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L'Avènement du Grand Monarque

L'Avènement du Grand Monarque

Révéler la Mission divine et royale de la France à travers les textes anciens.

Publié le par Rhonan de Bar
Publié dans : #ETUDES HISTORIQUES SUR LIEUX SAINTS

D’OU VIENMENT LES MOINES ?

ÉTUDE HISTORIQUE PAR

le R. P. Dom BESSE;

Bénédictin de l'abbaye de Ligugé

 

D'OÙ VIENNENT LES MOINES?

ÉTUDE HISTORIQUE

I

OPINIONS MMISES SUR LES ORIGINES DE LA VIE

MONASTIQUE

 

D'où viennent les moines ?

Il y a longtemps que cette question s'est posée pour la première fois. Dès le iv" siècle, en présence du développement extraordinaire que prit la vie monastique, on se demanda quelle pouvait bien être son origine. Les moines ne furent pas les derniers à répondre. Cassien, saint Grégoire de Nazianze, saint Sérapion, saint Nil, saint Augustin, pour m'en tenir aux principaux, la cherchèrent dans les divines Ecritures, en donnant pour auteur à cette institution Jésus-Christ lui-même.

Si quelques-uns des prophètes, Elie et Elisée en particulier, et, à une date plus rapprochée, saint Jean-Baptiste ont mené une existence qui permit de voir en eux les ancêtres des moines,

Jésus-Christ seul a formulé les principes fondamentaux sur lesquels la vie monastique repose.

Pratiquée tout d'abord par les apôtres et par les premiers chrétiens de Jérusalem, elle devint chère aux Eglises primitives, qui la transmirent fidèlement aux générations chrétiennes suivantes. C'est ainsi qu'elle se trouva pleine de vigueur et d'espérance au jour où la fin des persécutions lui permit de s'épanouir en toute liberté[1].

D'après les mêmes écrivains, la vie religieuse fut, dans les premiers temps du Christianisme, une condition commune à tous les chrétiens, prêtres et laïques. Lorsque la ferveur primitive eut perdu son énergie, les hommes, désireux de maintenir intacte cette tradition de vie sainte, durent fuir un milieu relâché ; la solitude offrit un abri favorable à leur amour de la perfection. La suite de cette étude montrera ce que ces assertions renferment de vérité. Qu'il suffise de signaler pour le moment le crédit qu'elles trouvèrent auprès des théologiens du Moyen Age. On les retrouve sous la plume de leurs successeurs, qui eurent à défendre la doctrine catholique contre les nouveautés de la Réforme[2].

Il y avait longtemps que cette opinion séculaire était compromise, lorsque Suarez et Dellarmin s'en firent les échos. Wiclef l'attaqua le premier (+1384). Les ordres religieux étaient, à son avis, une institution mauvaise et absolument condamnable il n'y avait rien de plus contraire à l'esprit de l'Evangile. Saint Antoine, saint Basile, saint Benoît et les autres patriarches monastiques s’étaient rendus coupables, en les établissant, d'une faute grave, qu'ils ont dû réparer par une pénitence sincère, sans quoi Dieu ne les eût pas admis dans le ciel. Cette erreur de Wiclef survécut aux anathèmes du concile de Constance (1418)[3].

Luther, Calvin et les réformateurs du 16ième siècle la rajeunirent. Pendant que les princes, leurs adeptes, pillaient les monastères et que les religieux, endoctrinés par leur prédication, violaient leurs engagements et prenaient femme, les centuriateurs de Magdebourg se chargèrent de montrer au nom de l'histoire que la vie religieuse n'a rien à voir avec l'Évangile. C'est une institution du 4ième siècle. Et encore, ajoutaient-ils, les moines de cette époque différaient singulièrement de leurs successeurs du Moyen Age et des temps modernes, à tel point qu'on pouvait se demander s'ils appartenaient vraiment à la même institution. Les faits allégués par les centuriateurs et leurs disciples pour appuyer leurs dires, accréditèrent leur opinion sur les origines de la vie monastique.

Quelques historiens catholiques finirent par l'accepter.

D'autres cependant, et parmi eux des hommes très autorisés tels que Tillemont, continuèrent d'affirmer l'existence des religieux avant cette époque, au temps des persécutions. L'étude des origines chrétiennes a permis d'arriver sur ce point à des conclusions scientifiques. Tout le monde reconnaît aujourd'hui qu'il y a eu, durant les trois premiers siècles, des religieux. On ne leur donne pas le nom de moines. Ce sont des confesores, des religiosi, des continentes. On les nomme plus généralement ascètes leur genre de vie est l'ascétisme ou l'ascèse, termes qui reviendront habituellement sous notre plume au cours de ce travail.

Mais ces ascètes, d'où viennent-ils eux-mêmes ? Telle est la question qui se pose de nouveau. Les historiens qui l'ont examinée présentent des solutions diverses. Les uns déclarent nettement que l'ascèse dérive de l'Evangile et qu'elle a Jésus-Christ pour fondateur. Inutile de dire que cette opinion est surtout répandue parmi les catholiques.

