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L'Avènement du Grand Monarque

L'Avènement du Grand Monarque

Révéler la Mission divine et royale de la France à travers les textes anciens.

Publié le par Rhonan de Bar
Publié dans : #DE LA CHEVALERIE

DES CHEVALIERS-BACHELIERS.

CHAPITRE XXI.

Le nom de Bachelier, selon quelques auteurs, dérive de celui de buccelarii, sorte de cavaliers, qui étaient très-estimés dans les armées romaines. Ducange le fait venir de baccalaria, bachellerie, bacelle, nom donné à un fief, un domaine, qui se composait de plusieurs pièces de terre nommées mas ou meux, formant douze acres chacune, et ayant plusieurs manoirs, mais toujours moins de douze vassaux. D'autres disent que la Bacelle ou Bachellerie se formait de dix mas ou meix, et qu'elle contenait le labourage de deux charrues à deux boeufs. Ces noms de Bacelle et Bachellerie étaient connus dès l'an 881 ; d'autres auteurs font venir le nom de Bacheliers de celui de Bas-Chevaliers, parce qu'ils formaient le second ordre de la Chevalerie, et tenaient le milieu entre le banneret et l'écuyer, milites medioe nobilitatis.

Le Bachelier, n'étant pas assez riche pour avoir un grand nombre de vassaux, servait avec eux sous la bannière d'un banneret; mais il avait pour étendard un pennon ou cornette à deux pointes, en forme de banderolle, sous lequel il réunissait ses hommes de guerre.

Un ancien cérémonial dit : « Quand un Bachelier a la terre de quatre Bachelles, le Roi lui peut bailler bannière à la première bataille où il se trouve, à la deuxième, il est banneret ; à la troisième, il est Baron. Tout Bachelier n'était mie riche : de plus, il fallait « avoir servi quelque temps à la guerre en qualité d'écuyer et de Bachelier sous un Chevalier-Banneret,  pour devenir Banneret ou Baron.»

On donnait aussi le nom de Bacheliers à ceux même de l'ordre des bannerets, qui, n'ayant pas encore atteint l'âge requis pour déployer leur propre bannière, étaient obligés de marcher sous la bannière d'un autre.

L'investiture du Chevalier-Bachelier se donnait par son pennon, tandis que le banneret la recevait par la bannière carrée.

Dans les anciennes montres des gens d'armes, les Bacheliers se trouvent compris, sans aucune différence, sur le même pied que les Chevaliers-Bannerets. Ils recevaient le double de la paie des écuyers, et la moitié de celle des bannerets.

A l'instar des bannerets, ils étaient honorés des titres de Messire et de Monseigneur, et jouissaient des privilèges de la Chevalerie,

Les Bacheliers cessèrent d'exister, ainsi que les bannerets, lorsque Charles VII créa les compagnies d'ordonnance et forma son armée sur un nouveau pied ; et, depuis, le titre de Bachelier, qui ne se donnait auparavant qu'à des nobles servant à la guerre, passa aux particuliers qui se livraient à l'étude des lois, des sciences, de la théologie et à la pratique des arts.

 

DES CHEVALIERS-D'HONNEUR.

CHAPITRE XXII.

Une autre Chevalerie fut instituée par les souverains, ce fut celle des Chevaliers d'honneur, qui ne quittaient pas leur personne et leur appartenaient ; elle remonte au-delà du treizième siècle. Amaury de Meudon, Jean de Voyse, Rodolphe Bonel, Guillaume de Pavay, Guillaume de Flavencourt, Jean de Soisy et Hugues de la Celle, sont qualifiés Milites regis (Chevaliers du Roi), dans les anciennes Chartes.

On les appelait quelquefois Chevaliers de l'hôtel du Roi, ce qui se rencontre dans un statut fait au bois de Vincennes en 1285, où ils sont ainsi qualifiés.

Dans un arrêt du 10 février 1384, Etienne de Flavigny est qualifié Chevalier d'honneur du roi Charles VI.

Froissard fait mention de plusieurs autres Chevaliers l'honneur, parmi lesquels il nomme : messire Renaud le Rove, messire Renaud de Trie, le sire de Garancières, messire Guillaume Martel, messire Guillaume les Bordes, et messire Guillaume Martel, Seigneur de Bacqueville, tous deux Chevaliers de la Chambre du Roi.

Les Reines, les Princesses et les Grands-Seigneurs avaient aussi leurs Chevaliers d'honneur. Dans l'histoire le Long-Pont, il est fait mention de Théobalde de Mauny et de Ferdinand, Chevaliers de la Reine : Théobaldus de Maulny et Ferdinandus, milites Reginae. Dans le testament d'Yolande, comtesse d'Angoulême, le l'an 1314, on y lit ces paroles : « De plus, je lègue à Raoul Bruni, mon Chevalier, pour les bons services qu'il m'a rendus, 200 livres une fois payées ; et à Foucaut de la Roche, mon Chevalier, 50 livres. »

Il était d'usage d'ailleurs qu'un Chevalier, qui s'était fait un nom par ses exploits militaires, se voyait bientôt prévenu par les plus grands seigneurs et par les plus grandes dames : les Princes, les Princesses, les Rois et les Reines s'empressaient de l'enrôler, pour ainsi dire, dans l'état de leur maison, de l'inscrire dans la liste des héros qui en faisaient l'ornement et le soutien, sous le titre de Chevalier d'honneur. Le même pouvait être tout à la fois attaché à plusieurs cours différentes, en toucher les appointemens, avoir part aux distributions des robes, livrées ou fourrures, et des bourses d'or et d'argent que les Seigneurs répandaient avec profusion, surtout aux grandes fêtes, et clans d'autres occasions qui les obligeaient de faire éclater leur magnificence.

Cette magnificence des Princes et des Seigneurs éclatait surtout dans la multitude des Chevaliers qui étaient continuellement autour de leur personne. La générosité qui les y retenait rendait la maison du Seigneur plus noble et plus chère aux yeux de ses amis et de ses vassaux. L'attachement et le zèle de tant de braves guerriers, qu'un même esprit réunissait, la rendaient plus importante et plus redoutable aux étrangers et aux ennemis qui auraient eu dessein de l'attaquer.

Les Chevaliers qu'on nommait Chevaliers du corps, ou Chevaliers d'honneur, accompagnaient ordinairement le maître dans son palais ou dans son château. Chez nos Rois, ils étaient leurs chambellans ou Chevaliers de leur chambre. Leur assiduité au service intérieur du palais répondait de l'empressement qu'ils auraient à se tenir toujours à la guerre près de leur Seigneur, pour l'armer et pour le défendre.

Le mot honneur signifiait proprement le cérémonial d'une cour ; l'épée d'honneur était celle qui se portait dans les cérémonies ; le trône d'honneur, le heaume d'honneur, le cheval d'honneur, le manteau d'honneur, la table d'honneur, étaient les objets qui se déployaient à la vue, lors des grandes réceptions ou solennités, dans les cours des Princes et des Grands, et c'étaient les Chevaliers d'honneur qui en ordonnaient tout le cérémonial.

L'usage d'avoir des Chevaliers d'honneur s'est perpétué jusqu'à nos jours dans la maison des Reines et des Princesses du sang.

On donna aussi le titre de Chevalier d'honneur, par l'édit du mois de mars 1691, à des magistrats qui furent institués près de chacun des présidiaux de France, avec titre de conseillers. Il en sera question au chapitre suivant.

 

DE LA CHEVALERIE.
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