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L'Avènement du Grand Monarque

L'Avènement du Grand Monarque

Révéler la Mission divine et royale de la France à travers les textes anciens.

Publié le par Rhonan de Bar
Publié dans : #ETUDES HISTORIQUES SUR LIEUX SAINTS

CATHÉDRALE DE BOURGES.

DESCRIPTION

HISTORIQUE ET ARCHÉOLOGIQUE. Troisième partie.

A. DE GIRARDOT ET HYP.DURAND

CHAPITRE V.

DESCRIPTION DES CHAPELLES.

ELLES sont, comme nous l'avons dit, de deux sortes quant à leur construction primitive. Celles qui rayonnent au pourtour de l'apside, au nombre de 5, appartiennent à la construction même du monument, c'est à-dire au XIIIe siècle; celles qui ont été établies entre les contre forts sont postérieures et généralement du XVe siècle. Nous commencerons par la première à gauche en entrant, celle du collatéral nord, la plus rapprochée du portail occidental.

1 : CHAPELLE DES FONTS-BAPTISMAUX , Autrefois de Saint-Sébastien, de Bucy, des S. S. Anges, de Montigny.

L'entrée de cette chapelle, qui a été, comparativement aux autres, considérablement agrandie, est ornée de moulures prismatiques aiguës avec arcature pendante et trilobée; des feuilles de chardon courent dans la gorge rentrante. La voûte est divisée en deux croisées d'arête, dont les retombées sont supportées par les attributs des quatre évangélistes, tenant des philactères ; les deux clefs sont avec écussons aux armes de Pierre Aymery, archevêque de Bourges, de 1391 à 1409 (d'or à une face de gueule, chargée de trois émerillons d'argent). La verrière est divisée en quatre panneaux trilobés par le haut, surmontés d'un quatre-feuilles ; le tout est inscrit dans une ogive.

Les vitraux représentent l'Assomption de la Vierge; dans les quatre-feuilles du haut, deux anges adorateurs , à droite et à gauche; au-dessous les apôtres entourant le tombeau de la Vierge, sur lequel est inscrit la date de 1619, qui est celle de l'exécution de cette œuvre ; tout au bas enfin les donataires sont représentés en grand costume du temps On remarque que les traits du maréchal de Montigny ont une grande ressemblance avec ceux du roi Henri IV , ainsi que cela a été dit en décrivant sa statue, déposée dans l'église souterraine.

Toute la partie architecturale de cette chapelle appartient au XVe et au XVIe siècle. La verrière est d'un travail remarquable, surtout en ce qui concerne les portraits des donateurs.

Mais cette chapelle , qui a reçu plus récemment une autre destination que celle qui lui était assignée par sa fondation, a bien perdu de son aspect primitif, en devenant chapelle des Fonts-Baptismaux, et par l'introduction de divers objets nécessaires à l'administration du sacrement de Baptême: une cuve en pierre peinte, placée dans un hémicycle ou niche, surmontée d'un dais en menuiserie, en style du XIXe siècle , produit le plus mauvais effet, il faut encore ajouter un lambris en bois de même style, dont on a recouvert les murs jusqu'à une certaine hauteur. Au-dessus de l'emplacement de l'autel, un tableau fort médiocre représentant le baptême du Christ.

Tous ces objets sont loin de concourir à l'embellissement d'une cathédrale, et malheureusement nous serons plus d'une fois dans la triste nécessité de signaler et de déplorer le goût qui a présidé trop longtemps à la décoration de nos édifices religieux.

Nous ne connaissons pas le titre de la fondation de cette chapelle indiquée par Lalhaumassière comme étant de 1406, mais les armes de Pierre Aimery constatent son droit de fondateur. C'est cet archevêque qui, étant entré un jour dans la cathédrale précédé d'un prêtre de famulis suis, porteur d'une verge de bois blanc, fut forcé par le chapitre de signer un acte par lequel il reconnaissait n'avoir voulu en rien préjudicier à la franchise du chapitre. (10 janvier 1403).

Lorsque la tour septentrionale s'écroula, la chapelle fut presqu'entièrement détruite ; un acte capitulaire de 1506 nous fait connaître sous quel vocable elle était alorsil ordonna la fondation des murs de la tour sur l'alignement de ceux de la chapelle voisine de Saint-Sébastien. Sa reconstruction fut commencée sous l'épiscopat de Michel de Bucy, fils naturel de Louis XII, élu en 1505, mort en 1511 dans sa vingt-troisième année; mais les travaux allèrent avec une grande lenteur et furent souvent abandonnés. Les comptes de l'œuvre nous apprennent qu'en 1519 on y fit travailler.

En 1531, par acte capitulaire du 21 juillet, le doyen du chapitre fut autorisé à continuer la chapelle commencée à côté de la tour neuve sous M. de Bucy. Cependant, en 1556 cette reconstruction n'était pas terminée, ainsi que le constate le procès-verbal de la visite d'Antoine Bohier, général des finances, chargé de dresser le devis des travaux à exécuter pour achever la cathédrale : «Au-devant dudit pavé, près de la tour neuve, il y a une chapelle appelée la chapelle de Bussi, où on n'y chante aucunement parce qu'elle est imparfaite, car il n'y a ferme de verrines ni autel, ni a pavé , et aussi n'est aucunement bouchée du côté de vers la tour, sinon une petite muraille qu'on a faite au-devant, et pour ce faire et parachever Il la dicte chapelle, il y faut employer 200 liv. tournois. »

Cette chapelle resta longtemps sans destination. Un acte fait connaître qu'en 1618, il y avait à la fenêtre « apparence d'y avoir autrefois eu une vitre. » A la mort du maréchal de Montigny, Gabrielle de Crevant, sa veuve, obtint la concession de cette chapelle, et y fit déposer le corps du maréchal. La maréchale voulut immortaliser le souvenir de son mari par un monument digne de son rang. Elle fit d'abord achever la chapelle, et nous avons retrouvé aux archives du département le marché passé à ce sujet avec Jehan Lafrimpe, tailleur d'images. Elle fit ensuite placer un tombeau en marbre blanc dont les statues des deux époux existent encore aujourd'hui; nous les avons décrites dans le chapitre de l'église souterraine où elles sont actuellement placées.

Lorsque Saint-Etienne est devenu l'une des paroisses de Bourges, les fonts baptismaux ont été placés dans cette chapelle et y sont encore.

2 : CHAPELLE SAINTE-CLAIRE, Anciennement des Fradet, de la Comtale.

Cette chapelle, placée à la suite de la précédente, appartient, par la décoration architectonique de son intérieur, au XVe siècle. Sa voûte ne forme qu'une seule croisée traversée par une nervure qui règne sur la clef de chaque pénétration, la clef saillante est ornée d'un écusson aux armes des Fradet, qui sont (d'or à trois fonds de dards de sables).

Les retombées sont soutenues par des anges tenant des, écussons dont les armoiries, autrefois peintes, sont effacées. La voûte porte des traces d'un appareil peint en rouge, le même qui se retrouve presque partout à l'intérieur de la cathédrale, et dont nous aurons occasion de parler plus tard. La verrière est divisée en quatre panneaux par des meneaux en pierre supportant des ogives trilobées, au-dessus desquelles sont des compartiments flamboyants, représentant dans la partie haute la Vierge ; au-dessus le Saint-Esprit nimbé; dans les plus petits lobes, sont des anges adorateurs et chantant ; ils tiennent en main des rouleaux sur lesquels est noté du plein-chant.

Au-dessous, à droite, le Christ en croix ; au milieu la Résurrection ; à gauche le Christ apparaissant à Magdeleine. Enfin, dans les quatre panneaux inférieurs, sont représentés de grandeur naturelle les quatre évangélistes. Ils sont nimbés et abrités sous de riches dais ; ils sont supportés par des culs de lampe, et tiennent en main chacun le livre des évangiles ouvert au texte qui correspond à chacun d'eux; à leurs pieds sont leurs attributs avec des philactères portant leurs noms.

Ce vitrage appartient évidemment au commencement du XVIe siècle. Sur l'autel en menuiserie est un tableau sans mérite. Il représente sainte Claire. En face, une console, dans le style du XVIIe siècle, supporte le buste en marbre de M. de Fradet de Saint-Aoust, seigneur de Marmagne et de Châteaumeillant ; au-dessus un cul de lampe écussonné aux armes de France effacées.

