation où sont encore les choses, je craindrais de les compromettre, si je parlais plus explicitement ; mais je recommande spécialement à mon fils de chercher les occasions de pouvoir les reconnaître. Je croirais calomnier cependant les sentimens de la nation, si je ne recommandais ouvertement à mon fils MM.de Chamilly et Hue, que leur véritable attachement pour moi avait porté à s'enfermer, avec moi dans ce triste séjour et qui ont pensé en être les malheureuses victimes. Je lui recommande aussi Cléry, des soins duquel j'ai eu tout lieu de me louer depuis qu'il est avec moi ; comme c'est lui qui est resté avec moi jusqu'à la fin, je prie MM. de la commune de lui remettre mes hardes, mes livres, ma montre, ma bourse et les autres petits effets qui ont été déposés au conseil de la commune.

Je pardonne encore très-volontiers à ceux qui me gardaient, les mauvais traitemens et les gênes dont ils ont cru devoir user envers moi. J'ai trouvé, quelques âmes sensibles et compatissantes, que celles—là jouissent dans leur coeur de la tranquillité que doit leur donner leur façon de penser.

Je prie M.M. de Malesherbes, Tronchet et de Sèze de recevoir mes remercîmens et l'expression de ma sensibilité pour tous les soins et les peines qu'ils se sont donnés pour moi.

Je finis en déclarant devant Dieu, et prêt à paraître devant lui que je ne  me reproche aucun des crimes qui sont avarices contre moi.

Fait double * à la Tour du Temple, le 25 décembre 1792»          

 

Signé LOUIS.

 

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1002666-Eugène Viollet-le-Duc le château de Pierrefonds

DESCRIPTION DU CHÂTEAU DE PIERREFONS

Par Eugène-Emmanuel Viollet-le-Duc

DEUXIÈME EXTRAIT

Un profil en long, figure 1, pris perpendiculairement au front du château qui se présente vers le plateau, fera comprendre le système admis pour les défenses extérieures opposées au côté attaquable. A est le pied du château au niveau du pont-levis, B, le niveau du plateau. En C est un premier boulevard légèrement convexe comme une demi-lune très ouverte et dont les extrémités touchent aux escarpements du promontoire aux points où ils commencent à se prononcer. En D est un second boulevard séparé du premier par une route. Ce second boulevard présente une courbe plus fermée que le premier, s'abaisse sensiblement vers son milieu et est epaulé par deux cavaliers dominant toute la demi-lune extérieure, la plaine et les deux escarpements.

Ainsi, le troisième boulevard E enfile le premier boulevard C et prend en écharpe les deux cavaliers du second boulevard D. En G est creusé le fossé dont nous avons parlé plus haut et en H est établie l'esplanade inclinée, qui permet de poser des pièces en batterie pour enfiler tout l'espace E, F. On a profité de la configuration naturelle du sol pour élever ces ouvrages, fort dégradés il y a quelques années, mais en partie rétablis aujourd'hui. A partir des deux cornes du premier boulevard C, commencent des clôtures qui maintiennent l'escarpement du promontoire dont le relief est d'autant plus prononcé qu'on s'avance vers le château. Ces clôtures latérales sont élevées à mi-côte, renforcées de contre-forts et forment des redans qui présentent autant de flanquements. Quant au château lui-même, il est établi sur une sorte de plate-forme. En voici, figure 2, le plan, à rez-de-chaussée (sur la cour), avec les ouvrages extérieurs les plus rapprochés. Le bas de notre figure donne l'extrémité du promontoire plongeant sur le bourg et sur les deux vallons qui s'étendent à droite et à gauche. Vers le point A, le promontoire s'élève, s'élargit et, à 200 mètres de là environ, se soude à la plaine élevée qui s'étend jusqu'à la forêt de Villers-Cotterets. On voit en BB' les murs de soutènement bâtis à mi-côte qui se prolongent jusqu'au premier boulevard et qui sont munis de contre-forts, ainsi que de redans flanquants. Ces fronts battent les deux vallons en suivant la déclivité du promontoire.

En C est une poterne avec caponnière c. Cette poterne s'ouvre sous le rempart formant mur de soutènement. Outre cette poterne, il y avait deux entrées ménagées dans les ouvrages extérieurs du château; l'une en D, l'autre en E. Ces deux entrées s'ouvraient en face d'anciennes rues du bourg de Pierrefonds et qui existent encore. L'entrée D est commandée par un gros boulevard G, entièrement construit en pierre et servant d'assiette à l'angle ouest du château. Par le chemin dd' on arrive, en montant une rampe inclinée de 5 centimètres par mètre en moyenne, à la barbacane d" et à la porte F, munie d'une poterne. De l'entrée E, en gravissant la rampe ee’, on arrive également à la porte F. Cette porte se relie avec les murs de soutènement B' qui défendent de ce côté le flanc du promontoire.

Description du château de Pierrefonds 03

  Ayant franchi la porte F, on arrive au pont-levis H qui permet de traverser le fossé I, lequel sépare absolument le plateau de l'assiette du château et est indiqué en G dans la figure 1. Ce fossé se détourne en i, son fond est élevé de 5 à 6 mètres au-dessus du point c'. Ayant traversé le pont-levis H, on arrive sur l'esplanade j, laquelle est presque de niveau, tandis que sa partie est inclinée de m en l. Cette esplanade est entourée de murs avec échauguettes flanquantes, et est séparée du pied du château par une fausse braie K en pierres de taille. Un châtelet L masque l'entrée du château qui consiste en une porte et poterne fermées par des ponts-levis. Mais outre les ponts-levis, entre la pile o et la pile p passe un large et profond fossé dallé avec soin, et ces deux piles ne sont reliées que par un plancher que l'on pouvait supprimer en cas de siége. Alors la communication entre le château et le châtelet se faisait par un chemin étroit crénelé, pratiqué sur un arc qui réunit les tètes de ces piles; passage qui était gardé par deux échauguettes avec portes. Ce passage est indiqué en s.

De l'échauguette o, on pouvait descendre par un escalier crénelé sur le boulevard G. Deux ponts à bascule séparaient toutefois le haut et le bas de cet escalier de l'échauguette o et du boulevard G. Du châtelet, par une porte latérale étroite, on montait par des degrés soit sur l'esplanade, devant la fausse braie, soit sur le chemin de ronde de celle-ci. Tout l'espace q est pavé avec une forte déclivité, soit vers le fossé, soit vers la grosse tour d'angle, car le large fossé dallé ne commence qu'à la grosse tour centrale pour descendre par un ressaut prononcé jusqu'au niveau du boulevard G.

Maintenant, entrons dans le château. A côté de la porte charretière est une poterne qui n'a que 0m,60 de largeur, qui possède son pont-levis, dont le couloir se détourne sous le passage en dehors de la herse. Le passage principal est couronné par trois rangs de mâchicoulis, de telle sorte que des gens qui auraient pu parvenir à s'introduire sous ce passage, arrêtés par la herse, étaient couverts de projectiles. La herse passée, à gauche on trouve le corps de garde M qui communique avec le portique élevé en dehors de la grande salle et aux défenses supérieures par un escalier spécial.

