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L'Avènement du Grand Monarque

L'Avènement du Grand Monarque

Révéler la Mission divine et royale de la France à travers les textes anciens.

Publié le par Rhonan de Bar
Publié dans : #EN FAVEUR DE LA MONARCHIE

 

Photo 011

 

En des temps reculés, où les pères avaient encore des valeurs a transmettre à leurs progénitures. Ce Testament anonyme...

 

 

VIVE LE ROI!

OU

TESTAMENT POLITIQUE

 

 

MES ENFANS,

 

J'IGNORE quel destin vous attend ; mais quel qu'il soit, n'oubliez jamais qu'il est également indigne de l'homme de s'enorgueillir des faveurs de la fortune, ou de fléchir sous l'adversité. Heureux qui, fort d'une éducation soignée et de grands exemples, a pu se former un caractère noble et généreux, une âme sensible, un coeur droit et pur, une religion sainte! Heureux, cent fois heureux celui pour qui la reconnaissance n'est point un fardeau pénible, et dont le front ne rougit point auprès de l'ancien ami que le malheur a frappé de sa verge de fer!

Mais, ô Dieu ! qu'il est difficile d'acquérir cette pureté d'âme et cette noblesse de caractère d'où seules dépend notre félicité! combien de circonstances, légères en apparence, peuvent détruire en nous l'heureux penchant qui nous entraîne au bien, et nous plonger dans un abyme effrayant d'erreurs et de crimes ! combien il est dangereux de nous offrir à travers un prisme brillant un avenir mensonger et coupable, et qu'il est pénible de rétrograder, quand, sur la route où nous avons formé nos premiers pas, nous n'avons aperçu que des fleurs et des fruits à moissonner!

Inspire-moi, grand Dieu! enseigne-moi par quels sentiers je dois conduire ceux dont ta bonté m'a confié le bonheur ; guide mon esprit, embrase-moi du feu sacré de la vérité, remplis mon coeur de ta clémence et de ta justice; j'y vais puiser pour écrire.

Et vous, ô mes chers enfans ! vous que la faiblesse de l'âge a garantis des préjugés et de l'erreur, écoutez-moi : j'ai peu vécu moi-même, mais vingt ans de la révolution française sont un siècle d'expérience.

Peut-être la mort me frappera-t-elle avant que l'éducation ait achevé votre existence ; lisez alors ce testament que je vous dédie, vous m'y retrouverez tout entier.

Soyez heureux ; et si mes conseils et mon amitié vous aident à parcourir aisément le chemin de la vie, venez quelquefois pleurer sur mon tombeau : les larmes de mes enfans sont le seul éloge funèbre que j'envie.

Nés dans la société, c'est à la société que vous appartenez ; c'est pour elle que vous devez acquérir des connaissances solides ; c'est dans son sein que vous devez les répandre.

Mais en parcourant le cercle qui vous y est réservé, craignez l'affreux délire de l'ambition; cette horrible passion change nos goûts, éteint l'honneur, étouffe les cris de notre conscience, et nous aveugle sur le mérite de nos rivaux, en nous dérobant les vices de nos partisans ou de nos flatteurs. L'ambition a mis l'univers en mouvement; les puissances se sont heurtées et déchirées dans l'impétuosité de leur choc, et la terre n'eût plus offert bientôt qu'un amas de ruines et de débris, si la main de Dieu n'eût brisé le sceptre de l'impie et rétabli l'équilibre.

Parcourons rapidement cet épisode révolutionnaire, cherchons sans partialité quelles diverses passions ont dirigé cet œuvre de malédiction, et d'après cet examen formons-nous un guide assuré de ce que doit être aujourd'hui l'opinion de tout Français, quel que soit son rang, sa fortune ou ses revers.

Depuis long-temps la secte prétendue philosophique avait esquissé ce grand ouvrage, et ses nombreux sectateurs en hâtaient chaque jour l'exécution par leurs écrits trop malheureusement célèbres; les journaux, les feuilles polémiques, les romans, et bien plus encore les chefs-d'oeuvres de notre scène française, versaient lentement dans nos coeurs le poison du républicanisme; le mauvais état des finances, l'immensité des dettes contractées par les premiers personnages de la cour; le mépris où la religion était tombée, peut-être moins encore par le ridicule où l'avaient jetée ses nombreux détracteurs, que par l'immoralité publique de quelques-uns de ses ministres- ; la haine du célibat parmi les ordres religieux, l'abandon entier de ses devoirs parmi la classe bourgeoise, le luxe du commerce et l'ambition du barreau , tout contribuait à-la-fois au renversement de l'ordre établi : rien alors ne pouvait sauver l'Etat de l'anarchie qui le menaçait,...rien qu'un grand acte d'autorité que le Roi n'osa pas ordonner. La révolution se fit ; toutes les haines se réunirent, et les chefs de cette infâme coalition virent, peut-être en tremblant, l'épouvantable résultat de leurs leçons et de leur doctrine; mais, s'ils conçurent alors l'honorable projet d'en prévenir les funestes effets, était-il en leur pouvoir d'y parvenir ? Non ; le coup était affreux, mais il était-sans remède.