Un confessionnal offusque la vue par sa forme barbare. Comment le clergé, qui de tout temps aurait dû être le conservateur né de ses monuments et surtout l'ordonnateur judicieux de leurs décorations, a-t-il pu se rendre si longtemps le complice du mauvais goût qui s'y est introduit. Heureusement qu'une nouvelle ère a déjà commencé; et comprenant aujourd'hui qu'il est nécessaire de diriger l'impulsion que la science archéologique donne à l'art chrétien, on a ouvert des cours dans les grands et petits séminaires. Espérons qu'avant peu les heureux effets de cette libérale mesure se manifesteront dans la décoration de nos édifices religieux.

Cette chapelle a été construite en 1456, par Pierre Fradet, doyen du chapitre, conseiller au parlement de Paris, ambassadeur de Louis XI auprès du pape Paul II. Pour sa fondation il donna, en 1462, six cents écus d'or pour entretenir deux vicaires, et trois cents écus d'or pour fonder un obit le jour anniversaire de son décès. Cet obit se disait le 24 février et se payait cent sols (compte de l'œuvre de 1502).

Pierre Fradet mourut à Rome en 1467, et y fut enterré dans l'église Saint-Pierre; son cœur fut rapporté dans la chapelle de Saint-Etienne, et on y plaça l'inscription suivante qu'on y lit encore aujourd'hui sur le jambage à droite. Elle est gravée sur marbre noir en caractères gothiques dorés. En tête se voit l'écusson des Fradet, surmonté d'un casque en cimier de fasce et fermé; au bas une tête de mort et deux os en croix. Elle est ainsi conçue :

ANNO SALUTIS MILLES IIIIe VIII ILLUSTRISSIMUS DOMINUS D. PETRUS DE FRADET HUJUS ECCLESIE VENERADIUS DECANUS IN SUPREMA PARISIENSI CURIA. SENATOR INTEGERRIMUS HONORIFICA APUD PAULUM II PONTIFICEM MAXIMUM LEGATIONE FUNCTUS QUAM EL LUDOVICUS GALLLE REX XI OB SUMMAM VIRI AUTHORITATEM ET IN GERENDIS PUBLICIS REBUS EXPERIENTIAM COMMISIT SACELLUM HOC A SE INEDIFICATUM INSIGNI

DOTE COMPLETAVIT ROMAE MORTUUS A PAULO II CUI BONORUM PARTEM EX TESTAMENTO LEGAVERAT INTRA APOSTOLORUM BASILICAM MAXIMO CUM HONORE CONDITUS CORDIS DEPOSHUM RUIC TUMULO REDDI VOLUIT SPECTANDUM ITALIE VULT DARE GALLIA PETRUM EXIMIUM IN PETRO PERDIDIT IPSA DECUS DEFUNCTI CINERES ORNANT ROMA SEPULCHRO COMMUNEMQUE DEDIT CUM PETRO IIABERE LOCUM NE TAMEN INGRATA AUT FIDEI QUONDAM IMMEMOR ESSET CORDIS DEPOSITUM REDDIDIT RUlC TUMULO REQUIESCAT IN PACE.

Toutes les fondations des Fradet pour cette chapelle sont transcrites au 2e volume du cartulaire de Saint-Etienne, folios 161 et suivants, et contiennent des détails fort étendus sur les services dont ils voulaient assurer la célébration. L'inventaire du trésor fait mention de nombreux vêtements sacerdotaux à leurs armes et donnés par eux ; six chasubles de damas et satin de couleurs violette, rouge, noire et bleue; cinq parements pour l'autel, en damas rouge, frangé d'or et d'argent, dentelle d'or, blanc, violet, noir.

Une autre inscription, placée sur le pied droit de l'arcade d'entrée de la chapelle, à gauche en entrant, a été consacrée au savant Guillaume-François Berthier, né à Moudun le 7 avril 1704, jésuite, rédacteur du journal de Trévoux, auteur de nombreux ouvrages, garde de la bibliothèque royale, adjoint à l'éducation de Louis XVI et de Louis XVIII, mort à Bourges le 5 décembre 1782. Le chapitre de Saint-Etienne lui accorda les honneurs de la sépulture dans cette chapelle. On lit en lettres d'or, sur une table de marbre noir :

DEO IMMORTALI SACRUM HIC JACET GUILLELMUS FRANCISCUS BERTHIER SACERDOS PATRIA EXOLDUNUS SOCIETATEM JESU INGRESSUS ANNO M. DCC. XXII.

VITAM EGIT MORUM CANDORE VIRTUTUM SPLENDORE LITTERARUM ET DOCTRINÆ FAMA TUENDAE RELIGIONIS STUDIO CLARISSIMAM

BIBLIOTHECÆ REGIÆ CUSTOS INSTITUTIONI LUDOVICI XVI REGIS CHRISTIANISSIMI ADDITUS ANNO M. DCC. LXII IN AULA VIXIT ODESTE AC RELIGIOSE SUPREMA VITÆ TEMPORA UNI DEO ET CHRISTIANÆ PIETATIS CHARITATISQUE OFFICIIS IMPENDIT ANNOS ÆTERNOS ASSIDUA MEDITATIONE REPUTANS OBIIT DIE XV DECEMBRIS, ANNO M. DCC. LXXXII ÆTATIS SUE LXXVIII CIVIS OPTIMUS HOC IN TEMPLO CUM PUBLICO URBIS LUCTU DECRETO CAPLTULI TUMULATUS EST VIRTUTIS EXEMPLUM ET INCITAMENTUM Beati mortui qui in Domino moriuntur. (Apoc., 14, 15).

Cette inscription, enlevée en 1793 quand les tombeaux furent spoliés, a été replacée par les soins de l'abbé de Vauverte, neveu de l'abbé Berthier.

3 : CHAPELLE SAINT-LOUP, Anciennement de Saint-Martin, de Beaucaire.

L'architecture de la voûte et de la verrière est semblable à celle de la chapelle précédente ; les nervures des voûtes sont supportées par des anges portant écussons armoiriés. Cette chapelle, qui vient d'être restaurée, témoigne de la bonne direction qui présidera désormais aux travaux de décoration qui s'exécuteront dans la cathédrale. La partie supérieure du vitrail représente le Christ nimbé et bénissant ; au-dessous, à droite et à gauche, la Vierge et saint Joseph priant. A côté des anges sonnant de la trompette ; au-dessous, réunis trois par trois, sont les apôtres. Plus bas, la résurrection universelle. Enfin, dans les quatre panneaux au-dessous, sont un pape, un cardinal et deux évêques mitrés et crossés.

Toutes ces figures sont nimbées; elles tiennent des livres ouverts sur lesquels se lisent les noms de Martinus, Sulpicius et Ambrosius, et sont surmontées de riches dais. Le nouvel autel en pierre est évidé par dessous pour recevoir les reliques. Le retable au-dessus est également en pierre ; il est divisé en cinq compartiments quadrilobés dont deux représentent en bas-reliefs des scènes de la vie de saint Loup, et les trois autres contiennent les canons. Au-dessus, un socle porte la statue du saint évêque revêtu de ses habits sacerdotaux. Il est mitre, crossé et nimbé, et dans la position de donner la bénédiction. Il est placé sous un dais riche, peint- et doré. En face est un confessionnal en style du XIIIe siècle. Ce meuble, s'il n'est pas irréprochable, indique du moins les heureuses tendances de l'art dans ce genre.

A cette chapelle est attachée la confrérie de Saint-Loup, à laquelle on fait affilier les petits enfants pour les préserver de la peur. C'était à cette chapelle que se disait avant la Révolution la messe dite des Enfants. Cette chapelle a été construite, en 1457, par Pierre de Beaucaire (de bello cuadro dans les actes latins), chanoine de la cathédrale et secrétaire de Charles VII. Il donna pour la fondation d'abord 1,000 écus d'or et plus tard d'autres biens. Elle fut ratifiée par l'abbé de Nambroix de Bourges, délégué par Etienne, archevêque de Milan, référendaire domestique du pape, légat à latere en France.