L'entrée du portique est en n, car celui-ci est élevé de quelques marches au-dessus du sol extérieur et ses piles reposent sur un bahut assez élevé pour empêcher de passer de la cour sous les arcades. Ainsi, les personnes admises sous le portique étaient-elles tranquilles, sans crainte d'être interrompues par les allants et venants. Du portique on pénètre dans le vestibule aa, dans la première salle dd et dans la grande salle du rez-de-chaussée ce. Ce même portique donne entrée par un tambour entre les salles dd, cc, et dans l'escalier à double rampe N.

Mais, avant de décrire les services intérieurs, il est nécessaire que nous désignions les tours. Chacune d'elles est décorée, sous les mâchicoulis, d'une grande statue d'un preux, posée dans une niche entourée de riches ornements. Les statues existant encore sur les parois de ces tours ou retrouvées à leur base, ont permis de restituer leurs noms; car il était d'usage de donner à chaque tour un nom particulier, précaution fort utile lorsque le seigneur avait des ordres à faire transmettre aux officiers du château.

La grosse tour AA dépendant du donjon était la tour Charlemagne. La tour BB dépendant aussi du logis seigneurial avait nom César; celle CC du coin, Artus; celle DD, Alexandre; celle EE, Godefroi de Bouillon; celle FF, Josué; celle GG, Hector, et celle HH qui contenait la chapelle, David.

En T est une poterne relevée de 10 mètres au-dessus du sol et fermée par un pont-levis muni d'un treuil à l'aide duquel on élevait les provisions nécessaires à la garnison, jusqu'au niveau de la cour t, laquelle ne communiquait avec la grande cour que par la poterne X munie d'une herse et défendue par des mâchicoulis.

Le donjon du château peut être complétement isolé des autres défenses. Il comprend les deux grosses tours de César et de Charlemagne, tout le bâtiment carré divisé en trois salles et la tour carrée U. L'escalier d'honneur V, avec perron et montoirs permet d'arriver aux étages supérieurs. Le donjon était l'habitation spécialement réservée au seigneur et comprenant tous les services nécessaires: caves, cuisines, offices, chambres, garde-robes, salons et salles de réception.

Le donjon de Pierrefonds renferme ces divers services. Au rez-de-chaussée sont les cuisines voûtées, avec offices, lave ries, caves et magasins. Le premier étage se compose d'une grande salle de 22 mètres de longueur sur 11 mètres de largeur, de deux salons et de deux grandes chambres dans les deux tours, avec cabinets et dépendances. Le second étage présente la môme distribution. Un petit appartement spécial est en outre disposé dans la tour carrée U à chaque étage.

Le troisième étage du logis est lambrissé sous comble et contient deux appartements; les grosses tours, à ce niveau, étant uniquement affectées à la défense. Le donjon communique aux défenses du château par la courtine de gauche et par les ouvrages au-dessus de la porte d'entrée; à la chapelle, par un couloir passant au-dessus de la poterne X; aux bâtiments Y, par une galerie disposée au-dessus du portail de cette chapelle.

En R est le grand perron du château avec escalier montant aux salles destinées à la garnison, laquelle, en temps ordinaire était logée dans l'aile du nord et dans celle attenant à la chapelle, à l'est. Suivant l'usage, la grande salle basse, en temps de guerre, servait encore à loger, les troupes enrôlées temporairement!

En effet, les locaux destinés à la garnison ordinaire, dans nos châteaux féodaux, ont peu d'étendue. Ceci s'explique par la composition même de ces garnisons. Bien peu de seigneurs féodaux pouvaient, comme le châtelain de Coucy au XIIIe siècle, entretenir toute l'année cinquante chevaliers, c'est-à-dire cinq cents hommes d'armes. La plupart de ces seigneurs, vivant des redevances de leurs colons, ne pouvaient en temps ordinaire conserver près d'eux qu'un nombre d'hommes d'armes très-limité. Étaient-ils en guerre, leurs vassaux devaient l’estage, la garde du château seigneurial pendant quarante jours par an (temps moyen). Mais il y avait deux sortes de vassaux, les hommes liges, qui devaient personnellement le service militaire, et les vassaux simples, qui pouvaient se faire remplacer. De cette coutume féodale il résultait que le seigneur était souvent dans l'obligation d'accepter le service de gens qu'il ne connaissait pas, et qui, faisant métier de se battre pour qui les payait, étaient accessibles à la corruption. Dans bien des cas d'ailleurs, les hommes liges, les vassaux simples ou leurs remplaçants ne pouvaient suffire à défendre un château seigneurial quelque peu étendu; on avait recours à des troupes de mercenaires, gens se battant bien pour qui les payait largement, mais au total, peu sûrs. C'était donc dans des cas exceptionnels que les garnisons étaient nombreuses. Il faut reconnaître cependant qu'à la fin du XIVe siècle et au commencement du XVe, la défense était tellement supérieure à l'attaque, qu'une garnison de cinquante hommes, par exemple, suffisait pour défendre un château d'une étendue médiocre, contre un nombreux corps d'armée. Quand un seigneur faisait appel à ses vassaux et que ceux-ci s'enfermaient dans le château, on logeait les hommes les plus sûrs dans les tours, parce que chacune d'elles formait un poste séparé, commandé par un capitaine. Pour les mercenaires ou les remplaçants, on les logeait dans la salle basse, qui servait à la fois de dortoir, de salle à manger, de cuisine au besoin et de lieu propre aux exercices. Ce qui indique cette destination, ce sont les dispositions intérieures de ces salles, leur isolement des autres services, leurs rares communications avec les défenses, le voisinage de vastes magasins propres à contenir des munitions et des armes.

Ces salles basses sont en effet ouvertes sur la cour du château, mais ne communiquent aux défenses que par les dehors ou par des postes, c'est-à-dire par des escaliers passant dans des tours. Ainsi le seigneur avait-il moins à craindre la trahison de ces soldats d'aventure, puisqu'ils ne pouvaient arriver aux défenses que commandés et sous la surveillance de capitaines dévoués. A plus forte raison les occupants de ces salles basses ne pouvaient-ils pénétrer dans le donjon que s'ils y étaient appelés. Dès la fin du XIIIe siècle, ces dispositions sont déjà apparentes, quoique moins bien tracées que pendant les XIVe  et XVe siècles....

 

A suivre.

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1002666-Eugène Viollet-le-Duc le château de Pierrefonds

 

 

DESCRIPTION

DU CHATEAU DE PIERREFONDS

 

Le château actuel de Pierrefonds ne date que des premières années du xve siècle. L'ancien château s'élevait sur le coteau situé au-dessus du prieuré, au point où se voit aujourd'hui une ferme d'une assez grande étendue. Ce premier château avait été construit avec les débris d'une maison royale située au chêne Herbelot, et qui, dans les anciennes chroniques, est nommée Palladium casuum. En l'an 855, le roi Charles le Chauve y passa quelque temps. Cette résidence ayant été détruite, les châtelains du Chêne choisirent un lieu propre à être fortifié, et assirent la nouvelle forteresse au-dessus du prieuré. Les biens de la maison du Chêne furent partagés entre les seigneurs de Bérogne et de Pierrefonds. Nivelon Ier trouva les choses en cet état lorsqu'il hérita de la seigneurie de Pierrefonds, par suite de la mort de son père. Ce seigneur rebâtit l'église du prieuré[1] (paroisse actuelle du bourg), accrut singulièrement son domaine, et la seigneurie de Pierrefonds fut érigée en pairie. Du temps de Philippe-Auguste, le nombre des pairs, seigneurs de Pierrefonds, dépassait soixante. Cette ancienne maison s'éteignit par la mort d'Agate de Pierrefonds, et les grands biens de cette dame furent divisés en trois parts : les Cherisis eurent la première, les Châtillon la seconde, et les descendants de Jean 1er de Pierrefonds, fils de Nivelon Ier, la troisième. Philippe-Auguste acheta de Nivelon, évêque de Soissons, en 1181, tous les droits seigneuriaux que ce prélat possédait par suite du partage, et il installa, pour régir le domaine, des prévôts qui exerçaient en même temps les fonctions de juges et de receveurs. En 1215, le roi abandonna aux religieux de Saint-Sulpice une grande partie des bâtiments du château, et augmenta leurs priviléges. Depuis lors, jusqu'aux dernières années du XIVe siècle, il n'est fait nulle mention du château et du domaine de Pierrefonds dans l'histoire.

