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L'Avènement du Grand Monarque

L'Avènement du Grand Monarque

Révéler la Mission divine et royale de la France à travers les textes anciens.

Publié le par Rhonan de Bar
Publié dans : #EN FAVEUR DE LA MONARCHIE

A LA FRANCE

LE RÉVEIL, LA RÉVOLUTION

ET L’ACHANGE SAINT MICHEL

 

Ecca nunc tsmpua acceptabila,

Ecce nunc die salutis.

 

PRÉFACE

 

Il existe, de nos jours, une foule de gens, dont le moindre souci est de chercher la vérité, de placer à son rang l'action providentielle qui domine le monde, et dont le patriotisme, si pompeux qu'il soit, s'accommode de tous les événements.

Ils aiment la France en philosophes, en devins présomptueux, et plutôt que de se réjouir de la réaction chrétienne qui la relève de ses défaillances, et lui prépare un avenir, ils affirment, avec une imperturbable assurance, que la France peut disparaître, comme ont disparu les empires d'Alexandre et d'Auguste, et comme, dans les temps modernes, a disparu l'infortunée Pologne : peu s'en faut qu'ils ne prédisent les échéances de la destruction.

Un tel empirisme n'est pas seulement un outrage à Dieu ; il est la parodie de l'histoire, et la négation la plus effrontée de l'immortelle vocation de la France, vocation que l'esprit le plus subtile ne saurait attribuer ni à la Perse antique, ni à la Rome païenne, ni même à la catholique Pologne.

Depuis un siècle la révolution nous déchire, et malgré ses efforts désespérés, son génie destructeur n'est point parvenu à tarir cette sève religieuse et catholique, qui n'avait cessé d'être le principe de notre élévation, la source de toutes nos grandeurs.

Elle seule nous a préservés d'une chute irrémédiable ; et quand elle circule plus active dans nos veines ulcérées, quand elle rappelle la chaleur dans toutes les parties de notre être, c'est que la régénération s'opère, et qu'une renaissance nouvelle nous sera accordée.

Il faut constater le réveil pour qu'il se généralise et s'étende, par le fait d'une émulation ardente et généreuse.

Il faut montrer l'ennemi dans sa puissance, comme dans sa corruption, dans ses ressources, dans ses moyens, dans son but, dans ses oeuvres, comme dans ses opprobres et dans sa stérilité finale.

Il faut faire apparaître, au milieu de tant de vicissitudes, la justice et la clémence du Seigneur, découvrir les grâces qu'il répand, les bénédictions qu'il promet.

Il faut parler du Sacré-Cœur, attendri par la sincérité des repentirs et par les élans de nos invocations ; de la Croix, qui nous convie à la paix dans la fraternité chrétienne ; de l'archange saint Michel, qui poursuit sur la terre la révolution tombée du ciel avec les anges de ténèbres, qui pendant huit siècles combattit à nos côtés, toujours associé à la fortune de la France, toujours fidèle à son étendard, parfois visible aux premiers rangs de ses bataillons, puis brusquement séparé d'elle par un retour offensif de la puissance diabolique.

Il faut saluer enfin le retour à la tradition chrétienne, au pèlerinage du mont Saint-Michel, après une période où les douleurs ne s'expliquent que par les délaissements, l'épreuve que par la loi nécessaire de l'expiation ; il faut acclamer le vénéré Pie IX, le pasteur infaillible, et faire de la couronne que, par nos mains, il décerne à l'archange invincible, un gage d'espérance et de victoire.

Que la Providence nous permette d'implorer à genoux et dans la plus profonde humilité, cette bénédiction qui seule peut sanctifier l'œuvre de sa créature, lui valoir quelque mérite devant les cieux, quelque crédit sur l'esprit des hommes ! !

Pendant que la France subissait l'impitoyable épreuve d'une guerre sans merci, pendant que s'effondraient une à une les décevantes illusions entretenues par un régime qui avait empoisonné la fibre nationale, il y avait des âmes qui priaient et qui s'immolaient ; un souffle de grâces avait passé sur elles, et elles pressentaient que si des sacrifices de sang ne pouvaient, à l'heure présente, conjurer l'abaissement et la ruine, il viendrait un jour où l'alliance de la prière et de la pénitence accomplirait le prodige vainement espéré de nos armes émoussées. Tout cela se passait dans un mystérieux silence et Dieu écoulait, sans se lasser encore de frapper et de punir. Nul ne saurait définir le phénomène étrange qui s'opéra alors au fond des cœurs qui savaient aimer autre chose que l'or et la pourpre, et que la contagion avait respectés ? qu'il nous suffise de savoir que les désastres de la patrie apparurent à des âmes d'élite comme les signes de justice terrible et miséricordieuse à la fois, et qu'ils préparèrent la levée d'une milice chrétienne, milice d'apôtres et de héros, qui devaient relever la France mutilée, lui révéler l'expiation, lui parler de la foi perdue et l'obliger du moins à être, au milieu de l'égarement universel, la meilleure et la plus constante consolation de toutes les douleurs de l'Eglise. Le jour où elle avait déserté son poste et failli à sa mission, son territoire avait été envahi, et l'armée, qui avait cessé de protéger le Vatican, n'était-elle pas celle-là même, qu'une retraite précipitée avait rejetée sur Paris, sur Paris qui devait à son tour courber son front impie et capituler sans grandeur?