Le service anniversaire du fondateur se faisait le 18 juillet et se payait cent sols. Il était mort peu de temps après la construction de la chapelle, car le compte de 1460 mentionne la dépense de pareille somme pour son anniversaire.

D'autres chanoines choisirent leur sépulture dans cette chapelle, et firent peindre leurs armoiries sur les écussons placés à la retombée des voûtes. Ce sont celles de Bonin Leroi, Dubreuil et Barbarin. Aujourd'hui, un de ces écussons a été remplacé par celui de M. l'abbé de Quincerot qui, étant vicaire de la cathédrale, a fait restaurer la chapelle.

On trouve, dans le compte de 1502, la mention du paiement fait à Me Jehan Prudhomme, maistre des enfants de chœur, de 50 liv. tournois, pour les messes fondées par Me Pierre Barberin et Me Martin Bonin. L'anniversaire de ce dernier se disait le 21 avril et se payait 6 liv.

4 : CHAPELLE SAINT-DENIS, Autrefois de Bar.

La voûte et la croisée sont dans le même style que celles de la chapelle précédente. À la clef un écusson aux armes de Denis De Bar, fondateur, (fascées trois fois d'or, d'argent, d'azur,) avec mitre et crosse. La croisée descendant plus bas est complète. Les vitraux représentent dans la partie haute le Christ bénissant; tous les lobes flamboyants sont remplis par des anges adorateurs. Les quatre panneaux du bas sont chacun divisés en quatre sujets, formant ensemble seize scènes de la vie de saint Denis, expliquées par autant de quatrains français.

Ces scènes sont encadrées dans des décorations architecturales, dans le style du XVIe siècle. L'autel en pierre est du XVIe siècle. Sur sa face latérale à gauche, il est refouillé en forme d'armoire destinée soit à renfermer des reliques, soit à déposer des vases sacrés. Ce renfoncement a deux pieds de profondeur sur un pied de large ; il est sans fermeture Au-dessus de cet autel est un tableau de l'école moderne représentant le repos de la Sainte-Famille : la Vierge et l'enfant Jésus sommeillent, saint Joseph est auprès qui les contemple avec bonheur. Cette toile, qui n'est pas sans qualités, est signée Belloc, 1829.

La construction et la fondation de cette chapelle sont dues à Denis De Bar, chanoine de la cathédrale, évêque de Tulles et ensuite de Saint-Papoul. On lit dans les registres capitulaires : «A la date du vendredi 9 octobre 1517, à la supplication du révérend seigneur Denis De Bar, autrefois évêque de Saint-Papoul, présentée par messieurs de Launay et J. Peynin, il lui a été accordé l'autorisation CI de faire édifier une chapelle dans l'église de « Bourges, entre la chapelle Saint-Jehan et le lieu du chapitre. Sont chargés de surveiller les travaux, de Blet, Pierre Tuilier et Fleuri Copine chanoines[1].» En 1528, de Launay obtint du chapitre la permission de placer une statue de Saint-Syre dans la nouvelle chapelle (registre capitulaire).

Contrairement à l'habitude des fondateurs, Jean De Bar ne demanda pas à être enterré dans sa chapelle. Il est vrai qu'il était impossible d'y creuser un caveau puisqu'elle est construite au-dessus de l'escalier qui mène à l'église souterraine, ce qui a nécessité l'élévation de cinq marches qu'elle présente au-dessus du sol de l'église.  

5 : CHAPELLE SAINT-JEAN-BAPTISTE, Elle est aussi appelée chapelle de Dubreuil dans un arrêt du Parlement de 1593.

Ainsi qu'aux précédentes chapelles, la voûte et les nervures sont du XVe siècle ; les armes de France, supportées par deux anges, sont à la clef ; la voûte est peinte en rouge avec bordure fleurdelysée; sur les nervures, proche la clef, des amorces d'azur avec fleurs de lys.

Dans la partie haute ou flamboyante du vitrail, on voit au sommet Dieu le Père; au-dessous, des anges jouant de divers instruments ; plus bas, la Visitation; à côté, la naissance du Christ ; au-dessous à gauche, l'Adoration des Bergers, à droite, la Présentation au Temple ; à gauche, Hérode ordonnant le massacre des Innocents; puis le Massacre, et enfin la Fuite en Egypte. Ce vitrail est encore composé de quatre panneaux, dont trois à droite sont consacrés à l'Adoration des Mages : dans le premier, on voit saint Joseph, la Vierge tenant sur ses genoux l'enfant Jésus adoré par un roi mage agenouillé; dans le deuxième, le second roi mage, couronne en tête et glaive au côté, porte les présents ; dans le troisième panneau, le roi mage Ethiopien porte également son offrande.

Tous les costumes de cette composition sont de la plus grande richesse Le quatrième panneau représente saint Jean-Baptiste portant de la main gauche un livre fermé sur lequel est l'agneau mimbé ; il présente à la Vierge le donateur, suivi de son frère en costume de chanoine de Saint-Etienne ; au-dessous sont ses armes. Elles sont (d'azur à la fasce d'or, trois merlettes d'or, deux et une. Des dais très riches d'ornementation surmontent chacun des quatre panneaux.

L'autel est en menuiserie d'aucun style; au-dessus est un tableau de Jean Boucher, célèbre artiste Berruyer du XVII" siècle, représentant saint Jean-Baptiste près du Jourdain : en face un confessionnal indigne de figurer dans une cathédrale. Les murs de cette chapelle conservent des traces de peintures à fresque, notamment celui au-dessus de l'autel. Cette chapelle a été construite en 1466 par Jean de Breuil, filleul du duc Jean de Berry, chanoine de Saint-Etienne, archidiacre de Bourbon, chanoine de la Sainte-Chapelle, des Ursins, de N. D. de Paris, conseiller clerc au parlement.

On lit dans les actes capitulaires : (Reg. 6) 15 décembre 1466. « Ledit jour M. Jean de Breuil, a chanoine, archidiacre, conseiller du roi, a exposé qu'il avait la dévotion de faire édifier une chapelle dans l'église de Bourges et de la fonder, et demande qu'on lui adjoigne quelques chanoines pour l'aider dans tout ce qui est nécessaire pour la construction. Après avoir délibéré, messieurs ont ordonné qu'il prit l'emplacement qui lui conviendrait. »

Jean mourut en décembre 1468. Le 29 janvier suivant, Martin de Breuil, frère de l'archidiacre défunt, dit que lui et les siens veulent fonder la chapelle construite par son frère, et demande une députation pour aviser aux moyens de la faire. Le chapitre désigne deux chanoines à cet effet. Les vitraux ont été retouchés quelquefois, et dès le XVIe siècle en 1584, le verrinier est payé pour avoir travaillé de son état es-vitres de la chapelle Saint-Jehan.

En 1668, on fait nettoyer un grand tableau dans la chapelle Saint-Jehan et autres peintures qui y sont[2].

6 : CHAPELLE DE SAINT-BENOIT, Autrefois des Trousseaux ou de Rheims.

Les voûtes et les nervures sont semblables aux précédentes. Aux quatre angles, des anges supportent les retombées ; près de la clef, les amorces des nervures sont peintes aux armes des trousseaux qui sont (de gueule à la bordure engrêlée d'argent, à trois trousseaux d'or, deux et un, à la fasce d'azur engrêlée d'argent, chargée de trois fleurs de lys d'or).

La croisée dont les meneaux forment quatre panneaux à ogives trilobées, surmontés de trèfles, est terminée au sommet par une rose à trois lobes tréflés. Les vitraux de cette partie renferment trois écussons variés aux armes pontificales ; les premières, les plus élevées, sont deux clefs d'argent en sautoir sur fond de gueule ; les secondes, au- dessous à gauche, sont un croissant d'argent renversé sur un fond de gueule,' à droite de cinq points d'or équipolés à quatre d'azur. Ces écussons sont tous surmontés de clefs en sautoir avec tiare au-dessus. Dans les trèfles au-dessous sont les armes de Jean, duc de Berry. (Elles sont de France à la bordure engrêlée de gueule).

