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L'Avènement du Grand Monarque

L'Avènement du Grand Monarque

Révéler la Mission divine et royale de la France à travers les textes anciens.

Publié le par Rhonan de Bar
Publié dans : #CHÂTEAUX DE FRANCE.

 

FONTAINEBLEAU. LES ORIGINES DU CHATEAU.

 

ChateauDe L.TARSOT & M.CHARLOT.

 

 

FRANÇOIS 1er.

 

Le vieux château se dressait sur l'emplacement de la cour ovale. Le plan de cette partie du palais neuf est sensiblement le même que celui de la forteresse primitive. Le pavillon de Saint-Louis a remplacé le donjon ; la porte Dorée, les chapelles haute et basse, le pavillon clés Dauphins, celui des Chasses, le portique de Serlio, s'élèvent sur le terrain et peut-être sur les fondations des tours qui flanquaient l'enceinte. La cour de la Fontaine était occupée par les bâtiments accessoires nécessaires à toute demeure féodale : logis des gens d'armes et des valets, paneterie, pressoir, fauconnerie et chenil. Un fossé alimenté par les eaux de l'étang ceignait la maison royale et ses dépendances.

En somme le château, avant sa transformation, était une forteresse de moyenne grandeur, avec donjon, tours, tourelles et mâchicoulis, comme il y en avait tant d'autres en France à cette époque. C'était une maison de plaisance des rois, non pas une de leurs résidences coutumières. Rien ne recommandait ce logis à François Ier. Les hasards de la chasse ou des voyages de la cour l'y amenèrent un jour.

Le site lui plut. Mais il ne fit d'abord dans le château que des travaux de réparations et d'aménagement.Il y amena cependant les artistes appelés d'Italie dès le début de son règne. Léonard de Vinci y fit quelques séjours de 1515 à 1518. Mais depuis longtemps malade, il n'exécuta pas de travaux spéciaux pour le palais. Vasari raconte qu'il s'éteignit entre les bras de François 1er. Le fait est contesté. Il est d'ailleurs certain que Léonard ne mourut pas à Fontainebleau.

Un an avant la mort de Léonard, François Ier avait appelé en France Andréa Vannuchi, dit Andréa de Sarto (1518). Ce maître peignit pour Fontainebleau, la Madone et l'admirable Charité qui sont aujourd'hui au Louvre. Puis rappelé eu Italie par sa femme, Lucrezia del Fede, dont il était éperdument épris, il obtint du roi une mission et des sommes importantes pour l'achat de tableaux et de statues. Lucrezia lui fit oublier la mission. L'argent du roi fut gaspillé. Andréa n'osa plus retourner en France, et mourut en 1530 sans avoir revu François Ier.

A Fontainebleau, nulle trace ne subsiste aujourd'hui de ces deux artistes, les plus grands que François ait ravis pour un temps à l'Italie. Nul souvenir non plus de la première maîtresse en titre, de cette Françoise de Foix, duchesse de Chateaubriand, dont la faveur poétise les premières années du règne. Sans doute elle accompagna le roi dans ses courts passages, au vieux château et suivit la cour dans le palais transformé. Mais déjà son étoile avait pâli. La duchesse d'Étampes et Diane de Poitiers avaient fait oublier la triste Chateaubriand, qui meurt en 1537, loin du roi dont l'amour n'avait point survécu à la prison de Madrid.

