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L'Avènement du Grand Monarque

L'Avènement du Grand Monarque

Révéler la Mission divine et royale de la France à travers les textes anciens.

Publié le par Rhonan de Bar
Publié dans : #EN FAVEUR DE LA MONARCHIE

 

A LA FRANCE

LE RÉVEIL, LA RÉVOLUTION

ET L’ACHANGE SAINT MICHEL

 

Ecca nunc tsmpua acceptabila,

Ecce nunc die salutis.

 

VII

LA RÉVOLUTION DANS SA PERSÉVÉRANCE.

 

Nul ne peut s'imaginer que la révolution ait péri, le jour où elle tourna contre elle-même le glaive destiné aux persécutés : multiple dans ses formes, variée dans ses moyens, indestructible, comme ces reptiles dont les tronçons retrouvent la plénitude de la vie, elle est cet esprit diabolique qui trouble le monde, conspire sans cesse contre l'ordre chrétien, et s'acharne contre la France, avec son éternel mot d'ordre : guerre à Dieu. Elle a sa place et son rôle dans ces 80 années de vicissitudes, qui nous séparent de la Terreur, tour à tour autoritaire jusqu'au césarisme, libérale par hypocrisie, anarchique par tempérament, tantôt parée d'une couronne et drapée dans la pourpre, tantôt hideuse dans les plis de son drapeau rouge, et grimaçante sous le bonnet phrygien. Qu'ont-ils été en effet ces pouvoirs si divers qui, faisant abstraction des lois de Dieu, n'ont compté que sur leurs propres forces, pour fonder un régime durable, respecté et prospère? Ils ont appelé la révolution à leur aide, ils ont follement entrepris de la discipliner, delà transformer, de lui adapter des institutions régulières; puis une heure est venue, où sous l'action d'une décomposition persévérante, le corps social s'est dissous dans la révolte et l'anarchie, maudissant l'aventure, et se résignant, au prix d'une catastrophe, à l'expérience d'un régime nouveau.

Le respect des opinions ne nous empêchera pas de dire que la politique des deux empires emprunta à la révolution de nombreuses pratiques, que, perfide envers l'Eglise, elle n'accorda à la religion que le quantum jugé nécessaire pour la satisfaction extérieure et l'assoupissement des catholiques, qu'enfin son système de compression, entrecoupe de diversions lointaines et d'entreprises chimériques n'eut absolument rien de commun avec les immortels principes de la morale chrétienne. Quant à la Restauration, le mot vrai est qu'elle ne sut pas : dominée par cet esprit de formalisme qui révolte et ne convertit pas, elle s'imagina, à tort, qu'il suffisait d'exemples publics et de pratiques imposées pour ressaisir l'âme de la nation et l'arracher à la puissance de la secte; plus tard faible et condescendante à l'excès, sans armes contre l'omnipotence parlementaire, comme Louis XVI, elle rendit la place, ne la défendant que par sa grandeur, et ce fut encore la révolution qui l'occupa, sous la menteuse apparence d'une monarchie, dont tous les ressorts appartenaient encore à l'esprit de révolte. Dix-huit ans après, la révolution soulevait encore contre son oeuvre le flot populaire qui l'avait édifiée ; l'anarchie triomphait et préparait le retour du césarisme, dernier terme du cercle vicieux tracé par la démagogie.

Le présent échappe à nos jugements ; bientôt la France saura cependant si les dévoûments les plus parfaits, si l'abnégation la moins contestée suffisent pour répondre aux traditions de sa fortune, de son génie et de sa vocation, si en un mot des spéculations téméraires sont de force à suppléer sa constitution providentielle.