Dans le centre est saint Michel, sur fond bleu. Dans les quatre panneaux au-dessous sont, à droite, la Vierge assise, tenant l'enfant Jésus vêtu d'une tunique blanche à fleurs d'or ; derrière, et debout, sont saint Sébastien nimbé; à côté un évêque mitré, crossé et bénissant, également nimbé. C'est sans doute saint Ursin. Dans le panneau qui vient à la suite, on voit Pierre Trousseau et sa femme en grands costumes, à genoux et mains jointes. Saint Jacques, nimbé, est debout derrière ; il a tous ses attributs de pèlerin et présente les donateurs à la Vierge.

Dans le panneau suivant, P. Trousseau est représenté en costume de chanoine et à genoux, offrant le modèle en relief d'une chapelle. Il est accompagné et soutenu par un diacre nimbé, sans doute saint Etienne. Le quatrième et dernier panneau renferme deux chevaliers à genoux, sur les manteaux desquels sont des trousseaux d'or, armes parlantes de la famille ; entre ces deux figures, également à genoux, est une femme. Ces personnages sont assistés d'une sainte martyre qui est debout et en arrière ; elle est nimbée, porte une couronne en tête, et dans la main gauche une palme.

Toutes ces figures sont surmontées de dais d'une architecture très-riche en style de la fin du XVe siècle.

L'autel et le confessionnal sont en menuiserie; au-dessous de ce dernier, une petite croisée éclaire l'escalier montant au-dessus de la sacristie. Au jambage de droite, en entrant, est une petite crédence en ogive trilobée, refouillée dans le mur. Au-dessus, une console supportant une Passion sculptée, avec cette inscription : « Mater Christi ora pro nobis. »

Cette chapelle a été fondée par Pierre Trousseau, chanoine et archidiacre de Saint-Etienne, archidiacre à Notre-Dame de Paris, maitre des requêtes , évêque de Poitiers, puis archevêque et duc de Rheims Il y attacha 60 liv. de revenu annuel, dont l'amortissement fut accordé par charte de Jean, duc de Berry, du mois de janvier 1404, et qui devaient former la dotation de deux vicairies appelées depuis de Rheims, à la charge de célébrer un obit pour le fondateur et sa famille.

Les archives du département possèdent des actes nombreux, chartes, bulles, etc., relatifs à la construction et fondation de cette chapelle. Pendant le terrible incendie qui, en 1550, ravagea une partie de la cathédrale, elle fut atteinte, et il résulte du procès-verbal d'estimation des travaux à exécuter après cet événement, qu'il fallut refaire à neuf « la terrasse et les entablements »

7 : CHAPELLE SAINT-URSIN, Autrefois des Cœur, de l’Aubespine, de Châteauneuf.

(Parce qu'elle fut fondée par J. Cœur, et possédée après lui par les de l'Aubespine, seigneurs de Châteauneuf).

Cette chapelle est celle que nous avons indiquée dans la description de la façade latérale comme faisant une légère saillie sur les contreforts. Les nervures de la voûte sont plus riches qu'aux chapelles précédentes ; elles se réunissent à une clef pendante formée .d'ogives et terminée par un cul-de-lampe figurant un ange; au sommet des ogives sont des disques renfermant les attributs des évangélistes. Ils sont sculptés et dorés sur un fond rouge ; dans quatre autres disques sont des anges musiciens ; celui à l'est tient un orgue, celui à l'ouest une flutte, au nord une viole et au sud une harpe. Les nervures sont peintes en rouge à filets d'or et la voûte d'azur; les retombées des nervures sont supportées par des anges avec écussons dont les armoiries ont été effacées. L'ogive formant l'entrée de cette chapelle est ornée d'une riche arcature trilobée et pendante, avec bouquet à l'extrémité de chaque retombée.

Dans une partie, au-dessous de la croisée, est un retrait ménagé dans l'épaisseur du mur; il est éclairé par une petite baie, formant ogive géminée et trilobée ; et voûté par douze petites voûtes d'arêtes en ogives ; le mur du côté de la croisée est décoré d'une arcature surmontée d'une moulure formant corniche richement ornée. La croisée est divisée en quatre panneaux ; les meneaux de la partie haute forment une fleur de lys et deux coeurs; la verrière renfermée dans la fleur de lys présente au sommet le Père Eternel bénissant, au-dessous le Saint Esprit; dans la partie inférieure sont les armes de France surmontées d'une riche couronne ; dans le cœur à gauche l'écu écartelé de France et d'un dauphin d'azur sur champ d'or, ayant pour supports deux anges; dans celui de droite un écusson aux armes mi-parti de France et de Berry.

Les panneaux du bas représentent, savoir : les deux du milieu, l'Annonciation ; la Vierge est à droite debout tenant un livre ouvert, devant un vase avec fleurs de lys ; à gauche est l'ange Gabriel à genoux ; il a les ailes éployées, est vêtu d'une chappe à fond rouge et broderies d'or en feuilles de vigne; sur l'orfrai sont des saints également brodés. Il tient des deux mains un philactère sur lequel est écrit en caractères gothiques : Ave Maria gratia plena.

Dans le panneau à droite de la Vierge est sainte Catherine, debout et mimbée ; elle tient une épée nue de la main gauche et une palme d'or de la droite ; à ses pieds se voit l'instrument de son supplice.

Dans le panneau à gauche de l'ange Gabriel, on voit saint Jacques, patron du fondateur, en costume de pèlerin, tenant un livre ouvert de la main gauche et son bourdon de la droite. Toutes ces figures se détachent sur un fond d'architecture figurant un vaste portique à trois ouvertures ; les voûtes sont peintes d'azur à fleurs de lys d'or. La partie supérieure de cette décoration architecturale est ornée d'une arcature incrustée de marbre de diverses cou- leurs ; les colonnes supportant les voûtes sont également en marbre. On voit Adam et Eve dans les retombées du milieu. Au-dessus de saint Jacques et de sainte Catherine sont des armoiries plus récentes que le reste du vitrail. Sur l'autel en menuiserie est un tableau fort médiocre représentant saint Ursin avec cette inscription au-dessus : Sanctus Ursinus ; et au-dessous cette autre : Bituricus apostolus ; sur le mur en face est une autre toile représentant saint Sébastien recevant d'un ange la palme du martyr. Ce tableau est signé, Garreau, 1821.

Cette chapelle a été fondée par Jacques-Cœur, le célèbre argentier de Charles VII. L'acte capitulaire de sa fondation est dans le 3e registre des actes capitulaires de la cathédrale, folio 103, verso. Il est du lundi 14 juillet 1447.

Le seigneur argentier vint au chapitre et pria les chanoines de lui concéder l'ancien vestiaire de l'église pour y faire une chapelle et y faire construire une sépulture pour lui et sa postérité. — Messieurs du chapitre, considérant le bien que Jacques-Cœur avait fait à l'église, lui accordent sa pétition. Par une autre délibération du 6 novembre 1450, ils ordonnent la célébration d'une messe « pro domino argentario. » L'argentier était mort dans l'exil et ne put reposer dans le caveau qu'il avait destiné à sa sépulture. Son frère Nicolas, évêque de Luçon, seul de la famille y trouva son dernier asile.

Le chapitre célébra longtemps 12 obits solennels qu'il avait fondés pour le repos de son âme. Le fils de Jacques Cœur, Jean, archevêque , fut enseveli dans le chœur de l'église, et ses autres fils vendirent leurs droits sur la chapelle, avec le fief de la chaussée (hôtel de Jacques Cœur à Bourges), à Claude de l'Aubespine, baron de Châteauneuf, en 1552, et le caveau destiné à cette illustre sépulture reçut successivement Sébastien de l'Aubespine, chanoine de Bourges, évêque de Limoges, ambassadeur en Espagne ; Claude de l'Aubespine, secrétaire d'Etat ; autre Claude de l'Aubespine ; — Guillaume de l'Aubespine, né en 1547, baron de Châteauneuf ; Marie de la Chastre, sa femme, et enfin Charles de l'Aubespine, leur fils.

Par son testament du 12 décembre 1578, daté de son abbaye de Massay, Sébastien de l'Aubespine donna 1200 écus d'or pour la chapelle, et 12 écus d'or de rente pour divers services dont une procession et station devant la chapelle, qui se faisait le 13 juin.