En 1390, Louis, duc d'Orléans, frère du roi Charles VI, se prétendant frustré de ses droits de régent ou de tuteur des affaires du royaume, songea à prendre ses sûretés. Il fit bâtir dans son duché de Valois des places fortes importantes; il acquit le château de Coucy et le rebâtit en partie; fit réparer ceux de Béthisy, de Crespy et de Montépilloy; fit reconstruire celui de la Ferté-Milon, le petit château de Véez, le manoir de la Loge-Lambert, et, laissant les religieux de Saint-Sulpice jouir paisiblement du vieux domaine de Pierrefonds, il choisit une nouvelle assiette plus facile à défendre, entre deux vallons, pour élever le magnifique château que l'on admire aujourd'hui.

La bonne assiette du lieu n'était pas la seule raison qui dût déterminer le choix du duc d'Orléans.

Si l'on jette les yeux sur la carte des environs de Compiègne, on voit que la forêt du môme nom est environnée de tous côtés par des cours d'eau, qui sont: l'Oise, l'Aisne, et les deux petites rivières de Vandi et d'Automne.

Pierrefonds, appuyé à la forêt vers le nord-ouest, se trouvait ainsi commander un magnifique domaine, facile à garder sur tous les points, ayant à sa porte une des plus belles forêts des environs de Paris. C'était donc un lieu admirable, pouvant servir de refuge et offrir les plaisirs de la châsse au châtelain. La cour de Charles YI était très-adonnée au luxe, et parmi les grands vassaux de ce prince, Louis d'Orléans était un des seigneurs les plus magnifiques ; aimant les arts, éclairé, ce qui ne l'empêchait pas d'être plein d'ambition et d'amour du pouvoir; aussi voulut-il que son nouveau château fût à la fois une des plus somptueuses résidences de cette époque, et une forteresse construite de manière à défier toutes les attaques.

Monstrelet en parle comme d'une place du premier ordre et d'un lieu admirable.

En 1411, lorsque après l'assassinat du duc d'Orléans, les partisans du prince étaient poursuivis, à l'instigation du duc de Bourgogne, le malheureux Charles VI envoya le comte de Saint-Pol en Valois pour prendre possession des places de son neveu. Après la reddition de Crespy, le comte de Saint-Pol « s'en alla au chastel de Pierrefonds, dit Monstrelet, qui estoit moult fort deffensable et bien garny et remply de toutes choses appartenais à la guerre : et luy là venu se  print à parlementer avec le seigneur de Boquiaux qui en estoit capitaine  et enfin fut le traicté faict parmy ce que ledit comte luy feit donner pour ses fraiz par le roy deux a mille escus d'or, et avec ce emportèrent luy et ses gens tous leurs biens. » Plus tard, le château fut rendu au duc Charles d'Orléans, et Boquiaux en reprit le commandement. Le comte de Saint-Pol n'abandonna la place toutefois qu'en y mettant le feu. Le duc d'Orléans répara les dommages.

En 1420, le château de Pierrefonds, dont la garnison était dépourvue de vivres et de munitions, ouvrit ses portes aux Anglais. Nous voyons qu'en 1422 cette place tenait pour le dauphin. Pierre de Fenin raconte comme quoi le seigneur d'Offemont, ayant rendu la ville de Saint-Riquier au duc Philippe de Bourgogne, en échange du seigneur de Conflans, de messires Rigault de Fontaines, Gilles de Gamache, Pothon de Xaintrailles et Loys Burnel, s'en alla à « Pierrefois (Pierrefonds), qui pour lors estoit en sa main. » Or le seigneur d'Offemont tenait le parti du dauphin.

Louis XII, étant duc d'Orléans, fit faire quelques réparations au château de Pierrefonds; toutefois il est à croire que ces derniers travaux ne consistaient guère qu'en ouvrages intérieurs, eu distribution d'appartements, car la masse imposante des constructions appartient tout entière au commence' ment du XVe siècle.

Le château de Pierrefonds est à la fois une forteresse du premier ordre et une résidence renfermant tous les services destinés à pourvoir à l'existence d'un grand seigneur et d'une nombreuse réunion d'hommes d'armes.

Sa force ne consistait pas seulement dans l'épaisseur et la hauteur de ses murs, dans les bons flanquements des tours, mais en une suite d'ouvrages extérieurs que rendait nécessaire l'invention de l'artillerie à feu, déjà prépondérante dans l'art de la guerre. Le château proprement dit est établi à l'extrémité d'un promontoire formé par le plateau du Soissonnais qui, sur ce point, est profondément érosé par des vallées. Le point extrême de ce promontoire, bien qu'élevé de 25 mètres au-dessus des deux vallons, est en contre-bas du niveau du plateau de 20 mètres environ, de telle sorte que ce plateau commande l'assiette du château. D'ailleurs, à 250 mètres de la forteresse, le promontoire s'élargit brusquement et, se réunissant à d'autres escarpements, forme deux amphithéâtres, qui semblent disposés tout exprès pour permettre d'entourer le château d'un demi-cercle de feux.

Il était donc très-important de commander le plateau, ces deux amphithéâtres, et de séparer l'extrémité du promontoire de la plaine élevée à laquelle il se soude largement.

Toutefois, au moment où Louis d'Orléans élevait le château de Pierrefonds, les armées ne traînaient point avec elles une artillerie à longue portée. Les bouches à feu que possédaient les corps en campagne n'étaient que des pièces de petit calibre, en fer forgé, ou quelques bombardes courtes, que l'on chargeait avec des boulets de pierre, dont le tir était parabolique et la portée faible. Pour préserver, au commencement du XVe siècle, le château des atteintes de cette artillerie, il n'était pas nécessaire d'étendre très-loin les ouvrages extérieurs, et si l'on trouve des traces de ces ouvrages au point où le promontoire se réunit à la plaine, c'est qu'on avait voulu commander celle-ci et se ménager les moyens, en cas d'attaque, de conserver autour de la forteresse un rayon assez étendu. Ces défenses contre la plaine opposées par conséquent au point d'où les attaques pouvaient être dirigées, se composaient d'une série de cavaliers isolés, qu'on appelait alors des boulevards, se commandant les uns les autres du dedans au dehors.

De ces cavaliers, le plus rapproché du château, commande les autres et est lui-même enfilé par les pièces que l'on mettait en batterie sur l'esplanade en avant du front méridional de la forteresse. Cette esplanade est séparée de la gorge du promontoire par un large fossé coupé à main d'homme dans la roche et le sable argileux très-compacte, composant ces terrains.