Ce rapide examen de l'action politique de la révolution suffit à établir la prépondérance fatale exercée par elle sur nos destinées : il en résulte qu'elle dure encore et qu'elle ne se dessaisit pas de sa proie, proie d'autant plus précieuse que la foi la défend pied à pied et qu'elle abonde en grâces ineffables. Nous le prouverons mieux, en mettant au jour le travail latent qu'elle poursuit sans relâche, et les procédés appliqués par elle à la désorganisation de la société : c'est de l'enrôlement révolutionnaire qu'il s'agit, et de la propagande des sectaires. Nous n'affirmerons jamais trop que le trouble social, qui met périodiquement en  péril l'existence même de la patrie, est le fait de la révolution, c'est-à-dire de l'absence de Dieu dans les gouvernements et dans les âmes.

 

VIII

LA RÉVOLUTION ET LA SECTE.

 

Après avoir dessiné, à grands traits, les moyens violents et sanguinaires qui, du déicide au régicide, constituent sommairement l'action révolutionnaire, il est bon de faire connaître les modifications définitives qu'elle introduisit dans la constitution de la société française, et les institutions qu'elle substitua aux lois fondamentales de l'ancien régime : définir exactement le terrain sur lequel nous sommes placés, c'est en découvrir la mobilité, et faire ressortir, en même temps, le parti que l'esprit chrétien doit en tirer, les réformes qu'il comporte, la rénovation qu'il attend.

A la place de la monarchie absolue, édictant les lois sous le contrôle des parlements, mise en rapport avec la nation par une hiérarchie sociale, dont la tradition avait formé les liens, nous n'avons plus à édifier, par hypothèse, qu'une monarchie tempérée, assujettie à un pacte constitutionnel ; elle résumera en elle  la puissance exécutive, à l'exclusion de toute attribution législative.

Les États Généraux ont cessé d'être, avec les trois ordres qui représentaient la nation envisagée dans sa plus haute expression. Le clergé, la noblesse et le tiers-état ont disparu devant l'égalité civile. S'il n'y a plus de droits et de privilèges attribués à telle ou telle fraction de la hiérarchie sociale, les charges et les devoirs corrélatifs n'obligent plus personne, ne sont une loi d'honneur pour aucun citoyen, ne sont inscrits en aucun code ; on y à suppléé par des proportionnalités mathématiques et par l'impôt forcé et individuel : c'est plus simple, plus expéditif, moins dispendieux pour les susceptibilités de la conscience.

La représentation nationale est permanente: elle fait les lois.

Le souverain, quel qu'il soit, les promulgue ; la justice rendue tantôt au nom du peuple, tantôt au nom d'un monarque, les applique uniformément sur toute l'étendue du territoire.

Les pays d'Etats, les provinces qui, bien qu'administrés au nom du roi, possédaient des droits coutumiers, des tribunaux propres, des franchises spéciales, ont été emportés par .le grand courant de la centralisation : les départements ne les ont remplacés que comme division territoriale.

Une vie de tolérance est concédée aux congrégations inhabiles à posséder. Le clergé est pauvre : il n'est pas une puissance politique; il n'enseigne plus qu'à titre privé : il n'a de rang que dans l'Église de Dieu. L'épreuve l'a fortifié ; le salut des âmes résume ses glorieuses et inamissibles prérogatives.

La noblesse s'honore par sa fidélité aux grands principes :  elle garde sa place dans l'histoire ; celle qu'elle occupe dans la société, est celle qu'elle mérite par ses oeuvres, et à laquelle tout citoyen peut prétendre.

Le tiers-état qui n'était, à vrai dire, qu'un ordre de convention, est aussi absorbé dans la masse que l'on appelle la démocratie. Le niveau destructeur a passé sur le vieux inonde condamné à ne plus reparaître : la suppression d'une religion d'État, la reconnaissance de la liberté des cultes, le droit égal des enfants à la succession paternelle, le mariage civil, les articles concordataires ne lui permettent pas de revivre.

