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L'Avènement du Grand Monarque

L'Avènement du Grand Monarque

Révéler la Mission divine et royale de la France à travers les textes anciens.

Publié le par Rhonan de Bar
Publié dans : #EN FAVEUR DE LA MONARCHIE

 

A LA FRANCE

LE RÉVEIL, LA RÉVOLUTION

ET L’ACHANGE SAINT MICHEL

 

Ecca nunc tsmpua acceptabila,

Ecce nunc die salutis.

 

 

V

LA VÉRITÉ SUR LA CONSTITUTION

DES SOCIÉTÉS CHRÉTIENNES.

 

Au lendemain de la création, le Seigneur avait dit à l'homme : Vae soli (il n'est pas bon que tu sois seul), et il lui avait donné une compagne pour être la mère du genre humain et demeurer à perpétuité la chair de sa chair, en même temps que l'âme de son âme. Ainsi la loi de la procréation devenait la loi d'association universelle qui allait être, d'âge en âge, le principe de toute existence morale, et à laquelle les peuples emprunteraient toutes les conditions d'un développement normal et régulier.

Rien n'a contredit le plan divin : la première forme de l'association s'est manifestée dans la famille, unie au père par un lien d'affection, mais acceptant en même temps sa loi et se pliant à son autorité. Plus tard elle a servi à l'organisation des  tribus qui, sans cesser d'être errantes et nomades, cherchaient à se préserver de la destruction et à se constituer sur une solidarité d'intérêts. Enfin, quand par droit de conquête ou' d'occupation, les tribus se furent donné une patrie, une association plus parfaite leur prêta les forces d'une large expansion, et en fit progressivement les nations qui se partagent la domination du monde.

L'association étudiée dans l'origine et la formation des sociétés se traduit donc en groupes disciplinés, obéissant à une autorité souveraine, où l'individu contribue, pour une part personnelle, à la protection et à la défense de l'intérêt général, où l'exemple et l'émulation dans le bien entretiennent les traditions conservatrices, où l'esprit de dévoûment et de sacrifice est incessamment sollicité par le sentiment d'une étroite solidarité.

Or, si à ces grandes ligues qui peuvent passer pour la structure élémentaire des sociétés humaines, on ajoute la sanction de la loi religieuse, appelant la créature à la possession méritée de l'éternité, et enfin l'adoption du Christ conviant l'humanité à la reconnaissance de sa filiation en Dieu et à la pratique d'une édifiante fraternité, on arrive à découvrir la constitution totale de la société chrétienne.

Comme un temple jeté tout d'une pièce sur de puissantes assises, n'en réclame pas moins l'appui de fortes colonnes, qui, sans nuire à l'unité harmonieuse de l'édifice, protègent contre la ruine son majestueux sanctuaire, de même toutes les associations

étendues aux grandes multitudes, ou répandues sur de larges surfaces, appellent à leur aide des agrégations secondaires, dont le faisceau, comme la colonne d'une oeuvre magistrale, doit les préserver de l'abaissement et sauvegarder leur unité même.

C'est ainsi que l'Etat repose sur la province, la province sur la commune, l'Église sur le diocèse, le diocèse sur la paroisse, et qu'une foule d'associations inférieures tirées du principe originel concourent à la vie et à la prospérité des institutions capitales, où elles prennent place par rang. C'est ainsi que les hiérarchies respectées, reliées entre elles par des rapports de dépendance et de soumission, mais toutes aussi respectueuses des prérogatives et des droits de la souveraineté choisie ou imposée, entretiennent dans l'ordre et dans la paix toute existence morale, religieuse et civile, quand une constitution n'a pas la  prétention d'échapper à la loi providentielle et d'être une orgueilleuse innovation, elle ne tend pas à réaliser plus difficile programme

et se contente de ces vieux errements.

La loi d'association est l'expression manifeste de la volonté souveraine qui a présidé à la création de toutes choses, et peut-être le reflet le plus parfait de la divinité même : si en effet son caractère est celui de l'universalité, son but est de tout ramener à un principe d'unité, et de placer tout ordre, qu'il soit terrestre ou moral, sous la protection d'une autorité incontestée.

Tout vit, se meut, grandit, prospère par la cohésion et l'harmonie de forces diverses et multiples ; tout se détruit et meurt par la séparation et la division de ces mêmes forces, ou par un acte de la volonté qui les avait unies.