Par son testament du 23 septembre 1653, le chancelier de l'Aubespine ordonna que son corps fût porté à Bourges et mis avec ses père et mère en la chapelle de Saint Etienne de Bourges, et après plusieurs legs pieux, il ajoute : « Je donne au sieur Mansart dix mille livres ; je le prie qu'il fasse les  effigies de mes père et mère et la mienne comme nous en avons devisé, en marbre, ny trop somptueux ny trop pauvre, et y soit employé jusqu'à la somme de quinze ou vingt mille livres.» — Ce Mansart (François), né en 1598, mort en 1666, est l'architecte de la partie neuve du château de Blois ; il a commencé le Val-de-Grâce. — Les statues du tombeau qu'il avait fait exécuter, en vertu du lesta- ment du chancelier, sont celles dont nous avons parlé en faisant la description de l'église souterraine où elles sont aujourd'hui déposées. — On trouve encore dans la salle du chapitre l'inscription qu'avait composée Balthasard [3].

8 : CHAPELLE DE SAINTE-CROIX. Elle est appelée vulgo DESTAMPS (Acte de 1771).

Saint-Nicolas de Lancy dans une ancienne liste des Vicaires.De Saint-Yves.

Cette chapelle forme la première des cinq qui appartiennent à la construction primitive du rondpoint. Ainsi que nous l'avons déjà dit, elles sont toutes construites en saillie, supportées au-dehors des murs circulaires de l'apside par un contrefort. En donnant la description détaillée de la décoration architecturale d'une de ces chapelles, nous serons dispensé de la faire pour les quatre autres.

Les trois croisées qui éclairent chacune de ces chapelles sont en ogive lancéolée, entourées d'un boudin qui repose à la partie inférieure sur des bases ; la voûté est formée de six pénétrations, séparées par des nervures à boudins avec gorge, se réunissant à une clef formant pétale de fleur graminée. Ces nervures reposent sur des chapiteaux à crochets, portés par des colonnes engagées.

Les bases de ces colonnes ont été pour la plupart victimes du marteau, sous lequel elles ont disparu pour faciliter les diverses transformations subies par ces chapelles. Quant aux vitraux de cette chapelle, comme pour ceux qui sont dans les autres du rond-point, appartenant pour la plus grande partie au XIIIe siècle, nous renvoyons pour leur description à celle que nous donnons de toutes les verrières de cette époque. Il existe encore dans cette chapelle un autel en menuiserie, dont le style et l'effet ne sauraient faire excuser les mutilations que son placement a fait subir à la décoration architecturale et notamment aux colonnes engagées. Une petite crédence est pratiquée dans le panneau de droite. Un tableau représentant une Descente de Croix fait regretter la vue d'une partie de la verrière, qu'on a enlevée pour le placer au-dessus de l'autel.

Là se tenait la confrérie des officiers, avocats et procureurs de l’officialité du chapitre.

9 : CHAPELLE DE LA CONCEPTION DE LA VIERGE, Aussi nommée de Saint-Cosme (Acte de procédure de 1566).

Elle vient à la suite de celle précédemment décrite.

Un tableau placé sur l'autel en menuiserie vient encore ici masquer la partie inférieure de la verrière centrale. Cela est fâcheux sans doute; mais du moins l'œuvre est signée : Joannes Boucher Bitur. invenit et fecit, 1610; et c'est une circonstance atténuante. Ce tableau représente la naissance du Christ. On y retrouve les qualités qui distinguent l'artiste de Bourges dont nous avons eu déjà occasion de parler. Elles brillent surtout par la finesse du coloris et la fermeté du dessin. Une crédence moderne a été refouillée au-dessous de la baie à gauche.

Après la mort du cardinal Frédéric-Jérôme de Roye de Larochefoucault, archevêque de Bourges, le chapitre décida, par une délibération du 18 mars 1771, que la chapelle de la Conception serait décorée comme celle de tous les saints, et que l'épitaphe de M. de Larochefoucault y serait placée. Elle coûta 518 livres ; la grille en fer, détruite à la Révolution, 520; M. de Morogues donna 1200 livres pour la décoration. Un médaillon de marbre, représentant le prélat, fut exécuté et placé aux frais de l'abbé P.Ant. Romelot, alors chancelier de l'église.

Le médaillon existe encore, placé sur le mur occidental de la chapelle. L'inscription latine sur marbre noir est attachée après le pied droit du même côté.

10 : CHAPELLE DE LA VIERGE, Anciennement chapelle au duc de la Châtre, du Cherel.

Cette chapelle occupe le point central de l'apside.

L'architecture des voûtes est semblable à celle des autres chapelles apsidales. A la clef sont fixées les armes de Mgr F. M. Célestin du Pont, patriarche primat des Aquitaines, archevêque de Bourges, cardinal de Santa-Maria del populo, qui a contribué à la réparation de la chapelle. Les meneaux des fenêtres ont été remplacés à la fin du-XVe siècle par des moulures formant les divisions flamboyantes qui caractérisent cette époque. Les vitraux sont du XVIII siècle ; mais quoiqu'assez récents d'exécution, ils sont loin d'être dans un état satisfaisant de conservation; plusieurs panneaux manquent totalement et ont été remplacés par du verre blanc ; d'autres ont été changés de place. En voici la description : la première verrière à gauche représente en trois panneaux étagés : dans le haut, la présentation au temple ; dans le dernier du bas, saint Joseph invoquant l'ange Gabriel.

Dans la verrière centrale, l'Assomption de la Vierge, et dans celui de droite, dans la partie supérieure, l’Annonciation ; au-dessous l'adoration des Mages ; enfin dans la partie basse la fuite en Egypte. Dans leur état neuf et complet, ces vitraux devaient, sauf l'anachronisme de leur style, produire un bon effet. Ils sont d'une bonne exécution Cette chapelle vient d'être restaurée à grands frais sur les dessins et sous la direction de M. Dumoutet, statuaire de Bourges, à l'instar des décorations de l'église Saint-Denis et de la Sainte-Chapelle de Paris, sous l'influence desquelles semble s'être laissé entraîner l'artiste dirigeant; l'or et la couleur ont été prodigués de la base des colonnes à la clef des voûtes.

L'autel isolé du mur est en pierre, le bas-relief qui en forme le devant représente la mort de la Vierge ; la composition est religieusement conçue et l'exécution finement travaillée. Un tabernacle en marbre blanc surmonte l'autel. Derrière est un piédestal supportant la statue en marbre de Notre-Dame-la-Blanche, qui provient de la Sainte-Chapelle du duc Jean. La restauration de cette figure fait autant d'honneur à la science de l'antiquaire qu'au ciseau du statuaire; la tête et les mains de la Vierge et de l'enfant Jésus manquaient ; aujourd'hui la restitution de ces parties est faite de Ta manière la plus heureux. A droite et à gauche, sur deux colonnes hexagones surmontées d'un chapiteau, sont saint Joseph et saint Jean. Ces figures en pierre manquent un peu de légèreté.

Un peu en dehors et en avant de cette chapelle on a placé à droite et à gauche les statues du duc Jean et de sa femme. Elles accompagnaient autrefois dans la Sainte Chapelle la statue de Notre-Dame-la-Blanche, et c'est le motif qui paraît avoir déterminé leur placement ici. L'une et l'autre sont figurées à genoux, dans l'attitude du recueillement et de la prière. Un prie-Dieu avec un livre ouvert est au-devant ; ils sont couronnés et revêtus du riche costume ducal. Ces statues, qui sont en pierre, ont été également restaurées avec beaucoup de soin et d'intelligence ; elles sont peintes et rehaussées d'or. Une grille en fonte, dorée en partie, dont les extrémités à droite et à gauche s'appuient à une balustrade en pierre découpée à jour, complète la restauration de cette chapelle. L'effet général, il faut le reconnaître, n'est pas sans charme, bien que l'examen des détails laisse à désirer sous le rapport de l'unité de style et du choix des ornements. Quoi qu'il en soit, cet essai de ce qu'on peut faire en décoration religieuse est satisfaisant ; il doit encourager à persévérer dans cette voie, qui ne peut que se perfectionner avec le temps et les études archéologiques qui forment aujourd'hui les artistes et les ouvriers.

