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L'Avènement du Grand Monarque

L'Avènement du Grand Monarque

Révéler la Mission divine et royale de la France à travers les textes anciens.

Publié le par Rhonan de Bar
Publié dans : #ARCHEOLOGIE CHRETIENNE

L’ICONOGRAPHIE DU COEUR DE JESUS

Postérieurement à la Renaissance.

L'HABITAT SPIRITUEL DANS LE COEUR DE JESUS.

La troisième question, qu'il est utile d'examiner pour pouvoir, au moins le plus souvent, discerner le Coeur de Jésus d'avec celui du fidèle qui lui fut quelquefois assimilé par un commun accord de la piété et de l'art, c'est l'habitat spirituel du coeur fidèle dans celui de son Sauveur.

Née dès les premiers siècles de l’Église, nous voyons plus particulièrement cette forme de piété en honneur dans les cloîtres du Moyen-âge, mais il serait absolument erroné de penser qu'elle fut particulièrement réservée aux seuls raffinés, si j'ose ainsi parler, de la mysticité chrétienne. Elle fut toujours prêchée à tous, et à partir du XVIe siècle, au moins, nous la trouvons interprétée par l'iconographie en des compositions destinées à être répandues partout.

Il est, du reste, peu de formes aussi simplement naturelles par lesquelles l'âme chrétienne puisse aspirer à se rapprocher mentalement de son Sauveur, car, en y recourant, elle obéit à ce qu'on peut bien appeler son instinct de conservation.

En tous temps et dans tous les milieux, le chrétien connut, pour son âme, des dangers ; en tous temps et en tous lieux il en connaîtra. A rencontre de sa sécurité ils viennent de tout : des conditions dans lesquelles sa vie se déroule, des richesses et de la pauvreté, de la force et de la maladie ; de ses semblables qui le lèsent, le persécutent, l'humilient, ou le sollicitent, ou l'entraînent en des terrains interdits ; de lui-même, de cette double nature spirituelle et animale dont saint Paul nous dit qu'elle changeait son propre esprit en terrain de bataille. Donc, dangers partout pour celui qui veut garder son âme intacte autant qu'il est possible à l'homme vivant en ce monde.

Devant ces dangers multiples surgit dans l'âme la crainte.

Et, dans tous les temps, la crainte raisonnée fut, pour l'être humain, l'un des sentiments les plis heureusement féconds: elle lui fit inventer l'arme pour la défense de son corps, et l'habitation fermée pour la sécurité de son repos et de son bien.

Aussi l'âme fidèle, sentant sa faiblesse et prise de crainte  devant les périls, voulut avoir un refuge. Elle le voulut saint et sacré ; et regardant son Rédempteur mort pour son salut, elle vit à son flanc l'ouverture béante par laquelle le sang du Coeur a coulé pour elle, et se dit : Voilà mon asile !

Ainsi, l'âme, ayant peur de l'homme qui la pousse ou l'entraîne à sa perte, ayant peur, aussi, de Celui qui la jugera, se jette dans le Coeur de son Sauveur et de son Juge.

Si j'osais risquer ici, au hasard du souvenir, un rapprochement, j'évoquerais, comme l'expression d'un pareil désir, et d'Un pareil besoin de protection le pieux sentiment de ce Pharaon de la XIXième dynastie, quelque douze cents ans avant notre ère, qui, s'adressant au dieu Amon, le dieu Un, le dieu suprême, désirait « qu'il le portât dans son coeur ».

Mais restons sur le terrain chrétien. Tout le premier millénaire tourna son espérance vers cette plaie du côté de Jésus, et si les artistes d'alors ne la montrent pas d'une manière aussi réaliste que l'ont fait ceux qui les ont suivis dans le déroulement des siècles, ils multiplient du moins partout son image mystérieuse au centre des quatre autres blessures du corps divin, la représentant plus grande' ou plus glorieuse que les autres.

Dès le IVe siècle la grande voix du saint évêque de Constantinople,

Jean Chrysostome, proclama l'explication de cette primauté d'honneur dont la plaie latérale du Christ doit être honorée dans l'art chrétien : « En transperçant le côté du Christ, le soldat nous ouvrit l'entrée du Saint des Saints.[1]..»