Tel est en peu de mots le résultat pratique de la révolution, isolé du chaos et des ruines sur lesquels le premier Consul jeta les vacillantes assises de la société moderne ; il se traduit par un ensemble d'institutions, dont l'acceptation est une nécessité, que le patriotisme doit améliorer, dont l'Évangile a le droit et le devoir de s'emparer pour refaire une société chrétienne. Si nous allons en effet au fond des choses, nous devons reconnaître que les dogmes révolutionnaires ne sont rien moins qu'un travestissement impie de toutes les vérités enseignées par le Christ et sanctionnées par le Calvaire. Par quels mots a-t-on séduit les multitudes? par quels mensonges a-t-on déchaîné la férocité des appétits? par trois mots dénaturés, déviés de leur sens et de leur saine application : liberté, égalité, fraternité. Où donc est la liberté vraie, si ce n'est dans la conscience humaine, ne relevant que de Dieu, affranchie des passions, si ce n'est dans le droit inhérent au bien de régir et de gouverner le monde ? le mal, quelle qu'en soit la forme, est un honteux esclavage. A travers les caprices de la nature, les vicissitudes de la fortune, la diversité des aptitudes où cherchera-t-on l'égalité, si ce n'est devant la justice de Dieu, appelant l'humanité entière à la possession de l'éternité et en faisant le prix unique de toute existence remplie par la foi et la soumission?

Y a-t-il bien une autre fraternité que cette fraternité d'origine sacrée qui, sous les voiles de la création, nous fait remonter jusqu'à la paternité divine, qui se retrouve au Calvaire, dans l'adoption du Christ, et l'assentiment de Marie, qui se perpétue dans l'Eglise de Dieu, dont l'Evangile, à chaque page, fait une loi stricte et étroite, qu'elle place enfin sous la sauvegarde de la charité? Le christianisme seul connaît et pratique la charité, car lui seul a dit, par la bouche de Jésus vivant : Aimez-vous les uns les autres ; tout ce que vous donnerez au plus petit des miens, en mon nom, sera donné à Dieu ; et quand il mêle le coeur à tous les actes de générosité, quand il fait un égal devoir de consoler la souffrance, de tarir les larmes, de partager avec le pauvre tous les biens superflus, il n'a rien de commun avec l'égoïsme philanthropique, qui, excluant la peine et l'affection, se complaît dans une vaine ostentation, et ne rapproche les hommes que pour éloigner les âmes.

Voilà certes des vérités que nulle contradiction ne saurait amoindrir, et qui semblent de nature à servir de base immuable à toute société humaine. Et cependant la révolution, profitant d'une heure propice, avait, à l'aide du renversement de ces principes, soulevé la France et fait trembler l'Europe. La liberté dans ses mains n'avait été que le droit de tout faire, sous le seul contrôle d'une volonté sans frein et sans loi ; l'égalité, elle l'avait représentée comme la domination du peuple sur toute hiérarchie sociale ; la fraternité, elle ne l'avait trouvée que dans le plein assouvissement de toute passion brutale, et de ces enseignements comme de ces crimes était issue une société, sans lien, sans cohésion, insensible à tout, sauf aux cris de guerre, où chaque individu se prenait pour un affranchi, où le souffle de la haine n'était retenu que par les périls de la patrie.

