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L'Avènement du Grand Monarque

L'Avènement du Grand Monarque

Révéler la Mission divine et royale de la France à travers les textes anciens.

Publié le par Rhonan de Bar
Publié dans : #CHEVALERIE

 

ARMURES ET ARMES OFFENSIVES

ET DÉFENSIVES DES

CHEVALIERS.

 

L'armure ne s'entendait que de ce qui servait à la défense du Chevalier ; elle était composée d'un casque ou heaume, d'un gorgerin ou haussecol, de la cuirasse, des gantelets, des tasettes, de la cotte-de-maille, des brassarts, des cuissarts, des grèves ou jambières, des genouillères, du bouclier, et detoutes pièces qui servaient à garantir les Chevaliers des attaques de leurs assaillans.

L'armure de tête d'un Ecuyer était un bonnet ou chapeau de fer, moins fort que le casque ou heaume du Chevalier, et qui ne pouvait être margé ou timbré d'un cimier, de lambrequins et autres ornemens extérieurs réservés aux Chevaliers seuls.

Dans la suite, les Français quittèrent l'armure et combattirent à découvert ; Louis XIV, cependant, obligea les officiers généraux et les officiers de cavalerie à reprendre la cuirasse et à porter une calotte de fer dans le chapeau, pour parer les coups de tranchant.

ARMET. C'était un chapeau de fer que les Chevaliers faisaient porter avec eux dans les batailles, et qu'ils se mettaient sur la tête lorsque, s'étant retiré de la mêlée pour se reposer et prendre haleine, ils quittaient leur heaume.

Dreux de Mello, dans l'escarmouche de Nantes, n'ayant que cette armure, fut attaqué par le seigneur de Préaux, vassal du roi d'Angleterre, qui, d'un coup de sabre, lui abattit son chapeau de fer et le blessa au front.

Froissart parle souvent de ces chapeaux de fer : c'était un casque léger, sans visière et sans gorgerin, comme ce qu'on a depuis appelé bacinet. Ces casques étaient dans ce temps l'armure de la cavalerie légère et des piétons.

ARRÊT DE LANCE, espèce de plastron rond dont se servaient les Chevaliers, pour maintenir leur lance ferme, dans les combats, joutes et tournois.

BAUDRIER, balteus, ceinture militaire (cingulum militare), à laquelle était attachée l'épée du Chevalier ; on portait parfois le baudrier en écharpe, surtout en temps de guerre.

En ceignant pour la première fois le Chevalier du baudrier, celui qui faisait la cérémonie, prononçait ces paroles : "Quando tu quidem, in re militari versatus es, hunc tibi baltheum dono." On était si bien persuadé que, par ce don du baudrier on recevait véritablement l'honneur de la chevalerie, qu'on se contentait de dire, en parlant d'un Chevalier nouvellement reçu, « on lui a ceint l'épée. »

Tous les officiers de guerre pouvaient porter la ceinture dorée; mais les Chevaliers avaient seuls le droit de ceindre le baudrier, qui était garni de grosses boules d'or et richement orné, pour les distinguer des autres nobles et des gens de guerre qui n'étaient pas chevaliers.

Grégoire de Tours dit, en parlant du comte Mâcon, Chevalier, qu'il portait un grand baudrier d'or, orné de pierres précieuses, où était attachée une très belle épée à poignée d'or et de pierreries : Baltheum magnum ex auro, lapidibusque pretiosis ornatum, gladiumque mirabile, cujus capulum ex gemmis hispanicis, auroque dispositum erat.

Les Français avaient pris cet usage des Romains, qui en portaient de semblables, suivant l'expression de Virgile :

.Humero cùm apparuit alto :

Baltheus et notis fulserunt cingula bellis.

 

Le baudrier devint, ainsi que l'épée, pour les rois et les princes, la marque caractéristique du pouvoir et du commandement. Le patrice Mumol, dit Grégoire de Tours, livre 7, chap. 38, voulant faire proclamer Roi Gondebaud, ôta son riche baudrier et en ceignit son nouveau maître ; mais, lorsque celui-ci fut sur le point d'être livré entre les mains des généraux de Gontran, il lui redemanda son baudrier, en lui faisant entendre par là que cet ornement ne convenait plus à sa fortune présente.

Dans l'assemblée, digne de l'horreur de tous les siècles, tenue à Compiègne, le Ier octobre 833, où

Louis-le-Débonnaire fut déposé, on le dépouilla de son épée et de son baudrier, comme étant les insignes du souverain commandement, et ils ne lui furent restitués que l'année d'ensuite, le 1er mars 834, lorsque ce prince reprit sa couronne et son empire.