Tout enfin n'est-il pas association, depuis le Dieu éternel, qui est à la fois puissance, intelligence et amour, dont l'unité s'affirme dans une mystérieuse trinité, depuis l'Eglise catholique qui groupe et retient, sous la loi commune de l'adoration, les vivants, les morts et les ressuscites, depuis les harmonies de l'univers, où se révèlent, dans le plus merveilleux tableau, l'abondance de la création, l'immensité des forces qui la dominent, et la puissance unique qui assure l'ordre parfait, jusqu'aux Etats qui

cherchent la grandeur et la paix dans l'obéissance des citoyens, dans leur patriotique fidélité, jusqu'à l'homme qui ne vaut que par l'union de sa chair et de son âme, jusqu'à l'insecte qui ne vole que par les sublimes concordances de sa frêle organisation?

Aussi l'esprit infernal, quand il se déchaîne contre les œuvres de Dieu, s'attache-t-il à en isoler tous les éléments, à les prendre chacun à chacun, pour les corrompre, à détruire la loi de l'harmonie, à préparer la révolte : c'est le premier mode de la révolution.

Puis, quand il a fait table rase et qu'il veut constituer aussi un empire, il reprend pour lui les bénéfices de l'association ; cette fois il menace le monde par l'union de forces impies et diaboliques, opposées à tout ce qui est ordre matériel, religieux et moral : c'est le second mode de la révolution ; et cette contradiction même est la preuve la plus éclatante de la nécessité de l'association, pour retenir dans le respect du bien, dans la règle du devoir tout ce qui est libre, pense et veut, comme pour maintenir dans l'ordre, dans la vie, dans le mouvement tout ce qui obéit aux grandes impulsions qui viennent de Dieu et de la création.

 VI

LA FRANCE ET LA RÉVOLUTION.

 Plus que toute autre nation, la France a dû sa grandeur et sa renommée à une persévérante application du principe de l'association.

Politiquement elle y puisa la force de dominer les partis et d'expulser l'étranger; car si l'étroit royaume de Clovis put successivement s'appuyer sur les Alpes, les Pyrénées et le Rhin, ce ne fut que par le fait de son intime union avec la dynastie de ses rois. L'histoire ne l'appelle que la famille de France, et nul ne lui refuse l'honneur d'avoir conquis l'amour de la patrie, par la constitution même de son indivisible unité. Religieusement, cette unité fut parfois en péril ; l'hérésie ne manqua pas de lui déclarer la guerre, d'exaspérer les passions, de provoquer de sanglantes discordes ; mais après tout la lutte servit au triomphe de la vérité, parce qu'elle prêta à la foi toutes les ardeurs et tous les dévoûments. Est-ce trop dire que le génie chrétien apparaît partout comme l'inspiration de ses entreprises les plus hardies? La France est grande à son aurore, quand la victoire la fait chrétienne ; elle impose l'admiration, quand elle constitue avec désintéressement la dotation de l'Église de Dieu; elle est belle dans la Renaissance, quand elle se couvre de merveilles  et s'honore d'impérissables souvenirs; elle est sublime, quand elle se lève au cri de : Dieu le veut! et accomplit toute en armes le pèlerinage des lieux saints, qu'elle va venger de l'outrage et reconquérir sur les infidèles. Que ne doit-elle pas encore aux congrégations qui ont défriché son sol, vivifié son intelligence et gravé son histoire sur la pierre et le parchemin?

On parle avec un insolent dédain, de ses corporations et de ses confréries, mais tandis que les saines atmosphères et le spectacle de la nature suffisaient à sanctifier les hommes des champs, déjà les passions fermentaient dans les cités, et il n'était pas indifférent que de religieuses associations entreprissent de contenir les travailleurs, en glorifiant les corps de métiers, en leur conférant des immunités civiles, en leur donnant de saints patrons.

Tout cela était encore debout et vivace, quand d'une période de gloire inconnue, il fallut tomber au plus bas de la décadence et  la dissolution. Rien, en effet, n'avait été refusé à la France, durant la monarchie de Louis XIV; jamais le souffle chrétien n'avait été plus prodigue, et la royauté séculaire, avant d'atteindre son déclin, avait, comme un astre couchant, embrasé l'horizon d'un brillant, mais dernier rayon. — Déjà, cependant, sous le faste de la cour se dissimulait à peine une profonde altération  les moeurs ; déjà aussi les monastères déshabitués de la règle et de la discipline donnaient le triste spectacle du scandale : ils avaient recruté trop de novices sans vocation et sans vertu, épris du monde et des richesses, pour ne pas avoir livré au  déshonneur les asiles de la prière et de la méditation. Ainsi la société périclitant par ses sommets, rompait d'elle-même les vieilles chaînes de son agrégation, et tandis que les classes dirigeantes perdaient l'autorité de l'exemple et le droit de remontrance, le peuple détournait, ses regards, se préparant à acclamer le tiers état révolté et à devenir l'instrument de ses haines.

