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L'Avènement du Grand Monarque

L'Avènement du Grand Monarque

Révéler la Mission divine et royale de la France à travers les textes anciens.

Publié le par Rhonan de Bar
Publié dans : #EN FAVEUR DE LA MONARCHIE

 

A LA FRANCE

LE RÉVEIL, LA RÉVOLUTION

ET L’ACHANGE SAINT MICHEL

 

Ecca nunc tsmpua acceptabila,

Ecce nunc die salutis.

 

 

 

 

III

MARIE.

 

Il est de l'essence de tout mouvement catholique d'être universel, c'est-à-dire de relever à un niveau supérieur tout ce qui touche à la religion et embrasse les rapports de la terre et du ciel. Et dans ce fait, que l'histoire de l'Eglise pourrait confirmer se trouve la preuve la plus éclatante du repos en Dieu de tout sainteté qui a subi l'épreuve de la création ou de la vie, comme du prestige dont la divinité se plaît à entourer ceux qu'elle élève aux sommets de la gloire. Ainsi quand le pécheur converti sait à la fois redoubler d'amour dans l'adoration et de vénération dans le culte des saints, la Providence accueille, avec une égale miséricorde, les hommages directs de la créature et ceux que lui transmettent les adorateurs de la cour céleste. Ainsi surtout Marie, reine du Ciel, nécessairement associée à tous les élans du repentir et de la prière, les portes, avec une maternelle tendresse, jusqu'au cœur ouvert de Jésus crucifié pour l'amour de l'humanité.

De quelles mortelles tristesses Marie n'avait-elle pas été la confidente? que de serments déposés à ses pieds, que de vœux offerts, que de couronnes promises pour prix de sa puissante intercession ! Cependant les flots de la dévastation montaient toujours et menaçaient d'envahir de nouvelles contrées. Un jour, au plus fort de la détresse, Dieu résolut de laisser tomber sur la France un regard de pitié, avec une parole de miséricorde, et, Marie en fut la messagère, en témoignage du crédit de ses supplications.

Ne dédaignant pas la forme sensible, elle descendit du ciel dans un flot de lumière, puis ouvrant les yeux à quelques enfants, dont la pureté et l'innocence avaient fixé son choix, elle se révéla rayonnante de grâces et de beauté, les bras ouverts et le sourire aux lèvres : Priez, mes enfants, leur dit-elle mon fils se laisse toucher; et pour que cette auguste consolation ne fût pas une parole fugitive et contestée, les nuages en gardèrent l'empreinte durant la mystérieuse apparition. Peu de temps après, les apaisements de la justice de Dieu se traduisaient par un armistice : la France allait subir les dures conditions du vainqueur, mais elle pourrait du moins entreprendre l'œuvre de sa réparation et de sa conversion, et acquitter la dette de sa reconnaissance.

Si l'histoire des cinq années qui nous séparent actuellement de l'apparition de Pontmain, n'offre, dans l'ordre politique, qu'une douloureuse intermittence de jours bons ou mauvais, d'espérances et de mécomptes, d'instincts généreux dé grandeur et d'abaissements inouïs, d'unions incohérentes, de luttes néfastes, de déchirements profonds et d'impuissance finale, il n'en est pas moins vrai que le catholicisme y occupe Une grande place, et que seul il y a droit à une monographie harmonieuse, consolante, qui se détache du tableau d'ensemble en un pur et délicat relief, précieux camée au milieu de pierres frustes, ou mal taillées. Sans doute la victoire n'est pas décisive, mais chaque jour quelque bataille a été gagnée, quelque point pris à l'ennemi

et courageusement occupé ; partout du moins, étouffant les cris de discorde et les clameurs des impies, a retenti ce vieux cri des Francs : Regnum Galliae, regnum Mariae.

Grâce à des élans irrésistibles, qui ont soulevé l'âme de la France, les triomphes de Marie ne se comptent plus : chacun  de ses sanctuaires a retrouvé ses traditions et rajeuni sa renommée; tous ont vu des foules immenses, recueillies, qui, sans souci des distances, des fatigues de la route, venaient implorer la guérison de la France et solliciter un miracle national ; et alors une voix qui ne trompe pas a dit dans la captivité, mais dans la plénitude d'une sublime intuition : Les pèlerinages la sauveront.

Etrange manifestation de la mobilité humaine et de la puissance suprême qui domine nos agitations, le moment où les royautés de la terre retiennent péniblement leurs couronnes amoindries, où elles consentent à les rendre plutôt que de les sanctifier, a été l'heure providentiellement choisie pour glorifier par cent couronnes l'immortelle auréole attachée par Dieu même au front majestueux de la Reine des cieux. Les trônes tremblent, les souverainetés s'abîment, ou se déshonorent ; Marie rayonne dans la gloire et son empire s'étend sur le monde.