BOUCLIER OU ÉCU, buccularium, buccula, clypeus, scutum. Le bouclier est la plus ancienne des armes défensives dont les guerriers se servaient pour se couvrir le corps contre les coups et les traits des ennemis. Il y avait, parmi les anciens, plusieurs sortes de boucliers ou d'écus, qui différaient entre eux, soit par les noms, la forme et la matière.

Boucliers des Grecs. Ils en avaient de cinq sortes : le premier et le plus ancien, qu'ils nommaient aspis, était un grand bouclier de figure ronde, et qui couvrait presque tout le corps ; il était fait tantôt d'osiers entrelacés, tantôt de cuivre, tantôt de bois léger, et le plus souvent de cuir ou de peau renforcée par quelques plaques de métal. Homère, qui décrit la plupart des boucliers de ses héros, dit que celui d'Ajax était de sept cuirs ou de sept plis de cuir couverts d'une lame de cuivre ; et que celui d'Achille était de dix cuirs ou plis, armés de deux plaques de cuivre, de deux d'étain et d'une d'or. C'était celui qui était en usage dans les temps qu'on nomme héroïques.

Le guerron ou guerra, était de la figure d'un carré-long, ou rhomboïde; et, selon Strabon, les Perses s'en servirent les premiers.

Le thureos était aussi un carré-long, courbé en dedans comme une faîtière, et ainsi nommé parce que, lorsqu'il était étendu, sa figure ressemblait à une porte, appelée en grec "thura".

Le laisèion était un écu fort léger, de la même figure que le thureos ; il était fait de peaux de bêtes avec le poil.

Le pelte ou pelta, était aussi un bouclier léger qui, selon Xénophon, ressemblait à une feuille de lierre.

Isidore de Séville dit pourtant qu'il approchait de la figure d'un croissant, et qu'il fut d'abord en usage parmi les Amazones, ce que Virgile confirme par ce vers : Ducit Amazonidum lunatis ogmina peltis.

Mais Suidas prétend, au contraire, que ce bouclier était carré. Les Grecs tenaient des Egyptiens l'usage des boucliers ; ils les firent d'abord d'une grandeur étonnante, c'est-à-dire, de toute la hauteur d'un homme ; et au temps de la guerre de Troie, ils ne les portaient point encore au bras : ils étaient attachés au cou par une courroie, et pendaient sur la poitrine ; lorsqu'il s'agissait de se battre, on les tournait sur l'épaule gauche et on les soutenait avec le bras ; pour marcher, on les rejetait derrière le dos, et alors ils battaient sur les talons. Les Cariens, peuple très-belliqueux, changèrent cet usage si peu naturel et si désavantageux : ils enseignèrent aux Grecs à porter le bouclier passé dans le bras par le moyen de courroies faites en formes d'anses.

C'était l'usage chez les Grecs de suspendre dans les temples les armes et principalement les boucliers des ennemis qu'ils avaient vaincus, tant pour laisser un souvenir de leurs victoires, que pour rendre grâces aux dieux, qui les leur avaient fait remporter. Ces boucliers, ainsi consacrés aux dieux, s'appelaient boucliers votifs, clypei votivi. Cette coutume de suspendre des boucliers dans les temples passa, comme la plupart des autres, de Grèce en Italie.

Chez les Grecs, on ne pouvait perdre ni abandonner son bouclier sans être entaché d'infamie ; c'était même, à Lacédémone, un crime qu'on punissait de mort.

Boucliers ou écus des Romains. C'étaient l'ancile, le scutum, le clypeus et le pelta ou cetra. L'ancile (ancilia) était un petit bouclier rond, ou plutôt ovale, que les anciens Romain croyaient descendu du ciel, et de la conservation duquel ils faisaient dépendre la sûreté de leur ville.