La porte ouverte, c'est l'invite à entrer; et la porte dont parle le saint de Constantinople n'ouvre-t-elle pas sur le plus sacro-saint des sanctuaires et des asiles ? »

L'iconographie nous prouve que, même aux temps les plus troublés du IXe siècle et du Xe, cette attention de l’Église ne faiblit point à l'endroit de la plaie latérale ; et, durant les temps qui suivirent, surtout après que saint Bernard, au XIe siècle, eut guidé la pensée des mystiques non pas seulement jusqu'à l'abord de la plaie sanglante, mais jusqu'au Coeur dont elle n'est que la voie sacrée, les âmes, plus avidement encore que celles qui n'étaient plus, y cherchèrent pour leur salut un havre de sécurité plus efficacement protecteur que tous autres.

Dès lors, les auteurs spirituels établirent et maintinrent, les uns après les autres la théorie théologique de l'habitat dans la plaie du côté et dans le Coeur de Jésus-Christ, présentés sous un double aspect de sanctuaire et dé refuge.

Pour justifier cette assertion il me faut bien citer ici quelques brefs extraits de ce qu'ils ont écrit.

SAINT ANTOINE DE PADOUE. 1195-1231, Si Jésus-Christ est la pierre, le creux de la pierre où l'âme religieuse doit se réfugier, c'est la plaie du côté de Jésus-Christ. Foramen istud est vulnus in latere Christi. N'est-ce pas à cet asile choisi que le divin Époux appelle l'âme religieuse quand il lui dit dans le Cantique: Lève-toi, ma colombe, mon amie, mon épouse ; hâte-toi de venir dans les ouvertures du rocher, dans les profondeurs de la pierre. (Cantic. II, 13.) Le divin Époux parle des creux multiples de la pierre, mais il parle aussi de la grotte profonde, caverna maceriae. Il y a dans sa chair de nombreuses blessures, et il y a la plaie de son côté ; celle-là mène à son Coeur, et c'est là qu'il appelle l'âme dont il fait son épouse. Il lui a tendu les bras, il lui a ouvert son côté et son Coeur pour qu'elle vienne s'y cacher. Christus enim non solum se, sed etiam latus et Cor columbae aperuit, ut se ibi asbconderet.

En se retirant dans les profondeurs de la pierre, la colombe se met à couvert des poursuites de l'oiseau ravisseur ; en même temps elle se ménage une demeure tranquille, où elle repose doucement. Et l'âme religieuse trouvera dans le Coeur de Jésus, avec un asile assuré contre toutes les machinations de Satan, une délicieuse retraite... Ne restons

pas à l'entrée de la grotte, allons au plus profond, summo ore foraminis.

Le texte hébreux dit : trans osfoveae, bien avant dans l'enfoncement).

A l'entrée de la grotte, aux lèvres de la plaie, nous trouvons, il est vrai, le sang qui nous a rachetés, foraminis os est sangals Christi. Il parle ; il demande miséricorde pour nous. Mais là ne doit pas s'arrêter l’âme religieuse. Lorsqu'elle a entendu la voix du sang divin, qu'elle aille jusqu'à la source de laquelle il découle, au plus intime du Coeur de Jésus. Lé elle trouvera la lumière, les consolations, la paix, des délices ineffables.

(Sermo XCVIII in Psalm. 54— Traduit par Henri de Grèzes—Le Sacré-Coeur.— Etudes Franciscaines.)

SAINT BONAVENTURE (1221-1274)—« Comme il est doux, comme il est bon d'habiter en ce Coeur !... J'Irai prier dans ce temple, dans ce Saint des Saints... Accueillez (ô Jésus) mes prières dans le sanctuaire où vous exaucez ; ou plutôt tirez-moivous-même tout entier dans votre Coeur. » (Vitis mystica c. ni.)

JEAN TAULER, dominicain, (1294-1361)—Il fait dire à Jésus : « Comme le sceau imprime sa forme dans la cire, ainsi la violence de mon amour pour l'homme a imprimé en moi l'image de cet homme ; en moi je veux dire dans mes mains, dans mes pieds et même dans mon divin Coeur, tellement que je ne puisse jamais l'oublier. (Homeliae p. 460. cité par Franciosi. Le Sacré-Coeur et la tradition, col. 205.)

Était-il possible à ces saints auteurs d'être plus explicites ?

Ils le répètent, c'est dans la plaie sacrée et dans le Coeur du Christ, nommément désigné, que se trouve l'heureux et sûr asile de l'âme.