Cette chapelle, appelée du Chevet à cause de sa position , fut dite aussi au duc, parce qu'en 1367 le duc Jean de Berry y avait fondé pour chaque jour, à perpétuité, une messe à dire à l'aurore, à l'autel «de la bienheureuse Marie, derrière l'autel de saint Guillaume, pour le salut de l'âme de ses ancêtres, de la sienne, de celle de sa femme et la postérité de ses descendants ; » il donnait pour cela 120 livres de rente annuelle sur sa terre de Mehun. Cette fondation était faite par lettres-patentes données à Bourges en septembre 1367. Au mois d'octobre de la même année, le duc donna au chapitre la terre et justice de Groise et supprima la rente sur Mehun ; donation confirmée par lettres de Charles V, du mois de mai 1370. Cette messe, qui réunissait toujours un grand concours de fidèles, fut conservée sous le nom de Messe au Duc, jusqu'à la fin de 1793.

L'obit solennel du duc se célébrait le 24 janvier.

11 : CHAPELLE SAINTE-CATHERINE, Anciennement de Saint Étienne, de Saint-Roch, de tous les Saints, (Y était attachée la Vicairie de Saint-Étienne ou des Gitons. ainsi nommée dans un acte de 1614 ).

Placée la première à droite de la chapelle de la Vierge, ce qu'elle a de plus remarquable sont ses trois verrières du XIIIe siècle qu'un auteur a qualifiées de barbares; pour nous, nous serions bien plus disposé à appliquer cette dénomination aux siècles qui ont si longtemps négligé et laissé détériorer ces chefs-d'œuvre de l’art, que la piété et la foi de nos pères avaient placés si haut dans la perfection, que, malgré tous les efforts tentés depuis pour les atteindre, à peine est-on parvenu à les imiter.

Un acte capitulaire de 1754 avait concédé cette chapelle à M. Romelot, oncle de l'historien de la cathédrale, à la charge de la faire décorer et renfermer d'une grille de fer. Il ne reste de cette décoration que' l'autel en bois. Depuis peu les belles verrières qui ornent cette chapelle ont été habilement restaurées par M. Thevenot, artiste de Clermont. Nous y reviendrons plus tard. A droite sur le pied droit est une table de marbre noire, entouré d'un ornement gravé en creux et doré; dans la partie haute les armes de La Chatre avec le cordon de Saint-Michel ; au-dessous on lit l'inscription suivante :

HAULT ET PUISSANT SEIGNEUR MESSIRE GABRIEL DE LACHASTRE SIEUR DE NAUÇAY BESSIGNY SAUDRAY ET SIGONNEAU, BARON DE LA MAISON FORT, CONSEILLER DU ROY EN SON CONSEIL D'ESTAT, TROISIÈME DE SA MAISON.

CAPPITAINE DE L'ANTIENNE GARDE FRANÇOISE DU CORPS DE SA MAJESTÉ, PRÉVOST DE L'ORDRE SAINCT MICHEL , MAISTRE DES CÉRÉMONYES DE FRANCE, CHAMBELLAN ET MAISTRE D'HOSTEL ORDINAIRE DU ROY, CAPPITAINE DE LA GROSSE TOUR DE BOURGES ET DES CHASTEAUX DE MEIIUN-SUR-YÈVIIE, ET ROMORANTIN, L'UNG DES GOUVERNEURS DE MESSIEURS LES ENFANTS DU ROY FRANÇOYS PREMIER , LEQUEL MESSIRE GABRIEL A SERYY QUATRE ROYS , SAVOIR : LOUYS XI, CHARLES VIII, LOUYS XII : FRANÇOYS PREMIER, ET HENRY SEGOND, ET TREPASSA LE MARDY NEUFVIESME IOUR DE MARS, L'AN 1538.

A gauche en face une autre table de mêmes marbre et dimension ; dans la partie haute les armes.

L'inscription suivante, gravée au-dessous, est entourée d'un filet doré qui rattache aux quatre coins les attributs des évangélistes, inscrits dans des médaillons mimbés. Voici l'inscription :

HAULT ET PUISSANT SEIGNEUR MESSIRE CLAUDE DE LA CHASTRE, BARON DE LA MAISONFORT, SAUDRAY, NOVAU LE FUZELLIER LAFERTHÉ, CHEVALIER DE L'ORDRE DU ROY CAPPITAINE DE CENTIIOMMES s'ARMES DE SES ORDONNANCES, BAILLY ET GOUVERNEUR DE BERRY, GOUVERNEUR ET LIEUTENANT GÉNÉRAL.

POUR SA MAJESTÉ DE LA VILLE D'ORLÉANS. CAPPITAINE DE LA GROSSE TOUR DE BOURGES, CONSEILLER DU ROY EN SES CONSEILS D'ESTAT ET PRIVÉ ET MARESCHAL DE FRANCE, LEQUEL A SERVY SIX ROYS ASSAVOIR HENRY SECOND AUX GUERRES DE PIÉDMONT ET D'ITALLYE, FRANÇOIS SECOND, CHARLES NEUFVIESME, HENRY TROISIÈME, HENRY LE GRAND QUATRIÈME ET LOYS TREISIÈME A PRÉSENT REIGNANT ET A FAICT FAIRE CESTE ÉPITAPHE EN L’ANNÉE PRÉSENTE 1611.

12 : CHAPELLE DE SAINT-FRANÇOIS, Autrefois de Notre-Dame-la-Blanche, de Sully, de Notre-Dame-des-Blancs-Manteaux, des Labbe.

Les voûtes et nervures sont semblables à celles des autres chapelles apsidales ; à la clef est sculptée une tête du Christ, nimbée et coloriée L'autel en menuiserie est surmonté d'un tableau représentant saint François de Sales, tableau qui joint à l'absence complète d'aucun mérite le plus grave inconvénient de cacher le tiers d'un beau vitrail du XIIIe siècle. Un compte de l'an 1534 mentionne le nettoyage des peintures de cette chapelle et la réparation d'un panneau.

« En 1755, un peintre reçoit 1 l. 16 s. pour avoir travaillé à un tableau de la chapelle de M, Labbe. C'est à cet autel que les vicaires du Blanc Manteau accomplissaient les fondations dont ils étaient chargés en vertu d'une donation d'Eudes de Sully , évêque de Paris C'est en 1640 que la famille Labbe y fonda une messe tous les jours pour sa famille , et un obit solennel, moyennant une somme de 1200 l.

13 : CHAPELLE SAINTE-SOLANGE, Autrefois de Saint-Thibault, de l'Archevêché.

La voûte est composée d'un berceau d'arête avec nervures à boudins, dont les deux retombées au sud sont supportées par des anges portant l'écusson à la clef en quatre feuilles trilobées, renfermant les armes du Berry. L'arc d'entrée est ouvert de toute la largeur de l'ogive extérieure ; les trois boudins qui décorent les arcs sont séparés par une gorge ornée de perles. Bien que cette disposition affecte le style roman, on doit croire qu'elle ne remonte qu'à la date de la fondation de la chapelle, au XVe siècle, et que Les chapiteaux qui se remarquent aux deux cotés sont ou copiés ou rapportés. Nous penchons plutôt pour cette dernière opinion. Celui de gauche est historié d'animaux fantastiques ; celui de droite est avec feuilles et crochets. Les colonnes sont sans bases.

La fenêtre est divisée par deux meneaux en trois ogives trilobées; au-dessus les compartiments, forment quatre feuilles allongés. Toutes ces moulures appartiennent au XVe siècle.

Les vitraux de cette baie sont généralement en mauvais état; ils représentent, pour la partie haute, dans le premier quatre-feuilles, un écusson armoirié (d'un soleil d'or sur fond d'azur au-dessus de deux clefs d'argent en sautoir sur fond de gueule). Une tiare surmonte le tout. A gauche au-dessous, les armes de France sans couronne; à droite, à côté, celles de Berry. Toutes ces armes sont soutenues par des anges.

Au-dessous, des panneaux à droite et à gauche en verre blanc remplacent les anciens sujets, avec bordures composées de divers débris. Le panneau du milieu est formé de fragments de toutes provenances arrangés sans ordre. Il ne reste des anciens panneaux que le sommet des dais qui se voient encore dans les lobes des ogives.

Au-dessus de l'autel qui est en bois, un tableau représente sainte Solange, patronne du Berry, priant au pied de la croix ; en haut est cette inscription : Sancta Solangia Biturigum patrona. Signé : F. Parmentier, invenit à Issoudun 1803. Cette œuvre est sans aucun mérite.