Le grand nombre ne perçoit pas l'enseignement de ces éloquentes vicissitudes, car une clarté trop vive commence par éblouir l'œil qui dans les ténèbres s'est déshabitué de la lumière.

Qu'importe, le doigt de Dieu est là ; à travers les bourrasques de la tempête, il passe sur la France un souffle, qui vient du ciel, souffle embaumé de grâces et riche d'espérances : la foi l'a fait descendre : l'amour le retient, pour en faire la pure atmosphère de la régénération promise. L'heure n'est pas venue ; elle reste à Dieu, et le souffle passe encore avec le mystère qui l'enveloppe.

Qu'il nous suffise de constater et de proclamer hautement qu'une ligue sainte est formée, et que Notre-Dame de Pontmain, comme Notre-Dame de la Délivrance et Notre-Dame de Lourdes gardent la France malgré elle, et la retiennent aux bords d'un abîme.

France de Clovis, de saint Louis et de Jeanne d'Arc, réveille-toi ; brise les chaînes qui accablent tes membres meurtris ; sois chrétienne, comme aux jours de ta vocation. Le Sacré-Cœur est ouvert pour te recevoir dans sa miséricorde ; la croix se relève pour t'apprendre le prix de la souffrance et la voie de la rédemption, et Marie, toujours ta reine, t'attend aux pieds du Calvaire, avec le lis qu'elle t'a gardé.

 

IV

LA JUSTICE DE DIEU

DANS L’HISTOIRE DES PEUPLES.

 

Il serait peut-être d'un grand intérêt et d'un édifiant exemple de placer ici une notice distincte de toutes les oeuvres catholiques, de retracer leurs programmes, de définir leur but, et d'extraire des procès-verbaux des congrès un résumé synthétique des entreprises de l'esprit chrétien. Mais nos forces ne nous trahiraient-elles pas, et ne serions-nous pas inférieur à une tâche qui, en exigeant toutes les délicatesses du cœur, appelle sur elle, avec la chaleur apostolique, tous les rayonnements de la plus haute intelligence? Déjà n'avons-nous pas trop osé, en nous efforçant de découvrir et de mettre en lumière les sources vives où le catholicisme va puiser ses forces d'expansion et le mystérieux secret de ses victoires ? — Etions-nous digne de révéler le Sacré-Cœur à ceux qui l'ignorent, de déposer un baiser sur la croix, une couronne sur le front de Marie ? La foi, qui rend les âmes ingénieuses, la charité féconde et le monde meilleur, a des hardiesses que Dieu pardonne, des témérités qu'il bénit : que sont après tout les prodiges qui s'opèrent, s'ils ne sont pas le triomphe de la plus audacieuse humilité ? Il ne s'est pas fait de miracles, et cependant est-ce à une puissance de la terre, est-ce à un pouvoir humain qu'il a été donné de s'emparer d'un sol mouvant, sans cesse remué par un génie infernal, pour y jeter les premières assises d'un édifice impérissable et totalement chrétien ? Quand douze pêcheurs, se levant au milieu du paganisme, entreprirent d'enseigner l'Evangile aux nations, ils ne comptaient que sur la puissance qui les envoyait. Quand, au milieu des ruines et des corruptions de notre siècle, ont apparu de nouveaux apôtres, décidés à relever la croix, ils n'avaient d'espérance que dans les souvenirs de Génésareth. L'histoire ne saurait tromper ceux qui l'interrogent avec une intelligence sincère et soumise et ne la prennent ni pour la victoire de la fatalité, ni pour une succession de faits reliés entre eux par de simples rapports chronologiques. L'histoire est la loi de Dieu écrite dans la vie des peuples, car leur grandeur ou leur décadence ne s'explique que par l'élévation, ou l'abaissement des âmes. Pour juger les temps, il faut les considérer d'en haut, projeter les regards en avant, et chercher la lumière aux horizons. Çà et là, comme pour contredire les immortelles vérités, çà et là apparaissent des fortunes rapides, des grandeurs d'emprunt, des prospérités inouïes, véritables épopées de l'usurpation et du crime; mais attendez, la page a un revers, et sans aller plus loin, vous y trouverez le déclin, le châtiment, la confusion poussés jusqu'à l'anéantissement : d'Austerlitz à Sainte-Hélène est-il devant Dieu plus d'une minute de l'éternité ?

Tout ce que les siècles ont produit de majestueux et de durable, s'est fortifié par l'épreuve, a passé par le creuset de la souffrance et de la persécution : plus que toute chose le christianisme l'atteste et le prouve; en devenant la suite et l'épanouissement de la tradition hébraïque, il a conquis le monde sur la volupté par une morale impitoyable dans ses sévérités ; le sang de ses martyrs et de ses confesseurs a submergé les trônes des bourreaux, et ceux-ci ont fini par l'embrasser, ou par tomber des sommets, d'où ils ne savaient que maudire. Partout des jours de gloire ont suivi de près ceux de ses douleurs, car il ne règne que par la croix, et quand la croix s'éloigne, il s'alanguit dans la corruption du monde.