En attendant un retour de fortune, rien ne pouvait mieux qu'une religieuse fidélité honorer cette patrie parjure ; rien ne pouvait  non plus lui mériter plus sûrement la force de revendiquer son droit inamissible et ses prérogatives délaissées. Le soldat désarmé, qui reste à son rang et garde la consigne, est un noble vaincu que protège l'honneur et qu'attend la victoire.

L'histoire de revers si inouïs se lie donc étroitement à celle d'un réveil chrétien ; et quand la guerre civile, plus terrible que la guerre étrangère, eut achevé de démontrer, à la sinistre clarté du pétrole, à l'école du meurtre et par un nouveau massacre des innocents, tout ce qu'il y avait de perversité et d'égarement dans les masses ignorantes et corrompues, les soldats du Christ se montrèrent. Ils étaient encore peu nombreux, mais ils avaient déjà pour eux la résolution et le courage : ils ne venaient pas maudire ; ils venaient arborer sur des ruines l'étendard de vérité ; ils venaient enseigner des pauvres, apaiser les passions, parler de rédemption et de salut : la charité seule faisait leur cortège; leurs armes étaient simples, sublimes par leur origine, puissantes par leur attache divine : c'était le Sacré-Coeur et la Croix.

 

I

LE SACRÉ-COEUR.

 

Le Sacré-Cœur reparaissait ainsi, après un silence de deux siècles, comme un trésor perdu et retrouvé, comme une nécessité proclamée par des voix secrètes, comme la dévotion salutaire à laquelle la France emprunterait la force de sa régénération. Pour la première fois aussi on se ressouvenait que le Christ, se révélant à la bienheureuse Marguerite-Marie, lui avait montré son cœur ouvert, déchiré, saignant, comme la source de toutes grâces et de toutes miséricordes. On sentait que le mépris et l'ingratitude avaient un pardon à mériter, et que l'amour ne demandait qu'à se répandre, à tenir les promesses qu'un pouvoir orgueilleux avait dédaignées et qu'une grande âme se tenait prête à invoquer. Alors encore il revenait à la mémoire des plus oublieux de nos tristesses nationales que Louis XVI, au Temple, détestant ses faiblesses, avait juré de les expier par la consécration publique de la France au cœur sacré de Jésus crucifié. — L'échafaud avait étouffé son serment; il s'agissait de le reprendre, et en effet il avait été repris par quelques âmes héroïques.

Sans cesse en prière, pendant que la cité coupable s'étonnait des horreurs du siège, elles s'étaient offertes pour être le prix de la délivrance, et, renouvelant le serment du roi martyr, elles avaient promis au Seigneur un autel d'expiation, un temple votif, au frontispice duquel la France écrirait : Sacratissimo Jesu cordi Gallia poenitens et devota, « au très-sacré cœur de Jésus le repentir et l'amour de la France. »

L'avenir de cette grande pensée n'est plus à discuter : vulgarisée par la subite renaissance du pèlerinage de Paray-le-Monial, reprise par l'Eglise elle-même, elle a grandit sous les plus augustes bénédictions; puis elle a fait son chemin à travers les mondes, portée d'un pôle à l'autre, de l'orient au couchant, par la parole retentissante du pape infaillible. Le 16 juin dernier, date à jamais ineffaçable, l'univers catholique s'est prosterné et a prononcé les paroles solennelles de sa consécration au cœur divin que Marguerite-Marie avait connu et glorifié, qui avait reçu le serment de Louis XVI, et qui attendait, dans la gloire des cieux, les soupirs et les espérances de l'humanité. Au même jour, au sommet des Buttes-Montmartre, on a vu une foule émue, et le cardinal-archevêque de Paris accomplir ensemble les premières promesses de la foi jurée : sur la place du crime purifiée de ses souillures a été posée et bénie la pierre angulaire du Temple, et maintenant il ne reste plus à la France qu'à reprendre la parole sous les voûtes du sanctuaire et à consommer, à la face du ciel et de la terre, le dernier acte de l'oblation.