Si alors, au lieu de livrer à un César toutes les puissances de la réaction, de compter sur un homme pour obtenir l'ordre matériel et la sécurité des intérêts, les victimes dépouillées, accablées par le malheur, devenues sacrées par la persécution et par l'outrage, eussent eu la force de se relever, la croix à la main, et le baiser aux lèvres, si un pardon sublime, parce qu'il eût été chrétien, eût été prononcé par un pouvoir franchement réparateur, la révolution eût été frappée au coeur, et la France reprenant ce qu'il y avait eu de vrai et de sincère dans les origines du mouvement libéral, fût parvenue, sans doute, à se soustraire à ces secousses, à ces oscillations calamiteuses, dont la série n'est pas épuisée. Ne récriminons pas, ne reprochons à personne ce qui a manqué aux jours que nul ne peut ressaisir ; sachons seulement nous faire une parfaite intelligence de tous les phénomènes moraux, qui sont autant de signes de justice et de miséricorde, et puisque les forces chrétiennes, trop déprimées, trop éparses pour se rejoindre et se réunir, ont laissé la révolution multiplier les associations du mal, discipliner ses armées, et prendre partout l'offensive, puisque de vaillants efforts ont échoué, par suite de détestables complicités, rendons grâce à Dieu du rayon de lumière qu'il nous envoie, de la résolution qu'il fait pénétrer dans nos âmes : bénissons la Providence de nous convier aujourd'hui à l'oeuvre delà régénération. Soyons tous debout, agissons, marchons: l'avenir sera à nous, dussions-nous le conquérir, à force de souffrances et de sacrifices.

Et d'abord quel est actuellement l'objectif de la révolution?

Pour combattre avec succès un tel ennemi, il faut avant tout le démasquer ; la révolution, qu'on ne se le dissimule pas, est le mal, le mal légué au monde par la faute du premier homme, et propagé par les démons; d'où il suit que, jamais satisfaite, toujours à la recherche d'une destruction, elle ne règle son action que d'après l'action inverse inspirée par Dieu et la connaissance du bien. Quand donc elle eût tiré de la philosophie du XVIIIe siècle l'esprit de révolte qui devait animer ses soldats, quand elle n'eut plus à convoiter les richesses des églises, la prépondérance du clergé, quand elle n'eut plus à dénoncer les privilèges d'un corps aristocratique, quand toutes les grandeurs humaines, mises par l'Etat à la disposition de tous, eurent dissipé le prétexte des rancunes, et ouvert le champ aux ambitions, sans leur imposer de bien terribles épreuves, la révolution se prit à penser, et elle pensa que l'individualisme développé par elle ne suffisait pas à son triomphe, que suivant la loi essentielle de la constitution sociale, elle avait une doctrine à reprendre, doctrine qui, au moyen de l'association, deviendrait une puissance permanente, et finirait par mettre en échec les pouvoirs qui tenteraient de la discipliner, ou mieux encore de l'utiliser.

Le programme nouveau fut donc un travail de sectaires méditant froidement des effondrements à venir, étudiant-les vices et les passions en faveur, pour les flatter, les capter, les recruter, les fortifier dans un but de haine et de vengeance. Comme point de départ, il fallait nécessairement s'en prendre à Dieu et supprimer toute loi religieuse qui rattache l'homme au créateur et lui montre la providence comme l'unique arbitre de ses destinées.

C'était logique, et ce fut l'affaire des sociétés secrètes que l'on popularisa sous le nom de franc-maçonnerie (1). Dieu disparaissant, il n'était plus de vie future, de récompense ou de peines éternelles. La mort était la fin de toute existence; dès lors, la souffrance, la pauvreté, les privations n'étaient que des injustices, des inégalités révoltantes de la condition humaine, ou de l'organisation sociale. C'était un droit légitime de parvenir à la jouissance, et nul scrupule ne devait imposer le respect des obstacles qui empêchaient la répartition de la richesse entre les deshérités. De la guerre à Dieu, on arriva ainsi, par une pente insensible, à la guerre à la famille qui détenait des biens patrimoniaux revendiqués par la masse, à la propriété qui n'était qu'une usurpation sur les droits imprescriptibles de la communauté, au capital que l'on considérait comme une force d'oppression, dont le travail devait s'affranchir. Chacune de ces doctrines fit école, et il se trouva des philosophes qui les enseignèrent, leur donnèrent un noni et proclamèrent hautement qu'ils poursuivaient l'émancipation du prolétariat. Quand un peuple ne croit plus à rien, de tels mots empruntent au néant la puissance de la fascination, et à l'aide du groupement industriel, ils ne tardent pas à faire des armées.