La France est née du christianisme ; elle en a partagé les vicissitudes : c'est sur le paganisme autant que sur la barbarie qu'elle a conquis sa place à l'avant-garde de l'Europe. La fidélité à l'Église est la meilleure et la plus constante de ses gloires : c'est par la foi qu'elle a rayonné sur le inonde et accompli sa mission, et quand on jette les yeux sur ses jours de grande renommée, qu'y trouve-t-on, si ce ne sont toutes les splendeurs du génie chrétien? Nous les cherchons en vain dans ces périodes d'anarchie, qui ne se multiplient, hélas ! que pour nous faire déchoir davantage.

Qui songeait cependant à ces vérités, quand la France, ivre de prospérités, blasée par les jouissances, éprise des hardiesses du crédit, se livrait et s'abandonnait tout entière aux puissances de la révolution ? Qui se souciait alors de la miséricorde divine, préparant pour les jours de deuil le refuge de deux grands dogmes réparateurs ? O sublime contradiction des présomptions» humaines et de la toute-puissance des cieux ! Quand la France, convoquée dans ses comices, s'imagine avoir fondé une dynastie sur le roc plébiscitaire, la dynastie disparaît, emportée par six semaines de campagne et par les fureurs populaires : et en même temps le Saint Pontife que tout abandonne, excepté Dieu, que sa fille bien-aimée a trahi, que d'autres enfants ont dépouillé de son dernier lambeau, isolé de son dernier soldat, poursuit dans la captivité une inénarrable carrière, juge, bénit, condamne, excommunie, foudroie dans la plénitude

du droit et de l'autorité souveraine! Prodige plus merveilleux, seul des successeurs de Pierre, le faible Pie IX, le miraculé de Marie, a accompli et dépassé les jours qu'une

tradition expresse, consacrée par la liturgie même, refusait à tous les vicaires de Jésus-Christ.

Plus les douleurs l'accablent, plus les années passent légères sur sa tête auguste : n'est-ce point encore là un des triomphes de la croix et de l'humilité la plus sanctifiée?

Il a donc fallu que la France eût son calvaire pour qu'elle entrevît l'abîme creusé par ses propres mains et dont la profondeur ne se mesurait plus. Tout présageait une catastrophe irrémédiable, et le schisme pouvait devenir son sépulcre, quand l'ange qui veillait sur elle la fit digne de la rédemption par l'adversité et la souffrance. Sedan fut pour Dieu la revanche de Castel-Fidardo, pour enseigner au monde que la justice et la patience sont inséparables de l'éternité, pour conjurer un dernier malheur et ouvrir les voies de la réparation.

Les dynasties disparaissent, les pouvoirs se succèdent aussi vains qu'impuissants, parce qu'ils s'efforcent de s'adapter aux erreurs dominantes ; ils surgissent dans l'orgueil ; ils s'abîment bientôt dans leurs propres faiblesses, et si la France, la plus belle oeuvre des siècles, n'est pas emportée par le torrent, c'est qu'il y a clans son âme un reste de chaleur chrétienne, c'est que l'univers enrichi par les miracles de sa charité demande pitié pour elle, et que la Providence entretient et bénit au fond de sa conscience une étincelle de feu sacré.

Voilà ce qu'apprend l'histoire envisagée dans ses plus nobles perspectives et considérée comme le livre des justices du temps.

Lorsqu'au dernier jour, les vivants et les ressuscités comparaitront au tribunal de Dieu, les nations auront cessé d'être, et il n'y aura plus que deux grands peuples de damnés et d'élus. —-

Que faut-il de plus pour conclure que les temps sont réservés à la récompense ou à l'expiation des nations, comme de tout ce qui reste et meurt au seuil de l'éternité ?

Il fallait dire ces choses, pour relever la confiance, ranimer les courages et remettre quelque ordre dans la confusion des idées, et le trouble des intelligences. La France a été châtiée parce qu'elle avait mérité l'épreuve ; de l'épreuve a jailli un trait de feu et de lumière : il ne s'éteindra pas dans nos mains.

Et maintenant, sans descendre dans les détails, sans soulever indiscrètement les voiles qui dérobent aux profanes les plus délicieuses merveilles de la piété et du sacrifice, nous allons jeter sur le passé un regard rapide, pour lui demander le grand moyen de la régénération nationale : aucune oeuvre ne naît et ne vit que selon la règle d'une constitution providentielle qui est comme le berceau du monde et des peuples : aussi bien demeure-t-elle la voie de la réparation et du salut...

 

Écu


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