Nous avons tous salué l'aurore de l'empire du Sacré-Cœur : «il règne désormais sur nos âmes ; il doit aussi gouverner le monde, mais son triomphe ne sera complet que quand nous l'aurons mérité par plus de sacrifices et plus de souffrances : les miséricordes du Christ éternel sont le juste prix de la persévérance humaine.»

 

II.

LA CROIX.

 

Le saint amour, en reprenant possession des âmes, ne pouvait manquer d'y jeter de vives ardeurs et par-dessus tout celles de la charité : le châtiment et la souffrance avaient provoqué le rayonnement de la lumière ; les cœurs glacés s'étaient réchauffés,

la foi les animait, ils palpitaient impatients de la confesser publiquement. Tout à coup le voile que l'on avait jeté depuis longtemps sur les plus profonds abîmes, vint à se déchirer, et les plus sanglants opprobres eurent le triste honneur de compléter la révélation ; le doute n'était plus permis, la foi renaissait au milieu d'un peuple dépravé par l'ignorance et par l'exaltation des passions sauvages; elle renaissait donc pour le convertir.

Pourquoi, en effet, ce peuple en délire avait-il déclaré à Dieu une guerre sacrilège? Pourquoi, sous les regards triomphants des Germains, qu'il n'avait pas su vaincre, avait-il osé prétendre qu'il aurait meilleur marché de la Providence, qu'il saurait bien, détruire ses œuvres, anéantir le sacerdoce, et sur un amas de ruines édifier un gouvernement sans Dieu, où la famille serait sans droits, la propriété sans lois? L'entreprise avait échoué, mais l'enseignement restait, et il fallait se demander pourquoi tant de forfaits étaient venus s'ajouter au deuil de la patrie?

C'est qu'une corruption habile, insinuante, avait profité des épanouissements malsains de la richesse et de toutes les tentations de la fortune pour dégrader les âmes, raccourcir les horizons de la pensée, et remplir le cœur de criminels amours. C'est que les adeptes d'une science nouvelle, aussi vaine qu'insolente, avaient contredit le dogme de la création, détruit jusqu'à la notion de l'immortalité, déifié les appétits et fait de la jouissance le dernier mot de l'existence humaine. A ces créatures rachetées, comme nous, par le sang du Christ, il fallait montrer le calvaire, le calvaire d'où Jésus mourant donna à l'humanité entière le baiser de la réconciliation et de la paix, aux pieds duquel le double mystère de la rédemption et de l'adoption réunit tous les hommes dans la fraternité chrétienne, dans la paternité divine, dans un droit égal à l'éternelle justice.

Ce fut donc l'heure choisie et déjà bénie, où des hommes, que nous appellerons des héros, saisirent la croix d'une main vaillante et vinrent la planter fièrement au foyer même de la haine et des blasphèmes. Ne vous plaignez pas, dirent-ils, vous qui souffrez, vous qui avez faim et soif, parce que le royaume de Dieu est à vous et que la résignation dans la souffrance a des promesses augustes de consolation. En attendant, puisez dans les trésors de notre charité ; elle aussi aura des paroles de consolation et ne vous refusera rien de ce que vous demanderez au nom de Dieu; gardez cette croix, comme le signe de la nouvelle alliance, et rappelez-vous que, dans un jour de bataille où des troupes païennes étaient menacées d'une déroute, le Seigneur, montrant la croix à leur chef, prononça ces quatre mots prophétiques : In hoc signo vinces, c'est par ce signe que tu vaincras ; et le même jour donnait bientôt à Dieu des légions chrétiennes, aux armées les gloires du triomphe. La victoire, c'est le salut à tous, mérité par l'adoration, la soumission, le respect de la famille. La victoire, c'est la France unie, laborieuse, catholique, digne de ses vieilles gloires, réconciliée avec son génie. Désormais, grâce à ces sublimes dévouements, il est partout des ouvriers qui se réunissent pour prier, qui se signent avec foi ; ils ont retrouvé, avec le repos du dimanche et les joies du foyer, toutes les espérances perdues, car ils savent que le travail est la grande sanctification de l'humanité, et que toute souffrance acceptée pour Dieu est un mérite pour l'éternité. Vous qui passez devant ces asiles, avec un orgueilleux mépris, jetez les yeux sur nos enseignes, et dites-nous ce que vous offrez de meilleur à ces déshérités, que nous appelons nos frères et auxquels nous ne promettons qu'une chose, qu'une seule : le ciel...

 

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