Le règne de Louis XV porta la corruption à son comble, sans la racheter par aucune grandeur ; il fit bien plus encore pour la ruine de la France, en accueillant comme d'ingénieuses nouveautés les doctrines matérialistes et athées, dont l'apparition ouvrait l'ère philosophique de la révolution : de là à l'abîme il n'y avait plus qu'une étape à franchir.

L'esprit chrétien ne peut que s'incliner devant les redoutables vengeances de la justice

divine, quand il repasse ces pages douloureuses de notre histoire, où l'on voit la fille aînée de l'Église passer avec enthousiasme de la dépravation à l'incrédulité, et de l'incrédulité à la fureur. C'est que, dans le bien comme dans le mal, se trouve une logique irrésistible, et que l'homme ne subit jamais l'ascendant d'une passion violente sans en vouloir l'assouvissement, sans lui sacrifier toutes les puissances de son être. Si la foi agit, la passion opère.

La révolution procéda avec une infernale méthode; elle poursuivait la dissolution d'une société édifiée sur une base autoritaire, où Dieu était adoré, la royauté respectée, où l'unité était défendue par le rempart des associations chrétiennes ; le succès ne pouvait être obtenu par une guerre de front, immédiate, acharnée; comme prélude, on se contenta d'affaiblir, de désagréger, de miner avec persévérance, et, pour commencer, on se prit à nier Dieu, à outrager le sacerdoce, à encourager l'individualisme, à préconiser la jouissance et à montrer à l'horizon, comme un but suprême, la conquête de l'égalité et de la liberté. — Quand vint l'heure des revendications, on les formula avec des apparences de raison : nul doute, en effet, que la concentration excessive du pouvoir n'eût engendré de détestables abus, que les privilèges ne répugnassent aux moeurs nouvelles, comme à l'esprit de justice, et que le besoin de sérieuses réformes ne s'imposât au gouvernement. Les réformes furent acceptées, et des sacrifices généreusement consentis firent croire à la réconciliation de la nation. Louis XVI ne marchanda pas ; il espérait sauver la France à force de vertu et de dévoûment, et son âme de Bourbon songeait à peine à défendre la royauté contre les envahissements d'une révolution, qui affectait encore de vouloir être soumise et modérée. Bientôt, hélas! il devait apprendre que l'esprit du mal est insatiable, et que, les condescendances ont le triste sort d'éveiller tous les appétits, comme de déchaîner toutes les fureurs.

Après une halte hypocrite, la révolution reprit donc sa marche, décidée à régner sur des ruines et à ne pas laisser  pierre sur pierre de l'édifice, dont une science subtile avait préparé l'effondrement : son irrésistible amour de l'humanité ne pouvait, disait-elle, se contenter d'un demi-succès : elle irait jusqu'au bout, dût-elle, comme Saturne, dévorer ses propres enfants. Quelles que soient nos douleurs, en remuant ces cendres fumantes encore, il faut bien dire et dénoncer les attentats ; n'est-ce pas apprendre de quel côté doit se porter l'effort de la réparation ?

Le Dieu qu'on avait nié, et qui reparaissait quand même, était l'ennemi — Le but était de l'isoler du monde abusé par le mystère de la création : qu'importait que la puissance humaine échouât devant les cieux ? la terre pouvait du moins être émancipée, rendue à elle-même, à ses instincts et cesser d'être esclave.

Concéder l'existence d'un Etre suprême retranché dans les sphères les plus lointaines, supprimer la Providence, lui substituer la raison, souveraine, infaillible, tel fut le plan destructeur de la doctrine, tandis qu'une rage sans mesure s'acharnait à démolir et à jeter au vent tout ce qui était, ou pouvait passer pour une affirmation de l'autorité catholique. On avait dit : plus de Dieu ; on ne tarda pas à dire : plus de rois ; l'abaissement, où l'on avait réduit la couronne, conduisait logiquement à la destruction du trône.