A l'époque où vivait Jean Tauler, se placent les premières représentations certaines que nous ayions jusqu'ici du Cœur de Jésus, du Sacré Coeur. J'en ai déjà reproduit plusieurs en exemples dans cette Revue: le Coeur crucifié sur le moule à hosties de Vich, le Coeur qui rayonne au graffite de Chinon, celui du sceau de Jaque Muzekin, pelletier de la cour de Bourgogne, et autres, tous antérieurs au début du XVe siècle.

Il est de toute évidence, et je dois le répéter ici, qu'en acceptant, comme ils l'ont fait, cette image du Coeur physique de Jésus, les théologiens et les écrivains spirituels d'alors ont attaché a la dite image tout ce que les docteurs et les orateurs sacrés d'avant eux avaient dit et écrit de la plaie du côté divin.

Pour eux, Coeur et plaie sont deux choses qui n'en font qu'une, deux choses sacrées qu'un même coup de lance à unies pour l'éternité.

Et leurs successeurs ont parlé comme eux, continuant l'hymne splendide qui glorifie tout ensemble la blessure de la lance et le Coeur auquel elle aboutit :

DOM HENRI ARNOLD, Chartreux ( -1487)

0 homme, dit Notre-Seigneur, voyez et considérez dans quelle position douloureuse je me trouve sur la croix, j'ai les deux bras étendus pour être toujours à même de vous accueillir... j'ai les pieds cloués afin de vous apprendre que je ne peux pas me séparer de vous ; mes mains percées d'outre en outre vous donnent 'à entendre qu'il leur serait impossible, même en se fermant, de retenir les grâces que vous désirez. Mais sachez-le bien, ce ne sont pas les clous qui m'attachent à la croix et m'y retiennent, c'est mon amour... Afin de ne vous oublier jamais, je vous ai écrit profondément dans les plaies de mes pieds et de mes mains ; j'ai été plus loin, je me suis fait ouvrir le côté par la lance d'un soldat pour vous ouvrir l'entrée de mon Coeur et vous montrer combien est grand mon amour pour vous. Après ma mort j'ai fait couler de mon côté du sang et de l'eau, du sang pour votre rançon de l'eau pour laver vos crimes. FRANCIOSI, col. 233. — Mois du Sacré-Coeur de Jésus, par d'anciens auteurs chartreux, etc. pages 60, 61.)

LUDOLPHE DE SAXE, chartreux— (1295-1378)— Lève-toi, âme qui est l'amie du Christ. Comme la colombe, va faire ton nid dans l'ouverture béante. Là, comme le passereau qui a trouvé sa demeure, ne cesse de veiller ; là, comme la tourterelle, cache les fruits de ton chaste amour... Dans ces trous de la pierre, dans ces profondeurs de la muraille, et maintenant et pour ton heure dernière, apprends à courir ; va t'y cacher ; tu y trouveras de gras pâturages, et tu échapperas à la gueule des lions ; (Vita Jesu-Christe u part. c. LXIV, n° 17— Cité par Franciosi. Le Sacré-Coeur et la tradition, col. 208.)

SAINTE CATHERINE DE SIENNE (1347-1380) répète souvent que le côté ouvert de Jésus est un lieu de refuge, et la chambre nuptiale des épouses du Christ.

(Dialogue ch. 20, 124, 126. Lettres 143, 210, 270, 309, 322, 329.)

DOM NICOLAS KEMPF (1393-1497)— Venez, ma colombe et n'allez pas voltiger à l'aventure, mais venez dans les trous de la pierre, dans la caverne pratiquée au milieu de la muraille de pierres sèches. La pierre c'est le Christ lui-même, les trous qui se rtouvent dans la pierre ce sont les plaies de Jésus-Christ... Quant à ce trou ou cette caverne pratiquée dans la muraille, c'est l'ouverture du côté de Notre-Seigneur. L'âme qui veut monter et s'élever jusqu'à son Bien-Aimé, doit donc ; lorsque les milans, les vautours et les autres oiseaux de proie images de démons, fondent sur elle, prendre la fuite, comme une timide colombe, et se réfugier dans les trous de la pierre, c'est-à-dire, dans les plaies de Jésus-Christ, et surtout dans la caverne profonde, à savoir dans la plaie du côté de Jésus et dans son Coeur. Là, elle n'a plus rien à craindre. Qu'elle bâtisse son nid dans le Coeur de Jésus, qu'elle s'y réfugie, qu'elle s'y repose et y prenne son sommeil : les esprits infernaux n'essaieront jamais de lui tendre des pièges, ils n'osent pas s'approcher de la plaie du Coeur de Jésus. FRANCIOSI. Col. 233— Mois du Sacré-Coeur de Jésus par d'anciens Chartreux, etc. page 63-65.