 

Description du château de Pierrefonds 02
 

FlG. 1.



[1] Il ne reste des constructions de l’église bâtie par Nivelon que des soubassements et une crypte. Nivelon Ier mourut vers 1072.

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HIÉRON OU TEMPLE-PALAIS ÉLEVÉ

A JÉSUS-HOSTIE ROI DES NATIONS

§ II LES SALLES PARTICULIÈRES

 Il nous reste QUATRE SALLES à parcourir. Chacune d'elles renferme des tableaux, des gravures, des cartes et autres objets d'art, qui ont été classés de manière à correspondre aux « quatre grandes idées » exposées plus haut.

 Outre leur ampleur, qui paraît tout d'abord étonnante, on remarquera l'habileté avec laquelle ces salles rectangulaires ont été disposées autour du Pavillon Central, et cela, malgré les difficultés inhérentes à la forme triangulaire de l'édifice.

Le visiteur devra pénétrer par la porte de droite, au-dessus de laquelle est gravé le mot : Entrée. Il aura terminé sa visite après avoir franchi la porte de gauche, qui a l'inscription : Sortie; car les appartements, qui ouvrent sur les parois latérales du vestibule, sont privés et interdits au public.

Il va sans dire qu'il est défendu de toucher à quelque objet que ce soit, au risque de le maculer ou de le détériorer. On recommande aussi de ne parler qu'à voix basse.

Ire  SALLE

DROIT SOCIAL DE JÉSUS-HOSTIE

 I° Fondement du Droit. — Jésus-Christ, Dieu-Homme, est sans aucun doute Roi des Nations « Rex Gentium, » par ses droits de Créateur et de Rédempteur. Il en porte le titre dans les Saintes Lettres et dans divers monuments de la tradition chrétienne. — Or, il a établi sa présence réelle sur la terre, dans le Sacrement de l'Eucharistie. C'est donc là même que le Roi-Hostie doit recevoir les adorations et les hommages sociaux qui lui conviennent.

Plusieurs tableaux de Maîtres rappellent d'abord l’Institution du Saint-Sacrement par Notre Seigneur. Cet acte fondamental a consacré l'établissement et fixé le siège de la royauté eucharistique.

Voir sur le mur parallèle à la porte d'entrée :

 N° 94. — La Cène. Ancienne Ecole de Venise. —Les convives sont groupés trois par trois, comme dans la Cène de Léonard de Vinci. Jésus bénit les pains de la main droite, tandis que la gauche est largement appliquée sur son Coeur débordant d'amour.

N° 2, 85, 104. — Cène d'Emmaüs, par le Tiepolo, Ciro Ferri et l'Ecole de Venise. — Ces toiles de grand mérite représentent Notre Seigneur se faisant reconnaître après sa résurrection, « à la fraction,» c'est-à-dire à la consécration du Pain. On remarquera les diverses expressions de respect et d'admiration des deux disciples, devant le mystère eucharistique renouvelé par Jésus lui-même. Les artistes ont reproduit ce sujet différemment, selon leurs conceptions particulières.

 2° Exercice du Droit. —- Dans tous les âges chrétiens" des hommes de Dieu : Apôtres, Pontifes, Docteurs et Thaumaturges ont affirmé et défendu, revendiqué et exalté les droits sociaux du Christ-Hostie. C'est aussi par l'Eucharistie que la Société chrétienne a été providentiellement formée et plusieurs fois sauvée et régénérée. — Le rite eucharistique est encore en Orient, nous l'avons dit, le seul lien qui désigne et unit les diverses nations : Arméniens, Grecs, Syriens, Coptes, Maronites etc.

Les principales toiles, qui se rapportent à cette idée, sont exposées sur la paroi de gauche, en entrant.

 N°48. — La Communion des Martyrs du Padouan (Alex. Varotari, 1590-1650).Les martyrs, liés aux piliers d'un cachot obscur, sont visités par Jésus-Christ qui les communie de sa propre main. —C'est un fait qu'on trouve plusieurs fois rapporté dans les actes des Martyrs des premiers siècles. Si douze millions d'hommes de tout rang et de tout sexe eurent la force de supporter les tourments des persécuteurs, il faut l'attribuer à Jésus-Hostie, qui avec eux et par eux vainquit le monde.

N° 7. — L’Invocation de saint Augustin. Attribué à Bernardin de Luini (xvie siècle). Le Saint, au type africain, est représenté bénissant, tandis qu'un ange lui apporte un missel et des burettes. Sa grande action dans l'Eglise et dans le monde peut être justement attribuée à l'Eucharistie.

N° 107. — Le Corporal miraculeux de saint Grégoire, d'après Sacchi. Des ambassadeurs étrangers, étant venus à Rome, supplier le Pape de leur donner des reliques, le Pontife leur donna un corporal. Comme ils se plaignaient de n'emporter qu'une étoffe, au lieu des reliques désirées, le Saint prit le linge sacré, le piqua d'un couteau, en présence du peuple, et il en sortit du sang. (Jean Diacre.)

N° 6. — La Condamnation de Beranger, par Carlo Dolce. L'hérésiarque ayant attaqué le dogme fondamental de l'Eucharistie, toute l'Eglise se leva pour le

défendre. Un pape, un cardinal, un archevêque et un évêque sont représentés déposant avec respect les livres de la défense aux pieds de l'Hostie.

N° 112 .— Les Docteurs autour du Saint-Sacrement. Ecole française (XVIIIe siècle). Saint Grégoire le Grand, saint Jérôme, saint Ambroise et saint Augustin, les docteurs latins, dont l'influence fut si considérable dans le monde, confèrent sur les louanges à donner au Saint-Sacrement, exposé dans l'ostensoir.

 Voici des portraits de saints personnages, qui ont défendu et exalté le règne de l'Hostie. Nous citons les principaux:

 N° 22. — Sainte Claire, fondatrice des religieuses qui portent son nom. Elle repoussa par le Saint-Sacrement les Sarrasins qui menaçaient d'envahir son monastère C'est pourquoi elle tient à la main une monstrance.

N° 98. — Saint Norbert, par le Bronzino. Le saint fondateur des Prémontrés, en chasuble, porte un calice surmonté d'une hostie, peut-être en souvenir des hosties de Bréda, recueillies par lui.

N° 21. — Saint Philippe de Nèri en extase, par Guido-Reni. Cette magnifique toile est une des plus belles de la galerie. Un servant soutient le pieux fondateur de l'Oratoire, qui est ravi en extase pendant le Saint Sacrifice. Il fut un des grands restaurateurs du culte eucharistique au 16ième siècle.

N° 11. — Saint Dominique guéri. Attribué à Carlo Cignani. Un groupe d'anges présentent l'ostensoir au malade, qui se dresse de son lit comme subitement guéri par Jésus-Hostie. On sait le rôle important que lui et son ordre remplirent ensuite dans l'Eglise.

N° 88. — Urbain IV. Ecole italienne, XVIIe siècle, Ce Pape fut le promulgateur de la Fête-Dieu, qui est le triomphe du Roi-Hostie.