Numa Pompilius pour dompter l'humeur féroce de ce peuple guerrier, mais grossier, et par conséquent susceptible de superstition , fit croire, au rapport de Plutarque, que, dans une furieuse peste, qui ravagea presque toute l'Italie, et Rome en particulier, un bouclier de cuivre lui était tombé du ciel entre les mains et qu'en même temps une voix s'écria que Home serait la maîtresse du monde tant qu'elle conserverait ce bouclier, qui, par-là, devint le palladium et la sauve-garde de Rome. Pour conserver ce bouclier sacré, Numa, par le conseil de la nymphe Egérie et des muses, dont il feignait d'apprendre tous les mystères de sa religion, en fit faire onze autres tous semblables, afin que si quelqu'un voulait entreprendre de l'enlever, comme Ulysse enleva le palladium de Troie, il ne pût distinguer l'ancile véritable. La peste cessa, et Numa, qui ne put lui-même reconnaître le véritable bouclier parmi les autres, institua douze prêtres pour la garde des douze anciles, qu'ils devaient porter tous les ans, au mois de mars, en grande cérémonie autour de Rome. Tullus Hostilius augmenta ensuite leur nombre jusqu'à vingt-quatre. Il y a diverses opinions parmi les anciens et les modernes sur l'origine du mot ancile et sur la forme de ce bouclier; mais la plus vraisemblable et la plus accréditée est celle de Varron, qui dit que ces boucliers étaient appelés ancilia, ob ancisu, parce qu'ils étaient coupés ou arrondis des deux côtés, de même que les boucliers des Thraces, qu'on nommait peltoe. Quoi qu'il en soit, on voit au revers d'une médaille de l'Empereur Antonin-le-Pieux les figures de deux anciles qui sont de forme ovale. Le scutum était le bouclier le plus en usage chez les Romains ; il y en avait de deux sortes, savoir : le scutum ovatum, qui était ovale, et le scutum imbricatum, qui était un carré-long, courbé en dedans en forme de faîtière ou de tuile creuse, comme le thureos des Grecs. L'un et l'autre couvraient presque entièrement le corps, ayant environ quatre pieds et demi de hauteur et deux pieds et demi de largeur. Ce bouclier était ordinairement fait de petites planches de bois léger, assemblées par de petites lames de fer, et couvertes de cuir ou de peaux de divers animaux ; et pour le mieux conserver , il était bordé en dedans et en dehors d'une autre lame de fer.

Le clypeus, grand bouclier rond semblable à l'aspis des Grecs, fut en usage quelque temps parmi les Romains: voilà pourquoi la plupart de leurs écrivains le confondent avec le scutum.

Pline le jeune remarque qu'on dédiait autrefois à Rome aux particuliers illustres et aux empereurs des boucliers d'or, d'argent ou de cuivre, sur lesquels on gravait l'image ou les belles actions de ceux à qui ils étaient consacrés, et que l'on appendait, à leur honneur, dans un temple ou dans une chapelle, à peu près comme on fit chez nous des étendards et des drapeaux qu'on enlevait aux ennemis. Appius Claudras introduisit cette coutume chez les Romains l'an 259 de la fondation de Rome ; et l'on voit, par le Cantique des cantiques, qu'elle était aussi établie parmi les Hébreux d'où elle passa chez les Grecs, ainsi qu'on l'a dit plus haut.

Le parma était de figure ronde, d'environ trois pieds de diamètre. Il y en avait encore un plus petit nommé parmula : l'un et l'autre étaient de bois léger couvert de cuir.

Le cetra ou pelta était un «petit écu dont se servaient les Maures et les Espagnols, qui ressemblait au pelta des Thraces et des Grecs, et qui était couvert de la peau d'un onceau ou d'un buffle.

Au milieu de la plupart des boucliers, il y avait, en dehors, une bosse ou une élévation ronde armée d'une pointe de fer, qui servait à écarter et à rabattre les coups et les traits des ennemis, et même à pousser ceux-ci dans la mêlée. Les Grecs nommaient cette bosse omphalos, et les Latins umbo. Ce dernier mot est souvent pris pour tout le bouclier.

Ecus ou boucliers chez les Gaulois, les Francs, les Allemands et autres nations modernes. Selon César et Tacite, les boucliers des anciens Germains et Allemands étaient faits d'écorce d'arbre et de branches d'osier entrelacées, ou de bois léger et couvert de cuir de taureau ou même de peaux d'autres animaux. Quelques peuples d'Italie, au témoignage de Diodore de Sicile, empruntèrent cette sorte d'écus des Gaulois ; et les Carthaginois, comme Suidas le rapporte, se servaient de boucliers faits de courroies de cuir appliquées les unes sur les autres.

Les boucliers chez les différentes nations avaient divers noms, selon leurs différentes formes. Les Gaulois et les Germains, à l'instar des anciens peuples, regardaient comme infâmes ceux qui avaient perdu leur bouclier, et leur interdisaient les sacrifices, et les assemblées publiques; plusieurs, qui avaient eu ce malheur, échappèrent à cette ignominie en se donnant la mort.