Les autres, sans nier l'influence de l'Evangile sur l'ascèse et sur son développement, y reconnaissent plutôt un emprunt fait par le Christianisme aux religions et aux écoles philosophiques de l'antiquité. C'est une opinion courante dans les milieux où l'on étudie les origines chrétiennes, sans avoir la moindre foi en la divinité de Jésus-Christ et en l'action que le Saint-Esprit ne cesse d'exercer sur F Eglise. Les hommes qui abordent l'étude du Christianisme, de son dogme ou de ses institutions avec cette idée préconçue, se privent d'un élément indispensable pour arriver à la connaissance de la vérité entière. Ils en sont réduits à des conjectures parfois bien invraisemblables.

Pour avoir sur l'origine historique de la vie religieuse une opinion aussi nettement établie que possible, il est tout d'abord nécessaire de soumettre à un examen consciencieux les faits que l'étude de cette question a pu jusqu'à ce jour mettre en avant. Nous chercherons donc à savoir ce qu'il faut penser des ascètes païens et de leur influence sur l'ascèse chrétienne nous étudierons ensuite les rapports qui ont existé entre l'ascèse juive et l'ascèse chrétienne, pour démontrer enfin l'origine évangélique de cette dernière.

 

II

ASCÈTES PAÏENS

 

Le Christianisme n'a point de nos jours le monopole de la vie monastique. Il y a des moines chez les musulmans, dans les Indes et dans les contrées qui ont adopté les cultes religieux de l'Hindoustan. Des moines de l'Islam, nous ne dirons qu'une chose leur institution est postérieure à la mort du prophète, et leur genre de vie est une adaptation de la vie religieuse chrétienne aux doctrines et aux pratiques du Coran et aux mœurs arabes. Les brahmes, les moines bouddhistes et les fakirs sont très nombreux dans l'Inde et dans l'Extrême Orient, où leurs couvents abondent.

Comme les règles suivies par eux ont subi dans le cours du Moyen Age une évolution manifeste, nous ne pouvons conclure des analogies qu'elles présentent avec les diverses formes du cénobitisme chrétien à une influence exercée par elles sur ce dernier. Le contraire serait plus conforme à la vérité[4].

Nous savons cependant, des témoignages indéniables l'affirment, qu'il y avait, à l'époque où vivait Notre-Seigneur et même plusieurs siècles auparavant, dans quelques religions païennes une véritable vie ascétique, avec des adhérents plus ou moins nombreux. II n'y a rien là qui puisse nous surprendre. La vie religieuse n'est pas, en effet, le privilège exclusif de la religion révélée.

Elle peut appartenir, dans une certaine mesure, à la religion naturelle. L'homme est susceptible d'avoir en lui-même une aspiration réelle vers une existence supérieure où son âme entretient avec le Créateur des relations plus intimes et contracte avec lui des liens plus étroits. Ce n'est pas, il faut le reconnaître, un sentiment général.

On le trouve seulement chez quelques natures d'élite, en qui la tare du péché originel et des déchéances dont elle est la source n'a pu complètement l'étouffer. Les erreurs et les pratiques grossières des religions fausses ou même idolâtriques lui impriment un caractère étrange qui parvient à le dénaturer, sans toutefois le détruire.

Cette aspiration partage le sort d'un certain nombre de pensées et de rites, appartenant à la religion naturelle et qui se trouvent à la base du Christianisme comme de la plupart des cultes païens. Elle se manifeste d'autant mieux que ces religions s'éloignent moins de l'idéal primitif.

Cela dit, passons à l'examen des ascètes du Paganisme, dont l'histoire a conservé le souvenir, pour voir s'ils ont véritablement exercé une influence sur les origines ou sur les développements de l'ascèse chrétienne.

Les ascètes de l'Inde sont, sans contredit, les plus intéressants et les plus anciens. Le brahmanisme et le bouddhismes font à la vie ascétique une part très large, plus large peut-être que le christianisme.

Le second apparaît surtout presque essentiellement monastique. Et ses moines ont éprouvé de bonne heure le besoin de l'apostolat.

Ce sont eux qui ont contribué à sa diffusion à travers le continent asiatique et les îles voisines.

L'ascète hindou tend à la perfection. Mais l'idée qu'il s'en fait n'a rien de commun avec celle du moine chrétien. S'il pratique la continence, il ne s'astreint par aucun voeu. Sa pauvreté est réelle il vit d'aumônes comme les mendiants. Quelques-uns se soumettent à des exercices étranges et pratiquent des pénitences extraordinaires. Or toute cette ascèse est purement extérieure l'anéantissement des facultés supérieures de l'âme en est une partie essentielle.

Inutile de chercher la moindre notion de charité chez des hommes qui sont les victimes d'un fol orgueil et d'un égoïsme insensé.

Mais une question se pose ? Quelle est l'origine de cette ascèse? Présentait die les mêmes caractères aux premiers siècles de l'ère chrétienne et dans ceux qui l'ont précédée? Il est difficile de répondre avec quelque certitude, parce que les documents dignes d'une entière confiance font défaut. Ceux qui sont parvenus jusqu'à nous, renferment un mélange déconcertant de récits légendaires où il est difficile de démêler la vérité. Que diraient certains critiques si le christianisme et ses institutions n'avaient pas de fondement historique plus solide ?