N° 102. — Saint Vincent Ferrier. Original de Luc de Leyde. Un enfant mort-né est présenté sur un bassin, par ses parents agenouillés. Le Thaumaturge, qui vient de dire la sainte Messe, prie debout avec ferveur et les mains jointes. Il obtiendra la faveur qu'il sollicite. On le représente avec des ailes et une flamme sur la tête, parce qu'il se nommait l'Ange de l'Apocalypse.

 On verra aussi avec intérêt dans la première vitrine les collections d'empreintes d'hosties, où se trouvent des emblèmes rappelant la royauté eucharistique du Christ, par exemple : le sceptre royal, le globe du monde, la balance de justice.

On remarquera également des inscriptions ayant le même sens comme : I.C. X.C.-NI. KA. Jésus-Christ a vaincu.

Des fers à hosties et d'autres objets suspendus à la muraille rappellent la même idée.

 3° Reconnaissance du Droit. — Le sens chrétien et la piété des fidèles, des familles et des peuples ont toujours reconnu et cherché dans l'Eucharistie la royauté souveraine et universelle. Enfin l'Eglise a été amenée surnaturellement à établir la fête du Très-Saint-Sacrement qui est la reconnaissance solennelle et le triomphe public du Roi des Nations caché dans l'Hostie, lequel a voulu se faire la nourriture de nos âmes. Tel est l'enseignement de la théologie, résumé par saint Thomas d'Aquin : « Christum Regem adoremus, dominantem gentibus, qui se manducantibus dat spiritus pinguedinem. — Adorons le Christ-Roi, dominateur des Nations, qui donne la vigueur de l'esprit à ceux qui en font leur nourriture. »- — (Invit. Off. SS. Sacram.).

 la série de droite, vous suivrez tout à votre aise l'épanouissement de la piété envers le Roi-Eucharistique. Nous signalons les tableaux plus importants.

 N° 23. - Communion de la Sainte Vierge. Ecole française (XVIIesiècle). Avec quel respect Marie reçoit le corps de son divin Fils! Elle est le modèle des communiants.

N° 25. — Communion de sainte Madeleine à la Sainte-Baume. Attribué au Corrège (Allegri). La sainte pénitente entourée d'anges, reçoit le viatique de la main d'un vénérable prêtre.

N° 27. — Même sujet, par Benoît Lutti (XVIIIe siècle).

N° 26. — Communion de sainte Marie l'Egyptienne.

N° 27. — Communion de saint Bonaventure. Ecole espagnole (XVIIIcsiècle), Grisaille. Le docteur séraphique se trouve indigne de la prêtrise ; mais un ange lui apporte la moitié de l'hostie consacrée. Le prêtre célébrant la messe, se retourne étonné.

N° 56. — Saint François d'Assise devant le Saint-Sacrement. Original, sur acier, de Guido-Reni. L'un des plus précieux tableaux du Musée. On admirera l'attitude du patriarche d'Assise devant son divin Roi. Effet remarquable de perspective et de lointain.

N° 50. — Saint Ignace et saint François-Xavier en adoration devant l'Hostie. Original de Sasso Ferrato. Ils offrent l'hommage de leur Ordre, si dévoué au

Saint-Sacrement.

Les Nos 106, 50 et 159, représentent l'Eucharistie dans le Purgatoire, où elle exerce en effet son empire, par la délivrance des âmes, selon le dogme de la foi. Voyez appendus, au-dessous, plusieurs petits cadres très remarquables. Les patrons de tel ou tel foyer domestique y sont groupés aux pieds de l'Hostie, en signe de respect et d'hommage. C'est là une forme touchante de la dévotion des familles chrétiennes envers le Roi-Eucharistique. —Nos 57, 58, 59 —A remarquer aussi le N° 70. — Communion de saint Louis de Gonzague, par Camoncini. Tout y respire la plus tendre piété.

 D'autres tableaux sont l'oeuvre de pieux artistes tourmentés eux-mêmes par le désir d'attirer plus d'honneur à Jésus-Hostie.

 Ainsi, le n° 42. —Le Sacrement au milieu des fleurs, par Daniel Zeegers, S. J.

N° 41. — Le Saint-Sacrement en gloire. Esquisse d'Annibal Carrache.

N° 103. — Les Docteurs écrivant sur le Saint-Sacrement en gloire. Ecole romaine (XVIIIesiècle).

 Les vitrines 2 et 3 renferment des objets d'art antiques et modernes, qui rappellent la vénération des fidèles envers l'Hostie. La belle collection de fac-similé de lampes des catacombes est un don du comte Acquaderni. Les symboles représentés sont pleins de sens mystiques.

 Enfin, sur la paroi en face, dans le coin, le Miracle de Bolsène — No 108, (copie de Raphaël, par Jules Romain), — termine bien la série. Un prêtre disant la messe vit le sang jaillir du calice et ensanglanter le corporal. Ce fait détermina Urbain IV à instituer la Fête-Dieu. L'hostie et le corporal miraculeux sont conservés, depuis 1264, dans la splendide cathédrale d'Orvieto.

 4° Permanence du Droit. — Le droit social de Jésus-Christ est inaliénable.

C'est pourquoi tant qu'il y aura sur terre une hostie consacrée, elle devra être le centre de tous les hommages, non, seulement de la part des individus, mais aussi des familles, des sociétés et des peuples.

L'Eglise militante d'ici-bas, jalouse de ce précieux dépôt, rivalisera en quelque sorte avec l'Eglise triomphante du ciel, pour rendre plus d'honneur et de vénération à ce grand Sacrement.

 C'est le sujet du célèbre tableau de Raphaël, au Vatican : La dispute du Saint-Sacrement. Le N°46 en offre une copie de Nicolas Mignard (1605-1668).

  la fin du monde, le Dieu des tabernacles exercera sur la terre son règne caché et mystérieux, à l'aide d'agents qu'on peut appeler eucharistiques, parce qu'ils agiront et lutteront par l'Hostie et pour elle. Tels furent, dans le passé :

 N° 34. — Le cardinal Borromèe arrêtant la peste de Milan. Le Saint porte dans les rues le viatique aux moribonds. Copie ancienne.

N° 161.— Saint Pascal Baylon, le pâtre de l'Ombrie qui, par son influence extraordinaire, vulgarisa les célèbres tableaux eucharistiques appelés « Maësta» ou « Majestés. »

On peut aussi rattacher à cet ordre d'agents eucharistiques, le N° 20, — Apparition de saint Michel au mont Gargan. Esquisse attribuée au Dominiquin. L'archange saint Michel apparaît au mont Gargan, tandis que des infidèles venaient empêcher la célébration de la messe des Exorcismes. Un taureau fugitif est arrêté et les méchants sont renversés par l'éboulement de la caverne.

 Enfin un peintre a très heureusement imaginé qu'au dernier soir du monde,

les anges viendront prendre, à Saint-Pierre de Rome, la dernière hostie consacrée, pour lui faire, avec les esprits célestes et les bienheureux, une apothéose suprême.

 N° 35. — Apothéose de l'Eucharistie. Ecole de Venise (XVIIe siècle). Le Saint-Sacrement renfermé dans vu vieil ostensoir est élevé au ciel.

 Dès lors le règne de Jésus-Christ sera fini sur la terre, pour se continuer au-delà des temps, dans la gloire céleste, pendant l'éternité. « Et Regni ejus non erit finis. » (Luc. 1. 33.)