SAINT THOMAS DE VILLENEUVE (1486-1554)— Le nid de la tourterelle, c'est la poitrine du corps, du corps, dis-je, de son bien-aimé ; elle y entre par l'ouverture du côté, elle s'y fait un nid tranquille, elle y place ses petits en sûreté— (In Ascensione Domini Conc. II.)

LANSPERGE le Chartreux (1489-1539)—«Si la dévotion vous y pousse, vous pourriez aussi baiser cette image, j'entends le Coeur du Seigneur Jésus, vous donnant cette persuasion que c'est bien ce Cœur même que pressent vos lèvres, avec le désir d'y imprimer votre coeur, d'y plonger votre esprit et de vous y absorber. (Pharetra divini amoris, 1. I pars v.)

SAINT PIERRE D'ALCANTARA (1499-1562)—«Ce jour-là il faudra méditer sur le coup de lance qu'on donna au Sauveur... Un soldat s'approche la lance à la main, et il l'enfonce dans la poitrine nue du Sauveur. Telle fut la violence du coup que la croix en fut ébranlée, et il sortit de sa plaie de l'eau et du sang pour la guérison des péchés du monde. O fleuve qui sors du Paradis et qui arrose dans ton cours toute la surface de la terre ! O plaie de son côté sacré que lui a faite son amour bien plus que le fer cruel d'une lance ! O porte du ciel, ouverture qui éclaire le Paradis, lieu de refuge, tour de sécurité, sanctuaire des justes, nid des timides colombes, couche fleurie de l'épouse, de Salomon ! Dieu te conserve précieuse plaie du côté qui blesse les coeurs pieux, rose d'ineffable beauté, rubis d'un prix inestimable, entrée du Coeur de Jésus-Christ, témoignage de son amour et gage de la vie éternelle,— (FRANCIOSI Col. 255. Traité de l'oraison et de la méditation 1° partie, ch. 4.)

Voilà le résumé de l'enseignement de nos seize premiers siècles chrétiens. Et ce serait à tort qu'on le voudrait considérer comme une spiritualité réservée aux seuls ascètes et mystiques des monastères. C'était ce qu'on disait aux fidèles du haut des chaires d'Italie, de France, d'Espagne, d'Angleterre, et d'Allemagne.

Saint Antoine de Padoue, dans le sermon dont nous venons de lire quelques lignes, ne s'adressait pas qu'à des moines, et j'ai déjà donné dans cette Revue[2] le passage du sermon sur la Passion du Seigneur, prêchée aux Parisiens par le P. Olivier Maillard, et qui, traduit en latin pour les doctes, fut imprimé par Jehan Petit en 1513. Maillard termine ainsi le passage relatif au coup de lance : « Vous avez voulu, (Seigneur) que votre côté soit ouvert, je vous en prie[3], faites que je puisse habiter au milieu de votre Coeur. »

Vers la fin de ce même xvi« siècle, saint François de Sales, dans un sermon public aussi, disait : «La seconde raison pour laquelle Nostre-Seigneur voulut qu'où lui ouvrit le costé, nous est signifiée par ces paroles du Cantique des Cantiques, qu'il dit à l'âme dévote : « Veni, columba mea, in foraminibus petrae, in caverna maceriae, (Cant. n, 14). Venez, ma toute belle, venez ma bien-aymée, vous retirer, comme une chaste colombe, dans les trous de la mazure et dans les pertuis de la pierre» : Paroles par lesquelles il nous convie d'aller à luy avec toute confiance, pour nous cacher et reposer dans son diyin costé, c'est-à-dire dans son Cœur qui est ouvert pour nous y recevoir avec un amour et une bénignité non pareille, afin de nous servir de refuge et de retraite asseurée en toutes nos tribulations... (FRANCIOSI, Col 304.— Sermon pour la feste de Saint Jean-Porte-Latine.)

Comment cette thèse de l'habitat, mystique dans le cœur même de Dieu a-t-elle été servie par les arts figuratifs ?...

