Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
L'Avènement du Grand Monarque

L'Avènement du Grand Monarque

Révéler la Mission divine et royale de la France à travers les textes anciens.

Publié le par Rhonan de Bar
Publié dans : #ETUDES HISTORIQUES SUR LIEUX SAINTS

NOTRE DAME DE REIMS.

 

reims

 

 

CHAPITRE II. DEUXIEME EXTRAIT.

 

Cathédrale du XIIIe siècle.

 

Son portail.

 plan caté

 

Avant de pénétrer dans le temple, examinons son extérieur.

Le bas du portail est partagé en cinq parties : toutes les cinq se terminent par des frontons à angle aigu. Les trois divisions du milieu sont des portiques : celles des extrémités sont pleines et couvertes de bas-reliefs : elles sont moindres que les trois autres; Le portail du milieu est plus élevé que ses deux voisins : l'arcade qui l'encadre a 11 m. 37 c. de large dans sa plus grande ouverture; les arcades voisines ne comptent que 6 m. 82 c.

Pour entrer dans la basilique par le portail occidental, il faut franchir cinq degrés. Aux autres portes l'exhaussement du sot oblige à en descendre plusieurs.

Les trois arcades sont exécutées dans le même style et sur le même dessin. Trente-cinq statues, hautes de 2 m. 44 c., en décorent la partie inférieure. Elles sont debout, séparées, placées les unes à côté des autres ; elles forment une chaîne de figures suivant les lignes tracées par la base des trois portiques, et interrompues seulement par les ouvertures destinées à livrer passage aux fidèles. Elles représentent des évoques, des anges, des prophètes, de saints martyrs, des rois et des reines; elles sont posées sur des piédestaux qui ont pour support des figures courbées ou accroupies, des animaux singuliers. Plus bas sont des feuillages d'un travail délicat, semblables à ceux qu'on admire dans l'intérieur de l'église; au-dessous on remarque des draperies faites à une époque moins ancienne.

L'arcade du milieu est divisée en deux parties par une colonne de pierre à laquelle est appliquée une belle statue de la Vierge.

Jusqu'en 1526, une lanterne où l'on entretenait une flamme perpétuelle, pendait devant elle, elle l’éclairait pendant la nuit : à celle époque ce luminaire fut supprimé.

La colonne qui sert de point d'appui à la statue de la Vierge est ornée de huit bas-reliefs: ils représentent l'histoire d'Adam et d'Eve. Ces sculptures sont en mauvais état ; mais on distingue encore assez bien l’Éternel prononçant la condamnation de l'espèce humaine, et l'ange à l'épée flamboyante chassant le premier homme du paradis terrestre.

Les ouvertures des portes sont terminées par des lignes parallèles au sol; des bas-reliefs les surmontent. Les piliers qui forment leurs jambages, sont décorés de la même manière. Ils ont deux faces : l'une regarde la place du Parvis; l'autre forme avec la première un angle carré. Elles sont ornées de sculptures presque toutes aujourd'hui mutilées et méconnaissables. On y remarque encore cependant les joies du paradis, les peines de l'enfer, les signes du zodiaque, les travaux des douze mois de l'année.

On reconnaît facilement le bûcheron chargé de son fagot, le vigneron taillant sa vigne, le moissonneur, le vendangeur, la vieillesse qui brave l'hiver au coin du feu, une jeune fille souriant au printemps, au milieu des fleurs, sous un berceau de feuillage.

Au-dessus des portes sont d'autres bas-reliefs. La travée de celle placée à droite en entrant est divisée en quatre groupes : le premier représenta Clovis victorieux revenant de Tolbiac. Il passe à Toul, et prie saint Vaast, alors simple prêtre, depuis évêque d'Arras, de lui enseigner la parole de Dieu. Dans le second tableau on voit saint Rémi catéchisant le roi des Francs; dans le troisième, le roi, à genoux, se convertit et demande le baptême; un diacre lui montre la croix, et saint Remi reçoit du ciel la Sainte Ampoule apportée par une colombe. Enfin, dans le quatrième sujet, le roi, nu dans une cuve reçoit le baptême : saint Rémi verse sur le chef royal incliné l’eau qu'il vient de bénir.

Au-dessus de la porte principale étaient des bas-reliefs représentant la vie de la Vierge, l'Annonciation, la Visitation et la Purification; ils furent détruits en 1794, et remplacés par cette fameuse inscription :

 

Temple de la Raison.

Le peuple français reconnaît l'Etre suprême

El l'immortalité de l'âme.

 

Ces lignes furent effacées en 1800, et remplacées par celles, qu'on y voit de nos jours :

 

Deo optimo maximo,

Sub invocatione beate Maria Virginis Deiparoe

Templum saecule XIII reaedificatum.

 

Sur la travée de la porte située à gauche on remarque des sujets dont l'interprétation est loin d'être facile. L'un représente un homme tirant son épée; à ses pieds tin personnage est a genoux la tète baissée et attend la mort ; sur le second plan on voit un brasier allumé ; l'autre nous montre l'appel fait à la miséricorde du pouvoir ; des soldats armés de pied en cap complètent le tableau. Au milieu de ces figures se trouve sculptée l'église qu'on donne comme celle élevée à Notre-Dame par Ebon. Ne peut-on pas admettre qu'elles représentent la mort de saint Nicaise ou celle des premiers martyrs rémois?

Le dessus des portes a la forme ogivale. Chacune d'elles est placée au fond d'une arcade spacieuse, voûtée et du même style.