Dès lors la révolution ne marche plus : elle déborde comme un fleuve sans digues et sans rives ; elle roule impétueuse et emporte tout. Et pour qu'un coup mortel soit porté aux institutions, pour que le souvenir s'en efface, pour que rien ne leur survive, les confiscations, la guillotine, les noyades, le régicide, la promiscuité deviennent aux mains de la république les moyens pratiques de mettre en honneur la déclaration des

droits de l'homme et la constitution civile du clergé. Enfin, quand la lassitude saisit les bourreaux, et qu'on fait halte, en  plein régime de Terreur, rien n'est plus debout, tout est à terre, ou dispersé dans le chaos et les forces éparses de la réaction ne peuvent même plus se rejoindre. Dieu n'habite plus ses temples déshonorés : la solitude seule venge ses autels des outrages commis au nom de la liberté ; son sanctuaire est dans la chaumière, sous la garde fidèle de quelques âmes, que les défaillances n'ont point atteintes.

La révolution est triomphante, et elle n'est pas satisfaite : elle atout détruit, elle n'a rien fondé, et la détresse universelle crie vengeance. Elle contemple son oeuvre, enveloppée dans une guenille de sang et d'opprobre, exaspérée par ses propres succès

et par les résistances vaincues. Alors elle se révolte contre elle-même, s'indigne de sa propre impuissance et, comme Judas, elle se suicide, en jetant à la France une malédiction, à Dieu un dernier blasphème, espérant du moins avoir à jamais dissous les liens de l'association monarchique et chrétienne.

Encore un mot sur la révolution, son origine, ses conséquences, sa place dans l'ordre providentiel, auquel l'esprit de soumission doit nécessairement rattacher les épisodes de la vie des peuples.

Il faut le reconnaître et le redire, avec une religieuse sincérité, lorsque la crise, préparée par l'invasion des doctrines nouvelles, sembla devoir se résoudre en réformes respectivement consenties, la société s'affaissait sur elle-même et tombait en décomposition ; l'essence de l'esprit chrétien, qui réside dans la pureté des moeurs, dans la charité, dans le sacrifice, ne vivifiait plus aucune de nos institutions ; la corruption était publique, effrontée ; les courtisanes, devenues des puissances accréditées, avaient asservi  et dégradé l'exercice de la souveraineté ; le clergé lui-même mêlé aux intrigues, sollicité par des préoccupations temporelles, n'était plus à Dieu sans partage : trop de vocations déterminées par la naissance, ou par la recherche des bénéfices avaient été pour le corps sacerdotal une cause d'abaissement, et il ne pouvait s'en relever que par la pratique du désintéressement et du dépouillement, l'amour exclusif de Dieu et des âmes. Si donc la réforme, qui avait son principe dans un mouvement légitime, au lieu de subir la pression de toute une pléiade de sectaires, eût été dominée par l'ascendant des idées chrétiennes, elle eût pu être une oeuvre de régénération ; la Providence l'eût bénie. Il n'en fut pas ainsi, parce que la France dût obéir à une loi d'ordre universel : elle penchait trop sensiblement vers le mal, pour retrouver son équilibre rompu:  le vertige de l'abîme l'attirait, son âme appartenait à l'idole qui avait empoisonné sa chair, et toutes ses forces énervées étaient en la puissance de l'ennemi. Ne nous étonnons pas de sa chute : l'expérience

et l'histoire sont d'accord pour nous convaincre que les réactions qui sauvent, ne sont jamais indépendantes d'une douleur ou d'une cruelle épreuve; nul ne se convertit dans la prospérité : la lumière ne jaillit de l'égarement et des ténèbres que par de terribles démonstrations. Les peuples, aussi bien que les individus, ne comprennent que les dures leçons de la flagellation, parce que la flagellation seule humilie l'orgueil et les présomptions, et fait apparaître, dans une irrémissible expiation, la justice et là volonté du Seigneur outragé.

Fallait-il cependant, nous dira-t-on, que le mal fût sans mesure, que tant de victimes innocentes fussent immolées par tant de coupables? Les mystères de la justice divine sont impénétrables : bien osé serait celui qui entreprendrait d'en sonder les profondeurs, et d'appliquer à ses miséricordes ou à ses colères les vues étroites de la justice humaine. Le crime est un mal que rien n'excuse, que nulle circonstance n'atténue, mais il est aussi, dans l'ensemble du plan providentiel, un instrument et un enseignement; Satan lui-même rend gloire à Dieu, car ses triomphes ne font que passer, et soulèvent des élans de repentir et d'adoration, qui sont le châtiment de ses victoires, des joies nouvelles pour le ciel, et la résurrection des nations.

Disons donc, avec une simplicité soumise, qui puisse aujourd'hui encore ajouter quelque chose au mérite de l'expiation : le châtiment marque le juste niveau du crime, mais quand un peuple survit aux catastrophes, c'est que son repentir est digne de pitié, et qu'une miséricorde infinie lui réserve des jours de grandeur et de paix...

 

Écu

 

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