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L'Avènement du Grand Monarque

L'Avènement du Grand Monarque

Révéler la Mission divine et royale de la France à travers les textes anciens.

Publié le par Rhonan de Bar
Publié dans : #MAISON DE BOURBON

LES BOURBONS.

CHAPITRE II.

ANCIENS SEIGNEURS DE BOURBON.

ROBERT DE FRANCE, COMTE DE CLERMONT, BARON DE BOURBON ET DE CHAROLAIS,

SEIGNEUR DE CREIL, DE GOURNAI ET DE SAINT-JUST.

Robert de France, sixième fils de saint Louis, venait de perdre son père devant Tunis (1270). Il avait à peine atteint l'âge de porter les armes, qu'il accompagna le roi Philippe le Hardi dans son expédition des Pyrénées (1271) contre Roger Bernard, comte de Foix. Le jeune comte de Clermont se montra digne héritier de la valeur de ses ancêtres; il força des postes, prit des villes et se couvrit de gloire. Quelques années après, le roi lui fit épouser Béatrix de Bourgogne, princesse du sang, fille unique et héritière de Jean de Bourgogne, baron de Charolais, et d'Agnès, dame de Bourbon et de Saint-Just. Ce fut au milieu des fêtes préparées pour ce mariage que Philippe le Hardi lui conféra l'ordre de la chevalerie. Cette cérémonie fut suivie de joutes et de tournois où Robert se fit admirer ; mais la réputation qu'il y acquit lui devint funeste. L'arrivée du prince de Salerne, héritier de la couronne de Sicile, prince du sang de la branche d'Anjou, donna lieu à de nouvelles fêtes guerrières.

Impatient de signaler et son adresse et sa force, le comte de Clermont voulut être le principal tenant du tournoi : il reçut de si furieux coups sur la tête, que son esprit et son corps s'en ressentirent également. Il survécut quarante ans à ce déplorable accident. Certainement il eut des intervalles lucides, puisqu'on le voit admis dans les conseils et chargé de négociations très-importantes. Ce fut lui qui, ayant pour collègue le roi de Navarre, depuis Louis X, son petit neveu, et le prince Louis de Clermont, son fils, négocia et conclut heureusement un traité perpétuel de ligue offensive et défensive entre Philippe le Bel et l'empereur Henri VII (1310). Il avait déjà témoigné beaucoup de fermeté et de vigueur en défendant les droits de son épouse contre sa belle-mère, Agnès de Bourbon. Cette princesse, après avoir épousé en secondes noces Robert II, comte d'Artois, entreprit (1282) de démembrer la baronnie de Bourbon en faveur de ce prince, dont elle n'avait point d'enfants. Robert de France réclama l'appui des lois : le parlement, à la tête duquel était Philippe III, déclara de nouveau, ainsi qu'il avait été fait sous Philippe-Auguste, la baronnie indivisible, et l'adjugea dans toute son étendue à la comtesse de Clermont.

C'est ainsi que le Bourbonnais, cette belle province, le Charolais, plus fertile encore, et la seigneurie de Saint-Just entrèrent dans la maison de France, beaux et vastes domaines, qui, joints au comté de Clermont et aux seigneuries de Creil et de Gournay, formèrent aux descendants de Robert un patrimoine qui répondait à la splendeur de leur naissance. Mais de tous les événements auxquels le comte de Clermont eut part, nul ne le toucha plus que la canonisation du roi Louis IX, son père (1297). Philippe le Bel consacra au nouveau saint la fête la plus magnifique : on leva le corps à Saint-Denis, et on le porta à la Sainte-Chapelle de Paris, où il fut exposé pendant plusieurs jours à la vénération publique. Le roi ne voulut confier qu'à lui-même, aux comtes de Valois et d'Évreux, ses frères, au comte de Clermont, son oncle, et aux deux fils de ce prince, tous fils ou petits-fils de saint Louis, le soin attendrissant de rendre à Saint-Denis les reliques du bon roi : ils chargèrent sur leurs épaules ce glorieux fardeau et le transportèrent à pied au milieu des bénédictions du peuple[1]. Le comte de Clermont ne s'en tint point à de stériles hommages envers l'auguste auteur de ses jours ; il marcha sur ses traces avec autant de joie que de courage : comme lui il fut bon, juste, généreux, compatissant, chaste, et partagea ses biens avec les pauvres ; il fonda l'hôpital de Saint-Julien de Moulins, et mourut en 1317. Il fut enterré à Paris, aux Jacobins de la rue Saint-Jacques, sous un tombeau de marbre, au-dessus duquel on voyait sa statue. Le couvent et le tombeau ont été détruits durant les orages révolutionnaires du dernier siècle.

Le célèbre Santeul consacra l'épitaphe suivante à ce père de tant de héros et de rois :

« Hic stirps Borbonidum, hic primus de nomine princeps

» Conditur ; hic tumuli, velut incunabula regum,

» Hue ventant proni regali e stirpe nepotes :

» Borbonii hic régnant, invita funere, mânes, »

Robert, avant sa mort, avait eu la joie et la consolation de voir ses deux fils combattre en héros pour la patrie, et lui rendre les services dont ses infirmités ne lui permettaient plus de s'acquitter.

 

[1] Le dessin ci-contre représente fidèlement la châsse de saint Louis, telle qu'elle existait avant la révolution. Elle est placée sur un brancard, soutenu de six lances ou bannières, nombre égal à celui des fils qu'avait eus saint Louis; les ornements» accessoires sont appropriés à la touchante cérémonie de la translation. Au-dessous on voit les armes de Robert de France et de Béatrix de Bourgogne, son épouse.

CARTEL ALLÉGORIQUE DE LA TRANSLATION DES RELIQUES DE SAINT LOUIS.CARTEL ALLÉGORIQUE DE LA TRANSLATION DES RELIQUES DE SAINT LOUIS.

CARTEL ALLÉGORIQUE DE LA TRANSLATION DES RELIQUES DE SAINT LOUIS.

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