Les contemporains de Notre-Seigneur n'ignoraient pas cependant l'existence des ascètes de l'Inde. Alexandre le Grand en avait rencontré plusieurs au cours de son expédition. Ses historiens conservaient le souvenir de ces hommes extraordinaires, de leur philosophie et de leurs coutumes. Le géographe Strabon a résumé les récits de Mégasthène, d'Aristobule et d'Onésicrite[5].

Mégasthène parle longuement des Brachmanes et des Garmanes, qui formaient une secte philosophico-ascétique très estimée. Les premiers, que des oraisons spéciales préparaient à leur mission future dès le sein de leurs mères, recevaient une formation sérieuse. Arrivés à l'âge mûr, ils habitaient les bois sacrés, écoutaient de doctes dissertations, pratiquaient la continence, ne mangeaient ni viande, ni aliment qui eut passé par la chair et prenaient leur repos sur de misérables paillasses.

La mort faisait le sujet ordinaire de leurs méditations et la base de leur ascèse intérieure. La philosophie qu'ils professaient rappelait par plusieurs points celle des Grecs à laquelle ils mélangeaient des fables ridicules. Malgré leur vie pauvre, ces ascètes conservaient la propriété de leurs biens. Ils étaient, après trente-sept ans d'ascèse, libres de se retirer, de vivre comme bon leur semblait et d'épouser autant de femmes qu'ils en pouvaient désirer ce qui ne les empêchait point d'appartenir toujours à la secte des Brachmanes.

Les Garmanes ou Hyloboi habitaient eux aussi les bois, où ils erraient vêtus d'écorces d'arbres.

Ils étaient chastes et ne buvaient jamais de vin les feuilles tendres et les fruits sauvages composaient toute leur nourriture. Ils avaient des pratiques rigoureuses pour rompre leur corps à la fatigue. Les rois et le peuple les tenaient en grande estime et les consultaient dans les affaires importantes. Ils admettaient des femmes en leur compagnie. Il y avait parmi eux plusieurs catégories médecins, devins, enchanteurs, etc.

Quelques-uns s'en allaient mendiant, de ville en ville, de village en village.

Aristobule fournit de curieux détails sur deux brahmanes, qu'il rencontra auprès de Taxila.

Des disciples vivaient sous leur direction. Les habitants les comblaient d'honneurs. Ils vivaient de gâteaux confectionnés avec du miel et de la sésame que les marchands leur laissaient prendre à leur étalage. Alexandre, qui désirait les voir de près, les fit inviter à sa table. L'un d'eux accepta même de le suivre. Mais, renonçant à sa vie austère, il prit femme et eut des enfants il usait en cela des privilèges de sa secte.

Les Gymnosophistes, que Onésicrite a fait connaître, ne témoignèrent pas les mêmes égards au conquérant. Ce prince, craignant de déroger à sa dignité par une visite, leur dépêcha Onésicrite en personne. Celui-ci en trouva quinze dans une solitude. Ils ne portaient aucun vêtement. Chacun avait une posture spéciale, qu'il gardait toute la journée quelques-uns restaient exposés aux rayons brûlants d'un soleil intolérable. Ils rentraient la nuit dans la ville, après avoir passé leur journée dehors. Les femmes étaient admises à mener ce genre de vie. L'un de ces ascètes, nommé Colonus, suivit Alexandre jusqu'en Perse où il se donna la mort dans les flammes d'un bûcher, conformément aux usages de son pays.

Cet ascétisme de l'Inde a-t-il exercé une influence sur l'Eglise chrétienne des trois premiers siècles? Rien jusqu'à ce jour n'a permis de l'affirmer.

Il n'a pas influé davantage sur la civilisation grecque. La littérature de cette époque n'a conservé aucune trace qui puisse servir de base même à une simple conjecture[6]. Or, sa fécondité est connue. Les Brahmanes et les Gymnosophistes n'étaient cependant pas ignorés, surtout depuis que Strabon en avait parlé. Tertullien les connaissait certainement. Les analogies qu'ils peuvent présenter avec quelques types assez originaux du monachisme au IVe siècle constituent une ressemblance purement accidentelle, qui s'explique très aisément. Qui donc voudrait tenir sou- que les rares moines nus de l'Egypte et les Bosxoi de la Mésopotamie, hommes simples jusqu'à la rusticité, aient voulu suivre les exemples de ces philosophes ascètes de l'Orient, dont certainement ils ignoraient l'existence. L'ascète hindou est caractérisé par une tendance philosophique très accentuée il n'y a rien de semblable chez les ascètes chrétiens qui, du moins au début, n'ont aucune prétention intellectuelle de cette nature[7].

Ceux qui ont voulu établir des relations entre Syméon le stylite et les ascètes qui auraient utilisé les colonnes du temple de Hiérapolis n'ont pas été plus heureux. Syméon ne soupçonnait même pas l'existence de ces fameuses colonnes. Si les textes authentiques qui racontent sa vie étonnante ne suffisaient pas pour déconcerter les partisans de ces influences païennes, il n'y aurait qu'à leur demander comment des hommes simples et ignorants, tels que Syméon et la plupart des moines au iv" siècle, auraient-ils pu aller chercher des exemples aussi anciens et éloignés[8].