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HIÉRON OU TEMPLE-PALAIS ÉLEVÉ

A JÉSUS-HOSTIE ROI DES NATIONS

II.EMBLÈMES.

Aux quatre angles du dôme, et sur la ligne même des quatre inscriptions, sont abrités sous de belles arcatures en fer ouvré, qui forment dais, les quatre grands Emblèmes du Christ, ou CHRISMES, consacrés et adoptés à travers les âges chrétiens, pour servir de signes de ralliement autour de l'Agneau.

Chrisme.pngLe premier est formé par le monogramme du Christ accolé des lettres symboliques A et Ω, selon le mot de saint Jean «Ego sum. A et Ω., principium et finis. » (Apoc., 1, 7). Cet emblème, que l'on trouve déjà dans les catacombes, figure à partir de Constantin sur le Labarum impérial, comme on le constate par une foule de monuments, médailles et monnaies. Il affirmait contre le paganisme et les hérésies le droit de domination du Christ, Dieu-Homme.

Sous les empereurs de Byzance, le Chrisme fut la Croix ancrée ou potentée, avec la devise grecque : I.C.X.C.-N.I.K.A, c'est-à-dire : « Jésus-Christ a vaincu. »

En Orient, cet emblème se retrouve encore partout sur les édifices publics et sur les maisons particulières. Les Occidentaux, à la même époque, gardaient seulement la croix, en y ajoutant parfois une devise latine : Christus Regnat ou Deus vult.

Ce signe sacré eut son plus brillant éclat dans les luttes contre l’Islamisme.

Plus tard le «Chrisme» accepté généralement représentait les trois premières lettres grecques du nom de Jésus: I. H. S. dans une gloire rayonnante. Cet emblème, connu, dit-on, à partir des révélations de Ste Julienne de Mont Cornillon, fut répandu en même temps que l'idée de la Fête-Dieu, par plusieurs Saints, en particulier S. Bernardin de Sienne. L'ordre de S.François le prit pour son blason, du XIVe au XVe siècle. AU XVIe siècle, la Compagnie de Jésus, suscitée providentiellement pour lutter contre le Protestantisme, l'adopta comme son chiffre et en fit le symbole de son immense action sociale dans le monde.

Enfin l’EMBLÈME DU SACRÉ-COEUR, révélé à la Bse Marguerite Marie, est le nouveau «signe de ralliement » proposé aux chrétiens militants des temps modernes pour rendre hommage à Jésus-Hostie. Que les individus et les nations l'acceptent sans plus tarder, afin de réveiller leur charité languissante et de lutter avantageusement contre les attaques du Satanisme contemporain (1). Dès lors ce « Chrisme » encore obscur aura, lui aussi, sa gloire et son triomphe.

 III ECUSSONS.

 La frise contournant le périmètre de l’« Aula Fastorum » est ornée de blasons ou écus, qui sont à la fois le complément nécessaire et le plus magnifique commentaire des inscriptions et des emblèmes. Ils représentent les « PUISSANCES», parmi lesquelles le règne de Jésus-Christ s'est réalisé dans le passé, ou se réalisera, il faut l'espérer, dans un avenir prochain.

C'est ainsi que dans le domaine du Droit Social, on a placé les écussons des cinq principaux RITES EUCHARISTIQUES: le Grec, Arménien, le Latin, le Syro-Chaldéen et le Mozarabe. N'est-ce pas en effet dans l'Hostie consacrée par les diverses liturgies, que s'établit la présence réelle de Jésus-Christ, avec toutes les prérogatives, de sa royauté sur les peuples? On peut dire avec un saint Père : « Le Roi est là! » (S. Cyrille de Jér. Catéch. v). On doit adorer dans l'Hostie, selon le terme d'une messe du rite Grec : le « ΠAMBAΣIAETΣ», c'est-à-dire le chef universel des Maîtres du Monde. (Canon de la liturgie de St Basile. — Voir RENAUDOT.)

C'est donc à juste titre que les hosties sont ici couronnées. Aussi bien les diverses nations chrétiennes se sont-elles formées d'abord autour de l'Eucharistie ; et le RITE seul est encore en Orient ce qui distingue les Nations.

Pour le Fait historique, cinq grands Etats de l'Europe l'ont affirmé presque à toutes les pages de leur ancienne histoire. Les blasons désignent: le Royaume de France, le Saint-Empire d'Allemagne, la Confédération Italienne sous la présidence du Pape, les royaumes autrefois si catholiques d'Angleterre et d'Espagne. Ces Nations ont reconnu la royauté de Jésus-Christ, à ce point que tous les Rois et Empereurs affirmaient tenir leur puissance « de la Grâce » ou « de la Miséricorde de Dieu » : Dei gratia Rex, — et ne l'exerçaient que sous la dépendance du Christ-Régnant.

En France, par exemple, les monnaies d'or appelées Agnels portaient à l'effigie l'image de l'Agneau, et au revers une croix avec l'exergue : Xtus Vincit. — Xtus Régnat. – Xtus Imperat.

A la Règle ou Norme Economique se rattachent CINQ PUISSANCES secondaires, qui s'étant vouées à Jésus-Christ, en se fédérant chacune avec un ordre chevaleresque Eucharistique, sont devenues extraordinairement prospères, à ce point d'être prépondérantes et de jouer un rôle très important dans le monde. Telles furent : la Suisse, la Belgique, le Portugal, le Danemark et la Hollande; dont les blasons sont accolés à ceux des ordres de chevalerie confédérés. En ces exemples, s'est vérifiée la parole du Maître, qui est la vraie solution du problème économique : « Quaerite primum regnum Dei et justitiam ejus, et omnia adjicientur vobis. (Math., vi, 33.) »

Nous nous trouvons devant un idéal sublime, en franchissant le domaine de la Promesse Politique, qui se rattache au Culte Social du Sacré-Coeur. Ici les écussons vous exposent un programme magnifique et grandiose, qui ne tendrait à rien moins qu'à grouper toutes les races ou nations prépondérantes aux pieds de Jésus-Hostie, sous l'emblème unique du Divin Coeur. De très bons esprits ont prédit cette Union finale des Grandes Races. Les écusson représentent successivement: l’Union Latine, l'Union Anglo-Germanique, l'Union Pan-Américaine, l'Union Asiatique, l’Union Australienne.

Après tout, les Nations, « Gentes » appartiennent de Droit à Jésus-Hostie,  et ce ne serait que justice si elles se laissaient gagner par les attraits de son immense charité.

Les huit derniers blasons qui occupent les quatre coins de la salle, au-dessous des quatre signes de Domination, figurent les Sociétés ou Ordres chevaleresques, qui ont pris l'initiative d'ériger des Temples-Palais à l'Agneau-Vainqueur, en vue de reconnaître précisément sa royauté sociale et de « la proclamer. »

(1) Dans les diplômes maçonniques des plus hauts degrés, on trouve représenté le Coeur de Jésus, avec ces mots: « COR EXECRANDUM. »

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HIÉRON OU TEMPLE-PALAIS ÉLEVÉ

A JÉSUS-HOSTIEROI DES NATIONS

 

I.  INSCRIPTIONS.

— Dès que vous avez  pénétré dans l’Aula Fastorum, votre regard est attiré par quatre inscriptions latines, en lettres capitales, qui se détachent et ressortent au milieu des divers ornements. Là en effet sont exposées, en formules claires et précises, les quatre idées maîtresses, qui sont la clef du HIÉRON et le résumé de toute la doctrine théorique et pratique du Règne social de Jésus-Hostie.