Qu'on nous pardonne de le dire, à la honte de la science moderne, et du bon sens de notre époque, toutes les folies ont eu leurs beaux jours, toutes les inepties leurs croyants : on a vu, sans étonnement, les phalanstères opposer le concubinage au mariage chrétien, le naturalisme substituer aux mots sacrés de père, de mère et d'enfants, les appellations brutales de mâle,  de femelle et de petits, tandis que les adeptes du socialisme et du communisme se constituaient avec audace pour anéantir le droit individuel de propriété et le transporter à l'Etat, ou à la multitude, tandis que l'Internationale, avec la tolérance des pouvoirs publics, ameutait les travailleurs contre les infamies du capital; on a écouté encore, avec une certaine faveur, un enseignement sceptique, marqué de l'estampille officielle, qui, réduisant à la valeur d'une conjecture ou d'une hypothèse, tout ce que l'addition ne démontrait pas, ou que le scalpel ne mettait pas à nu, osait prétendre que la matière seule pouvait être l'objet d'une certitude, parce que seule elle était perçue par les sens.

Et ne rougirons-nous pas, en rappelant que l'ordre des mondes, et les harmonies de l'univers furent attribués à la secrète puissance de l'atome, que l'homme, dans une généalogie fantaisiste, trouva que son ancêtre était un singe, et qu'un jour, en vertu de la loi d'un perpétuel devenir, il pourrait bien être une autruche, que la génération spontanée fut mise en parallèle avec la consolante révélation d'une création providentielle ! Cependant nulle grandeur ne manqua à la secte. Si elle eut des chefs parmi les déclassés, elle en trouva aussi parmi les hommes que le siècle rangeait avec orgueil parmi les génies les plus illustres, parce qu'ils étaient les novateurs les plus hardis, et les révolutionnaires les plus poétiques. Chose plus triste encore, il y eut des gouvernements assez ignorants des lois nécessaires de la société, assez ennemis d'eux-mêmes, assez peu soucieux de nos plus glorieuses traditions, pour refuser aux associations chrétiennes la bienveillance qu'ils accordaient à la concentration des forces démagogiques, assez insensés enfin pour estimer que l'Etat modérerait à sa guise le mouvement, auquel il ne dédaignait pas de coopérer. Ils travaillaient à étouffer la foi catholique, parce qu'elle condamnait leur origine, ou ne cessait de faire apparaître devant leur conscience des témoins accusateurs; ils allaient jusqu'à opprimer, jusqu'à imposer silence à l'Eglise, et ils ne se doutaient pas que cette Eglise était la seule puissance capable de les préserver de la chute, parce que seule elle enseigne que tout pouvoir vient de Dieu, et que les déshérites de la terre sont les bienheureux du Ciel. Ils faisaient enfin de l'or et de la jouissance des divinités nouvelles, et après avoir surexcité tous les appétits, leur avoir subordonné et sacrifié toutes les aspirations morales, toutes les exigences de l'âme chrétienne, ils devaient se trouver sans crédit et sans force, en face de passions inassouvies, de revendications sauvages, de fureurs décidées à vaincre, et à ne plus obéir qu'à des instincts de haine et de destruction.

La preuve de ces faiblesses, de ces compromissions, de ces entreprises éhontées est acquise à l'histoire. Leur résultante est inscrite à trois dates que nul n'a le droit d'oublier. Chacune est marquée par une punition, une ruine et une tache de sang, et la dernière mesure la distance de l'invasion à la Commune, c'est-à-dire l'accumulation de toutes les hontes, de toutes les misères et de tous les crimes.

C'est à cette heure que le catholicisme rentre en scène, avec la plénitude de la foi, l'unité de la doctrine, les ardeurs de la charité, et la volonté d'obtenir gain de cause dans la lutte suprême qui retient l'Europe dans le trouble, la France dans l'anxiété, et L’Eglise dans la souffrance.