L'Egypte se prêtera-t-elle mieux à ces rapprochements ? La vallée du Nil fut, à la fin du in° siècle et surtout pendant le 4ième, la terre classique des ascètes et des moines. Comment expliquer ce fait ? M. Amélineau, qui, durant plusieurs années, se fit du monachisme égyptien une sorte de fief intellectuel, n'y voit aucune difficulté. Il y avait en Egypte des moines païens depuis longtemps et ils étaient nombreux. Ils ont passé au Christianisme. Ceux que l'on trouve installés près de leurs villages, dès les premiers temps du monachisme, ne pouvaient encore être convertis bien qu'ils aient été rangés parmi les martyrs de la Foi[9]. Pourquoi ne pouvaient-ils être chrétiens? M. Amélineau n'a pas cru bon de le dire Il se borne à les présenter comme les continua.

teurs d'ascètes plus anciens. « Il est hors de doute, dit-il, que l'Egypte antique connut des solitaires et des moines le reclus qui vivait près du Sérapéum de Memphis avait devancé d'à moins cinq siècles le célèbre Jean de Lycopolis.»

Une seule chose est hors de doute l'existence du reclus de Memphis. C'est Brunet de Presles qui l'a révélé au monde après la découverte du précieux papyrus ayant appartenu à ce temple. Il y avait là des hommes voués au service de la divinité et qui étaient astreints à la réclusion.

Une fenêtre les mettait en communication avec l'extérieur. Ils avaient un costume noir. Les devoirs du culte et la prière absorbaient leurs journées. L'administration du temple pourvoyait à leurs besoins. Les membres de leurs familles ou des serviteurs veillaient sur les biens dont ils conservaient la propriété. Leur réclusion n'était que temporaire[10].

Quelle fut la durée de cette institution ? Fut-elle locale ou commune à plusieurs sanctuaires ? On ne saurait le dire puisque la correspondance de Ptolémée, qui a fourni les renseignements donnés plus haut, n'en souffle pas un mot. Néanmoins, il y a un quart de siècle, Weingarten crut pouvoir en faire dériver tout le monachisme égyptien[11]. Cette tentative trouva d'abord quelque crédit en Allemagne, malgré les attaques qui ne lui furent pas épargnées. Mais la fortune ne lui a pas souri longtemps. On ne songe plus guère aujourd'hui à faire de saint Pakhôme un continuateur de Ptolémée de Memphis et de ses règles un emprunt à la législation sérapiste. Les sources de l'histoire monastique, que Weingarten put croire un instant reléguées parmi les récits fabuleux, sortent indemnes et réhabilitées de l'examen des critiques les plus autorisés et les reclus du Sérapéum perdent beaucoup de leur importance. Ce ne sont plus désormais que des dévots, consacrés pour un temps au culte de la Divinité, afin d'obtenir soit une guérison soit une inspiration. Nous voilà donc bien éloignés du fameux ordre sérapiste[12].

Que doit-on penser des ascètes du inonde grec et romain ? Inutile d'insister sur les Vestales. Ces filles, choisies avec le plus grand soin dans l'aristocratie romaine, vouées à l'entretien du feu sacré et à la conservation des actes publics, ne présentent d'autre caractère ascétique qu'une virginité temporaire, placée sous la sauvegarde de lois inflexibles, entourée de privilèges et d'honneurs, comblée de richesses. Le rôle joué par leur col lège dans la ville de Rome est un hommage éclatant rendu à la grandeur de cette vertu. Mais impossible de saluer en elles des précurseurs de nos vierges chrétiennes[13].

On ne peut passer la philosophie grecque sous silence. D'assez bonne heure, obéissant à des influences religieuses encore mal définies, l'école pythagoricienne associa aux conceptions cosmologiques de son fondateur, une doctrine ascétique et mystique très caractérisée. Au lieu de se renfermer dans la recherche et la possession de la vérité spéculative, elle voulut habituer l'âme tout entière à la pratique de la sagesse.

Le philosophe commençait par adopter une discipline sévère. Ses disciples s'assujettissaient tout d'abord à ses exigences. C'était le premier pas dans le chemin qui conduit à la sagesse. Les stoïciens accentuèrent encore cette tendance ascétique, en plaçant la vertu à une hauteur où la philosophie n'avait pas coutume de s'élever. Ces écoles avaient beaucoup perdu de leur prestige, lorsqu’un courant né dans Alexandrie leur rendit vigueur et jeunesse.

Les idées élaborées dans le monde trouvaient en cette ville opulente un refuge. Juifs et philosophes grecs s'y donnaient rendez-vous et mettaient parfois leur science en commun. Ce mélange des hommes et des idées eut pour résultat une vie intellectuelle intense. Cela dura plusieurs siècles. Il se fit, avant la naissance du Sauveur, sous le nom renouvelé de Pythagore, une synthèse philosophique de Platon, de Zénon et d'Aristote, où la morale eut sa place d'honneur. Elle donnait une règle de vie simple et austère exprimée par des formules précises. Les sentences de Sextius sont l'oeuvre la plus intéressante que cette école ait produite. Rufin, qui les connut, en fit une traduction latine, qu'il mit en circulation sous le nom de saint Sixte. Cette sorte de baptême littéraire les popularisa chez les moines. Saint Benoit lui-même crut pouvoir les citer dans sa règle[14].

