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L'Avènement du Grand Monarque

L'Avènement du Grand Monarque

Révéler la Mission divine et royale de la France à travers les textes anciens.

Publié le par Rhonan de Bar
Publié dans : #MAISON DE LORRAINE. LES ORIGINES.

 

 

Simon_II-_Duke_of_Lorraine.png

 

 

SIMON II dit le Simple(1)

 -1176-1205-

 

A la mort de Mathieu 1er sa veuve, l'altière Berthe de Souabe, soeur de Barberousse, prétendit gouverner.

Elle avait reçu comme douaire la ville de Nancy et y fit frapper des monnaies à son effigie. Mais la noblesse s'étant réunie à Gondreville, déclara que le fils aîné, Simon, était en âge de gouverner. Il fallut arracher le pouvoir à la princesse (2).

Simon II aurait bien voulu vivre en paix, mais ce n'était guère possible en ces temps tourmentés. Les difficultés lui vinrent de son frère Ferri, qui avait reçu en apanage le comté de Bitche et ne s'en contentait point. L'ambitieux, comme il arrivait souvent, se fit chef do bandits. A la tête d'une troupe d'aventuriers à sa solde, il pilla tout le pays et s'avança jusqu'à Lay-Saint-Christophe, à une lieue de Nancy. Le pacifique Simon fut obligé de se mettre en campagne, joignit son frère, extermina ses routiers, et le força de s'enfuir en Allemagne. Frédéric Barberousse intervint entre ses deux neveux et Ferri non seulement reçut son pardon, niais obtint un agrandissement.

Peu après, les deux frères réconciliés en apparence curent à combattre de nouveaux cottereaux venus de France, mais commandés par des seigneurs allemands qui passaient le Rhin pour prendre leur part du pillage de la Lorraine. La noblesse inquiète accorda au Duc des secours sérieux. Les cottereaux et les Allemands furent battus dans les environs de Thionville et se dispersèrent (1177).

Ferri s'était bien conduit. Mais il s'attribua tout le succès et s'en prévalut pour réclamer de nouvelles concessions. Sur le refus de Simon, il alla chercher des troupes dans les terres de son cousin le comte de Flandre. La guerre allait recommencer, mais Simon céda et pour rassasier le mécontent lui abandonna tonte la Lorraine allemande. Il fit plus encore : comme il n'avait pas d'enfants, il reconnut Ferri pour son héritier et, quelque temps après, il renouvela sa déclaration dans une assemblée de la noblesse.

Ferri n'osant plus s'attaquer à son frère, se tourna contre son voisin, l'archevêque de Trêves, et se saisit de plusieurs domaines à sa convenance. Le prélat était aussi un pacifique, chose rare. Il prit les armes à regret et ayant reçu des renforts du comté de Bar, il battit Ferri et son fils et les força dans le château de Siersberg, au confluent de la Sarre et de la Nied.

H les retint -prisonniers jusqu'à restitution des biens usurpés.

Simon II s'efforça de rétablir la paix publique, le bon ordre et les moeurs. Il entreprit même, dit-on, de « faire agglober en un seul et même cahier les us et coutumes des siens états ». Mais des gens «mal voullans » empêchèrent cette tentative d'aboutir. Ces gens « mal voullans » étaient les nobles qui regardaient comme empiétement tout effort tenté pour refréner les abus de la force.

Le débonnaire Simon fut naturellement grand ami des religieux qu'il appelait ses confrères. Il se plut à enrichir leurs maisons. Vers la fin de sa vie, se sentant hors d'état de supporter les fatigues du gouvernement, il se retira dans l'abbaye de Sturzelbronn, y prit l'habit de moine et y vécut ses deux dernières années (1205).

 

(1) Né en 1140 Fils de Mathieu 1er le Débonnaire et de Judith de Hohenstaufen.

(2)Voir dans Digolt.J, p. 34, les singulières machinations auxquelles elle eut recours pour s'imposer à son fils

 

Ernest MOURIN 1895.

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