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L'Avènement du Grand Monarque

L'Avènement du Grand Monarque

Révéler la Mission divine et royale de la France à travers les textes anciens.

Publié le par Rhonan de Bar
Publié dans : #EN FAVEUR DE LA MONARCHIE

220px-Montlosier

 

SIXIEME EXTRAIT

SECTION PREMIERE.

 

Je passe au troisième âge.

On vient de voir comment sur tous les points de l’ordre domestique, civil et politique, les moeurs diverses ont commencé à se mêler. Je n’ai encore rendu compte que d’une manière incomplète, des circonstances qui ont déterminé cet amalgame. Il me reste à exposer, comme la première et la principale de toutes, une cause également remarquable par son antiquité, par les élémens dont elle s’est composée, et par les résultats qu’elle a laissés ; cause qui, embrassant à la fois toutes les nations diverses dont la Gaule était composée, a consommé entr’elles une union que leur rapprochement habituel avait déjà ébauchée. Je vais montre comment, traversant successivement les deux premiers âges, son organisation sévère, vigoureuse, uniforme, a fini par s’établir, et a fixé enfin la nation française. C’est ce qui caractérise mon troisième âge.

Quand on annonce une discussion sur le gouvernement féodal, on s’attend en général à voir figurer en première ligne, soit les bénéfices et l’hérédité qui a fini par s’attacher à ces sortes de concessions, soit les duchés et comtés, et l’hérédité qui a fini de même par être leur partage. Il est juste sans doute de tenir compte, ne fût-ce que comme accessoires, de ces deux circonstances ; je dois déclarer toutefois qu’elles sont loin d’avoir déterminé le gouvernement féodal.

Certes, si les bénéfices devaient être regardés comme l’origine principale de la féodalité, ce ne serait ni en France, ni à l’époque de l’établissement des Francs, qu’il conviendrait de placer cette origine : ce serait à Rome même. On trouve assez en effet, dans l’histoire romaine, de ces sortes de concessions, qu’on y appelle aussi bénéfices. C’étaient des terres des vaincus, qu’on partageait, des marais, des forêts, des terres incultes qu’on distribuait. On établissait ainsi quelque fois des corps d’armées sur certaines frontières, avec la double commission de labourer et de combattre, de moissonner les champs et de surveiller l’ennemi. Si ces concessions d’un usage fréquent à Rome, et qu’on trouve particulièrement énoncés dans la Notice de l’Empire sous le nom de bénéfices, héritages militaires (proedia militaria), n’ont rien produit alors qui ait ressemblé à la féodalité, cela nous montre suffisamment que le régime célèbre, auquel nous avons donné ce nom, appartient à d’autres circonstances et à d’autres principes.

J’en dirai autant des grands offices, tel que duché et les comtés.

Il y eut des ducs et des comtes sous les empereurs romains et sous les Mérovingiens : il n’y eut pas pour cela de féodalité.

Pour ce qui est de l’usage, soit des serfs domestiques, soit des serfs de la glèbe, qu’on a coutume d’y rattacher, il a fallu un grand aveuglement ou une grande ignorance, pour voir dans cet usage commun à tous les peuples, et aussi ancien que le monde, quelques rapports avec notre féodalité moderne. Je sais qu’il est convenu de regarder cette question comme d’une obscurité impénétrable. Cela ne m’empêche point d’affirmer qu’on peut la réduire à des points clairs et précis. Revenons aux mœurs des trois grandes nations dont la France s’est composée.

On a entendu parler souvent de la célèbre institution des patronages et des clientèles. Il faut se garder de croire que cette institution ait appartenu exclusivement à Rome et à l’Italie. C’était, chez toutes les nations Occidentales, un usage immémorial, que les classes inférieures se missent sous la protection des hautes classes, qui acquéraient sur elles un véritable empire. Pour ne parler que des trois grandes nations qui nous occupent, je remarquerai que les clientèles avaient, selon les diverses mœurs de ces peuples, des caractères divers.

A Rome, non seulement les particuliers et les familles, mais les corps des arts et métiers, les colonies, les villes alliées, les nations vaincues, des provinces entières de l’Italie et hors de l’Italie, se choisissaient dans le sénat des partons et des appuis. La Sicile, par exemple, s’était mise sous la protection de Marcellus, Les Lacédémoniens avaient choisi la famille Claudienne ; les Bononiens celle d’Antoine. Le devoir de patron était d’aider le plébéien de ses lumières, de le diriger dans ses affaires, de lui prêter son appui contre les vexations, et de prendre sa défense dans les tribunaux. Le client, à son tour, devait assister son patron dans toutes ses entreprises, lui donner son suffrage pour les magistratures ; l’aider au besoin d’argent pour doter ses filles, payer les impositions publique et sa rançon lorsqu’il était prisonnier… A suivre

 

Comte de Montlosier (De la Monarchie Tome 1).

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