Au siècle suivant, l'allure de la philosophie fut encore plus ascétique, et ce progrès continua pendant deux siècles. Le phrygien Épictète se signala surtout par son célèbre Manuel, que saint Nil adapta plus tard, en le paraphrasant, aux besoins spirituels des moines du Sinaï[15].

La renaissance du Platonisme, due à l'enseignement de Plotin, ne fut pas moins remarquable.

Nous n'avons pas à déterminer ici ce que l'école néo-platonicienne doit au Judaïsme ou au christianisme. Il nous suffit de dire que cette rénovation de la philosophie grecque aurait pu faire courir à la religion chrétienne un grave danger. Un mysticisme rêveur travaillait alors les esprits.

Il y eut pour les satisfaire une littérature de romans philosophiques où des rêveries pieuses bondaient. Plotin arriva fort à propos avec son néo-platonisme formé de la substance de toutes les écoles philosophiques connues jusqu'à ce jour il sut vivifier par une mystique très vive cette merveilleuse adaptation de l'hellénisme antique aux esprits du m' siècle. La philosophie était, d'après lui, une marche vers Dieu. L'union avec la divinité par la contemplation ou même par l'extase était son but. Le philosophe contemplatif s'abstenait de viande et se livrait à certains exercices de l'ascèse.

Les moines égyptiens ne sont évidemment sortis pas de cette école. Un groupe d'intellectuels, aux sentiments élevés, professaient seuls ses doctrines. Si la foi chrétienne recruta parmi eux quelques fidèles, nous n'en voyons guère qui aient embrassé la vie monastique. Les premiers solitaires, dont l'histoire ait conservé le nom, n'appartenaient pas à ces milieux. C'étaient des hommes du peuple, peu instruits pour la plupart et presque toujours ignorant le grec Comment une école philosophique de cette nature eut-elle exercé son action sur eux ? Lorsque le monachisme se fut, par la vertu de ses adeptes, imposé à l'admiration générale, des hommes éminents lui apportèrent avec leur bonne volonté une culture philosophique très développée. Ils eurent bientôt à formuler les règles morales auxquelles est soumise l'ascèse chrétienne. Pouvaient-ils ne pas mettre à profit les lumières et l'expérience incontestable de quelques-uns des maîtres du Néo-Platonisme ? Leurs écrits contiennent des emprunts ou des imitations, qu'il serait intéressant de relever, mais cette recherche nous ferait sortir du cadre qui nous est tracé.

Ne faisons pas cependant au Néo-Platonisme la part trop belle. Le mouvement rénovateur, qui agitait les esprits au 3ième siècle, ne se renferma point dans l'enceinte de ses écoles. Il fut général, entraînant les chrétiens comme les infidèles.

Pendant que l'école théologique d'Alexandrie grandissait sous cette poussée irrésistible, et donnait aux intelligences chrétiennes une satisfaction légitime, la vie monastique s'apprêtait à entraîner les coeurs droits à la recherche du vrai Dieu et à l'union avec lui par la pratique humble des plus sublimes vertus. Elle donna au christianisme ne vie que le Paganisme avait attendue vainement de Plotin, de Porphyre et de leurs disciples. Une fois maître des esprits, il eut la sagesse de s'approprier comme un vainqueur tout ce qu'il put dérober au Néo-Platonisme.

Il n'y a rien à dire des fameuses communautés druidiques, qui auraient, par leur conversion au Christianisme, donné naissance aux vastes monastères de l'Irlande et de l'Ecosse. La découverte que crut en avoir faite M. Alexandre Bertrand n'eut aucun succès. Et pour cause; ces moines druides n'ont jamais existé[16]. Quel que soit l'intérêt que présentent les ascètes américains du Mexique, du Nicaragua et du Pérou, nous n'avons pas à nous en occuper; personne ne peut, en effet, songer à en faire les ancêtres des moines chrétiens[17].

 

III

ASCÈTES JUIFS ESSÉNIENS ET THÉRAPEUTES

 

Les Juifs ne furent pas complètement étrangers aux préoccupations de la vie ascétique, durant les siècles qui précédèrent la venue de Jésus Christ.

Samuel vécut en ascète au service de l'arche. Il ne fut sans doute pas le seul. Mais nul n'a réalisé dans son existence les vertus qui caractérisent cet état au même degré que Elie et Elisée, son disciple aussi les moines ont-ils pu les vénérer comme des ancêtres. Les fils des prophètes marchèrent dans la même voie. Dans un temps beaucoup plus rapproché, Jean-Baptiste vécut en moine véritable. Sa vie fut pauvre et chaste son amour de la solitude, l'austérité de son costume et la simplicité de son régime frugal ont offert aux anachorètes des siècles suivants un modèle qu'ils n'ont pas surpassé. Comme plusieurs d'entre eux, il fit école et ses disciples suivirent ses exemples, on pourrait presque dire sa règle.