Peut-être cependant est-ce à Fontainebleau, qu'à la prière de Mme d'Étampes, François Ier fit réclamer à la comtesse de Chateaubriand « les plus beaux joyaux qu'il luy avait donnés, dit Brantôme, pom l'amour des belles devises qui estoient mises engravées et empreintes; lesquelles la reyne de Navarre, sa soeur, avait faictes et composées. Le roy François, pour ce, ayant envoyé un gentilhomme vers elle pour les lui demander, elle fit de la malade sur le coup et remit le gentilhomme dans trois jours à venir, et qu'il auroit ce qu'il demandoit. Cependant, de dépit, elle envoya quérir un orfèvre, et lui fit fondre tous ces joyaux, sans avoir respect ny affection des belles devises qui y estoient engravées, et après, le. gentilhomme tourné, elle lui donna tous les joyaux convertis et contournés en lingots d'or. Allez, dit-elle, portez cela au roy, et dites-luy que puisqu'il lui a pieu me révoquer ce qu'il m'avoit donné si libéralement, que je le luy rends et renvoyé en lingots d'or. Pour quant aux devises je les ai si bien empreintes et colloquées dans ma pensée, et les y tiens si chères, que je n'ay peu permettre que personne en disposast, en jouist et en eust de plaisir que moymesme. Quand le roy eut receu le tout, et lingots et propos de ceste dame, il ne dit autre chose, sinon : Resctournez-luy le tout. Ce que j'en, fais pis ce n'estoi pas pour la valeur car je luy en eusse rendu deux, fois plus, mais pour l'amour des devises ; et puis qu'elle les a faict ainsy perdre, je ne veux point de l'or et je le lui renvoyé; elle a montré en cela plus de courage et de générosité que n'eusse pensé poucevoir provenir d'une femme. Un coeur de femme généreuse despité et ainsy desdaigné fait de grandes choses. »

Nous quittons maintenant le vieux manoir de saint Louis et de Philippe le Bel. Le nouveau château va sortir de terre. En 1526, François 1er sort de sa prison de Madrid. Depuis plus d'un an il est privé de tous les plaisirs qui lui sont chers. Il a besoin de fêtes, de tournois, de propos joyeux et d'aventures galantes. Il lui faut une cour magnifique ; il faut à cette cour un cadre plus large et plus opulent que celui dont s'étaient contentés nos rois jusqu'à Louis XII. Aussi, dès son retour d'exil, François Ier donne-t-il libre carrière à son goût pour les constructions originales, élégantes ou grandioses. Dès 1526, le plan de Chambord est arrêté et, pendant douze ans, douze cents ouvriers ne cessent de travailler aux chantiers de ce palais colossal. Presque en même temps s'élève le château de Madrid, au bois de Boulogne. Un beau jour enfin, François s'éprend de Fontainebleau et se résout à en faire son séjour habituel. « Les vastes paysages de la Loire, dit Michelet, les déserts de la Sologne qui plaisaient au roi cavalier et lui faisaient si tristement placer sa féerie de Chambord, n'allaient plus au promeneur valétudinaire. Il lui fallait une nature plus resserrée et exquise. Il aimait Fontainebleau.

Harmonie d'âge et de saison. Fontainebleau est surtout un paysage d'automne, le plus original, le plus sauvage et le plus doux, le plus recueilli. Ses roches chaudement ensoleillées où s'abrite le malade, ses ombrages fantastiques, empourprés des teintes d'octobre qui font rêver ayant l'hiver ; à deux pas, la petite Seine entre des raisins dorés; c'est un délicieux nid pour se reposer et boire ce qui resterait de vie, une goutte réservée de vendange. »

C'est en 1528 que François Ier fait raser à peu près complètement le château féodal. Un architecte inconnu peut-être Italien mais non pas Serlio qui ne vint pas en France avant 1537, lui fournit les dessins du nouveau palais. Une fantaisie royale a contraint l'artiste à respecter le tracé du manoir détruit et peut-être quelques pans de murs. Quel qu'il soit, l'architecte s'est tiré à son honneur des difficultés que lui créait un plan fixé d'avance. La capricieuse ordonnance des bâtiments de la cour ovale, en amusant la vue, accuse et sauve en même temps l'irrégularité de leur disposition. Au bout d'un an les constructions étaient en bonne voie, mais déjà François les trouvait trop étroites et demandait des plans plus grandioses pour son nouveau palais. Il avait pour voisins les religieux de la Sainte-Trinité, dont le couvent, avec ses dépendances, occupait l'emplacement du jardin de Diane et de la cour du Cheval blanc...

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