 A) En face de l'entrée, à l'Ouest, vous lisez :

 Agno Divino in Hostia proesenti

JURE SUO

Imperium competit in gentes universas

 Ce qui veut dire, en traduisant presque mot à mot :

 A l’Agneau Divin, présent dans l'Hostie

DE DROIT

Appartient l’Empire sur toutes les Nations.

Au-dessous, vous voyez de chaque côté, reposant sur les pilastres massifs, des chapiteaux en forme de cartouches accolés, dont le cadre est en feuilles de chênes. On lit au milieu l'indication des sources, où se trouvent les preuves de ce Droit.

 C'est d'abord à gauche : « SACRA SCRIPTURA, » L'Ecriture Sainte, et « TRADITIO CHRISTIANA, » la Tradition chrétienne. Puis, à droite : « SS. DOCTORES, » les Saints Docteurs, et « ECCLESLE MAGISTERIUM, » le Magistère de l'Eglise.

On ne nous demandera pas ici un exposé de ces preuves, qui exigeraient des volumes. Les visiteurs instruits et compétents en découvriront d'eux-mêmes un certain nombre. On connaît bien, par exemple, les principaux textes de la Bible, qui affirment la royauté sociale du Christ.

 « Postula a me, et dabo tibi GENTES HÆREDITATEMTUAM. » (Ps. II, 8.) — « Digitus est AGNUS QUI OCCISUS EST, accipere virtutem et honorem et gloriam. » (Apoc. v, 12.)

 — L'Agneau qui est immolé, n'est-ce pas Jésus-Hostie? Or d'après le contexte, il s'agit aussi d'une gloire et d'une royauté terrestres. Pour plus d'amples détails, nous renvoyons à la Bibliothèque et aux publications de la Société des Fastes (1). Une Revue semblable, poursuivant le même but, se publie en Italie, sous le titre de « Regno di Gesu-Cristo. »

B) Du côté du Nord, on voit cette inscription :

 Per ava inter populos Hostiae devinctos

FACTUM EST

Audire Christus vincit regnat imperat

Traduction :

 A travers les âges chrétiens, parmi les peuples voués à l’Hostie,

LE FAIT EST

Qu'on répétait à l'envi: Le Christ est Vainqueur, Règne et Commande.

Les preuves de ce Fait se trouvent partout : l1 Histoire « HISTORIA », les Arts « ARTES, » la Législation « LEGES, » et la Politique « POLITICA » en rendent un éclatant témoignage, à qui les étudie sans parti pris. Ces indications sont gravées sur la pierre.

 C) A l'Est, vous lisez :

 Hisce in aedibus studiosis servatur illustratur

ARS SEU NORMA

Optimi sub Christo-Hostia societatum regiminis

 C'est-à-dire en français :

 Dans cet édifice, les hommes d'étude trouvent exposé

L'ART OU LA NORME

Du meilleur Gouvernement des Sociétés sous le Christ-Hostie.

Sur les cartouches correspondants, sont marqués les GRANDS PRINCIPES je dirais mieux les grands secrets (Règles) de cet art divin. Il consiste à grouper, autour de Jésus-Hostie, tous les hommes, ses sujets, depuis les unités isolées jusqu'aux multitudes constituées en nations. On arrivera à ce but par divers degrés : Les Serments individuels, « JURAMENTA INDIVIDUA, » les Pactes des Familles, « PACTA FAMILIARUM,» les Alliances des Sociétés, « FOEDERA SOCIALIA », et les hommages des Nations, « OBSEQUIA NATIONUM. »

 D) Enfin au côté Sud, il est écrit :

 Pacis restaurandæ, Parodii, civitatibus regnis

DATUM EST PROMISSUM

Si in Christum Hostiam (sub signo SS. Cordis). Obsequium juretur.

 On peut traduire ainsi, en gardant, autant que possible, la contexture du

latin :  C'est à Paray, qu'en faveur du rétablissement de la paix sociale, aux Etats et Royaumes,

UNE PROMESSE A ÉTÉ DONNÉE

A condition qu'au Christ-Hostie (sous le symbole du Sacré-Coeur) L'hommage serait juré.

Ici les cartouches rapportent les divines exigences ou conditions, telles que le Coeur de Jésus les a exprimées dans sa révélation sociale de 1689. (Voir la Vie de la Bse Marg.-Marie). — Les abréviations se complètent, et se traduisent ainsi :  « IMAGO COLATUR S. CORDIS» : Culte de l'Image du Sacré-Coeur. - « VEXILLA REGIS PRODEANT CHRISTI-HOSTIAE» : Déploiement des étendards qui affirmeront la royauté du Christ-Hostie. - « REPARATIO FIAT SOCIALIS IN HOSTIAM » : Réparation sociale envers l’Hostie. — « JESUS-HOSTIA REX RECLAMETUR» : Nouvelle proclamation de Jésus-Hostie comme Roi.

(1) La Bibliothèque des Fastes Eucharistiques, qui compte déjà quatre à cinq mille volumes, occupe un pavillon particulier au fond du « HIÉRON». — Parmi les publications de la Société, nous citerons la Revue Trimestrielle, rédigée en français, qui a paru de 1882 à 1888 sous le titre de « Règne de Jésus-Christ. » Depuis cette époque elle a pris le nom d'Institut des Fastes Eucharistiques

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HIÉRON OU TEMPLE-PALAIS ÉLEVÉ

A JÉSUS-HOSTIE ROI DES NATIONS

II. — VISITE À L'INTÉRIEUR

Après avoir passé la grille et gravi les quatre marches de l'escalier d'entrée, le visiteur franchit le seuil du HIÉRON.

L'édifice est ici fermé pendant la nuit, par un rideau métallique mobile, qu'on abaisse ou relève à volonté.

Dans ce premier vestibule, on remarquera deux plaques de marbre blanc, qui sont de chaque côté. Elles portent des inscriptions importantes.

A droite, sont relatés les ACTES PONTIFICAUX RENDUS JUSQU'A CE JOUR EN FAVEUR DE LA SOCIÉTÉ DES FASTES. C'est d'abord l'EXTRAIT D'UN BREF, de Sa Sainteté Léon XIII, en date du 23 mai 1888, où l'on trouve une APPROBATION très explicite de l'Oeuvre. Nous donnons la traduction du texte latin : « La Société des Fastes Eucharistiques fait profession de vouloir employer ses soins à promouvoir dans les Etats l’Empire du Christ. Cette entreprise est sans doute excellente en elle-même ; car que peut-on faire de plus saint que de s'efforcer d'appeler les Nations à rendre  hommage à Dieu ? »

Vient ensuite le RESCRIT de la Sacrée Congrégation accordant de précieuses Indulgences aux Membres de la Société. Il est du 19 juin 1888. A gauche, est la Dédicace du HIÉRON en latin et en français. L'épigraphe latine est ainsi traduite :

« La Société des Fastes Eucharistiques, En vue d'exalter la gloire de la Divine Hostie, Et de faire connaître davantage Son rôle dans le Monde ; A fait codifier ce monument Au siège même, Des apparitions du Sacré-Coeur dé Jésus, En l'an du Christ-Régnant, MDCCCXCIII. »

Une grande et belle porte en fer ouvré et à chassis vitrés, donne accès dans l'Atrium. Ici déjà le jour vient d'en haut ; mais on n'a pas à s'en plaindre, car la lumière, tamisée par un large plafond de verre dépoli, tombe à la fois douce et abondante. Ce même procédé sera gardé dans tout l'édifice.