La vie commune menée par eux ne présenta rien d'insolite aux Juifs leurs contemporains. Ils connaissaient les groupes ascétiques répandus depuis assez longtemps dans les régions qui avoisinent la mer Morte. Les Esséniens y formaient une véritable colonie monastique. Ils étaient au nombre de quatre mille environ. La plupart d'entre eux ne se mariaient point. Ils menaient une vie exemplaire. Ceux qui étaient engagés dans les liens du mariage faisaient tous leurs efforts pour pratiquer les maximes de la perfection religieuse. Aux embarras des villes qui détournent l'âme de Dieu, ils préféraient la solitude des campagnes où le travail de la terre leur fournissait le moyen de pourvoir à leurs besoins. L'agriculture était leur occupation préférée. L'amour de la pauvreté les portait à ne point amasser d'argent et à éviter toutes les industries lucratives.

Ils suivaient tous le même régime austère.

Le repas qu'ils prenaient en commun avait tous les caractères d'un acte religieux. L'hospitalité, comme toutes les vertus bibliques, était en honneur parmi eux. Une épreuve de trois ans précédait l'admission dans la colonie. Les nouveaux frères s'engageaient par serment à observer la piété, la justice, l'obéissance, l'honnêteté, et à ne violer aucun des secrets de la famille ascétique.

Ils recevaient alors une robe blanche, une hache et un tablier. La prière avait dans leur vie une place importante. Elle était soumise aux prescriptions d'une règle qui déterminait tous les exercices de leurs journées. Ils avaient des maîtres, à qui une obéissance sévère les liait. Bien qu'ils insistassent principalement sur le travail, les recherches de la philosophie ne leur étaient pas interdites; mais ils s'attachaient de préférence à l'étude de la morale et de la nature.

Aimer Dieu, aimer la vertu, aimer le prochain, telles étaient leurs trois maximes fondamentales[18].

On s'est beaucoup occupé naguère de la secte des Esséniens. Après quelques écrivains rationalistes, Strauss tenta de les présenter comme les précurseurs immédiats du Christianisme. Mais cette hypothèse n'a pas trouvé grâce devant les critiques de la période suivante. Renan lui-même a dû la sacrifier. La conformité de quelques-uns de leurs usages avec ceux des premiers chrétiens n'implique pas une dépendance telle qu'ils puissent être pris pour leurs ancêtres Esséniens et Chrétiens ont puisé à une source juive commune et obéi à la loi de besoins moraux qui étaient un peu les mêmes[19].

Cette secte curieuse est-elle sortie d'un mélange d'idées orientales, grecques et juives, qui aurait eu lieu en Palestine, deux siècles avant Jésus-Christ, au temps de la domination des Antiochus ?

Faut-il y voir plutôt une création originale du pharisaïsme juridique ? Ce sont là des questions qui ne sauraient trouver place dans le cadre restreint de cette étude. Mais il nous importe de noter ici la tendance qu'elle révèle au sein du monde juif vers un idéal religieux très élevé et un groupement monastique. 11 est manifestement impossible de signaler la moindre influence exercée par ces ascètes sur les moines égyptiens et orientaux du IVe siècle ou de la fin du IIIe. Mais le spectacle édifiant de leur vie commune, pauvre, chaste et pieuse ne resta pas inaperçu des disciples du Sauveur et des premiers chrétiens de Jérusalem.

S'il ne la provoqua point, il dut préparer dans les esprits la communauté de vie que menèrent les fidèles de l'Eglise primitive.

Les lévites, qui allaient remplir à tour de rôle dans le temple leurs fonctions sacrées, étaient soumis eux-mêmes à une existence en commun dont le caractère ascétique devait frapper l'attention.

Pour préparer la tribu de Lévi à son ministère, Moyse avait eu soin d'imposer à tous ses membres des prescriptions qui en faisaient presque des moines. C'est du moins une réflexion de saint Nil[20].

Il ne faut donc pas être étonné de voir ces tendances régner jusque parmi les Juifs de la dispersion. Une communauté, formée moins d'un siècle après la naissance de Jésus-Christ, celle des Thérapeutes, nous est révélée par le livre du juif alexandrin Philon sur la vie contemplative. On a longtemps discuté pour savoir si elle se composait de juifs ou de chrétiens. Les moines du IVe siècle, dans la pensée de se trouver des précurseurs auprès des apôtres et de leurs disciples, les donnaient volontiers pour des imitateurs des premiers chrétiens de Jérusalem saint Marc, le fondateur d'Alexandrie, les aurait institués. Cette opinion s'est perpétuée durant tout le Moyen Age.

Le prince de l'érudition moderne, Tillemont, n'a pas craint de la faire sienne[21].