Le pavois, qui était le plus grand écu des anciens Gaulois, avait cinq pieds de haut, et ressemblait au scutum imbricatum des Romains ; c'était un carré-long, courbé en faîtière, qui couvrait tout le corps. Les Gaulois, les Francs, les Goths et les Espagnols élisaient et proclamaient leurs rois et leurs princes en les élevant sur le pavois; ils les proclamaient ainsi à la vue de toute l'armée, en faisant trois fois le tour du camp. Pharamond fut proclamé roi des Francs de cette manière, en 419, par la colonie de cette nation qui avait passé le Rhin sous sa conduite. Les Espagnols appelaient cette cérémonie levantar por rey.

On prétend que le mot pavois vient du vieux gaulois pave, qui, selon Borel, signifiait couverture; et c'est peut-être pour cette raison, qu'en terme de de marine, on nomme pavois, paviers ou pavesade une grande bande de toile ou de drap qu'on étend le long du plat bort d'un vaisseau de guerre, quand on se prépare au combat, pour cacher aux ennemis ce qui se fait sur le pont.

La targe était aussi un grand bouclier qui couvrait tout le corps, et dont on se servait aux assauts ; il était de différentes formes : parmi les Africains et les Espagnols, c'était un carré-long comme le pavois ; et chez les Gaulois et les Bretons, ce bouclier était presque ovale, et échancré au côté droit, pour appuyer la lance dans l'échancrure.

La rondache ou la rondelle était une espèce de bouclier rond, à peu près comme le parma des Romains. La rondache était fort en usage chez les Espagnols, même en temps de paix : et ils s'en servent encore aujourd'hui quand ils courent de nuit.

L’écu des Français était un petit bouclier léger que la gendarmerie, qui combattait avec la lance, portait au bras gauche. Il y en avait aussi de grands qui couvraient non-seulement l'homme tout entier, mais encore ceux qui étaient derrière, les arbalétriers et archers ; ces écus étaient forts pesans et fort massifs, et avaient une pointe en bas pour les ficher en terre. Comme cette arme défensive était embarrassante, surtout à cheval, le Chevalier ne la portait pas, il la faisait porter par son écuyer, qui s'appelait scutifer et armiger.

Les Chevaliers ont aussi porté un écu couvert de lames d'écailles, d'ivoire ou d'or ; ils le suspendaient à leur cou par une courroie, et quand leur lance était rompue, ils l'attachaient à leur bras gauche. Diodore de Sicile dit, en parlant des Gaulois, que chacun ornait son écu à sa fantaisie; et selon Tacite, les Allemands ne les distinguaient que par les couleurs. Il y en avait qui mettaient diverses inscriptions sur leurs boucliers ; tantôt c'était le nom de leur chef, tantôt les hauts faits de leurs ancêtres, quelquefois les leurs ; et ceux qui ne s'étaient pas encore signalés ne portaient aucune marque sur leurs boucliers, qui restaient blancs et pour ainsi dire comme une table d'attente.

Dans les croisades, les gentilshommes français qui marchaient sous la bannière de leurs suzerains adoptèrent les couleurs de ces bannières et les firent peindre sur leurs écus, avec certaines distinctions qui ont donné origine aux partitions ou meubles qui ont depuis été introduits dans le blason, tels que les chefs, les filets, les champagnes, les flanchis, les chappés, les chaussés, les bordures et les francs-quartiers. Ces familles les ont conservé dans leurs armes, pour consacrer le souvenir de leurs voyages de la Terre-Sainte, et y ajoutèrent des devises, des chiffres, des emblêmes, et par suite, y firent peindre leurs armes régulières ; et si le suzerain avait, ou sur sa bannière ou sur son écu, la figure de quelque animal, soit oiseau, quadrupède ou poisson, chacun des vassaux faisait peindre sur son bouclier une partie ou membre de cette figure, tels que la tête, les pattes, les cornes ou la moitié du corps, ce qui a produit dans le blason les positions d'issant, naissant,passant, rampant, coupé, etc., etc.

Le bouclier est le symbole de la protection que les Princes doivent à leurs sujets ; et, depuis le règne de Constantin, sur la plupart des médailles impériales postérieures aux Antonins, on le représente orné de diverses figures et du monogramme de J.-C. Les princes le tenaient toujours de la main gauche. On le voit sur quelques sceaux de la seconde race ; il est ordinairement sur ceux des empereurs d'Allemagne depuis Conrad Ier jusqu'à Othon Ier, et sur ceux des seigneurs des grands fiefs de France.

Je traiterai de l'écu et de l'écusson des armoiries au chapitre spécial du blason, il n'est ici question de l'écu que comme arme défensive....

DE LA CHEVALERIE.DE LA CHEVALERIE.
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