Pour la première fois depuis un siècle entier, il existe une armée chrétienne, rangée en bataille et toujours prête à combattre ; elle a des chefs qui, sans être les oints du Seigneur, n'en sont pas moins les fils de Pie IX, et ils jettent ce défi à la révolution : désormais la France sera à Dieu, volumus illum regnare.

Ce que la révolution a fait par l'association du mal et par le mensonge, nous le détruirons par l'association du bien et par la vérité, car nous tenons, d'une expérience maintes fois renouvelée, que l'isolement et l'individualisme, même dans la perfection la plus avancée, ne suffisent pas plus à réjouir le ciel, qu'à édifier la terre et à soulever les nations. Le visage découvert, nous marchons droit à l'ennemi ; nous le rencontrons partout où l'Eglise le nomme et le révèle, peu importe qu'il soit la secte qui corrompt le peuple, et lui apprend à se passer de Dieu, le doctrinarisme qui l'égaré, le libéralisme qui entretient ses illusions. A quel titre serions-nous suspects ? Nous revendiquons simplement le profit de la liberté et les immunités légales de l'égalité. Nous cherchons l'union des âmes dans une foi commune, dans la crainte du Seigneur et dans les espérances de la béatitude : la fraternité que nous enseignons n'est pas une formule philosophique ; elle vit, elle est manifeste dans la charité chrétienne. La Providence nous a appelés et choisis pour être  les messagers au milieu du peuple, et la gloire que nous poursuivons est celle de Dieu.

Nous ne sommes pas le nombre aujourd'hui, nous le deviendrons, car notre puissance ne réside que dans l'humilité et la soumission. Le Sacré-Coeur nous a été rendu, comme par miracle, pour ouvrir à l'humanité un trésor de grâce et d'amour.

Une inspiration étrangère à toute intervention profane a placé la croix entre nos mains, pour que le signe du salut du monde reparaisse comme le signe imprescriptible de toute victoire, et de toute consolation. Marie s'est transfigurée, pour nous rappeler avec la scène du Calvaire, sa mission d'avocate et de médiatrice.

Nous avons couronné son front auguste, stupéfié la révolution, en saluant en tout lieu la véritable reine de la France, et le peuple entier a été ému, au spectacle de ces foules réunies pour implorer, plus confiantes dans un rosaire que dans les habiletés de la politique. Ce n'est pas assez ; car tout tremble et tout frémit.

La révolution n'a pas abdiqué; son travail souterrain mine les assises du nouvel édifice ; elle rassemble ses forces et se prépare à les jeter une fois encore contre les murailles protectrices élevées péniblement par les efforts de la foi et de la charité.

Plus loin, mais sur nos frontières semblables à un vaisseau désemparé, la révolution est encore à l'œuvre : à cette place, elle n'est pas masquée, elle s'appelle nettement la persécution ; notre fidélité l'étonné, nos dévoûments la révoltent... Et au milieu de tant de périls, nul n'a le pouvoir de deviner quel nom portera la légion insurgée, quel démon redira le sinistre cri de guerre : A bas Jésus ! Vienne le combat, nous serons à nos rangs, décidés à vaincre ou à mourir ; s'il faut notre sang, nous le donnerons, et Dieu seul en fera le prix. L'étendard du Sacré-Cœur aura aussi ses légions, et pour que le noble sang qui l'a teint sur le champ immortel de Patay, et qui ne fut alors qu'un sacrifice d'expiation, appelle sur les zouaves du Christ les bénédictions et la victoire, c'est avec l'épée de l'archange saint Michel que nous livrerons la bataille.

La saisir est notre but, la mériter sera notre œuvre, pensée nouvelle, dévotion renaissante, inspiration féconde à laquelle une dernière page sera réservée....

 

 

Écu

 

(1) Tous les Francs-maçons ne furent pas des révolutionnaires en puissance, loin s'en faut.

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