Mais rien, dans le traité de Philon, ne permet de croire au christianisme des Thérapeutes. Malgré cela, certains critiques, à qui répugne l'existence au Ier siècle d'une pareille communauté juive, refusent au célèbre philosophe juif la paternité du De vita contemplativa ce serait, à les croire, l'oeuvre d'un chrétien du IIIe siècle qui aurait décrit, sous un nom emprunté, la vie des communautés monastiques naissantes alors et reculé ainsi de deux cents ans leur origine. De la discussion de ces opinions est sortie une littérature assez abondante et qui ne manque pas d'intérêt [22]. Néanmoins, et c'est le sentiment qui paraît à l'heure actuelle rallier le plus de partisans, l'authenticité du livre en question est assez fortement appuyée pour que l'on puisse affirmer le judaïsme des Thérapeutes et leur existence au Ier siècle[23].

Les Thérapeutes habitaient, à quelque distance d'Alexandrie, sur les bords du lac Marea, une solitude verdoyante et fertile. Le désir de préparer leur âme à une contemplation très haute de l'Etre par excellence les poussait à quitter la ville et à fuir la société de leurs amis et de leurs parents.

Les hommes au milieu desquels ils vivaient partageaient les mêmes goûts et poursuivaient le même but. L'existence qu'ils menaient ainsi n'avait rien de terrestre. Leur régime était des plus frugal ils se contentaient de pain et d'eau quelques-uns y ajoutaient de l'hysope. Personne ne mangeait avant le coucher du soleil. Ils évitaient tout ce qui n'était pas indispensable à la conservation de la santé. Plusieurs s'imposaient des jeûnes très rigoureux et passaient deux ou trois jours et parfois une semaine entière sans prendre la moindre nourriture. Un vêtement de peau leur suffisait durant l'hiver quand arrivait l'été, ils le remplaçaient par une tunique de lin blanche, semblable à celle des esclaves.

Leur réfectoire était pauvre. Les lits sur lesquels ils s'étendaient durant le repos étaient en bois et couverts de papyrus. Les jeunes gens élevés dans la communauté faisaient le service.

Chaque ascète occupait la place que lui assignait la date de son admission. La discussion ou l'explication des passages obscurs de la Bible accompagnait leur repas, qui se terminait comme il avait commencé par la prière et le chant d'un hymne.

Il y avait un oratoire pour les exercices religieux.

Les Thérapeutes célébraient l'office matin et soir; ils employaient une grande partie des nuits à chanter les louanges du Créateur. Le septième jour de la semaine était particulièrement cher à leur piété. L'étude des divines Ecritures et de la philosophie sainte absorbait tout le temps qui n'était pas donné à la prière. C'était, on le voit, une véritable vie contemplative, tandis que la part faite au travail chez les Esséniens en faisait surtout des actifs.

La communauté des Thérapeutes était gouvernée par un président. Tous vivaient dans la pauvreté et pratiquaient la chasteté. On voyait cependant des femmes parmi eux, mais elles aussi restaient chastes. Elles occupaient au réfectoire et au dortoir le côté opposé à celui des hommes.

Les Thérapeutes du lac Marea étaient de tous les plus célèbres. Il y en avait ailleurs, en Egypte et en d'autres contrées où habitaient les Juifs[24].

Philon pouvait, avec une fierté légitime, opposer la vie noble et simple de ces ascètes, ses coreligionnaires, aux plus beaux exemples donnés par les plus illustres des philosophes païens. La Grèce et l'Inde ne présentent rien de comparable. Les Thérapeutes sont, en outre, supérieurs aux Esséniens eux-mêmes.

Mais quelle influence ont-ils exercée, sur le monachisme chrétien ? Nous ne pouvons, avec Eusèbe, Cassien et d'autres écrivains ecclésiastiques, saluer en eux les moines de l'Eglise primitive d'Alexandrie et admettre une tradition thérapeutique, qui aurait continué jusqu'à la fin du IIIe siècle. D'autre part, les moines égyptiens du IVe siècle ne leur ont emprunté aucun usage.

Si l'oeuvre de Philon n'a pas eu d'influence posthume, semble-t-il, elle manifeste un état d'âme curieux parmi les groupes juifs répandus dans le monde grec. Là, comme en Palestine, les esprits élevés tendaient à l'ascèse. Quelques hommes d'élite, sollicités par ces aspirations, abandonnaient le monde et formaient des communautés pieuses. C'est dans des milieux travaillés par ces sentiments et ces besoins que le Christianisme allait s'implanter. Il n'y avait là rien qui répugnât à sa doctrine et à sa morale. Cette doctrine et cette morale, qui sont le développement et la perfection de la loi et des prophètes et qui laissent si loin derrière elles les enseignements de la philosophie grecque, donnèrent bientôt à ces nobles tendances une satisfaction et un élan inconnus jusque-là...

A SUIVRE...

