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L'Avènement du Grand Monarque

L'Avènement du Grand Monarque

Révéler la Mission divine et royale de la France à travers les textes anciens.

Publié le par Rhonan de Bar
Publié dans : #FRANCE SECRETE-HERMETIQUE

 

II ième PARTIE.

DAUPHINS D'AUVERGNE.

 

Dauphine-Auvergne.jpg

 

On sait que les Dauphins d'Auvergne se rattachent aux comtes d'Albon par une fille de Guigue IV dit Dauphin, qui épousa un comte d'Auvergne. Cette alliance est attestée par le chanoine Guillaume, auteur de la Vie de Marguerite de Bourgogne, femme de Guigne Dauphin « Cum ejus filie, dit-il, ad nubilem venissent etatem, non absque sumptihus copiosis, alteram indito et potenti viro Arvernensium comiti, régis Francie consanguineo, alteram Valentinonsium comiti, viro claris natatibus orto, loge matrimonii copellavit (1)»

Baluze a suffisamment prouvé que ce comte d'Auvergne était, non Robert ni, comme le disent Justel, Chorier et l'Art de vérifierles dates, mais Guillaume VII (1145-1168) auquel le pape Alexandre ni donnait précisément le titre de « consanguineus regis Francorum dans une lettre écrite à l'évoque de Clermont en 1165 (2).

Sur le nom de la fille de Guigne IV Dauphin, qui épousa Guillaume VII, Baluze n'a pas été aussi heureux. Sur la foi d'un acte de donation faite en 1149 par le comte d'Auvergne  et sa femme à l'abbaye de Saint-André-lès-Clermont, acte dont il a lui-même reconnu et démontré la fausseté, Baluze appelle cette femme Jeanne de Calabre. A sa suite, l'Art de vérifier les dates, le Trésor de Chronologie et la nouvelle édition de l’Histoire du Languedoc ont reproduit cette erreur. Je dis erreur, et erreur grossière, car Jeanne de Calabre n'est nommée que par le seul acte de 1149, cité plus haut, et elle vaut ce que vaut cet acte de naissance. Or, cet acte est faux Baluze l'explique copieusement. Il avait eu entre les mains l'original et avait aisément reconnu qu'il ne remontait pas à plus d'un siècle. Il n'était pas, du reste, besoin de cette expertise paléographique pour en dénoncer le caractère apocryphe. Le comte d'Auvergne y est appelé Béraud, alors qu'en 1149 c'est manifestement Guillaume VII qui règne.

Il n'y eut de Béraud dans la branche delphinale des comtes d'Auvergne qu'après l'avènement des Morcoeur. Ce comte Béraud prend le titre de dauphin d'Auvergne que Guillaume VII ne porta jamais et qui ne fnt adopté que par Robert II en 1281, comme nous aurons occasion de le faire remarquer plus loin. Enfin, l'apposition du sceau y est ainsi annoncée  « Concessimus predietis carissimis nostris religiosis présentes litteras NOSTRI DELPHINATUS sigillo communitas, alors que le mot DELPHINATUS n'apparaît dans les actes que plus d'un siècle plus tard.

Tout dans cet acte est donc manifestement faux, et l'on ne  s'explique pas pourquoi Baluze, après avoir reconnu la fausseté du nom du mari, a admis sans hésitation le nom de la femme.

Ce nom de Jeanne de Calabre que le faussaire a peut-être emprunté à Renée de Bourbon, femme d'Antoine de Lorraine, duc de Calabre, a qui François Ier rendit en 1589 la baronnie de Mercoeur, confisquée sur le connétable de Bourbon, de même qu'il avait emprunté aux Mercoeur le nom de Béraud qu'il donne à son mari (3), ce nom, dis-je, doit être rayé de la liste des alliances des comtes d'Auvergne.

La fille de Guigne IV Dauphin, que Guillaume VII épousa, s'appelait Marchise : c'est elle que le chanoine Guillaume, dans sa Vie de Marguerite de Bourgogne, déclare «verborum elegantia vehementer idonea.» Il ne précise pas, il est vrai, qu'elle fut la femme du comte d'Auvergne, mais un acte du Cartulaire de Chalais l'indique assez clairement. Dans cet acte, qui porte la date de 1223, André-Dauphin, comte de Vienne et d'Albon, confirme les donations faites à Chalais par les membres de sa famille, et il cite sa tante Marchise, Dauphin d'Auvergne, son cousin, et Guillaume, fils de ce dernier « Et ab amita mea domina Marchisia et a Delphino de Arvernia, consobrino meo, ejusdemque Delphini niio nomine Willelmo. »

Ce premier point établi, voyons quel fut en Auvergne le sort du mot Dauphin et comment il fut successivement, pour les descendants de Guillaume VII et de Marchise, d'abord un prénom, puis un nom patronymique, puis enfin un titre de dignité, d'où fut formé celui de Dauphiné d'Auvergne.

On sait que Guillaume VII fut dépossédé de la plus grande partie de la comté d'Auvergne par son oncle Guillaume VIII dit le Vieil. Guillaume VII n'en conserva pas moins, durant sa vie, le titre de comte d'Auvergne. Il s'intitule, dans un acte de 1167 où intervient son fils « Willelmus, comes Arveniae et filins ejus Delphinus (4). » Ses descendants prendront encore quelquefois ce titre de « comes Arvernie, » mais le plus souvent ils le remplaceront par celui de « comes Claromontis » ou « comes Claromontensis.»