Sur le mur en face est une copie sans nom d'auteur, de la Vierge aux fleurs de Raphaël. Un lambris en boiserie montant à la hauteur d'appui de la croisée, règne au pourtour des murs; peint en gris et doré, il conviendrait mieux par son style à la décoration d'un boudoir qu'à celle d'une chapelle Un confessionnal semblable aux plus ridicules que nous avons déjà cités ajoute encore au mauvais goût qui distingue le mobilier de cette chapelle.

'Au-dessous de la croisée est une pitié en relief du XVIII siècle, peinte et dorée avec cette inscription : Consolatrix afflictorum ; à gauche de la croisée, portée sur une console, est une statuette de saint Pierre; à droite est celle de saint Paul. Dans l'angle à droite, au fond, est une porte qui communique à l'escalier de saint Guillaume, dont nous avons déjà parlé dans la description de la façade latérale ; au-dessus de cette porte est une console dorée, en style du XVIIIe siècle. Elle porte la statuette de saint Denis après sa décolation.

L'entretien et les réparations de cette chapelle étaient, avant la révolution, à la charge des archevêques qui en disposaient.

14 : CHAPELLE SAINT-NICOLAS, Autrefois de Sainte-Catherine.

La voûte est à nervures prismatiques de la fin du XVe siècle ; près de la clef sont des amorces (fleurdelysées d'or sur champ d'azur, eugrêlées de gueule); les nervures, soutenues par des anges accroupis, portent des écussons sur lesquels sont : à gauche les armes du fondateur, à droite celles de France. Sous le badigeon on aperçoit la trace des peintures et des armoiries qui décoraient entièrement les murailles.

La fenêtre, dont les meneaux forment quatre panneaux par le bas et des quatre feuilles par le haut, est en gothique du XVe siècle. Le vitrail représente, le Christ bénissant au sommet; au centre des deux quatre-feuilles, des saints en adoration avec quatre anges autour ; plus bas, la Résurrection universelle ; plusieurs de ceux qui sortent des tombeaux portent la légende : Miserere nostri; dans le trèfle à gauche, les armes du Berry; dans celui à droite, celles mi-partie du Berry et de France.

Au-dessous, dans le premier panneau à droite, on voit sainte Catherine accompagnée de religieuses; dans le panneau, à la suite saint Nicolas mitré, crossé et nimbé; puis une autre sainte Catherine, vierge et martyre, portant sa roue de la main gauche et une épée de la droite, enfin le quatrième panneau représente saint Simon avec un nimbe rayonnant ; il porte barbe et capuchon, et tient un livre fermé de la main gauche et une lance de la droite, il assiste et présente trois personnages à genoux, portant le costume de chanoine. De la main du premier de ces personnages , il sort un philactère sur lequel est écrit en gothique : Miserere nostri ; au-dessous , dans le bas du panneau, des armes qui sont (trois cigognes d'argent, deux et une, pattées de gueule, au fond d'azur) ; toutes ces scènes sont surmontées de riches dais , sur des fonds de couleur formant draperies de dessins variés.

L'autel en bois est surmonté d'un tableau fort endommagé, représentant saint Nicolas bénissant : en face, au-dessus d'un mauvais confessionnal, une autre toile représentant l'Adoration des Bergers. A droite de l'autel, au-dessous du vitrail, une piscine refouillée dans le mur ; elle est décorée d'une arcature et de deux pinacles. Au mois de mai 1226, Robert de Borniez, croisé, voulant assurer le salut de son ame et de celles de ses parents, établit deux vicairies dans l'église de Bourges Il donna pour cela dix boisseaux de blé, à la grande mesure de Moudun, par tiers froment, orge et avoine, et 24 mesures de vins. Le tout assigné sur ses domaines de la paroisse de Saint-Georges. Ces deux vicairies étaient placées sous l'invocation de sainte Catherine.

En 1414, Simon Aligret, médecin du duc Jean, prévôt de Normandie, in ecclesia Carnotense, chancelier de l'église de Bourges, trésorier de Saint-Hilaire de Poitiers, augmenta la dotation de ces vicairies de 60 l de rente annuelle, pour le salut du roi, de la reine, du duc Jean, le sien propre et celui de ses parents.

Simon ligret mourut à Rouen le 18 octobre 1415.

Son corps fut rapporté à Bourges et déposé dans le caveau de la chapelle, où se voit encore sa dalle funéraire, mais fort effacée. Il y est représenté couché sous un dais ; autour est une inscription qui faisait connaître ses noms et qualités ; on peut encore y lire ces mots :

CHAN E TSOR DE S. HYLAIRE LE GRAT DE POICTR.

On voit encore le millésime de 1415. Ce qui reste du dessin et de la gravure: de cette pierre fait vivement regretter qu'elle n'ait pu être préservée; car son travail est riche et d'un bon style.

15 : CHAPELLE DES TULLIER, Autrefois de Sainte-Barbe.

Les voûtes et les nervures sont semblables à celles des précédentes chapelles ; à la clef sont les armes de France ; les retombées des nervures sont supportées par des anges et deux consoles. Le flamboyant de la verrière est occupé par le Christ bénissant et tenant en main le globe du monde. Au-dessous sont des chœurs d'anges groupés , jouant de divers instruments et chantant d'après du plein-chant noté.

Au-dessous, dans les grands panneaux, le premier à gauche près de l'autel représente la Vierge assise, tenant l'enfant Jésus; saint Jean-Baptiste est à côté.

Dans le second, saint Pierre, debout, présente à la Vierge Pierre Tuilier et sa femme; ils sont à genoux, ce sont les père et mère du donateur. Dans le troisième est figuré saint Jean, tenant une palme ; il assiste trois personnages agenouillés qui sont le donateur, ses deux frères vêtus d'habits sacerdotaux. Enfin, dans le quatrième panneau, on remarque saint Jacques assistant et présentant à la Vierge quatre autres membres de la même famille, ainsi que l'indiquent les inscriptions et les armoiries qu'on y voit : à droite les armes de France, à gauche celles du cardinal François de Tournon, archevêque de Bourges. Ces dernières sont (parti d'azur semé de fleurs de lys d'or, et parti de gueule au lion d'or).

Toutes les scènes se détachent sur un fond d'architecture renaissance très-riche. On y trouve la date de 1531, ce qui fait attribuer ces verrières à Jean Lequier, ou Lécuyer, célèbre peintre-verrier né à Bourges et mort en 1556 ; mais cette opinion, émise par Lathaumassière, n'est appuyée par aucune preuve que nous ayons pu nous procurer. Toutes les têtes sont traitées et étudiées avec une grande vérité d'expression. Il y a encore dans cette chapelle un autel en bois avec un tableau dessus représentant saint Pierre en prière, les lambris sont peints en gris et dorés.

L'acte capitulaire qui fit concession de cet emplacement au doyen Pierre Tuilier pour y construire la chapelle, est du 21 août 1531. Il porte : « Il est « autorisé à construire une chapelle entre celle de « Sainte-Catherine et la porte par où l'évêque vient  dans l'église et en sort pour sa maison ; il dépose une somme suffisante pour l'achèvement, dans le  cas où il décèderait avant. »

16 : CHAPELLE DU SACRÉ-COEUR OU DE LA PAROISSE, Autrefois de Saint-André, — d'Étampes, et par corruption de Temple (Acte de 1657).-Cardinale.

Cette chapelle, qui est à droite du portail latéral du sud, a été élevée au XVe siècle. Elle a la forme d'une apside à trois pans; l'arcade ogivale qui lui sert d'entrée a toute la largeur permise entre les contreforts.

Les riches vitraux qui la décoraient autrefois ont été détruits; ils sont maintenant, pour la plus grande partie, remplacés par du verre blanc, notamment par le haut ; ils présentent par le bas les armes du Berry supportées par des anges. On voit encore les dais surmontés de pignons en style du XVe siècle qui les décoraient. A gauche, dans le mur, est une crédence trilobée.