[1] CASSIEN ? Institut. I.II, ch .v, pp.20-2 éd.Halm_SAINT GRÉGOIRE DE NAZIANCE, Oratio 43, Pat.gr, t.XXXIV, col.535 _SAINT SÉRAPION, Epistola ad monachos.11. Pat.gr., tr. XL, col 778._ SAINT NIL, de exercitatione non…ica, ch.I,IV.Pat.gr.,t.LXXIX, col.719,723. [2] BELLARMIN, De controversiis christianae fidei, t. II, 1. 11, cap. VI et s., col. 3t2 et s.. éd. de Milan, 1721._SUAREZ, De statu perfectionis, I.III. Opera omnia, t. XV. 224-226, éd, de Paris, 1859. [3] Voici quelques propositions de Wiclef condamnées par les Pères du Concile Si quelqu’un entre dans un ordre religieux, mendiant ou doté, il devient inapte et impropre à l’observation des commandements de Dieu.- Les fondateurs d’ordres religieux, ont péché en les instituant. Tous les ordres ont été inventés par le diable. – Ceux qui fondent des monastères commettent un péché; ceux qui entrent sont des hommes diabolises. [4] Cf. MARQUIS DE LA MAXEDËRE, Moines et ascètes indien. Paris, 1898. [5] Géographie de SRABON, I. XV, c. LIX LXVI, t. III, p. 248-2(8. Trad. Tardieu. Paris, 1880. [6] SYLVAIN LËVI, Le Boudhisme et les Grecs.– Rev de l’hist. des religions, t. XXIII (1891), p. 36-49. [7] Voici, sur les prétendues relations du Bouddhisme avec le Christianisme, l'opinion de deux savants, qui jouissent en pareille matière d'une grande autorité : Toute ma vie, j'ai recherché par quels moyens le Bouddhisme aurait agi sur le Christianisme. Ces moyens, je ne les ai pas trouvés. » (Max Müller cité par M. de la MAZELIÈRE, dans Moines et ascètes indiens, p. 2S6). L'on a parlé d'une influence réciproque de l'Orient sur l'Occident et de l'Occident sur l'Orient. Mais, de part et d'autre, je ne sache pas une idée que le développement naturel des anciennes doctrines n'explique plus facilement qu'une pareille influence. (Deussen, cité par le même auteur). » [8] DELEHAYE, Les stylites. Compte rendu du troisième Congrès scientifique international des catholiques, cinquième section. Sciences historiques, p. 143. [9] AMÉLINEAU, Histoire des monastères de la Basse Egypte. Introduction, II, Paris, 1894. [10] BRUNET DE PRESLE. Mémoire sur le Sérapéum de Menphiss. Mem. de divers savants à l'Acad. des Inscriptions et belles-lettres, série I, t. H, p. 525 et s. [11] WEINGARTEN. Der Ursprung des Münchtums in nach constantinischen Zeitfafer. 1877. [12] PREUSCHEN, dans Jahresbericht des Gron. Ludwigs Georgs Gymnasiums. Zu Darmstadf. Ostern, 1899. [13] LAZAIRE, Etude sur les Vestales. Paris, 1890. [14] Le Sapiens verbis innotescit paucis du onzième degré d'humilité est emprunté à l'Enchiridon Sexti. [15] S. NIL,ci. P. G. t. LXXIX, col. 1286, seqq. Epicteti manuale a S. P. Nilo concisum. [16] ALEX. BEBTRAND, La religion des Gaulois, p. 417. Cf. l'article de M. GASTON BOISSIER sur cet ouvrage Journal des Savants, 1898, pp. 578.580. [17] DE HARLEY, La vie ascétique et les anciennes communautés religieuses dans le Perou. Revue des questions scientifiques 1888, t. XXIII, p. 124-137. [18] PHILON, Quod omnis probus liber. JOSEPHE, De Bello judicao,, I.II,, 8,, Antiquatum. I. XIII, 5,9, XV, 10, XVII, 1,5. PLINE, Hist nat., I.V.17, sont les principales sources. _SCHÜRER, Geschichte des Jüdischen Volkes. 2e éd ; t.II, 556-559 donne la litérature du sujet. Cf. Dom BERLIERE. Les origines du monachisme et la crituique moderne. Rev. Bénéd., t.VIII (1891), (12-19). _ REGEFFE, la secte des Esséniens. Lyon. Vitte, 1898. [19] Les moines juifs et le Christianisme. Revue des questions historiques, t. XVII (18T:)), p. 211-217; article publié pour mettre au point quelques assertions hasardées de Ferd. Delaunay, Moines et sybilles dans l’antiquité judéo-grecque, (Paris, Didier, 1874). [20] S. NIL, I. I, epist. 94. Pat. Gr., t. LXXIX, p. 123. [21] TILLEMONT. Mémoires pour servir à l’hist.eccl., etc 2. Paris, 1701, t. II. [22] Cf. DOM URSMER BERLIERE, Les Origines du monachisme et la critique moderne (Rev.bénéd., t.VIII (1891), p. 2-12). [23] CONYBEARE;, Philo. About the contemplative life ; Oxford, 1895. WENDLAND, Die Therapeuten und die paltonische Schrift vom beschaulichen Leben. Leipzig, 1896. [24] Cf. MASSÉBIEAU, Le traité de la vie contemplative et la question des Thérapeutes. Rev. De l’hist. des religions, t. XVI, pp. 170-198, 284-719.

 

D'OU VIENNENT LES MOINES? DOM BESSE
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bellini monique 16/05/2017 21:59

Le texte est magnifique. Les images divines. Je voudrais bien une copie de l'article, cela pourrait sans doute m'être utile pour un prochain roman.

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