Le pavé de mosaïque commence dès l'entrée, pour se continuer à travers toutes les salles principales, avec plus ou moins d'ornements. Il est partout d'une composition aussi simple que distinguée.

Au milieu de l'Atrium, vous lisez par terre, dans un élégant encadrement, le mot : « Salve ». — C'est, si l'on veut, un salut de bienvenue adressé au visiteur, selon l'antique formule. Mais les pieux chrétiens y verront plutôt une invitation à invoquer, avec l'Eglise, la Vierge Marie, afin qu'elle leur fasse connaître, dans le mystère de l'Hostie, les gloires cachées de son Divin Fils Jésus, en attendant de les leur montrer face à face après l'exil de cette vie. « Salve Regina… et jesum benedictum nobis post exilium ostende ! »

N'est-ce pas par Marie que l'on va plus sûrement à Jésus? Les siècles de foi l'ont toujours affirmé. Deux colonnes massives en marbre de Carrare soutiennent des chefs-d'œuvre eucharistiques de premier ordre : Ce sont deux tabernacles antiques des grandes écoles de Donatello (1383-1466) et de Bramante (1444-1514). Le premier représente l'histoire abrégée de l'humanité déchue en Adam et Eve, et restaurée par l'Agneau.

Le second est un « ex debito » exigé par la Justice, à la suite d'un sacrilège commis. Deux autres sujets portent les noms célèbres d’Orcagna (1329-1389) et de Philibert Delorme (1518-1587). Nous voici devant trois grandes portes en chêne, qui quand elles sont ouvertes, laissent aussitôt pénétrer le regard jusqu'au fond des trois axes de développement du HIÉRON. La salle du milieu est la principale ; elle porte ce titre latin : «Aula Fastorum». On ne l'ouvre qu'à certains jours.

A la rigueur, les explications sommaires que nous allons en donner, pourront suppléer à la visite, au moins dans une certaine mesure. Elles seront nécessaires à quiconque voudra « de visu » se rendre compte des détails et saisir parfaitement l'idée générale. D'autant que les Inscriptions sont en latin épigraphique et parfois même en abrégé.

 § 1. — AULA FASTORUM

OU

GRANDE SALLE des FASTES

 Comme le nom l'indique, c'est ici la Grande salle des Fastes (1). On y trouve en effet résumées, dans une vaste et brillante « Synthèse, » les conclusions des immenses travaux « analytiques » que les membres savants de la Société ont entrepris et menés à bonne fin.

Aussi ce local (j'allais presque dire ce sanctuaire,) est-il le centre et le siège principal de l'Œuvre, qui y tiendra désormais ses conseils et ses grandes assises. La Société des Fastes étant internationale, dans le sens catholique du mot, il était naturel qu'on donnât ici l'avantage au latin sur le français.

On entre d'abord dans un vestibule d'honneur réservé aux « Promoteurs du Règne social de Jésus-Christ-Hostie. »

L'inscription trilingue, qui fut placée au-dessus de la croix, par ordre de Pilate, domine fort bien cette noble antichambre (2). « Il fallait, dit Bossuet, que la « Royauté de Jésus fût écrite en la langue  hébraïque, qui est la langue du peuple  de Dieu ; et en la langue grecque, qui est la langue des doctes et philosophes ; et en la langue romaine, qui est celle de l'Empire et des Maîtres du monde.»

De fait, les Maîtres du monde, dont les portraits figurent dans cette galerie, ont rendu hommage à la Royauté Suprême de l'Agneau. Témoins CONSTANTIN LE GRAND (305-337) et CHARLEMAGNE (800-814), ces deux incomparables empereurs, qui ont déposé leurs épées et leurs couronnes aux pieds de Jésus-Hostie, en se proclamant les champions de sa gloire et les serviteurs de son Eglise ; témoins ces souverains des nations catholiques, qui ont lutté et triomphé, par et pour « l’Agneau Régnant, » selon l'expression de leurs actes officiels : le roi de France, CLOVIS 1er, vainqueur à Tolbiac (415-511), — le roi de Castille, saint FERDINAND, qui conquit Cordoue et Séville sur les Maures (1217-1251), — le roi de Portugal, JEAN Ier, qui leur prit Ceuta et fonda la marine portugaise (1385-1435), —' la reine d'Espagne, ISABELLE LA CATHOLIQUE, dont le plus beau titre de gloire est encore d'avoir protégé le grand navigateur chrétien, qui découvrit l'Amérique (1450-1504).

C'est aussi à bon droit qu'à côté de ces princes, figurent les hommes providentiels suscités par Dieu, pour défendre et agrandir le Règne de Jésus-Christ. CHRISTOPHE COLOMB (+ 1505) et VASCO DE GAMA (+ 1525) n'eurent rien de plus à coeur en découvrant le Nouveau-Monde et les Indes-Orientales ; non plus que Dom HENRIQUE DE BOURGOGNE (-(- 1112), en se croisant contre les Sarrasins d'Espagne, ce qui valut à sa postérité le trône de Portugal.

Et que fut enfin JEANNE D'ARC (+ 143 1), sinon l'envoyée du Christ « qui aime les Francs », et qui en sauvant par elle leur royaume, voulut conserver les meilleurs ouvriers des Gestes de Dieu, « Gesta Dei per Francos. »

Si la république de Venise a été, pendant plusieurs siècles, la Reine des Mers, c'est qu'elle était consacrée à Jésus-Hostie. Ses célèbres Doges VÉNIER ET CICOGNA et son amiral BRAGADINO, le héros de Famagouste, sont bien à leur place, parmi les promoteurs du Règne de l'Agneau.

Arrêtons-nous enfin à cette belle et noble figure de GARCIA MORENO, le président de l'Equateur. Il a vécu et il est mort pour le Christ. Sa République vouée à Jésus-Hostie, sous le symbole du Sacré-Coeur, reste le modèle des Etats chrétiens, à notre époque.

Il est évident que cette galerie est très incomplète. Il y manque des centaines et des milliers de personnages célèbres : rois et princes, pontifes et docteurs, guerriers et savants, apôtres et missionnaires qui ont proclamé, défendu, exalté et agrandi l'Empire du Christ.

D'ailleurs le Dieu Eucharistique étant toujours parmi nous, la série n'est pas close, ni des hommes, ni des peuples, qui se feront les champions et les serviteurs du Règne social...

(1) Le mot Fastes, en latin Fasti (de « fas fari, ») signifie les conclusions ou déclarations de droit, les témoignages et actes authentiques, basés sur des enquêtes juridiques et consignés comme tels, dans les Registres et monuments publics. Les « Fastes Eucharistiques » ne sont que les déclarations du droit social de Jésus-Hostie.  (2) Cette inscription a été reconstituée par M.ROHAULT DE FLEURY, d'après les fragments qui en restent visibles sur la tablette originale conservée à Rome, dans l'Eglise de Sainte-Croix. Les trois textes sont écrits de droite à gauche, selon le mode hébraïque.

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