Le fils de Guillaume VII et de Marchise s'appelait Dauphin, en souvenir de son aïeul maternel Guigne IV Dauphin. Pendant son gouvernement, qui dura plus de soixante ans (1169-1234), il prit constamment dans les actes les titres suivants :

 

Ego Delphinus, comes Arveraorum (1196, 1204).

Delphinus, comes Claromontensis (1198, 1199, 1223, 1233).

Delphinus, Arvernorum comes (1201).

Ego Delphinus, comes Arvernie (1229).

 

C'est donc à tort que l'Art de vérifier les dates l’appelle Robert-Dauphin. Il ne portait qu'un seul nom, et ce nom était Dauphin (5).

Son fils Guillaume (1234-1240) porte les titres suivants :

 

Willelmus, comes Alvernie, filius Delphini (1212).

Ego Guillelmus, comes Montisferrandi, filius Delphini 1225).

Guillelmo comite, filio quondam Delphini (1238).

Nos Guillelmus, comes Clarormontensis, et Robertus filius ejus (1223).

 

Robert Ier (1240-1262) porte d'abord le titre un peu long de « Robertus, comes Claromontensis, Guillelmni quondam, filii Delphini, filius » (1240), et plus souvent celui de « Robertus, comes Claromontis ou «Claromontensis.» Après 1250, il adopte le nom de Delphinus au génitif comme nom patronymique, vraisemblablement pour se distinguer de son cousin Robert V, comte d'Auvergne et de Boulogne (1247-1277). Son testament, daté de l'année 1262, débute ainsi :

 

Ego Robertus Delphini, comes Claromontensis (6).

 

Cette forme de suscription est d'abord conservée par Robert II, fils et successeur de Robert Ier (1262-1282), mais dans son testament, daté de 1281, il prend pour la première fois le titre de Delphinus Alvernie «Nos Robertus comes Claromontensis et Alvernie delphinus (7). »

Robert III (1288-1284) porte en 1283, dans un traité avec sa soeur Dauphine, abbesse de Mégemont, le nom de « Robertus

Delphini, comes Claromontensis, » mais le plus souvent il se fait

appeler :

 

Robertus comes Claromontensis, delphini Alverme (8).

 

C'est cette formule que l'on trouve dans son contrat de mariage avec Isabeau de Châtillon (1289) et dans la suscription de ses deux testaments (1296, 1302).

La légende de son sceau est, d'après Douët d'Arcq (9) « S. R. Dalphini : comitis : claromontis : militis » Baluze donne un sceau de Robert ni qu'il a emprunté à Justel, lequel porte pour légende :

 

S. Roberti, comitis Claromontis, dalphini Alvernie.

 

Jean (1334-1351) était appelé, du vivant de son père, «  dalphinetus, » le petit dauphin « Dalphinetus, filius emancipatus comitis DaIphine (10). Après la mort de son père, il prend comme lui le titre de dauphin d'Auvergne

 

Johannes, comes Claromontensis delphinusque Alvernie.

 

Ce titre figure également dans la légende de son sceau.

De ce rapide exposé, il résulte qu'en Auvergne, comme en Dauphiné, « Delphinus » est d'abord un prénom, celui du fils de Guillaume VII et de Marchise ; il devient le nom patronymique de Robert Ier et de Robert II. C'est dans le testament de ce dernier, en 1281, qu'il est pour la première fois traité comme un titre et depuis lors il est considéré comme tel par tous les successeurs de Robert II. Toutefois, les membres de la famille delphinale continueront à la garder comme un nom patronymique et le porteront au génitif.

Si l'on compare ces conclusions à celles que nous avons précédemment formulées au sujet des dauphins de Viennois, on ne peut pas ne pas être frappé de leur exact parallélisme. André-Dauphin était le contemporain de Dauphin, comte de Clermont, son cousin, et, comme lui, il portait le prénom de Dauphin. Ses  deux successeurs. Guigne VI et Jean Ier, portent le nom « Delphinus » au génitif, comme Robert Ier et Robert II d'Auvergne, dont ils sont les contemporains. Enfin, c'est en 1281 que la forme « Delphinus Arvernie » apparaît pour la première fois et c'est précisément à cette époque qu’Humbert Ier transforme définitivement le nom de Dauphin en titre de dignité et qu'apparaît le mot « Dalphinatus. »

Si la démonstration que nous avons faite des transformations du mot « Delphinus » en Dauphiné avait besoin d'être confirmée, ne le serait-elle pas par cette frappante et si naturelle analogie avec les destinées du même mot en Auvergne.

 

 

(1). Cité par Baluze. Hist. D’Auvergne, t. II, p. 61. (2). Baluze, après avoir cité cette lettre à propos de Guillaume VII qu’elle concerne, l'a placée par erreur aux pièces justificatives de Guillaume VIII. (Hist. D’Auvergne, t, II, p. 65.) (3). Cette conjecture m'a été suggérée par un des hommes les plus compétents sur l'’histoire de l'Auvergne, M. Teilhard de Chardin, qui a bin voulu, à la requête de mon collègue de Clermont-Ferrand, mettre à ma disposition, avec une générosité dont je lui sais un gré infini, les trésors de son érudition si sagace et si sûre. (4). Baluze, II, 63. (5). Son contre-sceau secret porte pour légende « Sigillum Delfini. » (Douët d’Arcq, Inv. Des sceaux des archives, p 327.) (6). Baluze, II, 268. (7). Ibid., 277. (8). Baluze, II, 291. (9). Inv. des sceaux, n° 404. (10). Baluze, II, 313.

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