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L'Avènement du Grand Monarque

L'Avènement du Grand Monarque

Révéler la Mission divine et royale de la France à travers les textes anciens.

Publié le par Rhonan de Bar
Publié dans : #EN FAVEUR DE LA MONARCHIE

TROIS MOIS D'HISTOIRE CONTEMPORAINE

LA VÉRITÉ SUR L’ESSAI DE RESTAURATION MONARCHIQUE.

 

 

 

Lys

 

ERNEST DAUDET. 1875

 

LA VÉRITÉ SUR L'ESSAI

DE RESTAURATION MONARCHIQUE

 

CHAPITRE PREMIER. (4ième extrait)

 

 

 Cette idée faisait de tels progrès dans le public qu'elle touchait les esprits les plus modérés. Vers la fin de 1872, M. de Villemessant, rédacteur en chef du Figaro; se présenta un matin chez le comté de Paris qu'il ne connaissait pas, et lui tint ce langage :

— Monseigneur ; on dit que vous êtes l'empêchement à la restauration et que si M. le comte de Chambord ne cède pas aux prières de ses amis qui le supplient de consentir à des concessions nécessaires, c'est qu'il redoute un piége. Vous pouvez seul faire cesser ces défiances. A Votre place, je partirais avec madame la comtesse de Paris ; j'irais chez M. le comte de Chambord, en lui disant : " Mon cousin, nous voilà ! "

M. de Villemessant ne se doutait guère et ne put d'ailleurs deviner que ses paroles répondaient à l'une des plus vives préoccupations du prince» Mais l'heure n'était pas venue. Elle vint le 5 août, M. Thiers n'était plus là pour tirer parti contre les conservateurs de la démarche du prince. En outre, les vacances de l'Assemblée nationale et l'évacuation définitive du territoire rendaient cette heure propice.

Le comte de Paris avait pris depuis longtemps conseil de ses amis. Quelques-uns persistaient à se montrer antipathiques à son projet.

Soit par un attachement irréfléchi à un passé qu'il n'était pas en leur pouvoir de faire revivre, soit par crainte d'un accueil peu favorable à Frohrsdorf, ils cherchaient à faire ajourner le voyage « du chef de leur parti. »

M. le comte de Paris restait sourd à ces influences.

Il répondait :

— J'ignore si le parti orléaniste existe encore ce que je sais bien, c'est qu'il représente et doit représenter non des prétentions personnelles, mais la monarchie constitutionnelle et que c'est elle seule qu'il s'agit de restaurer.

Le duc de Chartres s'étonnait qu'on ne fût pas favorable au dessein de son frère. Il calmait les appréhensions, en disant :

— Je n'ai jamais été plus heureux qu'aujourd'hui.

Il en est tant qui réussissent à faire le bien, parfois même sans remplir leur devoir ! Pourquoi ne réussirions-nous pas, nous qui allons faire le nôtre ?

C'est ainsi que les princes parlaient à leurs amis. Les plus influents, les plus fidèles, se trouvant absents, le comte de Paris leur écrivit.

A l'un d'eux, il disait : « J'éprouve un grand soulagement à la pensée que je vais dégager jusqu'à la dernière syllabe, la parole que j'ai donnée il y a deux ans. »

Est-il nécessaire d'ajouter que la résolution du prince n'avait trouvé dans sa famille que des encouragements. Ses oncles, et notamment le duc de Nemours, étaient, dès longtemps, favorables à la démarche promise. Quant au  duc de Chartres, que la perspective de cette réconciliation de famille comblait de joie, il aurait bien voulu accompagner son frère. Mais,

retenu à Paris par les nécessités de son service, il dut ajourner sa visite. Il la fit ultérieurement, ainsi qu'on le verra plus loin. Le comte de Paris souhaitait que son projet, ne fût connu que lorsqu'il l'aurait réalisé. Il prit dans ce but quelques précautions. Le 31 juillet, afin de détourner la curiosité des malveillants et des indiscrets, il partait avec sa femme et ses enfants pour Villers-sur-Mer, petite station de bains, située près de Trouville et fort à la mode cette année. Il les y installa et revint le même soir à Paris, d'où il se mit en route pour Vienne, avec son oncle le prince de Joinville...

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