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L'Avènement du Grand Monarque

L'Avènement du Grand Monarque

Révéler la Mission divine et royale de la France à travers les textes anciens.

Publié le par Rhonan de Bar
Publié dans : #EN FAVEUR DE LA MONARCHIE

220px-Montlosier

 

TROISIEME EXTRAIT.

SECTION DEUXIEME.

 

…On voit ce que c’était sous les deux premières races que l’autorité royale. Cette question en amène une seconde, qui n’en paraît pas dépendre au premier coup d’œil, et qui ne laisse pourtant pas d’y avoir des rapports : je veux parler de la succession au trône. Dans ce qui concerne  la nature de l’autorité ; un vaste enchaînement de faits, un ordre avoué, solennel, consacré par les déclarations mêmes des rois et une longue succession de temps ; c’est ainsi qu’on peut distinguer l’état réel. Quelques phrases oratoires ou de courtoisies, quelques maximes emprûntées des lois romaines ou du code des Juifs, ne peuvent pas être plus comptées dans un sens, que ne doivent l’être, en sens opposé, des actes passagers de sédition. Je vais tâcher de porter, dans ce qui concerne la succession au trône, le même tempérament. On doit s’attendre à trouver également dans celle-ci quelques traits empruntés aux coutumes romaines, ou aux lois judaïques.

On doit s’attendre à trouver aussi quelques traits irréguliers de violence. Examinons d’abord ce qu’il y de constant en point de fait ; nous verrons ensuite ce qu’il est possible d’établir en point de doctrine.

Pharamond fut incontestablement élu par les Francs ; il en fut de même de Mérovée et de Childéric. On jugera comme on voudra la destitution de Childéric, ainsi que l’ambassade envoyée à Sigebert pour lui offrir la couronne de Chilpéric, dont on était mécontent. Après la mort de Dagobert, Clovis lui succéda. Le continuateur d’Aimoin nous apprend de quelle manière : « les Francs, dit-il, l’établissent roi sur eux. »

Ce furent de même les Francs qui élurent Clothaire, pour lui succéder conjointement avec sa mère. Ce furent les Francs qui donnèrentle sceptre à son frère Thierry, ainsi qu’à son autre frère Childéric. Ce furent les Francs qui rejetèrent son fils Daniel, pour mettre un certain Thierry, qu’ils avaient déjà élevé au trône, qu’ils en avaient déjà expulsé, et qu’ils avaient renfermé à l’abbaye de Saint-Denis. Ce furent les Francs qui, après la mort de Thierry, élurent pour roi Clovis III son fils, tout enfant qu’il était. Après la mort de Dagobert, les Francs d’Austrasie allèrent plus loin : ils déclarèrent qu’ils ne reconnaîtraient plus de rois.

Ceux qui récusent ces actes, les imputent aux troubles des temps : ils allèguent en opposition des actes où les rois partagent leurs états, et semblent en disposer comme de leur chose propre. Mais d’abord, l’objection tirée de partages faits par les rois, me paraît extrêmement frivole : on peut être sûr que tous ces partages ont été faits par les Francs, et du consentement des Francs ; il n’est aucun acte qui ne porte ce caractère.

Pour ce qui est du trouble des temps, nu l doute qu’ils n’aient donné lieu à des violences ; mais ces troubles mêmes et ces violences élevées sur d’autres points, déposent en faveur du droit d’élection ; qui n’en a jamais été contesté. Les faits restent dès lors tout entiers en preuves : ils forment une chaîne constante, qui se liant collatérallement, avec l’élection consacrée des maires du Palais, se poursuit dans le cours des âges avec solennité jusqu’à l’élection des rois de la seconde race.

Ici il n’y a ni exception ni équivoque. Pépin est reconnu solennement par l’élection de toute la France. Ce sont les propres paroles de Frédégaire. Le même écrivain nous apprend que ce fut du consentement des Francs, des grands ru royaume et des évêques, que le royaume fut partagé entre entre ses enfants Charles et Carloman. Charlemagne obtint de même, à l’assemblée générale que la couronne passât à Louis le Débonnaire ? C’est à se sujet que se rapporte le trait cité de Thégan : le prince interrogea tout le monde, du plus petit au plus grand. Le partage qui fut fait sous Louis le Débonnaire, entre ses enfants, porte : « que si quelqu’un d’eux laisse des enfants légitimes, la puissance ne sera pas partagé entr’eux ; mais le peuple s’assemblera pour élire celui qui plaira à Dieu. »

« Nous qui soomes assemblés de la France, de la Bourgogne, de l’Aquitaine, de la Neustrie et de la Provence, l’élisons et le confirmons d’un plein consentement. »

Tel fut le mode d’élection de Charles le Chauve.

« Moi, Louis, consitué roi par la miséricorde de Dieu et l’élection du peuple. » C’est ainsi que commençait le serment proncé de Louis le Bègue.

