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L'Avènement du Grand Monarque

L'Avènement du Grand Monarque

Révéler la Mission divine et royale de la France à travers les textes anciens.

Publié le par Rhonan de Bar
Publié dans : #EN FAVEUR DE LA MONARCHIE

 

 

220px-Montlosier

 

DEUXIEME EXTRAIT

SECTION PREMIERE.

 

... Je ne sais si je parviendrai à éviter, comme il convient, tous ces écueils. Je me garderai au moins d’en assigner une origine aux grandes institutions de la France ; persuadé, comme je le suis, que cette origine appartient à l’origine même des trois grandes nations dont elle s’est formée.

Et d’abord, comme les Germains n’avaient ni domaine, ni village, ni ville, ce ne sera point chez eux que j’irai chercher celle de nos institutions qui sont relatives, soit à l’administration des cités, soit au gouvernement des domaines, soit, en général, à tout ce qui peut concerner la propriété des terres. D’un autre côté, les mœurs gauloises ayant été courbées pendant près de quatre siècles sous le fer des Romains, ce ne sera point dans les mœurs dégradées et avilies des Gaulois, non plus que dans les mauvaises mœurs et les mauvaises lois de Rome, que j’irai chercher ce lustre de grandeur, d’honneur et de générosité, qui, dès ses premiers âges, caractérise la France. L’objet de mes recherches peut se réduire à ce peu de mots. Comment les mœurs germaines sont-elles parvenues à s’associer à ce qui restait encore des mœurs gauloises ? Quel a été le mouvement de ces mœurs germaines tout énergiques, au milieu de ces mœurs gauloises tout avilies ? Mon but étant bien connu, je vais rechercher, 1° l’ordre social des Gaules avant la domination des Romains ; 2° l’ordre social des Gaules sous la domination des Romains.

Un premier point remarquable dans la Gaule antique, c’est la distinction des terres. Lorsque les Romains entrèrent dans les Gaules, les terres (choses singulières) avaient des conditions et des rangs. Soit qu’une partie des propriétaires eussent été amenés à livrer de gré à grè un tribu sur leur possession, à l’effet de s’assurer la protection de personnages considérables ; soit que les besoins de Etat eussent déterminés depuis longtemps un ordre régulier de rétributions, les propriétaires des Gaules présentent, dès la plus haute antiquité, deux ordres différens. Ici c’est la terre tributaire, assujettie, ainsi que la porte de dénomination même, à un ordre régulier de tributs, qu’on appelé depuis cens, là c’est la terre libre et indépendante appartenante en toute franchise à son maître,  et plus connue particulièrement par la suite sous le nom d’alleu.  

Une double condition des personnes correspondant à cette double condition des terres. Le possesseur d’une terre libre est classé parmi les ingénus : c’est une espèce d’ordre de noblesse. D’un autre côté, le possesseur d’une terre assujettie au tribut est classé parmi les hommes tributaires : ce sont les roturiers de ce temps là. Au-delà de ces deux classes ; si l’on veut apercevoir aux deux extrémités, savoir, en haut les membres des sénats des villes en qui résidait la principale part de la souveraineté publique, et en bas les esclaves proprement dits, qu’on vendait, qu’on achetait, et qui n’avaient ni propriété, ni existence civile, on aura un aperçu complet de toute le population des Gaule.

Les justices seigneuriales, dont l’origine a donné lieu à tant de déclamations, appartiennent au même temps. On les trouve établies dans les Gaules avant l’arrivée des Romains, à peu près comme on les a vues dans ces derniers temps. César nous apprend que c’étaient les principaux personnages, qui dans chaque canton rendaient la justice à leurs subordonnés. Il en est de même des guerres particulières, du droit d’entretenir les corps armés. César nous apprend que chaque personnage, selon qu’il était plus considérable par son rang et ses richesses, s’entourait d’un plus ou moins grand nombre d’hommes armés, qui lui étaient dévoués eu qui composaient sa garde. D’un autre côté chaque ville était indépendante d ‘une autre ville, et qu’elles avaient chacune leur milice particulière, on les voit négocier entr’elles des traités, et faire, ainsi qu’il leur convient, la paix ou la guerre... A suivre. 

 

Comte de Montlosier (De la monarchie Tome1).

 

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