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L'Avènement du Grand Monarque

L'Avènement du Grand Monarque

Révéler la Mission divine et royale de la France à travers les textes anciens.

Publié le par Rhonan de Bar
Publié dans : #ROIS ET REINES DE FRANCE

LES ROIS ET LES GOUVERNEMENTS


DE LA FRANGE


DE HUGUE CAPET A L'ANNÉE 1906



ALFRED FRANKLIN. EXTRAIT

 

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La chute de la dynastie carolingienne n'est pas une de ces révolutions qui semblent devenues inévitables. Hugue Capet (1) n'a dû la royauté ni à son habileté, ni à son courage, ni à un irrésistible mouvement d'opinion. Il a fallu pour qu'il parvînt au trône, que Lothaire mourût subitement, dans la force de l'âge (2); qu'il eût pour successeur un adolescent mort lui-même sans postérité (3) ; il a fallu surtout l'absence du duc Charles de Lorraine, fils de l'empereur Henri Ier et oncle du dernier roi.
Un concours vraiment étrange de circonstances secondaires, compliquant cette situation, assura le triomphe de Hugue Capet et le plaça sur un trône qu'avait dédaigné son père.
Deux fois, Hugue le Grand n'aurait eu qu'à étendre le bras pour ceindre la couronne, deux fois il la donna à un autre. Il préféra agrandir ses domaines, les fortifier, en assurer la possession à ses enfants, comme s'il eût pressenti l'avenir qui allait s'ouvrir devant eux. Habilement encore, il leur choisit pour mère la fille du puissant roi de Germanie.
Quand Hugue mourut, -il était comte de Paris, duc de France (4) et de Bourgogne. Deux ans auparavant, Gerbert écrivait : « Lothaire ne gouverne la France que de nom, le roi de fait, c'est Hugue ». Son héritage fut partagé entre ses trois fils. Le plus jeune entra dans l'Église ; le second reçut la Bourgogne ; Hugue, l'aîné, eut le duché de France et le comté de Paris.
Ce personnage, assez insignifiant en somme, fournit à la France une succession de trente-sept rois, qui l'ont gouvernée pendant plus de dix siècles et dont la descendance n'est pas encore éteinte. Race fort médiocre, remarquable surtout par sa durée, et d'où ne sont sortis qu'un ou deux hommes de quelque valeur.

 

 

(1) Ce nom, qui a personnifié le chef de la monarchie française pendant dix siècles, a été orthographié de bien des manières. On trouve: Hugo Capetus.—Capetius.—Cappatus.— — Cappetus. Capito.— Caputius.— Chapet.— Chapel.— Chapes.——Chaped.—Chapez.—Capes.— Caped.— Cappet.— Capest. Capez.—Chapest.—Chapeth.—Kapet, etc., etc.
Son étymologie a aussi suscité de nombreuses controverses. Il faut noter d'abord que notre Hugue Capet n'est pas le premier qui ait porté ce surnom. Son père Hugue le Grand avait été ainsi désigné déjà. (Vo .F. Lot, Études sur le règne de Hugues Capet, p. 319)
Suivant Ducange (au mot Capetus), Hugue enfant aimait à décoiffer les gens qui avaient la tête couverte d'un capure. Le Dictionnaire de Trévoux reproduit ce passage, et ajoute: «aujourd'hui encore on appelle en Auvergne chapets ceux qui tourmententles autres par jeu et en badinant,» (Edit, de 1771. t. II, p.231). Etienne Pasquier est d'un autre avis: « Hugues, pour le grand sens qu'il apporta en la conduite de ses affaires, fut appelé Capet, d'un mot demy latin, qui signifie le chef. Car aussi, à vray parler, vous trouverez en toutes ses actions plus de conseil que de hauts faits d'armes». (Recherches sur la France, édit. de 1723, t. I, p 843). Parmi les historiens modernes, Capefigue croit que Hugue dut ce surnom à « sa grosse tête, qui faisait l'admiration des clercs et des physiciens.» (Histoire de France, t. I, p. 315).Henri Martin pense, au contraire, qu'il fut ainsi appelé à cause de « son naturel opiniâtre et persévérant: Hugues l'entêté, de caput, tête ». (Histoire de France, t. II, p. 531). L'opinion la plus vraisemblable est que Hugue, qui avait le litre de chanoine et d'abbé de plusieurs couvents, de Saint-Martin de Tours entre autres, se plaisait à porter la chape (cappa) à laquelle ce titre lui donnait droit. (F. Lot, Les derniers carolingiens, p. 321). Mais voyez  aussi ses Etudes sur le règne de Hugues Capet, p. 317 et 318.
En 1719, encore, quand Nicolas Gervaise, prévôt de Saint-Martin de Tours, présenta à Louis XV son Histoire de Boèce (1715,in-12), il la lui offrit« comme à son roi, à son seigneur et à son abbé. » (Leber, Pièces relatives à l'histoire de France, t. IV, p. 555). — Ces mots ne figurent pas dans l'épître dédicatoire, car le volume est dédié à Louis XIV, qui mourut avant qu'on eût pu lui en faire hommage.

(2) Né en 941, roi à treize ans, mort en 980, à quarante-cinq ans, sans postérité.

(3) Louis V, dit le Fainéant, mort d'accident à vingt ans, le 21ou le 22 mai 987.

(4) Le royaume de France comprenait alors la Francia, la Burgundia et l'Aquitania, régies chacune par un duc relevant du roi.
L'opinion qui semble prévaloir aujourd'hui est que le mot Francia désignait, avec des limites fort vagues, et de nombreuses enclaves, le territoire compris entre la Meuse et la Loire. Peu à peu amoindri, il finit par devenir l'Ile de France.
Le premier duc de Francia dont l'histoire fasse mention est Robert le Fort. Son fils Robert, créé roi vers 922 (ROBERT 1er), fut père de Hugue le Grand qui eut pour fils le roi HUGUE CAPET. M. Ferdinand Lot n'admet pas l'existence du duché de France. Pour lui, le dux Francorum« exerçait l'hégémonie, non seulement sur le pays entre Meuse et Loire, mais sur l'ensemble du royaume».
On a aussi nommé Austrasia la région bourguignonne et Neustria le pays qui s'étendait entre la Seine et la Loire. Au-delà de la Loire commençait l'Aquitaine

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