Il me paraît difficile qu’un droit d’élection soit plus franchement et plus pleinement constaté. Je viens actuellement aux véritables difficultés de cette question. Elles se trouvent principalement dans les deux circonstances suivantes. La première, que le droit d’élection s’est toujours entendu comme devant s’exercer dans la même famille. La seconde, qu’il a eu lieu invariablement en faveur de mâles, à l’exclusion des femmes.

Je dis d’abord que le droit d’élection a été entendu comme devant s’exercer dans la même famille. C’est ce que prouve par le fait la longue série des rois Mérovingiens et Carlovingiens. Cette conservation du trône dans la même famille aura pu, dans certaines circonstances, donner lieu à des méprises, cf elle aura paru une sorte de droit d’hérédité. Saint Grégoire le Grand a pu, dans une de ses homélies, obsever « que, chez les Francs comme les Perses, le trône demeurait dans la même famille. »

Ces traits se rapportent uniquement à un droit de la race. «Cette race des Mérovée, dit Eginhard, « dans laquelle les Francs avaient coutume de prendre leurs rois ! » C’est ce que prouve de même la promesse que firent solennement les Francs, lors de l’inauguration de Pépin, de ne prendre désormais des rois que dans cette maison.

L’exclusion des femmes en faveur des mâles et un autre point qui modifie le point d’élection. Il est également incontestablement. 1° Quand les Francs partagèrent le royaume entre les enfans de Clovis, Clotilde sa fille ne fut point appelée au partage, le roi Visigoth son époux, ne réclama point de droit. 2° Théodebalde succéda seul à son frère Théodebert, au préjudice de ses sœurs. 3° Childebert, à sa mort, laissa deux filles ; et cependant Clothaire, leur oncle, fut appelé au royaume de Paris. 4° Les paroles de Gontrand, à sa mort, sont remarquables. Il se plaignait de n’avoir aucun enfant qui pût le remplacer.

Il avait pourtant deux filles. Enfin il est constant que des enfans au berceau sont appelés quelquefois à régner ; des femmes à la régence, jamais à la couronne.

Ce point étant constaté, il reste à en connaître le principe. Il se trouve, d’un côté, dans les mœurs des Germains ; d’un autre côté, dans la situation particulière des Francs.

Chez la Germains, dit Tacite, ce n’est pas la femme qui apporte la dot au mari, c’est le mari à la femme. En Germanie, où les terres n’entraient point dans l’ordre des propriétés, la dot se constitua communément en bœufs, en chevaux, en armes. Chez les Francs, elle prit d’abord l’habitude de se constituer en argent. C’est de là que vint la formule, «épouser par le sol et le denier. » La dot se régla ensuite en concessions de terres. Elle fut portée, dans diverses circonstances, au dixième, au cinquième, au quart. Un édit de Philippe-Auguste la régla à moitié ; ce qui, pour le dire en passant, a fondé la coutume de Paris.

On peut remarquer en ce point, comme en tous, l’excellence des lois germaines. Chez d’autres peuples, on a exclu aussi les femmes de la succession paternelle. La loi Voconia a fait assez de bruit à Rome ; elle a mérité l’indignation du moine Marculfe et celle de Saint-Augustin. Il y avait, en effet, de la dureté à priver les femmes de toute dot de la part de leurs pères, lorsqu’elles n’en recevaient pas de leurs maris. Chez les Germains, au contraire, où elles recevaient une dot de leurs maris, il était assez simple qu’elles ne fussent point admises à la succession de leurs pères. C’est ce que prescrivaient uniformément toutes les lois germaines, notamment celles des Angles et des Bavarois. Ainsi, sous ce premier point de vue, on voit pourquoi les femmes n’ont point du succéder à la couronne, c’est que, dans l’esprit des lois germaines, elles ne succédaient à rien.

J’ai assigné, comme une seconde cause, la situation particulière des Francs. Depuis près de deux siècles, les Francs vivaient errans, en état d’armé, sans établissement et sans territoire. Dans une situation semblable ils n’ont pu appeler des femmes à les commander. Celles-ci n’ont pu succéder à la couronne qui n’était point un objet de succession.

Je viens d’éclaircir les grandes difficultés de cette question. Elles consistent à démêler ce qu’il y a de complexe dans un droit d’élection qui se trouve modifié par une préférence continue, soit en faveur de la race, soit en faveur de la ligne masculine.

Ce qui concerne le sece n’offre pas d’exception. La race présente, outre quelques accidens, deux grandes et notables infractions.

C’est ce qui me reste à traiter. Je vais examiner par quel ordre de mouvement la race Carlovingienne a été mise sur le trône à la de celle de Mérovée, et ensuite, par quel ordre de mouvement la race Capétienne a été portée à la place de celle de Charlemagne...

 

A suivre.

 

Comte de Montlosier (De la Monarchie Tome 1)

 

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