Dans le moment où nous écrivons ces lignes, on restaure cette chapelle. Des renseignements que nous nous sommes procurés, il résulte que l'autel en bois sera remplacé par un autel en pierre et à colonnes. Un retable en pierre, dont le sujet sculpté en bas-relief sera le Sacré-Cœur de Jésus, s'élèvera sur l'autel ; les vitraux seront restaurés, une boiserie en chêne garnira les murs dans la hauteur de deux mètres ; enfin des peintures et dorures, dans le style du XVe siècle, compléteront cette restauration, dont la direction est confiée à M. Dumoutet, artiste, au talent duquel nous avons eu déjà occasion de rendre un hommage justement mérité.

Sous cette chapelle, il existe un caveau en partie comblé de décombres.

La chapelle a été construite dans la première partie du XV" siècle par la famille d'Etampes. Il semble résulter d'un acte capitulaire d'avril 1428, que la fondation serait de cette année. Les d'Etampes, reconnaissants des bienfaits du duc de Berry, avaient placé son image dans un des vitraux et dans un tableau[1].

On y célébrait la messe cardinale, fondée par le cardinal-archevêque Boyer.

17 : CHAPELLE DE LA TRINITÉ, Autrefois des Leroy, — des Bastard.

La voûte est à doubles nervures. A la clef, Dieu le père est représenté vêtu en patriarche avec une couronne impériale, tenant le globe terrestre de la main gauche, et bénissant de la droite. Cette figure, qui est peinte et dorée, appartient, ainsi que tout le reste de la décoration de cette chapelle, au style flamboyant du XVe siècle. Les nervures des voûtes, qui sont avec filets rouges, reposent sur des anges formant consoles et portant des écussons aux armes des familles des Leroy et des Bastard. Elles étaient, pour les premières (de sable à neuf trèfles d'or) ; pour les de Bastard (parti d'or à un aigle impérial de gueule, et d'azur à une demi fleur de lys d'or).

Un des écussons est celui de la branche qui existe encore. Un autre, placé à un des angles, est de même que ce dernier avec (la bordure engrêlée de gueule), qui est des Bastard, vicomte de Fussy. La croisée est divisée en quatre parties avec riches compartiments dans le haut. Les peintures des vitraux représentent, au sommet, la Vierge debout, vêtue du manteau céleste dans une gloire d'or. Au-dessous, des chœurs d'auges tenant des banderoles sur lesquelles est noté du plein chant. A gauche, le donateur à genoux; à droite, sa femme dans la même position. Ils sont chacun assistés d'un ange gardien.

Les quatre grands panneaux au-dessous sont composés de groupes formés de trois personnages nimbés, en costume très-riche du XVe siècle, mais il est difficile, dans l'état où se trouvent ces vitraux, de dire quels peuvent en être les sujets. Il est permis de supposer qu'ils représentent des membres des familles Leroy et de Bastard Il faut observer cependant que les têtes ne portent pas ce cachet de vérité qu'on remarque aux portraits faits d'après nature. Sur l'autel qui est en bois, un tableau représente sainte Jeanne de France, fille de Louis XI et fondatrice de l'ordre de l'Annonciade. Elle porte la couronne et le manteau royal fleurdelisé. Jésus, sous la figure d'un enfant, portant les instruments de sa Passion, lui met une bague au doigt.

On lit au bas du tableau :

INVENIT ET FECIT JOANES PARMENTIER EXOLDUNO AN. D D. M. D. CCC. VI.

C'est encore une de ces œuvres qu'on voudrait ne pas rencontrer dans la cathédrale.

Un acte capitulaire du 5 novembre 1472 dit : « Jean Leroy, citoyen de Bourges, vient au chapitre demander qu'il plaise lui donner une place et un lieu dans l'église, pour bâtir une chapelle en icelle; et lui accorder d'y être enterré après son Il décès et ceux de ses parents portant ses noms et armes. » — Il y a été enterré ainsi qu'Antoine Leroy, son neveu, et Gouge de Charpeigne.

18 : CHAPELLE DES COPINSAnciennement de Saint-Étienne, de Saint-Laurent, de Saint-Papoul, de Sainte-Colombe.

Elle se trouve la dernière de toutes celles que nous avions à décrire; sa voûte est à triple nervures, ornée de cinq clefs ; celle du milieu présente sur un écusson supporté par deux anges les instruments de la Passion; la retombée des nervures est supportée par les attributs des Evangélistes portant des philactères. — A la fenêtre la partie flamboyante de l'ogive est découpée en trois fleurs de lys : dans celle du milieu on voit la croix et la sainte face du Christ, au pourtour sont les instruments de la Passion, à gauche la lance et le roseau à l'éponge, à droite une colonne surmontée d'un coq. Dans la partie supérieure des quatre panneaux du bas, sont représentées quatre scènes de la vie et du martyre de saint Etienne, au-dessous la vie et le martyre de saint Laurent. Elles se détachent sur un fond de paysage et d'architecture figurant des monuments de style roman, aux frontispices desquels est écrit : sancti Stephani et sancti Laurenti.

Cette verrière est aussi curieuse par la richesse de la composition et la finesse du dessin, que par son exécution. Au-dessous est placé l'autel, non orienté. Il est en marbre blanc et de flandre ; à droite et à gauche sont des crédences formant piscines avec riches dais au-dessus, sculptés dans le style de la belle époque du XVIe siècle. Sur le mur à l'orient est une statue en carton pierre portée sur une console; elle représente saint Joseph ; au-dessus un dais très riche ; enfin plus haut encore une autre console avec cette inscription en lettres gothiques : P. Copin, au-dessus de laquelle les armes qui sont (de sable à un arbre de pin d'or, au chef cousu de gueule, chargé de trois croix de sable). Cette console supporte un ange sonnant de la trompette.

Plus bas, à droite et à gauche de la statue de saint Joseph sont les versets suivants inscrits dans descartouches carrés et quadrilobés. A gauche :

SANCTA ET SALUBRIS EST COGITATIO PRO DEFUNCTIS E (II MAC. XII. 46).

A droite :

MISERERE MEI MISERERE MEI QUIA MANUS DOMINI FELIGIT ME (JOB. XIX. 21).

Sur le mur en face, à l'ouest, une statue en carton-pierre de Notre-Dame des Sept-Douleurs ; elle est surmontée d'un dais semblable à celui précédemment décrit en face. A la droite, cette inscription :

MORIATUR ANIMA MEA MORTE JUSTORUM.  (MEM. XXIII. JO}.

A gauche celle-ci :

BEATI MORTUI QUI IN DOMINO MORIUNTUR (APO. XIV. 13).

Au-dessus du dais une console avec la date de 1845 et le monogramme de la Vierge sur écusson noir. Cette console porte un autre ange du jugement dernier, semblable à celui déjà décrit. Ces deux statuettes sont dues au ciseau de M Dumoutet. Nous regrettons qu'elles soient trop haut placées et si mal accompagnées ; car elles ne sont pas sans mérite. L'ogive d'entrée, ouverte de toute la largeur entre les contreforts, est ornée de moulures refouillées ; dans une gorge profonde, sont des animaux et personnages fantastiques grimpants. Il est probable que dans l'origine ils étaient accompagnés de feuillages ainsi que le comporte l'ornementation de la fin du XVe siècle. En résumé, malgré la décoration prétentieuse de cette chapelle, l'effet qu'elle produit est loin d'être satisfaisant, et nous ne conseillons pas de la prendre pour modèle.

Cette chapelle a été fondée en 1495 par Pierre Copin, chanoine de la Sainte-Chapelle, sous chantre et chanoine de la cathédrale, qui la mit sous l'invocation de saint Papoul. Par acte de volonté de l'an 1506 il y fit la fondation d'une messe par semaine, ainsi que le constate une inscription. Il fut enterré dans le caveau qui existe encore

 

[1]  Lathaumassière.

[1] Voir Lathaumassière sur les De Bar.

[2] Sans doute les fresques dont on voit les traces.

[3] Voir Lathaumassière.

 

Le Pélican. Cathédrale de Bourges. CC 2011 Rhonan de Bar.
Le Pélican. Cathédrale de Bourges. CC 2011 Rhonan de Bar.
Le Pélican. Cathédrale de Bourges. CC 2011 Rhonan de Bar.
Le Pélican. Cathédrale de Bourges. CC 2011 Rhonan de Bar.

Le Pélican. Cathédrale de Bourges. CC 2011 Rhonan de Bar.

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