Une rosace circulaire donne celle du milieu. Les deux autres portes sont aussi surmontées de verrières; au centre de chacune se dessine une rose ou un trèfle à quatre feuilles.

Chaque voûte est ornée de figures placées sur cinq lignes : elles s'élèvent au-dessus des grandes statues dont nous avons parlé, de chaque côté de l'arcade, et vont se rejoindre à son sommet.

Des lignes de feuillages montent avec elles et les séparent. On compte quatre-vingts statuettes sous l'arcade du milieu ; il n'y en a que soixante sous chacune des deux autres.

Ces figures venaient d'être remises à neuf quand la révolution arriva. Louis XVI, qui avait appris lors de son sacre quelles étaient les charges de l'église de Reims, avait accordé cinquante mille écus pour les réparations de l'édifice; de plus, il promit de donner pendant quinze ans et donna jusqu'à la fin de son règne une somme de douze mille francs dans le même but. Ce fut au portail central qu'on appliqua les dons de la munificence royale.

Sous l'arcade sise à gauche est représentée la Passion dans tous ses détails. Plusieurs de ses scènes sont faciles à reconnaître ; les autres sont rongées par le temps ou mutilées par la main des hommes. Au-dessus de l'arcade dont il s'agit, dans l'angle aigu formé par les lignes qui couronnent l'ensemble du portail, est sculpté le Christ sur la croix ; à ses pieds sont la Vierge, les deux Marie, saint Jean, Nicodème et Joseph d'Arimathie.

Sous la voûte de l'arcade située à droite, on voit des sujets variés, difficiles à expliquer et parfois inexplicables. On remarque des figures hideuses, singulières, et des allégories qui se prêtent souvent à plusieurs interprétations. Avec beaucoup d'attention et un peu de bonne volonté on distingue la résurrection, les peines de l'enfer, ta prière, saint Jean, saint Pierre, des musiciens, des anges, la sainte face, des rois el des reines portant la bienheureuse Sainte Ampoule, Jézabel el les chiens dévorants, des hommes dont deux crèvent les yeux à un troisième, un cavalier armé d'un glaive, un individu qui marche sur les mains, des malheureux déchirés par des bêtes féroces, la communion, un ange tenant le livre de la vie, et bien d'autres sujets de nature à exercer la sagacité du voyageur. Il y aurait un volume à faire sur les détails de cette voûte. Dans le fronton qui la surmonte est sculpté le Seigneur sur son trône ; six personnages qui l'environnent, tiennent les instruments de la Passion.

Sous l'arcade du milieu sont les statuettes réparées sous Louis XVI; elles représentent dans leur ensemble les bienheureux admis aux joies du paradis ; là sont rangés les rois chers au Seigneur, les apôtres, les martyrs, les vierges saintes et les vertus.

On distingue David et su harpe ;—Salomon et le plan du temple de Jérusalem ;— saint Louis le roi contemporain;— Clotilde la sainte reine des Francs ; — sainte Hélène qui retrouva la vraie croix;—saint Jacques coiffé de son chapeau aux larges bords et le bourdon à la main ; — saint Philippe ; — saint Jude ; — saint-Sébastien et les instruments de leur martyre ; — sainte Cécile et sa guitare ; — Noé et sa grappe de raisin ;— Moïse et les tables de la loi ;— l'amitié fraternelle;— l'amour conjugal ; —-la religion triomphant de l'impiété. De saints personnages tiennent des harpes, des trompettes, des flûtes, des violons; d'autres chantent; et tous ensemble ils célèbrent la gloire et la bonté du Très-Haut. Des anges portent les palmes et les couronnes réservées à ceux qui sont morts pour la foi, aux hommes qui ont servi leurs frères.

Le fronton de cette arcade la couronne majestueusement; ces sculptures sont vraiment majestueuses et dignes de leur position.

L'artiste a placé la scène au plus haut des cieux. La Vierge arrive aux pieds du Seigneur; elle quitte ce monde où elle a tant souffert.

Ses jours de douleur sont passés; le moment de son triomphe est venu ; le Christ lui pose sur la tète la couronne royale. La sainte Mère, humble comme dans l'étable de Bethléem, baisse la tête ; ses pieds posent sur un globe doré. Derrière elle le soleil l'éclairé de ses rayons étincelants. Cette brillante auréole relève la beauté de la noble figure ; autour d'elle des anges, des chérubins aux longues ailes, encensent et saluent le groupe divin. Cette grande composition est abritée sous des pendentifs légèrement sculptés et terminés en pointes qui descendent en saillie des rebords du fronton. Ce savant tableau peut-il être l'oeuvre du XIII siècle ? Ne doit-on pas plutôt lui donner pour date te siècle suivant?

Dans l'origine ces sculptures étaient peintes : le docte chanoine Lacourt, dans le siècle dernier, constatait encore la présence des couches d'azur et des feuilles d'or; on nous assure qu'on en voit encore quelques parcelles.

Celte partie de l'édifice avait reçu des réparations notables en 1611.

Louis XIII, lors de son sacre, donna de l'argent à cet effet. Ses bienfaits étaient rappelés par celte inscription placée au portail : « Ludovicus XIII, Franciae et Navarrae rex christianissimus in hoc augustissimo templodie 17. octob.anno 1610, regum Franciae inauguratus, regiâ munificentia instaurandam curavit. »

 

Les travaux furent conduits par maître Vincent, architecte de Laon...

 

 

A suivre...

Prosper TARBE.

 

Commenter cet article

Articles récents

Hébergé par Overblog