En effet, que représentait l'optique révolutionnaire? charmes toujours attrayans d'un état républicain. A qui cette agréable perspective était-elle offerte ? à des hommes enivrés de ces grandes vertus dont ils avaient pour ainsi dire sucé le lait dans les chefs-d'oeuvres des Cicéron et des Tacite, à des hommes devenus romains avec les Corneille et les Voltaire.

- Et pourquoi ne le dirais-je pas? L'éducation a dû coopérer beaucoup "aux principes de la révolution, et n'est peut-être pas, sous ce rapport, ce qu'elle doit être dans un pays où le gouvernement monarchique est le seul qui puisse convenir. Quoi de plus séduisant que Rome ? quoi de plus séduisant que ce partage égal de l'autorité publique, que ce renversement des prérogatives héréditaires, que cet appel de tous les citoyens aux premières charges de L'Etat ?

Quoi de plus séduisant que le tableau de Cincinnatus, abandonnant sa charrue pour venir combattre à la tête des légions romaines, et mériter une simple couronne de chêne, gage précieux de l'estime de ses concitoyens quels sentimens peuvent naître dans l'âme de l'adulte, qui respire en grandissant l'air brûlant de la liberté romaine ? que devez-vous en attendre, quand, à la place de ce sénat si fameux, il ne voit qu'un trône que les vertus ni la clémence de César n'ont pu légitimer à ses yeux ? que deviendra-t-il ?». Ce que sont devenus nos brigands révolutionnaires, l'assassin de ses rois. O mes enfans ! le temps et surtout l'expérience vous apprendront un jour que ce  qui fut chez Brutus le sceau d'un grand courage, devint un crime hideux pour les bourreaux de Louis XVI.

Louis XVI ! à ce nom sacré que de souvenirs déchirans viennent briser le coeur! L'histoire vous dira cette épouvantable catastrophe ; elle vous dira les crimes de ces hommes, à-la-fois sujets, accusateurs et juges de leur roi; vous frémirez en apprenant de quel sang ils ont arrosé les marches du trône, de quel sang ils ont honoré l'échafaud ; votre coeur cessera de palpiter un instant, quand elle déroulera sous vos yeux le tableau dégoûtant de leurs orgies, de leurs meurtres, de leurs souillures; et vous haïrez la fortune et ses faveurs, quand bientôt après vous les verrez s'élever sur les débris de la France, et s'asseoir orgueilleusement autour d'un trône nouveau ; quand vous verrez ces superbes républicains, couverts des titres qu'ils ont abolis , s'humilier profondément aux pieds d'un tyran, et s'enorgueillir du plus dur, comme du plus honteux esclavage. Les juges de ce terrible tribunal ne se couvrirent pas tous d'opprobre quelques uns, républicains de bonne foi, se laissèrent entraîner à l'illusion qui les enivrait, et votèrent le bannissement à perpétuité; plusieurs, trop faibles pour résister à la force de la terreur dont ils étaient frappés, votèrent la mort et l'appel au peuple (l'appel au peuple eût sauvé le Roi); d'autres ajoutèrent à la férocité de leur opinion l'insulte et l'acharnement : ils remplirent le  calice révolutionnaire de tout le sang royal, et se disputèrent entr'eux l'exécrable plaisir d'y porter leurs lèvres impies pour s'en rassasier jusqu'à la dernière goutte.

Le crime s'acheva ; la nation fut en deuil : quelques-uns s'expatrièrent, quelques autres attendirent la hache à laquelle un bien -petit nombre échappa. Le délire fut à son comble ; les partis se divisèrent, et durant un trop long espace de temps, l'échafaud permanent attendit et vit tomber tour à tour et l'assassin et la victime.

Cependant, tandis qu'elle était dans son sein en proie aux horreurs de la guerre civile, la France agrandissait au défendait ses frontières. Ce n'était pas assez que le glaive judiciaire atteignît des familles entières et couvrît notre malheureuse patrie de deuil et de désolation; il fallait encore que la guerre de la Vendée nous offrit continuellement l'image douloureuse de Français se déchirant les uns les autres, de femmes errant dans le milieu des forêts pour se soustraire à la brutalité des soldats, de vieillards égorgés , d'enfans coupés à morceaux et jetés épars aux yeux de leurs mères expirantes, de villes incendiées, de fleuves rougis par le sang des malheureux luttant contre la rapidité des flots où les avait plongés un monstre d'exécrable mémoire.

O France ! par combien de maux et de revers tu devais expier ta faute!

Enfin, après de longues secousses, le besoin de concentrer le pouvoir exécutif donna naissance au Directoire. Son règne fut court, mais les assassinats moins fréquens on plus secrets; le crime commençait presque à faire horreur. Ce fut sous ce gouvernement que les acquéreurs primitifs de domaines nationaux s'essayèrent à jouir de leurs rapines judiciaires (1). Les dévastations devinrent plus rares ; maïs déjà que de temples étaient détruits, que de palais étaient incendiés, que de ruines étaient amoncelées !

Tandis que ses législateurs plongés dans un affreux sommeil rêvaient à de nouveaux attentats, la France eut un instant de repos; cette espèce de calme devait être pour elle celui dont jouissent les environs du Vésuve, quand il forme dans son sein ces laves bouillantes qu'il va vomir, et dont les flots iront ravager au loin et la cabane du pauvre et ses fertiles moissons...

 

A suivre. Anonyme.

 

 (1) On avait fait condamner plusieurs individus pour s'emparer de leurs biens.

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