Des initiales de prénoms baptismaux et de patronymes furent fréquemment inscrites dans le cadre d'Un coeur sur les marques corporatives et commerciales de la fin du Moyen-âge et depuis, mais nous devons reconnaître qu'il est très souvent impossible d'affirmer si ces coeurs sont l'image de celui de Jésus dans lequel un fidèle s'est réfugié spirituellement, sous l'emblème de ses initiales nominales, ou s'ils ne sont que le coeur de l'artisan, du commerçant, désigné par ces mêmes initiales ; l'une et l'autre interprétation sont souvent également vraisemblables.

Plus expressive me paraît être la marque commerciale de l'opulent John Gresham (mort en 1555), qui prêta souvent des sommes considérables au roi d'Angleterre Henri VIII. Elle porte, dans un grand cœur surmonté de la croix double, les initiales de John Gresham accompagnées d'un petit coeur qui doit être le sien.

Marque commerciale de John Gresham XVIe siècle sur vitrail de l'hôpital de Great Lefort (Essex.) D'après croquis de M. E. W.

L'empreinte d'un moule en buis, d'origine espagnole, béarnaise ou basque, que j'ai eu par le comte Raoul de Roche brune me paraît s'apparenter aussi aux marques artisanes du XVIe siècle. Le monogramme S. F., ou F. S., y accompagne ; dans le Coeur de Jésus que surmonte la croix, Un coeur plus petit qui ne peut être que celui du possesseur de la marque, réfugié dans le Saint des Saints, pour parler comme saint Jean-Chrysostome.

Voici la reproduction de deux gravures sur bois, images toutes populaires de la fin du XVIIe siècle ou du XVIII, dont les bois originaux sont au musée des Antiquaires de l'Ouest, à Poitiers. L'une et l'autre nous montrent le coeur fidèle dans celui de son Sauveur. Sur la première le coeur fidèle est au pied du Monogramme, I. H. S. et dans son rayonnement qui illumine l'intérieur de celui de Jésus-Christ. Le Coeur sacré, qui portela croix, la lance et l'éponge rayonne à son tour dans un ovale que cantonnent divers motifs relatifs au supplice rédempteur.

La seconde image montre simplement le Coeur fidèle en position d'hommage sous le monogramme de Jésus et dans le cadre de son Coeur sacré qu'entoure la couronne d'épines.

La singulière médaille en cuivre repoussé, recueillie par le R. P. Georges Goyet à Saint-Loup-sur-Thouet, (Deux-Sèvres) me semble bien, maintenant, se rapporter au thème de l'habitat du coeur humain dans celui de Jésus.

Moule de marque commerciale(?) en buis. XVIe siècle.

Bois gravés pour images populaires—XVIII siècle. Musée des Antiquaires de l'Ouest, à Poitiers.

On eut aussi quelquefois, dans nos derniers siècles, l'idée de représenter le Coeur de Jésus dans Celui de sa Mère, mais alors l'un et l'autre furent suffisamment caractérisés pour que nous les puissions reconnaître.

Médaille en cuivre repoussé provenant de Saint-Loup-sur-Thouet

Une autre manière de figurer le recours à l'hospitalité protectrice du Coeur de Jésus que le XVIIIe siècle connut, et dont le XIXe usa dans des compositions souvent lamentables à force d'être mièvres, fut de représenter un oiseau et plus spécifiquement une colombe (une, et non pas toute une volée) arrivant de plein vol vers la plaie béante du Coeur sacré.

C'est l'interprétation des paroles du Cantique des Cantiques dont s'inspira saint Antoine de Padoue, dans le texte précité.

II y avait là un beau motif artistique à établir ; les dessinateurs du siècle dernier l'ont abordé avec un manque complet de sens hiératique et ils ont ainsi gâté l'expression d'une toute belle pensée. En résumé, il apparaît donc comme règle générale que si le thème de l'habitat spirituel du coeur fidèle dans celui de Jésus-Christ n'est pas d'ordinaire, clairement manifesté en iconographie par des initiales de noms humains placés seuls sur un coeur, d'autre part, on peut regarder, avec une certitude suffisamment justifiée, comme étant des images du Coeur du Seigneur, ceux des compositions pieuses qui portent en eux-mêmes, avec ou sans initiales, de petits coeurs dépourvus de caractères particuliers.

L. CHARBONNEAU-LASSAY. Loudun (Vienne)

[1] St Jean Chrys. Homélies. 84. Ch. IX. [2] Inextenso dans : La blessure du Côté de Jésus. Regnabit, nov. 1913. p. 391. [3] Passio domini nostri Jesu Xri a reverendo p. Oliverii Maillard Parisius declamata.

 

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